«Il faut débloquer la situation et il n'y a que le retour aux urnes qui puisse le faire» estime Louis Aliot
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
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Europe 1, 8h13, l'heure d'accueillir l'invité d'Europe 1 matin week-end, invité politique ce dimanche. L'Enaïc Monnier, vous recevez le maire, Rassemblement National de Perpignan et premier vice-président du RN, Louis Alliot.
Oui, les jeunes avec Macron qui célébraient hier leurs 10 ans d'existence au cirque d'hiver. Pour l'occasion, le chef de l'État a fait une apparition surprise devant un petit millier de personnes et il a fait passer quelques messages très clairs. Bonjour Louis Alliot. Bonjour. Maire de Perpignan. Alors, j'ai besoin de vous pour dans deux ans, pour dans cinq ans, pour dans dix ans. Quelle est votre lecture de cette phrase du chef de l'État ?
Écoutez, je pense qu'il sait très bien que ce fin de mandat va être difficile puisqu'il ne pourra pas se représenter et que ça va être de plus en plus compliqué pour lui d'imposer la politique qu'il nous a imposée pendant tant d'années. Et je pense qu'il compte influencer encore la vie politique. Mais on a bien vu les quelques soutiens qu'il avait dans ce meeting et le peu d'influence désormais qui est celle de M. Macron sur l'ensemble du pays et notamment au sein du peuple.
Avec une petite pique à l'égard d'un Gabriel Attal qui, manifestement, Louis Alliot est déjà sur la ligne de départ, lui.
Oui, non mais voilà, la présidentielle est lancée. Et je pense que, en fait, M. Macron a surtout un pouvoir d'empêcher et de nuire. Et il exercera à n'en pas douter son pouvoir de nuire, notamment à l'égard de M. Attal, mais sûrement à l'égard de quelques autres.
Alors, après la dissolution il y a un an, Louis Alliot, le chef de l'État, nous a montré que tout était possible. C'est vrai, il peut dissoudre d'ailleurs à nouveau, on va en reparler dans un instant. Mais c'est vrai qu'on a souvenir d'un été qui avait été plutôt animé l'été dernier. Et votre collègue du RN, Sébastien Chunut, est dans le journal du dimanche ce matin. Il dit que la dissolution est la seule issue démocratique. Est-ce que c'est un avis que vous partagez, Louis Alliot ?
Oui, oui, bien sûr. Je pense que le pays est bloqué. Il n'y a pas de majorité. Je pense que M. Bayrou stagne dans un immobilisme très préjudiciable à l'activité, notamment économique, du pays. Et que désormais, il faut débloquer la situation. Il n'y a que le retour aux urnes qui puisse le faire. Sinon, ça s'appellera de l'arrangement gouvernemental. Les petites combines entre les uns et les autres. Et malheureusement, c'est toujours pareil. C'est la population qui en subira les conséquences. Donc je pense que oui, il faudra dissoudre. Alors, en plein été, ça paraît difficile. Mais à la rentrée, ça pourrait être une occasion de le faire. Parce qu'encore une fois, c'est le pays qui stagne.
Et c'est l'économie qui est en train aujourd'hui de sombrer. Et il n'y a qu'à voir le nombre de chômeurs, le nombre de faillites d'entreprises, et le peu de pouvoir d'achat de nos compatriotes. Tout cela se terminera mal, peut-être dans la rue. Et pour éviter que ça se termine mal, il faut une majorité claire et nette à l'Assemblée pour avoir une vraie politique économique, sociale et surtout sécuritaire. Parce que là aussi, en matière de sécurité, les choses sont en train de s'aggraver.
Alors l'objectif, on imagine, c'est effectivement d'attendre le budget. Là, ce sera pour l'automne, effectivement, Louis Alliot. Mais on en connaîtra les grands contours le 15 juillet. On sait qu'il faut faire 40 milliards d'économies au Rassemblement National, Louis Alliot. Vous êtes sur quelle position pour aller chercher des sous, un petit peu, pour remplir les caisses de l'État ?
Écoutez, on a toujours été sur la même position. On est en train de dépenser des millions et des millions à accueillir une immigration qui n'est pas une immigration de travail, mais qui est une immigration sociale qui pèse sur les finances de l'État, qui pèse sur un certain nombre de secteurs clés comme la santé, comme l'éducation, comme les prestations sociales.
Et déjà, avant de regarder sur qui on pourrait aller ponctionner, notamment les petites retraites, essayons déjà de ponctionner l'immigration et la politique d'immigration, où, évidemment, il y a plusieurs milliards d'économies à faire, plusieurs dizaines de milliards d'économies, comme d'ailleurs vient de le révéler un rapport qui juge à hauteur de 100 milliards le coût de la politique d'immigration. Et je ne parle même pas de la lutte contre la sécurité qui coûte aussi aux collectivités, qui coûte et qui pèse sur les finances de l'État.
Et tout cela, il n'y a qu'un gouvernement qui ait des idées claires, qui veuille remettre de l'ordre tout le reste, les petits arrangements entre la gauche et la droite que l'on peut voir au sommet de l'État n'amèneront pas, j'allais dire, un assainissement des finances publiques.
Alors, Louis Allé, j'aimerais également vous faire réagir. On a beaucoup parlé de l'omniprésence d'Emmanuel Macron sur cette fin de mandat un petit peu particulière. Il est extrêmement silencieux, en revanche, à un sujet, celui de Boilem Sansal, qui n'a pas été gracié hier par le régime algérien. Pas de réponse du Quai d'Orsay, pas de réponse de l'Élysée.
Qu'en pensez-vous ? Depuis le départ, ces gens-là nous mènent en bateau. Je pense qu'il y a des pressions exercées sur le nombre de visas, sur d'autres secteurs clés de la politique française en Algérie. Mais ces gens-là, en fait, ne veulent pas bousculer le pouvoir algérien. Alors, on se demande d'ailleurs bien pourquoi. Et je pense que le seul fait de penser qu'il y a un vote franco-algérien présent sur notre sol dont ils aimeraient bénéficier, c'est déjà un scandale en soi, parce que là, on défend la liberté d'un homme, la liberté d'un écrivain et d'un franco-algérien qui plus est. Et très honnêtement, l'État est en dessous de tout. Et M. Macron et M.
Barrault auront été dans cette affaire, j'allais dire, des agents absolument piteux de conquête et de contestation du pouvoir algérien. Donc là aussi, si on veut une diplomatie, j'allais dire, dynamique et revendicative, eh bien, il faut changer ce gouvernement au plus vite. Et puis, avec le pouvoir algérien, entamer un bras de fer pour obtenir la libération de Bolem Sansal. Vous savez, beaucoup de dirigeants algériens ont beaucoup de biens en France, ont beaucoup de facilité pour leurs enfants dans des écoles ou des lycées. Eh bien, il suffit tout simplement de restreindre toutes ces facilités et ces privilèges.
Et vous verrez que le régime algérien commencera à regarder de plus près, avec beaucoup plus de bienveillance, la situation de Bolem Sansal.
Et nous avons également un confrère, on le rappelle, Louis Alliot, qui a pris sept ans de prison dans les jours algériennes. Peut-être un mot également, Louis Alliot, sur la fin du sommet et sur la Nouvelle-Calédonie. Emmanuel Macron peut-il réussir, selon vous, là où Manuel Valls a raté son pari ?
Non, je ne pense pas. La situation est compliquée. Peu de personnes ont la confiance des deux camps, des loyalistes et des indépendantistes. Et je pense qu'il faut avancer sur un chemin avec une grande prudence et se donner du temps. Marine Le Pen a proposé 40 ans pour rétablir un système économique digne de ce nom, pour permettre, j'allais dire, une vie en commun entre les uns et les autres. Dans tous les cas de figure, le Pacifique est aujourd'hui un endroit stratégique, une cible particulièrement prisée des grandes puissances du monde. Et la France doit évidemment se donner les moyens de rester au cœur du Pacifique.
et la Nouvelle-Calédonie est l'un de ces lieux clés pour la présence française dans le Pacifique. Donc, il faut vraiment être prudent et je pense éviter tout ce qui peut mettre le feu aux poudres comme malheureusement M. Darmanet et quelques autres l'ont fait l'année dernière.
Et un an après, effectivement, ces émeutes qui avaient fait 14 morts. Merci, Louis Alliot, de votre intervention ce matin sur Europe 1, maire de Perpignan.
Louis Aliot