Nicolas Dupont-Aignan : "Une femme violentée dans sa maison, c'est le cas de la France depuis des années par Bruxelles"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Patrick Cohen. Je voudrais vous interroger sur vos premiers mois de président si vous êtes élu le 7 mai. Ça tombe bien, c'est l'objet de votre livre de campagne, mon agenda de président. Ainsi, aussitôt élu, vous voudriez organiser un référendum ou quatre référendums. Pourquoi faire ? L'élection présidentielle ne vaut pas référendum ?
Non, je pense qu'il y a certains sujets qui doivent être approuvés par le peuple, des réformes fondamentales, car en vérité, si l'on réfléchit à ce qui s'est passé depuis un certain nombre d'années, c'est le manque de légitimité populaire qui a empêché la France d'avancer. C'est-à-dire une classe politique qui a peur du peuple, qui ne l'a pas respectée, souvenez-vous, après le référendum de 2005, qui valait, je pense, avertissement, non pas pour la fin de l'Europe, mais pour la réorientation de l'Europe.
Et je pense que la Vème République est morte quasiment de la manière dont elle a été gérée par les présidents, le général de Gaulle avait donné d'immenses pouvoirs au président, mais avec une contrepartie énorme. C'était la soumission du président de la République au vote des Français. D'ailleurs, il est parti sur un référendum perdu. Et donc, je pense qu'il faut absolument, sur des grandes réformes, je pense à la réforme pénale, je pense à la question européenne, je pense à la réforme éducative, je pense à la réforme institutionnelle, et bien s'appuyer sur le peuple français. Alors, ça ne sera peut-être pas dans les 100 jours, mais en tout cas, je veux aussi réhabiliter, enfin réhabiliter,
développer le référendum d'initiative populaire. Vous avez changé, parce que dans votre bouquin, vous expliquez, vous faites un référendum le premier tour, le jour du premier tour des législatives.
Oui, bien évidemment, le premier tour des législatives, mais ce que je veux dire, c'est que c'est une attitude, et c'est vrai que dans le programme que je veux, je veux débloquer certains dossiers fondamentaux qui aboutissent à l'impuissance publique. Car en fait, ce que reprochent les Français, et j'écoutais ce matin, je ne sais pas si c'est sur votre radio, je ne me souviens plus quelle était la radio que j'écoutais, j'écoutais un expert qui disait que le dégoût des Français pour la politique n'était pas simplement lié à l'exemplarité, au manque d'exemplarité, mais était lié aussi à l'impuissance publique.
C'est-à-dire le sentiment qu'on vote pour des gens, et puis finalement, il ne se passe rien.
Pour l'Europe, c'est par référendum aussi que vous procédez, puisque vous expliquez que dans l'immédiat, dès votre élection, vous dénoncez tous les traités européens, ou la plupart des traités essentiels. Oui, je remets à plat.
Qu'est-ce que je veux pour l'Europe ? Je veux la réorienter. La réorienter, cela veut dire quoi ? Cela veut dire abandonner ceux qui n'aiment pas marcher, et renouer avec la seule Europe qui a fonctionné, qui nous a apporté la paix et le progrès. C'est-à-dire une Europe des nations et des projets. Alors, quelle est la démarche ? Parce que c'est important de bien expliquer. Il y a ceux qui veulent continuer comme avant. On les connaît, ce sont les candidats des partis, c'est bien normal, qui ont signé tous les traités. Il n'y en a pas beaucoup là. Il y a M. Macron, il y a M. Fillon pour schématiser. Et M. Hamon, parce qu'en vérité, ils se placent dans la logique.
Et c'est normal, ils ont signé des traités, ils ne vont pas changer d'avis. D'accord.
Et tous les autres, comme vous, veulent sortir ou tout changer ?
Non, il y a ceux qui veulent carrément sortir. Moi, je pense que l'Europe, c'est comme une copropriété. On est dans un immeuble, on ne va pas déménager l'appartement et le sortir de l'immeuble. Il est dans l'immeuble, on est européen. En revanche, je veux qu'on change le syndic de l'immeuble. Ça veut dire quoi ? Alors, je propose à mes partenaires, je dis la France ne joue plus, c'est fini. C'est le sens de la dénonciation des traités existants. On ne joue plus, mais, et c'est le grand mais, et j'insiste là-dessus vis-à-vis des auditeurs, je suis le seul à avoir rédigé, pas tout seul, un traité alternatif. Non, Benoît Hamon l'a fait aussi, avec Thomas Piquet.
Oui, mais le traité alternatif que j'ai rédigé est vraiment alternatif. C'est-à-dire qu'il y a des articles, on voit très bien la différence. Il est sur Internet. Et je le propose à nos partenaires. Nos partenaires, on a six mois pour réorienter l'Europe, c'est-à-dire, et c'est ça qui est important, le syndic de l'immeuble, il va se concentrer sur certaines tâches, les projets d'avenir, avec des agences à 4 ou 5 pays. On arrête le bazar à 28. Je prends un exemple, la lutte contre le cancer. Il y a des industries pharmaceutiques, il faut une volonté de l'État. On se met à 4 ou 5 pays, et on fait l'airbus de la lutte contre le cancer, si je puis dire.
Sur plusieurs sujets fondamentaux pour l'avenir. Transition énergétique, etc. Et en revanche, pour la vie quotidienne, notamment nos lois qui nous régissent, elles reviennent au niveau national, national, parce que la démocratie est nationale. Ça veut dire, moins d'Europe dans un certain nombre de domaines, plus d'Europe dans l'autre.
L'Union Européenne, elle fonctionne sur des délégations de souveraineté. Si vous reprenez toutes les souverainetés qui sont déléguées aujourd'hui à l'Europe, il n'y a plus d'Union Européenne. En tout cas, il n'y a plus, comme l'Union Européenne existe aujourd'hui.
C'est l'objectif, mais c'est l'objectif d'en finir avec cette Union Européenne, mais de reconstruire une Europe, des nations et des projets. Parce que, franchement, si l'Europe, c'est le dumping social, la régression sociale, le chômage de masse, eh bien, je pense que ce n'est pas l'Union Européenne qui va disparaître. C'est l'idée même de l'Europe. Et je suis attaché à l'idée même de l'Europe qui a été défigurée par cette mauvaise Union Européenne. Donc, il y a un moment, je prends mes responsabilités, et je suis, franchement, l'un des candidats, si vous dites qu'il y en a d'autres, moi, je n'ai pas vraiment lu leur projet là-dessus, très clair, qui a dit les choses avec clarté.
Je ne suis pas anti-européen, je suis pour une Europe efficace, réduite.
Pour une Europe qui ne soit plus l'Union Européenne d'aujourd'hui, plus du tout. Et donc, c'est une somme totalement. Ça revient, enfin, pardon, sortir des traités, ça veut dire arrêter. Vous vous dites... Excusez-moi, je ne sors pas. Et je vais vous donner une image. Vous dites, excusez-moi. J'arrête immédiatement la contribution de la France à l'Union Européenne, par exemple.
Comment voulez-vous continuer comme ça si vous arrêtez de payer ? Mais je ne sors pas de l'Europe. J'arrête l'Union Européenne. Je ne sors pas. Je vais vous donner un exemple bien triste. On ne sors pas géographiquement de l'Europe, ça c'est certain. Non, parce que c'est très important. Une femme qui est violentée dans sa maison, c'est le cas de la France depuis des années par Bruxelles, il y a deux solutions. Soit elle s'en va et elle laisse le mari violent dans la maison, qui garde la maison, c'est ce qui arrive malheureusement, ce qui est un scandale absolu. Soit elle éjecte le mari et elle reste dans sa maison.
Eh bien, je veux que la France, qui est européenne, éjecte cette mauvaise Europe, la Commission de Bruxelles, ceux qui ont tué l'Europe dans le cœur des gens, et pas seulement des Français, et qu'on reconstruise une belle maison où on soit heureux. Ce n'est pas du tout la même chose. On n'a pas à partir, on est Européens. On a à réorienter l'Europe. Et c'était le sens du vote des Français. Et je suis fidèle à mon idée gaullienne, gaulliste, d'une Europe des nations libres, démocratiques, et des projets communs. Il y a de magnifiques projets à faire ensemble.
Bon, et si au final, l'Allemagne ou d'autres pays européens vous disent, écoutez, votre traité alternatif pourrait repartir chez vous avec ?
Eh bien, très bien, je le dis dans mon livre. Il y aura un référendum, de toute façon, sur le traité alternatif, s'il est accepté par nos partenaires, après une négociation de six mois. C'est ce qu'avait fait le général de Gaulle avec la politique de la chaise vide. C'est ce qu'a fait Mme Thatcher. C'est ce qu'a fait Elmoud Kohl. Donc, quand il y a de vrais chefs d'État, il y a des réorientations. Simplement, il n'y a pas eu de vrais chefs d'État français depuis 20 ans.
Et puis, si on n'y arrive pas, ce qui est une éventualité, il faut tout dire aux Français, eh bien, à ce moment-là, nous aurons un référendum pour s'en aller et on reconstruira avec ceux qui n'accepteront pas cette loi allemande sur l'Europe.
Un mot encore avant la revue de presse sur la Syrie. Vous ne croyez pas, Nicolas Dupoignan, à la culpabilité ou la responsabilité du régime de Bachar el-Assad dans la stag chimique de la semaine dernière ?
J'ai de grands doutes. Et en tout cas, ce que je dis, très précisément, parce que ce sont des choses tellement abominables, et tout le monde a vu ces images d'enfants gazés, c'est abominable. J'ai dit simplement qu'avant de se lancer dans la surenchère des frappes, avant de reproduire l'Irak avec ce chaos, ou la Libye, qui ont été obtenues sur des manipulations médiatiques, et ce n'est pas la faute des médias, mais d'une vraie organisation pour conduire à la guerre, qui a abouti au chaos. Là aussi, il y a une manipulation, vous soupçonnez une manipulation. Je dis oui. Je dis que chef d'Etat... Ça sent à plein pot
la manipulation, dites-vous,
au monde ce matin. Oui, je le dis. Je dis que si j'étais chef d'Etat, j'aurais regardé à deux fois et j'attendrai le résultat d'une enquête internationale équilibrée pour savoir qui a procédé à ces frappes chimiques. Les précédentes enquêtes
sur l'autre attaque depuis 2013 ne vous ont pas suffi ? Non, parce qu'on sait très bien
que les rebelles, les djihadistes, surtout dans ce secteur-là, et je connais très bien la situation locale, ont aussi du gaz. On sait très bien que l'utilisation du gaz s'est répandue des deux côtés. Et je ne vois pas quel serait l'intérêt de Assad au moment où il gagne cette guerre à utiliser ce gaz. D'ailleurs, les seuls qui se sont réjouis des frappes de M. Trump, c'est Daesh, ce sont les frères musulmans et c'est Al-Qaïda. Alors, je sais qu'Al-Qaïda était l'allié de M. Fabius et du gouvernement Hollande puisqu'on a livré des armes aux rebelles. Je sais... Al-Qaïda est l'allié de... Oui, Al-Nostra. Vous le savez très bien. C'est une déclaration.
C'est une fausse déclaration. Les rebelles syriens ont reçu les armes de la France. Ne versez pas là-dedans. Les rebelles,
j'ai le droit de dire ce que je veux à l'antenne. Mais non, mais... Ne dites pas que Laurent Fabius
a salué Al-Nostra, c'est pas vrai.
Je vous le dis, la France a eu une politique ambiguë. C'est Daesh qui a tué sur les trottoirs de Paris. C'est Daesh qui doit être notre ennemi. Et je remarque que la coalition internationale n'arrive pas à lutter contre Daesh et fait des leurs. Je mets en garde les Français. Je serai dans la lignée... La Russie n'attaque pas Daesh, vous avez remarqué. Je serai dans la lignée de Jacques Chirac. C'est Thomas le Grand. Je serai... Je serai dans la lignée de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin. Je suis clair avec les Français. Je me méfie de cette classe politique française qui entraîne la France dans la guerre alors même qu'on n'a aucune preuve sérieuse.
Et j'en ai assez des manipulations américaines sur ce sujet. J'ai ma position. Tous les candidats ont leur position. Monsieur Mélenchon d'ailleurs a quasiment la mienne. Et d'autres. Nous avons... Je veux une politique étrangère indépendante pour la France. Je veux qu'on cesse des apprentis sorciers dans ces régions.
Est-ce qu'une politique indépendante ça n'est pas de dénoncer d'éventuelles manipulations américaines à la fois et des massacres russes quand ils sont commis du Canada de Poignan ? Vous les avez dénoncés ?
Quand il y a eu Alep j'ai dénoncé des massacres. Je remarque de tout le monde. Vous savez j'ai pas d'échelle de valeur. J'ai pas d'échelle de valeur dans les massacres. Si je peux un instant. Quand la France donne la légion d'honneur au roi d'Arabie saoudite qui a massacré au Yémen j'ai pas de leçon à recevoir de quiconque. Et je suis équilibré. Je voudrais qu'on prenne garde à ne pas ajouter du chaos au chaos. Et si c'est Assad qui a fait ses frappes chimiques il faudra être impitoyable et notamment par une action de l'ONU.
Nicolas Dupoignon invité de France Inter
on vous retrouve tout à l'heure.
Nicolas Dupont-Aignan