Élections européennes : la bataille contre la désinformation et la déstabilisation
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6h30 9h les matins de France Culture Guillaume Herner Marguerite Caton bonjour bonjour Guillaume et bonjour à tous je sais pas pourquoi mais tout le monde parle d'Europe ce matin oui à quelques jours du scrutin une dernière mise en garde s'impose pour tous ceux qui n'ont pas encore choisi la liste qu'ils veulent soutenir gare aux fausses nouvelles aux intelligences artificielles qui se font passer pour une personnalité gare au semeurs de troubles et d'angoisses ce pourrait bien être une opération de déstabilisation disons le tout vousê une opération russe bonjour Frédéric Charillon bonjour vous êtes professeur de sciences politiques à l'Université Paris Cité spécialiste des relations internationales vous avez publié guerre d'influence les États à la conquête des esprits c'était chez ODIL Jacob est-ce qu'on peut parler à l'heure actuelle d'attaque de grande ampleur de grande ampleur pas encore il y a plutôt quelque chose qui ressemble à du harcèlement qui tient lieu de de messages d'avertissement permanent sur le fait que ça pourrait être pire c'est un peu comme ça je crois que qu'on peut le voir parce que on a des avertissements qui nous viennent d'autres services de renseignement notamment britannique et autres qui qui nous disent attention ça peut à un moment passer au stade supérieur c'est-à-dire de sabotage y compris avec des dégâts physiques et et humains pour le moment et heureusement on en est pas là on en est plutôt à des signaux pour qui sont pas faibles qui sont pas des signaux FAI qui sont de plus en plus fort mais qui vise à installer un climat d'insécurité et de doute je crois que c'est plutôt à ce à cette étape que nous sommes aujourd'hui selon verra eururova la vice-présidente tchèque de la Commission européenne chargé des valeurs et de la transparence elle a donné mardi une conférence de presse trois grands pays sont attaqués en permanence par la Russie la France la Pologne l'Allemagne le premier type d'attaque c'est la désinformation le site euromort les opérations d'Opal ganger matrioska Portal combat comment fonctionnent ces campagnes Frédéric Charillon et que sont-elles supposé créé dans l'esprit des internautes d'abord elles n'ont pas lieu que en Europe c'est ça qui est intéressant ça touche aussi l'image de ces pays notamment de la France ailleurs évidemment la France a vu ça en Afrique c'est-à-dire que on voit en permanence d'ailleurs il y a encore eu un petit échange acrimonieux entre l'ambassade de France en Arabie en pardon en Afrique du Sud il y a quelques heures et les leurs collègues russes qui sont dans la même dans le même pays on essaie de toucher l'image d'un pays pour montrer que il est en pleine contestation que tout va mal dans ce pays que ça ne va pas du tout et évidemment ça on attaque aussi ce pays sur son territoire même c'est-à-dire sur son opinion publique pour essayer d' d'installer l'idée que que rien ne va alors il y a plusieurs objectifs qui sont pas de la même ampleur d'abord il y a une guerre très longue de d'information contre les démocratie libérale vous avez cité les trois pays Pologne Allemagne France ils sont sans doute perçus comme des maillons faibles par la Russie qui ne s'attaque pas à d'autres pays qui pourrai peut-être répliquer plus difficile plus plus durement euh c'est une guerre de long terme contre des démocraties libérales voilà pour essayer de montrer que la démocratie c'est le chaos pour ne surtout pas donner envie à d'autres opinions publiques ailleurs y compris d'ailleurs en Russie de d'aller vers la démocratie ça c'est quelque chose de long terme ensuite on est dans un contexte depuis 2 ans et demi qui est beaucoup plus particulier qui est évidemment le contexte de la guerre ukrainienne donc là il s'agit de frapper les pays qui sont en première ligne dans l'aide à l'Ukraine la poologogne elle se réarme considérablement et elle soutient considérablement l'Ukraine l'Allemagne donne financièrement beaucoup pour le soutien l'Ukraine et la France de plus en plus maintenant envisage même d'ailleurs des euh d'envoyer des hommes euh en Ukraine donc c'est pas un hasard et donc ces attaques visent en particulier à déstabiliser mais dans un jeu un peu du chat et de la souris c'est-à-dire vous avez fait cette annonce vous allez voir ce que nous nous pouvons faire et euh et puis alors en plus il faut ajouter peut-être une troisième temporalité encore plus resserrée c'est que nous en France nous allons organiser dans quelques jours les Jeux Olympiques et donc forcément dans ce contexte-là nous avons des craintes euh sécuritaire nous avons une fébrilité qui est évidemment pas ordinaire parce que nous allons accueillir un événement international avec beaucoup de monde nous allons être sur le regard du monde et donc nous craignonss pour la sécurité et nos adversaires le savent très bien et ils ont mené d'ailleurs une campagne mettant en avant les risques sécuritaires racontant que 25 % des gens qui avaient acheté des billets pour les Jeux Olympiques les avaient rendus évidemment c'était de la désinformation euh on peut citer aussi une opération en Pologne pour le coup vendredi suite à une cyber attaque de l'agence de presse il y a une fausse dépêche qui a été diffusée elle annonçait la mobilisation de 200000 soldats pour l'Ukraine voilà le conflit ukrainien et et au cœur de ces campagnes alors le deuxième niveau d'attaque si on peut dire c'est la déstabilisation à ce titre la France a été tout particulièrement visée les étoiles de David tagué au mois d'octobre des mains rouges sur le mémorial de la Chau armet tout récemment des faux cercueils de faux soldats français fausses P Mor en d'Ukraine recouvert du drapeau devant la Tour Effel est-ce qu'on est capable à l'heure actuelle de savoir de remonter jusqu'au commanditaire de ces trois événements ça dépend vraiment des cas de figure alors il y a des caméras de surveillance donc on va on est capable de savoir quand on a les images qui a fait ça qui a tagué et CEA on a des moyens on a des bons des bons services de renseignement qui fonctionnent bien qui sont capables de remonter jusqu'à des individus maintenant ensuite l'étape suivante qui est d'établir formellement un lien entre ces individus et un état c'est beaucoup plus difficile parce que ce genre d'opération évidemment passe par de multiples interfaces intermédiaires jeu de miroir qui font que un pays qui sait faire ce genre d'opération et la Russie est un pays qui sait faire ce genre d'opération prend ses précautions mais il y a quand même un contexte c'est-à-dire que on a par exemple un ancien président russe medvedef qui a toujours des fonctions importantes en Russie dans les instances de sécurité qui euh qui a prévenu euh qui a dit que ils allaient al il a pas parlé des stabilisation de ce type il a dit que la Russie ne se priverait pas de soutenir de façon formelle officielle mais aussi de façon clandestine des partis politiques qu' n'a pas nommé dans le monde occidental et qui partagerait peut-être les mêmes les mêmes visions que la Russie alors il faut voir aussi que toutes ces opérations vont aussi dans le sens d'un certain nombre de partis politiques c'est-à-dire les questions de sécurité le la crainte de s'engager en Ukraine donc quand on retrouve des cercueils au pied de la tour eiffelle avec marqué soldats en Ukraine français en Ukraine dessus ça va évidemment nourrir la rhtorique d' de tous ceux qui dans la campagne électorale européenne disent c'est de la folie de de vouloir envoyer des troupes en Ukraine et cetera et ca donc on on a quand même un faisceau de présomption on va dire vous parlez de parti politique et on on se rend compte que la Russie va plus loin que la simple déstabilisation nos voisins allemands et belges ont démentlé un réseau de corruption de propagande au sein même du Parlement européen la tête de liste du parti d'extrême droite allemand lafd a dû se retirer de la campagne il y a au cœur de l'affaire un média voice of Europe est-ce qu'on peut craindre qu'une part du personnel politique européen soit à la solde des Russes actuellement Frédéric Charillon oui pour des raisons d'ailleurs différentes c'est-à-dire que bon c'est dans le renseignement il y a toujours le modèle qu'on appelle mais M I c qui veut en même temps dire souris au pluriel en anglais mais qui fait donc inévitablement penser à la tape dans le dans le monde de l'espionnage c'est les quatre raisons he c'est un voilà c'est un acronyme m i ce c'est quelles sont les raisons pour lesquelles quelqu'un travaillerait pour une puissance étrangère m comme monnaie pour l'argent i pour l'idéologie parce qu'ils peuvent effectivement des gens qui croient très fortement et très fermement personnellement et sincèrement que quelqu'un comme Vladimir Poutine va sauver l'Occident c'est c'est plutôt la corruption la compromission qu'on pourrait avoir par exemple après avoir passé un moment avec une créature dans un voyage et qui dont on a les images après et on exerce un chantage sur la personne et le E c'est l'ego c'est-à-dire quand vous avez une puissance étrangère qui vous flatte et qui vous fait sentir que vous devriez être beaucoup mieux traité que ça dans votre propre pays bon vous avez toute une série de de raisons pour lesquelles effectivement des personnels po peuvent être amenés à choisir de travailler ou de servir les intérêts d'une puissance étrangère la Russie sait parfaitement jouer sur ce clavier à quatre lettres ils ne sont pas les seuls même si on a eu he le catar gate on a eu beaucoup de choses au Parlement européen d'autres pays insiste plus sur l'argent c'est vrai la Russie est plus habile à combiner ses quatre raisons potentielles de travailler pour elle une dernière question très brièvement hier dans challeng l'ancien patron de Lancy Guillaume Poupard disait que le bon moment pour attaquer c'est la dernière minute à quelques heures du scrutin est-ce qu' on peut craindre quelque chose de ce type là Frédéric Charillon un mot alors il faut craindre on est on doit être sur sur nos gardes en permanence cela dit il y a plusieurs échéances on l'a dit il y a les élections il y a ensuite les Jeux Olympiques et quel est le bon moment pour attaquer ça je ne sais pas il faut il faut espérer qu'il n'y aura pas cette attaque il faut espérer aussi que l'opinion publique ne sera pas dupe s'il y a quelque chose qui se passe juste avant le scrutin merci beaucoup Frédéric Charillon
Jean-Pierre Bataille