Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRadio J — L'interview politique· 28 août 2024 14 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsImmigration & asileSolidarités & famille

Antoine Armand - Le Barbier du matin du 28/08/24

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:04OuverteRéponse directe

    On va parler économie puisque vous présidez cette commission et que ça a été la rentrée du MEDEF cette semaine.

  • 0:08OuverteRéponse directe

    Un mot quand même de la situation politique, une partie de la gauche donne rendez-vous le 7 septembre dans la rue pour protester contre le refus du président de nommer Lucie Castet à Matignon.

  • 1:16OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui bloque ?

  • 2:11OuverteRéponse directe

    Qui peut prendre l'initiative de réunir les présidents de groupe à l'Assemblée, puisque c'est à l'Assemblée que ça se joue, et puis on ferme la porte et on attend qu'ils se mettent d'accord ?

  • 2:54OuverteRéponse directe

    Alors justement, ce PS depuis hier, il est divisé en bureaux politiques. Il a été remis sur la table, cette idée de retourner à l'Élysée. Non, dit Olivier Faure, c'était casté ou rien. Il faut y aller, disent les minoritaires. Vous avez bon espoir que ce PS, en partie du PS, revienne à la table ?

  • 3:52OuverteRéponse directe

    Si le président de la République veut aider ces socialistes de gouvernement à sortir de la soumission aux insoumis, il y a une solution très simple. Il leur propose un Premier ministre de gauche sociale libérale, de gauche gouvernementale. Par exemple, Bernard Cazeneuve, et vous verrez, ils viendront en disant « Ah, lui, je ne voterai pas la censure, j'écouterai, je suis prêt à travailler avec ».

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:33Invité politiqueFait
    « 2021, septembre, le parti d'Olaf Scholz en Allemagne arrive en tête aux élections d'un point à peu près devant la droite allemande. »
  • 0:42Invité politiqueFait
    « Pendant plus de deux mois, Olaf Scholz mène des consultations et ce n'est que lorsqu'il a une coalition avec un programme et une majorité qu'il se présente devant le Bundestag pour se faire élire. »
  • 1:58Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'on veut poursuivre une politique économique de l'offre en faveur des entreprises pour maintenir le chômage auquel on est arrivé, l'industrie qui est en train de repartir, l'attractivité du pays ? »
  • 2:08Invité politiqueFait
    « Ou est-ce que par des aventures fiscales hasardeuses, on la remet en cause par exemple ? »
  • 2:35Invité politiqueFait
    « On a vu que les partis de l'ex-majorité, Horizon, Renaissance, Modem, sont prêts à discuter. »
  • 2:39Invité politiqueFait
    « Et que LR a lui-même déposé un pacte législatif en disant, « Voici des mesures que nous pourrions soutenir sans participer. » »
  • 3:21Invité politiqueFait
    « j'ai été heureux pendant les élections européennes de voir Valérie Ayet discuter avec François-Xavier Bellamy et Raphaël Glucksmann. »
  • 3:35Invité politiqueFait
    « Ils ont acheté des circonscriptions avec leur silence pour un programme insupportable et des dérives insupportables de la part de LFI. »
  • 4:38Invité politiqueFait
    « Il faut entendre ce qui a été dit. Et donc, ça ouvre la possibilité d'avoir ce type de personnalité. »
  • 5:01Invité politiqueFait
    « Je crois qu'il n'est pas possible de censurer un gouvernement démissionnaire. Ça ne s'est jamais vu, en tout cas. »
  • 6:11Invité politiqueFait
    « Sur le régalien, il y a eu une demande très forte d'autorité de maîtrise des flux migratoires. »
  • 6:12Invité politiqueFait
    « Sur la question de la justice sociale, le travail doit mieux payer. »
  • 7:13Invité politiqueFait
    « Ils se souviennent de l'époque avant 2017 où il y avait des attermoiements fiscaux, où on balançait dans l'air des taxes confiscatoires, où on évoquait l'idée d'interdire aux entreprises tout un tas de choses. »
  • 7:17Invité politiqueFait
    « Ils se rappellent que nous avons, depuis 2017, fait les ordonnances travail, baissé sans discontinuer les impôts, investi dans le futur avec France 2030 en attirant les investisseurs étrangers. »
  • 9:23Invité politiqueChiffre
    « on a baissé le taux d'impôt sur les sociétés depuis 2017. »
  • 9:28Invité politiqueFait
    « Figurez-vous qu'on a plus de rentrées fiscales qu'avant. »
  • 9:33Invité politiqueFait
    « quand on laisse les entreprises investir plutôt que de prendre l'impôt très tôt, elle crée de la richesse et ça fait encore plus de rentrées fiscales. »
  • 13:00Invité politiqueFait
    « Ce qui fonctionne en démocratie, c'est quand on se parle, quand on se respecte et quand on ne fait l'apologie ni de la violence ni du terrorisme. »

Temps de parole

  • Antoine Armand78 %
  • Présentateur22 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vraiment bienvenue, député de Haute-Savoie, on est ravi de vous accueillir. On va parler économie puisque vous présidez cette commission et que ça a été la rentrée du MEDEF cette semaine. Un mot quand même de la situation politique, une partie de la gauche donne rendez-vous le 7 septembre dans la rue pour protester contre le refus du président de nommer Lucie Castet à Matignon. Toute la gauche n'y va pas, mais une bonne partie y va et pense que c'est par la force, par la manifestation, qu'ils feront céder le président.

0:24
Antoine Armand

Oui, c'est malheureusement une nouvelle preuve pour une partie de la gauche, puisque vous avez raison de préciser qu'elle se divise. C'est une nouvelle preuve d'immaturité politique. Je vous donne un exemple. 2021, septembre, le parti d'Olaf Scholz en Allemagne arrive en tête aux élections d'un point à peu près devant la droite allemande. Qu'est-ce qui se passe ? Pendant plus de deux mois, Olaf Scholz mène des consultations et ce n'est que lorsqu'il a une coalition avec un programme et une majorité qu'il se présente devant le Bundestag pour se faire élire. Est-ce que peut-être qu'en France, une fois, on pourrait travailler ensemble à une coalition ?

Ça ne veut pas dire qu'on sera d'accord sur tout. Ça veut dire qu'on trouvera une quinzaine, une vingtaine de points de la gauche républicaine à la droite modérée, plutôt que de s'enfronter par un vectif, par menace de manifestation. Est-ce qu'une manifestation va résoudre la question démocratique dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui ? C'est-à-dire qu'il n'y a pas de majorité absolue ni même relative ? Je ne crois pas.

1:17
Présentateur

Les groupes parlementaires se sont envoyés des lettres dans tous les sens. C'était « venez, on va discuter » et ça ne se fait pas. Qu'est-ce qui bloque ?

1:24
Antoine Armand

Je crois qu'il y avait ce premier temps de consultation qui a permis au président de la République, aux Français, de se rendre compte que ceux qui prétendent, et qui ont raison d'ailleurs d'être arrivés en tête aux élections, ne sont pas prêts à en assumer les responsabilités. Ils ne sont pas prêts à en assumer les responsabilités, c'est-à-dire à se tourner vers d'autres pour créer une coalition qui a une chance de gouverner le pays. Le président en a pris acte et donc il ouvre maintenant un deuxième temps. Et ce deuxième temps, vous avez raison de le dire, il ne faut plus que ce soit celui d'échange de lettres.

Il faut que ce soit celui de discussion serrée, précise, sur, je vous donne cet exemple seulement, notre politique économique. Est-ce qu'on veut poursuivre une politique économique de l'offre en faveur des entreprises pour maintenir le chômage auquel on est arrivé, l'industrie qui est en train de repartir, l'attractivité du pays ? Ou est-ce que par des aventures fiscales hasardeuses, on la remet en cause par exemple ?

2:11
Présentateur

Qui peut prendre l'initiative de réunir les présidents de groupe à l'Assemblée, puisque c'est à l'Assemblée que ça se joue, et puis on ferme la porte et on attend qu'ils se mettent d'accord ?

2:18
Antoine Armand

Je crois qu'on ne peut malheureusement pas tous les réunir dans la même pièce en même temps, mais j'ai bon espoir que dès cette semaine, des négociations informelles puis formelles puissent se tenir. On en a absolument besoin. On a vu que les partis de l'ex-majorité, Horizon, Renaissance, Modem, sont prêts à discuter. Et que LR a lui-même déposé un pacte législatif en disant, « Voici des mesures que nous pourrions soutenir sans participer. » Il nous manque, on va le dire, un grand absent. C'est le Parti Socialiste, celui qu'on a connu, celui de la social-démocratie, qui est prêt à travailler avec le centre, voire avec le centre-droit, et qui doit tourner le dos à la France Insoumise.

2:54
Présentateur

Alors justement, ce PS depuis hier, il est divisé en bureaux politiques. Il a été remis sur la table, cette idée de retourner à l'Élysée. Non, dit Olivier Faure, c'était casté ou rien. Il faut y aller, disent les minoritaires. Vous avez bon espoir que ce PS, en partie du PS, revienne à la table ?

3:09
Antoine Armand

Je crois que, ne serait-ce que pour le bien-être de la démocratie française, nous avons absolument besoin d'avoir le retour d'une gauche modérée. Ce n'est pas forcément ma sensibilité, mais je dois dire que j'ai été heureux pendant les élections européennes de voir Valérie Ayet discuter avec François-Xavier Bellamy et Raphaël Glucksmann. Parce que les Français apprécient ces clivages-là, ces discussions-là. Le problème du PS, c'est qu'ils se sont vendus à la France Insoumise. Vendus au sens strict. Ils ont acheté des circonscriptions avec leur silence pour un programme insupportable et des dérives insupportables de la part de LFI.

Ils ont vendu une part de leur âme sociale démocrate à des gens qui, au fond, ne sont ni socialistes, ni même de gauche, mais qui sont populistes.

3:52
Présentateur

Si le président de la République veut aider ces socialistes de gouvernement à sortir de la soumission aux insoumis, il y a une solution très simple. Il leur propose un Premier ministre de gauche sociale libérale, de gauche gouvernementale. Par exemple, Bernard Cazeneuve, et vous verrez, ils viendront en disant « Ah, lui, je ne voterai pas la censure, j'écouterai, je suis prêt à travailler avec ».

4:10
Antoine Armand

Alors, c'est une option, en tout cas, il faut l'envisager. Je fais partie de ceux qui considèrent qu'il faut entendre très clairement, le président de la République l'a rappelé, nous, à part la voix de Gabriel Attal, notre président de groupe, nous l'avons rappelé, nous devons tirer les enseignements directs de cette élection. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est-à-dire qu'à titre personnel, je considère qu'on ne peut pas avoir un Premier ministre qui émanerait de notre groupe, de notre intergroupe. Il faut entendre ce qui a été dit. Et donc, ça ouvre la possibilité d'avoir ce type de personnalité. Encore faut-il aussi que le Parti Socialiste n'ait pas la folie de censurer l'un des leurs.

4:42
Présentateur

Et si la première censure tombait sur le gouvernement Attal ? Parce que ce gouvernement démissionnaire, il dure. S'il y avait une session extraordinaire mi-septembre, un gouvernement démissionnaire avec des membres de ce gouvernement aussi députés, ça serait un problème juridique, il y aurait une censure.

4:58
Antoine Armand

Alors, je crois qu'il n'est pas possible de censurer un gouvernement démissionnaire. Ça ne s'est jamais vu, en tout cas. Ça ne s'est jamais vu. En tout cas, pour le dire très simplement, cette situation doit cesser. On est dans l'aberration, quand même. Pour des raisons économiques. On est dans une situation très particulière qui est aussi due à des circonstances extraordinaires. Un, les Jeux olympiques. Deux, le refus de la plus grande partie de la gauche de prendre ses responsabilités et d'ouvrir des consultations pour avoir une majorité. Et puis, trois, l'enchaînement politique que nous avons connu. En France, on faisait encore, il y a quelques mois, les titres sur une majorité relative.

C'était inédit sous la Ve République. Et nous voici sans majorité tout court. Donc, il faut s'habituer aux circonstances. Il faut qu'on fasse ce pas, celui qui nous manque, le pas vers le travail de coalition.

5:40
Présentateur

Si c'est une coalition, ça sera une coalition à minima, c'est-à-dire pour ne pas faire grand-chose pendant un an, parce que tout le monde refusera quand même les idées des autres et on tombera d'accord sur un plus petit dénominateur commun très mince.

5:50
Antoine Armand

C'est un risque. C'est un risque, mais à la fois le député de ruralité que je suis et puis le président de commission des affaires économiques pensent que nous pouvons trouver 4, 5, 6 points qui sont essentiels aux intérêts supérieurs de la nation sur lesquels nous pouvons avancer. Sur le régalien, il y a eu une demande très forte d'autorité de maîtrise des flux migratoires. Nous devons y répondre. Sur la question de la justice sociale, le travail doit mieux payer. Donc, nous devons avoir des réformes en ce sens.

Et puis, sur la stabilité économique et l'investissement, nous devons faire confiance à notre tissu économique parce que c'est comme ça qu'on crée de la richesse et qu'on la distribue. C'est-à-dire que la politique de l'offre menée depuis 2017, c'est un intangible, ça ? En tout cas, pour les gens de ma sensibilité, pour les personnes qui considèrent que la politique de l'offre mène à la croissance et que c'est seulement la croissance qui nous permet de conserver notre modèle social et de mieux rémunérer ceux qui travaillent, ça fait partie des intangibles. Ça fait partie, au fond, des choses qui tiendront la nation.

6:45
Présentateur

Vous êtes donc président de la commission des affaires économiques. On a vu les entrepreneurs de France se réunir aujourd'hui, cette semaine, pour leur rentrée. Quel est leur état d'esprit ? Vous les avez trouvés inquiets ou finalement, ils se disent « Ouh là là, quand il n'y a pas de politique, pas de gouvernement, on fait du business ».

6:57
Antoine Armand

Malheureusement, les entrepreneurs de France sont inquiets. Ils sont inquiets parce qu'ils se souviennent de l'époque avant 2017 où il y avait des attermoiements fiscaux, où on balançait dans l'air des taxes confiscatoires, où on évoquait l'idée d'interdire aux entreprises tout un tas de choses. Et puis, ils se rappellent que nous avons, depuis 2017, fait les ordonnances travail, baissé sans discontinuer les impôts, investi dans le futur avec France 2030 en attirant les investisseurs étrangers. Et cette base-là, ils en ont besoin. Ils nous l'ont dit, ils ont fait une ovation extrêmement claire à Bruno Le Maire.

Nous avons besoin de conserver cette politique en faveur de l'emploi et de l'attractivité. Mais ils ne demandent pas que de la stabilité. Ils demandent aussi de la confiance dans l'avenir, donc du soutien à l'innovation, notre capacité à réussir la transition écologique, par exemple.

7:45
Présentateur

On a eu des chiffres plutôt bons pendant l'été, un chiffre du chômage, un chiffre de la croissance au deuxième trimestre. Et pourtant, beaucoup de spécialistes disent « Attention, l'économie française va vers des temps difficiles ». Est-ce que c'est votre avis ?

7:57
Antoine Armand

On est pris en tenaille. Dans cette tenaille, il y a le contexte géopolitique mondial qui fait que le prix des matières premières, la capacité à maîtriser les flux énergétiques, les chocs qu'il peut y avoir et la concurrence de la Chine, des États-Unis sont extraordinairement forts. Ce qui veut dire que ou bien nous renforçons sans cesse notre économie en soutenant l'emploi, en les aidant à investir, ou bien nous les mettons dans une forme de précarité économique qui fait que ces bons chiffres sont fragiles et peuvent à tout moment montrer des signes d'inversion, pas dans le bon sens, et nous conduire au fond à revenir à nos vieux démons. On est en train de sortir de nos vieux démons.

Le chômage de masse, la perte de l'industrie. Quand on voit des usines qui rouvrent en France et des emplois qui se créent, je pense qu'on est nombreux à se dire « C'est possible ».

8:42
Présentateur

Et on a vu beaucoup de faillites aussi depuis le début de l'année. Ça augmente, des faillites de petites entreprises.

8:46
Antoine Armand

Absolument. Il y a eu les contre-coûts de la crise énergétique, il y a la question de l'embauche. C'est d'ailleurs une réponse assez simple à ceux qui disent qu'on peut augmenter du jour au lendemain le SMIC à 1 600 euros. Imaginez qu'en une semaine, on augmente le SMIC à 1 600 euros et on revienne sur la réforme des retraites. Comment réagirait le tissu français, le tissu international ? Ce serait au fond le début de la banqueroute pour la France.

9:06
Présentateur

Le budget, si on arrive à se doter d'un budget cet automne, sera quand même marqué par l'économie, par une certaine forme de rigueur. Est-ce que ça ne rend pas impossible une politique de soutien, d'aide aux entreprises ?

9:18
Antoine Armand

Je ne crois pas parce que d'abord, je vous donne cet exemple, il m'est cher, on a baissé le taux d'impôt sur les sociétés depuis 2017. Figurez-vous qu'on a plus de rentrées fiscales qu'avant. Parce qu'on a redécouvert un principe très simple qui est que quand on laisse les entreprises investir plutôt que de prendre l'impôt très tôt, elle crée de la richesse et ça fait encore plus de rentrées fiscales. Donc la politique de l'offre, ce n'est pas une politique dépensière, au contraire, c'est une politique d'investissement. En revanche, vous avez raison, il faut qu'on se regarde en face sur les aides sociales, sur un certain nombre d'investissements, y compris peut-être d'aide aux entreprises.

Nous pouvons faire beaucoup mieux avec moins.

9:56
Présentateur

Pour les Français, cette rentrée, c'est aussi les taxes foncières qui sont annoncées en hausse un peu partout. Hausse de l'assiette à cause de l'inflation et hausse des taux. Vous ne craignez pas un mouvement de colère ?

10:07
Antoine Armand

Je suis inquiet. Je comprends, je partage pour les vivre dans certaines communes de ma circonscription, l'inquiétude des communes, la difficulté aussi qui est plus nationale et même internationale de boucler les budgets. Mais je veux quand même signaler que nous avons fait l'effort depuis 2017 de dire « no tax » et de ne faire que baisser les impôts. Et les collectivités territoriales ont aussi ce rôle de maîtrise de leur budget à jouer. Et celles et ceux qui augmentent de 30% leurs taxes foncières, le font certes parce qu'il y a des situations difficiles, mais le font, je le rappelle ici, de leur propre initiative, de leur propre gré.

Ce n'est pas la politique du gouvernement que nous avons soutenue.

10:47
Présentateur

Oui, il y a deux sons de cloche différents. L'État qui n'augmente pas les impôts, les collectivités locales qui le font. Quelle est l'autre solution pour elles ? Supprimer des emplois ? Ne plus investir ?

10:57
Antoine Armand

Alors, il faut absolument préserver l'investissement local. Il est pour le moment soutenu, même si on est dans un nouveau cycle d'ici la fin du mandat municipal et donc il faut porter une vigilance accrue. Au fond, nous avons besoin sans doute de réinventer la manière dont on fait les politiques publiques nationales et locales. Ça veut dire que nous devons être prêts à déléguer davantage. Ça veut dire que certaines communes ne peuvent plus assumer certaines de leurs missions parce que c'est difficile et nous devons les accompagner. On peut mutualiser davantage. On peut sans doute avoir entre des communes davantage de services en commun.

Bref, la mère de toutes les réformes au niveau national comme au niveau local, c'est la réforme de l'État. C'est simplifier, c'est avoir moins d'agents publics, mieux formés, plus concentrés sur l'essentiel.

11:37
Présentateur

C'est un peu le chénon manquant du macronisme depuis 2017, la réforme de l'État. Les baisses des postes n'ont pas été au rendez-vous, l'État n'a pas été réformé.

11:44
Antoine Armand

C'est un domaine extrêmement difficile sur lequel nous n'avons pas eu le succès attendu. Il faut le reconnaître.

11:50
Présentateur

C'est une autre manière de dire que oui, ça n'a pas été fait. C'est extrêmement délicat.

11:54
Antoine Armand

Et puis je rappelle quand même qu'entre temps, nous avons vécu le Covid. Et le président avait eu cette phrase une fois qui me semble assez juste. Vous dites qu'il faut réduire le nombre de fonctionnaires. Est-ce que c'est celui du nombre de militaires ? Est-ce que c'est du nombre de policiers, du nombre de soignants ?

12:06
Présentateur

Non, c'est dans les bureaux, c'est dans les administrations centrales.

12:08
Antoine Armand

C'est dans les administrations. Et là, vous êtes confronté à un défi qui est de beaucoup plus long terme. On a commencé à le faire avec la numérisation d'un certain nombre de processus au ministère des Finances comme dans d'autres services. On le fait de plus en plus avec des missions regroupées. Mais ça prend du temps et c'est malheureusement encore insuffisant, je crois.

12:25
Présentateur

Ce qui va prendre du temps aussi, c'est l'action que vous menez avec d'autres, avec Caroline Yadant contre Rima Hassan. Vous avez interpellé le Parlement européen, vous demandez des sanctions. Vous avez un espoir d'aboutir ?

12:36
Antoine Armand

J'avais en tout cas le devoir, je crois, de me joindre à cette initiative de ma collègue Caroline Yadant parce qu'en République, on ne menace pas un collègue élu. On ne menace personne d'ailleurs. Et qu'il est temps de dire stop aux agissements et aux propos insupportables de Madame Hassan qui s'est à nouveau illustré en répétant que l'ONU considérait que le Hamas n'était pas une organisation terroriste, ce qui est d'ailleurs faux. Ce qui est très problématique dans cette histoire, c'est que toutes les règles de la République sont rompues. Ce qui fonctionne en démocratie, c'est quand on se parle, quand on se respecte et quand on ne fait l'apologie ni de la violence ni du terrorisme.

Ça, c'est le premier problème avec Rima Hassan. Et puis le deuxième, c'est qu'elle nous détourne de la vraie question. Elle nous empêche de parler sereinement de la situation dramatique qui se passe au Proche-Orient. Au fond, nous sommes de plus en plus pris dans une forme de tenaille entre Rima Hassan et ce qui devrait être un soutien inconditionnel à la politique de Netanyahou. Mais au fond, moi, je n'ai pas envie de choisir entre les propos absurdes de Rima Hassan, les propos absurdes de LFI et un appui qui n'aurait aucune limite et aucune raison à une politique qui manifestement a atteint ses limites et qui en plus produit un drame humain.

Donc ne nous laissons pas piéger par la France insoumise. Condamnons-les, poursuivons-les à chaque fois qu'ils dérivent et qu'ils entretiennent un climat d'antisionisme ou d'antisémitisme en France. Mais ayons cette capacité de regarder lucidement ce qui se passe au Proche-Orient aussi. Antoine Armand, merci et bonne journée. Merci beaucoup. Merci beaucoup Christophe. Rendez-vous demain matin à 7h45. Votre invitée sera la journaliste Yasmina Jaffar.