Gérard Miller clame son innocence : une longue procédure en vue ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
- D.Rochebin: Je ne pense pas que je poserais cette question. Il y a beaucoup de flou apparent sur Trump, comme ceux qui habillent leurs positions de beaucoup de bruit et de théâtre.
Mais il sait très bien où il va, pour le meilleur et pour le pire. Il est plus flou que fou. - A.-E.Lemoine: Merci.
G.Miller est toujours en garde à vue 36 heures après son interpellation hier matin à Paris. Les enquêteurs seraient à la recherche de photographies de ses victimes présumées qu'il aurait pu conserver.
Parmi les plaignantes, Charlotte, 15 ans à l'époque des faits, aujourd'hui soulagée des avancées de l'enquête. - C'est entre réalité et cauchemar. J'attends avec impatience les résultats de la garde à vue.
Je ne m'attendais pas à ce que ce soit maintenant. J'ai déposé plainte il y a un an et demi. Je veux qu'on sache un peu plus comment il va se sentir face à nous.
Qu'il avoue ou pas, ça ne m'intéresse pas. J'attends qu'on nous écoute. - A.-E.Lemoine: Bonjour, C.Ollivier, grand reporter au magazine "Elle".
Vous avez rendu publiques les premières accusations contre G.Miller. Ca a entraîné l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris.
On entendait l'une des victimes présumées souligner le temps d'attente entre les premières plaintes et l'interpellation de G.Miller. Cette latence s'explique? - C.Ollivier: Oui.
On ne place pas quelqu'un en garde à vue sans avoir d'éléments. Il a fallu le temps de recueillir la parole de toutes les plaignantes, les preuves, interroger les témoins de l'époque. La Brigade des mineurs est aussi saisie.
C'est un service qui est actuellement surchargé par beaucoup d'affaires gravissimes. Ils ont eu aussi un problème: l'enquête est tentaculaire. Régulièrement, une nouvelle plainte se rajoutait.
Il fallait à chaque fois réentendre la plaignante, ses proches et travailler là-dessus ainsi que réaliser les expertises psychologiques. Ca repoussait le moment de l'interpellation. - A.-E.Lemoine: La dernière plainte a été déposée cet été? - C.Ollivier: En juillet dernier.
Une femme qui dénonce des faits de viol qui se seraient déroulés en 1998. C'est prescrit, mais elle a voulu déposer plainte. Elle a écrit au parquet de Paris une plainte qu'on a pu consulter, où elle explique qu'elle veut appuyer la parole des autres. - A.-E.Lemoine: La plupart des accusations portent sur la période 1995-2005.
Mais une femme, Mathilde, a porté plainte pour des faits plus récents. On est en 2020, 4 ans avant votre enquête. Potentiellement, est-ce qu'on peut imaginer que les agissements présumés de G.Miller auraient pu se poursuivre s'il n'avait pas été dénoncé? - C.Ollivier: On ne le saura pas, parce qu'on n'a pas de faits après 2020.
En tout cas, c'est relativement récent. On sort l'enquête en 2024. On a appris hier que Mathilde avait déposé plainte.
Ca faisait des mois qu'on n'arrivait pas à la joindre. Elle avait 20 ans à l'époque. Elle était étudiante en psycho.
Elle lui écrit pour avoir une interview. Elle lui envoie un mail. Il lui répond très gentiment qu'il fait une émission sur LCI et qu'elle peut venir l'attendre en régie pour assister à l'émission et faire l'interview à ce moment.
Elle vient, de loin, parce qu'elle habite l'ouest de la France. Il lui propose de continuer l'interview autour d'une pizza. Elle pense qu'ils vont aller au restaurant, mais il l'emmène chez lui.
Elle commence un peu à se sentir piégée. Ils discutent et lui propose un test psychologique où il lui dit de fermer les yeux, de se mettre à l'aise, de dégrafer ses vêtements, d'imaginer une tête de cheval, un coffre au fond de la mer...
Là, elle dit qu'elle a subi des attouchements, des massages de la part d'un homme qui avait l'âge d'être son grand-père, 71 ans. Elle dit qu'elle a fait une crise de panique dans le taxi quand elle est sortie de chez lui et qu'elle a fondu en larmes. - A.-E.Lemoine: G.Miller clame son innocence et n'évoque que des relations consenties.
Il déplorait, il y a encore quelques mois, de ne pas pouvoir se défendre, de ne pas pouvoir être entendu, convoqué par la police. C'est désormais le cas. Si la garde à vue se prolonge, c'est parce qu'il va devoir s'expliquer sur chaque plainte, chaque témoignage? - C.Ollivier: Absolument.
Le parquet de Paris ne veut pas nous dire combien de plaintes, mais on en a compté 11. Il y en a peut-être plus. A chaque fois, on va le confronter à des éléments, à la parole de ces femmes et lui donner l'occasion de s'expliquer.
Une source nous a dit il y a quelques semaines que 48 heures ne seraient pas suffisantes pour l'entendre sur tout. - P.Cohen: Ca ne peut pas être plus? - C.Ollivier: On ne peut pas l'interroger au-delà de 48 heures sur ces faits.
Mais à l'issue de sa garde à vue, on peut supposer qu'une information judiciaire sera ouverte à l'issue de la décision d'un juge d'instruction. Il pourrait y avoir d'autres plaintes. Aujourd'hui, on a été contactés par une autre femme qui avait dénoncé des faits de viol sans déposer plainte.
Elle nous a écrit parce qu'elle a appris qu'il était en garde à vue et qu'elle allait peut-être déposer plainte. - A.-E.Lemoine: Un mot sur la perquisition qui a eu lieu à son domicile.
Que cherchent les enquêteurs? On est un an et demi après les premiers faits, après l'ouverture de l'enquête. Qu'espèrent-ils trouver qui n'aurait pas été maquillé? - C.Ollivier: Une perquisition, c'est pour trouver des éléments de preuve, saisir des ordinateurs, des écrits, des téléphones.
Au bout d'un an et demi, il y a le risque que ça ait été perdu, détruit, dissimulé. On peut penser qu'il y a une histoire de configuration des lieux. Les plaignantes ont été beaucoup interrogées sur les lieux, sur la description... - A.-E.Lemoine: La salle de cinéma, le sous-sol, la pièce japonaise...
L'idée est de recouper les témoignages. Elles décrivent toutes la même chose? - C.Ollivier: Toutes la même chose de façon assez précise.
Elles ont eu des auditions poussées sur la description des lieux. Il s'agit de recouper avec ce qu'ils ont, d'évaluer leur crédibilité. - E.Tran Nguyen: Elles décrivent aussi, pour la plupart, qu'après les rendez-vous, G.Miller ne disparaît pas.
Il envoie des messages, prend des nouvelles, paie le taxi...
Il entretient Le lien avec ces femmes. Vous appelez ça du gaslighting. J'ai cherché une définition en français.
C'est le détournement cognitif. J'ai vu le mot de "décervelage". C'est une manipulation pour vous faire croire que vous êtes fou. - C.Ollivier: Ca vient d'un film où un mari fait croire à sa femme qu'elle est folle.
Il est toujours très charmant, commande des taxis, l'invite à déjeuner, l'appelle...
Ca contribue à brouiller les esprits des victimes qui, pour certaines, ont mis très longtemps à déposer plainte. Elles se demandent si elles auraient vraiment rêvé ou pas... - A.-E.Lemoine: Et si c'est une agression. - C.Ollivier: Ca lui permet de dire qu'il ne s'est pas rendu compte, qu'il pensait que c'était consenti.
Ce qui est intéressant avec l'histoire de l'étudiante en psychologie, Mathilde, c'est que quand il lui fait ce test psychologique, il lui dit à la fin...
Laure Miller