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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 5 mars 2020 25 min

Débat sur les municipales à Paris, nouvelles mobilités, accueil des migrants... Le "8h30 franceinfo" d'Anne Hidalgo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Hidalgo, merci d'être avec nous ce matin sur France Info Radio et Télé Réunis comme chaque jour. Je vous débattis hier soir avec vos principaux concurrents sur LCI. On va revenir, si vous voulez bien, sur ce débat dans quelques minutes. D'abord, la situation sanitaire en France et en Italie, puisque l'Italie a décidé hier soir de fermer pour 10 jours toutes ses écoles et universités face au coronavirus. Est-ce qu'il faut aussi en France se préparer à cette hypothèse ?

0:29
Anne Hidalgo

D'abord, nous sommes encore dans la phase 2. Peut-être nous basculerons très rapidement dans la phase 3 de l'épidémie. Mais ce que je dois dire, c'est que dans cette première phase, vraiment, tous les services publics autour, par exemple, à Paris, du préfet de zone, qui est le préfet de police, avec l'Agence régionale de santé, avec les hôpitaux de Paris, avec la ville de Paris, moi-même, évidemment, le préfet de région, avec le général des sapeurs-pompiers. Nous sommes vraiment dans une coordination.

Et je dois dire que dans cette phase-là, les préconisations consistant à dire qu'il faut se laver les mains, qu'il faut faire attention, proscrire la bise et le serrage de mains, etc., ont plutôt eu tendance à freiner la progression du virus, ce qui est un point très important. Pour autant, nous avons aussi porté une attention, là, par exemple, ville de Paris, très particulière sur les publics fragiles. Je pense à nos aînés. Nous avons, la semaine dernière, activé le plan qu'on active en général pour les canicules. Nous avons renforcé, d'ailleurs, avec des volontaires.

Nous appelons toutes les personnes âgées qui sont au domicile pour faire le point avec elles régulièrement, les informer et, évidemment, pouvoir parer à des situations de difficulté pour ces personnes.

1:49
Présentateur

Les fermetures d'écoles à Paris comme ailleurs en France ne sont pas prévues, y compris dans la phase 3 du plan, si on y arrive ?

1:55
Anne Hidalgo

Pour l'instant, non. Il faut, là, bien sûr, agir ensuite au fur et à mesure. Dans la phase 3 du plan, c'est beaucoup sur l'accueil, notamment, des personnes qui seraient malades et qu'il faudrait nécessairement accueillir à l'hôpital. Là aussi, nous sommes en train de travailler. La Ville propose que des volontaires puissent aussi accompagner, si besoin en est, les urgences des hôpitaux, parce que les hôpitaux sont quand même... Et je tiens vraiment à lever le chapeau vis-à-vis de tous les agents, notamment hospitaliers, parce qu'ils ne sont pas dans des conditions faciles, mais ils sont vraiment tous sur le pont.

2:37
Locuteur 5

Renaud Delis. Par mesure de précaution, il y a aussi eu plusieurs événements qui ont été annulés ces derniers jours, le Semi-Marathon de Paris, le Salon du Livre, le Salon du Tourisme. Est-ce qu'il va y avoir d'autres annulations ? On sait notamment qu'il y a un rendez-vous sportif important pour les Parisiens la semaine prochaine, le match Paris-Saint-Germain-Dortmund. Est-ce qu'il aura lieu ? Et est-ce qu'il aura lieu à huis clos ?

2:53
Anne Hidalgo

La décision n'est pas encore prise sur ces événements. C'est vrai qu'on le fait de semaine en semaine avec le préfet de police. Nous travaillons tous les jours ensemble. Nous regardons chacun des événements avec le risque qu'ils représentent. Et puis avec cette jauge de 5 000 personnes qui a été retenue comme une jauge pour... Pour les espaces confinés, ce qui a priori n'est pas le cas d'un stade. C'est vrai. Donc voilà. Donc je ne peux pas encore vous répondre là-dessus. Ce sont des décisions au jour le jour. Pas au jour le jour, mais d'une semaine, voilà. À la semaine ou aux dix jours, par exemple, sur la question du Marathon de Paris. On ne va pas encore décider.

Il faut quand même qu'on attende un petit peu qui est prévu le 5 avril.

3:32
Présentateur

Le pays, Anne Hidalgo, ne doit pas s'arrêter. Pas question notamment d'annuler les élections municipales qui vous intéressent directement. Dans dix jours, c'est ce qu'a rappelé hier la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

3:42
Locuteur 6

Il n'est absolument pas à l'ordre du jour de repousser les élections municipales. Nous prendrons des précautions, si je vous dure, de bon sens en fonction des recommandations sanitaires. Mais ces élections se dérouleront. Il s'agit d'un moment important de la vie démocratique de notre pays.

3:57
Présentateur

Alors, il y aura du gel dans les bureaux de vote, dans tous les bureaux de vote à Paris ?

4:01
Anne Hidalgo

Alors, on est en train de travailler, bien sûr, sur les conditions d'accueil des électeurs. Et puis aussi, mettre en place toutes les mesures pour qu'il y ait des scrutateurs. Vous savez, il y a un président, des scrutateurs dans chaque bureau de vote. En général, ce sont des militants. J'ai fait une réunion avec tous les maires d'arrondissement cette semaine. J'en refais une demain avec à nouveau les maires d'arrondissement pour parler de ce sujet. Je vais écrire à chacun des candidats à l'élection municipale parisienne pour qu'on mobilise aussi nos militants, justement, pour qu'on ne manque pas de scrutateurs le jour du vote.

On mobilise aussi une réserve de fonctionnaires de la ville pour pouvoir parer si jamais il fallait remplacer ou venir compléter des bureaux. Et puis, bien sûr, toutes les mesures qui sont les mesures sanitaires et les mesures d'hygiène.

4:55
Présentateur

Est-ce que chaque électeur, Anne Hidalgo, devra venir avec son propre stylo pour éviter qu'on se passe le même pendant toute la journée ? Ça, on verra, peut-être. Le miens est à moi. À moi, je précise, je ne le donne pas.

5:03
Anne Hidalgo

On va traiter jusqu'à ce détail-là. Voilà, donc on est en train d'y travailler très sérieusement.

5:08
Locuteur 5

Et sur le plan touristique, Anne Hidalgo, le Louvre a rouvert hier. Mais est-ce que vous avez déjà aujourd'hui une évaluation du manque à gagner sur le plan touristique pour la ville de Paris ?

5:16
Anne Hidalgo

Pas encore, mais à l'évidence, d'abord, il y a un frein à l'économie mondiale. Il y a un frein au tourisme partout dans le monde. Et forcément, Paris, qui est très tributaire pour son économie, notamment du tourisme, subira. Enfin, nos commerçants vont encore subir les conséquences de cette crise, les hôtels. Donc voilà, il y a là aussi un travail qui se fait avec eux pour voir comment parer. Mais là, on est dans une situation, par exemple, très différente de ce qui nous était arrivé après les attentats de 2015, où il fallait, et ce que j'ai fait à ce moment-là, c'est aller partout, et notamment en Asie, pour dire, revenez à Paris et faire vraiment ce travail de promotion de la ville.

Là, on est dans une situation très différente, puisque, par définition, il y a quand même un frein aux échanges internationaux.

6:12
Locuteur 5

Ça signifie que vous sollicitez, vous attendez de l'État le moment venu des mesures d'urgence, de soutien aux commerçants, notamment, et à ceux qui vivent de l'activité touristique à Paris ?

6:20
Anne Hidalgo

Bien sûr, je pense qu'elles seront nécessaires. Vous savez, Paris a été quand même très impacté par de très nombreuses crises. Je ne reviens pas sur les attentats, mais il y a eu les Gilets jaunes, semaine après semaine, les manifestations qui se déroulent sur fond de contestation sur les retraites. Je prends un autre exemple, l'incendie de Notre-Dame. Vous savez, je pense vraiment beaucoup à eux, et je travaille avec eux, mais tous les commerçants du secteur de Notre-Dame sont quand même dans une situation extrêmement dramatique. Et oui, il faut venir les aider.

6:54
Locuteur 5

Il faut que le gouvernement mette la main à la poche. Vous demandez le gouvernement qui mette la main à la poche.

6:57
Anne Hidalgo

En tous les cas, oui, il faut accompagner avec des fonds de soutien, avec des fonds pour permettre à l'économie. Alors, ça se fait, par exemple, sur des mesures de chômage partiel et donc de prise en charge partielle des salaires pour les salariés qui sont impactés. Mais il faut aussi aider les commerces. Vous savez, il y a des brasseries autour de Notre-Dame qui n'ont pas vu grand monde depuis le mois d'avril de l'année dernière.

7:24
Présentateur

Anne Hidalgo, vous étiez jusqu'à un peu plus de minuit hier soir sur le plateau d'LCI face à vos principaux concurrents et concurrentes pour la mairie de Paris. On va y revenir, si vous voulez bien, dans quelques instants. D'abord, l'actualité résumée en une minute à 8h40 avec Mélanie Delaunay.

7:37
Locuteur 1

On a du mal à en trouver en ce moment dans les pharmacies. Les prix des gels hydroalcooliques seront plafonnés dès demain. Sur France Info, la secrétaire d'État à l'économie explique que le gouvernement propose aux professionnels du secteur de limiter les tarifs à 3 euros pour 100 millilitres. Les écoles fermées pour 10 jours en Italie, où le coronavirus a fait plus de 100 morts, 300 millions d'enfants sont en vacances forcées à travers le monde à cause de l'épidémie, selon l'UNESCO. La situation est absolument catastrophique à la frontière entre la Turquie et la Grèce.

C'est la conséquence de l'incurie et de l'impuissance de l'Union Européenne, estime sur France Info le président de Médecins du Monde. Les Européens accusent la Turquie d'utiliser la pression migratoire à des fins politiques. Vous en avez peut-être un, voire plusieurs chez vous. 100 millions de téléphones portables dorment dans nos tiroirs au lieu d'être réparés ou recyclés. Chiffre d'écosystèmes, l'organisme qui organise leur collecte en France, révélé par France Info ce matin. France Info, et tout est plus clair.

8:41
Présentateur

Anne Hidalgo, vous étiez hier soir, je vais y arriver sur LCI, face à vos six principaux concurrents dans la course à la mairie de Paris, avant d'être mardi prochain dans ce débat que nous organiserons avec nos amis de France 3, Île-de-France, et sur France Info, Radio et Télé, et France Bleu, Île-de-France, je crois que j'ai cité tout le monde, mais hier soir c'était donc LCI, et parfois ce débat, Anne Hidalgo, a tourné, vous allez l'entendre, au tout sauf Hidalgo, voici dans l'ordre d'apparition, Agnès Buzyn, Rachida Dati et Cédric Villani.

9:06
Locuteur 2

Vous n'avez jamais pu travailler avec la région Île-de-France, parce que vous êtes fâché, avec la région socialiste Jean-Paul Luchon, avec la région LR Valérie Pécresse, vous ne parlez pas à la région. Je cours sur les voies sur Berge, je passe en apnée, il y a certains endroits, je peux peut-être après, je ne fais pas de plongée, mais je pense que je suis apte à la plongée, tellement je cours en apnée, sur certains tronçons, ce sont des latrines à ciel ouvert.

9:31
Locuteur 3

Nous avons une équipe qui n'a pas réussi à résoudre les problèmes du quotidien, une équipe qui, parfois par manque de prévoyance, parfois par amateurisme, n'a pas réussi à donner les solutions aux Parisiens et aux Parisiennes.

9:43
Présentateur

Est-ce que vous vous êtes quand même serré la main ou le coude après l'émission ?

9:46
Anne Hidalgo

Bien sûr, d'abord, c'est le jeu du débat politique. Moi, je suis très fière du bilan que nous avons, je suis très fière que depuis 2001, notre ville se soit engagée de façon résolue dans la transition écologique, pour lutter contre la pollution, parce que la question de la pollution est vraiment aussi un poison qui tue et qui rend malade beaucoup de Parisiens. Je suis très fière aussi que nous ayons pu porter cette question de la mixité du logement social, de la place des classes moyennes, notamment à partir d'une politique du logement, et puis que nous ayons pu mettre aussi en place des mesures d'accompagnement du pouvoir d'achat. Et c'est vrai que ce qui s'est vu hier est très intéressant.

En fait, il y a plusieurs visions de Paris, deux grosses visions différentes. Une qui consiste à dire, la mienne, il faut continuer et assumer vraiment qu'il y a une urgence. Je ne suis pas la seule à le dire. Des grandes personnalités qui m'inspirent beaucoup, comme Nicolas Hulot, Cyril Dion, Jean Jouzel, le disent...

10:49
Présentateur

Nicolas Hulot qui nous apporte un soutien ce matin dans les colonnes du Parisien aujourd'hui en France.

10:52
Anne Hidalgo

Oui, et j'en suis vraiment très heureuse, parce que c'est une belle personnalité. Et en plus, Nicolas Hulot porte cette idée que l'écologie n'est pas en contradiction avec le social, qu'il faut tenir les deux. Et de l'autre côté, il y a un projet qui est vraiment un projet de possible retour en arrière. J'ai entendu quand même, nous sommes en 2020, nous sommes avec des scientifiques qui nous expliquent toute la journée qu'il y a urgence. Et j'ai entendu hier que l'écologie était une punition, mais la punition... Dans la bouche de plusieurs des candidats, puisque c'est un propos qui a été notamment repris par Mme Buzyn, mais aussi par Mme Dati.

Et une punition, alors que la véritable punition, c'est de ne pas préparer justement le monde que nous devons préparer pour nos enfants. Et l'enjeu de cette élection, il est majeur. C'est dans quelle ville voulons-nous vivre dans 5 ans, dans 10 ans ?

11:47
Locuteur 5

Est-ce que l'opposition que vous tracez est aussi binaire que cela ? On a entendu plusieurs de vos concurrents, dont Agnès Buzyn, dont Cédric Villani, vous faire des reproches davantage sur la méthode plutôt que sur l'objectif. Est-ce que ça signifie que si vous êtes réélu, la méthode sera la même ? Ou est-ce que vous considérez qu'effectivement, il faut peut-être parfois agir avec plus de prudence ou plus d'écoute ? En tout cas, c'est ce que vous demandent certains de vos concurrents.

12:09
Anne Hidalgo

D'abord, souvent, on utilise la méthode pour masquer le fait qu'on n'aurait pas fait très clairement ce que nous disent Mme Buzyn ou Mme Dati. Mme Dati était contre sur le principe. Mais ce qu'ils nous disent, c'est qu'en fait, ils n'auraient pas fait. Vous savez, une méthode qui consiste à être élu sur un programme, à appliquer ce programme, à respecter tout le débat démocratique et à mi-mandat, c'est-à-dire 3 ans après avoir été élu, mettre en place ce que l'on a dit que l'on ferait alors qu'il y a urgence et qu'on sait qu'il y a urgence, je pense que c'est une méthode que j'assume totalement, évidemment. Et bien sûr, ce qui est difficile...

12:47
Locuteur 5

Vous n'avez aucun regret en matière d'écoute ou en matière de capacité associée peut-être ?

12:51
Anne Hidalgo

Écoutez, il y a eu des concertations, il y a eu une conférence citoyenne, on en parle beaucoup aujourd'hui. Dès 2015, j'ai fait une conférence citoyenne sur la question de la pollution de l'air à Paris et nous sommes partis de toutes les recommandations que les citoyens parisiens et franciliens, puisqu'il y avait aussi des franciliens, nous ont faites. Nous les avons portées devant le Conseil de Paris, nous l'avons votée. Ça a été en plus, puisque c'est un sujet qui a été très largement commenté et contesté, y compris devant les tribunaux, nous avons gagné, y compris sur le respect de toutes les procédures.

Mais simplement, ce que je voulais vous dire, la question n'est pas tant est-ce qu'il fallait faire autrement. Bien sûr qu'il faut toujours écouter. Ce qui est très difficile, ce qui est très très difficile aujourd'hui, c'est de changer de modèle. Et on est dans la phase de transition et ça demande beaucoup d'efforts.

Évidemment que des femmes et des hommes qui ont toujours pris l'habitude d'être, surtout des hommes, dans leur voiture individuelle et de ne pas prendre les transports en commun, si du jour au lendemain vous leur dites qu'il faut prendre les transports en commun ou d'autres modes de transport, il va y avoir une première réaction de rejet parce que les gens considèrent que c'est leur confort et leur liberté.

Mais tout d'un coup, lorsque l'on s'aperçoit qu'on peut faire autrement et que tous ceux qui peuvent faire autrement doivent faire autrement, on se dit qu'on gagne de nouvelles libertés et qu'on gagne beaucoup, par exemple, à faire du vélo quand on peut faire du vélo, notamment sur les pistes cyclables sécurisées.

14:18
Présentateur

Ce que vous reprochez parfois à vos concurrents, c'est d'avoir mis en quelque sorte la charrue avant les bœufs, d'avoir fait moins de place à la voiture à Paris sans favoriser suffisamment, par exemple, le vélo. Et par exemple, le vélo en partage qui est le service qui s'appelle Vélib à Paris. Il a changé de fournisseur il y a maintenant deux ans et demi. Est-ce que vous reconnaissez que sur ce point précis, celui du Vélib, vous avez raté le coche ?

14:39
Anne Hidalgo

Écoutez, je ne veux pas revenir sur Vélib. Aujourd'hui, vous avez 350 000 abonnés. Vous avez un service qui fonctionne mais qui peut toujours être perfectible.

14:49
Présentateur

On en est à 200 000 abonnés. Là où il y en avait, 300 000, 350 000, ce sont les utilisateurs quotidiens. Sur les derniers chiffres qui sont sortis maintenant, 200 000 abonnés, là où il y en avait 300 000 il y a trois ans.

15:00
Anne Hidalgo

Et on va poursuivre parce que la montée en charge même du Vélib 1 avait été assez lente.

15:06
Présentateur

Moins de Vélib qu'il y a trois ans à Paris.

15:09
Anne Hidalgo

La montée en charge avait été aussi très lente pour le Vélib 1. Je me souviens, il avait fallu changer les 20 000 Vélib au bout de deux ans parce qu'ils étaient détériorés. Donc ça, effectivement, on peut toujours s'améliorer. Après, moi, je respecte la loi. Quand il y a un marché public, quand une entreprise gagne, je ne suis pas...

15:29
Présentateur

C'est vous qui l'avez passé, le marché public.

15:30
Anne Hidalgo

Oui, mais vous le passez avec des règles très claires et vous ne pouvez pas commettre le délit très grave, qui est le délit de favoritisme si jamais vous ne tenez pas compte de la notation qui est attribuée à tel ou tel. Mais je ne vais pas revenir là-dessus. Vous savez, on me parle de méthode, mais attendez, je prends la méthode de Mme Buzyn. Moi, ma méthode, elle n'a jamais mis des milliers de personnes dans la rue. Aujourd'hui, Mme Buzyn qui me donne des leçons de méthode, elle a été ministre de la Santé. Ça, elle ne peut pas s'en dédouaner. Certes, elle a quitté son ministère au pire moment, mais regardez la situation des hôpitaux.

Moi, je n'ai pas eu de manifestation, je n'ai pas eu de grève massive du service public parisien sur les décisions que j'aurais prises. Et ça, je crois que cette question de la méthode, en fait, elle cache une volonté d'inaction. Parce que ce sont ces mêmes personnes qui, quand elles vous parlent d'écologie, vous disent que c'est une punition. Donc on garde le cap et on garde la méthode. Il faut garder le cap. D'abord, vous savez, nous n'avons pas la possibilité de ne pas garder ce cap. Ce que nous disent tous les scientifiques, ce que nous disent aussi tous ceux qui nous alertent depuis des années, c'est qu'il y a urgence. Plus personne ne peut contester l'urgence.

Ce que je veux dire aussi aux Parisiens, c'est que nous avons fait une très, très grande partie du chemin. Une très grande partie du chemin. D'abord parce que nous y sommes engagés depuis 2001. Parce que depuis 2014, nous avons accru et parce que l'urgence est là, nous avons, par exemple, transformé de façon très importante nos infrastructures pour pouvoir être à vélo de façon plus sécurisée. Nous avons élargi les trottoirs pour faire en sorte que le premier mode de déplacement à Paris, qui est la marche à pied, puisse se faire de meilleure façon. Et nous avons évidemment réduit la place de la voiture.

Tous les candidats qui vous diraient qu'il faudrait aller moins vite, changer de méthode, c'est-à-dire ne pas faire, tous ces candidats-là, en fait, vous promettent un avenir dans lequel on étouffera à Paris.

17:37
Présentateur

Votre principal adversaire aujourd'hui, c'est Alias Buzyn, plus que Rachida Dati.

17:40
Anne Hidalgo

Je n'ai pas de principal adversaire. C'est elle que vous ciblez plus nettement, en tout cas. Pas vraiment. Je pense que Rachida Dati, qui commet quand même et qui tient des propos souvent très outranciers, je pense notamment aux amalgames qu'elle a pu faire entre immigration et terrorisme. Elle a quand même osé. Rachida Dati, qui est soutenue par toute la famille Le Pen, pour moi, ne porte pas un projet qui soit compatible. Pas par la fille, pas par Marie-Gloë. Je crois qu'elle a aussi indiqué que ça ne m'a pas échappé.

18:15
Présentateur

Annie Dalgo, je vous l'interromps, il est 8h51, on va poursuivre, si vous voulez bien, cet entretien. Dans un instant, d'abord, le rappel de l'actualité avec Mélanie Delonnet.

18:23
Locuteur 1

Un TGV Strasbourg-Paris déraille près de Saverne, dans le Bas-Rhin. La motrice et les quatre premiers wagons sont sortis déraille, selon les informations de France Bleu Alsace. Le conducteur du train est blessé. Les élus locaux conviés cet après-midi au ministère de la Cohésion des Territoires, réunions avec huit ministres pour faire le point sur les mesures prises contre le coronavirus dans les écoles ou pour les élections municipales. Les chercheurs appelaient à quitter leurs labos et leurs universités aujourd'hui pour dire leur inquiétude face à la loi de programmation pour la recherche en préparation, journée de grève et manifestation cet après-midi à Paris.

La deuxième place en finale de la Coupe de France de football se joue ce soir entre Saint-Étienne et Rennes. Le vainqueur affrontera le Paris Saint-Germain qualifié grâce à sa victoire 5 buts à 1 à Lyon. France Info. Et tout est plus clair.

19:15
Présentateur

Je voudrais qu'on s'arrête quelques instants sur ce qui se passe en ce moment à quelques milliers de kilomètres de la France, du côté de la frontière entre la Grèce et la Turquie, où plus de 10 000 personnes venues de Turquie mais souvent également d'autres pays se pressent en ce moment aux frontières de l'Europe. L'Europe qui dit non, qui refuse d'ouvrir cette frontière grecque. Est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui l'Europe devrait les accueillir ?

19:37
Anne Hidalgo

D'abord c'est une situation extrêmement préoccupante qui a jeté à nouveau sur les routes, sur les mers, des milliers de femmes et d'hommes. Comme nous l'avons vu depuis l'été 2015, je pense qu'il faut que l'Europe soit à la hauteur et elle ne l'est pas. Parce que c'est d'abord un problème européen. Il faut organiser les choses.

Si on laisse faire, si on considère que des murs ou des attitudes qui vont être des attitudes extrêmement violentes, on a vu des scènes pour repousser tous ces migrants, ces réfugiés qui étaient aussi d'une extrême violence, si on pense que ça va suffire ou que des paroles qui sont souvent des paroles vraiment indignes, et en tous les cas qui ne tiennent pas compte de l'humanité que l'on devrait avoir pour traiter ces situations, si on pense que ça va freiner les phénomènes, on se trompe totalement. Vous souhaitez que la France accueille quelques-uns de ces réfugiés, de ces migrants ? Je fais partie de celles et ceux qui pensent depuis longtemps qu'il faut accueillir et organiser l'accueil.

Alors pas tout le monde, pas dans n'importe quelle condition et pas tous au même endroit, mais accueillir en mettant en place des lieux qui soient des lieux dignes d'accueil de ces réfugiés pour pouvoir examiner évidemment leur situation, pour pouvoir voir aussi la situation sanitaire de ces personnes. Souvent, lorsqu'elles viennent de parcours migratoires très très longs, elles sont dans une situation terrible. On voit aussi beaucoup de femmes qui arrivent victimes de viols, beaucoup d'enfants qui naissent justement de ces viols qui se sont produits sur ces parcours migratoires. Et il nous faut faire preuve d'humanité.

21:18
Locuteur 5

Accueil donc en France, donc aussi à Paris ?

21:20
Anne Hidalgo

Partout. Et vous savez, j'avais fait une proposition en 2015, quand on a été confronté justement à cette première vague de réfugiés, avec d'autres maires, avec des grandes associations, pour qu'il y ait sur les parcours migratoires des lieux qui puissent être des lieux d'accueil. Parce que ce qu'il faut éviter, c'est le chaos. Lorsque ça n'est pas organisé, c'est le chaos.

Ce qu'il faut éviter aussi, à la fois pour ces populations réfugiées qui essayent de trouver un peu de lumière quelque part sur la planète, il faut éviter aussi aux riverains des endroits où viennent se constituer ces campements, et on en a connu beaucoup dans le nord de Paris, à la porte de la Chapelle, à la porte d'Aubervilliers, éviter aussi aux riverains d'avoir à subir des situations qui sont terribles. Je l'ai vu, je me suis rendu pendant 20 semaines de suite, toutes les semaines, à la porte de la Chapelle, pour discuter aussi avec les riverains. Donc il faut organiser les choses.

Et j'avais fait une proposition de loi, qui n'a pas été suivie, pour justement qu'il y ait cette organisation. Et les maires de France, via l'association aussi des maires de France, avaient fait des propositions dans ce sens. Parce que le sujet n'est pas qu'à Paris, il est aussi à Nantes, il est à Rennes, il est à Toulouse, et bien en ailleurs.

22:39
Présentateur

Anne Hidalgo, je voudrais qu'on termine par une note un peu plus légère. Hier soir, en arrivant sur le plateau d'Elseillon, vous a demandé comment vous étiez arrivé jusqu'au débat. Je ne vous poserai pas la même question ce matin, mais écoutez, votre réponse, hier soir, face à David Pujadas.

22:51
Anne Hidalgo

Je suis venue en métro, la ligne 1, puis la ligne 9, ou la ligne 3, je ne me souviens plus. Vous êtes usagère régulière ? Voilà, régulière, et je suis descendue ici, tout près, et je suis venue en métro.

23:09
Locuteur 5

Alors est-ce que vous avez retrouvé la mémoire ce matin ? Quelle ligne et quelle station ?

23:12
Anne Hidalgo

D'abord, c'était la 1 et la 9. Bon, il se trouve que je prends beaucoup le métro. Et donc, comme tous les Parisiens, quand ce n'est pas ma ligne habituelle, je peux aussi faire des mélanges. J'avais pris la ligne 3 un tout petit peu avant. Donc la 1 et la 9, et je suis descendue à la porte de Saint-Cloud.

23:29
Présentateur

Vous prenez tous les jours, le métro ?

23:30
Anne Hidalgo

Je prends très souvent le métro. Ce matin, je suis venue en voiture électrique, mais je prends très très souvent le métro. Souvent la 1, souvent la 11, souvent la 12, souvent la 3. Bref, je prends un peu partout dans Paris. Et puis le vélo.

23:43
Présentateur

Je ne sais pas comment vous viendrez marguer prochain, à l'hidalgo, pour le deuxième débat qui aura lieu cette fois sur le service public. Je déciderai en fonction du temps. Avec France Info, avec France 3 Île-de-France, avec nos amis de France Bleue. Également, tous les candidats ont dit oui, à une exception près, ce matin encore. C'est Rachida Dati. Est-ce que vous le regrettez ?

24:02
Anne Hidalgo

Elle est libre de faire ce qu'elle veut et de porter sa parole où elle veut. En tout cas, moi, je serai là.

24:07
Présentateur

Même débattre sans elle, ce n'est pas un problème ? Elle fut le débat aujourd'hui, Rachida Dati. Comment vous l'expliquez ?

24:12
Anne Hidalgo

Je n'ai posé lui la question. Vous savez, je ne suis absolument pas porte-parole de mes concurrentes.

24:18
Présentateur

Ça ne nous avait pas échappé un seul instant. Merci beaucoup. Merci à vous. Anne Hidalgo, dans 10 jours, les élections municipales à suivre chaque jour sur France Info, radio et télé sur le canal 27. Merci à vous. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr. Disponible aussi sur l'application Radio France.