Chute annoncée de Keir Starmer : la fin du bipartisme au Royaume-Uni ?
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Culture, question du soir. Mathéo Caranta.
La débâcle du Labour, le parti travailliste britannique, lors des élections locales du 7 mai 2026, a fragilisé un peu plus encore le Premier ministre, Keir Starmer, déjà impopulaire. Depuis cette défaite, une partie du Labour appelle Keir Starmer à démissionner, qui s'y refuse. Et derrière cette crise du parti travailliste, c'est l'extrême droite de Mr Brexit, Nigel Farage, qui sort grande gagnante des élections sur fond de montée du nationalisme et des discours anti-immigration dans l'espace public britannique. Alors, comment comprendre les ressorts de la crise politique au Royaume-Uni ? Quelles sont les lignes de fracture qui partagent la société britannique ?
Qui, pour remplacer Keir Starmer ? Et ces turbulences signent-elles la fin du bipartisme dans le Royaume ? Voilà beaucoup de larges et amples questions que nous allons aborder avec nos deux invités. Nicolas Jarajoli, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes doctorant en sciences politiques en études anglophones à Panthéon-Sorbonne et à Nanterre. Et votre thèse porte justement sur les crises du parti travailliste. Voilà qui est bien trouvée. Anne-Élisabeth Moutet, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes éditorialiste au Daily Télégraphe. Merci à vous deux d'avoir accepté notre invitation. Dans Question du Soir, nous sommes ensemble et en direct jusqu'à 19h. Je veux bien me présenter aux prochaines élections.
Évidemment, je reconnais qu'après les résultats des élections locales, ainsi que des scrutins au Pays de Galles et en Écosse, la première tâche consiste clairement à redresser la situation et à m'assurer que je concentre mes efforts là où il faut. Et je me rappelle chaque jour que j'ai été élu pour servir la population. Et c'est à cela que je vais m'atteler. Je considère que le Brexit a été néfaste,
mais je pense aussi que la dernière chose à faire en ce moment serait de relancer ces débats. La Grande-Bretagne restera coincée dans une impasse permanente si nous passons notre temps à nous disputer et que les gens s'éloignent les uns des autres. Il est temps, n'est-ce pas, de rassembler les gens, de se concentrer sur ce que nous avons en commun. C'est ce dont nous avons besoin maintenant.
Je suis profondément convaincu que les électeurs qui nous ont rejoints ne le font pas par protestation à court terme, mais parce qu'ils croient réellement en nous et qu'ils resteront à nos côtés jusqu'aux prochaines législatives. C'est un revirement électoral historique dans des régions que le Labour domine depuis des décennies et même dans de nombreux cas depuis un peu plus d'un siècle. Voilà pour les voix doublées de Kirst Armer, Premier ministre du Royaume-Uni, d'Andy Burnham, maire du Grand Manchester, et de Nigel Farage, leader du parti Réformes UK. Je me tourne vers vous, Nicolas Jarrajoli.
Quelle est l'ampleur de la défaite travailliste à ces dernières élections, s'il fallait la qualifier ? Historique, absolument historique. Le visage électoral que ça a donné, c'est presque sans précédent depuis les années 20. Le parti travailliste a perdu des endroits, des councils, comme on dit en anglais, qui ont été travaillistes depuis la fondation du parti. On ne pensait que 2019, la grande défaite électorale accablante du parti travailliste, c'était vraiment aller rester ce sommet d'échecs électoraux du parti. Mais là, on commence à voir le profil d'une conjoncture politique vraiment très incertaine, où on a 4 ou même 5 blocs qui se profilent, alors qu'habituellement, on en a 2.
Est-ce qu'on peut tenir Keir Starmer pour responsable de cette défaite, Anne-Elisabeth Mouké ? Il n'est pas tout seul. Alors, c'est vrai que sur le papier, Keir Starmer, c'était le leader travailliste qui pouvait faire, en principe, et d'ailleurs, il l'a fait il y a 2 ans, une large majorité au Royaume-Uni. Il a été réélu, triomphalement, il y a 2 ans. Il a été élu. Vous savez que les élections en Grande-Bretagne, c'est le parti qui décide qui est le président de son parti, et le roi, par définition, n'a pas son mot politique à dire, mais c'est automatiquement le leader du parti, travailliste, conservateur, autre, qui devient Premier ministre.
Et donc là, Keir Starmer est en danger, mais ça pince par une discussion musclée avec d'autres leaders qui se présentent et il faut qu'ils aient un certain nombre de députés membres du parti travailliste pour accepter de changer de leader ou quelqu'un où on change automatiquement de Premier ministre. Je crois que c'est 68 députés. Il faut au minimum dans les instances du parti. Tout ça, c'est donc encadré par les partis et il est là en tant que représentant de son parti. Il faut aussi rappeler, parce que ça va venir dans la discussion, que tout ministre et a fortiori Premier ministre doit être un représentant du peuple d'apport.
Alors essentiellement, ça veut dire un député à la Chambre des communes et parfois il y a des lords dans le gouvernement et parfois quand vous voulez vraiment mettre quelqu'un de votre gouvernement, de votre parti, et que ça n'est pas un député, il faut en faire un lord de façon à ce qu'il soit lui aussi un représentant parlementaire. Donc c'est un système différent et plus automatisé. Il faut préciser ça, le fonctionnement de la démocratie britannique avec deux chambres, une chambre des députés, vous le disiez, une chambre des lords. Comment est-ce que ça s'organise, Nicolas Jarrajoli, pour gérer les questions justement de nomination des premiers ministres ?
Les lords sont un peu hors-jeu de ce processus et je pense qu'en fait le truc le plus particulier du système britannique qu'il faut transmettre un peu à ce moment-là, c'est qu'il y a un système électoral différent. C'est-à-dire, c'est un système qu'on appelle majoritaire uninominal, first pass the post, et ça veut dire que... À un tour. À un tour, uninominal, ouais. Donc il n'y a pas de tour et on gagne selon le plus grand nombre de voix dans chaque circonscription. Donc on gagne avec 30%, 25% très facilement. Et c'est d'ailleurs ce que Starmer a fait dans l'élection en 2024, en partie par stratégie électorale, en partie par chance.
Il a gagné, il a eu 32, je crois, pour cent du vote populaire et environ 60% des sièges. Donc ça, c'est important à comprendre si on veut comprendre comment le vote se traduit dans des sièges au Parlement. Je crois que ça, c'est un aspect important. Est-ce que vous voulez bien nous rappeler, Nicolas Jarrajoli, sur quelle promesse est arrivée Keir Starmer en 2024 ? Je rappelle, il y avait quand même, il y a eu de nombreux gouvernements anglais qui se sont succédés au Royaume-Uni après 2020. Quelle est la promesse, quel est l'espoir qu'il porte lorsqu'il arrive en 2024 ? Sa promesse, c'est la stabilité et la compétence, je dirais. C'était une promesse pas très politique.
C'était une promesse un peu pratique ou en tout cas conditionnée par le fait que cette élection-là de 2024 était précédée par des gouvernements conservateurs extrêmement instables. On a eu trois premiers ministres depuis 2019. Et si on remonte jusqu'à 2015, on en a eu cinq. Donc pour Starmer, son pitch, sa promesse, c'était la stabilité et la compétence et, très important, la croissance. Or, les trois choses n'ont pas été « delivered » comme on dit en anglais. Il n'a pas réussi. Anne-Elisabeth Moutet, il n'a pas porté de politique publique marquante. Est-ce qu'il y a des lois, des projets qu'il a portés ?
Je voudrais d'abord tout de même dire qu'il a été aussi élu sur le fait considérer que c'était un leader raisonnable et je pense qu'il a obtenu cette majorité de siège, cette grande majorité de siège aussi, parce qu'il n'était pas le précédent leader du parti travailliste qui était Jeremy Corbyn. Et si on veut faire de la sténo rapide, on va dire que Jeremy Corbyn, c'est Jean-Luc Mélenchon avec tout ce qui va autour, c'est-à-dire le côté... Jeremy Corbyn a été accusé d'antisémitisme et il a été exclu du parti travailliste. L'obsession sur un seul conflit qui est le conflit du Moyen-Orient, le marxisme. C'est un marxiste qui est historique.
Je veux dire que c'est quelqu'un qui est beaucoup moins sinu. Sa carrière a été beaucoup moins sinuïde que celle de Jean-Luc Mélenchon qui vraiment s'est promené beaucoup. On n'est pas là du tout pour parler de Jean-Luc Mélenchon. Mais continuez-nous. Donc Keir Starmer se posait différemment de Jeremy Corbyn au sein de la gauche travailliste. Il offrait à tout un tas d'électeurs naturels depuis longtemps des travaillistes mais qui étaient un peu révulsés par l'idée de Jeremy Corbyn parce qu'ils le trouvaient trop extrémiste. Il se disait voilà quelqu'un qui est raisonnable, voilà quelqu'un qui...
Aux Etats-Unis, aux Etats-Unis, aux Etats-Unis, aux Etats-Unis, aux Etats-Unis, aux Etats-Unis, aux Etats-Unis, aux Etats-Unis, aux Etats-Unis, aux Etats-Unis, aux Etats-Unis, aux Etats-Unis, avant de devenir un juge et ensuite d'avoir des fonctions dans le système de la justice britannique. Or, il était devenu le directeur, le procureur général de tout le pays, quelqu'un qui décide si on doit faire des poursuites dans les cas judiciaires. Il avait évidemment un service donc on se disait c'est quelqu'un de compétent, c'est quelqu'un d'organisé, c'est quelqu'un qui a une grande culture géomédique. Enfin, il était... Et il était tout de même revenu plus au centre du parti.
Je ne dirais pas complètement au centre mais enfin à un socialiste, à la française. Et donc, tout ça, des tas de gens ont voté pour lui en se disant c'est tout de même bien et puis on en a jusque-là des conservateurs. Ça fait 16 ans qu'ils sont au pouvoir. On a eu Boris Johnson, on a eu toutes sortes de choses, c'est des fantaisistes. On a eu Liz Truss avec qui... dont le gouvernement a duré moins de temps qu'il ne faut pour une laitue posée sur un bureau à finir par pourrir. Enfin, je veux dire, c'était un gag fait par une chaîne de télévision. Et bon, on voudrait avoir quelqu'un de sérieux.
Et le quelqu'un de sérieux qui est arrivé s'est révélé être quelqu'un de pusillanime, de ne pas avoir de vision, à la stupeur générale de ne pas être très travailleur. C'est-à-dire, ce n'était pas quelqu'un qui connaissait ses dossiers de manière obsessive. C'est le moins qu'on puisse dire. Et tout ça... Alors, il y a eu cette déception. D'autre part, il y a eu la crise qui a continué et qui s'est augmentée. Alors, elle a commencé sous les conservateurs avec le Covid et puis les effets économiques de la guerre en Ukraine. Et ensuite, ça s'est poursuivi avec l'inflation, les problèmes de l'immigration qui sont des problèmes que tous les Anglais considèrent comme importants.
Et d'ailleurs, on arrive en disant non, nous sommes ouverts à tout le monde. Et ensuite, très vite, dès que les sondages commencent à être mauvais, quelle que soit la couleur du parti, on commence à dire qu'il faut tout de même empêcher les gens de venir illégalement dans le pays. Ça ne veut pas... Pour certains, ça ne veut pas dire de ne pas prendre d'hybris. Mais ça veut certainement dire qu'on ne veut pas d'immigrants illégaux parce qu'il y en a beaucoup. Nicolas, Jara, j'allais, vous souhaiter... Oui, tant je suis d'accord un peu sur la fin du récit d'Elisabeth, de Anne-Elisabeth, pardon, que moins sur le début.
Je suis d'accord que Star-Mort était perçu comme quelqu'un de compétent, sérieux, etc. Et il s'est avéré pas du tout ça. C'est vrai qu'au début, il s'est construit effectivement contre Corbyn qui était devenu la bête noire des médias et du champ politique. D'ailleurs, c'était pratique pour lui. Par contre, il faut aussi rappeler qu'il a gagné le leadership du Parti Travailliste en disant qu'il allait adopter le programme de 2017 du Parti Travailliste, le programme Corbyn, qui a fait 40%. C'était pas Milliband ? Non, pas du tout. Milliband, c'est 2015. Alors, qui aujourd'hui peut remplacer Keir Starmer au sein du Parti Travailliste ?
Parce que, comme l'expliquait Anne-Élisabeth Moutet, le Premier ministre doit venir de l'un des deux partis majoritaires du Parlement et en l'occurrence du Parti Majoritaire qui est encore aujourd'hui le Parti Travailliste malgré la défaite à ses élections. Donc, la compétition se joue aujourd'hui pour le poste de Premier ministre au sein du Parti Travailliste. Quelles sont les figures ? Quels sont les courants idéologiques qui ressortent ? Nicolas Jarrajoli et puis Anne-Élisabeth Moutet. Au sein du Parti Travailliste, c'est peut-être un petit topo jusqu'à, disons, la période Corbyn, il y avait deux droites dans le Parti Travailliste. Il y avait l'ancienne droite proche...
De gauche, vous voulez dire ? Pardon ? Vous voulez dire deux gauches au sein du Parti Travailliste ? Non, non, non, parce qu'il y a des courants... Pas de droite au sens du champ politique, mais il y a une droite, une aile droite du Parti Travailliste et une aile gauche du Parti Travailliste. Corbyn était de l'aile gauche, Tony Blair était de l'aile droite, de la nouvelle droite, et l'ancienne droite, c'était une droite plus proche des syndicats associée avec Gordon Brown, qui était le rival, un peu le rival de Tony Blair. Mais dans la période Corbyn, ils se sont...
Ils ont convergé dans leur anticorbynisme, et c'est les éléments les plus anti-gauches, disons, anti-aile gauche du Parti, qui ont été la condition factionnelle de l'entrée au pouvoir de Starmer au leadership du Parti. Maintenant, les courants qui existent, si on prend les candidats putatifs à l'élection, il y a Angela Reiner, Wes Streeting et Andy Burnham. Angela Reiner, elle est proche des syndicats, elle se dit soft left, entre guillemets, bon, c'est un sort de truc amorphe au milieu du parti qui n'a pas d'organisation ou d'institutialisation. Le ventre, disons, du parti, oui. Andy Burnham se dirait aussi soft left.
Andy Burnham qui est donné déjà comme gagnant maire de Manchester, qui se présente en juin à une élection partielle au nord de l'Angleterre et qui peut-être joue sa survie politique. Elle est un troisième candidat, vite fait. Nicolas Jarry puisse finir cette description et puis qu'on puisse donner la... Wes Streeting, c'est le candidat de l'aile entre guillemets blairiste pour parler rapidement. Il est... Donc, on a une aile libérale qui serait représentée, vous l'avez dit, par West Streeting, un ventre, on pourrait dire ça, du parti. Et puis Andy Burnham, ce candidat, peut-être dit, Anne-Elisabeth Moutet. Alors, il faut...
D'abord, il faut rappeler une anecdote intéressante qui est, comme je le disais, on ne peut pas se présenter et on ne peut pas être ministre ni premier ministre si on n'est pas un représentant du peuple. Andy Nordham était maire, on ne peut pas être député maire en Grande-Bretagne non plus. Et il a voulu se présenter... Le roi du Nord. À une partielle, il y a à peu près au moment des élections locales qui étaient à la fois des élections municipales et régionales. Et le chef du parti, c'est-à-dire Starmer, lui a interdit de se présenter à cette primaire. Il a dit, il n'est pas question qu'à cette partielle.
Et donc, là, un de ses partisans a démissionné de son poste pour forcer une autre partielle, mais il y avait déjà une espèce de mesquiderie de la part de Starmer qui avait peur. Et l'autre chose, je pense qu'il faut aussi dire, c'est que... Il faut rappeler, tout de même, que les syndicats ont un rôle constitutif du parti travailliste. C'est pour ça qu'il s'appelle Labour. Ils font partie des instances du parti. Le parti est littéralement l'émanation du mouvement syndical. Ce n'est pas séparé comme en France. Oui, tout à fait. Ça, c'est un point très important, d'ailleurs. Mais allez-y. Je vous propose qu'on écoute la voix d'un autre leader, mais d'un autre mouvement, Tommy Robinson.
La violence est à nous. Il est déjà ici. La violence arrive. Elle est déjà là. Les communautés hostiles ont été importées dans notre pays et refusent de s'intégrer. Elles ne s'assimileront pas. Un affrontement est inévitable. Nous pouvons l'éviter par les urnes, mais il faut d'abord réveiller les 50% qui ne votent pas. voilà le prix à payer. La réalité de l'immigration massive et de l'ouverture des frontières. Les crimes commis n'auraient jamais eu lieu si nous étions une nation fière et forte car les hommes ne l'auraient jamais permis dans nos villes. Nous sommes désorganisés.
Nous avons perdu notre identité et des hommes ont profité de ce que nous avons de plus cher, nos filles et nos femmes.
Voilà la voix
de Tommy Robinson qui s'adresse à une grande manifestation, à une grande foule qui s'est tenue samedi dernier, 16 mai, à Londres dans une manifestation anti-immigration, anti-islam qui se faisait le parallèle d'une marche anti-raciste qui portait également sur le conflit au Proche-Orient. Unite the Kingdom, unir le Royaume, c'était le slogan de cette manifestation et elle fait écho évidemment à la victoire d'un parti peut-être aussi d'extrême droite peut-être moins radical que disons les mouvements de Tommy Robinson qui est celui de Nigel Farage qu'on appelait à l'époque en 2016 Mr Brexit avec son parti Réforme UK.
Qu'est-ce que cette poussée de l'extrême droite raconte des équilibres politiques aujourd'hui au Royaume-Uni à Nelizabeth Moutel ? Je crois surtout qu'il faut vraiment qu'on fasse une différence entre les différents mouvements de droite et d'extrême droite.
Le seul que je qualifierais vraiment d'extrême droite c'est évidemment Tommy Robinson qui n'est pas un leader politique qui ne s'est jamais présenté à des élections qui est un ancien football hooligan qui a fait de la prison pour des histoires d'escroquerie qui s'est emparé parce que c'est un garçon de la classe ouvrière du nord de l'Angleterre et qui s'est emparé de l'affaire des gangs de chauffeurs de taxis pakistanais pas seulement dans le nord de l'Angleterre mais beaucoup dans le nord de l'Angleterre dans 20 ou 25 villes pendant plus de 20 ans qui ont essentiellement réduit en esclavage sexuel des très jeunes femmes et des petites filles il faut lire le rapport judiciaire c'est une chose terrifiante et quand les parents venaient dire naturellement elles venaient de milieux où les gens étaient en détresse de toute façon c'était plus facile et pendant des années on a dit vous pouvez pas dire ça c'est horriblement de dire raciste que ça existe alors c'est ça le vrai problème des gens qui disent il faut surtout pas qu'il y ait un amalgame c'est que quand les faits sont réels on dit aux gens vous devez surtout ignorer la réalité vous souhaitiez distinguer alors je voudrais distinguer complètement Tommy Robinson qui surfe là dessus depuis plusieurs années qui a failli faire capoter un procès parce qu'il était tellement excité qu'il s'est improvisé journaliste il est venu devant un tribunal où il y avait eu deux ans d'instruction pour travailler cette histoire horrible et qu'il a commencé à répéter les éléments de l'instruction devant un caméraman qu'il avait payé devant l'entrée des juges ce qui dans la loi britannique est le genre de chose qui vous fait capoter un procès tout de suite parce qu'on n'a pas le droit d'intervenir de l'extérieur donc c'est vraiment un électron libre bizarre et assez glauque et d'autre part Nigel Farage qui est d'un milieu social entièrement différent et l'Angleterre est un pays de classe qui est un ancien trader de la city et qui a récupéré je dirais la partie extrême du parti conservateur qui a cru à Boris Johnson et qui a dit mais Boris il n'est pas assez sérieux pour ça et qui a poussé sur le Brexit et changé la carte politique de Grande-Bretagne et ce que Farage avait dit au moment de cette manifestation qui était d'ailleurs une manifestation extraordinairement bon enfant il ne faut pas du tout imaginer des nervis avec des casques et des des dizaines de milliers de personnes qui se sont rendues à cette manifestation il y a 50 000 personnes mais Farage avait dit à tous ses députés et à tous il n'en a pas encore beaucoup il y a tous ses conseillers etc.
il n'y a pas de personnalité de réforme à cette manifestation on n'y va pas c'est pas nous alors même que les gens qui marchaient dans la rue c'était probablement leurs électeurs Nicolas Jarrajoli qu'est-ce que cette victoire de réforme UK et ces manifestations récurrentes il y en a eu une autre en novembre octobre 2025 qui avait réuni plus de 100 000 personnes dans les rues de Londres qu'est-ce qu'elle raconte du nouvel équilibre des forces au sein de la politique britannique ?
déjà je vais déjà repouter un petit peu sur l'idée que réforme n'est pas d'extrême droite juste parce que Tommy Robison et EDL et son organisation sont on pourrait dire plus extrêmes si vous voulez mais c'est plutôt une question de comportement politique eux ils sont ils sont dans la rue comment sont-ils qualifiés au sein du débat britannique par exemple mais c'est pas pour autant que c'est pas parce que le GUD existe par exemple que le RN n'est pas d'extrême droite mais les réformes UK comment sont-ils qualifiés au sein du débat politique britannique comme populiste comme d'extrême droite ce qu'il y a Right Populist Right Populist alors c'est comme ça que nous les qualifierons mais c'est parce qu'on n'a pas les mêmes catégories en Angleterre pour le champ politique alors qu'est-ce que ça raconte de la recomposition je repose ma question du paysage politique britannique parce qu'il y a un absent dans notre conversation depuis tout à l'heure c'est le parti des Tories le parti des conservateurs qui a été au pouvoir jusqu'en 2024 nous parlons de la faiblesse et des crises qui sont traversées qui traversent le parti travailliste de la montée de ce populisme de droite que reste-t-il des Tories et est-ce que ces élections du 7 mai inaugurent un nouveau champ politique une nouvelle répartition politique en Grande-Bretagne s'il vous plaît je pense que c'est effectivement le facteur clé c'est l'effondrement des Tories il y a une citation très connue d'un intellectuel qui s'appelle Harold Lasky des années 30 qui disait en Angleterre en Royaume-Uni il n'y aura jamais une montée du fascisme c'est les années 30 donc on parle de fascisme parce que il y a le parti conservateur qui va toujours absorber des éléments et du coup qui va effriter le mouvement or aujourd'hui on est dans une situation qui est vraiment inédite historiquement pour les Tories les Tories c'est le plus vieux parti politique ou un des plus vieux partis politiques en tout cas un des plus avec le plus de succès électoral de l'histoire du monde et aujourd'hui on est effectivement dans une situation où les Tories pourraient être le troisième ou même le quatrième parti du Parlement enfin on sait pas et ça c'est cet effondrement là et la condition de la montée de réformes sur le plan de l'analyse du champ politique absolument ça a beaucoup plus à voir avec les Tories les conservateurs qu'avec Labour et d'ailleurs si on regarde une carte des voix qui portent qui commencent tu vois en 2024 et qui reportaient dans les élections municipales il n'y a même pas il n'y a même pas 15% des voix du parti travailliste qui vont à réforme tandis que les conservateurs se font ah si si si ils ont perdu le Red Wall tout de même en 2019 aussi maintenant je parle évidemment de quelque chose qui n'est pas comparable parce que les élections dont on parle qui ont tout changé dans le paysage politique récemment ce ne sont pas des élections législatives donc quand je dis ils ont perdu les circonscriptions qu'ils avaient gagnées il y a deux ans évidemment ils ne les ont pas vraiment perdues encore parce qu'ils ont perdu les endroits mais ils n'ont pas perdu les sièges au Parlement ils ont encore cette immense majorité et il faut souligner qu'il y a une quatrième force mais celle-là par la gauche du parti travailliste qui arrive qui est le parti des Verts Anne-Elisabeth Moutet est-ce qu'on arrive à la fin du bipartisme au Royaume-Uni comme on l'a connu d'un côté le parti travailliste de l'autre côté est-ce que de ce point de vue-là on peut comparer cette situation à la recomposition politique française qui a lieu depuis 2017 alors je dirais je dirais que l'émiettement est comparable mais et on n'a même pas parlé du Pays de Galles et de l'Ecosse et c'est pourtant très intéressant le Pays de Galles et l'Ecosse le Pays de Galles était un bastion du Labour des travaillistes et ça ils ne le sont plus l'Ecosse a eu des velléités mais elle est redevenue SNP complètement c'est la cinquième fois qu'ils sont réélus mais et donc il y avait jusqu'ici jusqu'à cette espèce de sondage en grandeur nature qu'ont constitué les élections locales on se disait si la Grande-Bretagne va être éternellement conservatrice parce qu'il n'y a pas cette voie socialiste pour elle c'est pas exactement comme ça que ça s'est passé c'est là où il y a eu cet émiettement mais je pense aussi que le parti conservateur c'était alors d'une part le parti conservateur il avait fait toutes les bêtises possibles et imaginables en séquence et je pense qu'ils sont capables de se relever pour des élections législatives pour plusieurs raisons d'abord parce qu'ils se sont enfin donné un leader enfin une leadeuse à un chef qui est Cammy Bedenor qui n'est pas la personne qu'on attendait qui est une femme politique britannique qui est né au Nigeria qui est une femme qui a commencé très doucement après l'énorme défaite électorale et qui est en train de trouver sa personnalité je dirais presque à l'ancienne dans ses discours elle me rappelle beaucoup plus je ne vais pas dire Thatcher mais des leaders à la fois cultivés et déterminés que ce qu'on a vu comme excité récemment dans le parti conservateur et l'autre chose que je voudrais rappeler ça vaut tout de même plus encore en Grande-Bretagne qu'en France c'est la permanence de la mémoire politique qui fait que c'est très difficile de comprendre la Grande-Bretagne d'abord parce que vous installez des gens et ils s'occupent de faire gagner le parti vous avez des gens au racisme dans les circonscriptions vous avez des gens régionales vous avez des gens avec qui on a l'habitude de travailler c'est pour ça que vous avez des endroits entiers du sud-ouest qui votent encore d'une certaine manière parce que c'est le parti radical socialiste de l'avant-guerre il y a une mémoire une mémoire historique vous avez la même chose pour les libéraux-démocrates britanniques on ne comprend pas pourquoi ils sont dans le sud-ouest de l'Angleterre si on ne sait pas ce que c'était que les Wigs au 19ème siècle et c'est à la fois le fait que vous avez les structures du travail local de circonscription qui perdurent même quand on perd les élections d'une part et d'autre part parce qu'il y a une grande mémoire politique moi je vois le parti conservateur se reconstruire il a vraiment fait tout un tas de bêtises avec 4 politiciens à sa tête en très peu de temps mais je pense aussi que je ne vois pas je ne pense pas que Nigel Farage soit quelqu'un de suffisamment sérieux et sa capacité à s'organiser dans les territoires et dans les circonscriptions soit telle qu'il ait la capacité de gagner des élections à la place des Tauris et de les remplacer Nicolas Gérard-Joli vous pensez également que c'est plus une secousse qu'une recomposition en profondeur de la structure du champ politique anglais c'est difficile à dire mais en tout cas ce qu'on peut constater c'est qu'il y a et bon on aime utiliser ce mot dans les médias et moi en tant que chercheur je suis un peu plus précautionnel oui mais effectivement il y a beaucoup de choses inédites qui se passent il y a cet effondrement du parti conservateur il y a pour la première fois dans l'histoire du système politique britannique il y a une alternative électorale crédible à gauche du parti travailliste c'est-à-dire que la montée des verts est crédible vis-à-vis du parti travailliste c'est crédible ils ont gagné une élection partielle il y a quelques mois ou reforme c'était vraiment les verts contre reforme avec les travaillistes en troisième mais en fait il faut comprendre que dans le système britannique quand il y a une percée d'un parti qui n'est pas soit Tories Labour ou Liberal Democrats on va dire aussi en troisième position distante même si c'est une petite percée ça veut dire beaucoup parce que le système britannique est extrêmement robuste quand il s'agit de repousser les marges politiques si vous voulez donc le fait que les verts ont cinq sièges dans le parlement oui cinq maintenant que reforme en a eu cinq en 2024 qu'il y a quatre ou cinq indépendants dans le parlement c'est inédit et ça préfigure un effritement comment dire une fragmentation du système partisan et ce qui est d'autant plus incertain c'est qu'à cause du système électoral ça veut dire que les divisions dans chaque circonscription qui vont se jouer à des centaines de voix vont déterminer le visage électoral du pays donc c'est très difficile de prédire comment des concours à quatre ou à cinq ou à trois ou etc dans une circonscription ou dans toutes les circonscriptions va donner en termes de siège donc je pense qu'en fait nous on peut constater qu'il y a beaucoup d'éléments d'incertitude et tout ce qu'on peut dire c'est que à mon avis d'autres choses inattendues vont se passer je crois que c'est ça la seule certitude derrière non celui était un indépendant après avoir essayé les socialistes et les conservateurs Moseley c'était le leader fasciste des années 30 Oswald Moseley mais il n'a même pas gagné un siège au Parlement il n'a jamais rien réussi et ça c'est la grande différence avec la période pré-deuxième guerre mondiale c'est que il y avait une espèce d'original assez délirant ami avec Hitler et tout ce qu'on veut mais il est allé nulle part alors que quelqu'un de différent aurait peut-être pu faire plus de progression et le parti communiste britannique n'a jamais été une alternative politique crédible non plus Annalisabeth Moutet on parle depuis tout à l'heure de la composition des partis du fonctionnement aussi de la carte électorale et de la montée au pouvoir des partis sur le fond maintenant vous avez parlé d'immigration quels sont les autres éléments est-ce qu'il y a une guerre culturelle au Royaume-Uni comme on peut parler de guerre culturelle aux Etats-Unis ou en France ou en France bien sûr qu'il y a une guerre culturelle en Grande-Bretagne et c'est toujours sur les mêmes termes C'est cela qui polarise le débat et peut-être aussi les autres Qui certainement d'abord qui trouve de l'audience et c'est exactement comme chez nous c'est exactement comme aux Etats-Unis c'est-à-dire d'un côté vous avez l'angélisation de tout ce qui est immigrationniste et le problème c'est ça c'est que si on ne regarde pas à la fois les bénéfices et les inconvénients de l'immigration et de la façon dont c'est structuré et qu'on dit tous les illégaux sont acceptés les réactions sont normales puisqu'on dit oh il faut enfreindre la loi il y a les questions de wokisme qui ont naturellement capturé les universités il y a le débat alors tout à l'heure il y a la Palestine qui a pris une espèce d'hyper rôle dans ce qui est acceptable il y a une seule cause alors que dans les années 70 où on avait un peu ça il y avait plusieurs causes qui étaient sur la question et puis vous avez c'est le modèle multiculturel qui est remis le modèle multiculturel qui est remis en cause qui est un exemple de réussite du modèle multiculturel et qui est la patronne du parti conservateur a dit j'ai vécu dans un pays multiculturel je suis née dans un pays multiculturel où personne ne s'entendait je pense qu'un pays où on a des différences culturelles mais où on a une idée générale que tout le monde dans le pays sache qui il est ce que c'est que la Grande-Bretagne ce que ça veut dire d'être un Britannique c'est ça elle pose la question dans des termes que je crois la majorité des Britanniques vont accepter Nicolas Jarrajoli la guerre culturelle le multiculturalisme je pense que bon on peut parler de manière précise il y a un modèle du multiculturalisme qui est un modèle politique qui a été mis en place pendant le New Labour là je pense qu'effectivement il ne fonctionne pas très bien mais ça c'est pour des raisons spécifiques peut-être qu'on n'a pas le temps d'en parler mais c'est la manière que ça a géré les communautés du sommet ça a donné le pouvoir au sommet des communautés du coup il y a des parties marginalisées au sein des communautés différentes qui existent en Angleterre bon si on parle de les relations interculturelles en général non ça n'a pas échoué à mon avis l'Angleterre et le Royaume-Uni restent un pays où les minorités visibles font l'objet d'une tolérance moi je pense beaucoup plus élevée qu'en France ou d'autres pays européens en 2026 les britanniques voient de plus en plus que dans un monde dangereux nous devons nous serrer les coudes à la fois pour reconstruire notre économie et notre commerce et pour améliorer notre défense face aux menaces communes que représentent l'agression russe et le repli de l'Amérique à force la plus grande opportunité économique que nous ayons se trouve à notre port nous avons besoin d'une nouvelle relation spéciale avec l'UE car l'avenir de la Grande-Bretagne se trouve en Europe et un jour un jour de retour dans l'Union Européenne voilà la déclaration de West Streeting donc ancien ministre britannique de la santé qui a démissionné il y a quelques semaines rival de Keir Starmer pour la direction du parti travailliste qui dit nous avons besoin d'une nouvelle relation spéciale avec l'UE car l'avenir de la Grande-Bretagne se trouve en Europe et nous devons à terme revenir dans l'Union Européenne Nicolas Jarrajoli est-ce que le Brexit est encore un spectre qui plane au-dessus de la politique anglaise est-ce que il est concevable aujourd'hui pour le parti travailliste par exemple de porter un retour vers l'Union Européenne réponse courte non mais mais est-ce que c'est une ressource à mobiliser ponctuellement pour les acteurs politiques voilà Reform va dire ah regardez ils veulent je sais pas abolir le Brexit et ils vont essayer de mobiliser les gens sur ce plan ou quelqu'un comme West Street qui vient de l'aile libérale comme vous dites du parti travailliste va dire moi je veux rejoindre le parti travailliste parce que lui il regarde une élection du leadership travailliste et la base d'adhérents travaillistes est majoritairement pro-européens même s'ils sont pas forcément du côté de rejoin qui est un peu un pas un peu c'est un sondage YouGov qui a été publié en avril 2026 qui disait que 55% des britanniques sont favorables à une réintégration dans l'UE ce n'est pas un sujet qui fait débat aujourd'hui au Royaume-Uni en Elisabeth Moutet pas tellement d'abord parce que la plupart des britanniques n'ont pas l'idée qu'ils veulent envoyer leurs enfants en Erasmus et qu'ils veulent voyager en Europe et que la plupart d'entre eux pensent d'abord à la politique nationale au prix de l'énergie qui est le plus cher de toute l'Europe à l'inflation enfin à des choses à la sécurité ou non dans les rues enfin à des choses classiques qui sont les raisons pour lesquelles les gens votent et l'autre c'est une chose de dire finalement on serait peut-être mieux dans l'Europe et c'est une autre de se dire mon dieu on va encore s'infliger les mois de négociations et de discussions pour réorganiser quelque chose de monstrueusement bureaucratique est-ce qu'on veut vraiment se retaper ça et la dernière c'est malgré tout que aboyant au basque il y a bien Nigel Farage qui a un parti dont je ne sais pas s'il a un avenir mais qui en tous les cas est assez dynamique en ce moment et faire un argument principal de campagne le fait de ne pas d'abolir le Brexit et bien c'est absolument un cadeau aux gens qui disent non mais attendez on a voté une première fois on ne va pas recommencer parce que vous le voulez donc c'est vraiment pas ce que les travaillistes devraient choisir comme truc principal de leur programme Nicolas Jarrojoli est-ce qu'il y a une possibilité que Keir Starmer reste premier ministre du Royaume-Uni oui petite peut-être regrettable mais oui oui parce qu'en fait voilà on n'en a pas parlé mais cette élection partielle où Burnham va se présenter comme le maire de Manchester qui est le favori pour devenir leadership oui on va dire de la gauche telle qu'elle existe après la purge de la gauche bref qu'est-ce qu'on parle pardon Keir Starmer ah oui resté premier ministre oui du coup si dans cette élection partielle Burnham perd il y aura j'ai vu des sondages hier des sondages entre les différents candidats parce qu'il y en a quatre putatives Keir Starmer évidemment Andy Burnham Angela Reiner et Ed Miliband bizarrement qui était déjà leader du parti il y a dix ans et qui a perdu les seules élections nationales et le seul le seul candidat qui bat que c'est certain qui gagne contre Keir Starmer dans une élection au leadership c'est Burnham donc si Burnham perd l'élection partielle c'est possible que Starmer se présente et gagne l'élection contre ses ses compétiteurs un mot de la fin d'Elisabeth Moutet est-ce que le Royaume-Uni est condamné à l'instabilité politique jusqu'aux prochaines élections législatives alors les prochaines législatives c'est en 29 et il est possible que ce soit en 28 parce que le Premier ministre a l'habitude en général de décider le meilleur moment parfois il se trompe quand on doit avoir une élection et donc il y a des élections un peu anticipées donc moi je dirais que c'est en 28 ça veut dire deux ans je pense qu'on peut parier sur de l'instabilité pendant encore deux ans tout à fait merci merci à vous de nous avoir éclairé sur la politique intérieure britannique Nicolas Jarrajoli je rappelle que vous êtes doctorant en sciences politiques et en études anglophones à Panthéon, Sorbonne et Nanterre et vous travaillez cela s'est entendu sur les crises du parti travailliste en face à vos côtés se trouvait Anne-Elisabeth Moutet vous êtes éditorialiste au Daily Télégraphe merci également à l'équipe de questions du soir première partie Diane Devancet à la programmation à la préparation Antoine Hérald Louise Morfois Mathias Megy quant à nous restez à l'écoute on se retrouve dans quelques minutes seulement après le point info pour la deuxième partie de cette émission aujourd'hui alors que la figure de Christophe Colomb fait plus que jamais débat aux Etats-Unis nous retournerons aux sources de la pensée des colonials en Amérique latine en compagnie de l'historienne Lyssel Quiroz Lyssel Quiroz