Présidentielle 2022 : Anne Hidalgo répond à vos questions (interview complète)
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Bonjour Anne Hidalgo, la première question c'est est-ce que vous êtes pour ou contre la reconnaissance du vote blanc ?
Pour, totalement pour, c'est très important de donner cette possibilité en démocratie.
L'augmentation du SMIC et des salaires ce sera à combien ?
15% pour le SMIC, ça veut dire 200 euros brut par mois et puis une augmentation des salaires par négociation, augmentation des pensions retraites de 3% et augmentation du point d'indice des fonctionnaires de 3% pour compenser aussi la montée de l'inflation.
La question que se posent souvent les gens c'est en net combien ça fait au niveau du SMIC ?
Le SMIC c'est donc 200 euros net de plus par mois, ça veut dire 1469 euros le SMIC par mois net.
La question par rapport aux produits de première nécessité, on voit aujourd'hui la hausse des produits, l'inflation, qu'est-ce que vous faites ?
D'abord je propose déjà depuis des mois la baisse de la TVA sur l'essence à 5,5%, aujourd'hui c'est 20%. Je propose aussi le blocage des prix sur carburant, essence, énergie et sur des produits de première nécessité parce que la crise en Ukraine aggrave la situation, le pouvoir d'achat, notamment des classes moyennes et des catégories populaires.
L'essence on la bloque à combien ?
L'essence, moi je serais pour la bloquer, si par exemple elle est à 2 euros le litre, une baisse à 5,5 de la TVA la ramènerait à 1,76 euros et donc je la bloquerais à ce niveau-là, à la pompe bien sûr, s'il ne s'agit pas pour les pétroliers d'utiliser cette baisse de la TVA pour faire d'autres profits.
L'âge de la retraite ?
L'âge de la retraite ? 62 ans, pas un de plus. 65 ans c'est totalement injuste. Et puis avant 62 ans, pour les gens qui ont eu des métiers pénibles, par exemple travailler derrière un marteau-piqueur, porter des charges lourdes, être dans des ambiances de travail où il y a des produits chimiques, on pourra partir à 59, 60 ou 61 ans pour ces personnes-là.
Le revenu universel pour les jeunes, est-ce que vous êtes pour ou contre ?
Je suis pour, c'est important, à 564 euros par mois, un revenu minimum jeunesse sous condition de ressources pour aider les jeunes qui ne peuvent pas être dans cette précarité.
Et dans votre programme, j'ai vu aussi que vous évoquiez 5 000 euros quand on a 18 ans pour tous les jeunes, c'est ça ?
5 000 euros, c'est une donation pour tous les jeunes à partir de 18 ans. Et ils en feront quoi ? Eh bien par exemple un projet de partir à l'étranger, apprendre une langue vivante, passer son permis de conduire, monter sa boîte, faire sa boîte qui peut être aussi, je ne sais pas, dans l'artisanat, en tous les cas amorcer un projet de vie qui permette de faire quelque chose qui leur tienne à cœur.
Dans votre programme, je lisais également l'écart salarial en entreprise, vous voulez qu'il y ait simplement un écart de 1 à 20. Comment vous faites concrètement ?
Un écart de 1 à 20, c'est déjà faire monter les bas salaires et puis c'est faire en sorte que tous les salaires supérieurs à cet écart ne soient pas déduits de l'impôt sur les sociétés. Donc c'est une mesure très facile à mettre en œuvre.
Question de l'hôpital public, on recrute combien de soignants ?
L'hôpital public, d'abord, ne sera plus une entreprise et on va recruter 15 000 médecins par an dont on a besoin dans tout le pays, pas simplement sur l'hôpital, 25 000 infirmières, 1250 sages-femmes et puis environ 5 000 personnels qui sont des personnels pour la logistique dont l'hôpital et notre système de santé a besoin. On revient à un système où ce sont les gens avant l'argent.
On va pouvoir passer justement aux questions des gens justement et la première qui s'affiche sur la tablette que je vous laisse lire.
Alors, Domi, Auré, Madame A.H. en 5 mots, vos 5 priorités, sans blabla ni explication, juste 5 mots. Éducation, santé, écologie, travail, jeunesse.
La question suivante, je vous laisse défiler avec la tablette.
Pardon, Chibert, Jean-Christophe. Avec la décentralisation et la mondialisation, la disparition des métiers à la chaîne répétitif, les robots ont remplacé les hommes, le chômage, le mépris de nos élus face aux revendications légitimes de toutes et de tous. Ça veut dire quoi aujourd'hui le socialisme ? Ça veut dire la justice, ça veut dire une grande ambition aussi pour l'avenir, ça veut dire un monde plus humain, ça veut dire retrouver bien sûr du travail, réindustrialiser notre pays en tenant compte bien sûr de la question de l'écologie.
Mais ça veut dire de la justice et ça veut dire croire aussi dans ces grands services publics qui font qu'une société peut être apaisée, je pense à l'école et à la santé.
La question suivante.
Alors, Nima, PMMR. Concernant la cause animale, est-ce que vous allez améliorer les conditions d'abattage, lutter contre la maltraitance animale ? Oui, je suis très engagée sur les droits des animaux. Il faut bien sûr améliorer les conditions de l'abattage pour qu'il n'y ait pas de souffrance animale. Et puis, moi, je me suis battue d'ailleurs avec d'autres pour que les animaux aient la reconnaissance d'une personnalité juridique à part entière. Voilà, c'est pour moi un sujet très important. Notre humanisme, notre humanité passe par la façon dont on traite aussi les animaux.
Ce serait quoi comme mesure concrète ?
Beaucoup de mesures, on l'a dit, sur l'abattage, sur, bon, ça a été heureusement fait, mais sur les poussins broyés dans l'alimentation. C'est aussi dans les formes d'élevage, c'est, voilà, toutes ces façons. Et puis, pour nos animaux, les animaux domestiques, j'ai pris des mesures en tant que maire de Paris aussi. Une des premières à les prendre, notamment sur la question de l'interdiction des animaux sauvages dans les cirques. Bref, je continuerai et je m'appuierai bien sûr sur toutes les associations qui font un énorme travail pour la reconnaissance des droits des animaux.
Quand on parle des animaux, il y a aussi la chasse. Est-ce que vous êtes pour ou contre son interdiction ?
Alors, je ne suis pas pour l'interdiction de la chasse purement et simplement parce qu'il y a aussi besoin de régulation des espèces. Et on le voit dans beaucoup d'endroits. Mais bien sûr qu'il y a des formes de chasse qui sont la chasse à court, toutes ces chasses qui sont terribles. Voilà, moi, je n'ai jamais pratiqué la chasse, mais je pense qu'elle est nécessaire pour la régulation. Mais aussi réguler elle-même, encadrer et avec des règles très claires pour ne pas aller vers ces accidents que l'on voit et qui empêchent aussi beaucoup de nos concitoyens de se promener tranquillement dans la campagne.
Justement, au niveau des accidents, c'est la cohabitation dans l'espace public. Comment garantir demain qu'on puisse aller se balader en forêt en évitant tout type d'accident ?
Je pense que c'est vraiment à l'échelle locale. Ce n'est pas au président de la République de dire comment on doit… Est-ce qu'il faut travailler au week-end ? Moi, je pense que c'est au niveau local qu'on doit trouver ces règles-là. Vous savez, quand au niveau national et un président se mêle de tout, ça ne marche pas. Voilà, donc moi, je m'appuierai sur les maires qui, eux, sont avec les citoyens capables de trouver les compromis pour qu'on puisse se balader et qu'on puisse se balader en toute sécurité et qu'il puisse y avoir aussi l'exercice de la chasse comme tradition et comme outil de régulation. Mais ce n'est pas au président de la République de s'en mêler.
Et là, il faut arrêter ce genre de délire dans ce pays ultra centralisé qu'est la France. Je pense qu'il y a des intelligences et des gens capables de trouver les bonnes solutions à l'échelle locale parce qu'ils connaissent les réalités. Je vous laisse faire la question suivante.
Bonjour Anne Hidalgo. Vous avez indiqué dans votre programme être favorable au droit de vote à 16 ans. Pourquoi ? Merci de votre réponse.
Alors, pourquoi être favorable au droit de vote à 16 ans ? D'abord parce que je pense que c'est très important que les jeunes se frottent à la démocratie le plus tôt possible. Je sais que beaucoup d'entre eux ne sont pas d'accord avec ça. Parmi les jeunes de 16 ans, on me dit « mais non, on ne sera pas capables ». Mais si, vous serez capables. Bien sûr, ça passe aussi par une éducation, une pédagogie, par un monde moins dépolitisé. Politiser, ça ne veut pas dire être membre d'un parti ou être dans quelque chose de partisan. Non, mais la politique est absolument indispensable à nos vies. C'est ce qui permet qu'on régule toutes nos contradictions par une façon très pacifique.
C'est par le vote. Et je pense que c'est très important. Les jeunes, si vous ne portez pas vos aspirations pour l'avenir, vous ne saurez pas écouter. J'entends encore trop de politiciens dire « de toute façon, les jeunes, on s'en fout parce qu'ils ne votent pas ». Donc, arrêtons avec ça. Et soyez impliqués. Et le pouvoir, ça passe par le vote. Et vous aurez le même pouvoir que le président de la République. Alors, user, je ne dis pas les chiffres, ils sont trop nombreux. Quelles seront les mesures prises en termes de finances pour l'accès au permis de conduire, qui est aujourd'hui très difficile pour nous les jeunes ?
Eh bien, par exemple, dans la dotation de 5 000 euros que je veux pour tous les jeunes à partir de 18 ans, ils pourront bien sûr prendre en charge les frais de permis de conduire, parce que c'est nécessaire pour notamment tous les jeunes qui habitent en secteur, en milieu rural, et qui ont besoin de la voiture pour leur autonomie, pour pouvoir se déplacer. Allez-vous légaliser le cannabis ? Je vais faire sur le cannabis une conférence de consensus. C'est un sujet clivant. C'est un sujet sur lequel je ne veux pas qu'il y ait des affrontements des Français. Mon point de vue, il est clair. On ne peut pas être sur le statu quo. Le statu quo ne marche pas.
Mais je ne veux pas qu'on rentre dans ce sujet-là sans se poser aussi des questions de santé et de prévention. Je trouve que ce qui a été fait en Allemagne par la coalition qui dirige aujourd'hui l'Allemagne, est très intéressant. Il rentre dans cette question de la légalisation par notamment les questions de santé publique. Moi, j'y rentrerai par une conférence de consensus, pas pour aboutir à rien, parce que c'est vrai, quand on voit les conférences de consensus à la Macron, on s'aperçoit que finalement, ça ne sert à rien ou juste à amuser un peu la galerie. Ce n'est pas mon état d'esprit.
Je veux qu'on sorte de cette situation, parce que le statu quo n'est pas possible, mais qu'on y rentre après un débat d'un an, pas plus, organisé partout en France. Je demanderai au maire de l'organiser aussi avec moi pour trouver ce chemin dans lequel il y aura tout un travail sur la prévention et sur les questions de santé.
Et dans ce débat, vous, ce sera quoi votre position ?
Ma position, ce n'est pas de statu quo. Plutôt oui, mais s'il y a vraiment tout ce travail de prévention et de santé publique, parce que le cannabis reste dangereux pour notamment les plus jeunes. Et il faut aussi en avoir conscience. Vigo Kiné. Bonjour madame Hidalgo. Quelle est votre opinion sur la GPA ? Voudriez-vous la légaliser ? Non, je ne veux pas légaliser la GPA. Je considère qu'il s'agit de marchandisation du corps des femmes. Je suis opposée à cela. Je l'ai dit depuis longtemps. Et je pense, même si certains pays, je pense aux États-Unis, ont une pratique de la GPA qui correspond peut-être aussi à leurs droits et à leurs cultures. Je n'y suis pas favorable dans notre pays.
Mais je suis favorable, bien sûr, à la légalisation, en tous les cas, à l'inscription des enfants nés de GPA à l'étranger, dans, bien sûr, notre communauté nationale et dans l'État civil français, qu'on les reconnaisse, bien sûr. Raphaël Blanco, que comptez-vous faire contre la pédocriminalité ? C'est un sujet très, très important. Là-dessus, il faut à la fois lutter contre tous ces réseaux qui opèrent aussi sur les réseaux Internet. Donc, il faut renforcer les moyens de lutte contre cette cyberpédocriminalité.
Et puis là aussi, de la prévention, de l'accompagnement, la parole des enfants, la parole des victimes mieux entendues, mieux accompagnées pour, justement, ne pas faire de ce sujet qui touche beaucoup, beaucoup de nos concitoyens, qui brise des vies pour ne pas en faire un sujet qu'on mettrait pudiquement sous un voile. Il faut absolument que ce sujet-là soit un sujet sur lequel les pouvoirs publics, les médias, l'école fassent aussi son travail de pédagogie, d'information et d'accompagnement des victimes.
Il y a aussi la question des moyens de la justice. Dans les tribunaux, on dit tout le temps, voilà, les tribunaux sont encombrés, ça prend des années, comme on fait aujourd'hui pour que ça aille plus vite et que la justice ait les moyens de faire face à toutes ces affaires.
La situation est catastrophique. Nous sommes parmi les derniers pays d'Europe en ce qui concerne les moyens de la justice. Donc, ça veut dire recruter des magistrats, des greffiers, des officiers de police judiciaire aussi pour que la justice puisse aller beaucoup plus rapidement. Donc, c'est dans mon programme, plus de 8 500 magistrats et greffiers à recruter pour pouvoir, et puis des moyens financiers, parce que le gouvernement sortant va nous expliquer qu'ils ont augmenté de 8 % chaque année, les deux dernières années, les moyens de la justice. En fait, ce n'est pas vrai.
Ils ont mis des crédits sur la construction de prison, donc sur les programmes immobiliers qui ne verront pas le jour avant des années et des années. Donc, moi, je mettrai les moyens de la justice pour que notre pays redevienne un grand pays du point de vue du traitement de sa justice, notamment des greffiers et des magistrats que je recruterai en nombre plus importants.
Quand on parle des moyens de la justice, on pense aussi aux moyens de la police pour lutter notamment contre les féminicides. Oui. Qu'est-ce qu'on fait concrètement aujourd'hui pour que ça n'arrive plus ?
Alors, d'abord, les moyens. Vous l'avez dit, police, justice, mais aussi une loi, une vraie loi qui se donne les moyens de lutter contre ces féminicides. La loi espagnole est un exemple dans le monde entier et a permis des résultats. Ça veut dire quoi ? Une loi qui permet d'abord de prendre la parole des victimes et pas de la reléguer au second plan ou de tarder dans le fait qu'on reconnaisse qu'une femme a été victime de violence. Deuxièmement, une femme, quand elle est victime de violence, quand elle a des enfants, son premier sujet, c'est où je vais ? Comment je vais ? Je ne vais pas me retrouver à la rue. Je veux protéger mes enfants. Donc, des lieux d'hébergement.
D'ailleurs, des lieux d'hébergement d'urgence dans lesquels elle puisse arriver. Je l'ai vu à Nantes et où tout est sur place. Les médecins, les policiers, les assistantes sociales, tout l'accompagnement pour lui permettre de rebondir. C'est aussi l'accompagner vers son autonomie et vers l'emploi pour qu'elle puisse être autonome et prendre sa liberté par rapport à l'emprise de son conjoint. Et puis, c'est aussi une loi dans laquelle on condamne plus sévèrement les conjoints violents. On les conduit aussi à faire tout le travail pour qu'ils sortent de cette violence-là. Et une condamnation, c'est quoi ?
C'est à la fois une condamnation pénale qui soit forte, qui n'ait pas de circonstances atténuantes dans ce genre de situation, que par ailleurs, les femmes soient aussi protégées par rapport au fait que ce conjoint violent va pouvoir les rechercher, essayer de s'approcher d'elles. Donc, c'est les téléphones grand danger, mais pas à dose homéopathique, enfin. Mais vraiment, Marlène Schiappa s'est moquée du monde et des associations. C'était vraiment homéopathique, ce qui a été fait en France. Il faut le faire à grande échelle.
Et puis, il faut aussi, et ça, ça concerne tout le monde, un monde dans lequel nos médias ne véhiculent pas ces images sexistes, dégradantes sur les femmes où tous ces propos qui sont tenus à l'égard des femmes conduisent aussi à un moment donné au fait qu'on ne les respecte pas et que la violence des mots et la violence des actes soient quelque chose que l'on constate avec ces féminicides et ces violences qui font des femmes des victimes. Et je pense que là, c'est l'affaire de tous, là aussi. C'est l'affaire de tous et de toutes.
Il y a la question des moyens. Les associations estiment que c'est environ un milliard d'euros qui sont sur la table. Est-ce que vous partagez ce constat ?
Je partage. Et d'ailleurs, je le dis dans mon programme, ce sera un milliard d'euros pour qu'elles puissent effectivement faire aussi ce travail. Et je le dis, sans les associations, vraiment, la situation serait encore beaucoup plus catastrophique qu'elle ne l'est. Donc, il faut accompagner les associations qui sont en première ligne dans l'accueil des femmes et qui font un travail exceptionnel, vraiment exceptionnel.
L'accueil, justement, c'est peut-être un point important. Les infrastructures qui permettent à ces femmes de pouvoir s'éloigner de domicile où il y a ces violences conjugales. Concrètement, combien on ancrait sur le quinquennat ? Comment on fait pour qu'il y en ait peut-être un à X kilomètres de toute habitation ? Est-ce qu'il y a un plan prévu ?
Il en faut dans toutes les villes, dans toutes les localités. Ça doit être pris en charge par les communes et par les départements et bien sûr par l'État qui les accompagne, ce qui n'a pas été le cas. Moi, je vois sur Paris, ça a été la croix et la bannière pour sortir deux centres d'hébergement. Et moi, j'avais créé en 2001 le premier centre d'hébergement pour les femmes victimes de violences avec leurs enfants. Et donc, bien sûr qu'il faut accompagner cet effort des collectivités. Ça veut dire que l'État doit mettre aussi des moyens au pot, ce qu'il n'a pas fait. Ce qu'il n'a pas fait, il a retardé ces dernières années tous ces lieux d'hébergement.
Mais il en faut, par exemple, Nantes est un très, très bel exemple aussi. Avec ce lieu, cette cité dans laquelle les femmes sont accueillies, elles savent en urgence, la nuit, qu'elles peuvent venir là. Il y a la présence de policiers, la présence de médecins qui vont immédiatement prendre leur plainte, faire le diagnostic nécessaire aussi pour pouvoir porter devant la justice ensuite ce qui s'est passé, la réalité des faits, et faire condamner les coupables. Parce que ce n'est plus possible. On est en 2022.
Ça n'est pas possible de considérer que les femmes seraient là pour servir de, je ne sais quoi, d'exutoire à des hommes violents qui doivent sortir de cette violence et d'abord être condamnées. Et ensuite, qu'on fasse en sorte, surtout, de protéger les femmes et les enfants. Parce qu'il y a aussi ce sujet des enfants qui voient les violences au domicile et qui sont traumatisés aussi à vie. Donc, il faut aussi les accompagner.
On va passer à la question suivante.
À 1,5% dans les sondages, pourquoi continuer ? Parce que moi, les sondages, je vais vous dire, je n'en ai rien à foutre. Ce qui m'intéresse, c'est les convictions, le projet que je porte. Vous savez, je suis dans cette grande famille de pensée qui est cette famille de gauche qui a toujours vraiment fait changer la vie des Français en apportant des améliorations. Toutes les grandes conquêtes sociales, sociétales, nous les avons portées. Cette gauche-là ne mourra jamais. Elle est certes à la peine aujourd'hui, mais moi, ce n'est pas le conditionnement des sondages qui fera que je n'aurai plus les convictions que j'ai. Et soyez libres.
Ne laissez pas prendre le cerveau par tout ce qui se raconte. Et soyez libres. Votez pour qui vous voulez. Et je pense que la société ira beaucoup mieux.
Est-ce que pour vous, une partie de cette gauche, elle n'est pas partie, peut-être, chez Jean-Luc Mélenchon ?
Vous savez, aujourd'hui, très clairement, je pense que toutes celles et ceux qui étaient de gauche et qui seraient encore tentés par Emmanuel Macron savent bien que ça n'est plus une option. Tant son bilan et son programme sont de droite. Et puis, une partie de la gauche qui serait tentée par Jean-Luc Mélenchon, il faut qu'elle se rende compte de plusieurs choses. D'abord, Jean-Luc Mélenchon avait 5 ans pour rassembler la gauche, s'il le voulait. Qu'est-ce qu'il a fait ? Il n'a fait que la fracasser. Il n'a pas permis, justement, ce rassemblement de la gauche.
Et puis, par ailleurs, désolé, mais franchement, confier les clés à quelqu'un qui a les positions qu'il a sur l'Ukraine, sur la Russie, je ne suis pas d'accord. Ça veut dire quoi ? Confier les clés aujourd'hui à Jean-Luc Mélenchon ? Ça veut dire qu'on ne va pas aider les Ukrainiens ? Ça veut dire qu'on va continuer à considérer que Poutine a été l'agressé et non pas l'agresseur ? Ça n'est pas sérieux. Voilà, moi, j'ai des positions qui sont celles de cette gauche qui se coltine le réel, qui a envie de faire bouger les choses. Je viens d'un milieu ouvrier, je sais très bien ce que je dois à cette gauche-là qui a toujours porté l'école, le travail, les droits des travailleurs.
Et donc, pour moi, c'est ça qui me guide. Voilà, le reste, vous savez, c'est l'écume des choses pour essayer de nous conditionner. Pourquoi faire ? Pour que rien ne change. Alors non, moi, j'ai envie que ça change.
On aura encore une question un peu plus tard sur ce sujet. On va passer à la suivante.
Estimez-vous avoir participé à l'extinction du PS, Julien Meunier ? J'estime que je suis là pour porter justement cet idéal et cette ambition et de cette gauche dont je viens de parler, cette gauche qui est à la fois républicaine, qui est cette gauche des solutions, cette gauche qui a toujours accompagné la jeunesse, les classes moyennes, celles et ceux qui travaillent. Et vous savez, ces dernières années, c'est une technique aussi. On a voulu nous dire « Ayez le socialisme honteux, rasez les murs ». Ben non, voilà, moi, je ne rase pas les murs, je n'ai pas le socialisme honteux et je suis là pour aider cette grande idée qui vient de loin, de très loin.
Vous savez, Jaurès, Blum, toutes ces personnalités-là, elles ont fait de notre pays ce qu'il est, retirer la gauche à la République et ce n'est plus tout à fait la République.
La crainte aujourd'hui pour le Parti Socialiste, c'est de ne pas arriver aux 5% nécessaires pour les remboursements de frais de campagne. On rappelle que quand on a au-dessus de 5%, c'est 47,5% qui sont remboursés, 4,75% quand c'est en dessous. Il y a une crainte de disparition ?
Non, absolument pas. Vous savez, d'abord, parce qu'on autofinance notre campagne, parce qu'on sait que la situation est difficile depuis longtemps. Ça fait plus de 5 ans que ça dure, en tout cas 5 ans, clairement. Et donc, le sujet, non, la crainte pour nous, c'est quoi ? C'est l'état de la France. C'est ce qui se passe le jour d'après de l'élection, pas pour le Parti Socialiste, mais pour le pays. Vous imaginez la situation, un Emmanuel Macron réélu avec 5 ans d'un programme ultra-libéral, ultra-violent socialement qui a tourné le dos aux questions d'écologie.
Vous imaginez 5 ans avec un projet de retraite à 65 ans qui va encore taper sur ceux qui triment, c'est-à-dire les classes moyennes, les gens qui sont dans des emplois pénibles. Vous imaginez 5 ans avec Macron, avec les universités privatisées, avec une école qui sera démantelée et les classes moyennes n'auront pas d'autre choix que de se saigner pour mettre leurs enfants ou dans le privé. 5 ans de plus avec un hôpital complètement dénaturé et démantelé. Ou alors, parce que c'est comme ça que les choses sont aujourd'hui campées, avec l'extrême droite, avec qui ça serait le chaos ? Vous avez le choix. Vous avez le choix.
Vous n'êtes pas condamnés à ce choix mortifère tous les 5 ans de devoir choisir entre l'ultralibéralisme et l'extrême droite. Donc le choix, vous l'avez, c'est votre bulletin de vote. Votre bulletin de vote, si vous voulez un jour que la gauche, c'est-à-dire des gens humanistes qui sont conscients des réalités mais qui ont une boussole et qui savent vraiment aussi que notre avenir se joue aussi en Europe, si vous voulez que votre vie change, c'est par là que ça passe. Le vote pour moi, pour ceux qui me voient agir à Paris, vous savez très bien que mes actes et mes mots sont en accord, en harmonie et que je ne laisse personne sur le bord du chemin.
Cette gauche-là, elle peut vivre, elle dépend juste de votre vote. Les sondages n'ont rien à voir là-dedans, c'est juste votre vote.
Mais il n'y a pas une crainte de disparition
du parti après l'élection ? Mais non, vous savez, de toute façon, cette gauche-là, elle va se reconstruire et après l'élection parce qu'effectivement, il faudra repenser notre rapport aux citoyens, notre rapport justement à la politique, c'est de reconstruire, c'est de se projeter. Vous savez, les grandes idées ne meurent jamais. Les grandes idées sont indestructibles. Le parti, en tant qu'organisation, évoluera, se transformera, bien sûr.
Mais comment vous expliquez aujourd'hui qu'on passe d'un François Hollande élu sous l'étiquette de Parti Socialiste en 2012 et dix ans plus tard, des sondages qui vous donnent, même si vous les remettez en cause, à 1,5% ? Qu'est-ce qui n'a pas marché ? Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, le Parti Socialiste...
D'abord, il y a eu cinq ans de Macron et c'est surtout ça le sujet. Le bilan de cette élection, c'est les cinq ans de Macron. Il y a une partie des électeurs de gauche et de cette gauche, d'ailleurs, social-démocrate que j'incarne, qui en 2017 se sont dit peut-être que c'est de ce côté-là qu'il faut aller. Et en plus, comme ils se présentaient comme étant venant de cette famille-là, certains se sont laissés prendre à cela. Et puis on a vu cinq ans... Ils sont parvenus pour un instant. Cinq ans... Ça, j'en sais rien. Ça, c'est vous qui le dites. Moi, j'entends beaucoup de choses dans la rue qui me disent autre chose.
Mais surtout, cinq ans quand même d'un pouvoir ultra-centralisé, très violent socialement, un conflit comme on n'a jamais eu dans le pays. Les Gilets jaunes qui ont cette fracture sociale, cette fracture démocratique. Et au bout de ces cinq ans, le Parti socialiste en tant que tel n'a pas réussi à se reconstruire. Mais la gauche non plus. Et pourquoi ? Jean-Luc Mélenchon a une part de responsabilité. Moi, j'y étais à la réunion de ce mois d'avril où il y avait justement toute la gauche réunie pour essayer de voir si on allait faire quelque chose. Qui l'a empêché ? Voilà, les participants qui étaient là pourront vous le dire mieux que quiconque. Mais il y a quand même
une question d'autocritique du Parti socialiste aussi quelque part. Aujourd'hui, quel constat vous fait de vous dire sur ça, on a été à la ramasse, on n'arrive pas peut-être de cette situation de 2012 à 2022 sans qu'il se passe ce soir ?
Alors, il y a des sujets, vous avez raison, il faut toujours bien sûr faire de l'introspection. Mais dans cette introspection, il y a des choses très positives qui ont été faites. Pour moi, les deux choses, la chose qui a été, je crois, la plus difficile à admettre du point de vue d'une partie de la gauche, ça a été sans doute la loi travail, d'ailleurs très inspirée par Emmanuel Macron. Et pour autant, une fois qu'on a dit ça, il y a des choses très positives dans le quinquennat de 2012 à 2017 de François Hollande. Je pense notamment à l'accord sur le climat, je pense à l'engagement aussi, par exemple, le mariage pour tous, c'est nous qui l'avons fait.
Et donc, il y a des choses très positives, mais surtout, il y a cinq ans, là, pendant ce bilan de notamment Emmanuel Macron, pendant lesquels, c'est vrai, une partie du travail n'a pas été faite par la gauche pour se rassembler. Moi, j'ai, dans cette candidature, porté plusieurs choses. D'abord, ces convictions de la femme de gauche et républicaine que je suis. j'ai porté aussi ce qui fait que les choses ont été entendues notamment dans les collectivités parce que là, il y a beaucoup, beaucoup de socialistes qui gouvernent dans les villes, dans les communes, dans les départements et les régions. J'ai fait cette équipe de France des maires et maintenant, à nous de porter aussi un avenir.
Mais vous le savez, je vous le dis, à tous ceux qui se glosent de la mort de la gauche, du PS, etc., c'est qu'ils veulent juste que rien ne change. Alors moi, comme j'ai envie que les choses changent, je me coltine le sujet, le problème, j'ai pris le drapeau, le flambeau, je sais qu'il y a plein de choses à reconstruire, on va les reconstruire. Mais celles et ceux qui sont là à nous expliquer que la gauche serait à jeter aux orties, je leur dis, notre pays n'aurait aucune des grandes conquêtes et des grandes avancées s'il n'y avait pas eu cette gauche-là et moi, je la porte avec fierté.
Vous évoquiez selon vous le bilan brositif de François Hollande
mais il n'a même pas pu se représenter justement. Oui, ça c'est l'erreur. Je pense qu'il aurait dû se représenter. Évidemment, il aurait dû se représenter et même si à l'époque, on n'avait pas gagné, eh bien, ça permettait quand même aussi de faire un travail. Ça, c'est clair.
On va passer à la question suivante.
Alors, en cas d'échec à la présidentielle, vous retirerez-vous de la vie politique nationale et locale ? Non, je ne me retirerai pas et d'ailleurs, je continuerai bien sûr à œuvrer à Paris, toujours, parce que j'ai été élue en 2020 et jusqu'en 2026. Et puis aussi à l'échelle nationale, parce que je pense qu'on doit reconstruire, qu'on doit justement redonner cette fierté qui doit être la nôtre.
Pas une fierté béate, soyons clairs, je suis quelqu'un de très réaliste et très pragmatique, mais franchement, je le redis, tous ceux qui voudraient qu'on ait le socialisme honteux et qu'on rase les murs, c'est juste qu'ils n'ont pas envie que les choses changent et quand ça ne change pas, c'est les puissants qui finalement en disposent le mieux.
Vous évoquez régulièrement le fait qu'il va falloir reconstruire. Oui. Est-ce que cette idée, c'est avec vous à la tête du Parti socialiste ?
Oh, je ne suis pas dans cette idée-là, je suis dans l'idée que ce travail-là est collectif et il doit être très large, il doit vraiment, on doit ouvrir les portes et les fenêtres, on doit refaire ce travail-là et il va être indispensable parce que vu l'état du pays et vu ce qui nous attend, quel que soit le cas de figure, il va être extrêmement important. d'avoir une force de gauche. La force de gauche dont je vous parle, elle est enracinée dans le pays, je l'ai dit tout à l'heure, à travers notamment toutes les villes, les régions et les départements.
Mais il va falloir aussi aller chercher du côté des syndicats parce que ce qui se passe dans le monde du travail a à voir aussi avec la politique, a à voir avec l'engagement syndical, avec le monde associatif. Je pense à toutes ces grandes organisations humanitaires qui ont été là pour les plus démunis, pour les plus fragiles qui ont vraiment été présentes dans toute cette crise sociale. Elle aussi, bien sûr, que la politique, ça les concerne parce qu'une élection d'Emmanuel Macron, ça veut dire moins de moyens pour justement les politiques contre les plus démunis. Ça veut dire plus de difficultés sociales et de fractures sociales.
Donc, ça veut dire aussi encore moins de dialogue social que ce que l'on a connu ces dernières années.
qui dure du...
Donc, il faut partir de quelque chose où il faut rassembler, vous savez, il faut rassembler parce que vous ne faites rien en essayant d'aller vers quelque chose de plus en plus étriqué. Il faut rassembler, ouvrir, être généreux, y compris, on a commis des erreurs, il faut les reconnaître et le dire, le dire clairement.
On rassemble de François Hollande jusqu'à Christiane Taubira ?
Mais bien sûr, et même au-delà, bien sûr, bien sûr qu'il faut rassembler très très largement. D'ailleurs, Christiane Taubira a été ministre de François Hollande.
Et comment vous avez pris à ce moment-là le fait qu'elle a voulu faire campagne ? On rappelle qu'elle s'est retirée aujourd'hui.
Je ne vais pas revenir là-dessus. Et voilà, j'ai beaucoup d'affection pour elle.
Au-delà de la personne, est-ce que ça ne montre pas quelque part aussi une forme de gauche aujourd'hui irréconciliable ?
Mais voilà, je ne vais pas revenir sur ces théories qui ont fracassé et qui ont tellement servi qui ? Ceux qui voulaient que la gauche soit tellement fragmentée qu'elle ne compte pour rien dans cette élection. Et moi, j'ai envie que la gauche ne soit plus fragmentée, qu'elle se rassemble et qu'elle compte dans les élections. Question suivante. Alors, Thérial Bocat, pourquoi la gauche ne s'unit pas derrière un seul candidat ? Je parle au masculin car le seul à pouvoir empêcher la rengaine Macron-Le Pen est un homme en l'occurrence. Eh bien, je ne suis pas d'accord avec cela. D'abord, vous savez, on a cherché cette union de la gauche et j'y ai aussi contribué.
Elle n'a pas été possible parce que justement, Jean-Luc Mélenchon souhaitait qu'il n'y ait qu'une seule personne, lui et tout le monde derrière. Il y a des points sur lesquels je suis en désaccord. Il y a des points à non plus. Je l'ai dit par exemple sur les questions internationales. Très clairement, ses positions vis-à-vis de la Russie, vis-à-vis de Maduro au Venezuela, sa complaisance, disons-le, avec un certain nombre de dictateurs, le fait qu'il veuille qu'il ait considéré que l'OTAN était l'agresseur et pas l'agressé. Ce qu'il a dit sur le peuple ukrainien est quand même extrêmement choquant, surtout quand on voit aujourd'hui ces massacres.
Sur la scène européenne et internationale, je suis en désaccord à peu près sur tout avec Jean-Luc Mélenchon. Et puis, sur la scène nationale, il a théorisé quoi ? Le populisme, le fait qu'il n'était pas de gauche. Regardez quand même ce qu'il a dit depuis cinq ans. Il l'a théorisé et aujourd'hui, il voudrait qu'on soit là à venir lui apporter quoi ? Un soutien ? Non, je n'apporte pas ce soutien. J'ai beaucoup trop de points de différence. Et puis, il y a des choses aussi sur la laïcité, sur les questions républicaines avec lesquelles je ne suis pas en accord.
Et je sais qu'une grande majorité de Français de gauche ne sont pas sur ces positions-là, sont plutôt sur des positions qui sont républicaines, européennes. Et c'est cela que je veux retrouver. Donc, non, et en plus, alors franchement, nous expliquer la rengaine Macron-Le Pen que ce serait le seul, non, d'abord, voilà, non, non. Et deuxièmement, quand même, moi, je ne perds pas ma boussole comme il l'a perdu en 2017. Face à l'extrême droite, il faut toujours être en opposition et en blocage de l'extrême droite.
moi, je ne suis pas lui qui, en 2017, a expliqué quand même qu'il n'appelait pas à voter Emmanuel Macron, qui là, nous explique qu'il ferait une consultation de sa base pour savoir quel serait le, non pas le mot d'ordre, mais simplement ce qu'il a à dire, lui, sur le vote de deuxième point. En cas de duel,
Macron-Le Pen, vous vous appelez à voter Macron ? Moi,
j'appelle toujours à voter contre l'extrême droite. Et ça, ma boussole républicaine, je ne la perds jamais. Donc non, ça n'est pas possible. Mélenchon est une impasse pour la gauche. Une impasse. Qu'est-ce que vous répondez ? Donc il faut ouvrir, ouvrir les portes et les fenêtres, sortir du sectarisme dans lequel il voudrait nous enfermer et aller reconquérir avec le mouvement social, avec le mouvement syndical, avec tous les territoires, aller reconquérir, bien sûr cette France-là qui est généreuse, qui n'a pas envie qu'on soit dans ses attitudes excessives, extrêmes. Regardez aussi, parce que ça circule quand même pas mal. Moi, je suis choquée.
Je ne peux pas effacer les images de cette perquisition dans laquelle il s'oppose avec cette violence à un policier qui fait son boulot. Non mais enfin...
Mais qu'est-ce que vous répondez à ceux qui prennent l'exemple de 2017 où Jean-Luc Mélenchon était à peu près un point du second tour et qui avait reproché le fait que la candidature de Benoît Hamon s'était maintenue et de se dire aujourd'hui peut-être le seul moyen d'éviter ce que vous déplorez aussi d'éventuellement le duel Macron-Lopéde. Mais moi, je ne veux pas
la France de Jean-Luc Mélenchon. Enfin, je vote pour mes idées. Votez pour vos idées. Si vous ne voulez pas cette France-là, vous ne votez pas pour cela. Votez pour la France qui est celle qui continuera à apporter nos valeurs, qui continuera à apporter nos ambitions. Il y a une France de gauche dans notre pays, une France de gauche généreuse qui a envie d'un avenir qui soit un avenir aussi apaisé, qui a envie d'un avenir pour ses enfants. Vous savez, moi, j'entends tous ces discours de Jean-Luc Mélenchon, mais je ne peux pas me reconnaître là-dedans. Je vois bien le désarroi de femmes et d'hommes de gauche qui se disent « Finalement, ça serait ça, le vote utile ».
Mais il n'y a pas de vote utile. C'est une impasse. Le seul vote utile, c'est le vote de vos convictions. ne vous laissez pas enfermer dans un calcul d'arithmétique sondagière qui ne veut rien. Il n'y a que votre vote et votre décision qui comptent. L'arithmétique des sondages, ça n'existe pas. C'est une vue de l'esprit pour vous conditionner. Donc, soyez libre.
Merci à vous, Anne Hidalgo. Merci. Sous-titrage Société Radio-Canada
Anne Hidalgo