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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 30 janvier 2024 7 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiSolidarités & familleÉconomie & entreprisesSanté

Discours de Gabriel Attal : "La smicardisation de la France, c'est le bilan dont il est porteur", réagit la CFE-CGC

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Vous venez d'écouter le discours de politique générale du Premier ministre Gabriel Attal à l'Assemblée.

  • 0:21FerméeRéponse directe

    Le chef du gouvernement a raison de vouloir désmicardiser la France, ce sont ses mots ?

  • 1:57OuverteRéponse directe

    Mais est-ce que vous, vous avez compris ce qu'il dit quand il dit qu'il veut des-SMICARDiser la France ?

  • 3:02OuverteRéponse directe

    Pour vous, comment on s'y attaque alors ?

  • 4:05FerméeRéponse directe

    Est-ce que c'est une bonne mesure ?

  • 5:30OuverteRéponse directe

    Alors, dernière mesure annoncée par Gabriel Attal, enfin, il demande au ministère d'expérimenter le travail, la semaine en 4 jours, alors ça, vous devriez être favorable, vous, syndicat.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36Invité politiqueChiffre
    « une perte de pouvoir d'achat de l'ordre de 15 à 30% suivant la catégorie à laquelle on appartient dans l'encadrement, dans la classe moyenne. »
  • 0:51PrésentateurChiffre
    « 17% des salariés sont aujourd'hui au SMIC et ça ne fait qu'augmenter. »
  • 2:25Invité politiqueChiffre
    « la perte de pouvoir d'achat sur 30 ans est de l'ordre quasiment de 30%. »
  • 2:46Invité politiqueChiffre
    « la France est quasiment bon dernier, avec la moitié, par élève et par heure, la moitié, par exemple, de rémunération par rapport à l'Allemagne. »
  • 4:26Invité politiqueChiffre
    « C'est de l'ordre de moins de 10%. »
  • 4:32Invité politiqueChiffre
    « plus de 90% des personnes qui sont au chômage aujourd'hui recherchent activement de l'emploi. »

Temps de parole

  • Invité politique78 %
  • Présentateur22 %

4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Et nous sommes avec François Omry, le président de la CFE-CGC, syndicat des cadres. Bonsoir.

0:10
Invité politique

Bonsoir.

0:10
Présentateur

Vous venez d'écouter le discours de politique générale du Premier ministre Gabriel Attal à l'Assemblée. Il s'adresse en priorité aux classes moyennes avec un discours axé sur le travail. Le chef du gouvernement a raison de vouloir désmicardiser la France, ce sont ses mots ?

0:26
Invité politique

Oui, il a raison. Après, pour la méthode, je suis un peu perplexe. Alors la CFE-CGC, c'est le syndicat des techniciens, des agents de maîtrise, des cas, de tout l'encadrement. Et on se sent pour le coup très concerné par les conséquences de ces politiques salariales qui nous ont amené aujourd'hui à avoir finalement à constater une perte de pouvoir d'achat de l'ordre de 15 à 30% suivant la catégorie à laquelle on appartient dans l'encadrement, dans la classe moyenne.

0:51
Présentateur

17% des salariés sont aujourd'hui au SMIC et ça ne fait qu'augmenter.

0:54
Invité politique

Et ça ne fait qu'augmenter, mais ça c'est, je veux dire, c'est normal quand on a une politique de précarisation d'ouverture de la trappe à bas salaire. Il ne faut pas s'étonner après qu'il y ait de plus en plus de personnes qui soient dans cette trappe. Alors finalement, ce que nous dit Gabriel Attal, moi ça me fait penser à la campagne électorale de Barroso il y a 10 ans à la Commission européenne. Et finalement, qu'on aurait pu qualifier par le slogan suivant, nous allons continuer à faire de plus en plus ce qui ne marche pas. Et donc on en est là aujourd'hui, c'est-à-dire que Gabriel Attal se revendique d'un bilan, d'un bilan qu'il dit être positif, qui en fait est négatif.

Il le dit lui-même après, il dit mais en fait le bilan est négatif puisque nous constatons la SMICARDisation de la France. C'est son bilan d'une certaine façon, c'est le bilan dont il est porteur, dont il dit qu'il est très bon. Donc il y a une forme de paradoxe et il dit finalement, pour régler ça, on va continuer à faire encore plus de ce qu'on a fait. Donc c'est très étonnant.

1:44
Présentateur

François Omry, la méthode, vous en parlez, il dit nous devons faire évoluer un système qui a conduit à concentrer nos aides, nos exonérations au niveau du SMIC. Donc il dit qu'il ne va pas continuer la même méthode.

1:57
Invité politique

On ne sait pas trop ce qu'il va faire.

1:59
Présentateur

Mais est-ce que vous, vous avez compris ce qu'il dit quand il dit qu'il veut des-SMICARDiser la France ?

2:03
Invité politique

Non, je n'ai pas compris du tout en fait. Je pense que vous avez à vous éclairer. Je sais comment marche le phénomène de SMICARDisation. Pour le coup, c'est tout simple. C'est simplement de dire aux gens, nous n'allons pas vous augmenter au niveau de l'inflation. Je parle bien sûr des augmentations générales. Et vous allez vous contenter de ça. Et petit à petit, comme ça, on déclasse les salaires. On parle souvent du privé, dire au passage. Mais il faut quand même rappeler que dans la fonction publique, la perte de pouvoir d'achat sur 30 ans est de l'ordre quasiment de 30%.

Et c'est encore pire dans les organismes qui font comme la sécu, etc., qui sont encore plus décrochés que la fonction publique. Donc on a de fait un problème. Je crois que tout le monde a vu ces enquêtes de classement dans l'OCDE, par exemple, des rémunérations des professeurs des écoles ou des choses comme ça, où on voit que la France est quasiment bon dernier, avec la moitié, par élève et par heure, la moitié, par exemple, de rémunération par rapport à l'Allemagne. Donc là, on a vraiment un sujet. Moi, je ne sais pas si le Premier ministre veut vraiment s'attaquer à ce sujet-là. Alors, à l'évidence, il faut qu'on y travaille.

3:02
Présentateur

Pour vous, comment on s'y attaque alors ?

3:04
Invité politique

Mais ça ne peut pas être avec les mêmes méthodes, les méthodes qui nous ont amenés jusque-là et qui, justement, consistent à favoriser les emplois peu qualifiés. Je pense que c'est très important d'intervenir dans l'économie et c'est très important aussi de soutenir, en termes d'emplois, les personnes qui ont peu de qualifications. Mais il y a deux choses. C'est entre soutenir les personnes qui sont plus fragiles vis-à-vis de l'emploi et promouvoir la création d'emplois non qualifiés. Ce sont deux choses différentes.

Et Bruno Coquet, qui est chercheur à l'OFCE, a rendu un rapport il y a quelques jours dans lequel il dit que finalement, la politique de la France en matière de soutien à l'emploi est géniale parce qu'on a soutenu la création d'emplois peu qualifiés. On l'a tellement bien fait que maintenant, on n'arrive même plus à les pourvoir. Il n'y a plus assez de personnes pour les occuper, ces emplois.

3:48
Présentateur

Alors, il faut que le travail paye plus. Il faut aussi inciter, dit Gabriel Attal, à la reprise d'un travail. Il confirme que les bénéficiaires du RSA seront soumis à 15 heures de travail hebdomadaire à partir de janvier prochain. Il annonce également la suppression de l'allocation de solidarité spécifique. Est-ce que c'est une bonne mesure ?

4:06
Invité politique

Non, il y a deux choses qui sont vraiment insupportables dans ce discours. Le premier qui considère que quand les personnes ne retrouvent pas d'emploi, c'est de leur faute. Ça, c'est vraiment insupportable parce que c'est un mensonge absolu. C'est un mensonge qui dénie toutes les études en la matière. Ce qu'on appelle l'aléa morale, c'est-à-dire la faculté qu'a une personne à ne pas rechercher activement de l'emploi quand bien même il est indemnisé. C'est de l'ordre de moins de 10%. Toutes les études le montrent. C'est-à-dire que plus de 90% des personnes qui sont au chômage aujourd'hui recherchent activement de l'emploi. Et Gabriel Attal vient de nous dire « Mais moi, je suis un génie.

Je sais que si les gens ne retrouvent pas de l'emploi, parce que bien sûr, il y a des postes disponibles qui ne font pas l'effort suffisant. Et ça, c'est insupportable parce que c'est un mensonge et c'est une dénégation de la vérité scientifique. Maintenant, sur la mesure qui consiste à faire basculer les gens de l'ASS ou RSA, il faut savoir, d'ailleurs lui-même ne s'en cache pas, c'est que ça vient les privés des trimestres qu'ils accumulent dans le dispositif de l'ASS pour la retraite.

Donc, vous voyez encore le paradoxe dans le discours quand on nous disait, il y a presque un an maintenant, sur les fameux 1200 euros de retraite minimum, oui, mais ce sont pour les gens qui ont une retraite complète. Alors, effectivement, ils ont pu affronter des situations de grande précarité pendant l'emploi, mais à la retraite, on va quand même les aider un peu. Et là, par cette mesure, il vient dire les gens qui ont la carrière incomplète, en fait, ils vont se retrouver encore plus avec une carrière incomplète quand ils seront en retraite. C'est évidemment inadmissible.

5:29
Présentateur

Alors, dernière mesure annoncée par Gabriel Attal, enfin, il demande au ministère d'expérimenter le travail, la semaine en 4 jours, il ne parle plus de semaine de 4 jours, semaine en 4 jours, alors ça, vous devriez être favorable, vous, syndicat.

5:43
Invité politique

Moi, je vais vous dire quelque chose. Quand il y a presque 25 ans, on met en place le forfait, le forfait jour sans référence horaire, nous, on a alerté la CFECGC en disant, attention, attention, la référence horaire, c'est important parce que la journée n'est pas extensible à l'infini et il va y avoir des conséquences en matière de santé publique. On a porté, nous, à la CFECGC, 5 contentieux, y compris devant la Cour de justice européenne, pour dénoncer le surabus des forfaits jour sans référence horaire.

6:12
Présentateur

Et là, c'est ça qui se profile en faisant une semaine de 4 jours.

6:14
Invité politique

On a constaté l'explosion des risques psychosociaux. Moi, je dis les risques psychosociaux, c'est la miande de demain. Il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable. Et que vient nous dire Gabriel Attal ? Finalement, vous n'en avez pas assez. Vous êtes déjà sous pression, ce qu'on parle notamment. Je parle de ma fenêtre, de l'encadrement des cas des agents de maîtrise, des techniciens. On n'en a déjà pas assez d'avoir des journées à rallonge sur 5 jours. Il vient dire, vous allez faire la même chose, mais en 4 jours, et c'est super, tout le monde sera content. Non, en fait, tout le monde ne sera pas content.

La question qu'il faut se poser aujourd'hui, c'est effectivement du surabus des tâches, de l'organisation, des indicateurs, etc. Mais je suis d'accord, c'est un autre sujet.

6:51
Présentateur

Merci beaucoup François Omrile, président de la CFE, CGC, syndicat des cadres. Vous réagissez donc au discours de politique générale de Gabriel Attal.