Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 31 janvier 2024 13 minComplaisantActualité / polémiqueLogementSolidarités & familleOutre-mer

“Nous sommes là pour continuer le combat”, déclare Frédérique Kaba, directrice des missions sociales de la fondation Abbé Pierre

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:41OuverteRéponse partielle

    Gabriel Attal a annoncé un choc de l'offre sur les logements. Est-ce que ça suffira ?

  • 1:20OuverteRéponse directe

    Est-ce que toucher au SRU est une évolution inquiétante ?

  • 1:30RelanceRéponse directe

    Les contours de la modification du SRU ne sont pas précis. Est-ce inquiétant ?

  • 2:16OuverteRéponse directe

    Le risque de toucher à la loi SRU, quel est-il ?

  • 3:05OuverteRéponse directe

    Qu'appelle-t-on un habitat indigne ?

  • 4:04OuverteRéponse directe

    On ne s'attend pas à ce que des propriétaires vivent dans des habitats indignes. C'est une notion que vous déconstruisez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34PrésentateurChiffre
    « On dénombre 330 000 personnes sans domicile fixe, un chiffre qui a doublé en 10 ans. »
  • 0:48InvitéFait
    « Un choc de l'offre sur les logements, oui, mais dans l'immédiat, c'est quand même un certain nombre de personnes qui n'ont pas de réponse et qui n'accèdent pas à un logement digne. »
  • 0:56InvitéChiffre
    « Je rappelle qu'il y a plus de 4 millions de personnes qui sont très mal logées en France. Vous l'avez dit, 330 000 personnes sans domicile. »
  • 1:04InvitéChiffre
    « Parfois, 3 000 enfants chaque nuit dorment dehors en ce moment. »
  • 1:14InvitéChiffre
    « Ça nous pose une question sur ce choc de l'offre qui va mettre beaucoup de temps à advenir et qui ne répond pas à l'urgence sociale et aux enjeux aujourd'hui des 2,4 millions de ménages qui sont en attente d'un logement social. »
  • 1:36PrésentateurFait
    « Gabriel Attal a annoncé des modifications profondes sur le SRU. »
  • 1:45InvitéFait
    « La loi SRU, c'est l'abbé Pierre qui l'a voulu. Et il l'a voulu pour une simple raison. C'est si nous ne nous obligeons pas collectivement à apporter une réponse par la production de logements très social de manière équilibrée dans les territoires, alors nous avons, comme aujourd'hui, 2,4 millions de ménages qui sont en attente d'un logement social. »
  • 2:01InvitéFait
    « Nous ne sommes pas d'accord avec ces modifications et nous sommes très attachés à la nécessité que chacun contribue, chaque territoire, chaque commune à la possibilité de répondre de manière équilibrée, aux plus précaires d'entre nous, aux plus pauvres et aux plus modestes. »
  • 3:17InvitéFait
    « Un habitat indigne, c'est l'absence pour une personne, un ménage, une famille, de vie digne dans un logement qui est insalubre et indécent. »
  • 3:49InvitéChiffre
    « Aujourd'hui, c'est 600 000 logements, dont 150 000 à peu près dans les territoires ultramarins, qui sont identifiés comme étant insalubres, indignes. »
  • 4:52PrésentateurFait
    « Concrètement, pourquoi est-ce qu'il y a un risque de détérioration de leur habitat ? »
  • 5:01InvitéFait
    « Depuis qu'il y a eu la suppression de l'occasion de logement pour faire les travaux dans ces habitats indignes occupés par des propriétaires, eh bien il y a une chute, une dégradation de la possibilité de faire les travaux. »
  • 6:17InvitéFait
    « La disparité géographique, c'est effectivement les modes de vie, le climat et puis le taux de pauvreté, objectivement. Et puis la réponse aussi de la puissance publique dans ces territoires ultramarins qui est inégale dans les territoires ultramarins pour contrer les facteurs de la pauvreté et pour contrer aussi les facteurs du mal logement et du très mal logement. »
  • 8:59InvitéChiffre
    « C'est la convergence d'une absence de production de logements très social et de réponses. Je le disais, aux 2,4 millions de ménages en attente d'un logement social. »
  • 9:08InvitéChiffre
    « Une augmentation entre 2012 et aujourd'hui, on est passé de 143 000 personnes sans domicile à 330 000, donc 25% travail. »
  • 9:20InvitéChiffre
    « C'est chaque soir près de 8 500 personnes qui sont sans réponse pour se mettre à l'abri. »
  • 9:47InvitéChiffre
    « Aujourd'hui, c'est plus de 9 100 000 personnes qui sont sous le seuil de pauvreté en France. »
  • 10:23InvitéFait
    « Il y a des situations qui sont dues essentiellement à la hausse des coûts du loyer ces 10 dernières années, à l'impossibilité pour les ménages à tenir face à ces hausses de coûts de loyer et de charges qui font qu'ils sont expulsés ou qu'ils quittent leur logement de peur d'être expulsés. »
  • 11:48InvitéFait
    « Je rappelle quand même que ces cinq dernières années, l'impact de la baisse de l'APL n'est pas des moindres sur ces ménages qui sont les plus défavorisés et qui sont les plus modestes. »

Temps de parole

  • Invité70 %
  • Présentateur30 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. Bonjour Frédéric Cabas.

0:17
Invité

Bonjour.

0:17
Présentateur

Mes amis au secours, il y a 70 ans, jour pour jour, le vibrant appel de l'abbé Pierre retentissait sur les ondes de Radio Luxembourg le 1er février 1954. Aujourd'hui, la fondation Abbé Pierre continue l'oeuvre du fondateur d'Emmaüs avec un rapport sur l'état du mal logement en France qui vient d'être publié. Le logement est en crise en France. On dénombre 330 000 personnes sans domicile fixe, un chiffre qui a doublé en 10 ans. Gabriel Attal a annoncé lors de son discours de politique générale un choc de l'offre sur les logements. Frédéric Cabas, est-ce que ça suffira ?

0:48
Invité

Un choc de l'offre sur les logements, oui, mais dans l'immédiat, c'est quand même un certain nombre de personnes qui n'ont pas de réponse et qui n'accèdent pas à un logement digne. Je rappelle qu'il y a plus de 4 millions de personnes qui sont très mal logées en France. Vous l'avez dit, 330 000 personnes sans domicile. Parfois, 3 000 enfants chaque nuit dorment dehors en ce moment. Ça nous pose une question sur ce choc de l'offre qui va mettre beaucoup de temps à advenir et qui ne répond pas à l'urgence sociale et aux enjeux aujourd'hui des 2,4 millions de ménages qui sont en attente d'un logement social.

1:20
Présentateur

Et en particulier, Gabriel Attal a annoncé des modifications profondes sur le SRU. Alors le SRU, c'est une loi emblématique qui oblige les communes à proposer un taux minimal de logements sociaux. Les contours ne sont pas encore bien précis, mais est-ce que c'est une évolution qui vous inquiète ? Est-ce que toucher au SRU, c'est inquiétant ?

1:36
Invité

La loi SRU, c'est l'abbé Pierre qui l'a voulu. Et il l'a voulu pour une simple raison. C'est si nous ne nous obligeons pas collectivement à apporter une réponse par la production de logements très social de manière équilibrée dans les territoires, alors nous avons, comme aujourd'hui, 2,4 millions de ménages qui sont en attente d'un logement social.

Nous allons attendre les contours précis de la modification de la loi SRU, mais nous pouvons dire d'ores et déjà que nous ne sommes pas d'accord avec ces modifications et nous sommes très attachés à la nécessité que chacun contribue, chaque territoire, chaque commune à la possibilité de répondre de manière équilibrée, aux plus précaires d'entre nous, aux plus pauvres et aux plus modestes.

2:16
Présentateur

Le risque de toucher à cette loi, quel est-il ?

2:18
Invité

Le risque, c'est que déjà, il y a un frein énorme sur la production du logement très social, ce qui nous pose nos questions sur les réponses aux personnes qui sont frappées durement par la crise sanitaire dans un premier temps, puis aujourd'hui par l'inflation, qui fait qu'un certain nombre de ménages ne peuvent pas se loger à moins d'y consacrer la moitié de leurs ressources, y compris quand ils y travaillent dans des bassins d'habitat qui sont devenus extrêmement chers et pour lesquels il y a une vacance de logement forte. Je rappelle que l'usage d'Airbnb et de la location touristique décompensent la possibilité de répondre aux ménages en matière de logement.

Donc oui, cette loi va modifier la possibilité de produire à nouveau et de produire de façon considérée pour ceux qui ont le moins de moyens d'entre nous.

3:05
Présentateur

Car le logement en France est en crise, vous publiez ce rapport sur le mal logement et un premier constat, le retour de l'habitat indigne. Alors arrêtons-nous sur cette notion d'habitat indigne. Qu'appelle-t-on un habitat indigne ?

3:17
Invité

Un habitat indigne, c'est l'absence pour une personne, un ménage, une famille, de vie digne dans un logement qui est insalubre et indécent. C'est souvent la figure du petit propriétaire, expression qui désigne un propriétaire occupant, vulnérable, très modeste, qui ne peut se loger qu'à cet endroit-là et qui est incapable, au regard de ses ressources et de ses moyens, de faire des travaux pour redonner de la dignité à son logement et donc à son parcours de vie. Aujourd'hui, c'est 600 000 logements, dont 150 000 à peu près dans les territoires ultramarins, qui sont identifiés comme étant insalubres, indignes.

3:59
Présentateur

Ça c'est étonnant parce qu'on ne s'attend pas à ce que ce soit des propriétaires qui vivent dans des habitats indignes. On a plutôt une image d'une location indigne. C'est un petit peu une notion que vous déconstruisez dans ce rapport ?

4:10
Invité

Oui, c'est une notion qu'on déconstruit parce que bien sûr la location indigne existe, bien sûr il y a des abuseurs, des marchands de sommeil, mais il y a aussi toute une partie de la population qui est contrainte soit de trouver un espace refuge dans l'habitat indigne, parce que le coût du loyer du privé est trop cher et trop coûteux, et donc ils achètent un bien qui est un habitat indigne. Et puis il y a aussi toute une partie de la population qui est dans ces logements-là, pour des raisons d'attachement au territoire, qui n'offrent pas une réponse de logement digne. Et ceux-ci sont invisibles aux politiques publiques.

4:44
Présentateur

Ces petits propriétaires se trouvent aussi en étau face à l'augmentation peut-être des charges. Concrètement, pourquoi est-ce qu'il y a un risque de détérioration de leur habitat ? Est-ce que l'indignité peut arriver aussi avec le temps ? Ils achètent un habitat qui est propre, salubre, et puis en fait avec le temps ils sont étouffés par les dépenses ?

5:01
Invité

Alors c'est possible, mais ce que nous voyons nous, c'est que depuis qu'il y a eu la suppression de l'occasion de logement pour faire les travaux dans ces habitats indignes occupés par des propriétaires, eh bien il y a une chute, une dégradation de la possibilité de faire les travaux. Et puis effectivement ce que nous voyons, c'est que face aux charges, il est très compliqué pour des ménages qui ont des revenus modestes de faire face à la nécessité de faire des travaux, de lutte contre la précarité énergétique, de rénovation thermique, et puis à faire face aussi aux fluides, aux coûts du gaz, aux coûts de l'électricité pour se chauffer et entretenir son logement.

Et puis il y a une réalité de logement insalubre et indigne avec des manques de postes fondamentaux dans le logement comme une électricité sécure, comme un accès aussi à une salle de bain qui soit faite dans de bonnes conditions. Et ces situations-là nous alarment et nous alertent fortement.

5:56
Présentateur

Ce que vous nous dites ce matin, c'est qu'il y a pour un certain nombre de Français des difficultés à accéder à une salle de bain. Ça paraît absolument aberrant en 2024.

6:03
Invité

Mais ça existe encore. Alors l'habitat indigne a plusieurs visages, mais ça existe encore.

6:09
Présentateur

Et vous mentionniez aussi tout à l'heure les territoires ultramarins. Est-ce qu'il y a une disparité géographique de cet habitat indigne ? Décrivez-la nous.

6:17
Invité

Alors la disparité géographique, c'est effectivement les modes de vie, le climat et puis le taux de pauvreté, objectivement. Et puis la réponse aussi de la puissance publique dans ces territoires ultramarins qui est inégale dans les territoires ultramarins pour contrer les facteurs de la pauvreté et pour contrer aussi les facteurs du mal logement et du très mal logement.

6:40
Présentateur

On a en tête des événements aussi, des effondrements, des incendies d'immeubles. Je pense à Marseille en 2018, à Lille en 2022, des événements emblématiques. Vous disiez, il manque de réponses publiques. Ces effondrements qui ont touché, qui ont marqué l'opinion publique, ils n'ont rien changé ?

6:58
Invité

Eh bien, ils changent difficilement les choses et c'est inquiétant qu'ils ne changent pas définitivement les choses dans la manière dont la politique publique se construit. Aujourd'hui, sortir de l'habitat indigne, lutter contre des marchands de sommeil, c'est extrêmement compliqué pour les personnes qui sont confrontées à l'habitat indigne.

Donc notre enjeu là à nous aujourd'hui, c'est de dénoncer ces politiques publiques et cette manière difficile pour les personnes d'attraper les politiques publiques pour sortir de leurs difficultés, qu'ils soient locataires en copropriété, propriétaires occupants d'une copropriété très dégradée ou propriétaires occupants de leurs propres maisons, souvent dans le rural ou dans des petites villes en région. Nous, ce que nous voulons, c'est une politique publique qui accompagne ces ménages pour sortir définitivement de cette difficulté et puis aussi un enjeu de simplification. L'accompagnement, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire donner les moyens à des associations, à des partenaires pour vraiment accompagner des ménages qui sont perdus dans la complexité de la sortie de l'indignité.

8:00
Présentateur

Et pour cela, il y a quand même une réponse de la puissance publique. Je pense à un numéro unique lancé par l'État en 2019, un faux logement indigne. Ce type de réponse ne suffit pas ?

8:11
Invité

Non, ça ne suffit pas. Il faut faire la démarche, il faut identifier que la personne identifie qu'elle est en habitat indigne. Il faut que nous fassions de l'aller vers. Il faut que nous allions vers ces ménages pour les écouter, pour les entendre, pour dédramatiser, pour les sortir aussi de la honte parce qu'il n'est pas facile de raconter qu'on vit dans un habitat indigne et puis bien sûr les accompagner dans les démarches administratives qui sont très très compliquées.

8:38
Présentateur

2023, dites-vous, dans ce rapport sur le mal logement, a été une année noire pour les mal logés. Que s'est-il passé en 2023 ? Quelle a été la bascule ? Vous dites même que la bombe de la crise du logement a explosé, donc c'est qu'il s'est passé quelque chose en 2023. Expliquez-nous en quoi 2023 a été une année de bascule, Frédérique Cabard.

8:59
Invité

C'est la convergence d'une absence de production de logements très social et de réponses. Je le disais, aux 2,4 millions de ménages en attente d'un logement social. C'est aussi ce que vous disiez en introduction. Une augmentation entre 2012 et aujourd'hui, on est passé de 143 000 personnes sans domicile à 330 000, donc 25% travail. C'est chaque soir près de 8 500 personnes qui sont sans réponse pour se mettre à l'abri.

9:25
Présentateur

Ça veut dire quoi ça exactement ? Ça veut dire qu'elles appellent le numéro d'urgence et il n'y a plus de place pour elles ?

9:30
Invité

Non, il n'y a plus de place pour elles. Quand elles arrivent à joindre le numéro d'urgence, qui est saturé très souvent. Donc, on voit bien que la dégradation, elle est effectivement dans la réponse. Et puis, elle est aussi dans le fait que plus de 500 000 personnes ont atterri, pardon de cette expression, sous le seuil de pauvreté. Aujourd'hui, c'est plus de 9 100 000 personnes qui sont sous le seuil de pauvreté en France. Et c'est un indicateur d'aggravation pour être capable de répondre à un coût du loyer qui n'a de cesse d'augmenter, à des charges qui n'ont de cesse d'augmenter et qui font que même lorsqu'on travaille, on est très en danger.

10:05
Présentateur

Je me permets de m'arrêter sur ce chiffre, 330 000 personnes sans domicile fixe. Je vous avoue, ce matin, quand j'ai lu le rapport, j'ai eu besoin de me frotter les yeux. Pourquoi cette multiplication par 2 en 10 ans ? Que s'est-il passé en 10 ans pour qu'on double le nombre de personnes sans domicile fixe ?

10:23
Invité

Eh bien, il y a des situations qui sont dues essentiellement à la hausse des coûts du loyer ces 10 dernières années, à l'impossibilité pour les menages à tenir face à ces hausses de coûts de loyer et de charges qui font qu'ils sont expulsés ou qu'ils quittent leur logement de peur d'être expulsés. C'est un facteur. C'est aussi le facteur de personnes qui sont en fragilité, vulnérables et qui sont vulnérabilisées parce que parfois elles sont épuisées, elles ont des troubles mentaux, elles ont eu un accident de la vie. Et puis c'est aussi des personnes, je le disais, 25% d'entre elles à peu près, qui travaillent et qui n'arrivent pas à rejoindre le logement malgré le fait qu'elles travaillent.

Donc il y a une impossibilité, une équation insoluble pour ces personnes-là.

11:08
Présentateur

Qui sont ces personnes ? Est-ce que ce sont des personnes qui sont arrivées en France ? Est-ce que ce sont des personnes qui avaient un habitant digne, qui l'ont perdu et qui petit à petit se sont retrouvées dans la rue ? Comment est-ce qu'on explique ce doublement en 10 ans du nombre de personnes SDF ?

11:21
Invité

Bien sûr, ce sont des personnes qui sont susceptibles d'arriver en France, mais ce sont aussi des jeunes qui ont des décohabitations familiales complexes et compliquées et qui n'arrivent pas à trouver des espaces pour habiter. Ce sont aussi des personnes qui ont à un moment donné des fragilités dans leur vie et qui n'arrivent pas à tenir. Ce sont des ménages, des familles parfois qui sont expulsées. Donc ce sont des visages de personnes qui n'arrivent pas à tenir face à la charge du coût du logement. Je rappelle quand même que ces cinq dernières années, l'impact de la baisse de l'APL n'est pas des moindres sur ces ménages qui sont les plus défavorisés et qui sont les plus modestes.

11:55
Présentateur

On est 70 ans jour pour jour après l'appel de l'abbé Pierre. On s'en rappelle, mes amis, au secours, cette nuit encore, etc. Si on retrace ces 70 ans, on a l'impression, en vous entendant ce matin, Frédéric Cabas, que rien n'a changé.

12:10
Invité

On ne peut pas dire que rien n'ait changé. Il y a des efforts qui ont été faits, des compréhensions qui ont été faites. Mais il y a toujours aujourd'hui une déconsidération des personnes les plus fragiles, les plus pauvres, les plus modestes qui amènent aujourd'hui à apporter des réponses partielles alors qu'il faudrait faire un effort pour qu'il y ait une équité de traitement pour l'ensemble des citoyens.

12:29
Présentateur

Il faut continuer cet appel de l'abbé Pierre, relire peut-être encore à nouveau ce discours pour se sensibiliser peut-être.

12:37
Invité

Il faut continuer à lire le manifeste de l'abbé Pierre, à l'écouter, à l'entendre, nous interpeller. Il nous interpelle encore aujourd'hui et nous, Fondation Abbé Pierre, nous sommes là pour continuer le combat.

12:48
Présentateur

Merci beaucoup Frédéric Cabas. Je rappelle que vous êtes la directrice des missions sociales de la Fondation Abbé Pierre. Merci d'avoir été l'invité de la matinale.

12:56
Invité

Merci.