Jordan Bardella : "Vincent Lambert ne subit pas un acharnement thérapeutique"
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La suite de notre série de grands entretiens spéciaux, tous les jours jusqu'à jeudi, une tête de liste aux Européennes est au micro de France Inter. Avec Alexandra Bensaïd et Yael Ghose, nous recevons aujourd'hui celui qui conduit la liste du Rassemblement National pour ces élections. Jordan Bardella, bonjour. Bonjour. Merci d'être à notre micro ce matin. Hier soir en Autriche, c'est l'ensemble des ministres du FPE qui ont démissionné. Et c'est la débâcle, après la vidéo montrant le chef du parti et vice-chancelier autrichien prêt à brader un faux oligarque russe, une partie de la souveraineté de son pays, contre de l'argent.
Par ailleurs, Steve Bannon, invité vedette du congrès fondateur du RN en mars 2018 à Lille, était en tournée médiatique en France. Lui veut planter un pieu au cœur du vampire européen. Dans le vaste mouvement de recomposition politique en cours dans l'Union Européenne, avec de tels amis et de tels alliés, on ne comprend plus Jordan Bardella. Voulez-vous réformer ou démembrer l'Union ?
C'est un peu les gentils contre les méchants, là, votre vision assez binaire des relations internationales. Non, écoutez, ces élections européennes, elles sont évidemment majeures. Il y a un enjeu national et Emmanuel Macron s'y implique, donc on en reparlera. Mais en fait, il y a deux visions de la construction européenne qui s'affrontent. C'est-à-dire que soit aujourd'hui, on continue d'aller à marche forcée vers le fédéralisme, on continue de transférer des leviers de pouvoir et des leviers de souveraineté toujours plus importants vers la Commission européenne.
Soit on décide d'entendre les peuples, qui sont aujourd'hui une majorité, à souhaiter cette grande coopération entre États, cette grande coopération entre les nations, partant du constat que les disparités, notamment économiques, sociales, entre les pays sont beaucoup trop importantes. Moi, je fais ce second choix. Et moi, je crois dans un monde multipolaire, où nous avons des relations équilibrées, avec l'ensemble des grandes puissances qui réussissent dans la mondialisation, à commencer par les États-Unis et à commencer par la Russie.
Mais la France a ses relations, c'est bien ça ? Ou c'est l'Union européenne comme puissance ?
Mais la réalité, c'est que l'Europe a inventé les nations. Or, aujourd'hui, cette Union européenne, elle se construit sans les nations. Elle est la négation même des nations. Moi, je considère qu'entre certains pays de l'Union européenne, il n'y a parfois pas les mêmes intérêts. Nous n'avons parfois pas les mêmes intérêts que l'Allemagne, par exemple. Et donc, il est essentiel que nous ayons une sorte d'Europe à la carte, avec des projets entre États. Et c'est ce qui a fait Ariane, c'est ce qui a fait Arbus, c'est ce qui a marché par le passé. Mais, encore une fois, il ne faut pas s'interdire de parler aux autres puissances.
Mais vous voyez bien, Jordan Bardella, que vous êtes à une poignée de mains de gens qui ont d'autres visées, qui sont proches de la Russie. C'est ce qu'on voit dans l'affaire autrichienne, ou en tout cas, qui s'imaginent prêts à troquer une partie de leur souveraineté contre de l'argent russe. Vous avez Steve Bannon, qui est également l'un des proches de votre mouvement, qui veut affaiblir... Qui a été le directeur de campagne de Donald Trump. Bien sûr, de Donald Trump, et qui veut affaiblir l'Union européenne. Il n'en fait pas mystère. Donc, comment vous positionnez par rapport à ça ? Mais il veut l'affaiblir. Il veut l'affaiblir. Ça, c'est votre point de vue.
Mais il le dit très clairement. L'Union est un vampire, un pied dans le cœur. Si vous voulez, effectivement, qu'on continue... Ça ne veut pas dire la renforcer. Aujourd'hui, l'Union européenne, c'est l'impuissance collective. Vous me parlez de l'autriche. En l'occurrence, on parle de l'un des membres du FPO au pouvoir, qui a fait 25% lors des élections législatives, qui a commis une lourde erreur pour laquelle il en a tiré les conclusions, puisqu'il s'est retiré de la présidence du FPO, et qu'il a démissionné de son poste de vice-chancelier.
Maintenant, ça n'enlève rien au fait que les Autrichiens ont voté à 25% pour le FPO, parce que l'Autriche fait face à de graves difficultés, notamment sur la question migratoire, et c'est la raison pour laquelle le FPO a été porté au pouvoir aux côtés du chancelier Sébastien Courts. Les États-Unis de Trump, on nous avait annoncé le chaos lors de l'élection de Donald Trump.
Moi, ce que je constate, c'est que l'économie américaine ne s'est jamais aussi bien portée, qu'on crée tellement d'emplois aux États-Unis qu'on n'a même plus de main d'œuvre pour les occuper, à tel point que les mesures protectionnistes qui ont été prises par Donald Trump avantagent même les pays voisins, puisque vous avez vu que Trump souhaite que 45% des importations mexicaines se fassent à condition que les salaires mexicains soient augmentés de 1 à 4 euros.
Donc, en réalité, toutes les grandes puissances aujourd'hui qui marchent dans la mondialisation sont en train de tourner le dos au libre-échange total, au libre-échange dérégulé, à cette ouverture sans limite des frontières, qui est finalement un vieux dogme, un dogme des années 90. Aujourd'hui, toutes les grandes puissances économiques font du patriotisme économique, font du protectionnisme, et défendent leurs intérêts et leurs marchés publics, mais ce qui ne les empêche pas de coopérer avec les autres nations, mais il faut être capable de défendre ses intérêts.
Gaël Gauze. C'est l'un des mots préférés au Rassemblement National, le mot patriote, patriotiste contre mondialiste. Qu'est-ce qu'un patriote, Jordan Bardella ?
Le patriotisme... Le patriote, c'est quoi ? Le patriote, c'est celui qui aime son pays, c'est celui qui aime la terre de ses pères, la terre qui a été léguée par ses ancêtres, et en l'occurrence, un patriote, c'est quelqu'un qui défend les intérêts de son pays. Quand nous, nous défendons le patriotisme économique, c'est-à-dire la priorité pour nos producteurs, nos éleveurs, nos entrepreneurs de là, être patriote en matière économique.
Est-ce que votre colistier Jérôme Rivière, numéro 19 sur la liste, ou votre collègue député Louis Alliot, sont des patriotes quand il négocie au Bristol avec Steve Bannon qui lui-même est un ancien qui négocie de Trump ? Qui négocie quoi ? Qui parle, qui parle de la campagne, qui cherche...
D'accord, donc parler de la campagne électorale...
Conseiller pour lever des fonds, conseiller sur les réseaux sociaux, conseiller en communication politique... Mais en fait,
vous avez une vision extrêmement rabougrie de notre pays. En fait, vous voulez voir notre pays comme isolé sur la scène internationale. Moi, j'ai envie d'un pays qui parle avec les autres puissances. Alors, si vous voulez vous interdire de parler avec les Etats-Unis de Trump, si vous voulez vous interdire de parler avec les autres nations européennes ou avec la Russie de Poutine, c'est votre droit. Moi, je défend un monde
est-ce que le numéro 2 du gouvernement autrichien est un patriote ? Est-ce que l'ex-numéro 2 du gouvernement autrichien, Strard, est un patriote ?
Je viens de vous répondre, il a commis une lourde faute pour laquelle il a été sanctionné. Maintenant, n'ayez pas cette vision rabougrie de la France. On nous a expliqué pendant des années que nous étions isolés, que nous étions tous seuls, que nous voulions remettre des barbelés. Je constate effectivement que c'est aujourd'hui une contradiction puisque nous avons effectivement des discussions avec l'ensemble des pays du monde avec lesquels nous aurons vocation à travailler demain. Mais pardon, mais quand M. Obama a appelé à voter dans une vidéo pour M. Macron ce dont on l'a présentiel, on n'a pas entendu parler d'ingérence. Quand M.
Benalla négocie des contrats russes à l'Elysée dans la pièce d'à côté du bureau du président de la République, on ne nous a pas parlé d'ingérence. Quand le parti de Mme Loiseau et de M. Macron au Parlement européen, la LDE, est financé par Google, par Microsoft, par Bayard Monsanto, par Uber, on n'entend pas parler d'ingérence. Donc je note que l'ingérence c'est un peu à double mesure dans la classe politique et médiatique.
Alors à propos de financement Jordan Bardella, aujourd'hui c'est interdit mais en 2014 le Rassemblement National il a contracté un prêt plus de 9 millions d'euros auprès d'une banque russe. Est-ce que vous l'avez d'une banque russe donc est-ce que vous l'avez remboursé intégralement ce prêt ?
Non à ma connaissance il n'a pas été remboursé intégralement. Combien ? Combien t'es remboursé ? Je ne sais pas, vous inviterez Valerande Saint-Just le trésorier du mouvement qui vous renseignera sur ces questions. Vous ne connaissez pas les finances de votre parti ? Pardon de ne pas être venu avec le bilan comptable Vous êtes tête de liste et vous ne connaissez pas l'état des finances du parti de l'eau. Je connais l'état des finances de la campagne électorale pour laquelle je suis tête de liste. J'imagine que vous ne connaissez pas non plus vous les finances de France Inter et de l'ensemble du service public audiovisuel. Ce qui est intéressant
c'est que la banque elle a fait faillite et en fait ce qu'on peut se demander aussi c'est aujourd'hui qui détient le prêt par exemple.
Mais madame ça ne vous choque pas que alors que nous étions en 2015 et que nous sommes d'après les sondages le premier parti de France qu'aucune banque française n'ait souhaité prêter au Front National à l'époque. Là si vous n'avez pas
entièrement remboursé c'est peut-être que les conditions sont particulièrement favorables.
Ce qui me choque mais vous avez le droit de ne pas être choqué moi ce qui me choque c'est qu'aujourd'hui les partis d'opposition ne trouvent pas de banque et si nous sommes allés nous fournir effectivement en prêt à l'étranger c'est parce qu'aucune banque française n'a souhaité prêter au Rassemblement National et c'est d'autant vrai que ça a été vrai pour ces élections européennes. On est un mouvement politique M. Bellamy était dans le même cas M. Dupont-Aignan était dans le même cas les autres mouvements politiques étaient dans le même cas à savoir qu'aujourd'hui les banques français ne souhaitent plus prêter au parti politique.
Lorsque Emmanuel Macron a été élu ils ont voté pour une banque de la démocratie à laquelle ils ont renoncé c'est-à-dire une banque qui permettrait de financer la vie politique. Je trouve que c'était une bonne décision qui allait dans le bon sens. Aujourd'hui effectivement être dans l'opposition et trouver un prêt bancaire c'est extrêmement compliqué à l'heure où effectivement l'argent russe n'a pas d'odeur. L'argent russe n'a pas d'odeur. Financer. Mais arrêtez avec vos questions binaires. Non mais vous avez une vision extrêmement renfermée du monde. Pour vous c'est les gentils contre les méchants. Il n'y a pas de problème
à se financer auprès d'une banque russe proche comme l'économie l'est en Russie. M. Demorand De fait du pouvoir. Ce n'est pas une question binaire
c'est une question ouverte. Oui mais ce prêt il a été fait à un taux d'intérêt de 6%. Bon vous admettrez que ce n'est pas un prix d'ami. Maintenant la question que je vous pose c'est n'êtes-vous pas choqué par le fait que le premier parti de France ne trouve pas de banque française pour faire un prêt ? Oui non mais Vous l'avez dit Ensuite vous trouvez pas de banque au sein de l'Union Européenne.
Un tel prêt serait interdit
c'est pour ça que je vous pose la question. Mais aujourd'hui c'est interdit et d'ailleurs ça nous met dans une situation difficile parce qu'il y a un vrai problème aujourd'hui. Effectivement l'argent est devenu le nerf de la guerre en politique et c'est bien dommage mais à partir du moment où vous n'avez aucune banque française qui souhaite prêter de l'argent à un parti d'opposition ben oui ça pose le problème d'autant que nous sommes crédités en tête de ces élections européennes que nous avons remporté plusieurs élections par le passé et que nous sommes bien au-delà des 5% nécessaires pour le remboursement par l'Etat.
Revenons à l'Autriche Marine Le Pen a parlé d'une faute lourde de la part du chef du FPE Quelle est cette faute ? Comment vous la qualifiez ?
Il a manifestement été assez loin dans cette vidéo qui était un montage Est-ce que ça vous dit ? Non mais qui était un montage parce que la faute est lourde elle a été reconnue il a été évidemment il en a tiré toutes les conséquences en se retirant maintenant est-ce qu'on ne peut pas s'étonner qu'une vidéo qui a deux ans qui a été visiblement mise dans le frigidaire sorte à une semaine des élections européennes ?
Mais avançons parce qu'on a découvert quand même aussi quelles étaient ses intentions secrètes à travers cette vidéo montée dont vous parlez est-ce que ça veut dire que le RN rompt ses relations avec cet allié c'est votre allié le FPE autrichien est-ce que vous rompez les relations avec lui ?
Mais on ne va pas rompre enfin si vous voulez il s'agit d'une erreur d'une personne le FPE autrichien représente 25% le FPE détient dans le gouvernement de Sébastien de Cource qui a été élu en 2017 plusieurs ministères bon maintenant moi je ne cherche pas des clones nous cherchons des alliés et effectivement nous avons beaucoup d'alliés sur la scène internationale des alliés qui gouvernent ça a été vrai en Autriche c'est vrai en Estonie c'est vrai en Italie où j'étais le week-end dernier où nos alliés de la ligue gouvernent et je peux vous dire que Matteo Salvini en Italie il a réussi à redonner confiance au peuple italien à en croire sa cote de popularité et l'État reste un allié à 17% il est aujourd'hui 35% il s'expliquera d'ailleurs on aura une réunion évidemment de bureaux avec nos alliés au sein du groupe après les élections européennes mais encore une fois il a commis une lourde faute et il en a tiré les conclusions en se retirant à la fois du ministère et de la présidence du parti dans ces conditions
est-ce que vous allez réussir à créer ce grand groupe international souverainiste unique sur lequel vous faites campagne donc il y a quand même cette éclaboussure autrichienne on peut dire ça comme ça et puis il y a aussi quand même des tensions avec je pense aux polonais je pense aux suédois aux finlandais qui ne voient pas quand même votre proximité avec la Russie d'un très bon oeil
non je ne le crois pas encore une fois vous ne croyez pas
pardon
vous y arriverez ? je trouve que c'est une vision assez caricaturale bien sûr nous y arriverons et d'ailleurs nous sommes les seuls aujourd'hui à avoir un groupe aussi large les pronostics de vos confrères nous disent que nous pourrions passer du 8ème au 3ème groupe au sein de ce parlement européen même monsieur Juncker craint la poussée des partis souverainistes et l'influence qu'ils auront et que nous aurons demain au sein de ce parlement européen
avec combien d'euros députés ?
mais nous verrons encore une fois ne parlons pas parce que vous parlez de statistiques oui mais ne parlons pas avant les urnes dimanches mais la réalité c'est que nous avons des alliés partout et que l'Europe des nations du bon sens des souverainetés des protections que nous défendons elle est en train de se mettre en oeuvre aujourd'hui Emmanuel Macron est isolé sur la scène européenne
mais sans les polonais sans les hongrois on est d'accord pour l'instant
mais nous verrons monsieur Orban n'a pas envie de se rapprocher de Marine Le Pen nous verrons après les élections européennes mais vous savez au delà du groupe que nous allons constituer ce qui compte c'est la politique qui va être infléchie au sein de ce parlement européen et c'est vrai que plus les souverainistes seront nombreux plus ces parties du bon sens seront nombreux dimanche assiégées au parlement européen plus nous arriverons en masse et nous pourrons effectivement rejeter les traités de libre-échange ou la relocalisation des quotas de migrants que aujourd'hui on parle de parlement
Jordan Bardella si vous le voulez bien dans votre programme quand on lit on ne trouve aucun des mots suivants biodiversité gaz à effet de serre glyphosate OGM pesticides réchauffement climatique agriculture bio énergie renouvelable et en 2016 le 4 octobre 2016 Marine Le Pen s'est abstenue lors du vote de ratification de l'accord de Paris sur le climat pourquoi ?
bon déjà vous auriez dû dire le manifeste pas uniquement on a fait un programme effectivement assez succinct également un manifeste qui détaille la vision qu'on a pour l'Europe sur l'écologie nous pourquoi l'accord sur le climat pourquoi l'abstention de votre chef de parti on défend le localisme on considère aujourd'hui que ce modèle économique qui est basé sur le doc de la libre concurrence et du libre-échange total qui consiste à les faire produire très loin à rapatrier en Europe pour ensuite aller retraiter en Afrique que ce modèle est destructeur de la planète on en a déjà beaucoup parlé à l'antenne de ça la question c'est pourquoi votre chef de parti s'est abstenu sur l'accord sur le climat je ne sais pas de quoi vous me parlez vous tirez un vote comme ça je ne sais pas de quoi vous me parlez vous faites comme madame Loiseau alors elle était eurodéputée
et là elle n'a pas voté la ratification de l'accord de Paris
d'accord
c'était le 4 octobre 2016
très bien très très bien bravo
vous le savez
bravo non mais écoutez je ne sais pas et je pense que ça n'intéresse personne vous ne savez pas
ce qu'a voté votre ou pas votre chef de parti mais vous savez combien de textes nous votons c'est un accord majeur un accord mondial
vous savez combien de textes on vote en une mandature je l'ignore bon voilà des centaines et des centaines donc en l'occurrence je ne sais pas de quel texte vous me parlez
l'accord de Paris
je défends en matière écologique le localisme voilà parce que je considère aujourd'hui que ce modèle qui consiste à les produire très loin rapatriés en Europe retraités en Afrique est le pire ennemi de la planète donc nous on considère qu'il faut aujourd'hui pouvoir produire raisonnablement tout ce qu'on peut produire chez nous qu'on doit aujourd'hui produire, consommer, retraiter sur place en faisant le patriotisme économique en faisant que par exemple dans les cantines de nos collèges de nos écoles de nos lycées on aille d'abord se fournir chez nos agriculteurs locaux chez nos éleveurs avant d'aller importer des produits alimentaires qui viennent du bout du monde parce qu'en réalité c'est ça le problème pour la planète ce modèle du libre-échange total c'est le pire ennemi de la planète et nous nous y sommes opposés donc il faut évidemment lutter et développer les circuits courts
donc ça ça s'appelle les circuits courts au delà de ces circuits courts que faites-vous pour l'écologie que faites-vous que proposez-vous pour l'environnement pour éviter le réchauffement du climat vous êtes succinct quand même vous dites on a eu un programme avec de l'écologie mais honnêtement à part le localisme qu'est-ce qu'il y a dans votre programme ?
pardon mais le localisme c'est la refonte globale de notre modèle économique parce que moi je veux bien qu'on fasse payer si vous voulez l'écologie
ma question porte sur l'écologie
oui mais aujourd'hui le problème de l'écologie c'est aussi l'économie et à partir du moment où vous avez 60 000 super tankers qui traversent toute la planète pour aller approvisionner chercher des marchandises de très loin c'est cela qui crée la pollution or aujourd'hui un cargo de fret maritime pollue autant que l'intégralité du parc automobile français donc si vous voulez on ne peut pas faire d'écologie sans revoir notre modèle économique sans revoir notre modèle de consommation il faut développer les circuits courts et puis en matière de transition énergétique vous le savez nous le disons le nucléaire est peut-être aujourd'hui l'une des énergies les plus propres une énergie décarbonée quasiment décarbonée nous n'avons pas les moyens de nous en passer on a mis beaucoup de moyens dans l'hydrogène je pense qu'il faut aller encore plus loin et investir sur les start-up françaises et sur la filière hydrogène
on file au standard où Benoît nous attend et nous appelle bonjour Benoît oui bonjour bienvenue on vous écoute
merci beaucoup de me passer l'antenne je voulais poser la question à Jordan Bardella de son positionnement par rapport aux OGM très très précisément qui nous explique parce que j'ai entendu dire que le pari qu'avait fait Bayer c'était pour le rachat de Monsanto c'était que l'Europe passait basculer à droite et qu'il pouvait imposer assez rapidement massivement la culture des OGM avec le bras armé et qui va avec c'est le glyphosate
merci Benoît pour cette question Jordan Bardella vous répond
bonjour monsieur on doit pouvoir évidemment s'en passer mais je pense qu'il ne faut pas être idéologue il faut être pragmatique il faut que nos agriculteurs aient quand même des moyens de substitution sur le glyphosate nous on est favorable à ce qu'on en sorte mais il faut aussi être cohérent c'est à dire qu'il faut avoir un produit de substitution pour les agriculteurs qui bien souvent en dépendent et moi j'en ai rencontré dans le cadre de la campagne et surtout être cohérent en interdisant l'importation de produits qui sont fabriqués à base de glyphosate parce qu'aujourd'hui le véritable problème c'est que vous interdisez une substance pour nos agriculteurs et des substances OGM pour nos agriculteurs et qu'en réalité avec ces traités de libre-échange qui sont négociés avec le monde entier et bien ces produits se retrouvent quand même dans nos assiettes et dans nos marchés par l'importation dans le CETA par exemple qu'on a négocié avec le Canada vous avez aujourd'hui 40 substances chimiques interdites qui ont été découvertes sur le sol européen et qui viennent directement du Canada par ces traités de libre-échange
Alexandra, Yael ?
Vous voulez donc rétablir en quelque sorte les frontières sur le commerce vous dites pas de libre-échange les personnes vous voulez de la souveraineté budgétaire Jordan Bardella ce que vous êtes en train de proposer aux français c'est la France d'avant l'Europe
Non c'est la France d'après cette Union Européenne c'est la France qui ferait ce que font 95% des pays du monde à savoir défendre leurs intérêts d'abord faire du protectionnisme économique quand c'est nécessaire et protéger leurs filières moi j'ai rencontré beaucoup d'agriculteurs dans le cadre de cette campagne qui aujourd'hui font face à des difficultés terribles parce qu'ils sont mis en concurrence avec des produits qui ne respectent pas les mêmes normes que les normes françaises les normes européennes parce qu'ils sont mis en concurrence avec des producteurs dont les productions valent 30 à 40% moins dans le cadre des producteurs bovins avec le CETA et tout cela crée une concurrence déloyale donc moi je vois pas si vous voulez pour moi la frontière c'est pas un mur c'est pas un barbelé c'est un filtre c'est une écluse qui doit permettre effectivement de corriger une concurrence déloyale on peut avoir ensuite des accords économiques avec des pays qui ont le même niveau que le nôtre on a l'Union Européenne à négocier le GEPTA avec le Japon je viens dans des filières où on a à peu près le même niveau économique ça pose pas de problème de concurrence déloyale le problème c'est quand vous êtes mis en concurrence avec des produits et des pays qui ne respectent pas ni les normes ni les coûts de production françaises et européennes il y a El Gauze puis Ilias au standard
interview d'Emmanuel Macron dans la presse quotidienne régionale ce matin il dit que vous avez voté contre tout ce qui est dans l'intérêt de la France évidemment vous n'êtes pas des vrais sortants puisque vous étiez une force minoritaire au Parlement européen mais vos votes sont instructifs quota de CO2 imposé aux entreprises vous avez voté non rapport sur la pêche électrique même chose plus de garde frontière vous avez dit non instauré le fichier PNR pour lutter contre les risques d'attentats terroristes non plus ça pose question quand même
non ça pose pas question c'est que ces textes si vous voulez renforcent les pouvoirs de la commission européenne et un certain nombre de secteurs ils peuvent aussi protéger les français mais oui mais ça ne protège pas on nous reproche souvent d'avoir voté contre le renforcement de Frontex mais aujourd'hui Frontex qui est quand même censé charger lutter contre l'immigration clandestine est une hôtesse d'accueil pour migrants Frontex aujourd'hui finance des campements de migrants à Lesbos en Grèce et quand j'entends si vous voulez les propos hier soir les propos de monsieur Avramopoulos qui est le commissaire européen en migration qui nous explique que l'immigration est un impératif moral et que l'Europe va devoir accueillir 6 millions de migrants supplémentaires dans les prochaines années pardon de ne pas avoir envie de confier les clés de chez moi et les clés de ma maison à ces gens là donc je crois qu'on a toujours été extrêmement cohérent maintenant Emmanuel Macron aujourd'hui il se comporte comme un chef de clan il se comporte comme le directeur de campagne de Madame Loiseau alors que la constitution et le rôle de président de la république qui est le sien devrait l'appeler à un peu plus de recul et de retenue vis-à-vis de ces élections européennes il nous attend depuis
un quart d'heure au standard Elias bonjour vous avez la parole
bonjour monsieur de Morand bonjour messieurs bonjour madame bonjour alors la question que j'avais à poser à monsieur Bardella c'est pourquoi pourquoi monsieur Bardella parle-t-il de subversion migratoire dans ses discours dans ses tweets dans la mesure où le nombre de migrants a beaucoup baissé depuis 2015 et que le nombre d'arrivés en France il n'y a pas eu des millions de migrants accueillis contrairement en Allemagne voilà donc pourquoi parle-t-il de subversion migratoire qui ne semble pas avoir lieu
merci Elias pour cette question Jordan Bardella
parce que la réalité la réalité est là et que nous avons nous accueillons en France chaque année en fait on a passé tous les records d'immigration cette année les 262 000 titres de séjour qui sont accordés les 50 000 mineurs isolés un rapport parlementaire nous expliquait que dans mon département de la Seine-Saint-Denis où je suis élu où j'ai grandi vous auriez 20 à 25% de la population qui sera présente de manière clandestine c'est à dire près de 400 000 personnes en réalité on nous explique que le flux de migrants s'est arrimé moi ce que je regarde ce sont les chiffres des demandes d'asile et les chiffres des demandes d'asile augmentent d'année en année ils étaient de 100 000 l'an dernier en 2017 ils ont été de 122 000 en 2018 or une grande partie de ces personnes qui viennent sont déboutées du droit d'asile et ne sont pas reconduites à la frontière la Cour des comptes nous le disait vous avez 95% des déboutés du droit d'asile qui ne sont pas reconduits à la frontière et qui demeurent donc à la charge de la collectivité et moi effectivement dans un pays qui compte 9 millions de pauvres et 6 millions de chômeurs ben oui je considère qu'on ne peut pas accueillir une immigration supplémentaire et qu'il faut réserver les moyens de l'Etat à nos compatriotes
Quelques questions plus rapides d'actualité Yael Gauze Côtéat hier soir dans l'affaire Vincent Lambert vous avez sans doute suivi ça la Cour d'appel de Paris ordonne la reprise des traitements sa mère salue une très grande victoire ses avocats ont même fêté la décision hier soir vous Jordan Bardella c'est ce que vous espériez aussi ?
Je pense c'est une conviction personnelle que cette décision va dans le bon sens c'est un dossier qui est évidemment complexe la question qu'on peut effectivement se poser c'est dans quelle mesure est-ce qu'aujourd'hui une décision de justice un juge peut décider si un homme doit vivre ou ne pas vivre Vincent Lambert contrairement à ce qui peut être dit parfois ne fait pas office ne subit pas un acharnement thérapeutique il est hydraté il est soigné il y a des établissements spécifiques qui se sont proposés de l'accueillir et effectivement une décision qui viserait à couper les soins m'apparaît choquante et brutale là vous rejoignez les positions
d'un François-Xavier Bellamy sur ce sujet la vie à tout prix même si l'artificiel mais je pense que
c'est pas un sujet qui doit opposer c'est un sujet qui est éminemment complexe et je comprends évidemment moi la douleur la douleur des familles mais je vous dis par principe je suis attaché à la vie à la dignité humaine
Leïla est au standard Leïla depuis Millau bonjour vous êtes gilet jaune dites-vous
oui tout à fait je suis gilet jaune humaniste je voulais savoir comment monsieur Bardella pensait que nous convaincre de voter pour le Rassemblement National alors qu'il a plutôt des positions proches de la LERM ou des enfin en tout cas de la droite pour la non redistribution des richesses produites par par les travailleurs pourquoi pas de redistribution pourquoi pas de hausse du SMIC vous pensez voilà hausse du SMIC
c'est ce que j'imaginais merci Leïla pour cette question Jordan Bardella vous répond sur la hausse du SMIC
nous on avait trouvé une autre solution parce qu'en fait si vous augmentez le SMIC ce sont les chefs d'entreprise et notamment les chefs de TPE PME qui vont la payer donc nous on avait proposé une augmentation de l'ensemble des bas salaires inférieurs à 1500 euros par la prise en charge des cotisations sociales salariales ce qui permettait d'aller beaucoup plus loin que l'augmentation du SMIC
la prise en charge par qui ?
par les cotisations sociales
vous voulez faire par les cotisations sociales
en charge par qui ? par l'Etat
donc par l'impôt des contribuables
oui mais enfin ce qui suppose de faire des économies ailleurs et c'est vrai que beaucoup des revendications qui étaient celles des gilets jaunes trouvent un écho au sein de notre programme parce que nous on défend depuis des années le référendum d'initiative citoyenne on s'est toujours opposé aux 80 km heure à l'augmentation des taxes sur l'essence qui aujourd'hui reviennent parce que le plein d'essence n'a jamais été aussi élevé que depuis le mois d'octobre donc c'est une élection proportionnelle à un tour dimanche en réalité nous sommes la seule liste aujourd'hui qui est capable d'arriver devant celle d'Emmanuel Macron Emmanuel Macron le dit lui-même si le Rassemblement National arrive devant lui dimanche alors il ne pourra pas poursuivre sa politique comme il l'a conduit depuis maintenant deux ans et demi donc moi je dis aux français face aux humiliations et aux mépris qu'a exprimé le chef de l'état à votre égard allez voter dimanche pour la seule liste qui est capable d'arriver en tête et ne lui donnez pas les pleins pouvoirs voilà
envoyez lui un signal fort et réponse courte question de bon sens pourquoi vous voulez siéger dans une institution dont vous souhaitez au fond la disparition interne ?
Ah mais parce que je souhaite en prendre le contrôle avec l'ensemble de nos alliés me mettre autour de la table avec eux et rendre le pouvoir aux français voilà renégocier l'ensemble de ces traités ce que nous ne pouvons pas faire avant parce que nous n'avions pas d'alliés or aujourd'hui cela est possible et nous voulons que chaque pays puisse décider ce qui est bon pour lui son budget faire du patriotisme économique et décider de sa politique migratoire
On en reste là Jordan Bardella tête de liste Rassemblement National merci d'avoir été au micro de France Inter ce matin et bonne fin de campagne Merci
Jordan Bardella