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speechyoutube.com· 30 novembre 2020 17 min

Discours officiel de Bruno Le Maire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Bruno Le Maire

Alors voici un moment qui nous tient tous très à cœur. Pour ceux qui étaient là, vous vous souvenez que l'an dernier, à ces mêmes états de la France, nos entreprises s'étaient engagées. Elles s'étaient engagées de façon formelle, de façon très forte. Elles l'avaient fait auprès de Muriel Pénicaud, alors ministre du Travail. Elles s'étaient engagées, pourquoi ? Pour l'intégration et pour l'emploi de la jeunesse défavorisée, qu'on parle des quartiers défavorisés ou d'autres endroits de France. Ce sujet, malheureusement, il est non seulement toujours d'actualité, mais il l'est encore plus pendant cette année frappée par le Covid.

Nous sommes là, dans ce studio, au bord de la Seine, à 10 kilomètres de nous. Des milliers de jeunes sont dans des situations difficiles et ont un mal fou à trouver le chemin qui les mènera vers l'emploi et vers l'inclusion. C'est pourquoi nous avons décidé de renouveler cet engagement. Je vous laisse découvrir ce message délivré par Olivier Girard, le président d'Accenture France, cet engagement ayant été publié ce matin sur le site du Figaro. Je laisse la parole à Olivier.

1:22
Présentateur

Les États de la France 2019 avaient lancé un engagement fort des entreprises, remis à Muriel Pénicaud en novembre dernier, en faveur de l'inclusion de la jeunesse issue des quartiers populaires et des territoires ruraux, des milieux sociaux défavorisés. La crise a évidemment bouleversé les plans de chacun d'entre nous. Certaines entreprises ont fait plus que prévu, d'autres moins. Mais face à la crise, l'enjeu du premier manifeste est encore plus qu'avant d'actualité. Cette année, nous sommes une fois encore une cinquantaine de signataires réunis et engagés pour renouveler cette promesse forte.

Plus que jamais, l'inclusion de la jeunesse reste un enjeu majeur pour la construction d'une croissance durable. La jeunesse représente notre futur et notre rôle est de leur tendre la main partout sur le territoire pour les accompagner dans leur avenir professionnel.

2:27
Bruno Le Maire

Un grand merci Olivier. Je pense que c'était très important de réaffirmer cet engagement des entreprises étrangères en faveur de la jeunesse défavorisée. J'aimais le vœu d'ailleurs que pour les États de la France 2021, nous puissions non seulement affirmer à nouveau cet engagement, mais surtout rendre compte des initiatives que nous aurons mises en effet et présenter les résultats de ces initiatives au service de cette cause.

Je vais maintenant laisser la parole à Olivier Nataf, le président d'AstraZeneca France, et lui demander de monter sur scène puisque Olivier va accueillir pour nous Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, qui ne pouvait pas être avec nous en direct aujourd'hui, mais qui a tenu à nous faire passer un message. Olivier, je te laisse la parole.

3:26
Invité

Merci Olivier. Monsieur le ministre, depuis que vous êtes ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, vous n'avez, comme votre prédécesseur qui préside désormais aux destinées de notre pays, manqué aucun de nos États de la France sur l'attractivité de notre pays. Cette fidélité, alors que le monde est confronté depuis presque un an à de multiples inconnus, est un témoignage de soutien à l'égard de notre communauté qui nous touche particulièrement. Vous avez toujours mis l'attractivité au cœur de vos priorités, avec succès si l'on se réfère au résultat du sondage Ipsos réalisé pour les États de la France auprès des dirigeants des entreprises étrangères en France.

En effet, c'est sous votre mandat que la France a obtenu ses scores les plus élevés à la question. Pensez-vous que dans les années qui viennent, votre maison mère va investir davantage en France pour développer ses activités dans notre pays ? À cette même question, la majorité du panel a répondu cette année encore positivement, à hauteur de 54%, alors même que la pandémie frappe durement notre pays. Cet optimisme n'est pas, à nos yeux, un optimisme B.A., mais bien le résultat de l'action volontariste du gouvernement et de votre ministère. Dès le début de cette crise, vous avez rapidement fait le choix d'une réponse forte.

Prêts garantis par l'État, chômage partiel, mesures de soutien par filière, des choix qui ont été remarqués au sein de nos maisons-mères. J'en veux pour preuve une autre réponse. Au même sondage Ipsos réalisé pour les États de la France, 46% du panel interrogé a répondu que leurs maisons-mères avaient un regard positif sur la gestion de la crise par le gouvernement français, contre 23% ayant un regard négatif. Et pour 57% d'entre eux, ce regard positif sera décisif pour les investissements à venir. Cette crise nous a enseigné que, face à l'urgence, les acteurs économiques osent. Et si on leur donne les moyens, démontrent la formidable adaptabilité de notre outil productif.

Ainsi, les producteurs de vêtements ou de parfums qui fabriquent des masques et du gel hydroalcoolique en ont donné un exemple marquant. Ce modèle donne une piste de réflexion concrète pour d'éventuelles situations d'urgence. Les usines françaises peuvent réaliser la repriorisation de leur activité avec le soutien de l'État et permettre de subvenir à nos besoins en temps de crise. Par ailleurs, nous devons également aborder la question de l'attractivité sous l'angle de l'innovation. La fragmentation des chaînes de valeur peut créer des risques en cas de dépendance vis-à-vis d'une matière ou d'un composant critique.

Mais aussi des opportunités en faisant des choix d'investissement compétitifs sur différents maillons de la chaîne au-delà du seul outil productif. Recherche fondamentale, recherche appliquée, développement de nouveaux procédés industriels, solutions digitales, intelligence artificielle et bien d'autres, j'en suis certain. Cette crise sanitaire bouscule des certitudes. Dans tous les secteurs, de nouvelles connaissances font naître de nouvelles méthodes qui font naître de nouveaux produits.

Ce sont les usines de ces nouveaux produits dont la France et l'Europe vont avoir besoin et que nous sommes en mesure de faire naître pour peu que nous nous en donnions réellement les moyens et que nous le réalisions ensemble. La France attire, et nous l'avons entendu ce matin, dispose des outils et des compétences nécessaires, notamment dans la quête de l'excellence technologique pour défendre fièrement sa place au sommet du podium des investissements en Europe. C'est pourquoi nous sommes heureux de pouvoir vous entendre aujourd'hui nous présenter les prochaines étapes de votre action pour permettre à notre pays de retrouver les chemins de la croissance.

Et comme le disaient Denis et Pascal Cagny, faire notre l'appel de Winston Churchill de « Never waste a crisis ». Monsieur le ministre, je vous cède la parole. Bonjour à tous, bonjour cher Olivier Nataf. Je suis très heureux de pouvoir participer, même si c'est par visioconférence, à cet événement sur l'état de la France et l'attractivité de notre pays. Je voudrais juste peut-être faire un tout petit retour en arrière pour rappeler où nous en étions après trois années du quinquennat d'Emmanuel Macron à la fin de l'année 2019. Nous avions un des taux de croissance les plus élevés de la zone euro. Nous avions réussi à baisser le chômage autour de 8% en métropole, un peu moins.

Et nous avions un pays qui était devenu le plus attractif de tous les pays européens, sans exception, Grande-Bretagne comprise, pour les investissements étrangers en Europe. Je vais vous dire ma conviction profonde. Nous devons et nous pouvons retrouver cette première place de l'attractivité en Europe. Tout simplement parce que nous avons un tissu productif exceptionnel, que nous avons des services publics de qualité, que nous avons une qualité de travail, d'engagement des salariés qui est tout à fait exceptionnel au service de nos entreprises et au service de notre nation.

Il faut traverser le moment de crise dans lequel nous sommes pour retrouver cette attractivité et sortir plus fort de la crise économique que nous connaissons actuellement. C'est toute la stratégie du gouvernement voulue par le président de la République qui a été mise en place depuis plusieurs mois. Elle est très simple. Elle repose sur deux piliers. Le premier, c'est la protection. Nous faisons tout pour protéger nos salariés et protéger nos entreprises. Le deuxième pilier, c'est la relance.

Il faut, dans le même temps où nous protégeons les secteurs les plus touchés par la crise, commencer à relancer les investissements, l'innovation dans les secteurs qui seront porteurs de croissance et porteurs d'emploi demain. Sur la protection, nous allons, au fur et à mesure de l'évolution de la crise, concentrer cette protection sur les secteurs qui sont les plus fragilisés. Je pense au commerce, je pense aux services, je pense à la restauration, je pense aux hôtels, je pense à tous ceux qui travaillent dans le secteur de l'événementiel qui est si important pour notre pays. Je pense au secteur de la culture, je pense au tourisme de manière générale.

Tous ces secteurs-là, il faut que nous les aidions massivement et nous allons continuer à les aider massivement tant que la crise sera là. Parce qu'il n'est pas question pour nous de perdre des forces vives en raison de cette crise. Nous devons protéger nos entreprises, protéger nos salariés. Le fonds de solidarité, les exonérations de charges, l'activité partielle, le prêt garanti par l'État, ce sont les quatre instruments clés pour protéger notre économie, protéger nos salariés et leur permettre de redémarrer rapidement dès que les mesures de sécurité sanitaire seront levées. Dans le même temps, comme je vous le disais, il faut relancer.

Alors j'entends bien le débat sur ceux qui disent c'est trop tôt, c'est trop tard, c'est jamais le bon moment. Le bon moment, c'est maintenant. C'est maintenant qu'il faut relancer l'activité économique de notre pays. D'abord en soutenant l'emploi. C'est toutes les mesures qui ont été prises pour soutenir l'apprentissage et l'emploi des jeunes. Ensuite, en incitant les Français à investir dans la rénovation énergétique de leur logement. Ces mesures fonctionnent, elles sont en train de se développer massivement. C'est permettre aussi à toutes nos entreprises de pointe d'investir pour relocaliser des activités industrielles.

Et cher Olivier Natta, vous connaissez ça mieux que personne, pour ouvrir de nouvelles lignes de production en France. C'est le soutien que nous apportons avec des fonds publics à la relocalisation industrielle en France. Cette relance, elle doit nous permettre au bout du compte d'avoir une économie plus verte et plus compétitive. Vous voyez deux objectifs clés. Plus verte parce que c'est ce qu'attendent aujourd'hui nos compatriotes et qu'il faut conjuguer relance économique et protection de la planète. Et plus compétitive parce que sinon, nous n'arriverons jamais à garder notre niveau d'attractivité, à relocaliser des emplois industriels, à développer des usines sur notre territoire.

Voilà quels sont les enjeux des mois à venir. Protéger tant que la crise durera, relancer pour avoir d'ici la fin de l'année 2022 le même niveau d'activité économique que celui que nous avions avant la crise. C'est l'objectif que nous nous sommes fixés, retrouver en un peu plus de deux ans le même niveau d'activité que celui que nous avions avant la crise. Pour cela, et je terminerai par là, nous devons compter et nous pouvons compter sur l'extraordinaire vitalité du monde économique français.

Que ce soit le jeune créateur de start-up, l'indépendant qui ouvre son commerce, la très grande entreprise, la biotech très performante comme celle d'Olivier Nataf, nous avons un tissu économique exceptionnel. Nous avons des salariés, des ouvriers, des ingénieurs, tous aussi exceptionnels, attachés à leur travail, attachés à leurs résultats, attachés à la réussite de leur entreprise. C'est ça qui fait notre force.

Et nous, notre responsabilité, les pouvoirs publics, c'est de vous simplifier la vie, de vous soutenir, d'apporter les aides nécessaires en période de crise, mais surtout de vous simplifier la vie pour que vous puissiez vous développer et qu'un investisseur, qu'il soit indien, américain, sud-américain, qu'il vienne du continent africain ou du continent asiatique, se dise « Tiens, s'il y a un endroit où je dois investir aujourd'hui en Europe, c'est la France. Parce que c'est la France qui m'offre le plus d'opportunités, c'est la France qui m'offre le plus de chance et c'est la France qui m'offre le plus de liberté.

» Voilà ce que je crois profondément et je suis très heureux que vous consacriez cette journée à cette question clé de l'attractivité de la France en Europe et dans le monde.

13:31
Bruno Le Maire

Merci beaucoup, M. le ministre, d'avoir été à nouveau avec nous pour ces États de la France, États de la France dont vous êtes devenu infidèle. Mais surtout, merci beaucoup pour l'énergie, l'engagement que vous et votre ministère déployez au service de l'attractivité dans ce contexte de tempête. Vous nous aidez à maintenir le paquebot France sur le cap de l'attractivité, cap que vous venez de confirmer pour nous. Voilà, je vous invite maintenant tous après cette dense matinée à une pause déjeuner. Le menu est absolument libre pour chacun. En revanche, je compte sur vous pour que nous nous retrouvions à 14h30 pile pour la suite de nos échanges et de nos débats. A tout à l'heure.

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