Remaniement : Macron "sadique", joue avec les nerfs de ses ministres
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« Avec 600 000 accidents du travail recensés dans le secteur privé, dont 645 mortels en 2021, la France fait partie des plus mauvais élèves de classement européen en matière de sécurité au travail. »
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« En effet, nous décomptions 3,5 accidents mortels pour 100 000 personnes en 2019, contre 1,7 en moyenne dans l'UE, selon les données d'Eurostat. »
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« Doit-on y voir la main visible du lobbying pro-GAFAM auprès de l'Union européenne ? »
Temps de parole
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- Invité 23 %
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Il nous en faut 100 000 euros pour passer l'été et amorcer sereinement le grand virage de la entrée. C'est un film qui est entré dans l'histoire du cinéma, notamment parce qu'il a donné à voir le premier baiser interracial du cinéma hollywoodien. Son titre ? Devinez qui vient dîner. C'est l'histoire d'un médecin au parcours prestigieux qui vient rencontrer les parents de sa fiancée très éprise de lui pour la première fois, autour d'un beau repas comme il se dit. Sauf que la fiancée a omis un détail quand elle a parlé de son amoureux à ses parents. Le film se construit autour d'une forme de tension psychologique.
On partage le stress du fiancé qui ne cesse de se demander si ses beaux-parents vont finir par l'accepter et donner leur bénédiction à son union avec leur fille. Je ne sais pas si Emmanuel Macron a vu ce film, mais hier, il a organisé un dîner à l'Élysée. Un dîner à l'occasion duquel ses convives étaient les ministres d'un gouvernement dont la composition sera incessamment modifiée par un remaniement. Un dîner qui, s'il était un film, pourrait s'intituler « Devine qui vient dîner pour la dernière fois avant d'être viré ». De cette actualité et d'autres, nous parlerons dans cette nouvelle édition de notre bulletin d'info d'été.
Une situation baroque, c'est ainsi qu'un conseil ministériel interrogé par l'AFP a décrit le dîner offert par Emmanuel et Brigitte Macron à Elisabeth Borne et au ministre de son gouvernement. Un dîner traditionnel, certes, mais qui cette année est tombée quelques jours, voire quelques heures avant un remaniement imminent. C'est sadique, s'est carrément lâché un autre conseiller. Le point, de son côté, ose utiliser l'expression « dîner pervers ». De fait, c'était un dîner auquel participaient ceux qui se demandaient à quelle sauce ils seraient mangés, c'est le cas de le dire, et ceux qui continuaient de s'interroger sur quelle tête ils allaient faire tomber.
Le genre d'ambiance où tout le monde observe tout le monde, où le moindre mouvement de sourcils présidentiels est scruté. Par exemple, est-il significatif que le président de la République se soit attardé à la table où se trouvaient Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti, Bruno Le Maire, mais également Alexis Collaire, secrétaire général de l'Élysée et vice-président de FET ? Fallait-il se moquer du fait que Pape Ndiaye, le ministre de l'Éducation annoncé partant par la chronique mondaine, et encore plus sur la sellette depuis qu'il a osé s'attaquer à Vincent Bolloré, soit le premier arrivé au dîner, alors que dans l'esprit de certains, il est peut-être le con du dîner des cons ?
Le fait qu'il se soit assis aux côtés de Geneviève Dariussec, ministre déléguée chargée des personnes handicapées, elle aussi donnée partante, est-il significatif ? Bien entendu, l'attitude de François Braune, ministre de la Santé, ou de Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'économie sociale et solidaire, mouillée dans le scandale du fonds Marianne, était également auscultée. Grand organisateur de ce moment ambigu, Emmanuel Macron n'a pas manqué de consoler à l'avance celles et ceux qu'il va bientôt y conduire en disant, et je cite, « dans une vie antérieure, j'ai été à votre place et je sais que ces moments ne sont jamais agréables ».
Ajoutant, et je cite encore, « il faut prendre beaucoup de distance, le chef de l'État glissait dans le même temps que les choses ne seront pas simples à la rentrée prochaine, car la vie politique ne se simplifiera pas ». Le tout constituait une ambiance digne de la cour de Louis XIV. Mais n'était-ce pas le but recherché ? Emmanuel Macron le laissait entendre en 2015, « le peuple français se sent orphelin d'un roi ». Au moment où nous enregistrons, la liste des entrants et des sortants n'a pas encore été rendue publique. Et le Conseil des ministres, qui devait se tenir aujourd'hui, a été reporté.
Il y a plus de tweets et d'occupations médiatiques sur la petite Amélie qui n'a pas eu sa prépa parisienne que sur le jeune de 17 ans qui est mort hier sur un chantier d'été pour financer ses études. C'est le tweet du jour sélectionné par la rédaction du Média et que vous avez vu à l'écran. Et le jeune homme de 17 ans dont il est question, c'est Peter Menanto. L'adolescent est décédé le 17 juillet dernier, après une chute de 40 mètres, alors qu'il se trouvait à bord d'un engin de chantier dans une carrière gérée par une filiale du groupe Eiffage à Sainte-Florence en Vendée.
Le jeune homme venait d'avoir son bac et travaillait sur les chantiers pour pouvoir financer ses études à la rentrée de septembre. Le 16 juin dernier, c'est Amara Dioumassi qui trouvait la mort sur un chantier du bassin d'Austerlitz à Paris. Nous aurions pu aussi vous parler de Manon, pompier volontaire, Franck et Gouthier, Jérôme, ouvrier de chantier parmi les 17 morts au travail au cours de ce seul mois de juillet, selon le décompte du compte Twitter Accident du travail, silence, des ouvriers meurent, qui recense 185 morts au travail depuis le début de l'année 2023, soit près d'un mort par jour. Les chantiers des JO 2024 et du Grand Paris Express expliquent cette triste progression.
Sur l'ensemble de ces chantiers, c'est sept morts depuis 2020. Fin 2022, la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Île-de-France recensait 87 accidents, dont 11 graves, pour les chantiers des JO 2024. Ces nouveaux drames posent la question des conditions de travail qui coûtent la vie de salariés souvent précaires et mal préparés à leur poste. Avec 600 000 accidents du travail recensés dans le secteur privé, dont 645 mortels en 2021, la France fait partie des plus mauvais élèves de classement européen en matière de sécurité au travail.
Et si l'on prend en compte les victimes de maladies, les travailleurs qui n'apparaissent pas dans les chiffres de l'assurance maladie, les estimations tournent autour d'un millier de morts. Parmi les profils les plus concernés par les décès dus à un accident de travail, où on retrouve les jeunes de moins de 25 ans, les plus de 50 ans et les travailleurs intermédiaires. En avril dernier, Sophie Binet tirait la sonnette d'alarme.
On ne peut pas se résoudre à ce niveau de mortalité en France. Encore une fois, c'est une exception européenne. Et la France se caractérise par l'insuffisance de ces mesures de prévention. Pourquoi ? Parce qu'on soumet toujours le travail à des objectifs de rentabilité de court terme. Le travail, ce n'est pas que ça. Le travail, c'est faire primer le travail bien fait et protéger celles et ceux qui travaillent.
En effet, nous décomptions 3,5 accidents mortels pour 100 000 personnes en 2019, contre 1,7 en moyenne dans l'UE, selon les données d'Eurostat. Fiona Scott Morton, économiste en chef de la Direction Générale de la concurrence de la Commission européenne depuis le 11 juillet dernier, renonce à son poste. C'est la vice-présidente de la Commission européenne chargée de la concurrence, Margrette Vestager, qui en a fait l'annonce ce mercredi 19 juillet sur Twitter, après avoir reçu un courrier de l'intéressée qu'elle a publié.
Pourquoi la nomination de l'économiste américaine, consultante pour des entreprises comme Microsoft, Apple, Amazon ou encore Pfizer, a fait l'objet de nombreuses critiques au sein de l'UE et de la part de plusieurs États membres, dont la France ? Eh bien, la réponse est dans la question. Si même Emmanuel Macron s'est dit dubitatif sur ce choix, c'est vous dire l'ampleur du problème de conflit d'intérêts que pose la nomination de Fiona Scott Morton à un poste aussi haut placé dans l'exécutif communautaire.
J'ai beaucoup de respect pour cette chercheuse américaine qui vraiment fait le... Plusieurs d'ailleurs de ses collègues ont manifesté leur reconnaissance académique. Mais il se trouve que ce faisant, elle a été embauchée par beaucoup d'entreprises et donc elle a eu à s'exprimer sur beaucoup de situations qui fait qu'elle devrait se porter en retrait de ces situations. Ce qui rend quand même assez inopérant ce pourquoi on l'embauche.
La Direction Générale de la Concurrence est l'organe chargé d'enquêter sur les comportements anticoncurrentiels des entreprises d'autoriser les fusions et acquisitions, mais également de valider les aides d'État des différents gouvernements. Et quand on sait que cette puissante direction est chargée d'enquêter en particulier sur les abus de position dominante des géants du numérique, condamnés ces dernières années à des amendes et pour lesquelles Fiona Scott Morton a pu travailler, on se demande encore comment la Commission européenne a pu penser hisser à sa tête l'économiste américaine. Doit-on y voir la main visible du lobbying pro-GAFAM auprès de l'Union européenne ?
Et pourquoi avoir nommé une Américaine alors que les fonctionnaires européens doivent être ressortissants d'un État membre de l'UE ? Pour quelles raisons Fiona Scott Morton a bénéficié d'une dérogation rarissime à un poste de ce niveau ? Tant de questions qui risquent de renforcer le sentiment de méfiance des Français vis-à-vis de l'Union européenne. On quitte l'Europe pour l'Afrique. On en assiste à un flux migratoire motivé par des persécutions.
Les Ougandais sont de plus en plus nombreux à fuir leur pays pour le Kenya depuis la promulgation par le président Yoweri Museveni le 29 mai dernier d'une des lois anti-homosexuelles les plus dures au monde, créant un vent de panique dans le pays d'Afrique de l'Est. Nos confrères de Ouest France sont allés à la rencontre de deux jeunes homosexuels ougandais dont l'un témoigne de l'explosion ces derniers mois, des violences policières, lynchages populaires et expulsions de locataires. Toutes les associations de soutien de la communauté LGBTQ+, ont d'ailleurs fermé leurs portes depuis la signature du texte. L'Ouganda est historiquement connu pour son hostilité aux communautés LGBTQ+.
Une loi qui interdit les actes homosexuels date déjà de l'époque coloniale. La loi du 29 mai dernier pousse la répression un peu plus loin. Celle-ci s'attaque à tout ce qui est assimilé à la promotion de l'homosexualité, leurs auteurs pouvant être condamnés à 20 ans de prison. Cette formulation au contour imprécis favorise une interprétation large et donc dangereuse, même pour les ONG de défense des droits humains qui pourraient être dans le viseur de la loi. Aussi, ce texte renforce la discrimination au logement, à l'emploi et encourage la délation aux autorités. Ainsi, neuf personnes ont été inculpées en un mois.
Autant de raisons qui ont poussé ces deux jeunes Ougandais de 25 et 30 ans à quitter leur pays pour le Kenya qui, s'il interdit également les actes homosexuels, accueille les réfugiés discriminés en raison de leur identité sexuelle. Et voilà, c'est la fin de ce bulletin d'infos quotidien qui entre dans notre programmation d'été. Comme à chaque fin de saison, nous réduisons quelque peu la voilure, avec notamment la mise en pause de nos directs, mais l'actualité ne s'arrête pas. Alors nous non plus, nous continuons à vous fournir, dans ces moments importants, nos reportages, enquêtes, entretiens, plateaux d'analyse, de débats et de décryptage au quotidien.
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