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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 10 janvier 2022 26 min

Valérie Pécresse, candidate à l'élection présidentielle, répond aux questions des auditeurs de franceinfo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Une demi-heure pour interroger celle qui porte le drapeau des Républicains à l'élection présidentielle. Valérie Pécresse, c'est tout de suite. Vous êtes très nombreux au standard de France Info. On va tout de suite donner la parole à Félix qui nous appelle de Paris et qui est un auditeur de France Info et un lecteur du journal Le Parisien Aujourd'hui en France qui est le partenaire de ces matins présidentiels. Bonjour Félix, soyez le bienvenu. Valérie Pécresse vous écoute.

0:25
Auditeur

Oui, bonjour. Bonjour Madame Pécresse. Bonjour Félix. Donc moi je travaille pas mal dans le milieu de l'éducation avec les jeunes au lycée ou les jeunes en école de seconde chance. Donc je pense qu'en tant qu'élu d'Île-de-France vous connaissez bien le sujet. Et j'ai regardé votre programme et j'ai vu que vous souhaitiez faire des conseils avec les familles, des conseils de famille dans les villes de plus de 10 000 habitants. Je pense en effet qu'il est très important d'associer les familles et tous les partenaires sur les questions d'éducation. J'ai une question sur la forme.

C'est parce que vous mettez à la suite que c'est pour trouver des solutions ensemble et ensuite en gras vous mettez tout de suite et prendre des sanctions comme supprimer les allocations si besoin. Et je trouve que dans un souci de construire ensemble, je trouve ça un peu dommage de mettre plutôt en avant la sanction et la suppression des allocations plutôt que l'idée de trouver des solutions ensemble. Et je voulais savoir pourquoi ce choix de parler plutôt des sanctions que de trouver des solutions.

1:19
Présentateur

Valérie Pécresse.

1:19
Valérie Pécresse

Si vous avez lu tout ça bien attentivement, vous avez vu que je veux faire du décrochage scolaire vraiment une des grandes causes de mon quinquennat. Parce que, comme vous travaillez dans ce domaine, vous le savez, on a malheureusement de plus en plus de jeunes qui décrochent et qui décrochent dès la sixième. C'est pour ça que dans mon projet éducatif, il y a le renforcement absolu des fondamentaux. Deux heures de français de plus et une heure de maths de plus par semaine dans tout le primaire. Un examen d'entrée au sixième. Si on le rate, on va en sixième de consolidation. C'est quoi ça ?

1:53
Présentateur

Un sixième de consolidation ?

1:54
Valérie Pécresse

Un sixième de consolidation, c'est une case de sixième dans laquelle on refera massivement du français et des maths. Parce que ça ne sert à rien d'apprendre l'anglais et d'apprendre la physique si on ne maîtrise pas sa langue et les maths.

2:03
Présentateur

Dans le même collège ou dans des établissements ?

2:05
Valérie Pécresse

Dans le même collège. L'idée, c'est que le collège unique, l'uniformité a créé l'inégalité. Et qu'aujourd'hui, ces jeunes adolescents qui ont 12 ans, qui arrivent au collège, ils vont commencer à décrocher. Et c'est eux qu'on va retrouver dans les rues, absentéistes, ou c'est eux qui vont mettre le souk dans les classes. Donc mon idée, c'est de faire du sur-mesure désormais à l'école. Et ces jeunes, d'essayer d'éviter leur décrochage. Mais là où je rejoins Félix, c'est qu'il faut associer les familles à cette politique de lutte contre le décrochage. Donc moi, je veux une réserve éducative nationale. Je veux faire revenir des professeurs retraités.

Je veux faire revenir d'ailleurs tous les retraités qui le souhaitent, les étudiants qui le souhaitent, pour faire du soutien scolaire gratuit pour toutes les familles qui ne peuvent pas se le payer. Et je veux que les familles soient associées à toutes les étapes du processus. Mais c'est vrai, le conseil des familles, il est lié pour moi à la prévention de la délinquance. Parce qu'une bonne partie de ces jeunes qui décrochent, qui décrochent complètement, vont se retrouver à tenir les murs dans la rue. Ce seront les cibles des réseaux de deals. Et les dealers vont les embringuer.

Donc dès qu'on voit un jeune qui dérape, il faut que la famille soit convoquée par le maire de la ville, en lien avec l'éducation nationale, pour voir comment on trouve des solutions, comment on le remet dans le droit chemin. Et si les parents sont manifestement défaillants, parce qu'il y a des familles qui vivent des trafics de leurs enfants, il faut quand même le dire, ou qui sont bien contents qu'ils se fassent de l'argent de poche, eh bien là, il faudra sanctionner les familles. Et c'est la sanction qui est dans mon programme.

3:31
Présentateur

Bonjour Amandine. Bonjour. Vous nous appelez du Nord, c'est ça ?

3:35
Auditeur

Exactement, de Lille.

3:37
Présentateur

Très belle ville. Puis-je vous demander votre profession et votre question à Valérie Pécresse ?

3:43
Auditeur

Alors, je travaille pour un éditeur de paye. Bonjour Madame Pécresse. J'ai pas entendu pour qui ? Pour un éditeur de paye.

3:49
Présentateur

D'accord. Très bien.

3:50
Auditeur

Voilà. Alors, ma question, c'est par rapport à la suppression des 35 heures. J'aimerais connaître votre avis sur le fait de comment allier la vie pro et perso pour les familles monoparentales. Parce que dans le monde du privé, les 35 heures, effectivement, nous sommes payés sur 35 heures, mais nous travaillons quand même bien plus. Donc, les familles monoparentales ont déjà des charges mentales énormes sur l'organisation. Et, entre autres, avec cette inégalité qui continue de paraître entre les femmes et les hommes. Et je voudrais savoir si la suppression des 35 heures ne va pas aggraver encore plus la situation de toutes ces populations.

4:28
Valérie Pécresse

Alors, moi, je mets la liberté. La liberté de négocier dans l'entreprise le temps de travail. C'est très important pour les entreprises. Parce qu'il y a des entreprises qui ont besoin, par exemple à certaines périodes de l'année, de faire travailler leurs salariés plus. Et puis, il y a aussi des situations d'entreprise qui nécessitent qu'on travaille à certaines périodes, peut-être même moins que 35 heures. Donc, moi, je veux donner la liberté de négociation. Je pense que c'est au sein de l'entreprise qu'on organise le travail. Voilà. C'est ce que je veux faire avec des référendums d'entreprise. C'est-à-dire que les salariés se prononceront sur le temps de travail.

Mais pour venir sur la situation des familles monoparentales, et notamment des femmes seules avec des enfants, moi, ce que je veux, c'est rénover complètement la politique familiale. et augmenter les aides au mode de garde. Je veux remettre des allocations familiales universelles, y compris pour les classes moyennes.

5:18
Présentateur

En soi-là, on va diviser le montant par deux ou par quatre en fonction des revenus des foyers. Vous vous les remettez pour tout le monde.

5:24
Valérie Pécresse

Moi, je veux remettre les allocations familiales de manière universelle. Et je veux aussi les augmenter. Je veux aussi les augmenter pour permettre de mieux faire garder les enfants. Parce que je sais que c'est important. Et je vois quelque chose qui m'inquiète énormément. C'est que je vois une baisse de la natalité dans notre pays. C'est qu'effectivement, un certain nombre de couples, mais c'est surtout une décision qui appartient aux jeunes femmes, un certain nombre de jeunes femmes se disent « C'est pas compatible faire des enfants avec mon métier, avec ma carrière. » Et donc, il faut les aider. Et moi, je remettrai une politique familiale très puissante.

5:56
Présentateur

Sur la difficulté soulignée par Amandine à concilier vie professionnelle et vie familiale si on travaille plus. La question est importante aussi, celle posée par Amandine, qui vous dit « Si vous mettez à 39 heures, moi j'ai moins de temps » ou « On aura moins de temps aussi pour tout le reste ? »

6:12
Valérie Pécresse

Oui, mais c'est ce que j'ai dit. J'ai dit que j'aiderais massivement les modes de garde. Les modes de garde. Et que je souhaite que dans l'entreprise, il y ait des accords. Mais dans les accords d'entreprise, on peut prévoir aussi des 80% pour les femmes qui sont seules avec leurs enfants. Le sujet, c'est pas le temps de travail. Le sujet, c'est le salaire. Le sujet, c'est combien on gagne. Parce qu'un certain nombre de femmes qui sont seules avec leurs enfants préféraient peut-être être à 4-5ème ou à 3-4 ans. Mais le problème, c'est le salaire qu'elles vont gagner. Et c'est aussi la défiscalisation des pensions alimentaires que j'ai proposées.

Donc il y a tout un bloc qui doit être fait pour permettre aux femmes de concilier vie familiale et vie professionnelle. J'y serai particulièrement attentive. Et ça passe par la hausse des salaires de 10% dont je vous ai parlé tout à l'heure.

6:57
Présentateur

Merci à Amandine, qui est lectrice du Parisien aujourd'hui en France du côté de Lille. Bonjour Stéphane. Bonjour Marc. Vous êtes au standard de France Info. Je vous annonce que vous allez y rester encore une minute, le temps du fil info. Et vous interrogez juste après Valérie Pécresse. 8h40, Lisa Guyenne.

7:10
Invité

Face à l'explosion de la demande de tests anti-Covid, la création de plusieurs centaines de centres de dépistage et la distribution de 10 millions d'autotests supplémentaires en pharmacie, l'exécutif veut aussi mettre en place des mesures incitatives pour les 6000 pharmacies qui ne pratiquent pas encore les tests dans le pays. Le député de Saint-Pierre-et-Miquelon, Stéphane Clairot, va porter plainte, violemment prise à partie devant chez lui, en marge d'une manifestation contre le pass sanitaire ce week-end. Le pass qui entre en vigueur dans deux jours sur ce territoire, jusqu'à présent épargné par le Covid.

Le pass vaccinal, lui, sera examiné au Sénat cette semaine pour une application dans le courant de la semaine prochaine. Une première victoire pour Novak Djokovic, le numéro 1 mondial de tennis. Pas vacciné, bloqué depuis 5 jours à Melbourne, où il souhaite disputer l'Open d'Australie. La justice locale vient d'ordonner sa libération, mais le gouvernement australien peut toujours décider de l'expulser. Il serait alors interdit de territoire pendant plusieurs années, selon son avocat. Le début aujourd'hui des discussions entre la Russie et les Etats-Unis autour de l'Ukraine. Trois jours de pourparlers à Genève, alors que l'Occident continue de craindre une tentative d'invasion russe.

100 000 soldats sont toujours massés à la frontière ukrainienne. France Info

8:26
Présentateur

Les matins présidentiels, Marc Fauvel Vanélie Pécresse face aux auditeurs et aux téléspectateurs de France Info. Stéphane a eu la gentillesse de patienter au standard. Stéphane, c'est à vous. Bonjour et bienvenue.

8:38
Auditeur

Bonjour Marc. Bravo pour cette nouvelle émission et vos matins présidentiels. Et félicitations à toute votre équipe. Bonjour Madame Pécresse. Bonjour Stéphane. La question la voici. En France, depuis plusieurs années, on déplore une centaine de féminicides par an. Et malheureusement, 2022 est parti sur des bases identiques. En amont de ces meurtres, il y a le phénomène de la violence faite aux femmes au sein des couples. Et violence qui est également malheureusement subie par les enfants. On sait qu'il existe des signaux faibles de ces violences, qui sont parfois difficiles à décrypter par les services de police et par le parquet. Aussi, voici ma question.

Quelles mesures comptez-vous adopter Madame Pécresse pour tenter de diminuer ces meurtres ? Et quels moyens envisagez-vous de donner aux services de police, aux parquets et aux magistrats pour qu'ils disposent de solutions en amont qui potrigeront les femmes et les enfants ?

9:30
Présentateur

Merci Stéphane Valérie Pécresse.

9:32
Valérie Pécresse

Alors, Stéphane a raison, il y a un chiffre qui est terrible. 85% des femmes qui meurent sous les coups de leur conjoint ou de leur ex-conjoint, 85% il y a eu des dénonciations avant, il y a eu des faits avant qui auguraient, enfin pas de la fin tragique, mais qui étaient des signaux d'alarme. 85%. Donc le sujet, c'est qu'il faut absolument agir. Alors, vous le savez, moi je veux un plan hors sec pour la justice, dans son ensemble. Parce que notre justice, elle est totalement noyée. Je veux recruter 15 000 magistrats, greffiers, assistants de justice pour pouvoir permettre à la justice de juger plus vite et de faire face à la montée de toutes ces affaires.

10:14
Présentateur

Il y a la réponse pénale, une fois que les faits sont commis. Mais la question Stéphane, c'est sur les signaux, la parole des victimes.

10:20
Valérie Pécresse

Justement, c'est très important. Moi donc, je créerai une juridiction spécialisée qui prononcera des ordonnances de protection en moins de 6 jours et de préférence dans les 24 ou 48 heures. Une femme qui va porter plainte ou déposer une main courante. Une femme qui vient déposer plainte, ce ne sera plus une main courante.

10:36
Présentateur

C'est ça, c'est ça le sujet. Normalement, la consigne donnée dans les commissariats et les gendarmeries. J'ai dit une bêtise. C'est plus une main courante et uniquement une plainte.

10:44
Valérie Pécresse

Une femme qui dépose plainte, d'abord, il faut former les policiers qui vont la recevoir, former les gendarmes. C'est en cours. Moi-même, je l'ai fait dans ma région. C'est une association régionale qui a proposé son aide à la préfecture de police. Et puis, il faut ensuite que dans les 24 ou 48 heures, l'ordonnance de protection soit prononcée. Au plus tard, dans les 6 jours.

11:05
Présentateur

Et dans ces cas-là, que fait-on du mari ou de l'ancien compagnon violent ? Il n'a pas le droit de s'approcher ?

11:10
Valérie Pécresse

Il y a deux cas de figure. Une ordonnance d'éloignement. Évidemment, il n'a plus le droit de s'approcher. Deux cas de figure. Soit la femme souhaite rester dans l'appartement du couple. Et là, il faut prononcer l'éloignement du conjoint violent. Soit elle préfère s'éloigner de l'appartement pour se protéger. Notamment quand elle habite près de sa belle famille. Ou dans un univers qui est très proche des amis de son conjoint. Elle peut préférer sortir. Et là, il faut lui réserver en priorité une place dans le logement social. C'est ce que je fais aussi dans ma région. On a mis 200 appartements à la disposition des associations pour les femmes victimes de violences.

Mais je voudrais venir sur un point que Stéphane a abordé qui est très important, dont on ne parle jamais. La prévention. Je pense que le sujet des violences faites aux femmes, c'est de la prévention dès l'école. Il faut lancer des campagnes dans l'éducation nationale. Tu m'aimes, tu me respectes. Et il faut aussi populariser ce qu'on a appelé le violentomètre. Le violentomètre, c'est quoi ? C'est un outil de travail pour faire de la prévention avec les jeunes, pour faire de la prévention avec les femmes, qui montre quand est-ce qu'un comportement, c'est de l'amour. Et quand est-ce qu'un comportement commence à devenir de l'emprise ou de la violence. Ça, c'est très important.

Parce qu'on a beaucoup de femmes. Et moi, j'ai dialogué avec elles. Beaucoup de femmes qui, pendant des mois, en fait, des années parfois, se masquent la réalité et ne se rendent pas compte qu'elles sont humiliées, qu'elles sont rabaissées. Une gifle, ce n'est pas un accident. Une gifle, c'est un signal d'alarme. Et ce violentomètre permet de faire prendre conscience aux femmes de ce qui peut être acceptable, de ce qui ne peut pas l'être, et elles-mêmes de repérer les signaux faibles. Et de se rendre compte que ça n'est pas acceptable. Et c'est aussi très utile, évidemment, pour la formation des forces de l'ordre et des assistantes sociales.

12:48
Présentateur

Philippe nous appelle au 0809 40 41 42. C'est le standard de France Info. Bonjour, Philippe. Bonjour. Vous êtes retraité dans le Tarn, c'est ça ou ça ? Oui, c'est ça, à Réalmont, à côté d'Albi. Bonjour, Philippe. Bienvenue, Valérie Pécresse, vous écoute, nous aussi.

13:05
Auditeur

Bonjour, madame. Au moment où l'Allemagne va légaliser la vente du cannabis, et par là même alléger le travail de sa police de 20%, vous semblez vouloir continuer la politique de prohibition qui démontre son échec depuis des décennies. Pourquoi ?

13:25
Valérie Pécresse

Parce que la drogue, c'est toxique. Parce que la drogue, notamment chez les moins de 18 ans, ça les entraîne dans une spirale de décrochage, ça peut les entraîner dans une spirale de décrochage scolaire, d'échec. Et vous savez que dans notre pays, la France, si à 18 ans on rate tous ses examens, si à 16 ans on décroche de l'école, c'est très difficile ensuite de se raccrocher. Mais vous savez que l'un des arguments des partisans, je considère qu'on doit protéger, notamment les enfants,

13:52
Présentateur

contre les effets toxiques de cette drogue. C'est-à-dire justement, légaliser, ça permettrait de faire respecter l'interdiction et d'autoriser uniquement pour les majeurs.

13:57
Valérie Pécresse

Mais ça, c'est malheureusement d'une grande naïveté, parce que j'ai été ministre du budget. Et quand j'étais ministre du budget, j'étais tutelle des bureaux de tabac. Est-ce que vous savez quelle est la première contrebande en France ? C'est la contrebande de cigarettes. Ça veut dire que les dealers, ils ne s'arrêteront pas. Ils continueront à dealer. On ne démantèlera pas les réseaux de trafiquants de drogue avec la légalisation.

Au contraire, comme ils vont vouloir, j'allais dire, reconstituer leur marché, parce que ce sont des commerçants, les dealers, ils vont vouloir reconstituer leur marché, donc ils prendront des produits surdosés et ils vendront du cannabis encore plus toxique pour garder leurs clients. Donc moi, je pense que cette mesure de légalisation, elle risque de mettre en danger des enfants, des jeunes, et elle risque aussi d'avoir zéro effet sur les trafiquants. Donc moi, je suis contre à cause de ça.

14:45
Présentateur

Merci beaucoup à Philippe, lecteur du Parisien Aujourd'hui en France et auditeur de France Info qui était avec nous. Et bienvenue à vous, Robert. Oui, bonjour. Vous nous appelez du côté de Sète, on vous écoute.

14:55
Auditeur

Oui, bonjour, madame Valérie Bécresse. Moi, je vous appelle au sujet des 14 millions de retraités qui sont en France et qu'on nous vit depuis 10 ans, que ce soit M. Hollande ou M. Macron. Ça fait 10 ans qu'on nous oublie, on a perdu 10% de notre pouvoir d'achat avec l'augmentation de la CSG. J'aimerais savoir comment vous allez nous considérer, parce qu'il y a des retraités qui sont gâtés, c'est-à-dire EDF, SNCF, vous savez très bien qui, Air France, et les autres, on a 0,3 de rattrapage, 0,6, 0,7, et je vous dis, ça fait 10%.

Alors, moi, j'aimerais bien que vous nous augmentiez, qu'il y ait un rattrapage au moins de 5% pour les retraites en dessous de 2,5 à 3 000 euros par mois, parce que bientôt, on n'aura plus de retraite. Et on ne comprend pas pour quelles raisons.

15:49
Présentateur

Valérie Bécresse, votre réponse à Robert.

15:52
Valérie Pécresse

C'est simple. Quand on n'a pas le courage de faire la réforme des retraites, et bien petit à petit, on dégrade le pouvoir d'achat des retraités. Et j'ajoute qu'Emmanuel Macron, lui, il en a rajouté une couche, si je puis dire, contre les retraités, avec cette augmentation de 25% de la CSG en début de mandat. Donc oui, le pouvoir d'achat des retraités est menacé. Aujourd'hui, les retraites complémentaires sont revalorisées à 1,1%, alors que l'inflation est à 2,5%. Mais pourquoi ? Parce qu'elles doivent être équilibrées. Et donc, le sujet, c'est la réforme des retraites. Il faut avoir le courage de faire cette réforme.

Et moi, je le dis, je demanderais aux Français de faire l'effort de travailler jusqu'à 65 ans. Ça ne s'appliquera pas aux Français qui sont abîmés par leur travail. Et pour des motifs de santé, nous aurons évidemment des exemptions. Nous tiendrons compte des carrières longues. Nous tiendrons compte de la pénibilité des emplois. Mais nous devons faire cette réforme.

16:44
Présentateur

Si les Français travaillent plus longtemps, Valérie Pécresse, vous augmenterez les pensions de retraite ?

16:48
Valérie Pécresse

Alors, cette réforme, elle permettra une chose. Elle permettra de revaloriser les petites retraites. Moi, je souhaite qu'à l'issue de cette réforme, il n'y ait plus un seul retraité qui a travaillé toute sa vie et qui touche moins du SMIC net. Voilà. Parce qu'on doit vivre décemment de sa retraite. Et par ailleurs, je veux revaloriser les retraites des femmes d'artisans, de commerçants, d'agriculteurs qui n'ont pas cotisé, mais qui ont travaillé toute leur vie et qui ont des retraites qui sont des retraites extrêmement faibles.

17:19
Présentateur

Robert, je peux donner votre âge ?

17:21
Auditeur

Je vous demande une chose. On ne veut pas attendre le changement des régimes de retraite. On veut savoir quand est-ce que vous allez nous augmenter, si c'est de la prise de pouvoir.

17:32
Valérie Pécresse

C'est une question au moins claire et nette. Le problème, c'est que vous avez bien vu que nous avons 200 milliards de déficits et 2800 milliards de dettes. Donc, je prendrai des mesures de pouvoir d'achat. Mais ce ne sera pas la revalorisation immédiate des retraites parce que je n'ai pas ce pouvoir-là.

17:51
Présentateur

Merci beaucoup, Robert. Je ne suis pas sûr que c'était la réponse que vous espériez de la bouche de Valérie Pécresse.

17:55
Valérie Pécresse

Mais Robert aura des mesures qui lui permettront d'avoir plus de pouvoir d'achat dans mon programme.

18:01
Présentateur

Moi, j'ai le fil à info à l'an. C'est 8h51, Lisa Guyenne. Et on se retrouve pour la dernière partie du dialogue entre Valérie Pécresse et les auditeurs.

18:07
Invité

Novak Djokovic peut toujours être expulsé d'Australie. La justice prononce sa libération. Mais c'est le gouvernement qui aura le dernier mot. À quelques jours de l'Open de tennis, le serbe numéro 1 mondial est retenu depuis 5 jours à Melbourne faute d'être vacciné contre le Covid. Ses avocats affirment qu'il est dispensé car contaminé par le virus à la mi-décembre. La vaccination, condition obligatoire pour monter dans le bus, aller à la piscine ou au cinéma en Italie où le pass vaccinal entre en vigueur ce matin. En France, le projet de loi est examiné au Sénat à partir de cet après-midi. Emmanuel Macron en visite à Nice et dans la vallée de la Roya.

Aujourd'hui, un an et demi après les ravages de la tempête à Alex, une visite boycottée par Éric Ciotti, le député des Alpes-Maritimes accuse le président de laisser derrière lui une France orange mécanique. Il appelle à voter Valérie Pécresse. À gauche, Christiane Taubira affirme qu'elle se soumettra au verdict de la primaire populaire. Dernière chance, selon elle, de former une union de la gauche. 900 foyers privés d'électricité dans le Pays Basque. Conséquence des intempéries. Cinq départements des Landes à l'Ariège sont toujours en alerte orange ce matin pour crues et inondations. Météo France parle de phénomènes dangereux, d'une intensité exceptionnelle. France Info

19:21
Présentateur

Les matins présidentiels, Marc Fauvel Allez, à nouveau détour au standard de France Info. Nous attend Mathilde. Bonjour Mathilde.

19:29
Auditeur

Oui, bonjour. Bonjour Madame Pécresse. Bonjour Mathilde. Il semblerait que votre campagne a pris un virage assez serré à droite. Alors ma question était, comment comptez-vous finalement tendre la main aux électeurs plus modérés qui sont pourtant déçus peut-être par les candidats de gauche aujourd'hui ?

19:47
Valérie Pécresse

Je crois que c'est en mettant l'accent sur toute une série d'urgences. L'urgence scolaire. Moi je veux une nation éducative. Je veux un sursaut pour l'école. Je veux refonder l'école de la République. L'urgence en santé. Je veux refonder l'hôpital et créer 25 000 postes supplémentaires à l'hôpital et remettre les médecins au cœur de notre système de soins. Et puis l'urgence de la protection. Vous l'avez vu sur la justice. Moi je mettrai le paquet pour qu'on protège mieux les Français. Et puis il y a l'urgence écologique qui pour moi doit être au cœur du programme.

Et là-dessus j'aurai une feuille de route qui sera extrêmement précise, extrêmement exigeante pour que nous soyons au rendez-vous de la protection du climat et de l'adaptation au changement climatique. Et puis sur les questions sociales, je serai très puissante. Vous avez entendu que je voulais revaloriser les salaires. Vous avez entendu aussi peut-être que je voulais m'occuper de la question du pouvoir d'achat des femmes, du pouvoir d'achat des retraités, de la question du handicap et de la dignité des Français en situation de handicap. Et puis enfin je m'occuperai de la jeunesse. Parce que je crois qu'Emmanuel Macron n'a pas eu du tout la bonne approche pour les jeunes.

Il est en train de créer ce qu'il appelle le revenu d'engagement pour les jeunes, c'est-à-dire en fait un RSA jeune. Avec des conditions pour le toucher. Oui, comme le RSA tel que je l'imagine moi, c'est-à-dire un RSA pour moi, un revenu de solidarité active, ça doit être une allocation et une contrepartie d'insertion. Donc il est en train de créer un RSA jeune. Alors qu'il y a des centaines de milliers d'emplois à pourvoir dans l'économie. Donc moi je ferai un revenu jeune actif pour les jeunes qui iront se former, mais uniquement dans les métiers qu'ils recrutent. Et uniquement pour les jeunes qui iront se former dans les métiers qu'ils recrutent.

Et je ferai une Banque Nationale des Jeunes pour leur permettre de réaliser leurs projets, de financer leurs études. Et puis je veux aussi que tous les territoires soient égaux. Je ne veux pas tout à fait la question de Mathilde.

21:52
Présentateur

Pardon, je reviens à la question qui vous était posée. C'est comment, est-ce qu'à force de droitiser votre campagne, vous ne risquez pas de perdre les électeurs du centre ? Pardon si je modifie un tout pied, mais c'était le centre et de gauche.

22:02
Valérie Pécresse

Oui, mais attendez, moi je suis au...

22:04
Présentateur

Elle ne vous a pas interrogé sur les jeunes.

22:05
Valérie Pécresse

Je suis au bas récentre de la droite. Je suis forte sur les sujets de sécurité. Parce que je crois qu'il n'y a pas d'espoir pour le pays sans ordre. Et qu'il faut remettre de l'ordre. Mais je suis aussi pour libérer la société. Et je pense que ça parle notamment à tous ceux qui sont dans l'entreprise, à tous ceux qui prennent des initiatives. Vous n'avez pas peur qu'Éric Zemmour ou qu'Éric Ciotti vous amènent trop loin ? Et je suis très sociale. Je suis très sociale. Et par ailleurs, je m'intéresse aux grands enjeux de la planète, l'écologie.

22:31
Présentateur

Je voudrais qu'on garde un peu de temps pour une question importante, Valérie Pécresse. On a eu le temps de l'aborder très brièvement tout à l'heure. Pour ça, je vais céder la parole à Thierry qui nous appelle du côté de Nice. Bonjour Thierry. Oui, bonjour Marc. Soyez le bienvenu. J'aime bien quand on m'appelle par mon prénom. Soyez le bienvenu sur France Info. Valérie Pécresse, vous écoutez.

22:47
Auditeur

Bonjour Thierry. Bonjour Madame Pécresse. Alors, depuis au moins deux fois ce matin, vous dites que vous êtes très impliqué dans les cas du handicap. Qui tombe bien puisque je suis handicapé depuis à peu près une dizaine d'années. J'ai 60 ans. Et je ne perçois que l'AAH, c'est-à-dire l'aide adulte handicapé, qui s'élève à 901 euros par mois. Après toutes mes charges fixes de payer, et d'après les dossiers des assistantes sociales, il ne me reste moins d'un euro par jour pour vivre. Donc, je suis dans l'incapacité de travailler. Et j'aurais voulu savoir ce que vous souhaitiez ou comptiez faire nous concernant, sachant que nous sommes environ 2,5 millions de Français dans le même cas.

23:43
Présentateur

Thierry, comment on vit avec un euro par jour ?

23:45
Auditeur

C'est très, très, très, très, très difficile. Surtout qu'avant, j'avais un bon travail. Et que maintenant, avec 901 euros, c'est très compliqué.

24:01
Présentateur

Valérie Pécresse.

24:03
Valérie Pécresse

Et Thierry, est-ce que je peux vous poser une question ? Est-ce que vous êtes locataire de votre logement ?

24:07
Auditeur

Oui, oui, je suis locataire.

24:09
Valérie Pécresse

Le sujet aujourd'hui, c'est clairement une vraie stratégie de pouvoir d'achat. C'est-à-dire, cette stratégie de pouvoir d'achat, c'est qu'il faut qu'on arrive à baisser les prix de l'énergie. Aujourd'hui, Thierry doit avoir une facture d'énergie qui a flambé. Il faut qu'on arrive à baisser les prix des mutuelles.

24:26
Auditeur

Thierry a 60 ans. Je ne mets pas de chauffage. J'ai trois couches de vêtements. Je ne peux plus allumer le chauffage. Ça me coûte trop cher. En plus, ce sont des radiatures électriques.

24:38
Valérie Pécresse

Quels sont vos gros postes de dépense ?

24:41
Auditeur

Le loyer ? Le loyer, il ne fait que 534 euros par mois.

24:47
Présentateur

Oui, mais quand on a 900 euros de...

24:49
Auditeur

Et la mutuelle de santé ? Et la mutuelle, j'ai la CNU, mais que je paie, puisque, soi-disant, je gagne trop d'argent. Pour avoir la CNU gratuite, elle me coûte 25 euros par mois. Mais sinon, le reste, les charges que l'on paie constamment, comme tout le monde.

25:12
Valérie Pécresse

C'est une évidence aujourd'hui qu'on a des millions de Français qui vivent en se demandant comment le lendemain sera fait. Et il faut qu'on ait une stratégie de pouvoir d'achat pour eux. Et il faut qu'on puisse leur redonner du pouvoir d'achat. Et ça, ça passe aussi par des baisses de toutes ces taxes, de toutes ces charges. Et puis, une aide vraiment aux mutuelles pour éviter que le coût de la santé soit trop élevé.

25:36
Présentateur

Merci à vous, Valérie Pécresse. Merci également à Thierry, qui nous appelait donc du côté de Nice, qu'on salue fraternellement, chaleureusement, suite à cet appel. Merci, Valérie Pécresse. Les informer, Renaud Deli, dans cinq minutes, on va revenir sur vos propositions, ce matin, sur votre prestation ici, sans vous, puisqu'on vous libère, mais avec Renaud Deli, qui va nous rejoindre. Merci beaucoup, Valérie Pécresse. Cinquième invité ce matin des Matins Présidentiels de France Info. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info, pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses.

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