MUNICIPALES : GAUCHE BOBO CONTRE GAUCHE PROLO
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Fait
« La masse du peuple français est en grève civique. »
- 0:30Fait
« Ce que je n’aime pas chez les verts, c’est de nous dire toujours que pour protéger la planète, et c’est indispensable, il faut sacrifier l’économie et les êtres humains. »
- 0:45Fait
« La préoccupation environnementale implique qu’on touche au grisbi, qu’on touche au pognon. »
- 1:30Fait
« Emmanuel Macron a été le premier à dégainer. Devant les 150 membres de la convention pour le climat, il s’est déclaré favorable à 146 des 149 mesures portées par ces citoyens. »
- 2:00Fait
« On a compris, Emmanuel Macron, c’est pas touche au business. Touche pas au grisbi. »
- 2:15Fait
« Il faut qu’on dégage non ? »
- 2:45Chiffre
« Olivier Faure oscille entre 2,5 % et 3 % des intentions de vote. »
- 3:00Chiffre
« Les écologistes dirigent désormais 7 villes de plus de 100 000 habitants. Mais les socialistes en comptent le double, c’est-à-dire 14. »
- 3:15Fait
« Quand il y a un rassemblement il y a souvent une victoire. »
- 3:30Fait
« Un Premier ministre qui reste populaire dans l’opinion, de surcroît. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
La masse du peuple français est en grève civique. Les commentaires qui sont caricaturaux et réducteurs, je ne les partage pas. Ce que je n’aime pas chez les verts, c’est de nous dire toujours que pour protéger la planète, et c’est indispensable, il faut sacrifier l’économie et les êtres humains.
L’écologie elle peut être soit avec l’homme soit contre l’homme. Nos entreprises ont besoin d’innover, elles ont donc besoin d’attirer des capitaux. La préoccupation environnementale implique qu’on touche au grisbi, qu’on touche au pognon.
Touche pas à mon grisbi ! Il faut qu’on dégage non ? La vague verte et le retour de l’union de la gauche pour le meilleur et pour le pire.
On en parle tout de suite dans le numéro 84 du P’tit coup de Bourbon. C’est donc la vague verte. Au vu des résultats, il serait saugrenu de contester sa réalité.
Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Grenoble, Tours, Besançon, Poitiers, Annecy. Peut-être Marseille...
Et il s’en est fallu d’un cheveu que Lille tombe également dans l’escarcelle écolo. C’est la première fois dans leur histoire que les verts dirigent 7 villes de plus de 100 000 habitants. Jusqu’à présent, ils n’en détenaient qu’une : Grenoble.
Pour autant, cette vague est singulière : elle touche essentiellement le cœur des grandes métropoles où résident les catégories les plus aisées de la population. Dans les zones périurbaines et dans les campagnes, la vague verte tient davantage du clapotis que du tsunami. Certes, l’abstention a brouillé les cartes. 58,4 %. 4 points de plus qu’au premier tour, le 15 mars.
C’est l’abstention, le refus d’aller voter le plus important dans une élection municipale depuis 1958. C’est le niveau d’abstention plus élevé que toutes les élections législatives depuis 1958. Clairement, la masse du peuple français est en grève civique.
C’est une forme d’insurrection froide contre toutes les institutions du pays. Jean-Luc Mélenchon a raison de parler d’insurrection silencieuse. Mais cette révolte citoyenne ne se cantonne pas à la désertion des urnes.
À sa façon, le vote écolo acte lui aussi un divorce. Celui des classes moyennes et supérieures d’avec Emmanuel Macron. Ralliées à la promesse macroniste après avoir désespéré du quinquennat Hollande, ces catégories aisées font maintenant le chemin inverse.
Sans vouloir forcément regagner le bercail socialiste. Le dégagisme continue. Et puis c’est aussi, pour ceux qui sont allés voter, une forme de convergence entre un vote de protestation contre la politique du gouvernement et un vote d’espérance à l’endroit des socialistes, des écologistes, de la gauche qui à travers ces élections, eh bien je l’espère, donne à voir que quand ils s’entendent sur des projets, qu’ils ont des projets de territoire pour changer concrètement la vie des gens, habiter différemment, se déplacer différemment, travailler différemment, eh bien ils constituent une alternative.
On dit que ce sont les bobos de gauche qui ont voté pour les verts ? Les commentaires qui sont caricaturaux et réducteurs je ne les partage pas. La question écologique, vous savez, les préoccupations sont partagées par tous.
Evidemment l’appréhension, la sensibilité, la réalité quotidienne n’est pas la même selon là où on vie. Mais l’aspiration à ce qu’on soit égaux face à la santé au travail, face à la qualité de l’air, face aux mobilités, face à un certain nombre de services publics, eh bien c’est une vérité, une attente qui est une exigence en tout cas partout en France. J’ai parfaitement compris votre question...
Le vote vert a joué le rôle de valeur refuge. Avec d’autant plus de facilité qu’il permet de faire l’économie de la question sociale. Il a la légèreté du consensus culturel et la saveur de la nouveauté.
Les deux mois de confinement ont fait le reste. Cette crise elle aura été terrible pour tout le monde, en particulier pour les familles endeuillées mais aussi pour tous ceux qui étaient en première ligne, les soignants notamment. Mais effectivement elle a aussi montré à chacun la vulnérabilité très forte de notre société.
Je crois que ça a amené un certain nombre à réfléchir, à penser, on a tous d’ailleurs fait évoluer nos réflexions, nos propositions, et je crois qu’effectivement ça a été aussi peut-être pour certains ce moment de crise terrible, un électrochoc pour penser différemment ce qu’on appelle “le monde d’après” mais qui commence dès aujourd’hui. C’est une nouvelle matrice qui se met en place. Dans les années 1970, le Parti socialiste de François Mitterrand théorisait un compromis entre la classe ouvrière et la bourgeoisie éclairée.
La croissance semblait alors capable de satisfaire les revendications des uns et les appétits des autres. Le compromis d’aujourd’hui pose lui aussi un intérêt commun. La préservation de la planète est l’affaire de tous et profite à tous.
C’est une évidence. Le dérèglement climatique ou la pollution ne font pas dans le détail. Mais jusqu’où doit aller la remise en cause notre modèle de société ?
C’est tout l’enjeu des batailles qui viennent. Quand la gauche est rassemblée, qu’elle le fait d’une manière sincère y compris avec une capacité de concilier urgence écologique et urgence sociale, elle gagne. La préoccupation environnementale implique qu’on touche au grisbi, qu’on touche au pognon, qu’on s’en prenne au libéralisme et qu’on place l’homme et la planète au coeur d’un projet de société.
Emmanuel Macron a été le premier à dégainer. Devant les 150 membres de la convention pour le climat, il s’est déclaré favorable à 146 des 149 mesures portées par ces citoyens. Mais le chef de l’État en a récusé la principale : la taxation à hauteur de 4 % des dividendes versés par les entreprises lorsque ceux-ci dépassent les 10 millions annuels.
Dans l’esprit des conventionnels du climat, cette taxe devait alimenter la transition écologique. Mettre sur tous les investissements une taxe, c’est réduire notre chance d’attirer des investissements supplémentaires. Je crois à la croissance de notre économie, je crois à un modèle qui innove, nos entreprises ont besoin d’innover, elles ont donc besoin d’attirer des capitaux français et étrangers sur notre sol pour innover et changer de modèle.
On a compris, Emmanuel Macron, c’est pas touche au business. Touche pas au grisbi. La reconquête de l’opinion d’accord.
Mais pas à n’importe quel prix. C’est un couteau sans lame, c’est ça la réalité. C’est du marketing.
Je pense qu’Emmanuel Macron a très bien compris que son électorat était parti vers Europe Ecologie, vers le Parti Socialiste, et qu’il tente désespérément de rattraper les choses d’ici deux ans, mais je ne pense pas que ça va marcher. À droite aussi, on veut protéger le business. L’écologie ne doit pas être de droite ou de gauche.
L’écologie elle peut être soit avec l’homme, soit contre l’homme. Et avec l’homme il y aura beaucoup plus de gens que de gens de droite. Il y a des gens de gauche qui n’aspirent pas à l’écologie telle qu’elle est vendue par les écologistes, il faut bien se mettre ça en tête.
Mais comme on a persuadé les jeunes que c’était l’unique manière d’aboutir à une amélioration qualitative, on doit d’abord passer par une étape intermédiaire qui est d’expliquer que cette voie là elle ne permet pas de lutter contre le réchauffement climatique, elle va détruire leurs emplois et en réalité elle promeut un modèle qui est un modèle néomarxiste de société. Ce que je n’aime pas chez les verts c’est de nous dire toujours que pour protéger la planète, et c’est indispensable, il faut sacrifier l’économie et les êtres humains. Je ne crois pas ça.
Je crois qu’on doit avoir une consommation plus organisée, plus raisonnée, plus régulée, de transports, d’habitations, tout simplement de ce qu’on consomme. Et ça c’est parfaitement réalisable, mais pour le faire bien il faut le faire différemment, quand vous êtes en Corrèze ou quand vous êtes à Paris. Du côté de la République en Marche, on est encore un peu sonné.
Il faut qu’on dégage non ? Il faut qu’on dégage. Stop, stop !
C’est une erreur de magnéto. Gilles Le Gendre s’adressait à ses collaborateurs qui lui indiquaient qu’il était temps de libérer la salle. Voici sa vraie réponse sur les municipales.
Sur ce qu’on a apellé “la vague verte”, si on regarde les métropoles, les grandes métropoles qui ont basculé sous responsabilité municipale écologiste, ça donne évidemment raison au terme de vague verte. Si on regarde en détail, par taille de communes, par implantation entre les métropoles et le rural, ce qui relève d’un vrai pouvoir écologique, ou d’une alliance dans lequel les écologistes même au pouvoir, au pouvoir de maire, seront dilués dans des conseils municipaux d’une autre nature, on peut avoir des effets différents. En plus, et encore une fois je vous supplie de n’y voir en aucun cas une atténuation des responsabilités qui sont les nôtres ni même du constat, éventuellement assez critique, qu’on peut porter sur nos propres résultats, une élection à 40% de participation… La principale chose qu’elle dit c’est qu’il y a 60% de français qui n’ont pas voulu donner un avis.
Nous, imaginer que Gilles Le gendre se cherche des excuses ? Allons donc ! Du coup, j’ai quêté une explication auprès de Cédric Villani qui, il y a quelques semaines encore, se rêvait dans le fauteuil d’Anne Hidalgo.
Le mathématicien n’est même pas parvenu à se faire élire dans un conseil d’arrondissement. Comme Marlène Schiappa ou Agnès Buzyn. Qui vivra verra !
Vaste programme. Du côté des socialistes, c’est tout vu : on est déjà en 2022. Écoutez Olivier Faure au micro de RTL Est ce que vous êtes prêt à vous ranger derrière les verts et leur dynamique pour la présidentielle ?
Je suis prêt à me ranger derrière celui qui incarnera le bloc social écologique. Je ne veux pas regarder les choses comme vous les regardez à chaque fois en fonction des origines de chacun. Ca sera peut-être un écologiste, peut être un socialiste, peut être quelqu’un d’autre.
Peu importe, la question c’est : où est ce que nous allons ensemble ? Juste un mot. Est-ce que cette alliance elle doit aller jusqu’à Jean-Luc Mélenchon ?
Parce qu’on a vu à Marseille et à Grenoble que la présence des insoumis dans ces listes permettait d’élargir encore les unions. Vous poserez la question à Jean-Luc Mélenchon. Pour ma part, je l’ai dit depuis le départ, la porte elle est ouverte à toutes celles et ceux qui veulent sincèrement, honnêtement, bâtir un compromis, arriver à faire en sorte que nous puissions nous retrouver sur un projet qui soit un projet commun.
Derrière cet hymne à l’union de la gauche retrouvée, entonné par le Premier secrétaire du PS, il y a un calcul. D’abord, barrer la route du second tour de la présidentielle à Jean-Luc Mélenchon en soutenant la candidature de Yannick Jadot. Ensuite, utiliser Europe Écologie les verts comme un faux nez pour reconquérir les électeurs perdus en 2017.
Car le PS a un sérieux problème d’incarnation : dans les sondages, Olivier Faure oscille entre 2,5 % et 3 % des intentions de vote. Il lui faut donc faire l’impasse sur la présidentielle et se recentrer sur les législatives qui suivront. Le premier secrétaire du PS a fait ses comptes.
Je l’ai dit en commençant ce PCB, les écologistes dirigent désormais 7 villes de plus de 100 000 habitants. Mais les socialistes en comptent le double, c’est-à-dire 14. Si l’on considère maintenant les villes de 30 000 habitants, les verts en détiennent 11 et le PS 49.
Question : devinez quelle force politique finira par manger l’autre ? Dans cette entreprise de recomposition de la gauche derrière les écologistes, le PC entend bien être présent. Nous ce que nous voyons c’est une réactivation du clivage droite / gauche.
Et nous voyons qu’il y a eu des dynamiques dans un certain nombre de villes et d’endroits qui se sont faites avec un certain nombre de forces politiques, citoyennes, mobilisées, avec parfois effectivement et ça s’est vu, des têtes de liste écologistes, Europe Ecologie Les Verts, dans d’autres endroits avec d’autres couleurs et que, quand il y a un rassemblement, il y a souvent une victoire qui peut se dessiner. “Quand il y a un rassemblement il y a souvent une victoire”, dit Pierre Dharéville. Il parle d’or.
Au Havre, le candidat communiste a refusé de fusionner sa liste avec celle des verts pour le second tour. Résultat, le Premier ministre l’a emporté. L’union est un combat à géométrie variable… Il est une autre candidature qui monte.
Celle d’Éric Piolle, le maire de Grenoble réélu contre la droite et les socialistes. Avec, en 2014 comme en 2020 le soutien plein et entier de la France insoumise. Pendant la campagne, François Ruffin et Clémentine Autain sont venus apporter leur soutien à Éric Piolle.
Ainsi qu’Audrey Pulvar, appelée à jouer un rôle très important autour d’Anne Hidalgo. Un futur axe ? Clairement c’est un arc humaniste qui va du parti socialiste à la France insoumise.
Au lieu d’être explosé comme on l’était en 2017 à la présidentielle, au lieu d’être explosé comme on l’était aux européennes en 2019, quand nous sommes tous ensemble ce projet de société il suscite de l’adhésion. Ca veut dire que ce n’est pas un positionnement ni droite ni gauche comme l’a défendu Yannick Jadot. Clairement pas effectivement Éric Piolle coche toutes les cases ou presque.
Mais que se passera-t-il si Jean-Luc Mélenchon, comme il en a bien l’intention, se présente ? À moins qu’il ne s’agisse, là encore, de barrer la route au président du groupe parlementaire de la France insoumise. Reste enfin la surprise du chef.
Qui va remplacer Édouard Philippe ? Une femme, on cite Florence Parly, la ministre de la Défense, comme on évoquait, il y a trois semaines, Valérie Pécresse. Un techno façon Lemaire ?
Ou peut-être, tout simplement, Édouard Philippe lui-même. Car Emmanuel Macron peut-il se séparer du seul membre de la majorité présidentielle qui ait remporté une élection municipale ? Un Premier ministre qui reste populaire dans l’opinion, de surcroît.
Et puis, le confirmer à Matignon présente un immense avantage : neutraliser ses éventuelles ambitions d’être candidat à la présidence de la République en 2022. On aura la réponse vraisemblablement ce week-end et au plus tard mardi qui vient. Je suppose qu’on va avoir encore une belle journée de détente.
Emmanuel Macron