Macron : les épreuves du terrain - Reportage #cdanslair 20.04.2023
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
La même scène, où qu'il aille. Emmanuel Macron une nouvelle fois hué ce matin par des manifestants devant le collège de Ganges dans l'Hérault. Casseroles et G2 sur lesquelles le chef de l'État préfère ironiser.
Les oeufs et les casseroles, c'est le plus ça, la cuisine.
Cette fois, les manifestants sont tenus à distance, les casseroles confisquées même par les gendarmes. Et le président de la République n'ira pas au contact des mécontents.
J'ai dit si les gens sont prêts à échanger, si les gens sont prêts à acheter des choses pour faire du bruit, ça ne vaut pas la peine.
A l'intérieur, le déroulé de la visite est lui aussi perturbé. La CGT Énergie a coupé le courant dans l'établissement. La conférence de presse du président doit se faire dans la cour. Signe que la colère ne retombe pas sur les retraites, malgré la tentative de passer à autre chose avec cette annonce. Hausse de salaire pour les enseignants.
L'augmentation, elle sera, pour le socle, sans condition aucune, entre 100 et 230 euros par mois. Sans faire une heure de plus, sans avoir une tâche supplémentaire ou autre. Et ça, donc, à tous les niveaux de la carrière.
Trois jours après son allocution, Emmanuel Macron maintient donc sa stratégie. Assumer face aux Français une réforme impopulaire et tenter d'imposer peu à peu d'autres sujets. Sans succès jusqu'ici. Hier, déjà, le chef de l'État a été copieusement hué en Alsace, où il espérait parler réindustrialisation.
Chaque déplacement qu'il fera, en fait, on sera là. On ne va pas tourner la page de la réforme d'Ir13.
Réponse du chef de l'État. Leçon de démocratie. J'ai été élu et j'applique mon programme, quoi qu'il arrive. Emmanuel Macron fustige, je cite, « Ceux qui ne se remettent pas de ne pas avoir gagné la présidentielle ».
La mission d'un président de la République n'est ni d'être aimé, ni de ne pas être aimé. C'est d'essayer de faire bien pour son pays et d'agir. Et moi, je suis au service des Françaises et des Français. Je le serai jusqu'au dernier instant du mandat qu'ils m'ont confié. Et je le serai par beau temps et par temps de pluie.
Les jours de pluie s'annoncent encore nombreux pour un président qui promet de multiplier les déplacements. Mais pour quels résultats ? Avant lui, ses prédécesseurs aussi ont essuyé des huées. Jacques Chirac, accueilli par des boules puantes à Bourges en 1995.
On avait décidé d'arriver discrètement. Et on s'est trompé.
Nicolas Sarkozy, chahuté dès le début de son mandat au Salon de l'agriculture ou par les pêcheurs du Guilvinec.
Mais pour Emmanuel Macron, le cap de l'agression physique a déjà été franchi avec cette gifle
reçue il y a deux ans dans la Drôme. Persister dans ses journées à portée de baffe, selon l'adage, ne serait-ce alors pas prendre un risque pour un président presque aussi impopulaire qu'au moment des Gilets jaunes.
D'un côté, il faut assurer la sécurité physique du président de la République et des gens qui l'entourent. Il y a des ministres souvent avec lui. Et en même temps, il faut permettre des échanges avec les citoyens et éviter le déplacement Potemkin, c'est-à-dire en carton-pâte, totalement faux, fabriqué comme un décor de cinéma. Je pense qu'y compris dans une situation tendue, et peut-être même encore plus dans une situation tendue, il est indispensable de se déplacer sur le terrain parce que sinon, la colère s'accentue, s'installe, et les malentendus peuvent se développer.
Parce que si on ne se parle pas, si le président donne le sentiment d'être le couloîtré à l'Elysée, enfermé dans son bureau, eh bien ça ne fait que attiser le ressentiment dans le pays.
Alors, prochaine destination pour Emmanuel Macron. Ce soir, l'agenda du président pour les jours à venir n'est, selon l'Elysée, pas encore disponible.
Emmanuel Macron