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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 31 mai 2023 26 min

RN, réforme des retraites, "gigafactory", Vertbaudet... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Xavier Bertrand

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. Pour avoir qualifié le Rassemblement National d'héritier de Pétain, Elisabeth Gorn s'est fait recadrer par Emmanuel Macron hier lors du Conseil des ministres. Ce n'est pas avec des jugements moraux et avec les mots des années 90 qu'on le combat, a dit le chef de l'État. Est-ce qu'il a raison ?

0:19
Xavier Bertrand

C'est vrai qu'on ne les combat pas de cette façon-là. C'est vrai notamment que dans la région des Hauts-de-France, où on avait pensé à un moment donné que la victoire du Front National en 2021, Marine Le Pen, enfin en 2016 Marine Le Pen et en 2021 M. Chenu, étaient inévitables. On les a même fait reculer par des résultats. En sortant les gens de la misère, en baissant le niveau de la colère, on les a fait reculer. Oui c'est possible, mais il ne faut pas oublier quand même autre chose. C'est qu'il ne faut pas oublier l'histoire du Front National. Ce qu'est son histoire ? Parce que quand on oublie l'histoire du Front National, on banalise également le Front National.

Il a été créé en partie par d'anciens membres de la collaboration. Donc elle a eu raison de rappeler ses racines ou pas ? Et à l'origine, c'est un parti qui très clairement est xénophobe, il est raciste, il est même antisémite. Aujourd'hui encore ou pas ? Mais au fil du temps, qu'est-ce qui s'est passé ? Ils sont aperçus qu'être un parti raciste, xénophobe, ce n'était pas très vendeur. Et on avait du mal à élargir son audience. Et au final, le Front National s'est devenu en quelque sorte des professionnels du marketing. Et aujourd'hui, ils se déguisent. Ils se déguisent en partie de gouvernement.

Mais je fais la différence, voyez bien, entre les dirigeants du Front National et leurs électeurs. Leurs électeurs, c'est des gens qui n'en peuvent plus. Qui ne croient plus en rien, qui pensent qu'on a essayé les uns, les autres. Mais qui aujourd'hui se disent, de toute façon, ne croient plus en rien. Pourquoi pas eux ? Sauf que le Front National n'a jamais apporté la moindre solution au problème des Français. Et n'apportera aucune solution au problème des Français.

1:51
Présentateur

Mais pour être bien clair, vous donnez plutôt raison dans ce débat qui est important. Il n'est pas que sur les mots, il est sur les idées du RN. Vous donnez plutôt raison à Emmanuel Macron. Non, moi je donne raison.

2:01
Xavier Bertrand

Combattons le RN sur son programme. Pardonnez-moi, je ne vais pas donner raison au président de la République. Qui, aujourd'hui, va taper notamment sur la France insoumise. « Je combats l'extrême-gauche », mais qui oublie de dénoncer ce que ne propose pas ce qu'est le Front National. Et qui, surtout, a une action pour les Français et pour la France qui ne permet pas de faire reculer les difficultés des Français. C'est ça. Donc, je ne sais pas, moi, être l'arbitre des élégances entre l'un et l'autre. En plus, il y a l'histoire personnelle également de Mme Borne qui doit être prise en compte dans ce qu'elle a dit. Tout à fait. Puis, de la nation, si je ne me trompe pas.

Donc, derrière, ce qu'il faut bien voir, c'est que la montée du Front National, n'est dans rien quelque chose d'inéluctable et d'irréversible. Et vous dites que c'est un parti toujours raciste, anti-sénique, xénophobe ? Il y a des dirigeants, oui, qui le sont, bien évidemment. Et sa présidente ? Écoutez, encore une fois, ça, c'est votre rôle de commentateur. Moi, mon rôle de responsable politique, c'est d'apporter des solutions. C'est de redonner de l'espoir aux Français. C'est ce que je fais dans les Hauts-de-France. C'est de redonner confiance en l'avenir.

Et quand c'est comme cela, même si sur mon front, c'est marqué politique, les gens se disent qu'on bosse pour eux et avec des résultats. Et aujourd'hui, il faut bien reconnaître, dans ce que veulent les Français, les Français veulent vivre en sécurité de leur travail et préparer l'avenir de leurs enfants. Si c'était le cas et si le gouvernement obtenait des résultats, le Front National ne serait pas aujourd'hui aussi haut dans les intentions.

3:29
Locuteur non identifié

Juste sur cette actualité, toujours, est-ce qu'Elisabeth Borne est désavouée par le chef de l'État quand il la recadre là-dessus ?

3:34
Xavier Bertrand

À le moins qu'on puisse dire, c'est que ça ne va pas fort entre eux.

3:36
Locuteur non identifié

Vous démissionneriez si vous étiez à la place d'Elisabeth Borne, vous ? Je suis président de la région des Hauts-de-France.

3:41
Xavier Bertrand

Mais est-ce qu'elle est désavouée ? Vous savez, ce qui se prépare, c'est la fameuse fin des 100 jours. C'est-à-dire que je crois que le président de la République est en train un peu d'habituer tout le monde au fait qu'il changera de Premier ministre. Je pense que c'est ça. Vous pensez, je crois, la même chose que moi, en tant que commentateur, mais je veux rester un acteur politique, pas un commentateur.

3:57
Présentateur

Xavier Bertrand, la Commission des Affaires Sociales de l'Assemblée doit décider ce matin du sort de la proposition de loi du groupe Liotte qui vise à abroger la réforme des retraites. Vous seriez dans cette commission tout à l'heure, vous feriez quoi ?

4:08
Xavier Bertrand

Alors, déjà, la première des choses, c'est qu'on a un gouvernement qui nous dit qu'il n'y a pas grand-chose à craindre de cette proposition de loi, mais qui passe son temps à essayer de s'aborder cette proposition de loi. Déjà, le groupe Liotte, ils sont cohérents avec leur position depuis le départ. La majorité, elle n'est pas cohérente. Il y a un bureau de l'Assemblée nationale qui, le 25 avril, dit il n'y a pas de sujet, il n'y a pas de problème, ce texte peut être débattu. Et aujourd'hui, du sommet de l'État, chef du gouvernement, jusqu'à l'Assemblée, tout le monde essaye de s'aborder cette proposition de loi. Pourquoi cette fébrilité de leur part ? Ça ne répond pas à ma question.

Moi, je vais vous dire une chose. Non. Ce que vous voulez savoir, c'est au final, est-ce que je voterais, si j'étais député, la position du groupe Liotte ? Si c'est pour proposer une contre-réforme, qui répond aux objectifs que j'ai défendus ici sur ce plateau, pas plus de 43 années de cotisation, la fin des régimes spéciaux maintenant, et un avantage donné aux femmes qui ont des carrières incomplètes, oui, je la voterais. Si tel n'est pas le cas, je ne la voterai pas.

5:08
Locuteur non identifié

C'est aussi ma cohérence. C'est le cas ou ce n'est pas le cas ? Est-ce qu'il y a une proposition alternative ?

5:12
Xavier Bertrand

Je vous dirai, à la fin de l'examen du texte, comme nombre de mes amis qui ont voté la motion de censure parce qu'ils refusaient ce qui nous était dit par le gouvernement, c'est-à-dire, si vous ne votez pas la motion de censure, vous approuvez cette réforme. Je n'approuvais pas la réforme de Mme Borne. Très clairement, le groupe Liotte est cohérent, je garde également ma cohérence. Maintenant, il faut aussi aller jusqu'au bout. Quand la première ministre hier dit que c'est anti-constitutionnel, elle outrepasse sa fonction. Pourquoi ? Parce que tout simplement, il y a aujourd'hui un conseil constitutionnel qui dit en France si c'est constitutionnel, oui ou non.

Ce n'est pas la chef du gouvernement de le dire. D'autre part, si on avait appliqué avec autant de rigueur l'article 40, il y a des propositions de loi du groupe Renaissance. L'article 40, c'est celui qui dit qu'un texte venant des députés

6:04
Présentateur

ne peut pas accroître les dépenses sans qu'elles soient financées par ailleurs.

6:07
Xavier Bertrand

Sans qu'elles soient financées par ailleurs. Et à chaque fois, nombre de parlementaires font cela. Ils disent qu'il faudrait augmenter les taxes sur le tabac, ce qui permet de financer et de passer la barre de l'article 40. Je ne sais pas si on est assez clair, mais c'est ça. Mais si on avait appliqué avec la même rigueur cette position, il y a des propositions de loi comme le vote sur le drapeau européen qui n'aurait pas pu être examiné. Est-ce que ça coûte cher d'installer des drapeaux ? Dans la proposition de loi, même si ça ne coûte pas cher, il y a des frais. Et ils avaient mis justement le même argument financier que Lyot. Pourquoi pour Lyot ce n'est pas possible ?

Et pourquoi c'était possible pour Renaissance ?

6:44
Présentateur

Comme si la droite n'avait pas explosé en vol sur cette question des retraites après avoir conclu un accord avec le gouvernement et finalement un tiers du groupe a voté la censure. Vous êtes exonéré de tout ce qui s'est passé et de cet accord non respecté avec Emmanuel Macron ?

7:00
Xavier Bertrand

Moi, vous le savez, vous m'avez invité ici. Je me suis exprimé sur cette question. Moi, je suis avec la position qui a toujours été la mienne. Une réforme n'est acceptée en France, surtout aujourd'hui, que si elle est juste. Dans cette réforme, il n'y avait pas la justice. Il ne faut pas s'étonner qu'autant de Français aient été contre, alors même qu'ils reconnaissaient que si on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps, mais pour ceux qui peuvent, pas pour ceux qui sont cassés, pas pour ceux qui ont commencé à travailler très jeunes. Et le vrai sujet, c'est que ça n'est pas...

Et donc le programme de Valérie Pécresse que vous avez défendu il y a un an n'était pas le bon non plus ? En ce qui me concerne, que ce soit dans différentes interviews, le journal du dimanche, le point Le Parisien, j'ai toujours dit que s'il fallait aller jusqu'à 64 ans, ce n'était pas pour tout le monde. C'était 65 chez Valérie Pécresse. 64 ans, pas pour tout le monde.

7:42
Locuteur non identifié

Et si vous revenez aux responsabilités, Xavier Bertrand, est-ce que vous abrogez, que ce soit en 2027, imaginons, ou plutôt s'il y a dissolution, est-ce que vous abrogez cette réforme ?

7:50
Xavier Bertrand

Je l'ai déjà dit, je le redis, en 2027, il est évident qu'il faudra non pas seulement un rendez-vous de revoyure, mais qu'il faudra justement une nouvelle réforme, et je pense qu'il faudra aller là...

7:59
Locuteur non identifié

En revenant aux 62 ans ?

8:01
Xavier Bertrand

Bien sûr que non, écoutez, vous me dites à l'instant, est-ce que vous êtes pour 64 ans ? Je vous dis, oui, mais pas pour tout le monde. Pour ceux qui ont commencé à travailler très jeunes, pour ceux qui ont des carrières longues, pour ceux qui sont abîmés par leur travail, et sur les femmes notamment, qui sont les plus grandes victimes des injustices en matière de retraite, bien évidemment que non. Mais maintenant, il faut aussi reconnaître, il faut qu'on arrête aussi, forme de bricolage, les mesures qui sont prises à chaque fois. Il faut maintenant une réforme d'ensemble, et vous devez aussi avoir très clairement un vrai consensus dans le pays.

Ce consensus est possible à une condition, de la justice. C'est ça qui fait la différence. Et puis n'oubliez pas aussi autre chose, c'est que le rapport au travail, c'est profondément modifié. Et vous voyez, il y a une forme de grand livre sur le travail qui était écrit en France, avec tous les Français. Sauf qu'on leur a dit, avant de parler travail, du sens du travail, de la rémunération du travail, on va vous demander de travailler deux ans de plus. Et après, on s'étonne que les Français aient été contre. Allons.

8:57
Présentateur

Xavier Bertrand, président Les Républicains de la région Hauts-de-France, invité de France Info. Jusqu'à 9h, il est 8h42. Voici Maureen Suignard pour le Fil Info.

9:05
Locuteur non identifié

La majorité veut tout faire pour empêcher un examen de la proposition de loi du groupe Liotte dans l'hémicycle. Le texte qui vise à abroger la réforme des retraites est débattu dans moins d'une heure en commission des affaires sociales. Nous avons des résultats économiques qui sont solides. Nous avons une croissance, se réjouit ce matin Bruno Le Maire. Le ministre de l'Économie indique que l'économie française a progressé de 0,2% au premier trimestre et que 42 000 emplois ont été créés. L'Ukraine est-elle en train d'intensifier ses attaques contre Moscou ?

Les autorités russes qui occupent la région ukrainienne de Luhansk affirment que des frappes ukrainiennes ont fait 5 morts pendant la nuit. Le public m'a poussé du début à la fin. C'était une ambiance de fou, réagit Gaël Monfils, le joueur de tennis français en larmes à Roland-Garros après sa qualification pour le deuxième tour. Début aujourd'hui de cette phase du tournoi avec 6 Français, Lucas Pouille, Hugo Imbert, Lucas Vanacher ou encore Caroline Garcia. France Info Le 8.30 France Info Benjamin Sportouche Marc Fauvel Xavier Bertrand, président LR de la région des Hauts-de-France.

Vous étiez hier dans le Pas-de-Calais pour assister à l'inauguration de la première méga usine de batterie électrique pour voitures. La question qu'on se pose c'est celle sur l'emploi. Xavier Bertrand, est-ce que la voiture électrique permettra de compenser toutes les suppressions de postes qui sont prévues dans l'automobile aujourd'hui ?

10:30
Xavier Bertrand

Alors dans ma région, la réponse est oui parce qu'on a fait ce pari plusieurs années de se lancer dans le financement d'industries liées aux batteries électriques. A l'époque, ce n'était pas si simple que ça mais aujourd'hui, on s'aperçoit que ce pari est gagnant parce que quand on parle de gigafactory, ce sont des usines de plus de 1000 salariés. Mais là, hier, c'est devenu concret. Et vous voyez, dans la région des Hauts-de-France, ça faisait plus de 20 ans qu'il n'y avait pas eu une inauguration aussi importante, une vraie cathédrale industrielle. La dernière fois, c'était Toyota dans le Valenciennois à l'époque, Jean-Louis Borloo. Donc il y aurait une compensation poste pour poste ?

Plus que ça chez nous. Plus que ça chez nous parce que... Ça va créer des emplois. Sur la décennie qui vient, sur la décennie qui vient, au moment où je vous parle, nous avons 4 gigafactory, c'est-à-dire des usines qui sont à peu près à 2000-2500 salariés. Et nous avons lancé tout un programme de formation parce que j'ai besoin de former. On pensait 13 000 personnes dans la décennie qui vient, ce sera 20 000 personnes. 20 000 personnes. Sur Dunkerque, sur Douai et au cœur du bassin minier. C'est-à-dire qu'à nouveau, l'industrie revit et redonne de l'espoir par l'automobile. En revanche, là vous avez raison. Et là, c'est la responsabilité du gouvernement.

C'est que je pense également à mes collègues présidents de région, de régions où l'industrie automobile est forte. Je pense à Bourgogne-Franche-Comté, à Grand-Est, où là, il ne faudra pas attendre 10 ans la fin des moteurs thermiques voulus par l'Europe pour pouvoir anticiper la reconversion des salariés.

11:54
Locuteur non identifié

Vous l'avez fait main dans la main avec le gouvernement, vous avez Bertrand.

11:57
Xavier Bertrand

Oui.

11:58
Locuteur non identifié

Donc vous pouvez travailler avec lui, vous pouvez travailler avec Emmanuel Macron.

12:01
Xavier Bertrand

Mais attendez, moi, vous le savez, je suis un opposant à nombre d'aspects de sa politique. Mais qu'est-ce qui est le plus important ? C'est l'intérêt général. C'est la façon dont on bosse pour les gens. Maintenant, il faut aussi bien relativiser les choses. Je l'ai dit hier dans mon intervention, ce ne sont pas les politiques qui créent les emplois. Ce sont les entrepreneurs, ce sont les constructeurs automobiles. Le rôle des politiques, c'est ensuite de travailler tous ensemble, chacun à son niveau, pour que les projets puissent voir le jour et que les emplois soient là très concrètement. J'ai nombre de différents. Je m'arrive aussi d'interpeller sur, à mon avis, ce qu'il faudrait faire.

Je vous donne un exemple. Nous avons notamment, sur le Dunkerquois, des milliers et des milliers d'emplois qui vont arriver. Sauf que derrière, avoir un emploi, c'est bien, mais il faut aussi un toit. Et nous avons absolument besoin aujourd'hui de desserrer les contraintes sur le logement, de construire davantage. Si on ne veut pas se retrouver demain ou après-demain avec des vrais problèmes, gouverner, c'est prévoir. Le rôle des politiques, c'est d'anticiper au maximum. On reste dans votre région,

12:58
Présentateur

Xavier Bertrand, pour parler du sort des salariés de l'entreprise Verbaudet, à une dizaine de kilomètres de Lille. Elles sont en grève, je dis elles, parce que ce sont très majoritairement des femmes depuis le mois de mars pour obtenir une augmentation de salaire. Pour l'instant, elles ont obtenu une prime de 650 euros lors d'un accord signé par les syndicats, à part la CGT. Est-ce que vous les soutenez dans ce conflit ?

13:20
Xavier Bertrand

Il faut savoir comment les choses se sont passées. Il y a un accord majoritaire, c'est-à-dire que les syndicats qui représentent la majorité des salariés de Verbaudet ont trouvé un accord avec la direction pour une augmentation des salaires et pour cette prime. Ceux qui aujourd'hui... Je crois qu'il n'y a pas d'augmentation de salaire. C'était uniquement prime plus prime. Il y a aussi des NAO, les négociations annuelles obligatoires qui vont être anticipées pour 2024. Avec cela. D'autre part, il y a la CGT qui, elle, conteste ça, qui n'a pas voulu signer. Mais par contre, il y a aussi d'autres.

Il y a les professionnels du théâtre médiatico-politique qui viennent à la sortie, et les filles, notamment, des gens qui viennent à la sortie et qui viennent justement les soutenir. Mais qu'est-ce qu'ils disent également aux syndicats qui ont signé ? Qu'est-ce qu'ils disent également aux salariés qui se sont exprimés la semaine dernière en disant nous, on a trouvé un accord, on veut continuer à travailler sans que ces personnes soient... Vous souhaitez qu'elles reprennent le travail ?

Écoutez, ce que je souhaite aussi, parce que je crois que les négociations sont en train de continuer, c'est qu'on puisse aboutir à un dialogue social et à de la paix sociale dans cette entreprise et que personne ne soit sur le carreau, c'est-à-dire notamment les temps partiels. Parce que les temps partiels, qui bien souvent sont des temps partiels, subis, pas seulement chez Verbodem mais aussi ailleurs, il faut que personne ne soit laissé sur le carreau. Maintenant, il y a un autre problème, c'est qu'on le voit bien aujourd'hui dans notre pays, les salaires sont trop bas. Les salaires sont trop bas. On fait quoi ?

Et là encore, ça n'est pas le seul partage de la valeur qui réglera le problème. Quand vous êtes dans une grande entreprise qui fait beaucoup de bénéfices, que chacun touche les fruits de cette réussite, c'est normal. Mais quand vous n'êtes pas dans cette entreprise, quand vous êtes dans une petite entreprise, là, on doit trouver des solutions. Avec Nous France, mon mouvement politique, je ferai des propositions.

15:01
Locuteur non identifié

Mais ça veut dire quoi ? On fait un grenelle des salaires ?

15:03
Xavier Bertrand

Avant la vieille juillet, justement sur cette question des salaires, des conditions de travail et aussi sur l'emploi des salaires.

15:10
Locuteur non identifié

Mais ça en concret, on fait un grenelle des salaires, on oblige les patrons à venir à Matignon, on leur dit voilà, maintenant il faut y aller. C'est ça que vous feriez ?

15:15
Xavier Bertrand

Je vous ferai des propositions très concrètes si vous me réinvitez. Là-dessus, sur cette question. Maintenant, il y a aussi un point. On en a parlé tout à l'heure. On est dans une situation qui est aujourd'hui très grave. Même si le gouvernement pense que les retraites, c'est derrière, le traumatisme lié aux retraites, enfin, le traumatisme des retraites était révélateur d'un pays qui ne va pas bien. Parce que les Français, attendent des choses très simples. Je l'ai dit tout à l'heure, ils veulent vivre en sécurité, ils veulent vivre de leur travail et ils veulent garantir l'avenir de leurs enfants. Qu'est-ce que le gouvernement attend ? Pourquoi ? On sorte des polémiques incessantes.

On sorte de la politique des effets d'annonce pour pouvoir régler ces questions de sécurité, d'immigration, de rémunération du travail, de renforcer nos services publics pour nos enfants. C'est l'éducation, c'est la santé, c'est d'avoir une vraie politique du logement. Je ne vous fais pas un inventaire à la prévère avec 30 priorités. Je vous dis sur ces priorités qu'est-ce qu'ils attendent. Depuis 14 jours, j'ai regardé, est-ce que vous savez combien de plans ont été annoncés par le gouvernement ? Un certain nombre. 14. C'est-à-dire que tous les jours, vous avez une politique... Ça, ce n'est pas une bonne nouvelle. Mais ça ne change pas le quotidien des Français.

Et ce que les Français veulent, c'est que leur vie s'améliore. Vous prenez le dernier, c'est le plan sur la fraude sociale.

16:37
Présentateur

Oui, annoncé hier par Gabriel Attal avec notamment la fusion annoncée de la carte d'identité et de la carte vitale. Et les fraudeurs,

16:44
Xavier Bertrand

ils sont apparus en 2022 pour que M. Attal se réveille aujourd'hui ? Mais ça a déjà commencé,

16:49
Locuteur non identifié

la lutte contre la fraude fiscale.

16:50
Xavier Bertrand

Je ne sais pas, il nous fait une annonce en disant que maintenant, tout va commencer. Oui, ça a commencé d'autant plus si je peux me permettre. En 2004, j'étais le secrétaire d'État à l'assurance maladie, on a lancé le contrôle sur les arrêts de travail. En 2011, nous lançons le contrôle sur des personnes qui touchent une pension de retraite à l'étranger et nous demandons à ce qu'il y ait des preuves de vie qui soient apportées chaque année. 2012-2023, il s'est passé quoi depuis ? Et vous voyez, c'est aussi le mal français. C'est-à-dire qu'on a de l'effet d'annonce, vous-même, les médias, vous précipitez dessus.

Personne ne regarde ce qui est fait quand les caméras se sont détournées, c'est-à-dire le travail au quotidien et les résultats.

17:29
Présentateur

On va marquer une toute petite pause Benjamin Sportouche, le temps du fil 1 fois 8h50 avec Maureen Thuena et on retrouve Xavier Bertrand juste après.

17:36
Locuteur non identifié

Une chute de l'inflation au mois de mai selon les termes de l'INCL est tout de même de 5,1% sur un an. La hausse des prix de l'alimentaire est de plus de 14%. 6 fumeurs sur 10 disent vouloir arrêter la cigarette mais c'est souvent plus difficile à dire qu'à faire encore 12 millions de fumeurs quotidiens en France. Des chiffres qui stagnent depuis 4 ans et qui sont dévoilés en cette journée mondiale sans tabac. Direction la Slovaquie pour Emmanuel Macron. le chef de l'Etat doit prononcer un discours sur la sécurité. L'Elysée promet des signaux clairs de soutien à Kiev alors que la France a longtemps été jugée trop conciliante vis-à-vis du Kremlin.

En aucun cas on ne peut tolérer des violences en particulier cette fête aux femmes réagit sur France Info. Le président du comité d'organisation de la coupe du monde de rugby l'international français Mohamed Awas condamné à un an de prison ferme hier pour violences conjugales mais laissées libres c'est maintenant aux sélectionneurs de dire s'il le retient pour la coupe du monde dans un an. France Info

18:39
Présentateur

Le 830 France Info Benjamin Sportouche Marc Fauvel Xavier Bertrand le gouvernement a décidé d'augmenter assez considérablement les moyens alloués à l'armée française plus de 400 milliards d'euros sur la table pour les 7 années qui viennent avec la construction notamment d'un nouveau porte-avions pour remplacer à terme le Charles de Gaulle. Est-ce qu'on a raison de dépenser autant ?

19:00
Xavier Bertrand

Oui je pense même même si c'est compliqué pour nos concitoyens d'entendre ça alors qu'ils ont les plus grandes difficultés à boucler leur fin de mois qu'il faudrait même davantage pour nos armées il faut tirer toutes les leçons de ce qui s'est passé en Ukraine vous avez parlé de porte-avions on aurait besoin aussi de renforcer davantage notre recours au drone c'est quelque chose d'essentiel mais malgré les insuffisances de cette loi de programmation militaire je serai parlementaire je la voterai et je pense qu'il faut la voter parce qu'encore une fois quelles que soient les divergences politiques que l'on peut avoir il y a des choses que l'on a en commun c'est de préserver l'intérêt du pays et pour cela la loi de programmation militaire elle doit faire l'objet d'un véritable consensus Et vous craignez que votre parti ne le fasse pas et ne vote pas ?

Ecoutez ça sera à chacun de prendre ses responsabilités il y a des parlementaires au Sénat Cédric Perrin à l'Assemblée nationale Jean-Louis Thériault qui sont très investis sur ces questions mais je dis également je pense qu'il faut voter ce texte même si on sait bien que l'effort sera davantage après 2027 n'oublions pas que l'armée ce sont des hommes et des femmes qui pour préserver les intérêts de la France et pour sauver nos concitoyens protéger nos concitoyens sont prêts au sacrifice suprême et ça c'est quelque chose qui n'en fait pas un budget comme les autres Xavier Bertrand il y a un autre texte en ce moment

20:16
Présentateur

pour lequel le gouvernement vous tend la main c'est la loi sur l'immigration est-ce que vous êtes prêt vous à travailler avec Gérald Darmanin là-dessus ?

20:25
Xavier Bertrand

Il vient sur les positions qui sont celles présentées par LR oui ou non et c'est pas une question d'égo c'est de savoir allez on prend quel texte si l'on veut vraiment reprendre en main notre politique migratoire c'est à partir des propositions de LR qui reprennent à plus de 80% celles que je faisais au moment de la primaire qui nous permettront franchement de changer la donne donc c'est votre texte ou rien du tout c'est quand même une drôle de façon de rentrer en négociation non ? mais attendez ils proposent quoi le gouvernement ? je prends un exemple régularisation

20:59
Présentateur

des sans-papiers dans les secteurs où l'on manque de main d'oeuvre

21:03
Xavier Bertrand

vous le reprenez ou pas ? mais alors pourquoi dans ces cas-là ne pas reprendre ce qui avait été mis en place encore une fois 2008-2011 j'étais ministre du travail où pour les métiers en tension nous donnions un certificat de travail pas une naturalisation pourquoi on ne pratique pas ça ? pourquoi on ne le pratique plus ?

vous voyez quand je vous parle de la conscience c'est-à-dire un certificat de travail pour les sans-papiers c'est-à-dire qu'on non non non on dit exactement quels sont nos besoins pour certains métiers ce qu'on appelle des métiers en tension et dans ces cas-là pour ces métiers en tension on fait venir des personnes à qui on donne un certificat de travail on ne donne pas la nationalité là non plus on ne donne pas la nationalité dans ce qui était prévu par le gouvernement non mais là c'est une régularisation c'était leur donner des papiers provisoires ce qui veut dire que des personnes sont venues sans papiers on va les régulariser vous voyez sur toutes ces questions-là et puis bon on va aussi remettre les choses à leur juste place ce que j'ai proposé ce qui est proposé aujourd'hui par l'Éric Publica c'est ensuite très largement soutenu par les français c'est-à-dire qu'au-delà de quelques décideurs de quelques responsables de quelques commentateurs les français voient que ces mesures sont des mesures fortes mais aussi des mesures de bon sens

22:11
Présentateur

y compris s'affranchir des traités européens s'affranchir de la Cour européenne

22:14
Xavier Bertrand

et puis on va sortir de l'Union Européenne mais qu'est-ce que c'est que cette blague ? ça c'est vos propositions mais c'est pas du tout cela regardez il s'agit pour certains articles s'affranchir des règles européennes sur l'immigration c'est pas un frexit ça mais bien sûr que non alors on va sortir de l'Union Européenne c'est quoi ?

on va ressembler aux Britanniques avec leurs difficultés mais jamais de la vie le vrai sujet c'est qu'il y a aujourd'hui des articles de la CEDH la Cour européenne des droits de l'homme pardon ou de la Cour de justice de l'Union Européenne certaines jurisprudences aujourd'hui nous empêchent très clairement d'avoir une politique qui nous permette de choisir qui vient en France c'est à l'immigration de s'adapter aux besoins de la France ça n'est pas à la France de s'adapter aux besoins de l'immigration mais si on le fait Xavier Bertrand

22:53
Présentateur

comment convaincre

22:55
Xavier Bertrand

par exemple un Victor Orban de les respecter les mêmes décisions ? alors justement toute l'idée est là c'est qu'en prenant une telle décision ça permet d'engager une négociation au niveau européen parce que la France n'est pas la seule à vouloir qu'il y ait des changements dans la politique migratoire de l'Union Européenne il y a aussi un aspect pourquoi on sortirait de l'Europe alors même qu'on sait qu'on a besoin de renforcer les frontières de l'Europe enfin donc il ne s'agit pas du tout de sortir de l'Europe mais il s'agit de dire qu'il y a certains éléments qui aujourd'hui ne nous permettent pas d'avoir une politique

23:26
Présentateur

digne de ce nom le dernier cas dit ça Xavier Bertrand il y a quelques années c'est Boris Johnson c'était pour justifier le Brexit il n'y a jamais eu autant de migrants que cette année arrivant au Royaume-Uni

23:34
Xavier Bertrand

mais pourquoi ?

parce qu'encore une fois c'est l'immigration du travail qui est le problème pourquoi les réfugiés les réfugiés pour certains les migrants veulent aller au Royaume-Uni parce que quand ils sont là-bas ils trouvent du boulot ils sont payés avec un lance-pierre mais il y a l'hypocrisie des dirigeants britanniques et notamment du patronat britannique qui est bien content de les voir arriver et c'est la même chose chez nous à partir du moment où il y aurait de vraies sanctions et des sanctions appliquées des fermetures administratives pour ceux qui embauchent justement des migrants qui vivent dans des conditions déplorables là les choses changeront le texte que propose le gouvernement ne règlant rien le problème que nous rencontrons à Calais depuis des années et des années je vous donne un exemple sur l'Union Européenne et plutôt sur la CEDH qui nous pose problème la Méditerranée est un cimetière marin à ciel ouvert on ne s'en émeut que quand il y a un petit garçon qu'on retrouve sur une plage mais la vérité c'est que si vous voulez mettre un terme à cela il faut pouvoir intercepter des bateaux au large des côtes de départ et les ramener dans leur pays la CEDH l'empêcherait

24:35
Locuteur non identifié

sur l'immigration vous voyez pourquoi il ne s'agit pas de dire en sorte de l'Europe

24:38
Xavier Bertrand

c'est n'importe quoi mais de voir sur des points précis comment on renégocie pour obtenir par exemple ce que le NAD

24:44
Locuteur non identifié

alors il y a un point précis

24:45
Xavier Bertrand

c'est l'aide médicale d'Etat

24:47
Locuteur non identifié

vous la transformez en aide médicale d'urgence

24:49
Xavier Bertrand

tout à fait tout à fait je l'avais proposé à l'époque

24:51
Locuteur non identifié

et ça c'est pas dans les valeurs de la France d'aider ceux dans les cas en effet où c'est très limité c'est aujourd'hui je le rappelle 0,4% des dépenses de sécurité sociale

25:01
Xavier Bertrand

oui mais ce sont des dépenses qui ne cessent d'augmenter ce qui en dit long sur le nombre de personnes en situation irrégulière dans notre pays et si je peux me permettre j'étais ministre de la santé tout le monde doit être secouru pour des soins d'urgence et tout le monde sera d'accord là-dessus tout le monde sera d'accord là-dessus voilà ce que nous voulons obtenir et pour les enfants c'est pareil qu'ils soient pris en charge mais le vrai sujet c'est que déjà à l'époque excusez-moi là vous me faites retour vers le futur 2005 j'avais déjà signé des décrets qui réduisaient les soins parce qu'à une époque on avait même des soins esthétiques des soins dentaires qui pouvaient être pratiqués et il y avait un vrai tourisme médical ce tourisme médical on y a mis un terme mais les dépenses sont en train d'augmenter il faut réserver ça aux soins d'urgence pardon comme le font les autres pays et le point important sur l'immigration d'un mot c'est la mise en place de quotas encore une fois de choisir qui vient en France de quel pays pour quel métier c'est ce que pratiquent des pays qui ne doivent pas être des pays autoritaires ce que pratique le Canada c'est ce que pratique l'Australie et la France ne pourrait pas le faire ?

Xavier Bertrand président des républicains de la région haute-france c'était ce matin l'invité de France Info merci

26:02
Présentateur

et bonne journée à vous merci

26:05
Locuteur

merci

RN, réforme des retraites, "gigafactory", Vertbaudet... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Xavier Bertrand — Xavier Bertrand · Pourquijevote