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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 9 mai 2022 51 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiSolidarités & familleInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Contre-Matinale #136 | Législatives : La grande bataille a commencé

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 18:25OuverteRéponse directe

    Comment vis-tu cette accélération de ta candidature aux législatives ?

  • 19:56OuverteRéponse directe

    Peux-tu évoquer les étapes de ta politisation ou de ta démarche citoyenne ?

  • 22:51OuverteRéponse directe

    Est-ce que le capitalisme français cible ces femmes immigrées parce qu'elles ont besoin de travail ?

  • 24:51OuverteRéponse directe

    Comment s'est passée ta politisation via la lutte syndicale ?

  • 27:51OuverteRéponse directe

    Et donc vous avancez dans le combat ?

  • 28:03OuverteRéponse directe

    Quel impact a eu le viol supposé d'une collègue sur ton parcours ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:53PrésentateurChiffre
    « Nous devons atteindre 10 000 abonnés à jour pour ne pas mourir. »
  • 1:48PrésentateurChiffre
    « Les macronistes investissaient 263 candidats aux législatives, reconquêtent le parti d'Éric Zemmour, investissaient 550 candidats. »
  • 12:42InvitéChiffre
    « Emmanuel Macron aurait profité de rabais de l'ordre de 75% pour deux soirées organisées sur la scène de théâtre parisien. »
  • 12:57InvitéChiffre
    « Le 8 mars 2017, le Théâtre Antoine a été facturé 3 000 euros au candidat Emmanuel Macron. »
  • 13:07InvitéChiffre
    « Or, selon France Info, ce type de soirée est habituellement facturé 13 000 euros TTC. »
  • 20:02PrésentateurFait
    « Tu es une petite fille d'Abidjan, la fille d'un chauffeur de bus et d'une petite commerçante qui vend des habits pour bébés sur le marché d'Adjamé. »
  • 21:08InvitéFait
    « Dès 2003 déjà, je rentre avec la sous-traitance qu'on appelle synesthèse. »
  • 23:20InvitéFait
    « On te paye mal si tu fais pour réclamer tes chambres ou même pour réclamer ta paie. »
  • 23:28InvitéChiffre
    « À la fin du mois j'ai 700, 800 euros. »
  • 25:31InvitéFait
    « Avec ce syndicalisme, la CGT propriété, les patrons profitent pour pouvoir abuser de nous les mamans. »
  • 27:48InvitéFait
    « Il s'appelle M. Claude Lévy et Mme Tiziri-Condi. »
  • 28:35InvitéFait
    « En 2017, sur son lieu de travail par l'ancien directeur de l'hôtel Ibis-les-Batignoles. »
  • 31:05InvitéFait
    « Mais je peux dire que ça arrive et les clients sont protégés. »
  • 33:24InvitéFait
    « Elle a dit « Oui, comme il n'y a pas eu d'attouchement et qu'on ne t'a pas brutalisé, on ne peut pas prendre la plainte et qu'on peut te faire une main courante. » »
  • 34:31InvitéFait
    « si nous sommes allés en grève pendant 22 mois c'est pour dénoncer tout ce système-là pour avoir de meilleures conditions de travail et d'avoir notre dignité. »
  • 34:40InvitéFait
    « vous voyez quelqu'un qui vient qui vous touche les seins c'est de l'humiliation. C'est de l'humiliation. Et on n'est pas protégés. »
  • 36:13InvitéChiffre
    « les députés votent une loi pour pouvoir même payer c'est-à-dire 10 euros aux femmes de ménage de l'Assemblée nationale »
  • 41:51InvitéFait
    « une seule salariée qui travaille à l'EHPAD a 12 patients sur son dos ou 17 patients sur son dos »
  • 42:13InvitéFait
    « ils savent qu'ils ont droit parce qu'ils travaillent c'est pour ça qu'ils sortent pour réclamer les papiers »

Temps de parole

  • Invité47 %
  • Présentateur41 %
  • Invité 25 %
  • Invité 33 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Salut à toutes et à tous et bienvenue sur le plateau du Média TV. Nous sommes le lundi 9 mai 2022 et vous regardez notre premier direct de la semaine. Une semaine durant laquelle on parlera beaucoup des élections législatives à venir, peut-être les plus déterminantes de ces dernières décennies. Ce n'est peut-être pas innocent, ce week-end, il y avait à la fois l'investiture d'Emmanuel Macron et le lancement de la campagne des législatives d'un grand nombre de forces politiques. Le président sortant et entrant sera-t-il le premier à être soumis à une cohabitation quelques semaines après sa prise de fonction ? On suivra tout ça les jours et les semaines qui viennent. On le suivra grâce à vous.

Le Média est indépendant des pouvoirs politiques et de l'argent et notre survie est mise à rude épreuve. Nous devons atteindre 10 000 abonnés à jour pour ne pas mourir. Engagez-vous, abonnez-vous et soutenez le droit à la différence dans le paysage audiovisuel français. La matinale du Média TV épisode 136, c'est parti. Je le disais ce week-end, Emmanuel Macron était réinvesti à la tête du pays par Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel. Et toujours ce week-end, de nombreuses familles politiques se réunissaient pour matérialiser leur lancement de campagne en vue des législatives des 12 et 19 juin.

Les Républicains organisaient un conseil national, les macronistes investissaient 263 candidats aux législatives, reconquêtent le parti d'Éric Zemmour, investissaient 550 candidats. Et la nouvelle Union populaire, écologique et sociale organisait une convention commune. C'était à Aubervilliers et l'une des candidates à électriser la salle, c'était Rachel Kéké, figure de la lutte héroïque des femmes de chambre de l'hôtel Ibis-Batignol et candidate dans la septième circonscription du Val-de-Marne. Rachel Kéké est l'invité de cette matinale. Nous sommes bien entendu très honorés de la voir bientôt sur notre plateau. Mais d'abord, place à la titrologie. L'élection présidentielle est passée.

L'actualité internationale riche et déterminante retrouve sa place à la une des journaux. Bien entendu, le cœur battant du monde en ce moment se trouve quelque part à la frontière entre la Russie et l'Ukraine. Et aujourd'hui, c'est le 9 mai, date anniversaire de la victoire de l'armée rouge sur l'Allemagne nazie. Cette journée d'histoire a été et sera instrumentalisée par Vladimir Poutine dans le contexte que nous connaissons. Et bien entendu, hors de Russie, on scrute les signaux que ne manquera pas d'envoyer le maître du Kremlin. Poutine affiche sa force et enrôle l'histoire. Peut-on lire à la une du Figaro, le quotidien de la droite traditionnelle écrit ?

Le président russe présente l'invasion de l'Ukraine comme la poursuite du combat contre les nazis et parle de grandes vagues patriotiques orchestrées par le Kremlin. En Russie, l'histoire n'est de la guerre, titre de son côté, la croix. La commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale, mise au service de la propagande contre l'Ukraine, ravive les divisions parmi les Russes, estime le quotidien d'inspiration catholique. Libération considère que le 9 mai en Russie, c'est la parade des faux-semblants.

Prenant plus de recul sur cette actualité, Le Monde consacre un long et riche dossier de quatre pages à la tempête sur le grenier à sable du monde, le grenier à blé du monde, c'est-à-dire l'Ukraine. On peut y lire un reportage qui raconte la formidable logistique agricole ukrainienne, aujourd'hui mise à l'arrêt, en tout cas empêchée. Un reportage dont je vous lis un extrait. Une calamité s'est abattue sur l'Ukraine, la guerre. Et cette calamité menace le reste du monde dans un engrenage potentiellement dévastateur de hausse des prix alimentaires, de malnutrition, de famine, de colère sociale et politique, de migration. Car l'Ukraine est plus que le grenier à blé de l'Europe ou du monde.

Elle fournit des volumes gigantesques de céréales, maïs, colza, tournesol, orge, qui font tenir en équilibre régime alimentaire et régime politique, marchés mondiaux et marchés locaux, du prix du pain à celui des poulets, des huiles de cuisson aux agrocarburants, dans cette mondialisation puissante, mais dont on redécouvre la fragilité lorsque le manque de grains vient gripper la machine. Le Monde publie aussi une carte et des graphiques qui nous donnent une mesure des processus agricoles entravés et des stocks de denrées alimentaires bloqués.

Au milieu de toutes ces considérations géopolitiques, le quotidien d'inspiration communiste L'Humanité consacre sa une à la convention de la nouvelle Union Populaire. Gauche, rendez-vous avec l'Histoire, titre L'Humain, qui écrit que la NUPES, N-U-P-E-S, bon moi je dis NUPES, a présenté les axes de son programme et plusieurs de ses candidats à Aubervilliers ce samedi. Et que dans une ambiance joyeuse et déterminée, elle a affirmé son objectif, conquérir le pouvoir lors des législatives. La convention de la NUPES est abondamment évoquée par les médias indépendants en ligne.

Mediapart publie entre autres un papier d'analyse dont le titre est « Mélenchon et le PS, l'exception d'une scission réussie ». Mediapart écrit « Depuis l'unification du socialisme français, aucune des dissidences n'avait réussi à reconfigurer la gauche à son profit ». 14 ans après son départ du PS, c'est ce que Jean-Luc Mélenchon est en passe de réussir en ayant su s'adapter à des circonstances favorables. Quelles sont ces circonstances favorables ? Dans toutes les démocraties occidentales, constate Mediapart, les systèmes partisans subissent les soubresauts de la grande crise de 2008.

Les allégeances politiques traditionnelles sont déstabilisées et le vent est porteur à gauche pour une contestation démocratique, sociale et écologiste de la mondialisation plus qu'étroitement souverainiste. C'est sur ce terreau que prospère la France insoumise. Par ailleurs, Mélenchon profite d'un affaissement du parti à la rose qui n'a jamais su choisir entre ancrage renouvelé à gauche et social-libéralisme. Mélenchon à sa gauche et Macron à sa droite s'offrent comme issus à une base électorale socialiste qui s'effondre sur elle-même, écrit Mediapart. À Aubervilliers, la NUPES se rassemble pour l'histoire.

C'est le titre de l'article que le BondiBlog consacre à l'événement en ayant un souci particulier pour les quartiers populaires dont la tenue de la convention à Aubervilliers, justement, est un symbole. Les quartiers populaires ont été longuement évoqués samedi dernier. Mais sont-ils un simple marché électoral ? Le BondiBlog relaie l'irritation d'Ali Juwara, militant et fondateur du collectif La Seine-Saint-Denis au cœur.

À travers la NUPES, les candidats investis et issus des quartiers populaires représenteraient moins de 2 %, alors même que le département de La Seine-Saint-Denis a lui seul contribué à 3,4 % des suffrages exprimés en faveur de Jean-Luc Mélenchon selon le militant associatif vivant à la Courneuve. Le BondiBlog conclut, et je le cite, « à se demander qui de la gauche et de l'électorat populaire sert l'autre ». Événement historique pour les partis, la NUPES a encore beaucoup à prouver. Il s'appelle Jean-Marc Dumontet, il est directeur de théâtre et ces dernières semaines, les médias mainstream se l'arrachent.

Attention, il ne fait pas le tour des émissions culturelles, mais des matinales et des émissions politiques. Et pour cause, il est un des infatigables avocats médiatiques d'Emmanuel Macron. Il est marrant, Jean-Marc Dumontet. Il n'en est pas une contradiction près pour voler au secours de son grand homme. Trois jours après le second tour de la présidentielle, il était sur le plateau de RTL et se posait en dix heures de vérité, en ami qui s'est déplaire au monarque présidentiel, loin de toute passion pour Tizane.

8:40
Invité

Je pense que quand on aime les gens, quand on aime les gens, on doit être un contradicteur. Quand on les apprécie, quand on a envie qu'ils aillent haut, il faut essayer d'élever le débat avec eux. Et donc oui, je pense que quand on a envie, quand on pense que les gens ont un grand destin, il faut essayer de les accompagner très modestement, en les poussant dans le retranchement et en essayant à chaque moment qu'ils soient les meilleurs possibles. Donc c'est évidemment le cas de mes artistes. Et puis quand je parle au président, j'essaye de lui apporter d'autres sons de cloche pour élargir son spectre de réflexion. Vous lui dites la vérité à Emmanuel Macron ?

J'essaye toujours parce qu'autrement, je n'ai aucune valeur ajoutée.

9:22
Présentateur

Après avoir écouté ça, on se dit « Eh ben, voilà un bon pote ! » Et puis, patatras !

9:28
Locuteur non identifié

Vous en avez parlé par exemple avec lui, vous lui avez conseillé des choses ?

9:33
Invité

On en a souvent parlé, parce que vous savez que les petites phrases étaient très controversées. Je considère que cette accusation d'arrogance devient insupportable. Quand à l'issue du débat, on ne retient que ça, alors qu'on aurait dû retenir que nous avions un président sortant qui connaissait ce dossier, qui maîtrisait ce dossier, était donc en capacité de gouverner le pays, en capacité de faire face aux grands défis, je trouve que c'est un grand appauvrissement de la réflexion. Et je trouve que c'est une entienne assez désagréable, au fond, anti-élite primaire. Et on a besoin de gens qui savent, qui connaissent leur dossier.

On a besoin de gens compétents, on a besoin de gens qui sont capables d'affronter le monde. Et donc, ce permanent procès d'arrogance est insupportable, parce que je pense qu'Emmanuel Macron est un homme courtois, vous le voyez.

10:22
Présentateur

Euh, non, non, on ne voit pas. Mais bon, Jean-Marc Dumonté était samedi dernier sur le plateau de France Info et il a été interrogé sur une image qui a fait le buzz, celle de quatre représentants, des quatre représentants des différentes tendances de la Macronie qui ont négocié, disent-ils, quatre nuits et quatre jours durant afin de s'entendre sur le partage du gâteau électoral. Si l'image a fait le buzz, c'est parce que le cattuor de tête de la Macronie est très, très masculin.

10:53
Invité

Vous, l'homme de scène, cette image, comment vous l'avez trouvée ? Ça manquait terriblement de femmes, non ? C'est pas la meilleure. Dans les nominations qu'il y a eues pendant ces cinq ans, notamment dans les théâtres, il y avait une obsession de la parité. Et elle est nécessaire. Et on doit véritablement... Mais autour d'Emmanuel Macron, là où on fait les arbitrages, les lieux ultra-politiques, ce ne sont que des hommes. Il y a beaucoup d'hommes dans la classe politique aujourd'hui.

11:21
Présentateur

Quand on vous dit que notre merveilleux guide a tous fait vraiment tout ce qu'il peut, mais quel peuple ingrat, comme dirait son papa. Jean-Marc Dumonté, c'est se montrer impitoyable tout de même, quand il s'agit de l'opposition. Et bien entendu, du très, très, très, très, très méchant Jean-Luc Mélenchon.

11:41
Invité

Il y a, sur la question de l'état de droit, chez Jean-Luc Mélenchon, de très graves entorses. Regardez à nouveau les images de sa perquisition, c'est invraisemblable. C'est invraisemblable. Quand on est élu, on n'est pas au-dessus des lois. Il n'est pas républicain pour vous ? En tout cas, que ce soit sur les contre-pouvoirs, la presse ou la justice, il n'a pas une attitude respectueuse par rapport à l'état de droit.

12:07
Présentateur

Seuls ceux qui ne connaissent pas le background de Jean-Marc Dumonté, peuvent l'écouter parler d'état de droit et de justice sans ticket. En effet, dans une république exemplaire, le directeur de théâtre macroniste aurait pu, aurait dû, être mis en examen. Il aurait pu, lui-même, être perquisitionné. En effet, à la suite de la présidentielle de 2017, il était impliqué dans une affaire de sous-facturation étouffée dans l'œuf. Au centre de la polémique, deux de ces théâtres. Deux de ces théâtres. Écoutons ce qu'on disait à l'époque, le quotidien, l'Alsace.

12:42
Invité

Emmanuel Macron aurait profité de rabais de l'ordre de 75% pour deux soirées organisées sur la scène de théâtre parisien, le 6 février 2017 à Bobineau, puis le 8 mars au Théâtre Antoine, indique France Info. Le 8 mars 2017, le Théâtre Antoine a été facturé 3 000 euros au candidat Emmanuel Macron. Le 6 février à Bobineau, l'équipe de campagne a déboursé le même montant. Or, selon France Info, ce type de soirée est habituellement facturé 13 000 euros TTC. Contacté, Jean-Marc Dumonté a affirmé qu'En Marche avait surtout bien négocié. Il m'avait bloqué plusieurs dates, j'avais un peu râlé. Finalement, ils sont revenus vers moi à la dernière minute, au moment où ils pouvaient négocier.

Le producteur conteste toute idée de cadeau fait au candidat Macron. Mouais,

13:29
Présentateur

ils m'avaient bloqué plusieurs dates, ils sont revenus, ils pouvaient négocier. Jean-Marc Dumonté était pourtant bien proche de la campagne et du couple Macron, comme cette petite vidéo le démontre, une vidéo tournée à la fin d'une soirée organisée au Théâtre Saint-Antoine, notamment contrôlée par Jean-Marc Dumonté.

13:50
Invité

Jean-Marc Dumonté, je ne sais pas où est Jean-Marc qui nous a accueillis dans ce théâtre. Où est Jean-Marc ? Jean-Marc, merci. Magnifique Théâtre Antoine, Jean-Marc et Laurent Routier pour ce théâtre. Merci.

14:10
Présentateur

Aujourd'hui, Jean-Marc Dumonté reconnaît sans gêne avoir été impliqué personnellement, directement dans la campagne 2017 de son client Emmanuel Macron.

14:21
Locuteur non identifié

Le champ de mars, l'arrivée avec les enfants, le soir de la victoire, tout ça, vous n'y êtes pourri. Non, ce n'est pas moi du tout.

14:26
Invité

Il a heureusement une équipe qui s'occupe de ça. J'ai été extrêmement présent en 2017. J'ai essayé très modestement de contribuer à chaque fois qu'il aurait pu me le demander. mais ça s'arrête là. Il faut arrêter de fantasmer sur les rôles des uns et des autres.

14:41
Présentateur

J'ai été extrêmement présent en 2017. Ah ouais, notamment en faisant des ristournes tellement exagérées qu'elles peuvent être interprétées comme du financement illégal. Des ristournes au sujet desquelles l'ancien président de l'association Anticor disait, et je le cite, « Je suis très étonné que la Commission nationale des comptes de campagne n'ait pas tchiquée parce que cela ressemble vraiment à des dons interdits de personnes morales. » Bien entendu, il n'y a jamais eu d'enquête judiciaire sur les grosses ristournes accordées à Emmanuel Macron par Jean-Marc Dumonté et par d'autres fournisseurs.

C'est pour cette raison que le directeur de théâtre, pressenti pour devenir le futur ministre de la Culture, peut jouer au fou du roi et distribuer bons et mauvais points sur les antennes des radios publiques et privées. C'est bientôt pour moi le moment de recevoir sur ce plateau Rachel Kéké. Rachel Kéké, je le rappelle, et pour ceux qui prennent cette matinale en cours, elle est la porte-parole des femmes de chambre de l'hôtel Ibis-Batignol qui ont été victorieuses après 22 mois de grève contre la direction du groupe Accor. Aujourd'hui, Rachel mène un nouveau combat.

Elle est candidate à la députation dans la septième circonscription du Val-de-Marne, candidate pour le compte de la nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale. Et samedi dernier, lors de la convention de la gauche unifiée, son intervention a fait le buzz. On écoute cette intervention pendant qu'elle prend place sur le plateau.

16:21
Invité

Bonsoir à toutes et à tous. Nous avons mené une lutte pendant 22 mois contre le grand groupe Accor hôtelier. Nous avons mené cette lutte parce que, vous savez, la sous-traitance, c'est la maltraitance. La sous-traitance, c'est le rabaissement. La sous-traitance, c'est l'humiliation. La sous-traitance, c'est la paix et la dignité. La sous-traitance, il y a du viol dans la sous-traitance. C'est ce que nous, les femmes de chambre et gouvernantes de l'hôtel Ibis-les-Batignolles, avons subi. Nous avons mené cette lutte jusqu'à la victoire. Et pourquoi pas aller à l'Assemblée nationale pour décider des lois concrètes. C'est nous, c'est nous les essentiels. C'est nous qui faisons la France.

Si nous ne travaillons pas, il n'y a pas, ne voyons pas. Il est temps

18:23
Présentateur

et le moment est arrivé. Bonjour Rachel et bienvenue sur le plateau du Média. Bonjour Théphine. Alors la dernière fois que je t'ai vu ici, c'était parce que tes collègues et toi voulaient réagir à des déclarations de Sébastien Bazin, PDG du groupe Accor, qui possède entre autres les hôtels Ibis, qui voulaient en quelque sorte amoindrir le combat des femmes de chambre de l'Ibis-Batignol. Et aujourd'hui, nous te recevons comme candidate aux législatives dans la septième circonscription du Val-de-Marne qui contient les villes de Rungis, Chevilly-la-Rue, Thiers, Freyne et Lé-Les-Roses.

Et déjà samedi, tu as crevé les crans lors de la convention de la Nouvelle Union Populaire comme on vient de le voir. Comment est-ce que tu vis cette accélération ?

19:04
Invité

Je vis ça très bien parce que je pense que le moment est venu que quand même je sois la porte-parole des 100 voix. J'ai été la porte-parole d'une lutte qu'on a gagnée. Donc, je pense que ça peut aller encore au-delà. Donc, franchement, il n'y a pas... Je me sens très bien et je suis vraiment fière de moi de pousser encore la lutte plus long.

19:28
Présentateur

Tu es prête pour le combat, ce nouveau combat ?

19:30
Invité

Oui, pour moi, ce n'est pas un nouveau combat parce que j'ai déjà combattu, j'ai déjà fait mener une lutte. Mais aujourd'hui, je peux dire aller à l'Assemblée nationale, c'est aussi un combat aussi parce que c'est là-bas où tout se décide. C'est là-bas, on prend aussi des décisions et je sais qu'arriver à l'Assemblée nationale, je serai la voix des 100 voix.

19:55
Présentateur

Alors, je voulais qu'on évoque un peu les étapes de ta politisation ou disons de ta démarche citoyenne. Mais avant ça, au début, tu es une petite fille d'Abidjan, la fille d'un chauffeur de bus et d'une petite commerçante qui vend des habits pour bébés sur le marché d'Adjamé, c'est ça ? Le grand marché d'Adjamé que nous connaissons tous les deux. Alors, tu arrives en France, donc la petite fille d'Abidjan arrive en France très jeune, à 26 ans et depuis, elle ne fait que travailler. Quel regard tu portes rétrospectivement sur ce parcours ?

20:26
Invité

Mais, déjà quand je suis arrivé, il faut avoir des papiers d'abord parce que sans papiers on ne peut pas travailler. Je suis arrivé, c'est mon nom qui m'a fait venir pour tracer parce qu'en Côte d'Ivoire je faisais la coiffure et après, quand j'ai mis mon fils au monde, j'ai été régularisé et c'est comme ça, après j'ai commencé à travailler depuis 2003, depuis 2003, 6 avril 2003.

20:51
Présentateur

Entre temps, tu as fait de la coiffure à Paris ?

20:53
Invité

Oui, je faisais de la coiffure chez ma tante souvent à domicile, je me déplaçais pour aller aussi chez des gens pour aller coiffer et c'est comme ça que j'arrivais à survivre un peu et puis bon, voilà.

21:05
Présentateur

En 2003, tu entres au groupe à corps dès 2003 ? Oui,

21:08
Invité

dès 2003 déjà, je rentre avec la sous-traitance qu'on appelle synesthèse. Je fais, déjà la forme de chambre, je ne savais pas faire, je ne sais pas comment faire les chambres. Donc, c'est une amie qui m'a proposé « Rachel, est-ce que tu aimerais bien faire les chambres ? » Parce que comment j'ai eu mes papiers ? J'ai fait un mois de caissière, j'ai fait quelques semaines de personnes âgées et j'ai fait un mois de garde-enfants. Donc, vu que j'avais mes enfants et que ça ne me donnait pas le temps avec ce métier pour pouvoir m'occuper de mes enfants, donc je me suis dit « pourquoi pas ne pas chercher un autre boulot ?

» Et là, ça tombe au pif qu'une collègue m'appelle et bon, une amie m'appelle qui m'a dit « Rachel, je travaille dans un hôtel, est-ce que ça t'intéresserait de venir travailler ? » Et moi, tout de suite, j'ai dit « oui, pourquoi pas ? » Mais je me reste à avoir les heures, c'est-à-dire à quelle heure que je commence, si je peux déposer l'enfant à l'école, le récupérer après. Donc, elle m'a dit « tu commences à 9 heures et puis t'as 16 heures ou 17 heures, tu finis. » Donc, j'ai accepté ce métier aussi parce que mon enfant avait besoin de moi pour son éducation. Voilà, donc j'ai accepté ce métier. Je suis allée faire. Je ne savais pas faire, j'ai travaillé avec elle.

Elle m'a appris comment faisait les chambres et là, j'ai fait le premier jour, deuxième jour, troisième jour, j'ai fait avec elle et après, j'ai travaillé toute seule mais c'est un métier très dur, très dur et le premier jour que j'ai travaillé, je suis arrivé chez moi, je me demandais est-ce que je pouvais retourner encore pour faire ce métier-là parce que j'avais tout le corps qui me faisait m'assure comment m'avait boxé. Donc, après, j'ai pris mes courages en deux mains pour dire mais les hommes arrangent par rapport à l'enfant, mes hommes arrangent. Donc, d'où j'ai continué à faire la femme de chambre.

22:51
Présentateur

Justement, en fait, il y a beaucoup dans ce métier de femme de chambre, il y a beaucoup de femmes immigrées, mamans et souvent même mamans isolées qui ont besoin de ce travail. Est-ce que finalement, le capitalisme français, les patrons, ciblent en fait ces femmes parce qu'elles savent qu'elles ont tellement besoin de travail qu'elles vont s'accrocher ?

23:10
Invité

Mais ici, parce qu'ils se disent des femmes immigrées, sincèrement, il faut dire la majorité de ces femmes qui font le métier ne savent pas les écrits. Donc, par exemple, on te paye mal si tu fais pour réclamer tes chambres ou même pour réclamer ta paie, tu te dis mais j'ai fait 30 chambres, 40 chambres, 50 chambres, mais à la fin du mois j'ai 700, 800 euros. Et là, tu te demandes mais c'est pas normal. Pourquoi avoir 700, 800 euros pour tant que j'ai fait 30 chambres ? Et là, tu comprends et on t'a mal payé et quand tu vas réclamer ta paie, ils vont te dire non mais c'est pas grave le mois prochain, on va te faire un rappel, voilà.

Et ça reste comme ça, souvent tu fais pas le rappel mais comme ils savent qu'on a besoin de ça, on a besoin de ce métier pour pouvoir nourrir nos enfants, pour pouvoir souvenir nos besoins. Donc, ils profitent un peu de ça et ils se disent elles n'ont pas le choix, elles n'ont pas de niveau d'études et elles sont obligées de faire ce métier, ils profitent de ce système pour pouvoir nous exploiter.

24:04
Présentateur

ça compte beaucoup.

24:05
Invité

oui, elles ont des enfants aussi, elles ont des enfants, on a des enfants nourris à élever, donc ils se disent elles n'ont pas le choix, elles quittent, comment on appelle ça, dans leur pays d'origine, elles viennent, donc ils se savent aussi de ça pour pouvoir faire comment on appelle de l'exploitation et même je peux dire de la pure esclavagisme au sein de ce métier-là.

24:25
Présentateur

Alors, grâce à des personnes comme toi, des vraies influenceuses, plus que les influenceuses des réseaux sociaux, grâce à des personnes comme toi, ces femmes de chambre écrasées par la vie sont devenues actrices de leur destin. Toi-même, au départ, tu es une femme de chambre ordinaire, d'origine africaine, comme beaucoup de femmes de chambre, tu deviens gouvernante par la suite et le premier pas que tu fais, le premier pas de politisation, c'est la lutte syndicale. Comment ça se passe ?

24:52
Invité

Mais la lutte syndicale, pourquoi ? Parce que j'ai remarqué que dans ce métier, j'ai appris, c'est là-bas que j'ai appris, il faut se syndiquer. Parce qu'en se syndiquant, on peut te défendre. Parce que puisque c'est un métier dedans où il y a plein d'hassèlement moral, et que si tu ne te syndiques pas, on peut te licencer à des licenciements abusifs. Donc je me suis dit, pourquoi pas ne pas m'intéresser au côté syndicalisme pour pouvoir me syndiquer pour être protégé. et là je me suis, il y avait la CGT propriété qui était notre syndicaliste, là où je suis allée me syndiquer. Mais en ce syndicalisme, j'ai remarqué que c'est un syndicaliste corrompu.

Parce qu'avec ce syndicalisme, la CGT propriété, les patrons profitent pour pouvoir abuser de nous les mamans. Pourquoi je dis les mamans ? Parce que la majorité des femmes de chambre, c'est les femmes qui le font. Voilà, d'abuser de nous en fait, pour pouvoir, comment on appelle ça, nous exploiter. Et là je me suis dit, mais qu'on dit le syndicaliste c'est pour protéger le salarié. Mais ce n'est pas pour l'enfoncer. Parce qu'il y a des syndicalistes corrompus qui patent même jusqu'à ce que le patron licencie le salarié. Et on a vu que c'était très grave. Et là on s'est dit, mais il faut changer de syndicaliste.

Parce que moi, j'ai été nommé comme syndicaliste pour pouvoir défendre les salariés. Parce que moi-même de nature, je suis quelqu'un, je n'aime pas les justices en fait. Donc quand il y a une collègue qui est menacée, tout ce que je la défends. Donc c'est dans ce système que mes collègues ont commencé à m'adapter, ont commencé à plus m'aimer pour dire, sens-toi, comment on va faire ?

26:28
Présentateur

Et donc tu changes de branche, de sous-branche disons de la CGT.

26:35
Invité

Comment ça se fait ? Je change parce que déjà quand on avait nos revendications, on était allés donner à la CGT propriété pour pouvoir nous trouver des solutions et nous envoyer balader. Et c'est un collègue d'hôtel Ibisle-Batignol qui nous parle maintenant de la CGT-HP. Et là, je me suis dit, encore la CGT ? Parce que c'est, voilà, est-ce que la CGT-HP peut vraiment nous défendre, peut vraiment nous aider à sortir de cette souffrance ? Et là, mon collègue, il m'a convaincu, il m'a dit, on va y aller voir M. Lévy et Mme Tiziri-Condi pour pouvoir parler de nos revendications qu'on a portées devant la CGT propriété et pour leur expliquer nos conditions de vie.

Et nous sommes allés vers ce syndicalisme qui est la CGT propriété. Franchement, il y a des syndicalistes corrompus et des syndicalistes non corrompus.

27:24
Présentateur

C'est le CGT-HP aussi ça ?

27:26
Invité

Oui, hôtel économique et prestige. C'est là que tout a démarré. C'est là que tout a démarré. C'est un syndicalisme, mais moi franchement, je ne croyais plus vraiment aux syndicalistes. Mais avec ce syndicalisme, franchement, c'est un homme qui refuse l'exploitation, d'exploiter les salariés, de pouvoir m'attraiter des salariés. Il s'appelle ? Il s'appelle M. Claude Lévy et Mme Tiziri-Condi.

27:51
Présentateur

Et donc, vous avancez dans le combat. Alors, j'ai l'impression, en lisant à ton sujet, que quelque chose t'a beaucoup marqué dans ce parcours de politisation, c'est le viol, on va dire viol supposé, puisque l'affaire traîne toujours et c'est un vrai problème d'une femme de chambre par un directeur.

28:12
Invité

Mais vous savez, le métier de femme de chambre, c'est très dur. Quand on voit des grands hôtels comme ça dans les quatre murs, comme le métier est invisible, les clients se permettent à tout et même les directeurs. Notre collègue a subi cet agressement, ce viol, comme je peux dire, en 2017, sur son lieu de travail par l'ancien directeur de l'hôtel Ibis-les-Batignoles, aujourd'hui, on ne sait pas où elle a fait. On nous dit l'affaire aux assises, on nous dit l'affaire au pénal et depuis 2017, on n'avance pas. Et le 8 avril... Vous savez,

28:46
Présentateur

s'il est en prison ? S'il est...

28:48
Invité

Là, je ne sais pas. Je n'ai pas de nouvelles... En disant préventive. Je ne sais pas. Franchement, je ne sais pas où elle a fait, mais on est là. Nous sommes tous à l'écoute pour voir où est-ce que jusqu'en l'affaire peut aller. Nous subissons...

29:03
Présentateur

son premier réflexe, c'est de t'appeler.

29:05
Invité

Oui, parce que... Parce que c'est... C'est une collègue, vraiment. Elle sait comment je défends. Je les défends. Comment je les écoute. Donc, la première... Quand ça l'arrivait, elle m'a appelée. Elle m'a appelée sur mon téléphone. Elle m'a demandé « Mais Rachel, tu es où ? » Et je lui dis « Je suis au 4e étage. » Elle me dit « Tu descends, tu viens. » Et je vois qu'elle en pleure et je lui demande « Mais qu'est-ce qui se passe ? » Elle me dit « Non, tu viens, tu viens. » Et moi, tout de suite, je descends et après, je trouve dans la chambre qu'il y avait nos responsables, plus de gouvernantes et même je ne suis pas rentrée. Et après, je suis remontée. Je l'appelle et elle n'a rien dit.

Elle ne m'a pas expliqué réellement ce qui s'est passé. Et après, je redescends encore pour la revoir et là, je trouve la police. Et je demande au monsieur « Mais qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui est arrivé à ma collègue ? » Et il m'a dit « Madame Saint-Viol. » Et là, j'ai été vraiment choquée parce que le matin quand on est tous arrivés, il y avait de bonnes humeurs, il y avait tout se passait très bien et comment du coup ça arrive dans le viol ? J'étais vraiment traumatisée. On était tous traumatisés et là, on nous empêchait dans l'hôtel de parler de ce viol. Il y avait une consigne de ne pas parler.

Mais la responsable, je peux dire la gouvernante générale d'accord qui marchait sur les poings de ses pieds pour nous empêcher de parler de ce viol. Et qu'on ne pouvait pas parler. On avait peur de parler. Souvent, quand tu viens parler, on te dit « Non, tu ne parles pas de ça. » Et quand même tu parles de ça, tu suis ton employeur pour dire que « Non, tu parles de ce viol. » Donc, notre collègue était violé mais moralement aussi, comme je peux dire, on nous a scéléré de ne pas dire les choses. Et c'est quand nous sommes allés en grève qu'on a dénoncé ce truc-là.

30:48
Présentateur

C'est troublant parce que justement quelques années avant, dans un hôtel du groupe Accor aux États-Unis à l'affaire Dominique Troscan, et on n'imagine pas qu'après tout ce tapage, il puisse encore avoir la loi de l'OMERTA dans un hôtel Accor en France.

31:03
Invité

Mais je peux dire que ça arrive et les clients sont protégés. Parce que le 8 avril, j'ai une collègue aussi, pareil, en allant déjeuner, qui m'appelle sur mon téléphone et me dit « Je dois aller faire mes chambres parce que je viens de finir. Je vais finir ma pause. Je vais aller faire ma chambre. » Et elle est montée pour aller faire sa chambre. Cinq minutes après encore, elle m'appelle sur le téléphone. « Rachel, il faut que tu viennes vite parce que j'ai le client, j'ai ouvert la porte, je rentre pour faire la chambre. Ils sont nus de sa chambre. Ils me montrent sans cesse, ils m'appellent de venir. » Donc, c'est fréquent. Et qu'est-ce qui s'est passé ?

Il y a eu des poursuites judiciaires ? Non, parce qu'elle est partie. Quand je suis arrivée, le client, il s'est vite rhabillé et comme ma collègue était paniquée, elle parlait et lui, il partait et il l'envoyait balader en fait. Et moi, je suis tombée sur le client et j'ai dit au client « Tu ne bouges pas. Parce qu'ici, nous ne sommes pas des prostituées. Nous sommes là pour travailler, nous sommes des mères des familles. Ce n'est pas parce que vous venez à l'hôtel que le métier est invisible qu'il faut soit violé. Comment on appelle ça ? Il faut abuser. Il faut vous abuser de nous. Ça ne va pas continuer comme ça. Ça ne va pas arriver à un moment où ça suffit. Voilà, ça suffit.

Et là, j'ai demandé à ma responsable, j'ai appelé ma responsable, elle est arrivée, j'ai demandé à ma responsable « Est-ce que tu as appelé quand même le responsable de l'hôtel Ibis, les Batignolles ? » Et elle m'a dit « Non, j'ai appelé. Ils ont dit qu'ils sont débordés, qu'ils ont des clients. Et là, je suis descendue, j'ai fait du scandale en bas et cinq minutes après, la responsable, elle est montée et tout de suite, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle va vers le client. C'est-à-dire, elle ne va même pas vers le salarié, elle va tout de suite vers le client.

Elle essaie de parler avec le client et moi, là, je me mets en colère, je me prends la tête avec elle et elle me dit « Oui, elle dit à ma collègue « Oui, je sais que tu es perturbée, je sais que sa rue tu es traumatisée, mais tu peux aller porter plainte. » Et ce qui m'a choquée, c'est qu'elle laisse ma collègue et elle accompagne le client jusqu'à l'ascenseur et d'où le client qui prend confiance. Et le client n'a pas été expulsé de l'hôtel, il a dormi dans l'hôtel et on a fait la chambre du client. Donc vous voyez à quel point

33:10
Présentateur

que nous sommes… La supérieure n'a pas accompagné ta collègue à la police ? Jamais. Qui va l'accompagner ? Elle allait toute seule.

33:19
Invité

Jamais. Qu'est-ce qui s'est passé ? Elle a pu porter plainte ? Non, mais elle a pu porter plainte la police du 17e arrondissement. Elle a dit « Oui, comme il n'y a pas eu d'attouchement et qu'on ne t'a pas brutalisé, on ne peut pas prendre la plainte et qu'on peut te faire une main courante. » Et là, ils ont fait une main courante. Ce qui n'est pas normal.

33:36
Présentateur

C'est bel et bien une agression sexuelle.

33:38
Invité

Voilà. Ce qui n'est pas normal. Donc ça fait que souvent quand à l'hôtel ça arrive, on trouve que le client il est victime, c'est un complot et que tout de suite la femme elle est mal vue et que tout de suite la femme elle et la personne est rejetée. Voilà. Donc arrive un moment, il faut que ça s'est passé. C'est pas parce que un métier est invisible qu'il faut profiter de ça pour faire du n'importe quoi. Parce que les clients quand ils arrivent à l'hôtel ils pensent qu'ils sont valables. Il y a d'autres même qui vont te proposer des sous, il y a d'autres qui vont te toucher les seins et c'est ce qu'on subit au quotidien dans des hôtels.

34:10
Présentateur

Ce sont des belles causes à défendre à l'Assemblée nationale. La protection de l'intégrité physique du personnel hôtelier.

34:18
Invité

Oui, parce qu'il faut des gens qui vivent ça pour être présents à l'Assemblée nationale. Parce que ceux qui sont à l'Assemblée nationale ne sont pas dans ce métier pour comprendre la souffrance des gens. Voilà, pour comprendre parce que nous si nous sommes allés en grève pendant 22 mois c'est pour dénoncer tout ce système-là pour avoir de meilleures conditions de travail et d'avoir notre dignité. Parce que vous voyez quelqu'un qui vient qui vous touche les seins c'est de l'humiliation. C'est de l'humiliation. Et on n'est pas protégés.

Mais je pense qu'arriver à l'Assemblée nationale quand je porterai ma voix haut mais je pense que les gens vont prendre notre problème au sérieux pour pouvoir trouver des lois concrètes et nous trouver des meilleures conditions de travail.

35:00
Présentateur

Alors, comment organiser des femmes pauvres immigrées dont certaines sont peu instruites ? Comment les transformer en actrices de leur destin ? Comment ça se fait au quotidien ?

35:09
Invité

Mais je pense qu'on parle avec eux. On discute beaucoup avec eux. On dit à certaines personnes aussi d'aller à l'école parce que quand même il y a des écoles pour apprendre un peu à parler ou bien si elles ne veulent pas il y a les enfants qui vont à l'école aussi qui les aident aussi dans ce qu'elles font.

35:25
Présentateur

Pour apprendre à lire et écrire.

35:26
Invité

Voilà, pour apprendre à lire et à écrire parce que c'est quand même aussi important. Maintenant, si on ne comprend pas si elles ne comprennent pas comme j'ai dit heureusement si vous tombez sur des bons syndicats comme la CGTHPE qui peut mieux comprendre vos dossiers et qui peut mieux vous expliquer et même appeler même l'employeur pour dire non arriver à un moment ça suffit que le salarié vous n'avez pas droit de faire telle chose sur ce salarié.

35:50
Présentateur

Alors, il a souvent été question dans votre combat tu viens de dire le mot du mot dignité du concept de dignité comment tu finis donc par t'engager en politique ?

35:59
Invité

Mais vous savez la lutte que nous avons faite c'est de la politique voilà parce que j'ai vu que M.

Ruffin en Assemblée nationale avait décidé que les députés votent une loi pour pouvoir même payer c'est-à-dire 10 euros aux femmes de ménage de l'Assemblée nationale et cette loi a été carrément rejetée parce qu'ils ne connaissent pas l'importance c'est-à-dire celles-mêmes ces femmes de ménage qui nettoient là où on décide les lois on refuse de leur donner des meilleures conditions de travail des droits élémentaires c'est très grave c'est très grave et s'ils rejettent et que la loi ne passe pas et que personne ne vote mais les femmes elles vont toujours souffrir mais moi étant à l'Assemblée nationale moi je vais leur imposer ça je vais leur imposer ça et je vais crier haut et fort et jusqu'en ce que ça parte jusqu'en ce que même Emmanuel Macron me reçoive pour qu'on trouve des lois parce que les métiers essentiels c'est nous comme je dis c'est nous qui faisons la France si on n'est pas là tout s'arrête si on n'est pas là tout s'arrête et c'est ça qui est la vérité si on n'est pas là tout s'arrête voilà donc arrivé un moment il faut qu'on ait des meilleures conditions de travail et nous qui faisons ces métiers essentiels c'est nous la majorité qui venons des quartiers populaires c'est nous qui venons des quartiers populaires à la base nous sommes exploités à la base nous sommes humiliés et après nos enfants ont des soucis avec la police donc l'histoire elle est politique elle est politique parce que c'est à l'Assemblée qu'ils décident c'est à l'Assemblée que tout se passe et le président et ses ministres aussi ils savent ce qui se passe dans les quartiers populaires et ils abandonnent les quartiers populaires voilà donc arrivé un moment il faut des députés comme moi qui sont dans le métier qui vivent dans des quartiers populaires pour envoyer le problème à l'Assemblée nationale

37:51
Présentateur

par exemple on t'imagine bien aux côtés de François Ruffin s'il est réélu porter une proposition de loi contre la sous-traitance parce que tu l'as souvent dit vous l'avez souvent dit sous-traitance égale maltraitance parce que justement vous n'avez pas la protection l'entière protection du groupe pour lequel vous travaillez

38:10
Invité

exactement on n'a pas on n'a pas passé le groupe à corps ils disent qu'ils ne savent pas faire les chambres ils ne savent pas travailler ils ne savent pas nettoyer mais dans leur établissement il n'y a que le service des ménages qui sont sous-traités voilà donc comme ils ne savent pas qu'ils prennent la nous on a vu ça pendant notre grève où le groupe à corps disait ils se lavaient les mains pour dire on ne les connait pas ce ne sont pas nos salariés qu'ils voient avec Estienne Estienne Estienne la société sous-traitante la société sous-traitante qui dit moi le contrat que j'ai signé ne me donne pas le droit de pouvoir régler ce conflit pourtant c'est à quoi qu'il y a le donneur d'ordre mais à la fin quand on a commencé à saluer leur image de Mac ils ont commencé à se mettre à la table des négociations d'où ils sont vraiment comment je peux dire les donants d'ordre c'est eux la preuve c'est eux qui peuvent dire à la sous-traitance oui c'est vrai je sous-traite je ne sais pas faire mais que les salariés aient les meilleures conditions de travail mais ils sont c'est pour ça qu'on dit à quoi est complice ils sont complices de notre sous-traitance ils sont complices de l'esclavage ce qu'on vit au sein de ces établissements du groupe à corps donc imaginez-vous un peu ces mamans qui n'arrivent pas à tomber sur des bons syndicats qui n'arrivent pas à sortir du silence qui souffrent qui pleurent même il y a des mamans qui pleurent il y a des mamans qui ont des menaces qui ne savent pas quel travail elles vont faire elles sont obligées de faire ce métier imaginez-vous un peu la souffrance imaginez-vous un peu comment elles souffrent imaginez-vous un peu

39:37
Présentateur

justement tu as beaucoup parlé des travailleurs et des travailleuses essentielles parce que pendant la crise du Covid elle était en première ligne est-ce que quelque part tu te sens aussi représentante d'une grande partie des travailleurs essentiels qui sont encore plus invisibilisés c'est-à-dire les travailleurs sans papier qui en réalité sont tout aussi présents dans les transports à 5h-6h du matin et qui ont encore moins de droits que les femmes de chambre que les agents de sécurité en tout cas bref que ceux qui travaillent de manière légale est-ce que tu penses à eux quelque part

40:16
Invité

mais je pense beaucoup à eux parce que c'est pour ça qu'il faut les régulariser voilà c'est pour ça qu'il faut les régulariser ils savent ils savent que dans ce pays les sans-papiers travaillent durement et ils profitent de ça pour les exploiter ils profitent de ça parce qu'ils savent qu'ils sont obligés de travailler pour pouvoir se nourrir ils le savent très bien donc

40:37
Présentateur

ils n'ont pas la protection sociale

40:38
Invité

voilà donc arrivé un moment il faut prendre les choses en main au lieu de les laisser dans la rue crier on veut les papiers de les abandonner il faut les écouter parce que c'est des gens quand même même s'ils n'ont pas les papiers ils travaillent mais ils rapportent beaucoup à l'économie française ils le savent très bien parce que c'est des gens la sous-traitance profite d'eux c'est-à-dire par exemple ils vont travailler peut-être 1700 ils vont leur donner 800 euros et tout le reste de cet agent ils se foutent ça dans les poches

41:04
Présentateur

donc la sous-traitance c'est également les entreprises sont également complices du système qui consiste à exploiter les sans-papiers elles vivent des sans-papiers

41:14
Invité

ils sont complices l'État aussi est complice parce que quand les gens dénoncent ça ou bien quand les sans-papiers se mettent devant la préfecture ils le savent ils le savent ils savent ça l'État même est complice de ça aussi ils sont complices de ça parce qu'en réalité sans ces travailleurs sans-papiers

41:29
Présentateur

des larges ponts de l'économie s'écroulent

41:32
Invité

regardez les sans-papiers tu vas voir souvent dans les bâtiments les bâtiments c'est un métier qui est très dur les eubouilleurs c'est un métier qui est très dur regardez comme on appelle aujourd'hui on vient dire dans les EHPAD les personnes âgées sont abandonnées les personnes âgées sont maltraitées mais imaginez-vous une seule salariée qui travaille à l'EHPAD a 12 patients sur son dos ou 17 patients sur son dos

41:53
Présentateur

il y a des sans-papiers parmi les eubouilleurs et les travailleurs des EHPAD

41:56
Invité

je ne sais pas mais je ne sais pas c'est tout impossible

42:00
Présentateur

à l'époque c'était souvent les mairies qui embachaient les eubouilleurs maintenant ce sont des sociétés de sous-traitance aussi voilà

42:05
Invité

donc tout est possible qui dit la sous-traitance il y a beaucoup de choses dans la sous-traitance il y a beaucoup de choses donc quand ils sortent et qu'ils réclament les papiers c'est parce qu'ils savent qu'ils ont droit parce qu'ils travaillent c'est pour ça qu'ils sortent pour réclamer les papiers donc il est temps que comment je peux appeler la préfecture les appelle les écoute et les régularise pour pouvoir envoyer assez d'argent à la France quand même

42:28
Présentateur

un travailleur égal un travailleur alors tu connais la configuration de la circonscription la septième circonscription du Val de Marne où tu te présentes elle est disons gagnable mais difficile en 2017 la gauche qui était divisée n'était même pas arrivée au second tour et là on ne sait pas si le député sortant le macroniste Jean-Jacques Bridé visé par une enquête pour détournement de fonds publics sera à nouveau candidat est-ce que tu es optimiste ?

42:56
Invité

oui je sais que déjà de toutes les façons Jean-Jacques Bridé il ne peut pas même s'il est candidat je ne sais pas mais devant moi il ne peut pas tenir parce que voilà parce que il sait qui je suis il sait que je suis une victorieuse et il sait que voilà il sait qu'il a il a du loup devant lui voilà tu n'es pas intimidé non je ne peux pas être intimidé parce qu'avec 22 mois quand même avec le groupe Accord c'est-à-dire avec Sébastien Bazin c'est pas un petit c'est pas une petite personne voilà que j'ai tenu tête donc je peux leur tenir tête mais c'est en partant vers les populations en partant vers les gens dans les quartiers populaires où je me présente et aller faire du porte-à-porte leur parler que je peux apporter leur voix à l'Assemblée nationale

43:45
Présentateur

ça a déjà commencé ce travail ?

43:46
Invité

oui on a déjà commencé on a déjà commencé à faire du porte-à-porte j'ai une très belle équipe qui s'occupe de tout ça donc ils sont vraiment vraiment vraiment comme je peux dire magnifiques je suis en tout cas je suis très bien entourée et là nous allons faire véritable campagne sur le terrain et je vais aussi appeler aussi tous ceux qui veulent se rejoindre à ma campagne de venir les dire ils sont les bienvenus

44:10
Présentateur

justement tu as soulevé beaucoup de sympathie notamment sur les réseaux sociaux les français sont au-delà de la 7ème circonscription du Val-de-Marne ils sont admiratifs de ton parcours ils veulent aider comment celles et ceux qui peuvent qui veulent te voir gagner peuvent aider ?

44:27
Invité

mais j'ai une équipe je pense que je suis sur Twitter Facebook il y a des gens qui m'envoient déjà les messages sur mes 5 heures donc je je leur réponds pour leur dire je vais leur envoyer l'adresse donc là je vais essayer de voir avec une amie on va essayer de voir mon agenda pour voir quand est-ce que on peut se croiser se donner un lieu de rendez-vous pour pouvoir distribuer le jour du marché puis faire aussi des portes à portes faire aussi des prises des paroles dans le quartier faire sortir aussi les gens et puis bon venir nous aider on a besoin d'aide quand même parce que comme vous avez dit c'est difficile mais on peut gagner en bougeant

45:07
Présentateur

alors justement avant cette interview sur le plateau on a discuté hier et tu m'as dit il faut qu'à 9h30 de chaud boulot ça veut dire que tu continues à travailler jusqu'à quand tu vas prendre un congé sans sol comment ça va se passer

45:25
Invité

mais je pense que je suis certaine de voir mon équipe parce que le travail et puis la campagne c'est pas donné c'est pas facile parce qu'il faut que je me donne beaucoup pour pouvoir bien très bien faire ma campagne parce que le monde entier me regarde et donc pour voir au moins les gens ils veulent vraiment que je sois je gagne cette élection pour des députations donc je pense que la semaine prochaine là où je vais aller prendre là où je vais prendre un congé sans sol pour pouvoir m'organiser mieux avec l'équipe et pour mieux commencer ma campagne d'où les gens peuvent venir ces régions d'amour

46:01
Présentateur

ok merci beaucoup Rachel je rappelle que tu es candidate dans la 7ème circonscription du Val-de-Marne où l'on retrouve les villes du Rungis Thiers Cheville-La-Rue lait, lait, lait, rose et froid donc si vous y habitez ou bien si vous connaissez des personnes qui y habitent vous pouvez faire campagne pour Rachel via des messages Whatsapp téléphone tout est tout est permis

46:25
Invité

tout est permis tout est permis tout le monde tout le monde on attend tout le monde de venir on a besoin de soutien tout le monde tout le monde et là je vais profiter pour dire Rachel qu'à l'Assemblée c'est les invisibles Rachel qu'à l'Assemblée c'est la lutte Rachel qu'à l'Assemblée c'est porter la voix des essentiels

46:47
Présentateur

merci beaucoup alors j'ajoute exceptionnellement qu'à la fin de cette matinale on va diffuser de larges extraits de l'hymne des femmes de chambre de l'hôtel Ibis frottez frottez parce qu'en fait vous avez toujours voulu un combat joyeux un combat en chanson en sourire et en danse alors voilà la compte matinale du Média c'est terminé pour aujourd'hui nous avons besoin d'atteindre le nombre de 10 000 abonnés sinon nous sommes condamnés à mourir dès cet été abonnez-vous soutenez-nous et revenez ce soir pour l'instant Porcher avec Annaëlle Abbas qui est Thomas Porcher restez connectés au Média TV au Média TV

47:27
Locuteur non identifié

la faille de milliers de femmes et d'hommes qui font le ménage en France n'est pas du tout valorisé derrière le ménage et pourtant sans eux on vivra de la santé de Jean Calneux