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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 18 octobre 2024 31 minDivertissementSanté

20 ans le plus bel âge de la vie | Le débat de ZED - Zone d'éducation documentaire

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Le Premier ministre a fait de la santé mentale la grande cause nationale de l'année 2025. C'est quoi la santé mentale ?

  • 1:19OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous sauriez me dire ce que c'est que l'anxiété ?

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Comment vous avez eu l'idée de parler sur la santé mentale ? Et est-ce qu'il y avait-il un lien avec votre vie ?

  • 2:51OuverteRéponse directe

    Tous ces personnages qu'on retrouve tout au long du documentaire, comment vous les avez rencontrés, comment vous les avez castés ?

  • 4:06OuverteRéponse directe

    Si les jeunes qui témoignent dans le film avaient raconté leurs problèmes plus tôt, en seraient-ils arrivés à ce stade ?

  • 5:21OuverteRéponse directe

    Les étudiants qui écoutent sur la Nightline, pourquoi font-ils ça ? Et est-ce que cela peut avoir des répercussions sur eux ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:56InvitéFait
    « Le sujet de la santé mentale, ça n'existait pas du tout. »
  • 2:49InvitéFait
    « La santé mentale, comme la santé physique, on a tous une santé mentale. »
  • 4:26InvitéFait
    « Plus tôt on a dépisté les choses, plus le pronostic, comme on dit en médecine, est favorable. »
  • 5:00InvitéFait
    « Je suis très content que notre Premier ministre ait considéré que c'était une priorité. »
  • 6:37AuditeurChiffre
    « Pourquoi 75% des pathologies psychiatriques apparaissent-elles entre 15 et 25 ans ? »
  • 6:41InvitéFait
    « Il y a une explication, je dirais, il y a des hypothèses. »
  • 10:25InvitéFait
    « La dépression, c'est considéré comme une pathologie. »
  • 10:48InvitéFait
    « En fait, ce n'est pas quelqu'un qui ne veut pas, c'est quelqu'un qui ne peut pas, en général. »
  • 13:38InvitéFait
    « La dépression, c'est considéré comme un trouble mental. »
  • 15:49AuditeurChiffre
    « À quoi servent vraiment les médicaments prescrits aux personnes dépressives ? Et est-ce qu'il y a d'autres méthodes que les médicaments ? »
  • 20:45InvitéFait
    « C'est un manquement aux obligations. »
  • 22:18InvitéFait
    « L'offre de soins était tellement limitée que les délais d'attente étaient tellement importants. »
  • 22:58AuditeurChiffre
    « À quoi sont dus les troubles alimentaires et pourquoi c'est les jeunes qui sont les plus touchés ? »

Temps de parole

  • Invité47 %
  • Présentateur30 %
  • Invité 218 %

2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et voilà, c'était 20 ans, le plus bel âge, un documentaire réalisé par Charlotte Lavocat. Bonjour. Bonjour. Et juste à vos côtés, nous avons invité le docteur Patrick Landmann. Bonjour. Bonjour. Vous êtes psychiatre et pédo-psychiatre. Et si on vous a réunis aujourd'hui tous les deux dans la zone d'éducation documentaire, c'est pour répondre aux questions de la 3e D du collège Jean-Jacques Rousseau du Pré-Saint-Gervais. Bonjour les élèves.

0:22
Locuteur

Bonjour.

0:24
Présentateur

Alors ce film, vous l'avez vu, vous l'avez analysé, vous l'avez décortiqué. Je sais que vous avez plein de questions à poser à nos invités. Mais juste avant, je voulais vous demander. Le Premier ministre a fait de la santé mentale la grande cause nationale de l'année 2025. C'est quoi la santé mentale ? Alex, dis-moi. C'est ce qu'on ressent dans nos têtes ou nos problèmes ou en général des choses comme ça. Qu'est-ce que vous avez ressenti quand vous avez vu ce film ?

Moi, j'ai été un peu choqué de voir que les étudiants en droit étaient aussi bouleversés et que c'était aussi dur d'être un étudiant et qu'ils n'avaient pas beaucoup d'aide et que vraiment, ils avaient du mal à continuer les études.

1:13
Auditeur

Ça peut faire peur pour plus tard, comme on peut croire qu'on va être comme eux.

1:19
Présentateur

Est-ce que vous sauriez me dire ce que c'est que l'anxiété ? C'est quelque chose qu'on a peur que ça arrive. Par exemple, un exposé à l'oral en cours, on appréhende un petit peu. Ahmed, tu t'es déjà senti stressé, anxieux ?

1:32
Auditeur

Oui. Par rapport à ? À des exposés pendant les contrôles. Parfois, je révise des heures, mais quand même, je stresse.

1:42
Présentateur

Oui, c'est le principe. Souvent, plus on révise, plus on est stressé. Allez, je vous propose qu'on passe à vos questions. Et on va commencer justement par toi, Ahmed.

1:49
Auditeur

Comment vous avez eu l'idée de parler sur la santé mentale ? Et est-ce qu'il y avait-il un lien avec votre vie ?

1:56
Invité

Le sujet de la santé mentale, ça n'existait pas du tout. Quand j'étais au collège à votre place, il y a quelques années, il y a très longtemps même, il y a plus de 20 ans, ce n'était pas du tout un sujet. La santé mentale, moi, j'en ai entendu parler, un peu comme vous, au moment du Covid. Et en repensant un petit peu à mes années collège, alors bon, moi, oui, effectivement, c'est vrai qu'il y a des moments où je ne me sentais pas toujours très, très bien, où j'aurais aimé avoir une écoute, où j'aurais aimé qu'on soit un peu plus décomplexé par rapport à ce sujet. Mais je me rappelle deux camarades, deux petits copains, deux copines, qui étaient un peu isolés.

Et je pense qu'il y avait peut-être un accompagnement qui aurait été important et nécessaire à ce moment-là pour ses camarades. Et la santé mentale, il faut se dire surtout qu'on en a tous une. La santé mentale, comme la santé physique, on a tous une santé mentale. Elle n'est pas forcément bonne tous les jours, mais en tout cas, on en a tous une. Donc il faut s'en préoccuper.

2:51
Présentateur

Tous ces personnages qu'on retrouve tout au long du documentaire, comment vous les avez rencontrés, comment vous les avez castés ?

2:56
Invité

J'ai contacté plusieurs comptes Instagram, notamment, puisqu'aujourd'hui, il se passe beaucoup de choses quand même sur les réseaux sociaux. Je ne vous l'apprends pas. J'ai notamment contacté un compte Instagram qui parle de psychophobie, de santé mentale chez les jeunes. Et il y a cette jeune femme qui tient ce compte, qui a accepté de passer un appel à témoins. J'ai eu pas mal de retours.

3:16
Présentateur

Ils ont donc accepté, il et elle, ont accepté assez facilement de se livrer. Parce que c'est très fort, tous ces témoignages. Ils sont face caméra, ils s'assoient devant Charlotte l'avocat et ils livrent leur expérience, qui est difficile, vous l'avez compris. Il faut être sacrément courageux pour le faire. Et ça s'est fait assez naturellement.

3:37
Invité

Ils ont traversé des épisodes difficiles, mais ils ont en tout cas assez bien pour pouvoir en parler. On a ensuite, quand ils acceptaient échanger par téléphone, on s'est parlé. Et moi, je leur ai dit, donc effectivement, c'est important pour moi qu'il y ait un témoignage face caméra et pas flouté. Ce qui aurait pu être un choix aussi. Mais je pense que le fait de témoigner les yeux dans les yeux, c'est aussi très impactant. Et ça vous parle directement à vous. On continue avec Cyrine.

4:03
Présentateur

J'ai une question pour Patrick Landman. Si les jeunes qui témoignent dans le film avaient raconté leurs problèmes plus tôt, en seraient-ils arrivés à ce stade ?

4:12
Invité

Oui, c'est une question très importante que tu poses. C'est-à-dire à quel moment il faut consulter, à quel moment il faut dépister avant que la catastrophe n'arrive. Parfois, malheureusement, il y a des catastrophes. Plus tôt on a dépisté les choses, plus le pronostic, comme on dit en médecine, est favorable. Ça, c'est sûr. Mais pas toujours. Pas toujours. Malheureusement, il y a des cas où, même dépisté tôt, les choses ne s'arrangent pas facilement. Mais globalement, il faut rester optimiste. Avec un dispositif, avec un réseau de soins, avec un dispositif solide, on arrive à tirer d'affaires énormément de gens. Moi, j'en ai l'expérience. Ça fait 44 ans que j'exerce ce métier.

Donc j'ai vu les évolutions. Et je peux vous dire qu'il faut quand même rester optimiste. Et je suis très content que notre Premier ministre ait considéré que c'était une priorité. Donc votre documentaire est particulièrement, tombe absolument à pic. Donc espérons que, comme on dit, ce ne soient pas des promesses en l'air et qu'il y ait pas simplement un effet d'annonce, mais qu'il y ait des choses qui suivent.

5:17
Présentateur

On continue avec toi, Mohamed. J'ai une question pour Charlotte, l'avocat. Les étudiants qui écoutent sur la Nightline, pourquoi font-ils ça ? Et est-ce que cela peut avoir des répercussions sur eux ?

5:26
Invité

Le fonctionnement de Nightline, c'est le soutien par pair. Donc ce sont des étudiants qui vont aider leurs camarades parce qu'ils ont une expérience en commun, parce qu'ils vivent aussi la vie universitaire avec tous ces enjeux de santé mentale. C'est des sujets qui les concernent directement. Et oui, bien sûr, ça peut avoir un impact sur eux. C'est pour ça qu'ils sont suivis, que les permanences aussi sont limitées. Et qu'une fois par mois, ils ont des groupes de parole pour partager leur expérience, parce qu'au fil des soirées, effectivement, ce n'est pas anodin. Ils reçoivent beaucoup, beaucoup de choses, beaucoup de témoignages très, très durs.

Nous, on n'a pas entendu directement les témoignages parce qu'ils sont anonymes, mais on a assisté à des débriefs. Donc on savait à peu près la teneur des sujets et des sujets très, très graves, très éprouvants. Et effectivement, tu ne rentres pas chez toi à 3 heures du matin d'une permanence comme ça. Ce n'est pas comme si tu étais parti faire la fête avec des copains. Enfin, ça a un impact sur leur propre santé mentale. Et c'est important qu'ils soient dans de bonnes dispositions, qu'ils aient une bonne santé mentale pour recevoir la parole des personnes qui ont besoin d'aide sur cette ligne.

6:29
Auditeur

J'ai une question pour Patrick Landman. Pourquoi 75% des pathologies psychiatriques apparaissent-elles entre 15 et 25 ans ?

6:37
Invité

Pour l'instant, il n'y a pas d'explication scientifique de cela. Il y a une explication, je dirais, il y a des hypothèses. C'est un âge où il y a des transformations importantes biologiques, en particulier aussi du cerveau, avec une perte de la matière cérébrale qui est tout à fait normale, physiologique. C'est un âge où on découvre, je dirais, en général, les difficultés des relations entre les hommes et les femmes, entre les hommes et les hommes, entre les femmes et les femmes. Tout ce qui concerne la sexualité, non plus infantile, mais la sexualité adulte, c'est une période où on a un problème de séparation avec les parents, en général.

C'est une période où on a aussi, je dirais, des choix professionnels à faire, des choix personnels et des choix professionnels. Donc il y a une sorte de condensation, de cumul de facteurs de risque. Et du coup, il est évident qu'un certain nombre de personnes, pour des raisons d'ailleurs pour l'instant non expliquées complètement, peuvent être des raisons génétiques, une vulnérabilité familiale, pour des raisons sociales, avec des enfances traumatisantes, ou des enfances très pénibles, ou tout simplement l'impossibilité de répondre aux exigences de la société, et des raisons psychologiques, des ruptures sentimentales, des ruptures d'amitié.

Tout ça fait que c'est une période de vulnérabilité particulière.

8:17
Présentateur

Alors est-ce qu'on peut devenir dépressif, à France d'écouter des gens dépressifs ?

8:21
Invité

Oui, oui, c'est un risque, c'est un métier qui est risqué. Il faut, je dirais, se former. Oui, c'est risqué, c'est risqué. Ça ne veut pas dire que... Mais c'est passionnant. C'est passionnant d'aider les gens. C'est passionnant de les écouter. Et depuis, là, je dirais, la nuit des temps, comme on dit, on sait que la parole peut soigner. Ça existe dans toutes les cultures, on sait que la parole peut soigner. Mais ce qui soigne aussi, c'est le lien. Et dans ce documentaire, on voit les gens qui sont sans lien, ou en tout cas avec des difficultés à établir des liens durables.

Or, quand on établit un lien thérapeutique avec quelqu'un, on sait qu'on a des chances de le soigner, et en particulier quand il est déprimé. Il y a évidemment d'autres méthodes, en particulier les médicaments, parce que la dépression, elle est parfois biologique, elle est parfois psychologique, elle est parfois, je dirais, sociale, mais elle est en général les trois à la fois. Et le lien, c'est très important. Et en plus, avoir soi-même, en quelque sorte, nettoyer ses propres difficultés le plus possible, de façon à ne pas projeter sur l'autre immédiatement ce que vous, vous pouvez ressentir, ou ce que vous avez ressenti. Et ça, c'est important.

C'est-à-dire qu'il faut écouter les gens individuellement, singulièrement, sans immédiatement... On n'est pas comme en médecine, où, je dirais, quelqu'un a un cancer du côlon, il faut tout de suite faire le diagnostic, faire ce qu'il faut là. Il faut être à l'écoute de la singularité de chacun. Chacun a une histoire différente, même s'ils ont les mêmes symptômes en apparence. Ils ont d'autres raisons, ils ont des raisons différentes d'avoir ces symptômes. Je ne sais pas si c'est clair.

10:14
Présentateur

C'est super intéressant. C'est intéressant, non ? Oui. Ça vous parle ?

10:16
Locuteur

Oui.

10:17
Présentateur

On continue avec Nour. J'ai une question pour vous, Patrick Lundman. Quelle est la différence entre la dépression et la flemme ?

10:25
Invité

La dépression, c'est considéré comme une pathologie. C'est-à-dire... Mais dans la dépression, il y a une fatigue. Il y a une fatigue mentale et parfois une fatigue physique qui fait qu'on perd l'initiative, on perd l'envie, on perd le désir de faire un certain nombre de choses. Et du coup, ça peut être considéré comme quelqu'un qui a de la flemme, qui ne veut pas. En fait, ce n'est pas quelqu'un qui ne veut pas, c'est quelqu'un qui ne peut pas, en général. Il ne peut pas et ça ne sert à rien de le culpabiliser. Il faut effectivement soit lui donner des médicaments quand c'est vraiment très grave, ce que je fais, soit lui permettre de lui dire... Vous savez ce que je dis aux gens ?

Je dis, écoutez, vous avez des problèmes, les médicaments, ça peut être une solution pour atténuer les problèmes. Mais derrière les problèmes, il y a des questions. Et ces questions personnelles que vous avez, ce n'est pas les médicaments qui vont les résoudre, c'est vous, et avec mon aide, en tant que professionnel. C'est-à-dire qu'il faut bien distinguer les choses. Alors, quelqu'un qui a la flemme, en général, ils ne viennent pas me consulter, ils auront la flemme de venir.

11:30
Présentateur

Est-ce que vous vous rappelez de Margot, l'étudiante en fac de japonais ? La première année, j'étais absolument passionnée par tout ce que j'apprenais. Je travaillais avec plaisir, je restais jusqu'à 21h à la bibliothèque le soir, et je sortais avec un grand sourire. Et ça a été en deuxième année

11:46
Auditeur

que ça a commencé à être la douche froide. Il y a des profs qui ont vraiment commencé à nous mettre la pression très, très fort.

11:57
Présentateur

Il y a eu ce côté extrêmement compétitif qui a été mis en place. J'ai vraiment, littéralement, fait une dépression et un burn-out parce que j'arrivais vraiment plus à suivre. J'avais plus de vie et je vivais mal d'avoir plus de vie, ce qui n'était pas le cas en première année. Est-ce que vous, vous avez déjà rencontré dans votre scolarité des profs qui vous mettaient la pression ? Moi, en CM2, notre prof, tout le temps, elle nous disait si vous ne changez pas votre comportement, au collège, vous allez avoir des difficultés. Les profs, ils sont horribles. Ils vont vous manger ? Non, ils vont vous mettre la pression, etc.

Alors, moi, au début, je ne faisais pas gaffe à ce qu'elle disait parce que cette prof, je ne l'appréciais pas vraiment. Et vers la fin de l'année, j'ai commencé à angoisser, à me dire qu'est-ce qui va se passer au collège, qu'est-ce que ça va devenir. Et donc, elle me mettait vraiment la pression. Du coup, pendant les vacances, je n'ai pas bien profité. Même si à la fin, mes parents et mes cousins, cousines, ils m'ont dit, ne t'inquiète pas, c'est très simple, il n'y a pas de problème. C'est vraiment, elle m'avait mis la pression. Donc, tu as ressenti ça. Quand tu as vu le témoignage de Margot, ça t'a rappelé cette... Oui. Ok, ok, ok. C'est très intéressant.

Et heureusement que tu étais bien entourée, du coup, à ce moment-là, pour passer un collège plutôt tranquille, c'est ça ? Oui, oui. C'est bien passé après ? Non, tant mieux. Merci beaucoup, Nour, d'avoir partagé ça avec nous. Alors, on va continuer avec Fares. Qu'est-ce que c'est exactement que la dépression ?

13:38
Invité

Alors, la dépression, c'est considéré comme un trouble mental. C'est-à-dire qu'on est triste, on est sans énergie, on a des idées noires, des idées sombres, on a un ralentissement moteur, on a un dégoût de la vie, on pleure, on est parfois très irritable, on ne supporte pas l'environnement dans lequel on vit, on a des relations qui se dégradent avec les proches, on n'est pas... Parfois, ça va jusqu'à une baisse de l'estime de soi-même, on pense qu'on n'est pas digne, qu'on se culpabilise excessivement d'un certain nombre de choses, etc.

C'est parfois relativement passager, parfois un peu plus long, des fois, ça guérit spontanément, parce qu'il y a des bonnes nouvelles qui arrivent, parce qu'il y a des choses qui se changent dans la vie, mais en général, il vaut mieux l'avoir l'aide de quelqu'un. L'aide de quelqu'un qui est en mesure d'aider au diagnostic, de prendre en compte le risque qu'il y a, et de faire ce qu'il faut, de faire ce qu'il faut. Je ne sais pas si vous avez déjà rencontré des gens endeuillés. C'est ça un dépressif. Lui, il n'est pas dépressif, il est endeuillé. Mais ça ressemble, ça ressemble terriblement.

Donc c'est quelqu'un qui pense à la mort, se culpabilise, « Je n'ai pas fait assez pour la personne qui est décédée, j'aurais dû faire ceci, il a des remords, il a des regrets. » Et puis, il est face à l'absurdité. Vous avez quelqu'un qui est vivant, avec qui vous avez parlé parfois pendant des décennies, d'un seul coup, il n'est plus jamais là. Alors, il y a des gens croyants, ça aide, des gens qui ne sont pas croyants, ça aide. Enfin, il y a toutes sortes de gens, mais il y a le deuil. Et le deuil, ça peut vous faire comprendre ce qu'est un état dépressif. Même si ça n'est pas un état dépressif. Mais ça, il ressemble.

15:43
Auditeur

À quoi servent vraiment les médicaments prescrits aux personnes dépressives ? Et est-ce qu'il y a d'autres méthodes que les médicaments ?

15:49
Invité

Les médicaments servent à apaiser. Ils servent à apaiser, ils agissent sur le cerveau. Ils agissent très précisément sur des médias. Certains médiateurs qui sont dans le cerveau, entre les neurones. Et ils apaisent. Ils apaisent, c'est-à-dire que ça rend plus indifférent. Plus indifférent aux sources de stress, aux sources de difficultés. Et ça permet parfois, je dirais, de calmer le jeu. C'est-à-dire, du coup, ça ne guérit pas. Mais ça aide à la trajectoire, à prendre une bonne trajectoire. À condition que ce soit accompagné de thérapies.

C'est-à-dire que, soit des thérapies comportementales, où on aide les gens à mieux réfléchir à ce qu'on appelle leur cognition, c'est-à-dire leur pensée, qu'on essaie de rectifier avec eux, leur pensée négative. Soit des thérapies comme je fais moi, qui sont par la parole, où on s'intéresse à leur histoire, etc. Mais ce sont des médicaments qui apaisent. Mais ils ont des effets secondaires. Et surtout, ils peuvent être très addictogènes pour certains. Donc, à prescrire, bien sûr, quand c'est nécessaire, mais pas quand ce n'est pas nécessaire.

17:02
Présentateur

– Ces médicaments-là, ça ne sert à rien de les prendre s'il n'y a pas de thérapie à côté ?

17:06
Invité

– Moi, je pense. Je pense que certains, probablement, ne s'en sortent qu'avec des médicaments parce qu'ils n'ont pas envie d'étaler leur vie, ou ils n'ont pas envie d'être… Vous voyez, ils vont chez un généraliste qui leur prescrit, puis ça leur suffit. Tant mieux. Moi, je suis médecin, je suis pragmatique. Si quelqu'un est guéri, même si ce n'est pas selon ma méthode, tant mieux. Je veux dire, je ne suis pas un militant d'une méthode, je ne suis pas dogmatique. Par contre, moi, je pense que c'est, comme je disais, c'est la différence entre les problèmes et les questions.

Je pense que quelqu'un qui a envie de se poser des questions sur ce qui lui est arrivé, la meilleure méthode, c'est qu'il puisse en parler à un professionnel.

17:44
Auditeur

Est-ce que le stress, il peut engendrer la dépression ?

17:47
Invité

Oui, il peut favoriser la dépression, bien sûr. C'est ce que vous disiez, c'est la question qui vous a été posée. Est-ce que vous avez déjà eu la pression, etc. ? Donc, au fond, est-ce que vous avez été stressé anormalement ? On a tous une certaine angoisse de performance. Mais parfois, c'est au-delà de l'angoisse de performance. Ça devient pathologique, c'est-à-dire on y pense sans arrêt. Ça nous inhibe, ça nous rend vraiment malheureux, etc. Et le stress, c'est effectivement un facteur favorisant qui peut, à un moment donné, faire en sorte qu'on est déprimé. Mais ce n'est pas la même chose. Le stress, en même temps, le stress, ça peut être positif.

Parce que quand on fait quelque chose, on a toujours un petit peu de stress. Mais si on fait quelque chose de positif, c'est normal qu'on soit stressé. Mais enfin, il ne faut pas l'arrêter pour autant.

18:34
Présentateur

J'avais une question pour Charlotte Lavouca. C'était, est-ce un hasard qu'il y ait autant d'étudiants en droit dépressif ?

18:40
Invité

C'est un peu un concours de circonstances, très honnêtement. J'ai rencontré un témoin qui m'a partagé les contacts et les expériences de ses camarades. Donc on s'est vite retrouvé dans ce petit huis clos des études de droit, où il y a en tout cas visiblement quand même un sujet. Parce que c'est des études aussi qui sont très exigeantes. On travaille beaucoup, beaucoup. C'est des études qui sont longues. Où il y a en plus, c'est ce que Zinedine justement dit dans le documentaire, c'est que souvent il y a ce fantasme un peu de la robe noire. C'est vrai que c'est des professions, des carrières qu'on embrase vraiment.

Parce que c'est très prestigieux, parce qu'on défend, parce qu'on a parfois des messages aussi à faire passer. Donc c'est des carrières qui partent parfois de passion, comme l'enseignement aussi. Et parfois on est déçus parce qu'effectivement c'est très exigeant. Il y a un grand niveau, qu'il y a peu d'élus à la fin, qu'on travaille énormément et donc il y a une pression au travail qui est énorme. Et il y a aussi je pense une désillusion qui fait qu'on a une grosse attente de ce que représente cette robe noire. et face à une réalité qui est plus précaire, qui n'est pas si jolie que ce qu'on pouvait voir à travers des séries par exemple.

Donc voilà, il y a le fantasme parfois qui est un petit peu déçu.

20:02
Auditeur

Quand on ne peut pas, en étant étudiant, être suivi par exemple par un psychologue parce que ça coûte cher, et qu'on voit les délais pour les bureaux d'aide ou pour des fois les psychiatres qui peuvent être remboursés par la sécurité sociale, c'est décourageant, si j'ai pris.

20:18
Présentateur

En tout cas, en psychiatrie, c'est boucher de chez boucher, complètement. Donc il y a cette réalité-là aussi, ce n'est pas que le bon vouloir de la personne. Déjà qu'on est fatigué émotionnellement parlant et qu'on n'a pas spécialement envie de s'en sortir parce qu'on est dans une boucle. Mais en plus de ça, si tout est bouché de tous les côtés, ce n'est pas possible. Comment cela se fait-il qu'il y ait un psy pour 15 000 étudiants alors que légalement, il devrait en avoir deux fois plus ?

20:45
Invité

C'est un manquement aux obligations. C'est triste de voir qu'on n'a pas consacré suffisamment d'attention et suffisamment de crédit à la santé mentale des étudiants. Aux États-Unis, dans les facultés, dans les campus, il y a beaucoup plus de disponibilité, des endroits où les étudiants peuvent être accueillis. En France, pour l'instant, c'est désertique encore, mais l'expérience des Nightlines, c'est très intéressant. Mais ça ne suffit pas. Il faut aussi qu'il y ait des dispositifs pérennes et sur place. Qu'est-ce qu'il faut changer ? Il y a, je pense, un gros problème de disparité géographique, déjà, entre Paris, les régions.

Il y a une grosse inégalité d'accès aux soins, notamment sur les soins psychiques, l'accès au CMP, Centre Médico-Psychologique.

21:43
Auditeur

Oui, c'est ça.

21:44
Invité

C'est parfois absurde parce qu'on envoie un jeune à les consulter. En fait, il a six mois de délai pour avoir un premier rendez-vous. Donc, on s'imagine ce qui peut se passer en six mois quand on est en grande détresse. Beaucoup de gens découragés de devoir être sur des listes d'attente pendant des mois, voire des années, viennent dans le privé. Viennent dans le privé. Ça fait qu'à un moment donné, moi, j'étais débordé complètement de gens qui venaient du fin fond de l'île de France pour leurs enfants ou pour eux-mêmes ou pour leurs adolescents parce qu'on leur avait donné comme réponse. L'offre de soins était tellement limitée que les délais d'attente étaient tellement importants.

Et on sait très bien, par exemple, pour les enfants, il ne faut pas attendre. Il y a des fois où il faut aller vite. Il faut très vite prendre des dispositions, pour les adolescents aussi. Donc, oui, il faut augmenter l'offre de soins. Il faut la rationaliser peut-être parce que le coût, c'est quand même un problème. Mais je pense qu'on verra bien les méthodes, les mesures qui vont être prises. Mais enfin, il y a un véritable... Il y a un chantier, quoi. Ah, il y a un chantier énorme. Nathan. C'est une question pour Patrick Landman. À quoi sont dus les troubles alimentaires

22:56
Auditeur

et pourquoi c'est les jeunes qui sont les plus touchés ?

22:58
Invité

Alors, les troubles alimentaires, oui, généralement, ça commence parfois dans l'enfance, en général dans l'adolescence, parce qu'il y a des transformations du corps importantes. En particulier, la puberté est un facteur très important de déséquilibre potentiel, évidemment. Et le poids, le fait... L'image du corps, l'image du corps se modifie très rapidement. Elle se modifie aussi à l'âge adulte, mais je veux dire à une vitesse d'escargot par rapport à la période pubertaire. Donc, la période pubertaire est une période où le corps et l'image du corps se modifient énormément et provoquent parfois des troubles alimentaires, puisque c'est lié.

23:43
Auditeur

Kevin. J'ai une question pour Patrick Landman. Pourquoi le taux de personnes dépressives a-t-il autant augmenté depuis le Covid ?

23:53
Invité

Ça a augmenté pour des raisons qui sont liées au fait que le confinement a été un facteur extrêmement puissant de, je dirais, de stress, de solitude, de rupture des liens, d'impossibilité d'avoir des relations sociales normales, qui fait que ça a favorisé, chez certains, un état dépressif.

24:22
Auditeur

Oui, cela a énormément joué sur la santé mentale, de rester enfermé, de ne presque parler à personne, parce que même si j'avais quelques amis à qui je pouvais envoyer des messages, ne sortant pas, je n'avais pas grand-chose à dire et on fait vite le tour d'une journée enfermé chez soi.

24:39
Présentateur

Alors justement, comment vous l'avez vécu ? Vous vous en rappelez, vous, de la période du Covid ?

24:43
Locuteur

Oui.

24:43
Présentateur

Oui ? Tout le monde s'en rappelle ?

24:44
Locuteur

Oui.

24:45
Présentateur

Comment vous l'avez vécu ? Vous avez fait quoi ? Dis-moi, Fares ? C'était bien. On s'ennuyait beaucoup chez nous, mais au moins, il n'y avait pas école et on pouvait s'amuser. Toi, tu l'as bien vécu ? D'un côté, oui, mais parce qu'on était à la maison, on faisait ce qu'on voulait, mais chez nous. Mais d'un autre côté, en vrai, ne pas sortir pendant des semaines, c'est quand même pesant. Surtout qu'on pouvait sortir, mais il y avait des limites et ce n'est pas comme une balade normale. Tu t'es sentie enfermée ? Enfermée, mais d'un côté, c'était bien. OK. Dites-moi, j'ai vu tout le monde réagir. Dites-moi, oui, Alix ? Le confinement, je l'ai aussi bien vécu.

Je pense que c'est parce qu'il y a une partie qu'à notre âge, on n'avait pas forcément l'habitude de sortir tous les jours. Du coup, on était un peu habitués. Je pense que si à notre âge, si à notre âge, on aurait été à ce moment-là, ce serait peut-être plus compliqué pour nous. Oui, c'était il y a quatre ans, c'est ça ? Du coup, vous étiez quoi ? CM2, vous étiez en CM2 quand vous l'avez... Oui, donc c'est pas tout. CM1, CM2. Donc, ce n'est pas tout à fait la même chose. Est-ce que vous avez des souvenirs de vos grands frères, grandes sœurs, grands cousins, parents ? On entendait souvent que le Covid, ça pouvait être mortel pour certaines personnes.

Du coup, je m'inquiétais pour ma famille ou pour mes grands-parents. Du coup, c'était un peu un stress pour moi parce que je ne connaissais pas ce qui allait se passer après. Du coup, l'avenir me faisait peur à ce moment-là. Moi, ce n'est pas forcément moi, mais je connais quelqu'un de ma famille qui, à ce moment-là, vivait avec sa mère qui était une personne âgée. Et du coup, elle, à un moment, elle a eu le Covid et elle a eu peur de le transmettre à la personne âgée parce que quand la personne âgée, elle est plus fébrile. Et du coup, ça a causé des stress par rapport à sa mère. Elle avait peur qu'elle le transmette.

Est-ce que vous-même ou peut-être les gens autour de vous, vous les avez vus nettoyer plus les choses ? Oui, je t'ai vu réagir, Mohamed, dis-moi. Oui, ma mère. Oui ? En fait, je crois qu'elle ne nous laissait pas sortir sans gants ni masques. On devait doubler les gants, etc. OK, c'est intéressant. Elle nous disait de ne pas appuyer sur le bouton d'ascenseur. Pour ne pas avoir de contact avec la voiture. OK. Oui, moi, j'avais une question pour Patrick Landman. Est-ce que vous pensez que notre génération ira mieux étant donné qu'on a vécu le confinement enfant ?

27:16
Invité

Écoutez, oui. Je pense que vous êtes peut-être mieux armés. Maintenant, en tout cas, on va faire en sorte qu'une émission comme celle-là, le documentaire, va vous aider, je pense. Mais il faut déstigmatiser tout ce qui concerne la folie, la santé mentale, etc. Il ne faut pas hésiter à faire appel à des pères ou à des professionnels, si vous le souhaitez, bien sûr. Et puis bon, moi, je suis optimiste. On a toujours l'impression qu'on est les derniers des hommes, en fait, ta-ra-ta-ta. Ce n'est pas parce qu'on a parlé des maladies, qu'on a parlé des troubles, qu'il faut s'angoisser. Il faut rester zen. Je veux dire, on est... Vous avez toute la vie devant vous, et c'est super.

28:07
Présentateur

Léa. J'aurais une question pour vous, Charlotte, l'avocat. Selon vous, comment peut-on encourager une culture de discussion ouverte sur la santé mentale dans les établissements de renseignement supérieur ?

28:21
Invité

Effectivement, la santé mentale, aujourd'hui, c'est un sujet qui est beaucoup plus accessible, ouvert, populaire, sur toutes les radios, même, j'entends dire sur Radio Nova, enfin, sur des radios plutôt jeunes publics. On en parle assez ouvertement. C'est des sujets qui sont repris par des jeunes influenceurs, par, je pense, à Simone Biles, la grande championne de gym, qui n'est absolument pas... Enfin, c'est une compétitrice. Ce n'est pas du tout quelqu'un qu'on peut penser faible. Et elle en a parlé. Donc déjà, avoir ces exemples-là, c'est super encourageant. Et dans les établissements, peut-être prévoir des temps de parole, avoir un bureau, un psy à disposition.

Ce n'est pas le cas dans tous les établissements supérieurs, même, il en faudrait plusieurs, en fait. Des temps, peut-être des groupes de parole aussi. Ça marche bien, les groupes de parole. Le dernier intervenant du documentaire,

29:12
Présentateur

il explique que grâce à ce climat, voilà, anxiogène, les jeunes réfléchissent mieux, plutôt, à ce qu'ils veulent. Il dit...

29:22
Auditeur

Faire des études, c'est bien, mais on va aussi avoir besoin d'aller plus loin dans comment est-ce qu'on se sent bien, où est-ce qu'on veut aller. Beaucoup plus que gagner un gros salaire, ça va vraiment être comment est-ce que je me sens bien dans mes études pour aller bien dans ma vie professionnelle.

29:35
Présentateur

Qu'est-ce que ça évoque pour vous, ça ? Vous êtes d'accord ou pas ? Je pense qu'il a raison, parce qu'il vaut mieux faire quelque chose qu'on aime plutôt que quelque chose qui va nous faire gagner de l'argent. Parce que quand tu n'aimes pas forcément quelque chose, tu dis que c'est pour de l'argent, tu ne vas pas forcément avoir le courage de le faire, réussir à le faire. Alors, quand tu fais quelque chose qui te plaît, au moins, ça peut durer toute ta vie. Et tu vas te sentir plus à l'aise, tu vas apprécier. Même quand tu vas aller au travail, tu vas être content. Du coup, oui, je suis plutôt d'accord.

Perso, moi, j'aimerais bien faire un métier que j'aime mais qu'en même temps, elle est en force comme ça. C'est sûr. Si on peut avier les deux, ça, c'est toujours mieux. Eh bien, merci beaucoup. Merci à tous. L'émission est déjà terminée. Merci infiniment à nos deux invités. Merci évidemment à vous, les élèves, pour votre travail, pour vos réflexions, pour vos questions, si bien préparées par vos deux professeurs qui se trouvent juste à côté de vous. On les salue. Bravo, bravo à vous. Et puis, nous, on se retrouve très vite pour un prochain numéro de la zone d'éducation documentaire parce qu'il n'y a pas d'âge pour questionner le monde et ses images. Allez, salut les élèves !

30:41
Locuteur

Salut ! Salut ! Salut !

20 ans le plus bel âge de la vie | Le débat de ZED - Zone d'éducation documentaire · Pourquijevote