Canicule, incendies, budget... Le "8h30 franceinfo" de Franck Allisio
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Bonjour Franck Alizio, et merci d'être avec nous ce matin sur France Info, on va évoquer ensemble un certain nombre de sujets, les incendies, la manière dont le RN propose de réduire les risques, on va évoquer la question du budget qui sera aussi l'un des sujets de la rentrée, mais d'abord la canicule et 7300 morts, premier bilan dressé par Santé publique France pour cet été très chaud, qu'est-ce que vous, si vous aviez été au pouvoir, vous auriez pu faire de plus pour empêcher ça ?
Le réchauffement climatique, qui est évidemment une réalité subie maintenant depuis des décennies j'allais dire, et qui s'accélère malheureusement, est quelque chose qui se combat au niveau international, chaque pays ne peut pas, là pour le coup c'est vraiment un sujet de coordination internationale, puisqu'en plus nous sommes et de loin les moins pollueurs, je parle en particulier de la France, je parle aussi de l'Europe, puisque les deux grands pollueurs mondiaux sont d'une part la Chine, d'autre part les Etats-Unis, donc c'est quelque chose qui doit se résoudre par une action.
Alors moi pardonnez-moi, on ne parle pas tant du réchauffement climatique que des conséquences, comme on a pu les voir, des conséquences sanitaires, comment on fait ?
Les conséquences, c'est poser la question des causes aussi, je vais en venir à la canicule précisément, et aux conséquences. Mais voilà, ça c'est le premier sujet, donc ça pose la question d'un livre-changisme qui a fait que vous allez chercher à l'autre bout du monde, vos tomates ou vos pommes de terre, alors qu'elles pourraient être produites à quelques dizaines de kilomètres de chez vous, ça pose une question.
Vous savez, le sujet de la couche d'ozone dans les années 80-90, il s'est à un moment donné résolu, parce que, notamment d'ailleurs c'était le fait de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis à l'époque, avec Margaret Thatcher et Ronald Reagan, qui se sont dit, il faut agir concrètement, et le problème de la couche d'ozone s'est résolu par des initiatives internationales qui ont été suivies par tous les Etats.
Je vous coupe parce qu'on voulait vraiment vous entendre sur ces chiffres de la mortalité et à la canicule, ce qu'on apprend aussi, c'est que beaucoup de ces morts ont été retrouvés chez eux, à leur domicile. La question se pose pour éviter à nouveau de tels chiffres de l'isolation, notamment des bâtiments, de la rénovation des appartements. Vous pensez toujours qu'il faut laisser les propriétaires louer des passoires thermiques des appartements classés F ou G ? Je rappelle que vous avez toujours soutenu tout ce qui était abrogation des interdictions de louer des passoires thermiques aux propriétaires.
Non, vous confondez deux choses. Vous confondez le fait de s'acharner sur les propriétaires de leur propre logement. On ne parle pas que des propriétaires, on parle aussi de gens qui sont propriétaires de leur logement et qui donc sont poursuivis par toute une série de réglementations qui aujourd'hui fait exploser le prix de l'immobilier et rend impossible à tout un chacun de se loger.
Il n'est pas interdit d'habiter dans un logement dont on est propriétaire et qui est classé G ?
Tout à fait, c'est bien ce que je dis.
Non, non, il n'est pas interdit. On vous parle des logements en location.
Dès que vous revendez votre logement, ça fait baisser le prix, évidemment.
Donc aucun mécanisme de contrainte d'un tube que ce soit ?
Ce n'est pas là. Nous proposerons, vous verrez, durant la campagne, mais mon collègue Jean-Philippe Tanguy l'a déjà dit, un prêt à taux zéro pour tous ceux qui veulent justement investir dans leur logement ou dans le logement dont ils sont propriétaires et qu'ils auraient, en matière d'isolement.
C'est-à-dire que pour ceux qui veulent le faire, c'est pour aider ceux qui veulent rénover leur logement, pour ceux qui ne veulent pas, pour les propriétaires qui ne veulent pas entreprendre ces travaux ?
À un moment donné, si le logement est inhabitable, le propriétaire sera contraint de faire les travaux.
Comment on définit si il y a un logement inhabitable ? Justement, le DPE...
Ça, c'est à la loi de...
Il y a le DPE qui existe et qui considère qu'un logement G ne peut pas être proposé à la location. Et vous, vous dites, pas une bonne idée.
Moi, je dis qu'aujourd'hui, nous sommes allés trop loin dans les délires normatifs et qu'il faut réfléchir à inciter, inciter puissamment, inciter par des prêts à taux zéro, et seront inclus, évidemment, dans ces solutions pour rendre ces maisons habitables, comme pour les habitations publiques, comme pour les écoles, comme pour les hôpitaux, comme pour les maisons de retraite. Évidemment, la climatisation, puisque la climatisation est une nécessité. La climatisation, aujourd'hui, est quasiment neutre en termes de coûts pour l'environnement. Et la climatisation sauve des vies chaque année.
Tout le monde n'a pas les moyens d'en acheter une, tout le monde n'a pas les moyens...
Eh bien, c'est justement la raison pour laquelle il y aura ce prêt à taux zéro.
Le prêt à taux zéro, il faut le rembourser, quand même, Franck Alizio ?
Le prêt à taux zéro, il faut le rembourser, mais ça sera une aide puissante. Ça sera une aide puissante. C'est ce qu'on peut faire aujourd'hui de plus puissant pour aider les Françaises et les Français à s'adapter. Parce que, malheureusement, il faut s'adapter et que la climatisation fait partie de ces solutions.
Franck Alizio, une des conséquences de cette canicule, ce sont aussi les incendies. La France Insoumise accuse le gouvernement d'avoir menti sur les moyens. Est-ce que c'est une critique que vous reprenez aussi à votre compte ?
Écoutez, quand le ministre de l'Intérieur lui-même, dans un off, dit que le gouvernement est dans une posture...
Vous faites référence à une discussion qui est sortie dans Mediapart du ministre avec les syndicats de pompiers.
Exactement. Où il dit que c'est une posture politique face aux oppositions, le discours qu'il tient.
Je suis non seulement l'élu, le député, mais aussi natif d'une région, d'un département, d'une province, la Provence, qui a une grande tradition, malheureusement, de lutte contre les incendies. L'an dernier, je vous rappelle que ma ville, Marseille, le feu s'est propagé jusque dans la ville, jusque dans certains quartiers de notre ville.
Donc, j'en profite d'ailleurs, et pour cette année en Gironde, dans le Var, et pour l'année précédente, et pour toutes les années, de rendre hommage à nos pompiers, à nos marins pompiers à Marseille, à nos sapeurs pompiers en général, et avoir une pensée pour toutes les victimes de ces incendies, parce qu'après, il faut des mois et des mois pour pouvoir retrouver un logement. Donc, d'expérience, la principale chose, c'est que chaque minute compte. Chaque minute compte pour lutter contre un feu de forêt, pour lutter contre un incendie de grande ampleur. Et on est efficace, on est réactif, à la condition qu'il y ait des moyens.
Donc, oui, la question des moyens se pose, et ce gouvernement, encore une fois, comme ses prédécesseurs, s'est illustré par l'impréparation, l'improvisation, la désorganisation. Quand vous vous rendez compte, ça me rappelle l'affaire des masques durant le Covid, quand vous vous rendez compte, quand on est dans la crise, qu'il n'y a pas 12 canadaires, ce qui est déjà insuffisant, ce qui est déjà reconnu insuffisant par le président public en 2022, qui disait, il faut 16 canadaires. Il n'y a pas 12 canadaires, il y a la moitié de canadaires opérationnels. Et on se rend compte, évidemment, quand on est au pied du mur. Eh bien, c'est ça qui est scandaleux.
Donc, oui, évidemment, il y a un problème de moyens. Vous savez combien on donne pour 100 euros de dépenses publiques, pour 100 euros dépensés par la sphère publique ? Il y a 7 centimes d'euros consacrés à la lutte contre les incendies de feu, de forêt. Voilà la réalité.
La question du budget, elle va se poser notamment à l'automne, avec les moyens qui seront débattus. Vous comptez toujours faire des économies en demandant la suppression, par exemple, de l'OFB, l'Office français pour la biodiversité. Et je vous pose la question parce que ce sont eux qui organisent, par exemple, des patrouilles pour surveiller les massifs forestiers que vous évoquiez, qui font aussi de la prévention sur les départs de feu. Est-ce que vous voulez toujours supprimer un organisme comme l'OFB ?
Oui, alors, madame, c'est bien sympathique de dire que telle ou telle agence, comment dire, sont utiles de manière tout à fait annexe. Aujourd'hui, à 90% aujourd'hui, ceux qui luttent contre les feux de forêt, par définition, c'est les 10 départementaux. Les 10 sont les services de lutte contre les incendies qui dépendent du département.
Faire des patrouilles, faire de la prévention sur le départ de feu, faire en sorte que les feux ne commencent pas, ça peut aussi avoir son utilité.
Vous me permettez, moi, de me concentrer sur ce qui porte sur l'essentiel et l'essentiel, c'est les moyens des services d'incendie pour que les feux ne soient pas déclenchés. Déjà, soyons beaucoup plus sévères pour la sanction des pyromanes et de ceux qui volontairement ou au moins en termes...
J'aimerais bien comprendre ce que vous venez de nous dire. Vous êtes favorable à la suppression de cette police de l'environnement qui mène notamment, par exemple, chez vous dans les Calan, qui va mener des rondes pour éviter que, lorsque c'est inaccessible pour des raisons de feu, des personnes s'y rendent. Ça, vous dites, il faut le supprimer.
Nous sommes pour la suppression de toutes les agences qui coûtent beaucoup plus que ce qu'elles rapportent, même en termes d'efficacité. Et nous sommes pour que ces missions soient opérées par les départements, par les communes...
Il faut croire que les départements créent des brigades de police de l'environnement.
Oui, mais ça se fait déjà, par exemple, au pied du massif de la Sainte-Bôme. Ce que vous dites, la prévention est faite par des volontaires, des bénévoles qui se sont engagés et qui sont gérés par la région. Vous voyez, typiquement, c'est fait chez nous, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, c'est le massif de la Sainte-Bôme. J'étais il y a encore quelques jours et ce sont des jeunes volontaires, bénévoles qui sont engagés.
Donc les gardes forestiers, en clair, ça ne sert pas à grand-chose ? Non, il n'y a pas des gardes forestiers. C'est ça, ils ont repris le rôle-là, la police de l'environnement.
Votre agence, ce n'est pas les gardes forestiers. Les gardes forestiers, ça n'a pas... Ça a toujours existé. On n'a pas attendu qu'une énième agence soit créée pour qu'il y ait des gardes forestiers. Tout ça est déjà fait depuis des dizaines d'années par nos collectivités. Elles savent très bien le faire. Elles continuent à le faire. Et nous avons justement... C'était mon collègue Rancoule à l'Assemblée l'année dernière. Nous avons justement demandé 700 millions de plus. 700 millions de plus, donc quasiment doublé le budget. 700 millions de plus pour les SDIS, pour les services départementaux d'incendie.
Donc évidemment, on veut plus de moyens, plus de moyens pour ceux qui réellement sont utiles face aux feux de forêt.
Les collectivités, elles bénéficient aussi de l'argent de l'ADEME, une autre agence qui aide les collectivités notamment, mais aussi les particuliers, les entreprises, à aller vers la neutralité carbone. À Marseille, chez vous, elles s'occupent de financer la dépollution des Calanques. Elles s'occupent de la centrale de géothermie marine Tassalia. Celle-ci aussi, vous la supprimez ?
Mais c'est l'argent du contribuable, madame. Ce n'est pas l'argent de l'ADEME. C'est extraordinaire, ça. C'est l'argent de l'ADEME. Non, c'est l'argent du contribuable qui est géré par l'ADEME.
L'ADEME est un guichet qui redistribue 90% de son financement aux collectivités, aux particuliers, aux entreprises. Donc, ce n'est pas l'ADEME qui garde cet argent.
L'ADEME est coûteuse et cet argent peut être redistribué sans passer par l'ADEME. Il peut être tout simplement redistribué directement et partagé directement.
Il n'y a pas besoin d'une énième agence
pour distribuer l'argent du contribuable là où le contribuable, en plus, veut que l'argent.
Quasiment pas d'économie parce que vous dites que ça va rapporter de l'argent de supprimer ces agences.
Je ne suis pas d'accord sur vos chiffres. L'ADEME a un coût. 1,4 milliard. Toutes ces agences, monsieur.
1,4 milliard et un budget de fonctionnement. Vous savez combien le budget de fonctionnement de l'ADEME ?
Toutes ces agences cumulées, c'est 80 milliards. Sur ces 80 milliards, nous proposons, de manière générale, sur ces agences, de faire une économie de 8 milliards. Voilà. N'importe quelle entreprise, n'importe quel ménage, trouverait les moyens de faire 10% d'économie. C'est ce que nous ferons sur l'ensemble des agences, tout simplement. Parce qu'à un moment donné, quand vous êtes le champion du monde de la dépense publique, vous devez faire des économies et non, sans arrêt, augmenter l'impôt des Français. Donc, ce n'est pas de la suppression, c'est des économies ? Ah, c'est des économies. C'est des économies. Mais non, après, c'est agence par agence.
Il faut voir quelle agence n'a pas à faire des économies Vous avez posé les questions sur ces deux agences
car c'est les deux agences que vous aviez citées comme étant...
Oui, oui, non, mais l'ADEME fait partie des agences qui doit faire profondément des économies voire être supprimées. Et son budget utile continuera à être distribué, mais directement. On n'a pas besoin d'une interface qui, au final, prend... Donc, vous économiserez 100 millions d'euros. Dans l'ADEME, vous économiserez 100 millions d'euros. Mais 100 millions d'euros fois 400, je crois qu'à 400 agences comme ça, ça fait des milliards.
Et nous sommes toujours en direct avec Franck Alizio,
député Rassemblement National des Bouches-du-Rhône. On va continuer à parler du budget de l'automne avec une question stratégique qui sera celle de la fiscalité. Alors, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré ne vouloir ni hausse, ni création d'impôts. Est-ce que cette déclaration vous satisfait ?
Oui. Dans un monde absolu, nous préférons qu'il y ait des impôts qui baissent. Dans un monde qui sera, je l'espère, le nôtre dans un peu moins d'un an. Nous avons proposé un contre-budget en 2025. Il ne changera pas beaucoup, je pense, sauf à la marge cette année. Ce contre-budget, qui était notamment présenté par mon collègue Jean-Philippe Tanguy, prévoyait 50 milliards de baisse des dépenses, publiques et 30 milliards de baisse d'impôts. Bon, déjà, si le gouvernement n'augmente pas les impôts d'un euro, ce serait une bonne chose. Je rappelle que nous sommes les champions du monde des prélèvements obligatoires. J'ai vu passer ça dernièrement.
Par rapport aux années 60, sous le général de Gaulle, qui n'était pas une ultra-libérale, pas tentée, entre aujourd'hui et les années 60, la fiscalité du travail, l'impôt sur le revenu, et aujourd'hui la CSG, la fiscalité du travail. La taxation du travail a été multipliée par 8. En pourcentage du PIB, multiplié par 8, on paye 8 fois plus d'impôts sur les revenus du travail que ce que nous en payons en 1960. Ne cherchez pas beaucoup plus loin. Pourquoi aujourd'hui, les Français et les Français sont découragés de travailler et pourquoi notre croissance est si à tonne.
Dont effectivement, des cotisations retraites aussi, qui ont pris à peu près 5 points ces dernières années. C'est justement un des débats du moment. Franck Alizio, faut-il faire participer ou non les retraités à l'effort ? C'est l'une des hypothèses, notamment d'ailleurs de mettre à contribution les retraités qui gagnent au-dessus de 3 000 euros par mois. Si on regarde ce qu'on appelle le taux de remplacement, c'est-à-dire ce qu'une personne gagnait avant d'être à la retraite et donc donnant une retraite de 3 000 euros, c'est une personne qui gagnait à peu près 4 000 euros, voire un petit peu plus, en net par mois, qui potentiellement a pu épargner, a pu se constituer un patrimoine.
Est-ce qu'à vos yeux, cette personne a besoin que sa retraite augmente de 1 ou 2 % l'année prochaine ?
Écoutez, comme l'a souvent dit Marine Le Pen, nous irons demander des efforts aux retraités. Nous irons désindexer les retraites des uns ou des autres le jour où nous aurons fait toutes les économies nécessaires, possibles avant. Vous voyez ? Il n'y a pas de position dogmatique, mais on n'ira pas demander aux retraités. Tant qu'on n'aura pas fait d'économies sur le train de l'État, on n'aura pas demandé aux... 420 milliards d'euros de dépenses par en France. Mais la désindexation dont vous parlez, c'est 3 ou 4 milliards. C'est 3 ou 4 milliards, je les retrouve en diminuant les dépenses liées à l'immigration.
Je les retrouve en menant une lutte drastique contre la fraude sociale et la fraude fiscale. Je les retrouve en m'attaquant aux millefeuilles administratives et locales. Sauf que ce ne sont pas 3 à 4 milliards dont on a besoin. C'est beaucoup plus que ça. Mais la, votre mesure, c'est 3 ou 4 milliards. Donc, je réponds sur votre mesure. Les mesures que je viens de vous présenter, de vous proposer, et on pourrait les développer, rapporteront plus que les 3 ou 4 milliards dont vous parlez, via la proposition dont vous faites écho.
Vous voyez, pardon, qu'en moyenne, le taux d'épargne des seniors est de 25%, c'est à peu près un quart du revenu. Ce n'est qu'une moyenne, évidemment. Mais que chez les 30-50 ans, c'est autour de 10%. Est-ce que c'est une situation satisfaisante que les retraités épargnent 2 à 3 fois plus que les actifs ?
Mais est-ce que c'est une situation satisfaisante d'être les champions du monde des impôts ? Est-ce que c'est une situation satisfaisante d'avoir l'une des plus fortes dettes en Europe et d'avoir la plus forte progression en Europe ? Est-ce que c'est satisfaisant d'avoir un déficit de 5% alors qu'il est la moitié en Allemagne, la moitié en Italie, la moitié dans la plupart des pays européens ? Ce que je veux dire, c'est que ce qui n'est pas satisfaisant, c'est d'avoir 1 700 milliards de dépenses publiques. Ce qui n'est pas satisfaisant, c'est d'avoir du gaspillage de tous les côtés.
Ce qui n'est pas satisfaisant, c'est de considérer qu'il est prioritaire de continuer à financer une immigration massive et désorganisée.
Vous n'entendez pas qu'il y a un débat, y compris un peu générationnel, qui monte entre des actifs qui ont l'impression, et vous le disiez d'ailleurs, qui ont parfois l'impression, à juste titre ou pas, de payer beaucoup, de payer beaucoup de cotisations, de payer beaucoup d'impôts, et des retraités qui finalement ont un niveau de vie, pas tous, mais en tout cas certains,
qui peut être confortable ? La mission d'un politique, ce n'est pas de monter les Français les uns contre les autres. Donc, lorsqu'on aura fait les économies sur le train de vie de l'État, les économies sur le feuille administratif et territorial, les économies sur l'immigration, les économies sur la fraude fiscale et sociale, alors, on se reposera la question, mais je vous rassure, avec ce que je viens de vous dire, vous avez plus de 60 milliards déjà d'économies, et dès les premières années, ça montra en puissance, ces pistes d'économie, ce sont celles voulues par les Français.
C'est dans un sondage élable qui date d'il y a un an, c'était en septembre 2015, lors du dernier budget, sondage élable, les Français mettaient en avant ces six pistes d'économie.
Votre réflexion, elle vaut aussi sur la question des retraites, du mode de financement, du fonctionnement des retraites. Vous allez garder la même réforme dans votre programme, c'est arbitré ?
Moi, je préférais... On dit toujours, les Français doivent travailler davantage. Déjà, encore faut-il leur laisser la liberté, leur laisser le fruit de leur travail, s'ils travaillent davantage, parce qu'aujourd'hui, si on ne travaille pas davantage, c'est parce qu'on est notamment massacrés d'impôts, et parce qu'il y a une croissance à tonnes en France, et il y a une croissance à tonnes en France, une des plus faibles d'Europe, parce qu'on est massacrés d'impôts.
On connaît la situation en France. Est-ce que c'est encore possible de défendre aujourd'hui un retour aux 62 ans, voire 60 ans, pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, en 2026, avec une dette aussi importante ?
Nous sommes pour les 42 annuités, sachant que l'on rentre sur le marché du travail et que l'on commence véritablement à cotiser entre 26 et 27 ans. Vous voyez qu'on est déjà loin des 62 ans, et malheureusement loin des...
Ça veut dire 68 ou 69 ans ?
Mais aujourd'hui, c'est 70 ans. Si on suit cette logique, si on suit la même logique, avec les 43 ou 44 années d'annuité que soutiennent nos adversaires, c'est la retraite à 70 ans. Donc, ce que nous disons, c'est 42 annuités plutôt que 43...
Il y a le taux plein à 67 ans. Plutôt que 43 au quart. Il y a le taux plein à 67 ans, Franck Alizio. Donc, en fait... Déjà, c'est 67 ans, du coup. Oui, c'est 67 ans. Mais vous, ce que vous dites, 26, 27 ans, ça fait 68 ou 69 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tard.
On garde les mêmes règles, justement. On essaie de faire en sorte d'aller chercher l'argent ailleurs que sur une énième réforme des retraites. On essaie, encore une fois. Et on essaie de faire en sorte aussi que plutôt que de travailler plus longtemps, on commence à travailler plus tôt. Il n'est pas normal. Aujourd'hui, moi... Dans le journal du dimanche,
Éric Ciotti, votre allié, pardonnez-moi.
Les 2-3 années de cotisation, je préfère qu'on les prenne entre 23 et 24 ans, l'âge auquel on rentre dans le marché du travail en Allemagne, et en France, c'est 26, 27 ans, plutôt que de les prendre à 67, 68 ou 69 ans. Voilà, tout simplement. Je pense qu'il vaut mieux plus cotiser au début qu'à la fin parce qu'on est plus en forme, parce qu'on a plus envie, parce que c'est la logique de la vie.
On a compris votre raisonnement. Mais quand vous entendez dans le journal du dimanche, le maire de Nice, Éric Ciotti, votre allié, qui espère une évolution de votre part, notamment sur le report de l'âge légal de départ et sur la question de la capitalisation, vous lui répondez quoi à Éric Ciotti ?
Notre famille politique, au sens large, incluant Éric Ciotti et tous ceux qui nous rejoindront encore, ce n'est pas une caserne. Je veux dire, il n'y a pas, chacun a son opinion, a sa sensibilité, à ses différences mineures. Il dit dans cette interview,
C'est pas tout à fait mineur comme différence.
Il dit dans cette interview d'ailleurs que sur l'essentiel, évidemment, il est parfaitement raccord avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, qu'il soutiendra Marine Le Pen de toutes ses forces, que pour autant, il a une différence de sensibilité sur la retraite et qui continuera à la défendre auprès de la candidate. Et la candidate décidera dans son projet ce qu'elle présentera aux Français. Mais c'est tout à fait normal, c'est comme ça dans toutes les familles politiques. Il faut l'écouter,
Eric Ciotti ?
Parce qu'il le demande, comme le dit... Je pense qu'il faut écouter Marine Le Pen. Il faut écouter la candidate à la présidentielle. En revanche, Eric Ciotti a tout à fait le droit et raison de faire entendre sa voix, ses convictions depuis le début. Depuis le début, lorsqu'il nous a rejoints, lorsqu'on nous a fait alliance, il y avait déjà cette différence. Cette différence subsiste. Eh bien, Marine Le Pen, Jordan Bardella, Eric Ciotti continue à échanger et à dialoguer ensemble. Et Jordan Bardella, contrairement à Marine Le Pen,
avait laissé la porte ouverte à un infléchissement sur la question des retraites.
Marine Le Pen et Jordan Bardella ont toujours été, comment dire, d'accord sur l'essentiel là-dessus. Vous verrez dans le projet présidentiel qu'il sera soutenu par les trois personnes dont je viens de parler et par tous ceux qui nous soutiennent.
On peut gouverner ensemble si on a un désaccord ou en tout cas, comme vous le disiez, des nuances sur un sujet aussi important ?
Oui, parce que les nuances dont vous parlez portent au final sur quelques milliards. Ce n'est pas sur l'entièreté de la réforme. Non, non, non.
C'est ça le système de retraite.
Oui, merci. Et la réforme dont vous parliez au début, c'est 3-4 milliards. Et demain, si on reporte l'âge de la retraite qui n'aura effet d'ailleurs que dans 10 ans au final, puisque par définition, vous ne dites pas à quelqu'un qui doit prendre sa retraite dans quelques mois, tout compte fait, tu continues à travailler 3 ans. Donc, vous voyez bien que toutes ces propositions n'ont effet que sur une dizaine d'années et mesurent sur quelques milliards. Laissez-nous déjà économiser des dizaines de milliards là où ils sont et ensuite, on reparlera des retraites. Et puis, on commencera à travailler plus tôt, ce qui permettra de financer notre système de retraite. Merci beaucoup,
Franck Alizio,
d'être venu ce matin
sur France Info. Vous êtes député Rassemblement National des Bouches du Rhône.
Merci Camille Vigogne-le-Quatre.
Restez avec nous. Merci.