Municipales : le grand brouillage à gauche
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Chapitres
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Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26OuverteRéponse partielle
Pourquoi certaines communes n'ont-elles pas de candidats aux municipales ?
- 2:28OuverteRéponse directe
Quelle est la situation des maires écologistes à Tours et Poitiers ?
- 7:19RelanceRéponse directe
Pourquoi avoir été choqué par la demande de mettre le portrait de Quentin de Ranck sur les grilles de l'hôtel de ville ?
- 8:06OuverteRéponse directe
Quels sont les enjeux à Paris avec le remplacement de la maire du 12e arrondissement ?
- 8:33OuverteRéponse directe
Le RN pourrait-il être en tête au second tour à Marseille ?
- 9:13OuverteRéponse directe
Pourquoi Fabien Roussel se présente-t-il aux municipales à Saint-Amand-les-Eaux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:11PrésentateurFait
« Ensuite, c'est la préfecture qui va désigner trois personnes pour gérer les affaires courantes. »
- 2:03PrésentateurChiffre
« En 2020, lors de la dernière municipale, 106 communes n'avaient pas eu de candidats. »
- 2:40InvitéFait
« D'abord parce que leurs opposants se présentent en ordre dispersé. »
- 2:50InvitéFait
« Il y a une liste conduite par l'ancien maire Christophe Boucher, investie par Les Républicains et par Renaissance. »
- 3:35InvitéFait
« Le poids du Rassemblement national ne semble pas en mesure de perturber le scrutin, même si on constate tout de même un certain dynamisme, notamment à Tours. »
- 4:34InvitéFait
« Nous exhumons le passé pour le moins radical d'un candidat RN, d'une toute petite commune de 180 habitants, ancien conseiller régional RN, aujourd'hui candidat divers droite. »
- 5:10InvitéChiffre
« Le président de la Globe Lesoise, Christophe De Gruel, a fini enfin par sortir de son silence sur l'affaire Epstein, affaire dans laquelle le nom de ce proche de Jack Lang est sorti, en tant que président de l'association, ayant reçu un don de 50 000 euros pour financer un film à la gloire de Jack Lang. »
- 8:21InvitéFait
« Lucie Casté, l'ancienne candidate à Matignon du Nouveau Front Populaire, va remplacer la maire écologiste du 12e arrondissement de la capitale, en tant que tête de liste d'Emmanuel Grégoire. »
- 8:56InvitéFait
« Franck Alizio, le candidat RN, devancerait d'un point le maire sortant d'hiver gauche, Benoît Payan. »
- 10:09InvitéFait
« Une élection municipale, on vote pour des hommes et des femmes, on ne vote pas pour des étiquettes. »
- 11:20InvitéFait
« Ce que les gens attendent aujourd'hui, c'est une rupture avec des pratiques qui sont un peu anciennes, avec une sorte d'inefficacité de la sphère publique. »
Temps de parole
- Présentateur73 %
- Invité8 %
- Invité 26 %
- Invité 33 %
- Invité 42 %
- Invité 52 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et c'est l'heure de notre reportage en région. Pour commencer, demain, c'est le dernier jour pour déposer sa liste aux élections municipales et certaines communes n'ont toujours pas de candidats. C'est le cas à Molenne, au large du Finistère, où le maire ne se représente pas et ne trouve pas de successeur. Alors la semaine dernière, une réunion a été organisée pour susciter des vocations, mais pour le moment, sans succès. Aurélien Romanoff.
Molenne, île bretonne au large du Finistère, 184 habitants, fait partie des communes qui n'ont toujours pas de maire candidat. L'édile actuelle doit rejoindre le continent pour raison familiale. Alors des habitants ont organisé une réunion de la dernière chance pour former une liste. Agathe, à l'origine de l'initiative, présente les conséquences de l'absence de candidats. Elle-même ne souhaite pas être en tête de liste.
Alors s'il n'y a pas de liste déposée au 26 février, ça veut dire qu'on n'a pas d'élection le 15 mars. Et ça veut dire que les élus vont aller jusqu'à la fin de leur mandat le 15 mars. Ensuite, c'est la préfecture qui va désigner trois personnes pour gérer les affaires courantes.
Durant la soirée, les questions fusent sur les charges et responsabilités d'être maire. Bilan de la rencontre, 13 personnes acceptent de figurer sur une liste.
Il y a 13 non.
Et ben voilà. Mais aucun ne souhaite être maire ou premier adjoint. Moi j'ai mis mon nom en tant qu'ancien élu pour donner un coup de main. Mais bon, après, le reste, on verra à suivre. C'est pour ça que je disais à Agathe qu'il vaut mieux décaler trois mots qu'on ait le temps de voir venir et d'avoir, j'espère, des nouvelles inscriptions. Les habitants se sont donnés trois mois pour susciter plus de vocations. Une fois ce délai passé, la conséquence pourrait être le rattachement à une autre commune sur le continent. La municipalité pourrait ainsi perdre certaines de ses spécificités insulaires, comme l'absence de cadastres et d'impôts locaux.
Et à noter qu'en 2020, lors de la dernière municipale, 106 communes n'avaient pas eu de candidats. On poursuit notre tour de la campagne et on va tour justement. Bonjour Luc Bouriane.
Merci d'être là Luc. Vous êtes directeur de la rédaction de la Nouvelle République.
Luc Luc, à moins de 20 jours maintenant du premier tour des municipales, la campagne bat son plein. Et alors que l'on évoque les difficultés de certains maires écologistes à Lyon, à Strasbourg, vers à Bordeaux, qu'en est-il des maires écolo à Poitiers et à Tours ?
Pour Emmanuel Denis à Tours et pour Léonore Monconduit à Poitiers, la configuration est un peu similaire et elle ne leur est pas défavorable. D'abord parce que leurs opposants se présentent en ordre dispersé. À Tours, le maire sortant écologiste affronte trois listes de droite, en plus de celles du Rassemblement national. Il y a une liste conduite par l'ancien maire Christophe Boucher, investie par Les Républicains et par Renaissance. Une autre conduite par Benoît Pierre, investie par le Modem. Et une dernière menée par Henri Alfandéri, députée horizon à Poitiers. La maire écologiste, elle, elle voit ses principaux opposants, à gauche, déchirés entre deux listes.
L'une investie par le Parti socialiste, menée par François Blanchard et soutenue par l'ancien maire socialiste Alain Claes. L'autre conduite par l'ancien macroniste Anthony Brottier. Ensuite, que ce soit à Tours ou que ce soit à Poitiers, les deux maires écologistes font certes face à des listes insoumises, mais tout indique dans ces deux villes qu'au second tour, ils pourraient se réunir. Enfin, dernier point, dans ces deux villes, le poids du Rassemblement national ne semble pas en mesure de perturber le scrutin, même si on constate tout de même un certain dynamisme, notamment à Tours, derrière la liste conduite par Alexandre Nicolich. Donc, bien entendu, rien n'est fait.
Les enjeux nationaux aussi peuvent venir peut-être perturber les dynamiques locales que l'on constate. Enfin, vous le voyez, Auriane, les maires écologistes de Tours et de Poitiers ne semblent pas dans de mauvaises positions pour prétendre à être réélus.
Et Luc, au-delà des débats politiques, la campagne municipale semble avoir d'autres vertus.
Oui, la campagne et la présentation de toutes les listes candidates communes par commune que nous proposons sur nos cinq départements ont des vertus de révélateurs. Révélateurs de certaines dynamiques, on en parlait, révélateurs de certains constats que nous faisons et de certains profils. Ainsi, ce matin, dans notre réduction, nous exhumons le passé pour le moins radical d'un candidat RN, d'une toute petite commune de 180 habitants, ancien conseiller régional RN, aujourd'hui candidat divers droite. Sa campagne électorale, son profil, indique bien que le parti d'extrême droite n'en a pas fini, avec les polémiques liées à des profils pour le moins problématiques.
C'est donc à lire dans notre édition de l'Indre et sur notre site internet. Autre exemple, autre exemple des vertus révélatrices de la campagne, c'est à Blois que nous le trouvons ce matin dans les colonnes de la Noire République. Le président de la Globe Lesoise, Christophe De Gruel, a fini enfin par sortir de son silence sur l'affaire Epstein, affaire dans laquelle le nom de ce proche de Jack Lang est sorti, en tant que président de l'association, ayant reçu un don de 50 000 euros pour financer un film à la gloire de Jack Lang, ancien maire de Blois, faut-il le rappeler.
Sous pression, là aussi dans le cadre de la campagne électorale, il a fini donc par répondre à nos questions en justifiant de la destination de ses fonds. Et c'est donc à lire cette fois dans notre édition du Loir-et-Cher. Merci beaucoup, merci Luc Bouriane d'avoir été avec nous. On vous retrouvera évidemment très vite avant le premier tour pour faire le point sur les dernières infos de la campagne dans votre région. On regarde la une de la Nouvelle République, c'est l'édition de l'Indre Panthéon, une pétition pour Georges Sand. Merci Luc Bouriane et Georges Sand, justement, on va en parler avec vous, Guimet, vous allez nous en dire plus sur cette pétition.
Oui, car 2026, Auriane marque le 150e anniversaire de la disparition de Georges Sand. Alors, pour la troisième fois après 2004 et 2013, la question de sa panthéonisation est de nouveau à l'ordre du jour. Une pétition a été lancée par le comité de soutien pour l'entrée de Georges Sand au Panthéon. Et la presse bérichonne, en début de semaine, a noté, cette demande ne concerne pas le corps de l'écrivain qui repose chez elle, à Nohans, dans le Béry.
Et voilà, on en sait désormais plus. Alors, dix jours après le décès de Quentin de Ranck à Lyon, Guimet, Emmanuel Macron a convoqué hier une réunion sur les groupes d'action violente.
Oui, des groupuscules violents dans le viseur de l'exécutif, comme le titre Le Progrès. Alors, en plus des procédures de dissolution contre deux groupes d'ultra-droite et un groupe d'ultra-gauche, le gouvernement a annoncé des procédures similaires contre cinq émanations locales de la jeune garde. La mouvance d'ultra-gauche à laquelle les meurtriers présumés de Quentin de Ranck avaient appartenu. Et le ministère de l'Intérieur a saisi la justice pour reconstitution de ligues dissoutes à la suite du lynchage du jeune homme dont les obsèques ont eu lieu hier dans la plus stricte intimité.
Et à Lyon, justement, la mort de Quentin de Ranck était au cœur des échanges. Hier soir, il y avait un débat qui était organisé entre les candidats aux municipales.
Oui, et qui a donné lieu à un échange entre Grégory Doucet, le maire sortant et le favori des sondages. Jean-Michel Aulas, écoutez. Monsieur Aulas, je vous le dis ici, les yeux dans les yeux, j'ai été choqué par votre demande de mettre le portrait de Quentin de Ranck sur les grilles de l'hôtel de ville.
Ça a été fait par votre ami Laurent Wauquiez sur l'hôtel de région. Non, c'est une récupération politique indécente. Ce n'est pas respectueux ni de la famille ni de l'état de droit.
Je trouve normal qu'on ne relativise pas ce qui s'est passé. Je pense qu'il faut éviter de diviser les Lyonnais, comme vous essayez de le faire, et montrer au contraire qu'il y a une solidarité. Honorer une victime n'a jamais divisé une ville. C'est rappeler une limite que personne ne doit franchir.
On continue notre tour de la campagne. On va à Paris, à 48 heures de la clôture des candidatures. Vous allez nous parler d'un atterrissage.
Oui, un atterrissage en urgence. Même Lucie Casté, l'ancienne candidate à Matignon du Nouveau Front Populaire, va remplacer la maire écologiste du 12e arrondissement de la capitale, en tant que tête de liste d'Emmanuel Grégoire. Emmanuel Pierre-Marie, la maire du 12e arrondissement, est accusée de management toxique. Elle est visée pour une enquête pour harcèlement et elle a annoncé son retrait. On va à Marseille. Avec cette question, serait-ce un tournant dans la campagne des municipales ?
En tout cas, c'est ce que semble annoncer ce sondage, Opinion Nouvelle, pour les médias du groupe Bolloré, pour qui, pour la première fois, il place le Rassemblement national en tête du second tour dans le cadre d'une cadre angulaire. C'est donc à la une de la Marseillaise. Franck Alizio, le candidat RN, devancerait d'un point le maire sortant d'hiver gauche, Benoît Payan. Et en cas de retrait du candidat insoumis, Benoît Payan l'emporterait alors avec 47% des voix.
Merci beaucoup, Guimet. Et on poursuit notre Tour de France. Vous l'avez compris, toutes les infos de la campagne. C'est ici, Tour de France également. De ce qui se passe sur le terrain, on va aller dans le Nord, où le patron du Parti communiste est candidat pour la première fois sur son nom à une élection municipale. Fabien Roussel est devenu maire de Saint-Amand-les-Eaux il y a un an, après la démission de son prédécesseur. Mais il tentera cette fois de gagner son mandat dans les urnes. Une revanche aussi pour celui qui a été battu aux législatives en 2024 par le Rassemblement national. Reportage à Saint-Amand-les-Eaux, signé Jérôme Rabier. Il est le patron du Parti communiste français.
Mais à Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord, Fabien Roussel ne veut pas de cette étiquette nationale. Élu maire en janvier 2025, après la démission d'Alain Boquet qui dirigeait la ville depuis 30 ans, le chef de parti mène campagne loin des caméras. Il refuse toute présence médiatique et a décliné nos sollicitations. Seule une équipe de l'AFP a pu couvrir son lancement de campagne fin janvier et l'interroger sur cette double casquette nationale et locale.
Une élection municipale, on vote pour des hommes et des femmes, on ne vote pas pour des étiquettes. Et donc c'est pour ça que nous avons construit, j'ai construit cette liste de cette manière-là, avec des hommes et des femmes de sensibilité différentes, mais qui se retrouvent au service de Saint-Amand. Ici, on n'a qu'un seul parti, c'est Saint-Amand.
S'il mène campagne loin du bruit médiatique, une défaite de Fabien Roussel créerait sans doute une petite déflagration. Déjà battu aux législatives en 2024 dès le premier tour, un nouvel échec pourrait aussi le fragiliser dans son parti. Le faire tomber, c'est un des objectifs du candidat soutenu par le Rassemblement national. Sur ses affiches comme sur ses tracts, Éric Castelin affiche fièrement l'image de Guillaume Florquin, celui qui a pris la circonscription à Fabien Roussel.
On a un député qui a été élu il y a 18 mois. C'est certain que ça apporte un poids supplémentaire dans une campagne.
Sur le marché, Éric Castelin découvre le bon accueil fait au candidat étiqueté RN, car c'est pour lui une nouveauté. Il était auparavant le représentant de la droite plus traditionnelle, avant de recevoir un soutien de poids.
Ce que les gens attendent aujourd'hui, c'est une rupture avec des pratiques qui sont un peu anciennes, avec une sorte d'inefficacité de la sphère publique. Et donc le Rassemblement national, ça incarne cette rupture.
Éric Castelin peut espérer l'emporter à la faveur d'une triangulaire qui rend le résultat incertain. Le troisième homme de cette campagne, c'est Éric Renaud, qui rêve lui aussi de prendre la mairie. Ce jour-là, il met la dernière patte à son document de campagne. Sur comment éventuellement on retravaille le maquettage pour mettre en exergue tel ou tel point, pour le faire ressortir. Éric Renaud se présente sans affiliation partisane, mais l'élu d'opposition a bien un passé militant. 40 ans au PCF et un poste de premier adjoint au maire avant une rupture brutale en 2017. En 2020, déjà, il était candidat et avait réuni près de 30% des voix face à son ancien mentor, Alain Bocquet.
C'est désormais son ancien chef de parti qu'il rêve de battre.
Il n'y a pas d'héritier désigné. L'élection, elle se gagne d'abord et avant-tu par le choix de la population, par le choix des habitants.
Là, depuis un an, les habitants de Saint-Amand ont un maire qui leur a été imposé, qui est un maire, ce que nous on appelle un maire par intérim. Et que je pense que le 15 mars prochain, il y aura peut-être là encore une fois des réveils douloureux. Avec trois listes sur la ligne de départ, tout le monde prédit un premier tour qui ne tranchera rien. Et les trois mêmes candidats au second tour, sans que personne ne s'avance sur le résultat final au soir du 22 mars. – Et on va revenir sur ces municipales et sur la campagne à Saint-Amand-les-Eaux. Pour commencer avec vous, Françoise Degoix. – Bonjour, Françoise. – Bonjour, ma chère Aurélienne.
– Merci d'être avec nous. Et Mickaël Darmon, merci également d'être avec nous. Mickaël, Saint-Amand-les-Eaux, on l'a vu dans le Nord, Fabien Roussel, qui se présente pour la première fois sur son nom.
Il joue gros, Fabien Roussel, au-delà de la municipale ? – Oui, parce qu'il a besoin d'un mandat, Fabien Roussel, il a été balayé comme député. Alors, c'est très intéressant d'être le patron du Parti Social et du Parti Communiste, mais en réalité, ce n'est pas suffisant. Donc, il n'y a rien de mieux qu'un mandat local. Donc, voilà, il joue le local. Il faut qu'il s'ancre quelque part. En plus de ça, paradoxalement, c'est une des personnalités préférées à gauche. Je rappelle que quand on regarde qui il préfère, c'est souvent la droite qui adore… – C'est ce que j'allais vous dire. – C'est la personnalité de gauche préférée de la droite. – Oui, c'est vraiment ça.
Donc, bon, il en joue, il aurait tort de se gêner, mais il y a une limite, si vous voulez, au village Potakine. Donc, là, maintenant, il faut conquérir le vrai village, enfin la vraie ville, certainement. – Et il est face à un rassemblement national, on l'a rappelé, il a perdu aux législatives face au RN. Est-ce qu'on est dans ces bastions qui étaient communistes, avec un électorat communiste et cet électorat qui a basculé désormais au rassemblement national ? – Tout d'abord, la politique, c'est une école d'immunité. Donc, il a été très haut, il a été candidat avec son présidentiel, il prétendait sur les tribunes avoir le code nucléaire dans la poche et s'occuper de nos impôts.
Et puis, voilà, maintenant, il veut un mandat local. C'est l'humilité, la politique. Donc, il a compris cela. Après, effectivement, il a toujours, au fond, été confronté au symbole. Le voilà opposé, effectivement, au RN, alors que le RN a siphonné les forces communistes depuis longtemps. Le gaucholupénisme mis au jour, notamment par Pascal Perrineau en 1995, montre bien le basculement des forces et de l'électorat populaire, prolétaire, qui se sont abandonnés vers le RN, devenu le premier parti ouvrier de France. Donc, c'est une forme quand même de, je dirais, à la fois de courage politique et de, au fond, également de tragédies politiques.
Il regarde, il est opposé maintenant face à la force politique qui a siphonné son parti. On se rappelle ce qu'était le communisme municipal, qui était quand même, qui couvrait deux tiers du territoire. – Deux tiers, c'est vrai, mais il y a encore de vos bastions. – C'est pour ça que je dis bastions, parce que deux tiers du territoire et aujourd'hui des bastions symboliques, on voit bien l'évolution politique. Et puis, voilà, il est sur, effectivement, candidat dans une région qui, aujourd'hui, je le disais, au fond, mangeait par le RN.
Et de ce point de vue-là, effectivement, c'est un, on verra le résultat qu'il fera, mais il peut être un des symboles de ce scrutin, selon ce que l'électeur du coin décidera.
– Mais quand même, Françoise, est-ce que ces terres du Nord, Mickaël a rappelé le concept de gaucholopénisme, est-ce que ces terres du Nord, elles sont le symbole de l'échec de l'un gauche
qui, aujourd'hui, n'est plus une réponse pour cet électorat, en partie ouvrier, qui, aujourd'hui, se tourne vers le RN ? – Alors, d'abord, c'était vrai, en 95, moi, je le vois très bien à Toulon, quand Jean-Marie Lechevalier prend la ville, c'est tous les quartiers populaires, du côté de la Seine-sur-Mer, c'est tout le Parti communiste, hop, qui glisse sur le Front National, mais ça n'est plus tout à fait vrai. C'est-à-dire que, je rappelle quand même, par exemple, que Lille, qui reste… – C'est vrai, ils n'ont plus…
– Non, non, ça n'est plus tout à fait vrai, dans le sens que, non, non, non, non, la caricature de la gauche, Terra Nova, etc., c'est de moins en moins vrai, c'est de moins en moins… – Ce n'est pas une caricature, je pense pas, c'est une réalité. – Non, est-ce que je peux finir ? – Bien sûr, même commencer, même commencer. – Non, la réalité de ce qui est en train de se passer dans ce pays, et c'est ça que je trouve assez savoureux, on peut rester coincé, comme mon ami Mickaël, sur les vieux concepts de Pascal Perrineau, et de l'archipélisation, si, parce que c'est en train de bouger… – Ils sont matriciennes, mais pas du tout.
– Je voudrais finir, c'est en train de bouger, et les faits sont têtus, et la réalité vous fait mentir. Les ouvriers reviennent vers le Parti Socialiste, regardez, je termine, regardez toutes les villes phares, un certain nombre de villes, regardez Saint-Étienne par exemple, Bastion, s'il en est, en tout cas de l'idée populaire qu'on se fait du monde ouvrier, qui va gagner Saint-Étienne ? Je vous le donne en mille et mille, Régis Joannico, je ne veux pas présager, Parti Socialiste, un des membres les plus actifs du Parti Socialiste.
– Regardez, je voulais juste vous dire que cette ancienne qui consiste à dire, voilà, le vote, ça a été vrai, ça a été réel, ça ne l'est plus tout à fait, c'est de moins en moins. – Alors j'entends l'explication très sophistiquée, – Elle n'est pas sophistiquée, c'est le réel, c'est le réel, mon ami, regardez les circonscriptions au rivière, c'est le réel. – Pardon, sophistiqué ne renvoie pas à quelque chose de critique, c'est une réalité, mais il faudra aussi expliquer pourquoi, au soir de l'élection européenne, donc en juin 24, eh bien pourquoi 93% des communes ont mis le RN en tête ? – Non mais ça c'est… – Donc de ce point de vue-là… – C'est autre chose.
– De ce point de vue-là, c'est une évolution territoriale… – Alors je pense qu'il y a un problème, – Il fait un peu litière de votre analyse. – Alors là, l'évolution territoriale, elle n'est pas là où vous dites. Je dis que la gauche, du côté de LFI, mais également du côté du Parti Socialiste, également du côté de cette union PCP, etc., d'abord reprend des couleurs, je rappelle qu'elle est arrivée… – Ça dépend de laquelle, oui. – Le nouveau Front populaire est arrivé en tête, que ça vous plaise ou pas, aux législatives. Ça c'est un premier point, c'est pas la peine de disséquer, ça c'est la réalité.
Là, écoutez, je finis, je finis, je vous dis juste que là où il y a une réalité qui change, c'est que je pense que et la gauche et les Républicains sont en train de perdre la partie dans le petit monde rural. Ça c'est la réalité. C'est-à-dire les petites communes, c'est tout le travail de Marine Le Pen en 2017 et en 2022, où elle était quasiment la candidate des champs face au candidat d'Égile, qui était Emmanuel Macron, l'élite mondialisée, enfin voilà. Eh bien, ça c'est le réel. Si la gauche et la droite traditionnelle perdent pied depuis quelques années, c'est pas le baston ouvrier, etc. que la gauche est en train de récupérer, c'est sur le monde rural.
– La gauche récupère des ouvriers qui n'existent plus, donc de toute façon c'est le sujet sociologique. Mais si, c'est une classe sociale qui n'existe pratiquement plus. En revanche, les zones périurbaines, les zones périurbaines qui effectivement ont été investies dans une sorte de déclassement généralisé qui a fait que l'ERN a pu progresser sur l'ensemble du territoire et arriver dans des catégories socioprofessionnelles et géographiques jusqu'à présent où on ne les trouvait pas, c'est une réalité. Regardez le monde rural, vous avez entièrement raison.
D'ailleurs, ce qui sera intéressant, deux choses, et qu'on mesurera à partir du 15 mars au soir, c'est-à-dire que comment, et si effectivement l'ERN a pu réussir à rentrer via les petites listes d'hiver droite dont on sait qu'elles sont sponsorisées généralement par l'ERN en secret, en tout cas en coulisses. Et la deuxième des choses, effectivement, c'est dans quelle mesure l'ERN va continuer à avancer dans le monde rural, ce qui amènera aussi à la vérification d'un autre principe très important qu'on a vu exprimé dans un sondage, justement, diffusé sur Public Sénat, c'est-à-dire le fait que pour la première fois, l'envie des électeurs est de ne pas renouveler leur premier magistrat.
– C'est 55%, 10% qui veulent changer de mer. – Jusqu'à présent, le principe directeur des municipales, c'est on conforte les sortants. – Alors, oui et non, mais c'est vrai aussi que les sortants sont confortés. Si on regarde les sondages, de toute façon, les sortants font la course en tête, la plupart. Benoît Payan, c'est le cas. En tout cas, c'était le cas, il y a encore quelques jours. Emmanuel Grégoire, c'est le cas. – Justement, ça vient conforter cette émission. – Emmanuel Grégoire, c'est le cas. Il est à 32, Rachida Haddati. Non, mais écoutez, je veux dire, moi, je veux bien qu'on s'amuse à expliquer que le soleil se lève à l'ouest et qu'il se couche à l'est.
– Mais bon, on ne s'amuse pas. – Je ne, si, il y a, vous démontrez des choses qui vous, vous dites des choses qui vous font, que les résultats électoraux vous font démontre, absolument. Vous êtes en train de m'expliquer que… – Il n'y a pas de résultats électoraux pour l'instant. – Les résultats électoraux sur les législatives, par exemple, regardez les circonscriptions gagnées par le nouveau Front populaire, c'est-à-dire on est quasiment à 190 députés en tête, bien, largement devant le Rassemblement national. On peut m'expliquer qu'on a mis un fusil sur la tempe des électeurs pour faire le Front républicain, ils n'en ont pas eu besoin, ils ont barré le Rassemblement national.
Eh bien, vous regardez les circonscriptions, c'est extrêmement état. – Pardon, restez approchés au nouveau Front populaire, c'est exactement nostalgie. – Mais ce n'est pas une nostalgie, c'est une réalité électorale. Vous ne voulez pas la voir, eh bien, ne la voyez pas. – Vous faites partie des gens qui répètent que c'est du psy-tacisme, excusez-moi de vous le dire. – Oui, oui, on connaît la France. – Mais non, mais vous répétez, la gauche est morte, la gauche n'est pas morte. – On va parler de la gauche, en tout cas,
la gauche est divisée.
– Ça fait 100 ans que ça dure. – Et on va écouter ce qu'on dit Carole Delga, la présidente socialiste de la région de Clitanie, depuis longtemps opposée à une alliance avec la France insoumise, elle était avec nous il y a quelques minutes. – Dès 2022, j'avais indiqué que la gauche ne devait avoir aucune union avec LFI parce que nous avons des divergences majeures avec LFI. Pour moi, il n'y a pas un signe égal entre LFI et le RN, puisque le RN est un parti raciste qui prône la préférence nationale et je combats ces idées-là. Si on ne combat pas absolument à gauche le fait que ça soit LFI qui reprend de la gauche, il faut combattre cela. – Est-ce qu'on est dans une…
Vous allez nous refaire toute l'histoire, Françoise et Michael.
On a entendu Carole Delga, elle ne met pas un signe égal entre LFI et le RN, pas d'union avec LFI, mais éventuellement des désistements pour faire barrage au Rassemblement national. Il est clair le positionnement du PS ? – Moi, je pense qu'il est dans la ligne… Alors, moi, je suis complètement sur la ligne de Carole Delga, à une différence près, c'est que je fais partie peut-être des gens, et je ne devrais pas, qui sont en train, depuis une semaine, peut-être de mettre un signe quasiment égal dans la manière de procéder, dans la manière de faire de la politique, entre le RN et LFI.
Bien sûr que, pour moi, le RN, évidemment, c'est la préférence nationale, et le RN peut essayer d'utiliser la mort de Quentin pour se dédouaner de ce qu'il est, lui, intrinsèquement, et surtout, tout son écosystème. Ça ne marchera pas vraiment. Je rappelle, là aussi, que les faits sont têtus. Marine Le Pen, le RN a toujours été battu. Jean-Marie Le Pen, j'y reviens pas. 2017, le barrage républicain, Marine Le Pen, contre Marine Le Pen. 2022, contre Marine Le Pen. Jordan Bardella, si j'écoutais tous les éditorialistes en 2024, ils devaient être à Matignon. Il est barré. Ils sont barrés sur les régions.
Donc, je veux dire par là que, moi, je dis, la gauche est divisée, et il y aura des désistements. J'imagine qu'il y a des gens de LFI qui vont se désister. Je peux l'imaginer. Mais ce que je pense vraiment, ce que je crois, moi, véritablement, c'est qu'on ne comprend rien à la gauche. Rien du tout. Et à chaque élection, c'est la démonstration. Et on va voir à Nice, est-ce que ça fonctionne ou pas, contre Éric Ciotti. On ne comprend rien à la gauche. À Nice, il n'y a aucun socialiste, il n'y a aucune place à sauver à Nice. Mais le barrage républicain, parce que la lutte contre l'extrême droite est intrinsèque du combat de la gauche.
Le Front populaire, Léon Blum, se construit sur le combat antifasciste. Donc, si vous ramenez ça à sauver des places, eh bien, la vie vous démontre que c'est faux. Il n'y a aucune place à sauver à Nice. Et vous verrez, il y aura le Front républicain. – Alors ça, c'est effectivement intéressant, parce que l'histoire est toujours intéressante à observer pour voir d'où on part et où on est arrivé. Vous dites qu'effectivement, le RN a toujours été battu, le FN a toujours été battu, c'est vrai. Mais à la différence aussi, c'est que la gauche n'a jamais été en situation de gagner. Donc, de toute façon… – Quand ça ? – En ce moment. Donc, on voit bien qu'il y a une temporalité.
– Mais vous n'en savez rien. – On a rassemblé le pays, la gauche ne peut pas le faire aujourd'hui. – Mais vous n'en savez rien, en fait. – Et vous le savez très bien. – Non, non, moi je ne le sais pas très bien. – Et en plus, le comportement actuel de Mélenchon, c'est que jamais, en ce moment, plus que jamais, la gauche est éloignée de la capacité de pouvoir rassembler le pays. – Eh bien, je pense que vous vous trompez totalement. – Parce que vous avez un Jean-Luc Mélenchon qui aujourd'hui, que vous avez pu peut-être effectivement soutenir pendant un temps. – Beaucoup, bien sûr. – Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui est en mode dégradé.
– Exactement comparé à ce qu'était Jean-Marie Le Pen dans les années 80-90. – D'accord. – Dans une posture de suicide politique. – Je suis d'accord. – En fait, c'est comme s'il ne voulait pas aller au pouvoir. – Je suis d'accord. – Exactement comme était Jean-Marie Le Pen à l'époque. – Il va être le principal opposant si l'extrême-rendu. – Le principal opposant, le principal clivant, la lumière sur moi et le reste, après moi, le déluge. C'est exactement ce qui est en train de se passer. – Alors, vous, vous dites, vous savez bien que, non, moi, je ne sais pas bien que. Je vous rappelle une équation en 2017, après, c'est la faute profondément de son manque de maestria politique.
Je vous rappelle que quand Benoît Hamon gagne la primaire, eh bien, il est déjà crédité de 16 ou 17%. Moi, je pense que cette primaire-là, elle est très importante parce que le candidat qui va en sortir aura un matelas de 16 à 17%. C'est très malin. Les sondeurs sont très malins de s'amuser à sonder d'un côté Olivier Faure, de l'autre Marine Tondoli, etc. Et François Ruffin, ce qu'ils n'ont pas compris, c'est qu'à un moment donné, à un moment donné, tout ça s'affraqueur, tout ira à un seul candidat et à Jean-Luc Mélenchon. À charge, pour ce candidat, d'empêcher que Jean-Luc Mélenchon enclenche le vote utile.
Si ce candidat ou cette candidate, je ne peux pas préjuger, y parvient, ça veut dire qu'en plus, le ticket de second tour est assez bas. Eh bien, le ticket de second tour étant assez bas, vous ne pouvez pas préjuger de qui sera au second tour. Voilà, je vous le dis. Je ne sais même pas si Jordan Bardella sera forcément au second tour. – Alors là, je partage. – La seule certitude dans une présidentielle, c'est qu'on est toujours surpris. Donc de toute façon, on aura des surprises également. – Et il y a un discours un petit peu différent qui a été lancé par Aurore Berger, la ministre, qui appelle le RN à retirer ses candidats pour empêcher la victoire d'un candidat de la France insoumise.
On va écouter ce matin la réponse du Rassemblement national par la voix de Jean-Philippe Tanguy.
– On ne va pas retirer nos candidats pour une alliance et les filles Macron, ça n'a aucun sens. Et d'ailleurs, Mme Berger, aussitôt, s'est rendue compte de l'énormité de ce qu'elle a dit. Et dans la suite de sa phrase, c'est « Mais moi, je ne vais pas retirer mes candidats pour la Rassemblement national. » Alors que la Rassemblement national est le seul parti totalement opposé aux insoumis.
– Voilà, la réponse est claire. Elle est allée trop loin, Mme Berger. – La sienne est claire. – Disons qu'il y a une sorte d'emballement, notamment autour de l'expression anti-France qui montre qu'effectivement, il y a un problème, en tout cas de référence, si ce n'est de recul historique, parce que l'anti-France est quand même en race, et tout ce que l'on a évoqué tout à l'heure. – C'est dingue. – Avec Françoise. – Et les Juifs, les Bolcheviks et les Francs-maçons, elles réalisent un peu ? – De ce point de vue-là, on est sur une sorte d'emballement un peu contemporain.
Mais ce qui est intéressant, c'est que de son côté, Jordan Bardella, lui, a fait la même proposition, mais à la droite, ça a l'air, en disant il pourra examiner au cas par cas, le soir du 15 mars, la possibilité d'avoir des accords de désistement. Je pense que l'enjeu, un des enjeux du scrutin à venir, c'est celui-là, on va observer cela.
Dans quelle mesure, cette tendance à l'union entre la droite et l'URN sur des accords, on va dire, pas électoraux, mais entre les électeurs, qui eux-mêmes vont peut-être se mettre en phase, ça, ça peut être une dimension, parce que justement, ce que l'on sait aussi, et on a été d'accord sur ce principe, c'est que dans ces élections locales, bien souvent, le terrain n'a que faire des consignes des États-majors. Et en fonction des situations et des drames locaux, politiques locaux, par exemple Marseille, par exemple d'autres villes, Toulouse, eh bien, il peut y avoir des attitudes locales qui balancent par-dessus bord les consignes de Paris.
– Je sais, avec Mickaël, on a assez de recul, et moi, bien sûr, à droite et à gauche, j'ai toujours ce souvenir de François Hollande. Tout le monde tape sur Olivier Faure, mais avant, c'était sur François Hollande, premier secrétaire, parce qu'il y a un moment donné, dans une municipale, tout premier secrétaire du Parti socialiste que vous soyez, même si aujourd'hui, le PS détient les plus grandes villes, donc puissant, le socialisme municipal, c'est puissant, mais vous ne maîtrisez plus rien, c'est-à-dire que vous ne maîtrisez pas la dramaturgie, si vous voulez, d'un soir de premier tour.
Vous aurez beau dire, pas d'accord avec LFI, etc., mais franchement, tout le monde s'en tamponne quand il s'agit de garder la ville. Et c'est en ça que moi, je pense que c'est dangereux. Je suis d'accord avec Mickaël également, décidément, sur l'idée qu'on va avoir peut-être… – Oui, il faut s'y faire. – Non, mais on va avoir peut-être des choses complètement surnaturelles, enfin, des cataclysmes, en réalité. Moi, je fais partie des gens qui pensent que si le Parti socialiste et les écologistes, sur les grands enjeux… Je pense à Toulouse, où on a quand même le candidat social-démocrate, Briançon, François Briançon, qui fait la course largement devant François Picmal.
– C'est le candidat de la France insoumise. – Il est à touche-touche quasiment avec le maire Jean-Luc Moudin, mais qu'est-ce qui va se passer le soir du premier tour ? Qu'est-ce qu'on peut faire ? Est-ce que le Parti socialiste peut gagner Toulouse sans les insoumis, si les insoumis sont à 19 ou 20 ? À Marseille, est-ce que Benoît Payan peut gagner sans Sébastien Delogu ? Mais à l'inverse, à contrario, est-ce que Franck Salisio peut gagner sans Martine Vassal ? – Eh oui, on va découvrir des comportements qui vont être très intéressants. – Il y a les mauvaises langues qui disent que les accords sont déjà passés, notamment entre Benoît Payan et Delogu. – Ou les langues réalistes.
– Oui, il y a des choses, il y a une sorte de réelle politique qui va s'appliquer aux municipales, qui à mon avis, je vous le dis tout de suite, est mortifère pour la présidentielle. – Et la question, elle se pose aussi à Paris, où le cas de figure va se poser. Il y a une déclaration qui a fait beaucoup parler ces dernières heures, c'est celle de Sophia Chikirou, qui est la candidate insoumise à Paris, qui s'en prend très violemment aux journalistes. On va l'écouter, et puis on va écouter derrière Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée.
– Nous, la première chose que nous ferons dans ce pays, c'est de libérer les médias, et peut-être que ça va vous parler ici, c'est de libérer les médias du pouvoir de l'argent, et notamment des 9 milliardaires qui détiennent 90% des médias, et ce que nous ferons, c'est de démanteler notamment l'Empire Bolloré. – Qu'est-ce que vous pensez de ces déclarations ?
– Écoutez, on nage dans le populisme, c'était les révolutionnaires en peau de la peinture. D'abord, tout le monde n'a pas le talent de Mélenchon, et ce que je constate, c'est que Mélenchon est un très grand homme politique, avec toute l'odieuxerie que je lui prête. La réalité, c'est que les Mélenchons aux petits pieds, vous les voyez là, déjà. Sophia Chikirou est dans un numéro de fausse colère, mais voilà, on coche toutes les cases du populisme, je vous le dis, des révolutionnaires en peau de la peinture, c'est quasiment du gragus bas-boeuf, si vous voulez, ou du Robespierre à la sauce Chavez.
C'est ridicule, c'est-à-dire que là, à mon avis, ils sont en train de passer de l'autre côté du miroir. C'est-à-dire que c'est tellement trop. Quand on enchaîne la conférence de presse de Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot, ah, je vais démanteler l'Empire Bolloré, oui, bien sûr, et puis on remet la guillotine en place, place de la Concorde, et Chikirou qui cite Simone Veil. Sophia, pauvre Simone Veil qui doit se retourner dans sa tombe, d'être citée par une femme, je le rappelle, qui a les yeux de Chimène pour le Hamas. Je ne veux pas refaire tout le 7 octobre. Mais à la limite, ça m'écoeure ce que fait Sophia Chikirou.
Et de toute façon, c'est une stratégie, mais moi, je pense qu'il ne faut pas en avoir peur car ils sont en train de devenir grotesques. Et quand on est grotesque à ce point, on n'arrive plus à élargir. Alors, je sais bien que le parti s'élargit en s'épurant, mais là, ils sont en train de sombrer, de passer de l'autre côté du miroir. Pardon. Michael, la conclusion en 30 secondes. Il suffit de se reporter au sondage. Les Français ont la sagesse de considérer qu'à 75%, au moins, et Jean-Luc Mélenchon et son parti sont plus d'enjeux pour la démocratie que n'importe quel autre parti. – Allez, on va terminer avec la question du jour. Elle concerne aussi les municipales à Paris.
Question plus légère. Avec quel candidat municipal à Paris avez-vous le plus envie de boire une bière ? – C'était Emmanuel Grégoire, je sais. – C'est Emmanuel Grégoire, effectivement. – C'est le sondage débile. Je peux savoir qui fait ce genre de sondage. – C'est un sondage fait par Coriolink avec l'IFOP. La réponse, c'est Emmanuel Grégoire, effectivement, qui est le candidat de la gauche hors LFI. On le rappelle, 46% des suffrages, 7 points de plus que Rachida Dattis. Et Pierre-Yves Bournazel, le candidat Horizon Renaissance, qui arrive troisième. Alors, dans le même temps, il y a 33% des Parisiens qui disent que faire campagne dans un bistrot, c'est fait par opportunisme électoral.
Il y a une petite forme de contradiction. Ils font que 10% avoir un réel intérêt pour les habitants. La bière, c'est donc à consommer avec modération. – Oui, mais la vraie question, c'est savoir à qui on a envie de boire une deuxième bière. – D'accord, et la vraie question, c'est est-ce que boire une bière équivaut à voter pour ? – Alors, ça c'est non. Visiblement, il n'y a pas de corrélation. Merci beaucoup, merci François. – Merci. – Et merci Mickaël, merci à tous les deux pour votre éclairage. On se retrouve demain. Très bonne journée. – Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. – Merci beaucoup.
– Merci. – Au revoir. – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada