Après François Bayrou, quel kamikaze pour aller à Matignon ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Lesdopolitique sur europein avec le Figaro. Bonjour Vincent Trémolet de Viller. Bonjour Dimitri.
Bonjour Anissa. Bonjour à tous. François Baot était donc interviewé sur les quatre chaînes info dans ces news ainsi qu'Europain.
Un seul radio à avoir diffusé l'entretien. Le premier ministre ne semblait plus croire que la situation puisse s'inverser favorablement pour lui. La question de sa succession donc se pose.
Elle est simple mais la réponse elle est plus complexe que jamais. Vincent. Il faut dire que François Baou a bien savonné la planche.
En répondant aux questions des journalistes et on notera que celle de Sonia Mabrou était les plus percutantes. Le premier ministre a en gros expliqué que les députés étaient des êtres mesquins hanés par les stratégies de court terme et les Français des irresponsables qui ont obligé les politiques à endetter le pays depuis 50 ans. À l'entendre, il est le seul à surnager au milieu d'un océan de médiocrité et de bassesse.
Il avance la tête haute sans se soucier du regard des autres. Il laissera derrière lui un paysage déprimant et désolé. En revêtant pour son départ programmé la tunique de la rupture, du courage et de l'intérêt général, François Baou trace déjà le portrait d'un successeur n'ayant aucune de ses qualités.
Alors, vous me direz que ce tableau est un peu avantageux à son endroit. C'est normal, c'est lui qui l'a peint. Mais sur le faible niveau du personnel politique, il faut reconnaître qu'il n'a pas complètement tort.
Si les députés risquent de ne pas voter la confiance à François Baïou, les Français eux refuseraient à une majorité gigantesque de donner leur confiance à une bulle politique qui n'inspire plus qu'indifférence, exaspération quand ce n'est pas de la rage. Autrefois fasciné par la dimension cynique des jeux de pouvoir, nos concitoyens ne comprennent plus comment quand les heures sont aussi graves, les petits intérêts particuliers peuvent l'importer sur l'intérêt du pays. Les plus tempérés des Français changent de chaîne quand la politique apparaît.
Les plus énervés semblent prêt à balancer le poste par la fenêtre. Nicolas qui paye les guux, les bloqueurs. La nébuleuse est aussi hétéroclite que l'été les gilets jaunes.
Mais elle témoigne de la consolidation d'une défiance tout à fait préoccupante. Alors c'est sûr qu'avec cette description, la place de premier ministre n'est pas très enviable. Dans l'entretien qu'il a donné hier aux Parisiens, Sébastien Lecornu dit qu'il n'est pas candidat à Matignon et qu'à se lui irait très bien de ne pas être nommé.
Alors, c'est évidemment une précaution d'usage dans les mots du ministre de la défense, mais ils disent une vérité évidente. Vouloir Matignon aujourd'hui, c'est s'offrir un destin de kamikaz. Cela consiste à partir sur le champ de bataille avec des troupes dégarnies, des alliés prêts à vous planter au premier sous-bois, des adversaires plus nombreux et déchaînés que jamais et à la clé avant Noël la quasi certitude d'une censure humiliante.
Pourtant Vincent des Nom circulent, il y a certainement plaid pour Matignon, hein. Alors, vous savez Dimitri, au matin du 9 novembre 1989, quand la première brèche s'est ouverte dans le mur de Berlin, il y avait une réunion du parti communiste dans la capitale allemande. Les dignitaires ont appris que le mur s'ouvrait, mais ils ont continué, comme si de rien n'était, à se partager les places et les postes.
Jusqu'à la dernière minute, il y aura des candidats au ministère pour la ligne sur le CV, pour les girophares et avec parfois même l'illusion d'une action féconde. Mais si l'on interroge les politiques ou les membres de la société civile qui ont été approchés par Emmanuel Macron depuis 2 ans et qui ont réfléchi rationnellement à la question, ils vous diront qu'aucune des conditions n'est réunie pour exercer une action utile au bien commun. La seule perspective est de stabiliser le déclin, de faire gagner du temps au président de la République pour repousser une dissolution qui paraît de plus en plus inévitable.
Pour le reste, il y a dans ces remanimements de fin de règne quelque chose d'un peu pathétique. Ce que François Surau résume en une formule cruelle. Dernier raide sur le mini bar. lesdopolitique sur europein. [Musique]
François Bayrou