Geoffroy Didier : "Notre objectif est de préparer l'après-Macron"
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Questions et réponses
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- 0:20OuverteRéponse directe
Vous êtes secrétaire général délégué des Républicains, eurodéputé.
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Un an après, Geoffroy Didier, quel diagnostic dressez-vous de la droite ?
- 1:40OuverteRéponse directe
Vous le dites, votre parti s'est déchiré sur la réforme des retraites. Aujourd'hui, il en reste quel type de séquelles ?
- 3:19ComplaisanteRéponse partielle
Pour refermer la parenthèse, les frondeurs par exemple auront leur mot à dire.
- 4:09RelanceRéponse directe
Mais si je vous comprends bien, une fois que la ligne de société politique sera redéfinie, tout le monde devra la respecter.
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Ces réflexions, vous les ouvrez. Alors la question c'est avec qui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« nous partons de loin et ça fait longtemps, très longtemps, trop longtemps que nous n'avons pas gagné d'élection. »
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« Nous n'avons pas gagné. Nous avons parfois fait preuve d'incohérence, souvenez-vous de ce qui s'est passé sur le débat récent sur la réforme des retraites, où nous n'avons pas été lisibles aux yeux des Français. »
- 2:10Invité politiqueFait
« l'immense majorité des parlementaires, du Sénat mais aussi de l'Assemblée, l'immense majorité des élus et membres du bureau politique étaient favorables à cette réforme des retraites. »
- 2:52Invité politiqueFait
« Et moi ce que je voudrais, c'est que nous réinoculions de la liberté dans la vie, que nous permettions à chacun de choisir et de construire sa vie différemment selon les souhaits, les attentes. »
- 3:46Invité politiqueFait
« Je ne suis absolument pas là en tant que coordinateur de ces états généraux pour étouffer les sensibilités, mais précisément pour qu'elles puissent travailler ensemble et apprendre à ce que chacun met pendant quelques mois son égo au vestiaire pour s'adonner à une réflexion collective, positive et prospective. »
- 6:06Invité politiqueFait
« Exactement. D'autres se sont tournés vers Éric Zemmour. »
- 9:48Invité politiqueFait
« C'est-à-dire que que ce soit sur l'immigration, sur le logement, sur le nucléaire, sur l'économie où Bruno Le Maire vient à ce micro annoncer une fois des chèques et une autre fois nous dit qu'on ferme le robinet, je n'y comprends rien. »
- 13:17Invité politiqueFait
« la réforme voulue par les républicains qui consiste à se redonner des marges de manœuvre institutionnelle pour écarter les traités européens lorsque c'est nécessaire, pour pouvoir enfin maîtriser les flux migratoires »
- 13:44Invité politiqueFait
« Tous les traités, mais vous savez, c'est justement le législateur qui est à votre micro, qui vous parle et qui vous dit lorsqu'une loi ne sert pas l'intérêt général, il faut la modifier. »
- 15:18Invité politiqueFait
« La seule manière de dissuader ces centaines de milliers de personnes qui viennent d'Afrique subsaharienne ou d'Afghanistan ou de Syrie de venir en Europe, c'est aussi d'aider ces pays à se développer économiquement ou à sortir de la guerre. »
- 16:39Invité politiqueFait
« nous devrions imposer que les demandes d'asile se fassent dans les représentations consulaires dans le pays en question. »
Temps de parole
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On vous en parle ce matin, ce nouveau logiciel pour les LR, le parti Les Républicains qui lance aujourd'hui sa grande campagne de refondation des idées, un nouveau corpus idéologique. L'entreprise de réflexion va durer au moins six mois et vous en êtes le coordinateur en chef, si je peux dire, Geoffroy Didier, bonjour. Bonjour. Vous êtes secrétaire général délégué des Républicains, eurodéputé. Vous partez de loin tout de même, je vais rappeler la campagne, la candidature de Valérie Pécresse qui n'avait rassemblé que 4,78% des suffrages. Un an après, Geoffroy Didier, quel diagnostic dressez-vous de la droite ?
Vous avez raison, nous partons de loin et ça fait longtemps, très longtemps, trop longtemps que nous n'avons pas gagné d'élection. C'est la raison pour laquelle, autour d'Éric Ciotti, nous avons décidé de nous engager dans une vaste réflexion d'ampleur sur l'avenir de la droite, une réflexion qui va prendre son temps et qui va s'effectuer dans un état d'esprit de lucidité et d'humilité. Nous savons que nous avons des faiblesses et des carences. Lesquelles ? Nous n'avons pas gagné. Nous avons parfois fait preuve d'incohérence, souvenez-vous de ce qui s'est passé sur le débat récent sur la réforme des retraites, où nous n'avons pas été lisibles aux yeux des Français.
Nous devons donc nous constituer une doctrine, une ligne, un diagnostic de la société et je l'espère même un projet de société. Ce qui signifiera de choisir. Et choisir, c'est renoncer, c'est trancher, c'est hiérarchiser des priorités. C'est exactement ce que nous allons faire durant les prochains mois.
Vous le dites, votre parti s'est déchiré sur la réforme des retraites. Aujourd'hui, il en reste quel type de séquelles ?
Vous dites qu'il s'est déchiré. En réalité, c'est la perception que les Français en ont eue.
Oui, enfin, Aurélien Pradi a tout de même été démis ses fonctions au sein du vice-président exécutif.
Ce que je veux vous dire, c'est que l'immense majorité des parlementaires, du Sénat mais aussi de l'Assemblée, l'immense majorité des élus et membres du bureau politique étaient favorables à cette réforme des retraites. Même s'il y aurait beaucoup à dire sur l'insuffisance de cette réforme et sur le fait qu'il va falloir réfléchir, non pas uniquement sur l'âge de départ à la retraite, mais sur le travail lui-même. Qu'est-ce que ça signifie pour les Français ?
Et il va falloir que nous élargissions notre champ de vision en observant par exemple aujourd'hui que les Français veulent construire leur vie différemment, que leur relation au travail s'est modifiée et que certains vont vouloir partir à la retraite plus tôt, n'ayant pas forcément d'ailleurs toutes les cotisations, toutes les pensions de retraite qu'il faut. Et puis d'autres vont vouloir continuer à travailler plus longtemps parce qu'ils veulent aussi travailler plus longtemps pour gagner plus d'argent.
Et moi ce que je voudrais, c'est que nous réinoculions de la liberté dans la vie, que nous permettions à chacun de choisir et de construire sa vie différemment selon les souhaits, les attentes. Et ça, nous allons en discuter avec des intellectuels, avec des syndicalistes, confronter nos points de vue avec des personnes qui ne pensent pas comme nous et nous constituer à la fin de l'histoire une doctrine et une ligne.
Pour refermer la parenthèse, pardon, les frondeurs par exemple auront leur mot à dire. Je parlais d'Aurélien Pradié, il sera bien sûr convié à donner son opinion.
Vous savez, j'ai pris mon bâton de pèlerin ces dernières semaines pour aller à la rencontre de tout ce que la droite compte de grands élus. De Nicolas Sarkozy, à Alain Madelin, qui avait d'ailleurs piloté les états généraux de l'opposition en 1989 et 1990, jusqu'à Aurélien Pradié, en passant par Édouard Balladur, David Disna, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand. Je ne vais pas vous faire la liste exhaustive.
Tout ça pour vous dire que je ne suis absolument pas là en tant que coordinateur de ces états généraux pour étouffer les sensibilités, mais précisément pour qu'elles puissent travailler ensemble et apprendre à ce que chacun met pendant quelques mois son égo au vestiaire pour s'adonner à une réflexion collective, positive et prospective.
Mais si je vous comprends bien, une fois que la ligne de société politique, économique sera redéfinie, tout le monde devra la respecter. Il va falloir retrouver de la discipline au sein du parti Les Républicains. C'est ça que j'entends aussi dans votre discours.
Tout à fait. Et c'est l'intérêt de travailler ensemble. Dès maintenant, c'est aussi de nous constituer, avec sans doute un vote aussi des adhérents Les Républicains à la fin, c'est-à-dire en janvier 2024, une ligne que chacun devra respecter. Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas des différences. Il y aura toujours des courants. Il y aura toujours un micro pour les faire entendre. Et même des courants au sein des LR ou un seul courant ? Il y a toujours eu des sensibilités. Pas sous Jacques Chirac, c'était une seule tête sous Jacques Chirac. C'est arrivé avec Nicolas Sarkozy, les courants. Exactement. J'ai écrit il y a dix ans la droite forte, qui était le premier courant de l'UMP d'alors.
Et j'ai toujours été favorable à la notion de sensibilité, qui a toujours fait la richesse de la droite. Mais qui dit sensibilité, ne veut pas dire division. Justement, il faut que les sensibilités apprennent à travailler ensemble et à respecter aussi les choix qui seront faits, quitte d'ailleurs à ce que ceux qui ne fassent pas ces choix-là parlent certes en leur nom personnel, mais pas vraiment au nom du parti.
Alors ces réflexions, vous l'avez dit tout à l'heure, vous ne voulez pas les mener uniquement entre vous, entre élus, entre politiques. Vous les ouvrez. Alors la question c'est avec qui ? Parce que parmi les invités, j'ai regardé, qui sont présents aujourd'hui au Cirque d'Hiver. J'ai noté notamment la participation par exemple de Mathieu Bock-Côté et d'Éric Nolot, qui sont très présents médiatiquement, qui sont tous les deux des proches d'Éric Zemmour. Est-ce qu'ils font aujourd'hui partie de la droite que vous voulez incarner ces deux personnalités-là, par exemple ?
Karine Becker, il y a des millions de Français qui nous ont quittés. Certains s'abstiennent parce qu'ils ne croient plus en la politique. D'autres, beaucoup d'autres, se sont tournés vers Emmanuel Macron, pensant qu'il était une solution. Et d'ailleurs, beaucoup d'entre eux découvrent que finalement il était une impasse.
62% de votre électorat ?
Exactement. D'autres se sont tournés vers Éric Zemmour. Et nous souhaitons parler à tous ces Français. C'est bien pour ça que ce ne sont pas les états généraux du parti, des Républicains, ce sont les états généraux de la droite. Parce que nous allons devoir nous tourner vers tous ces Français de droite qui se sont détournés de nous, qui n'ont plus confiance en nous, que nous avons déçus. Et c'est pour eux d'ailleurs que nous faisons ces états généraux.
Mais il y a justement des militants à droite qui demandent l'union des droites, d'Éric Ciotti jusqu'à Éric Zemmour.
Cette union des droites, elle serait d'actualité ou pas ? Éric Delvaux, ça ne fonctionne pas comme ça. Ça ne fonctionne pas, il ne suffit pas d'additionner une étiquette plus une autre, et de mettre des petites boîtes et de constituer du Lego. Ça ne peut pas fonctionner comme ça. En revanche, ce que je veux moi, et j'estime que notre devoir, c'est de parler à tous, non pas les étiquettes, non pas Éric Zemmour, non pas Emmanuel Macron. D'ailleurs, vous observerez qu'Emmanuel Macron n'est plus une perspective d'avenir politique. Notre devoir, ce n'est pas de s'opposer frontalement, systématiquement à Emmanuel Macron.
Ce n'est pas ce que pense Nicolas Sarkozy qui aimerait bien voir un LR au gouvernement, et même en tête de gouvernement, chez Emmanuel Macron.
Notre objectif, c'est de préparer l'après-Macron. Nicolas Sarkozy... Se trompe ? Je ne suis pas d'accord, en tout cas, avec sa stratégie politique qui consiste à s'allier à Emmanuel Macron, tant nous avons de différences sur la conception du pouvoir et sur la manière de l'exercer, comme sur les manques de résultats obtenus avec Emmanuel Macron. En revanche, Nicolas Sarkozy, je l'ai vu, et sans vouloir évidemment faire son porte-parole et dévoiler les conversations privées que j'ai pu avoir avec lui, il trouve ça sain que sa famille politique d'origine se refonde, mais aussi se renouvelle.
Parce qu'il y a aussi beaucoup de nouveaux clivages qui sont apparus dans la société française depuis quelques années, et à côté desquels la droite, justement ou injustement, semble et donne l'impression d'être passée. Et cela, nous devons... On est de l'immigration, la gauche aussi. Non, ce n'est pas un nouveau clivage, l'immigration. Je pense par exemple au bochisme, je pense à l'intelligence artificielle, on en parlera peut-être tout à l'heure, qui est en train de submerger nos vies. Je pense au discours que nous devons porter sur l'écologie. Il ne suffit pas de dire que nous ne voulons pas une écologie punitive et que nous voulons une écologie incitative, c'est un peu court.
Donc nous allons devoir nous nourrir de ce que pensent des intellectuels, des Français qui sont en première ligne ou en seconde ligne, des syndicalistes, des essayistes. Nous allons travailler, encore une fois j'insiste, avec humilité, lucidité, et nous nourrir de toutes les réflexions extérieures pour nous constituer nous-mêmes une substance solide, équilibrée et républicaine et en rien, je vous rassure avec Delvaux, en rien extrémiste.
Quand vous aurez cette substance sur laquelle vous aurez travaillé pendant au moins six mois, donc vous refusez l'alliance avec les macronistes, est-ce que du coup vous oseriez un contrat de gouvernement avec cette majorité pour lui permettre d'avancer, parce qu'effectivement majorité relative, elle est coincée, un contrat de gouvernement où un certain nombre de textes importants seraient décidés, convenus jusqu'à la fin de la mandature ? C'est possible ça ou ça non plus s'est refusé ?
Karine Becker, je suis avocat, donc je sais ce qu'est un contrat. Un contrat, c'est une rencontre de volonté. On ne signe pas un contrat avec un fantôme. Emmanuel Macron, je ne sais pas ce qu'il pense. Certains ont creux qu'il était un bon choix en 2017 et même en 2022. Moi j'estime qu'il est un non-choix. C'est-à-dire que que ce soit sur l'immigration, sur le logement, sur le nucléaire, sur l'économie où Bruno Le Maire vient à ce micro annoncer une fois des chèques et une autre fois nous dit qu'on ferme le robinet, je n'y comprends rien. Et c'est en même temps qu'il est devenu une sorte de vacuité de l'action publique, ne peut pas nous satisfaire.
C'est la raison pour laquelle nous cultivons notre indépendance en nous constituant une doctrine et une substance. Et c'est aussi la raison pour laquelle je ne peux pas envisager un instant que nous travaillons avec des personnes qui ne pensent pas grand-chose ou en tout cas n'agissent pas dans le sens que nous voudrions.
Donc Renaissance qui a prévu de travailler sur l'idée d'un rapprochement avec la droite LR la semaine prochaine, je crois que c'est mercredi prochain, le 21, vous dit tout de suite à Stéphane Séjourné, le patron de Renaissance, le patron du parti de la majorité, que ça ne sert à rien de réfléchir à un rapprochement. Il n'aura jamais lieu.
Mais ils prennent les Français pour des imbéciles. Ils n'en veulent pas. Ils ne se sont jamais tournés vers nous pour nous dire « Je n'ai jamais entendu Emmanuel Macron appeler le président des Républicains pour dire qu'est-ce que vous voulez sur l'immigration. » D'ailleurs, lorsqu'Éric Ciotti, le président des Républicains, a demandé solennellement, solennellement, à être reçu par le président de la République, ce que j'estime être le minimum. Emmanuel Macron a fait dire à Elisabeth Borne qu'il ne recevrait pas le président des Républicains. Comment voulez-vous que nous travaillions ensemble ?
J'ai compris, Elisabeth Borne avait dit qu'elle allait recevoir absolument... Enfin, que le président de la République allait recevoir tous les présidents de partis.
Écoutez, pour l'instant, il n'y a rien.
Donc Éric Ciotti comme d'autres, mais qu'il avait reçu. Pour l'instant, il n'y a rien.
On a aussi lu Elisabeth Borne dans le Figaro, ce week-end, faire des appels du pied en votre direction sur le futur projet de loi Immigration, notamment le titre de séjour en échange d'un emploi dans les secteurs dits en tension. Vous n'en voulez pas. Emmanuel Borne est prêt à discuter.
Elisabeth Borne.
Elisabeth Borne, pardon, est prête à en discuter avec vous. Vous lui répondez quoi ?
J'ai entendu et lu les titres de journaux, la main tendue. Mais lorsque je lis le verbatim d'Elisabeth Borne, je pense plutôt à un petit pouce levé et poussé et levé vers le bas plutôt. Elle veut discuter des modalités. Vous savez, soit on veut réformer en profondeur l'immigration et mettre fin à l'immigration de masse et on s'en donne les moyens, soit on ne le veut pas. Et la seule et unique manière de s'en donner les moyens, c'est d'accepter de nous constituer des marges de manœuvre institutionnelles en réformant la Constitution pour faire fi des traités lorsque les intérêts fondamentaux de la nation sont en jeu.
Donc ça, ils l'ont fermé immédiatement ?
Ou non, Elisabeth Borne et Gérald Darmanin le veulent, eh bien donc nous ne pourrons pas travailler ensemble sur l'immigration. Parce que nous ne pensons pas la même chose. Parce qu'eux veulent continuer cette immigration de masse où 500 000 migrants légaux sont venus sur le territoire français en 2022, en plus du nombre innombrable de clandestins qui malheureusement restent sur le territoire une fois arrivés. Donc on n'a pas la même philosophie.
Donc vous nous dites ce matin qu'il n'y aura pas d'accord sur ce texte d'immigration entre la majorité et le parti LLR.
Sauf si Elisabeth Borne et la majorité changent d'avis, vous me direz que ce ne serait pas la première fois, et disent, ok, la réforme voulue par les républicains qui consiste à se redonner des marges de manœuvre institutionnelle pour écarter les traités européens lorsque c'est nécessaire, pour pouvoir enfin maîtriser les flux migratoires, choisir l'immigration, reconduire les milliers de clandestins qui viennent illégalement sur notre territoire, et bien dans ce cas-là, oui, mais comme il ne s'en donne pas les moyens et qu'il ne semble pas en prendre le chemin, dans ces cas-là, ce sera non.
Pardonnez-moi, mais c'est un député européen qui nous dit qu'il ne faut pas appliquer tous les traités européens ?
Tous les traités, mais vous savez, c'est justement le législateur qui est à votre micro, qui vous parle et qui vous dit lorsqu'une loi ne sert pas l'intérêt général, il faut la modifier. C'est l'intérêt même du législateur, c'est même le principe du législateur. Donc il y a des traités qui, selon moi, méritent d'être modifiés et puis il y a surtout des juges qui se sont substitués aux législateurs pour imposer une jurisprudence qui est aujourd'hui très loin de ce que nous devons faire, c'est-à-dire pouvoir choisir l'immigration, choisir ceux qui viennent légalement sur notre territoire. Pourquoi ?
C'est ce que propose aussi le gouvernement dans sa future loi. Finalement, il veut choisir en leur donnant un emploi. Sans s'en donner les moyens. Est-ce que vous faites partie, à propos d'immigration, est-ce que vous faites partie de ceux qui accusent Frontex de ne pas avoir porté secours aux migrants qui sont morts en masse mercredi dans le naufrage au large de la Grèce ?
Cette histoire est douloureuse et je vois bien qu'il n'y a pas de solution idéale. Il n'y a pas de solution facile. Et j'analyse tout ce qui se passe dans la mer Méditerranée avec une très grande humilité et même, puis je me permets de dire, avec émotion.
Mais il y a une responsabilité de l'Europe ou pas ?
Il y a une responsabilité de l'Europe, mais il y a aussi une lucidité à avoir. La seule manière de dissuader ces centaines de milliers de personnes qui viennent d'Afrique subsaharienne ou d'Afghanistan ou de Syrie de venir en Europe, c'est aussi d'aider ces pays à se développer économiquement ou à sortir de la guerre. Et ce qu'il faut aussi, c'est que nous soyons conscients que la plupart de ces bateaux qui acheminent ces hommes, ces femmes et ces enfants sont des bateaux de passeurs et de mafieux qui sont là pour instrumentaliser la misère humaine à des fins purement commerciales. Donc vous voyez qu'en réalité, nous avons plusieurs dangers.
Et que oui, il faut une politique concertée des flux migratoires, bien évidemment. Mais il faut aussi envoyer un signal à tous ces hommes, ces femmes et évidemment les enfants, mais c'est surtout aux adultes qu'il faut envoyer ce signal.
Mais ça c'est à long terme, à court terme. Est-ce qu'il y a une responsabilité de l'Europe ? Et est-ce que les gardes-côtes européens doivent manœuvrer différemment ?
Il y a un principe, c'est qu'il y a des frontières. Et que si vous voulez faire une demande d'asile et que vous êtes en danger de mort dans votre pays, la tradition de la France, c'est d'accueillir des réfugiés politiques. Mais à condition que l'asile ait été accordé. Et ce que nous souhaitons au sein des Républicains, c'est que plutôt que de devoir assister à ces drames humains dans la mer Méditerranée, nous devrions imposer que les demandes d'asile se fassent dans les représentations consulaires dans le pays en question. Ce qui éviterait à ces personnes-là, si l'asile ne leur est pas accordé, de devoir prendre les bateaux des passeurs et des exploitants de misère humaine.
Déposer des demandes d'asile à l'extérieur des frontières, le RN vous reproche de surfer sur ces idées. On va fermer la parenthèse, il reste une minute, on a une question.
Je voudrais revenir sur les États généraux, parce que vous êtes là pour ça. Comment est-ce qu'il faut comprendre l'absence de Laurent Wauquiez aujourd'hui, à cette première journée à Paris, des États généraux de la droite ?
Laurent Wauquiez va lancer les États généraux dans les territoires, début juillet, en Haute-Loire, en présence d'Éric Ciotti.
Il prend vraiment du champ par rapport au parti, par rapport à ce qui se passe à Paris ?
Non, justement pas. Il s'y intéresse, mais en même temps, il n'a pas souhaité être élu à la présidence des Républicains. C'est qu'il est en train d'établir un projet personnel. Et vous savez, lorsque vous voulez transformer votre parcours en destin, lorsque vous voulez partir à la rencontre des Français, il est vrai que vous devez aussi prendre du recul et de la hauteur par rapport à vos formations politiques. Nicolas Sarkozy avait fait la même chose en 2007. Et je crois que Laurent Wauquiez adopte la bonne méthode. Donc c'est toujours votre champion pour 2027 ? En revanche, il s'intéresse activement à la refondation de la droite.
Et c'est la raison pour laquelle il animera la première réunion des États généraux de la droite dans son territoire début juillet, aux côtés d'Éric Ciotti.
C'est le meilleur candidat pour vous, à droite ?
Pour l'instant, concentrons-nous sur le fond, sur la refondation et sur le renouvellement des idées. Nous verrons après pour l'incarnation.
L'intelligence artificielle, puisque vous êtes aussi vice-président à Bruxelles, au Strasbourg, de la Commission sur l'intelligence artificielle, qui a tenté cette semaine de lancer les pistes pour réguler le système. On en reparlera à un autre moment sur cette antenne. Merci Geoffroy Didier d'être venu nous éclairer ce matin sur France Inter.
Geoffroy Didier