Catherine Conconne pointe du doigt les failles du budget Outre-mer à la tribune du Sénat.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Catherine ConconneChiffre
« le logement moins 20 millions d'euros en autorisations d'engagement et moins 3 millions d'euros en crédits de paiement ce qui représente un volume de logements mis en chantier pour réhabilitation d'à peine 200 en lieu et place des quelques 900 de 2017 »
- 2:00Catherine ConconneFait
« les crédits en baisse sur les lignes sport, jeunesse, sanitaire, social, culture... »
- 3:00Catherine ConconneChiffre
« moins 8 millions d'euros en autorisations d'engagement et moins 7 millions d'euros en crédits de paiement, je veux parler de LADOM »
- 4:00Catherine ConconneChiffre
« Sur un cachet de 100 euros, la dépense réelle pour l'employeur est finalement de 187 euros »
- 5:00Catherine ConconneFait
« les assises de l'Outre-mer, les assises de l'Outre-mer! »
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Merci madame Assassi, la parole est maintenant à madame catherine conconne pour le groupe socialiste et républicain 1 minute merci madame la présidente madame la ministre chers collègues sachez madame la Ministre, chère Annick Girardin que j'ai beaucoup pensé à vous en étudiant les crédits de votre mission comme vous avez du être déçue, Madame la Ministre, de tout le mal qu'on vous a fait en vous autorisant un tel budget comme vous avez du être déçue vous la femme à la détermination palpable au courage affiché que j'apprécie . Ce courage et cette détermination de la femme des îles habituée comme tous les habitants de ladite Outre-mer à la résistance et à l'audace salvatrice. Comme nous, madame la Ministre, vous avez du être déçue de voir autant de chapitres regroupés sous l'appellation conditions de vie outre mer ramenés à la baisse dans des proportions extraordinaires. sacré signal donné ! message on ne peut plus clair ! conditions de vie outre-mer ! oui madame la ministre vous baissez les lignes les plus significatives dédiées aux conditions de vie outre mer.
J'en veux pour preuve : le logement moins 20 millions d'euros en autorisations d'engagement et moins 3 millions d'euros en crédits de paiement ce qui représente un volume de logements mis en chantier pour réhabilitation d'à peine 200 en lieu et place des quelques 900 de 2017. Quand on connaît la nature des difficultés dans ce domaine, difficultés liées à l'histoire si jeune et si tourmentée de nos territoires, comment rentrer de cette séance auprès de nos compatriotes avec une telle annonce : "madame, monsieur, pas cette année pour votre logement dont le toit fuit, pas cette année pour votre logement dont l'électricité est affreusement hors normes". Comment expliquer aux nombreuses entreprises de deux, trois, quatre ou cinq salariés, totalement dépendantes des signaux dans ce domaine, que cette année les carnets de commandes resteront définitivement maigres voire inertes.
Je vous laisse imaginer les dégâts collatéraux et les charrettes de chômeurs en prévision dans des économies qui affichent déjà des chiffres qui dépassent partout les 20%. Comment comprendre aussi que les crédits en baisse sur les lignes sport, jeunesse, sanitaire, social, culture...
Le sport dans lequel mon collègue membre de mon groupe Patrick Kanner s'était personnellement investi en mouillant le maillot dans nos territoires pour annoncer des investissements importants liés à la réhabilitation des infrastructures sportives dans des pays fournisseurs de champion pour la France : l'emblématique Teddy Rinner, Jean-Marc Mormeck, Dimitri Payet, Laura Flessel, aujourd'hui ministre de la République, Raphaël Varanne, Karembeu..; et j'arrête là la liste.
Où est passé le financement de ces infrastructures ? Les crédits baissent aussi dans le cadre de dispositifs incontournables liés à la formation professionnelle : moins 8 millions d'euros en autorisations d'engagement et moins 7 millions d'euros en crédits de paiement, je veux parler de LADOM. Vous connaissez la difficulté, compte tenu de l'étroitesse de nos marchés, à pouvoir mieux assurer la promotion par la formation.
Le président de la République annonce que la formation professionnelle sera le bras armé du Gouvernement pour lutter contre cette pandémie du chômage. C'est grâce à cet organisme que nos populations peuvent donc y accéder, l'équation finale est simple, Madame la Ministre, il y aurait donc les paroles et, hélas, les actes. Car comment accomplir cette volonté sans y mettre les moyens ?!
Le Gouvernement a annoncé vouloir faire du tourisme, du développement touristique dans nos pays, une priorité. Très bonne intention ! Cependant le premier Ministre a même symboliquement ouvert en personne les Assises de l'Outre-mer par l'atelier tourisme le mois dernier, en votre présence, en notre présence.
Il déclarait à cette occasion que les efforts doivent être mis pour améliorer le produit pour le rendre plus performant. Mais comment le faire quand, ne serait-ce que sur la formation professionnelle de niveau supérieur, qui nécessiterait des déplacements, les crédits sont en baisse. Avec quel affichage, qui aurait du être mis dans ce budget, on pourra lutter contre les disparités cruelles entre haute et basse saison ?
Attirer des investisseurs qui avaient quitté certains de nos territoires avec fracas mais aussi avec pertes, augmenter le niveau moyen de dépenses du touriste? Rien ! Je suis moi même convaincue que ce secteur économique peut et doit être un formidable levier et j'ai, à ce titre, déposé un amendement pour exonérer de charges patronales les employeurs du secteur touristique qui acceptent d'embaucher des artistes pour animer valablement leurs structures qui, aujourd'hui, sont aussi froides qu'un matin de décembre parisien.
Edouard Philippe l'a fortement souhaité, je le rappelle. "Améliorez le produit !" nous a-t-il dit avec fougue.
Alors j'espère que sur cette seule petite niche vous accepterez de soutenir mon initiative pour les nombreux artistes de nos terres fécondes dans le domaine culturel et dont trop de leurs acteurs sont aujourd'hui condamnés, faute de contrat, à émarger au RSA. Oui, au RSA ! dans le domaine culturel, sur les terres de Césaire, du Goncourt Chamoiseau, de Damas ou de Maryse Condé.
Permettez leur de travailler, de se remettre à produire, de participer à des festivals désormais morts qui pourraient être recréés. Savez-vous que sur un cachet de 100 euros, la dépense réelle pour l'employeur est finalement de 187 euros ? Comment vivre de son art quand ce formidable employeur que pourrait être le tourisme ne peut, à ce tarif, je cite de nouveau : "améliorer le produit".
Rien n'est prévu d'éloquent dans le domaine du tourisme. Les efforts sollicité dans l'autre assemblée du parlement étaient vains ! Alors, madame la Ministre, je compte sur votre solidarité pour faire au moins ce geste, ce double geste, à double destination.
Cette mesure très attendue ne ruinerait pas, dans ces proportions, la République mais permettrait de lutter contre la précarité à la fois des acteurs mais aussi de la qualité de notre produit. Je conclus. Enfin, je sais madame la Ministre que vous me direz : "les assises de l'Outre-mer, les assises de l'Outre-mer!" Mais j'ai encore des doutes à coire qu'il ne s'agit pas là de petits cachets de doliprane, un autre, un énième, face aux douleurs qui nous rongent et qui, il faut l'avouer madame la Ministre, sont loin d'avoir été symboliquement prises en compte dans cette édition 2018 du budget de votre mission.
Pour conclure, je partagerai donc votre inavouable déception, celle aussi de nos compatriotes, qui ne comprendraient pas l'inacceptable. Et c'est pour cela que nous ne voterons pas ce budget.
Catherine Conconne