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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 4 février 2025 22 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Censure : "Nous avons choisi de ne pas pratiquer la politique du pire", se justifie Olivier Faure

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Olivier Faure, bonjour.

  • 0:23OuverteRéponse directe

    Après moult tergiversations, vous avez décidé de ne pas voter la motion de censure.

  • 0:35FerméeÉludée

    Vous avez donc décidé de sauver le Premier ministre, de sauver François Bayrou ?

  • 1:33RelanceRéponse partielle

    On va voir ce que vous appelez la politique du pire et qui joue, selon vous, la politique du pire.

  • 2:05RelanceRéponse partielle

    C'est ça aussi que vous validez, en ne votant pas la censure ?

  • 2:20FerméeRéponse partielle

    Mais vous ne le censurez pas.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Invité politiqueFait
    « Nous avons, comme vous l'avez dit, beaucoup parlé, beaucoup hésité, parce qu'il n'y a aucune bienveillance vis-à-vis de ce gouvernement, mais il y a un attachement à l'intérêt général, celui du pays, doter la France d'un budget, lui permettre de continuer à travailler. »
  • 1:15Invité politiqueFait
    « PME, TPE, qui ont besoin d'avoir un budget et qui donc ne peuvent pas attendre davantage. »
  • 1:23Invité politiqueFait
    « Et nous avons choisi non pas de soutenir le gouvernement, mais de ne pas pratiquer la politique du pire, parce que la politique du pire, elle peut conduire à la pire des politiques, celle de l'extrême droite. »
  • 2:10Invité politiqueFait
    « Qui vous a dit que nous validions ? Nous avons voté contre ce budget au Sénat et en commission mixte paritaire. »
  • 2:14Invité politiqueFait
    « Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle le gouvernement est obligé de passer par un 49-3 pour faire adopter son budget. »
  • 2:37Invité politiqueFait
    « Pour avoir un Premier ministre plus à droite, qui négocie sa propre survie avec l'extrême droite ? »
  • 2:45Invité politiqueFait
    « Pour avoir une démission du chef de l'État, et donc une élection au terme de la Constitution dans 35 jours. »
  • 5:55Invité politiqueFait
    « Nous avons cherché à obtenir un certain nombre de sujets. Et donc, sur l'éducation, sur un certain nombre de budgets, même s'ils sont malgré tout amputés, nous avons cherché le moindre baisse pour nos universités, pour la recherche. »
  • 6:05Invité politiqueChiffre
    « Nous avons cherché aussi sur tout ce qui a trait à l'accès aux soins, à empêcher le dérembournement des médicaments, des consultations médicales, augmenter d'un milliard les crédits pour l'hôpital, multiplier par trois le fonds d'urgence pour les EHPAD. »
  • 10:45Invité politiqueFait
    « Nous n'avons rien obtenu pour nous-mêmes. Nous n'avons rien cherché pour nous-mêmes. »
  • 11:17Invité politiqueFait
    « La loi spéciale qui a été votée en décembre, elle pouvait gérer la transition, mais elle ne peut pas être la loi pour l'éternité. »
  • 15:59Invité politiqueChiffre
    « Vous vous rendez compte que les 500 familles françaises les plus riches ont en sept années doublé leur patrimoine, passant de 600 milliards d'euros à 1 200 milliards d'euros. »
  • 16:37Invité politiqueChiffre
    « On nous dit sur les retraites, par exemple, qu'on dépense 14 points de PIB, donc qu'on fait 14% de la richesse produite chaque année, aux retraites. »
  • 17:45Invité politiqueChiffre
    « C'est 80 milliards par an qui ont été donnés à ces entreprises, à ces grandes fortunes. »
  • 19:50Invité politiqueFait
    « Il y a des situations qui sont d'une douleur exceptionnelle et qu'il faut arriver à soulager. »

Temps de parole

  • Olivier Faure69 %
  • Invité16 %
  • Présentateur10 %
  • Auditeur5 %

3,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons le premier secrétaire du Parti Socialiste, député de Seine-et-Marne. Vos questions 0145 24 7000 et sur l'application de Radio France. Olivier Faure, bonjour. Bonjour à vous. Et bienvenue sur Inter. Après moult tergiversations et hésitations, vous, les socialistes, avez donc décidé hier en bureau politique de ne pas voter la motion de censure déposée par vos alliés du nouveau Front populaire. Motion de censure qui est une réponse à l'utilisation du 49.3 par François Bayrou sur le budget. Vous avez donc décidé de sauver le Premier ministre, de sauver François Bayrou ?

0:42
Olivier Faure

Évidemment non. La question n'est pas là. Nous avons, comme vous l'avez dit, beaucoup parlé, beaucoup hésité, parce qu'il n'y a aucune bienveillance vis-à-vis de ce gouvernement, mais il y a un attachement à l'intérêt général, celui du pays, doter la France d'un budget, lui permettre de continuer à travailler. Nous avons été sollicités au cours de ces dernières semaines par une multitude d'acteurs, les collectivités locales, associations, entreprises, celles et ceux qui dépendent de la commande publique, PME, TPE, qui ont besoin d'avoir un budget et qui donc ne peuvent pas attendre davantage.

Et nous avons choisi non pas de soutenir le gouvernement, mais de ne pas pratiquer la politique du pire, parce que la politique du pire, elle peut conduire à la pire des politiques, celle de l'extrême droite.

1:33
Invité

Alors, on va voir ce que vous appelez la politique du pire et qui joue, selon vous, la politique du pire, mais vous dites qu'on a été saisis par des associations, des collectivités qui nous ont dit « attention, on ne va pas être payés s'il n'y a pas de budget », des associations et des collectivités qui voient aussi leur budget baisser, leur dotation baisser clairement dans ce budget. Il y a des coupes de plusieurs centaines de millions d'euros dans le budget Bayrou, sur l'aide publique au développement, sur l'écologie, sur la culture, l'agriculture, sur la recherche et l'enseignement supérieur, sur les collectivités locales. C'est ça aussi que vous validez, en ne votant pas la censure.

C'est ces baisses drastiques sur plein de points.

2:08
Olivier Faure

Qui vous a dit que nous validions ? Nous avons voté contre ce budget au Sénat et en commission mixte paritaire. Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle le gouvernement est obligé de passer par un 49-3 pour faire adopter son budget. Nous avons voté contre.

2:20
Invité

Mais vous ne le censurez pas.

2:21
Olivier Faure

Mais nous ne le censurons pas parce que le mal serait pire. Pourquoi ? Parce que quel serait le jour d'après ? C'est facile de dire qu'on censure. On a effectivement l'avantage d'une forme de pureté. Mais qu'est-ce qui se passe ? Pour avoir un Premier ministre plus à droite, qui négocie sa propre survie avec l'extrême droite ? C'est déjà arrivé, ça peut redevenir le cas. Pour avoir une démission du chef de l'État, et donc une élection au terme de la Constitution dans 35 jours. Dans 35 jours, est-ce que quelqu'un pense sérieusement que la gauche pourrait l'emporter et mettre un terme à la fois au macronisme et éviter le piège de l'extrême droite ?

3:00
Invité

Oui, il y a quelqu'un qui le pense. Comment ? Il y a quelqu'un qui pense que la gauche peut l'emporter. Peut-être quelqu'un qui le pense. Je ne le pense pas.

3:06
Olivier Faure

Mais peut-être. Mais c'est un désaccord que j'ai avec lui. Parce qu'effectivement, je ne veux pas la boussole que nous nous sommes donnés. C'est quand même de lutter contre l'extrême droite. Dans un moment comme celui que nous vivons. Pierre Aski vient de parler.

3:17
Invité

Mais c'est ça la boussole du PS uniquement ? C'est lutter contre l'extrême droite ?

3:22
Olivier Faure

Pas seulement. Mais admettons quand même qu'il y a aujourd'hui une offensive qui n'est pas simplement nationale, qui est européenne, qui est mondiale, et qui fait peser une menace incroyable sur l'ensemble du monde. Et donc, est-ce que nous voulons que le seul pôle d'équilibre qui subsiste aujourd'hui, c'est-à-dire l'Europe, finisse par basculer parce que la France basculerait son tour à l'extrême droite ? Moi, je ne m'y résous pas. Et donc, je ne souhaite pas que ça puisse être le cas.

3:46
Invité

Jean-Luc Mélenchon, puisqu'on le cite, il a réagi. Le vote de non-censure par l'EPS consomme son ralliement au gouvernement Bayrou. Le NFP est donc réduit d'un parti.

3:55
Olivier Faure

Non mais, je ne sais pas. Peut-être que pour vous, Jean-Luc Mélenchon est celui qui fixe les règles et qui dit qui est quoi, etc. Ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon qui dit qui est de gauche, qui est de droite, etc. Et encore moins celui qui dit qui appartient au nouveau Front populaire. D'ailleurs, j'observe que nos partenaires écologistes et communistes n'ont pas eu le même regard sur ce que nous faisons. Ils considèrent que ce n'est pas leur chemin, ce n'est pas leur voie. Mais en même temps, je ne les ai pas entendus pratiquer l'excommunication.

4:26
Invité

Et d'ailleurs, pour des laïcs que nous sommes, je crois que ça n'a pas été fait. Est-ce que vous regrettez de ne pas avoir été suivi par les écologistes ? Les écologistes qui, finalement, décident de voter la censure, comme les insoumis, ils auraient pu choisir de faire comme vous, ce que vous appelez une décision de responsabilité. Ils sont quoi ? Trop liés aux insoumis ?

4:47
Olivier Faure

Non, je ne dirais pas ça. Je dirais, je comprends aussi leur décision. Je vous l'ai dit, nous avons nous-mêmes hésité. Parce que ce que vous avez rappelé sur les coupes claires dans un certain nombre de budget, qui auront un impact sur le pays, évidemment, ça nous a nous-mêmes heurtés. Et pour les écologistes, la baisse des crédits, notamment dans l'environnement, était un crève-cœur. Et quand ils sont venus négocier avec nous et qu'ils ont cherché à obtenir, ils n'ont pas obtenu. Et donc, ils ont considéré qu'il n'y avait pas matière là pour eux à laisser passer, en tout cas à ne pas censurer le gouvernement.

5:20
Présentateur

Mais vous êtes toujours dans l'opposition ce matin ?

5:23
Olivier Faure

Toujours, toujours. Et j'allais dire, en réalité, autant hier que demain. Parce que nous n'avons jamais, même quand nous avons fait le choix, pris le risque de la négociation. Nous avons toujours dit que nous restons dans l'opposition. Nous n'avons jamais demandé à appartenir à la majorité, à entrer au gouvernement, à demander quelques privilèges que ce soit. Nous avons toujours dit ce que nous faisons. Nous le faisons exclusivement dans l'idée de préserver les Français d'un certain nombre de souffrances supplémentaires qui étaient malheureusement inscrits dans le budget. C'est la raison pour laquelle nous avons cherché à obtenir un certain nombre de sujets.

Et donc, sur l'éducation, sur un certain nombre de budgets, même s'ils sont malgré tout amputés, nous avons cherché le moindre baisse pour nos universités, pour la recherche. Nous avons cherché aussi sur tout ce qui a trait à l'accès aux soins, à empêcher le dérembournement des médicaments, des consultations médicales, augmenter d'un milliard les crédits pour l'hôpital, multiplier par trois le fonds d'urgence pour les EHPAD. Voilà ce que nous avons obtenu. Est-ce que c'est suffisant ? Non, bien sûr que non.

6:23
Présentateur

Est-ce que vous dites vous à des électeurs du NFP qui seraient étonnés de vous voir soutenir le gouvernement de François Bayrou, de Bruno Retailleau, de Gérald Darmanin, qui vous accuseraient donc de trahison, eux, les électeurs ?

6:35
Olivier Faure

Eh bien, ce qu'ils doivent comprendre, c'est que nous avons effectivement fait le choix de donner un budget à la France, mais que nous déposerons nous-mêmes une motion de censure dans les jours qui suivront l'adoption du budget pour permettre là un nouveau débat et un débat qui sera débarrassé de la question budgétaire.

Les Français, les agriculteurs, les chefs d'entreprise, les associations, tout le monde aura la possibilité d'être rassuré sur le fait qu'il y a désormais un cadre budgétaire qui permet à l'État d'être piloté, mais en même temps, ça ne veut pas dire soutien au gouvernement et c'est donc la raison pour laquelle nous reviendrons sur ce que vous avez commencé à décrire et qui est une forme de trumpisation du débat public aujourd'hui sous l'influence notamment de Bruno Retailleau.

7:15
Invité

La trumpisation, c'est quoi ? C'est la trumpisation de François Bayrou sous l'influence de Bruno Retailleau ? C'est ce que vous essayez de nous dire ?

7:22
Olivier Faure

Oui, c'est tout simplement ce que j'observe aujourd'hui. C'est qu'au Parlement européen, les Français eux-mêmes ne défendent plus le Green Deal, qu'ils ne défendent plus le devoir de vigilance des multinationales. Je vois que quand il s'agit de défendre l'État de droit, on a un ministre de l'Intérieur qui lui-même considère que ce n'est pas une question et que tout ça peut bouger. Que le Premier ministre, alors qu'il est Premier ministre, il n'est pas au café du commerce, se met à parler lui-même de sentiments de submersion migratoire. Eh bien, je vois qu'il y a quand même une forme d'évolution, de dérive qui n'est pas acceptable.

7:54
Invité

Et pourtant, vous ne censurez pas.

7:57
Olivier Faure

Vous dites cela. Et pourtant, nous censurerons la semaine prochaine. Cette semaine, nous voulons un budget pour la France.

8:03
Invité

Mais convenez qu'on a du mal à comprendre votre stratégie. C'est pas un peu baroque ? C'est-à-dire, on ne censure pas cette semaine, mais on censure la semaine prochaine. A la fin, vous voulez faire tomber le gouvernement ? Une motion de censure, c'est pour faire tomber un gouvernement. Vous voulez faire tomber le gouvernement Bayrou ? Vous voulez le garder ?

8:18
Olivier Faure

Mais moi, ce que je souhaite, c'est d'abord, premier temps de la manœuvre, qu'il y ait un budget pour la France, que les Français sachent qu'ils sont gouvernables, et ensuite dire qu'il est tout à fait possible de changer de gouvernement. Et moi, je souhaite un gouvernement de gauche. Et donc, si le gouvernement tombe et que le président de la République arrive enfin à comprendre qu'il faut un gouvernement de gauche, nous irons au gouvernement. Et à ce moment-là, nous pourrons, y compris, faire en sorte qu'il y ait une loi de finances rectificative et donc venir corriger un certain nombre d'aspects qui sont aujourd'hui des aspects délétères de ce budget.

8:51
Présentateur

Au standard d'Inter, Laurence nous attend. Bonjour et bienvenue. Bonjour. On vous écoute.

8:58
Auditeur

Bonjour à tous. Moi, je voulais apporter mon témoignage d'ancienne socialiste encartée, comme on dit, ancienne socialiste de Pau, du temps de Martine Linière-Cassou, qui au fil du temps n'a plus voté socialiste, comme toute sa famille, d'ailleurs, aussi, socialiste jusqu'au bout des angles, qui n'a voté socialiste que lors d'alliances, parce que la gauche, pour nous, c'est notre boussole.

9:31
Présentateur

Et vous avez l'air mélancolique ce matin.

9:34
Auditeur

Ah oui, oui, oui, oui, parce que c'est mon histoire. Pourquoi mélancolique ? C'est l'histoire de ma famille. Et là, aujourd'hui, même si une alliance se recrée, plus jamais je ne mettrai un bulletin socialiste dans une urne.

9:49
Invité

Mais pourquoi ?

9:51
Auditeur

Parce que le Parti Socialiste, pour moi, n'est plus de gauche. C'est fini. Et que je voulais dire à Olivier Faure aussi, lui demander, parce qu'Olivier Faure, c'est quelqu'un qui nous redonnait espoir, et pour qui, moi, j'avais du respect.

10:05
Présentateur

Alors, demandez-lui, posez-lui votre question.

10:08
Auditeur

Je voudrais savoir, pour quel plat de lentilles Olivier Faure a jeté ses idéaux de gauche au ruisseau ? Pour quel mot susurré par François Hollande, il a décidé d'abandonner la raison pour la folie ?

10:24
Présentateur

Merci, Laurence, pour ces questions que nous transmettons à Olivier Faure. Plat de lentilles.

10:30
Olivier Faure

Bon, d'abord, je comprends qu'il y ait des interrogations. Et moi-même, je me suis interrogé sur ce qu'il fallait faire. Ce n'a pas été une décision facile, et chaque vote doit être pesé avec gravité. Mais il n'y a pas de plat de lentilles. Nous n'avons rien obtenu pour nous-mêmes. Nous n'avons rien cherché pour nous-mêmes. Nous avons simplement cherché à faire en sorte de préserver les Français autant qu'il était possible, et voter contre ce budget. Maintenant, la question qui est posée, c'est qu'est-ce qui se passe si demain, il n'y a pas de budget ? Quel est l'avantage pour les Français ?

Est-ce que c'est d'être de gauche que de privé, les agriculteurs, les salariés, les collectivités locales, les associations, d'un budget dont elles ont besoin ? La loi spéciale qui a été votée en décembre, elle pouvait gérer la transition, mais elle ne peut pas être la loi pour l'éternité. Et donc, il faut bien un moment qu'il y ait quelque chose qui se passe. Si j'avais l'assurance qu'en faisant tomber le gouvernement demain, il y ait après-demain un Premier ministre de gauche, je n'en ai aucune certitude, ce sera peut-être un Premier ministre qui sera encore plus à droite, et qui ira négocier sa propre survie avec l'extrême droite. Qu'aurons-nous gagné, nous, femmes et hommes de gauche ?

11:43
Présentateur

Olivier Faure, notre auditrice vous demandait si vous en aviez marre que François Hollande vous chuchote à l'oreille.

11:49
Olivier Faure

Je crois qu'il ne me chuchote plus grand-chose à l'oreille. C'est fini, vous ne parlez plus. Mais ce n'est pas qu'on ne se parle plus, je parle aux uns et aux autres. Simplement, je ne prends pas mes ordres chez les uns ou chez les autres. Et je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, je pense aujourd'hui qu'il y a deux personnalités importantes de la gauche que sont à la fois Jean-Luc Mélenchon et François Hollande qui nous conduisent à une incapacité à se parler et à rendre les gauches irréconciliables et à nous empêcher d'avancer. Et il y a une forme de symétrie entre l'un et l'autre, il y a une forme de Heckel et Jekkel qui sont là pour, en réalité, asphyxier la gauche.

Et moi, je souhaite au contraire que nous puissions la fédérer. Mais la fédérer sur des bases, qui soient des bases claires, qui permettent à ce pays d'être gouverné, à ce pays de pouvoir avancer. Et ce n'est pas simplement en ayant toujours le sentiment d'être dans une forme de pureté idéologique qui, en réalité, ne mène nulle part, que nous avancerons. Et donc, je souhaite...

12:45
Invité

Vous espérez encore avoir un candidat unique en 2027 ?

12:49
Olivier Faure

Je ne sais pas si nous aurons un candidat unique. J'ai bien compris que Jean-Luc Mélenchon avait déjà expliqué qu'il fallait son projet et que le candidat de la gauche, pour lui, c'était celui qui défendait le mieux son projet, donc lui-même. Donc, il y a bien là...

13:00
Locuteur non identifié

Donc, il y aura forcément deux candidats.

13:02
Olivier Faure

Donc, il y aura peut-être deux candidats. Voire trois. Peut-être trois, peut-être quatre, peut-être cinq. Mais si il y aura trois, quatre ou cinq, il n'y en aura aucun au second tour. Et donc, je souhaite que, puisque Jean-Luc Mélenchon a décidé d'être candidat, qu'il y ait un candidat pour le reste de la gauche qui permette d'avoir donc ce candidat commun, qui puisse affronter le second tour et qui puisse l'emporter au second tour. Parce que je ne me résous pas, encore une fois, la boussole qui est la mienne, c'est à la fois de permettre demain, de mettre en œuvre un projet.

Un projet qui permette la vie digne pour tous, qui permette la vie en harmonie avec la nature et qui permette aussi d'avoir, eh bien, non pas...

13:39
Invité

Cet autre candidat, ce sera vous,

13:41
Présentateur

ce serez vous aussi, Olivier Faure. Mais n'excluer pas de l'être.

13:46
Olivier Faure

Il ne faut rien exclure pour personne. Il faut simplement se poser la question de savoir comment nous parvenons, enfin, à sortir de divisions qui sont parfois des divisions tactiques, parfois artificielles, mais qui doivent permettre d'être dépassées pour permettre, justement, une victoire, parce que nous ne pouvons pas accepter ni la poursuite du macronisme. Mais vous vous préparez

14:08
Présentateur

pour 2027 ou pas ?

14:10
Olivier Faure

Vous préparez pour 2027 ou pas ? Je prépare le Parti Socialiste à être prêt pour les élections législatives, si elles ont lieu de... Ah non, vous êtes en train de tenter. Pour les élections présidentielles. Je ne tentis pas, je ne veux pas à chaque fois, mais vous voyez bien qu'on reste toujours, on est toujours à chercher, à mettre, enfin, à toujours chercher l'incarnation. L'incarnation, elle viendra, mais ce n'est pas le moment.

Pour l'instant, la question, c'est de savoir comment est-ce que nous faisons en sorte tous ensemble, non pas de poser des préalables en disant c'est moi, c'est moi, c'est moi, mais de faire en sorte qu'il y ait la possibilité de faire converger des forces pour permettre demain la victoire.

14:46
Présentateur

Pardonnez-moi de citer François Hollande, mais il a clairement dit qu'il fallait, je le cite, une nouvelle figure pour diriger le parti socialiste, pour permettre le rassemblement et l'ouverture. Vous lui dites quoi ?

14:57
Olivier Faure

Mais je lui dis que c'est son point de vue et je comprends qu'il y ait des gens qui me contestent. Il y a des gens qui ne veulent pas le rassemblement de la gauche et des écologistes. Et puis il y a des gens qui le souhaitent. Moi, je le souhaite. Je souhaite que nous puissions avancer parce que je souhaite et surtout, je vois, je vois bien que quand la gauche est divisée, elle ouvre des boulevards à la droite et à l'extrême droite, ce qui n'est pas mon cas.

15:18
Invité

Il y aura donc une surtaxe sur les entreprises qui font plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires dans ce budget, ce qui ulcère une partie des patrons à commencer par Bernard Arnault qui, rentrant des Etats-Unis, a dénoncé cette surtaxe made in France qui pousse à la délocalisation. Il n'est pas le seul. Le patron Total, le patron de Michelin dans une audition qui est devenue virale au Sénat, a critiqué. Ils ont critiqué les écarts de compétitivité, la bureaucratie, la suradministration, le coût du travail élevé. Vous entendez ces grands patrons qui disent « ras-le-bol, si ça continue, on part ».

15:50
Olivier Faure

Je les entends parce que je suis obligé de les entendre.

15:52
Invité

François Ruffin dit qu'ils sont indécents. Est-ce que vous trouvez que c'est l'indécence ?

15:55
Olivier Faure

Je partage le point de vue de François Ruffin. Ils sont indécents. Vous vous rendez compte que les 500 familles françaises les plus riches ont en sept années doublé leur patrimoine, passant de 600 milliards d'euros à 1 200 milliards d'euros. Et ces gens, quand on vient leur demander de leur prendre deux petits milliards, ils hurlent à la mort. Mais moi, je ne comprends même pas. Le civisme, le patriotisme,

16:18
Invité

ce n'est pas... Oui, mais le problème c'est la comparaison avec d'autres. Mais la comparaison... Quand vous voyez que Donald Trump arrive qui libéralise tout, qui baisse les impôts sur les sociétés, vous êtes Bernard Arnault, vous hésitez, non ?

16:27
Olivier Faure

Mais moi, je crois qu'il y a une spécificité française. Nous avons un modèle social qui est différent et que je défends. On nous dit sur les retraites, par exemple, qu'on dépense 14 points de PIB, donc qu'on fait 14% de la richesse produite chaque année, aux retraites. Oui, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand nous créons 100 euros de richesse, on met 14 euros pour nos aînés, pour nos parents, pour nos grands-parents, pour des gens qui ont travaillé avant nous, qui nous ont bien mis d'être ce que nous sommes aujourd'hui. Eh bien, ça ne me choque pas. Je suis heureux de mettre 14% de points d'indice de PIB chaque année pour ceux qui... Vous n'avez pas peur que la France décroche ?

Notre France.

17:08
Invité

Vous n'avez pas peur que la France décroche ?

17:10
Olivier Faure

Mais la France ne décroche pas. La France est un grand pays qui a des atouts incroyables. Il faut arrêter d'être toujours dans cette espèce de pessimisme. Moi, je crois qu'il y a aujourd'hui des gens qui utilisent tout ce qu'ils peuvent pour continuer à s'en mettre plein les poches. Eh bien, je ne partage pas leur point de vue et je pense au contraire que l'une des grandes difficultés que nous avons, on parle du déficit, on parle aujourd'hui de cette crise budgétaire. Mais elle est liée à quoi cette crise budgétaire si ce n'est à la politique conduite depuis sept ans qui a multiplié les cadeaux. Aujourd'hui, on nous dit qu'il manque de l'argent dans les caisses.

Mais c'est 80 milliards par an qui ont été donnés à ces entreprises, à ces grandes fortunes. Et donc, c'est l'évidence qu'à un moment, cet argent manque. Et donc, quand il manque, ce sont tous les autres qui payent. Et moi, je ne suis pas favorable à l'idée que tout le monde doit payer pour que quelques-uns soient plus riches

18:00
Présentateur

chaque jour. Un mot sur le président algérien Afdel-Majid Teboun qui dénonce le climat délétère des relations entre l'Algérie et la France. Il fustige Bruno Retailleau dans une longue interview publiée hier dans le quotidien L'Opinion. Il estime qu'avec Emmanuel Macron on perd notre temps. Est-ce que vous dites sur ce dossier « halte au feu » ou est-ce que vous estimez que c'est inacceptable de se faire parler sur ce ton ?

18:28
Olivier Faure

Il y a deux façons de lire cette interview dans l'opinion du président algérien. Il y a une première façon qui est celle que vous venez d'indiquer avec des mots qui sont des mots forts et qui sont des mots peu amènes vis-à-vis de la France. Et puis, il y a une autre façon d'interpréter c'est qu'à la fois pour sa propre opinion publique il hausse le ton et en même temps il donne quelques signaux d'ouverture et une volonté de renouer un lien diplomatique avec la France. Je préfère cette deuxième version parce que l'Algérie est un grand pays avec lequel nous sommes évidemment intimement liés par notre histoire commune et le mieux ce serait de faire redescendre la pression.

19:09
Invité

Deux questions très rapides. François Bayrou veut réformer le mode de scrutin des villes de Paris-Lyon-Marseille. Il veut aller très vite pour que la réforme soit appliquée aux prochaines municipales de 2026. Vous en pensez quoi ?

19:21
Olivier Faure

Je veux voir la copie. Il n'y a pas d'obstacle de principe mais ça suppose que les règles fixées soient des règles justes et que ce ne soit pas une entreloupe supplémentaire.

19:31
Invité

Scindé en deux le projet de loi fin de vie comme le souhaite François Bayrou vous le regrettez là ?

19:35
Olivier Faure

Oui. Oui je le regrette parce que là je crains que ce soit l'opinion de François Bayrou qui domine sa décision et je vois bien sa réticence sur la fin de vie liée à ses opinions personnelles. mais moi je souhaite au contraire que nous puissions avancer très vite sur ce sujet qui est un sujet sur lequel on remet toujours au lendemain alors même qu'il y a des situations qui sont d'une douleur exceptionnelle et qu'il faut arriver à soulager.

20:08
Invité

Dernière question quelle est votre lecture du résultat électoraux à Villeneuve-Saint-Georges où le candidat insoumis Louis Boyard a perdu face à une droite qui était pourtant divisée résultats qui viennent après les résultats dans l'ISER qu'est-ce que ça vous inspire ?

20:26
Olivier Faure

Ça m'inspire que quand on a un candidat insoumis qui considère qu'il peut gagner seul et au premier tour puis ensuite qu'il se rend compte qu'il ne gagne pas au premier tour et donc qu'il doit faire alliance avec le reste de la gauche et qu'il s'y refuse en refusant notamment d'accepter la proportionnelle d'accepter aussi de remettre en question la composition de sa propre liste quand il y a des gens qui sont des gens qui sont peu fréquentables

20:55
Invité

Donc c'est sa faute à lui s'il a perdu Louis Boyard parce que lui il dit c'est à cause de vous c'est à cause du reste de la gauche qu'il n'a pas soutenu

21:00
Olivier Faure

C'est trop facile on voit bien d'ailleurs que dans les argumentaires qu'il a développés il a cherché à faire partir la responsabilité sur les autres quand on perd on doit d'abord chercher la responsabilité en soi et non pas chez les autres

21:14
Invité

Olivier Faure si demain il y a une nouvelle dissolution cet été il y aura 577 candidats NFP

21:20
Olivier Faure

Le nouveau Front Populaire il est né comme le Front Populaire de 1936 d'une volonté celle de faire battre l'extrême droite et les mêmes causes produisant les mêmes effets ça peut se reproduire comme ça peut ne pas se reproduire ça n'est pas je ne sais pas ce qu'il se passera ça n'est pas clair parce que je ne suis pas à moi seul le nouveau Front Populaire moi ce que je vous souhaite c'est qu'à chaque fois que la menace de l'extrême droite est là quand elle existe quand on prend le risque de l'avoir gouverné et bien il faut que comme par fidélité à sa propre histoire et sa propre vocation la gauche sache se rassembler

21:59
Présentateur

merci Olivier Faure premier secrétaire du parti socialiste merci d'avoir été au micro d'Inter

Censure : "Nous avons choisi de ne pas pratiquer la politique du pire", se justifie Olivier Faure — Olivier Faure · Pourquijevote