Le D-Day de Macron et Trump - C à Vous - 06/06/2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 40 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 58 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 6:01OuverteRéponse partielle
Laurence Haïm, de l'art de faire passer des messages en apparence consensuels et en réalité désagréables ?
- 7:20RelanceRéponse partielle
À l'unisson, mais, comme disait Laurence, il n'en pense pas moins, non ?
- 9:00RelanceRéponse partielle
Alors moi, je ne suis pas d'accord avec vous, parce qu'il y a un grand fantasme, parce qu'on attendait l'affrontement.
- 12:32RelanceRéponse partielle
Je crois qu'il y a une divergence idéologique, qui est extrêmement profonde.
- 14:33OuverteRéponse partielle
Un dernier mot sur la forme, le style et les relations entre Macron et Trump.
- 15:21OuverteRéponse directe
Juste un mot, Laurence, sur des images qui vous ont frappé en marge de ces commémorations et de la diplomatie.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:25InvitéFait
« Et leur regard, leur mémoire intacte, leur modestie, souvent, nous émeuvent. »
- 3:27InvitéFait
« Ce Trump qui considère que l'Amérique n'a plus d'alliés dans le monde. Chacun pour soi et Dieu pour tous, en résumé. »
- 3:40InvitéFait
« Trump a choisi de ne pas faire de Trump et de répéter ce que tous ses prédécesseurs ont dit avant lui. Les liens entre les États-Unis et leurs alliés sont indestructibles. »
- 4:40InvitéFait
« Il appuie sur les valeurs universelles, celles que piétinent Donald Trump, en tout cas certaines d'entre elles »
- 5:18InvitéFait
« Nous ne devons jamais cesser de faire vivre l'alliance des peuples libres. »
- 10:21InvitéFait
« Il y en a un qui a mis les pieds dans le plat ce matin, tout de même. C'est un ancien Premier ministre et c'est un macroniste. C'est quand même une voix qu'il porte. Jean-Pierre Raffarin, qui a exprimé un malaise de voir Donald Trump aujourd'hui en ses lieux pour cette commémoration. »
- 10:50InvitéFait
« S'il y avait besoin de l'Amérique aujourd'hui, je ne suis pas sûr que la mairie serait au rendez-vous. »
- 11:04InvitéFait
« notre grand accord signé à Paris sur le climat, remis en cause par les Américains »
- 11:09InvitéFait
« cette paix avec l'Iran que nous recherchons, avec un accord sur le nucléaire, remis en cause par les Américains »
- 11:14InvitéFait
« de la tension en permanence mise contre Poutine et sur la Russie »
- 11:20InvitéFait
« un soutien brutal au Brexit. »
- 12:26InvitéFait
« Bien sûr qu'il y a une divergence extrêmement profonde aujourd'hui. »
- 14:21InvitéFait
« il y a une divergence idéologique qui est incarnée par Trump. »
- 15:06InvitéChiffre
« Il fait à peu près entre 8 à 15 tweets par jour. »
Temps de parole
- Invité26 %
- Invité 222 %
- Invité 320 %
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- Présentateur7 %
- Présentateur 26 %
- Invité 56 %
- Invité 65 %
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Au nom de la France, au nom de notre nation, je m'incline ce jour devant leur bravoure, devant le sacrifice immense de ceux qui tombèrent en héros sur ces terres normandes entre juin et août 1944 aux vétérans et à leur nation, je dis merci. Les mots d'Emmanuel Macron adressés aux vétérans présents au cimetière américain de Colville-sur-Mer pour les cérémonies du 75e anniversaire du débarquement qui ont réuni le président français et le président américain.
La France n'oublie pas tous ses combattants à qui elle doit de vivre libre. Je m'incline ce jour devant leur bravoure. Je m'incline devant le sacrifice immense des 37 000 tués, des 19 000 disparus qui tombèrent en héros sur ces terres normandes entre juin et août 1944 et pour la plupart, ils reposent pour l'éternité.
Vétérans de la Seconde Guerre mondiale, qui nous a rejoint aujourd'hui, « You are among the very greatest Americans who will ever live. You are the pride of our nation. You are the glory of our republic. And we thank you from the bottom of our hearts. » De longues séquences de poignets de main et d'accolades avec des vétérans pour les deux chefs d'État qui n'ont rien laissé paraître des mésattentes et du contexte tendu du moment. Pour en parler ce soir, l'ancienne correspondante à la Maison Blanche, la journaliste Laurence Haïm et l'eurodéputé spécialiste des questions internationales, Bernard Guetta.
Au début de cette forte journée du souvenir, d'autant plus forte que le souvenir est encore entretenu par quelques témoins directs. Je me souviens qu'au 70e anniversaire sur les plages normandes, j'y étais. Vous y étiez, Bernard. On se disait que c'était sans doute l'une des dernières grandes occasions d'entendre des survivants. Eh bien, on avait tort. Ils sont 75 ans après quelques dizaines de vétérans américains du jour J à avoir fait le voyage. 500 en tout. Certains sont presque centenaires. Certains même, on en les a vus décorés à l'ambassade de France à Washington il y a quelques semaines, ont même dépassé les 100 ans. L'un des Français a 105 ans.
Et leur regard, leur mémoire intacte, leur modestie, souvent, nous émeuvent. Emmanuel Macron s'est ainsi adressé à eux en deux langues. Alors au nom de la France, au nom de notre nation, Je m'incline ce jour devant leur bravoure. Et à nos vétérans et à leur nation, je dis merci. We know what we owe to you, veterans. Our freedom. On behalf of my nation, I just want to say thank you. Et ils se lèvent, vétérans, nous savons ce que nous vous devons, la liberté. Et puis, vint le moment des messages plus politiques. On guettait le discours de Trump. Ce Trump qui considère que l'Amérique n'a plus d'alliés dans le monde. Chacun pour soi et Dieu pour tous, en résumé. Mais là, non.
À Colville-sur-Mer, Trump a choisi de ne pas faire de Trump et de répéter ce que tous ses prédécesseurs ont dit avant lui. Les liens entre les États-Unis et leurs alliés sont indestructibles.
To all of our friends and partners, our cherished alliance was forged in the heat of battle, tested in the trials of war, and proven in the blessings of peace. Our bond is unbreakable. Our people will forever be bold. Our hearts will forever be loyal. And our children and their children will forever and always be free. May God bless our great veterans. May God bless our allies. May God bless the heroes of D-Day.
Nos alliés, dit Trump, chère alliance, dit-il sans faire de détail, tandis qu'Emmanuel Macron, lui, appuie là où ça fait mal. Il appuie sur les valeurs universelles, celles que piétinent Donald Trump, en tout cas certaines d'entre elles, ces valeurs qui, dit le président français, sont la marque de l'Amérique. L'Amérique, cher président Trump, qui n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle se bat pour la liberté des autres, l'Amérique, qui n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle se montre fidèle aux valeurs universelles que défendaient ses pères fondateurs, lorsqu'il y a près de deux siècles et demi, la France vint soutenir son indépendance.
Nous ne devons jamais cesser de faire vivre l'alliance des peuples libres. C'est ce que firent les vainqueurs, dès le lendemain de la capitulation allemande, et japonaises en créant les Nations Unies. C'est ce que firent les États-Unis en créant l'organisation du traité de l'Atlantique Nord. C'est ce que firent, quelques années plus tard, les dirigeants de ce continent, en faisant advenir l'Union européenne. – Discours d'Emmanuel Macron avec le baillement que Donald Trump ne réprime pas. Laurence Haïm, de l'art de faire passer des messages en apparence consensuels et en réalité désagréables ? – C'est le point sensible, les institutions internationales.
Donald Trump ne cesse de dire qu'il faut démonter les institutions internationales, et là, Emmanuel Macron, boum ! – Je vais préciser qu'il les a cités un peu plus loin dans son discours. – Oui, l'Union européenne, les Nations Unies, l'OTAN, l'Union européenne. – Et là, on a un Trump qui est comme à son habitude, parler, moi je sais ce que je fais, je suis le meilleur, les bras croisés, il regarde, il est Trump. En même temps, c'est un jour important, et il y a beaucoup de commentateurs aux États-Unis aujourd'hui qui disent quelque chose qui moi m'a particulièrement marquée. Il y a des moments où la politique ça n'existe plus.
Et aujourd'hui, la politique, en regardant ces images, en regardant le discours de Trump, qui était un bon discours, et en regardant le discours de Macron, il faut se dire, on est au-delà de la politique. On est en train de regarder des gens qui, quand ils avaient 20 ans, vous imaginez, regardez les gens qui sont autour de nous dans ce studio, c'est des jeunes, et bien un jour, ils sont arrivés pour débarquer sur une plage, pour voir leurs amis mourir, et c'est ça que ces hommes célèbres.
Et c'est rare dans le monde actuel, selon moi, où les démocraties vacillent, où on ne sait plus très bien où on en est, de voir à l'unisson, et bien finalement, des gens qui rappellent certaines valeurs fondamentales. – À l'unisson, mais, comme disait Laurence, il n'en pense pas moins, non ? – Non, je ne crois pas que c'était à l'unisson, pardon Laurence.
Il me semble qu'Emmanuel Macron a très clairement rappelé à l'ordre, en fait, Donald Trump, en lui disant, vous devez ou vous devez rester fidèle aux valeurs universelles qui ont fait l'Amérique, à cette Amérique qui n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle défend la liberté, à cette alliance des peuples libres, et effectivement, il cite les Nations Unies, l'Alliance Atlantique, l'Union Européenne, l'Union Européenne ensuite. Il aura même, il y a à peu près une heure ou une heure et demie, dans ce très beau discours qu'il a prononcé, vraiment très très beau, moi j'avais les larmes aux yeux en l'écoutant, il a même cité l'obscurantisme contre lequel il fallait lutter aujourd'hui.
Alors, il ne s'adressait pas du tout à Trump, là, pas du tout, pas du tout. C'était une allusion, naturellement, aux forces d'extrême droite, renaissante en Europe, mais après tout, renaissante aussi aux États-Unis, en Inde, en Chine, dans bien des régions du monde. Et alors, évidemment qu'il y a eu un moment de communion, évidemment que Donald Trump ne s'est pas soustrait à ce moment, en disant, écoutez, il y en a marre de vous, l'Europe, etc., allez vous faire voir. – Mais bien sûr que non, il ne pouvait pas dire ça. – Pas plus que le 11 novembre dernier sous l'arc de Triomphe. – Mais exactement, exactement.
Mais cela étant, les deux lignes politiques qui aujourd'hui s'affrontent sur la scène internationale étaient là parfaitement exprimées, parfaitement claires. – Alors moi, je ne suis pas d'accord avec vous, parce qu'il y a un grand fantasme, parce qu'on attendait l'affrontement. Et tout le monde attendait l'affrontement, en tout cas, tout le monde était là, qu'est-ce qui va se passer ? Comment ils vont se tenir la main ? Est-ce qu'ils vont se faire des regards, etc. Finalement, ça se passe, ils sont quand même, d'une certaine manière, en train de respecter les hommes. – Ils ne peuvent jamais gifler en public. – Non, mais il y a quand même eu des moments un peu plus tendus.
Et lorsqu'on voit ce qui s'est passé un peu après à la préfecture de Caen, où là, il y a eu la bilatérale, et où les gens qui étaient présents dans la pièce, notamment côté américain, racontent qu'ils se mettent un peu d'accord sur tout, devant des caméras qui enregistrent et qui parlent des grands sujets qui fâchent, notamment l'Iran, la lutte contre le terrorisme. Et finalement, tout le monde dit, oui, on est bien d'accord sur les valeurs fondamentales. C'est ça, je crois, qu'il faut retenir aujourd'hui. – On va voir les images. Moi, je n'ai pas gardé d'extrait. J'ai regardé rapidement les rushs de cette rencontre. Vous savez, c'est le fauteuil comme ça. – La bilatérale.
– Voilà, ce que vous appelez une bilatérale, ce qui n'est pas réalité une conférence de presse, mais ça permet aux journalistes de poser des questions à la cantonade. – Ça s'appelle une photo-op. On donne aux journalistes ce qu'on a envie de montrer. – À l'américaine, voilà. – Ah, c'est très calculé. – Trump a eu un mot excellent pour qualifier les relations entre les deux présidents. Et sinon, il ne s'est pas dit grand-chose. Sauf peut-être, mais on en reparlera après, quand même l'idée qu'il pourrait y avoir de nouvelles négociations sur le nucléaire iranien, ce qui est un élément important, évidemment, si ça se concrétise. – Si les Iraniens sont d'accord.
– Oui, oui, avec beaucoup de conditions. Il y en a un qui a mis les pieds dans le plat ce matin, tout de même. C'est un ancien Premier ministre et c'est un macroniste. C'est quand même une voix qu'il porte. Jean-Pierre Raffarin, qui a exprimé un malaise de voir Donald Trump aujourd'hui en ses lieux pour cette commémoration. – Il y a un malaise aujourd'hui. On a l'impression que l'actualité tourne le dos à l'histoire. Car au fond, ceux qui étaient nos alliés, ceux qui avaient fait avec nous l'acte concrète de la liberté, aujourd'hui, sont souvent des concurrents, mais surtout des adversaires.
S'il y avait besoin de l'Amérique aujourd'hui, je ne suis pas sûr que la mairie serait au rendez-vous. quand je vois cette délibération à attaquer aujourd'hui l'Union européenne, l'euro en permanence attaqué par le dollar, notre grand accord signé à Paris sur le climat, remis en cause par les Américains, cette paix avec l'Iran que nous recherchons, avec un accord sur le nucléaire, remis en cause par les Américains, de la tension en permanence mise contre Poutine et sur la Russie, ce qui nous pose des problèmes à notre frontière est de l'Europe. Et en plus de tout ça, un soutien brutal au Brexit.
Aujourd'hui, s'il y avait besoin d'Amérique, je ne suis pas sûr que les Américains seraient au rendez-vous. Moi non plus. Moi non plus. Tu as raison ? Absolument pas. J'ai beaucoup choqué pendant ma campagne électorale en disant un jour dans un meeting nos ex-alliés, en parlant des États-Unis. Alors un monsieur qui était un militaire, d'ailleurs, relativement jeune, s'est levé en disant « Mais comment vous pouvez dire ça ? » Alors qu'en Afrique, sans le soutien logistique des États-Unis, il avait raison, sans le soutien logistique des États-Unis, beaucoup de choses ne pourraient pas se faire.
Mais malgré cela, malgré cela, regardez, sur l'Iran, sur l'Union européenne, sur le futur des Nations unies, il n'y a pas un sujet aujourd'hui sur lequel les Européens, en tout cas Emmanuel Macron, mais la plupart des Européens en vérité, notamment Mme Merkel, notamment l'Allemagne, ne soient en désaccord profond, pour ne pas dire radical, non pas sans doute avec les États-Unis, mais avec les États-Unis de Donald Trump. Bien sûr que oui, bien sûr qu'il y a une divergence extrêmement profonde aujourd'hui. Et alors, le problème... – Je crois qu'il y a une divergence, permette-moi de vous interrompre, je crois qu'il y a une divergence idéologique, qui est extrêmement profonde.
L'Amérique, on a tous grandi avec une certaine idée de l'Amérique, une Amérique extrêmement libérale, etc. Et là, on est sous Trump, mais ça avait commencé avant Trump, au moment, par exemple, de la guerre en Irak. Il y avait aussi des divergences de vue entre la position américaine et la position française. Mais là, on est dans deux sociétés qui n'ont finalement plus rien à voir par rapport à ce qu'elles étaient pendant 30 ans. Et c'est ça que Trump met en avant, de mon point de vue.
Maintenant, là où j'ai une petite réserve, permettez-moi encore une fois de ne pas être d'accord avec vous, par rapport à ce que vous dites, c'est que sur les dossiers, notamment la lutte contre le terrorisme, en ce moment, dans la guerre de l'ombre, il y a quand même beaucoup de choses qui sont faites entre Américains et Français sur des choses essentielles en Syrie, en Irak, en Libye, en Afrique. On ne sait pas tout, mais je pense qu'il y a quand même une vraie coopération qui existe pour défendre des valeurs essentielles.
– Vous savez, Laurence, dans la guerre de l'ombre, il y a beaucoup, beaucoup de convergences, y compris entre la France et Israël aujourd'hui et depuis de longues années. Les Israéliens, ceux des services secrets, ont l'habitude de dire qu'ils apprécient beaucoup le charme discret des Français. – C'est vrai. – Bien sûr, évidemment que sur des sujets comme ceux-là, il y a convergence. Mais sur les sujets plus politiques, plus immédiats et en vérité beaucoup plus profonds, il y a une divergence radicale. Et en vérité, il faut faire la différence entre deux choses.
D'une part, le fait que les États-Unis s'éloignent de l'Europe pour se consacrer presque uniquement, en tout cas très essentiellement, à la Chine et à leur concurrence avec la Chine. Et puis après, il y a ce que disait Laurence, et là je vous rejoins tout à fait, il y a une divergence idéologique qui est incarnée par Trump. – Mais par l'Amérique, Trump, pas simplement par Trump, par une partie de l'Amérique, on ne va plus avoir le droit d'avorter. – Oui, par l'Amérique de Trump. – Non, non, mais qui était là et que Trump met en avant et se sert. – Un dernier mot sur la forme, le style et les relations entre Macron et Trump.
Je rappelais tout à l'heure le souvenir du 11 novembre où tout s'était plutôt bien passé. – Et puis ? – Et puis, retour dans l'avion, crac, série de tweets. – Et un coup de lance-lame pour le président français. Ça peut arriver à nouveau, Laurence ?
– Les règlements de compte une fois que…
– Parce que c'est ce qu'il aime faire, c'est à distance en fait, devant son smartphone. – Oui, alors il a une équipe aussi pour ça. Ce n'est pas que lui qui tweet. C'est quand même très calculé tous les tweets. Là, avant qu'on rentre, j'ai regardé, il avait encore tweeté. Il tweet tout le temps, c'est sa nouvelle forme de communication. Il fait à peu près entre 8 à 15 tweets par jour. Oui, tout peut arriver. Ce qui est avec Trump, il l'a dit, tout peut arriver, il est imprévisé. – Le Donald est imprévisé.
– Juste un mot, Laurence, sur des images qui vous ont frappé en marge de ces commémorations et de la diplomatie. L'attitude du couple Trump, on est rentré dans une nouvelle ère. Mélania Trump, vous ne l'aviez pas vue de cette façon depuis très longtemps.
– En fait, on est tous, quand on vit à Washington, quand on vit aux États-Unis et qu'on observe un peu ce qui se passe, chaque détail compte. Et Mélania Trump est un personnage assez intéressant, parce qu'on ne sait vraiment pas qui est cette first lady par rapport à d'autres first ladies. Et aujourd'hui, j'ai été très frappée à quand elle a pris à un moment donné, d'abord, elle a des lunettes noires, alors bon, elle est tout le temps avec ses lunettes noires comme si elle était très émue, et elle tient la main de Trump. Et ça, ce n'est pas arrivé depuis très très longtemps. Là, non, mais c'est peut-être de la petite politique, Patrick, je vous vois rire.
Mais vous savez, les petits gestes dans l'univers Trump, ils ont leur importance, parce qu'on dit que Trump est complètement isolé, il y a plein de rumeurs sur ce couple, on ne sait pas, elle, ce qu'elle fait. Et le fait qu'elle soit là dans un moment important, avec ses lunettes noires comme pour dissimuler son regard, on ne sait pas quelles sont ses émotions, etc. Moi, je pense qu'elle a été très émue, et le fait qu'elle tienne comme ça la main de Trump, eh bien, d'un point de vue américain que j'ai ce soir ici, ça m'a paru un détail à souligner. À souligner et très commenter, j'imagine, aux États-Unis.
Pierre ?
Moi, c'est juste un petit rappel historique, grand moment de cohésion nationale, bien sûr, en France, et même internationale, et par un petit effet, je rappelle les unes du 7 juin 1944, l'essentiel de la presse est toujours aux mains de l'occupant, et on parle donc d'invasion, à ce moment-là, le lendemain. On parlait d'une invasion, mais aussi d'une tentative de débarquement. On publie à la une du Petit Marseillais l'avertissement solennel du maréchal Pétain, on ne se sauvera qu'en observant la discipline la plus rigoureuse.
Et l'action française, le journal créé par Maurras, reprend la déclaration des dirigeants allemands, je cite, nos adversaires ont commencé sur ordre de Moscou, leur sanglant calvaire vers l'Est. Le Progrès de la Côte d'Or publie des communiqués allemands, sous le titre « Réaction violente et efficace de la défense allemande », et des journaux très collabos, comme l'œuvre ou le Petit Parisien, soulignent les lourdes pertes des anglo-américains, sous le titre « Bizarre, les pertes de la flotte d'invasion » s'élèvent jusqu'ici à 200 000 tonnes. Vous savez que jusqu'aujourd'hui, en Autriche, il y a une partie de l'opinion non négligeable, qui ne dit pas la libération, mais l'invasion.
Qui parle encore d'invasion.
Absolument, qui dit l'invasion.
Pour évoquer ce 6 juin 1944.
Alors il est vrai que l'Autriche a été occupée pendant 10 ans après. Mais enfin, quand même, on dit l'invasion. Dans certains milieux, pas dans tous, bien sûr.
Bien sûr, 75 ans plus tard. Merci beaucoup à tous les deux. Vous restez avec nous.