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interviewC dans l'air· 10 septembre 2021 64 min

Retraites : pourquoi Macron hésite #cdanslair 09.09.2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour allumer notre discussion. C'est le feuilleton de cette rentrée politique. Faut-il réformer les retraites avant l'élection présidentielle ? La question reste en réalité en suspens. La Macronie se divise, les syndicats font bloc et visiblement le président hésite encore. Emmanuel Macron ne veut pas délaisser le label de réformateur et hier le Premier ministre a insisté sur la nécessité de poursuivre l'action pendant les 200 jours restant avant la présidentielle.

Le retour de la croissance offre naturellement des perspectives nouvelles mais fait aussi monter les attentes des Français sur les salaires, sur le pouvoir d'achat. Alors le président va-t-il oser toucher aux régimes spéciaux en pleine campagne présidentielle ? Est-ce qu'il s'agit d'une urgence économique ou d'un sujet plus politique ? Que peut-il faire du retour de la croissance, retraite ? Pourquoi Macron hésite ? C'est le titre de cette émission avec nous pour en parler ce soir. Raymond Souby, vous êtes expert en gestion des ressources humaines et des politiques sociales. Vous êtes président des sociétés de conseil Alixio et Tadeo.

Rappelons que vous avez été conseiller social à l'Elysée auprès de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2010. Avec nous ce soir Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match, citons votre édito du jour. Retraite, la réforme maudite de Macron, nous y reviendrons dans le détail. Sophie Fait, vous êtes journaliste au service économie de l'Obs, chroniqueuse à France Inter, enfin Fanny Guinochet. Vous êtes éditorialiste à France Info, vous êtes spécialiste des questions économiques et sociales. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C dans l'air en direct. Il ira, il ira pas, le moins qu'on puisse dire. Bruno Jeudy, c'est qu'on n'a rien compris.

Il n'y a pas de ligne pour l'instant.

1:40
Emmanuel Macron

Ce n'est pas faux et ça dure depuis 14 mois. C'est ça. En fait, depuis 14 mois, on a tu veux ou tu ne veux pas Emmanuel Macron depuis, j'allais dire, le mois de juillet, le 14 juillet exactement 2020, où il relance le sujet de la réforme. On sait que la réforme, la grande réforme des retraites du quinquennat a été votée en première lecture à l'Assemblée nationale en février 2019. Et puis, le mois suivant, il y a la crise sanitaire et elle est suspendue depuis. Donc, Emmanuel Macron la relance l'été 2020. Puis, il y a le deuxième, le troisième confinement. Il le relance dans le lot lors d'un de ses déplacements au printemps.

Et puis, le 12 juillet, devant les Français, il dit à la télévision, il relance à nouveau la réforme. Il dit qu'elle ne se fera que sous deux conditions, que la crise sanitaire soit derrière nous et que la reprise économique soit suffisamment solide pour remettre sur le métier la réforme des retraites. Et puis, en début de semaine, lundi, il y a une information qui fuite dans les échos et qui dit que le président a décidé de prendre un bout de la réforme, la suppression des régimes spéciaux et la pension minimale de 1 000 euros.

Et puis, hier, on n'avait peut-être pas bien compris, mais enfin, Jean Castex a essayé de mettre de la clarté et annonce que les conditions ne sont pas réunies pour la réforme des retraites. Je le cite. Oui.

3:06
Présentateur

Alors, on pense à ce moment-là que c'est fini.

3:07
Emmanuel Macron

Et puis, il disait derrière, explique que non, le président se garde la possibilité de faire cette réforme. C'est toujours sur la table. Et qu'en gros, il laisse passer l'application de l'autre réforme, la réforme de l'assurance chômage, nous en parlons peut-être, qui est de mettre en place le 1er octobre. On laisse passer ça. On attend que ça aille mieux sur le front sanitaire. Et ça va plutôt mieux. Et peut-être que le président l'annoncera. Le seul problème, c'est que l'élection présidentielle a lieu au mois d'avril 2022. Donc, le temps presse. Oui, c'est ça. Et que si elle doit se faire, c'est sans doute avant la fin de l'année, parce qu'après, je crains que ce soit compliqué.

3:40
Présentateur

Vous avez parfaitement résumé le va-et-vient. Merci à vous, Bruno Jeudy, sur cette réforme depuis tant de mois, déclaration après déclaration. Alors, après, Raymond Soubis, on se dit, et Bruno Jeudy a raison de le préciser, on regarde le calendrier, on se dit, en général, ce genre de réformes, on ne les fait pas à la fin du quinquennat.

3:56
Emmanuel Macron

C'est vrai. Cela dit, de quoi parle-t-on ? Parce qu'il y a plusieurs réformes des retraites.

4:01
Présentateur

Alors, allez-y.

4:02
Emmanuel Macron

Vous avez la première réforme des retraites, qui était celle du début du quinquennat, la réforme dite systémique. Oui. C'était la fin hegelienne de l'histoire. C'était une réforme tellement parfaite. On réunissait tous les régimes. Tous les Français avaient les mêmes droits. C'était tellement parfait qu'il ne pouvait plus y avoir de réforme après. Et Emmanuel Macron s'était engagé là-dessus pendant la campagne présidentielle et s'est engagé là-dessus, puisque le texte, comme disait Bruno Jeudy, a été voté en première lecture à l'Assemblée de l'Assemblée.

4:31
Présentateur

C'est la mère des réformes, il le disait.

4:32
Emmanuel Macron

C'est la mère des réformes. Et puis, il y a une deuxième réforme des retraites, qui est une réforme purement financière, mais de tous les régimes, et qui, en réalité, tourne autour du sujet du report de l'âge de la retraite. Bon, sujet qui ne se posait pas dans la réforme systémique. Et le débat aujourd'hui, les Dali et moi, s'est porté là-dessus. Tout le monde disant, ce n'est pas le moment de le faire. Et puis, Emmanuel Macron se dit, si je sors une réforme qui n'est pas une réforme des retraites du tout, qui est une réforme d'un régime de retraite. Les régimes spéciaux. À savoir les régimes spéciaux, qui ne sont pas très populaires. C'est leur avantage pour les réformer.

C'est-à-dire la SNCF, la RATP, EDF, GDF, ENGIE, et quelques autres. Et qui coûtent quand même, la SNCF par exemple, 200 millions de déficits. Donc, c'est important. Donc, il a mis sur la table l'idée, on va réformer un sujet. Ce n'est pas la réforme des retraites. On réforme les régimes. Régime qui n'est pas populaire. Tous les sondages montrent que les Français sont jaloux et furieux, en même temps, de la situation des cheminots, etc. Bon. Donc, Emmanuel Macron s'est dit, on peut peut-être le faire. Mais alors, mais le vent au-dessus de ma condition, le fera-t-il ? Je m'explique. S'il dit, je ne le fais pas, Tout le monde va dire... Il ne réforme plus. Il ne réforme plus.

S'il le fait, il prend des risques. Notamment dans des régimes SNCF qui peuvent se mettre en grève avec toutes les conséquences. S'il dit, je peux la faire, sans dire qu'il le fait, il garde l'image du réformateur, sans pour autant prendre la responsabilité.

6:25
Présentateur

Ça va se voir quand même un peu, Raymond Soubis.

6:27
Emmanuel Macron

Bruno Jeudy trouve que mon raisonnement est un peu cynique. Non, non, non, il n'est pas totalement exclu, je pense.

6:34
Présentateur

Alors, Fanny Guinochet, il pourrait, donc c'est l'une des options présentées par Raymond Soubis ce soir, surfer sur l'idée qu'il va la faire, qu'il est encore réformateur, et puis avant, la présidentière dit, bon, je le ferai la prochaine fois, au début du prochain quinquennat. Est-ce que ce n'est pas ce qu'il est en train de faire, Emmanuel Macron ?

6:49
Invité

Visiblement, il n'a pas décidé, en tout cas, c'est ce qu'on nous dit, mais il entretient l'idée, et il n'est pas très content dès qu'un de ses conseillers ou un de ses ministres referme le dossier et fait croire que c'est enterré. Donc, il laisse planer le suspense. Évidemment, c'est un pari plus politique qu'économique, parce que même si c'est 200 millions d'euros, une réforme des retraites, tel qu'est le déficit des retraites, c'est en milliards. Quand vous décalez l'âge de départ à la retraite, si on passait de 62 à 64, le régime gagnerait des milliards d'euros. Donc, en fait, c'est quand même très léger. À la RATP, c'est 46 000 personnes qui travaillent à la RATP.

Donc, ce n'est pas non plus des masses extraordinaires. Mais symboliquement, comme le dit Raymond Soubis, ce sont, pour beaucoup de gens, dans l'opinion, des privilégiés. Et c'est là-dessus qu'Emmanuel Macron entend jouer, s'il y va, en tout cas, c'est de dire, et bien surtout, après cette crise, il y a des gens qui ont été très protégés et puis d'autres qui ont vraiment souffert, notamment ceux qui ne sont pas fonctionnaires, les indépendants qu'on a dû aider, les restaurateurs, etc. Donc, c'est une forme de... Le mot qu'emploient les conseillers quand on dit « mais s'il l'a fait, ça serait quel intérêt ?

» La justice sociale, l'équité sociale, et puis le côté, voilà, il n'est pas immobile parce que c'est aussi un gage par rapport à la droite. Vous regardez Valérie Pécresse, ceux qui sont potentiellement ses concurrents, l'accusent tous d'immobilisme. Donc là, il dirait, écoutez, j'ai fait un bout de la réforme, le Covid m'a empêché de faire le reste, mais je m'attaque à celle-ci.

8:23
Présentateur

Et en sachant, et vous l'avez bien précisé l'un et l'autre, qu'on ne parle pas de n'importe quelle réforme. C'est-à-dire que dans le projet d'Emmanuel Macron, on rappelle que son livre, c'était « Révolution », il y avait quand même cette idée qu'il allait changer même la façon de calculer les régimes des retraites. Vous l'avez parfaitement réexpliqué, Raymond Souby, on a fait beaucoup d'émissions sur ce sujet-là. Ce n'est pas n'importe quoi pour Emmanuel Macron, la réforme des retraites. C'est-à-dire terminer son quinquennat et dire « je n'ai pas pu la faire », c'est un sujet politique. C'est bien pour ça qu'il ne supporte pas l'idée

8:51
Invité

qu'on l'enterre et qu'il laisse planer le doute, parce que, alors, est-ce qu'il a pris la décision ? On ne sait pas. Est-ce qu'il ira ? Effectivement, le temps est extrêmement court. Mais en tout cas, il veut absolument travailler l'idée que ce sujet est très présent dans sa tête et que, de toute façon, elle sera là.

9:07
Présentateur

Et ça l'a beaucoup agacé, Sophie Fès, ces derniers jours de voir que, dans sa majorité, il y avait tout un tas de gens qui s'exprimaient, y compris même dans son gouvernement, pour dire « ce n'est pas le moment, les Français n'ont pas la tête à ça ». Parce que c'est aussi son sujet pour ces 200 jours.

9:19
Invité

C'est la réalité, en fait. Quand vous parlez avec Bruno Le Maire, il a envie que la croissance reprenne vraiment, il a envie qu'on laisse les entreprises se lancer vraiment dans cette croissance. On voit qu'il y a des enjeux d'emploi aussi. On est dans un moment où il faut que les entreprises réembauchent, qu'il faut reformer des gens pour qu'ils acceptent de reprendre l'emploi. Il faut peut-être augmenter les salaires. Ce n'est pas le moment de mettre un mouvement de grève. Ce n'est pas le moment de faire peur aux commerçants de centre-ville qui vont se dire « il va y avoir des manifestations, les gens vont rester chez eux parce qu'il y aura le pass sanitaire, la réforme des retraites ».

Tout le monde a envie de recommencer à travailler sereinement pour avoir effectivement les bénéfices de cette croissance, de cette sortie de crise avec une croissance qui repart très vite plutôt que de se retrouver dans un moment où on gère un sujet compliqué parce qu'on ne sait pas très bien ce qu'il veut. Est-ce qu'il veut faire des économies ? Est-ce qu'il veut faire de l'égalité ? Est-ce qu'il veut… Enfin, on ne sait plus très bien quelle réforme il veut.

10:15
Présentateur

Mais Bruno Le Maire, il était très allant sur cette réforme, notamment sur la question de repousser l'âge de départ à la retraite. Quand il y a eu ces trois étapes, il y a eu effectivement un moment où le gouvernement s'est posé cette question-là. Et il a changé d'avis ?

10:27
Invité

Non, alors il était assez prudent sur le report de l'âge de la retraite puisqu'il trouvait qu'il fallait que les choses se fassent en concertation. Mais il était assez solidaire quand même avec le reste du gouvernement, avec le président. En revanche, là, il est très allant pour qu'il y ait une réforme. Mais je crois qu'il souhaite que cette réforme soit expliquée clairement et qu'on mette les choses à plat. Et que le temps de la présidentielle, le temps d'une campagne présidentielle, c'est le bon moment pour expliquer ça, plutôt que de le faire en catastrophe là, contre les dirigeants syndicaux. Oui, il faut quand même le rappeler. Ils ont été consultés.

Et ils ont tous dit qu'ils n'en voulaient pas. Et ils ont proposé d'ouvrir d'autres chantiers. Ils ont proposé qu'on parle de l'emploi des seniors, par exemple. Quand vous regardez comment se sont faits les plans de réduction d'effectifs dans les entreprises qui ont eu des difficultés pendant le Covid, tout le monde a fait des mesures d'âge. Ils ont tous fait partir des cadres, des cadres supérieurs, à partir de 58 ans. Et maintenant, on va expliquer que, tiens, quand on part plutôt plus jeune à la RATP, ça ne va pas. Quand on part... Et puis, quand on est dans une petite entreprise et qu'on n'est pas dans un grand groupe avec la trésorerie, on va partir plus tard.

Donc, elle n'est pas très lisible, cette réforme.

11:36
Présentateur

En tout cas, 200 jours pour agir. Le Premier ministre l'assure. Pas question de lever le pied sur les réformes en année présidentielle, mais le flou sur la réforme des retraites ces derniers jours témoigne d'une grande prudence, on l'a bien compris, grâce à vous, de l'exécutif. Pas question de heurter les Français qui tentent de reprendre le cours normal de leur vie après la crise du Covid. Théo Manval et Michel Bouilly.

11:55
Emmanuel Macron

Réformer jusqu'au bout pour faire campagne sur son bilan, c'est désormais l'obsession d'Emmanuel Macron. Quitte à jouer un jeu trouble avec son Premier ministre sur les dossiers brûlants du moment, à commencer par les retraites. Ce processus ne pourra reprendre que lorsque la pandémie sera sous contrôle et que la reprise économique sera suffisamment solide. A ce jour, ces conditions ne sont toujours pas réunies. Hier, tout semblait clair. Le dossier écarté. Mais ce matin, dans la presse, les conseillers de l'Elysée continuent d'entretenir le flou. Le président n'a pas totalement abandonné l'idée. C'est une réforme tellement importante qu'elle ne peut pas être enterrée.

Une impression d'hésitation ou de suspense qu'il faudrait ménager, nourrie ce matin encore par le ministre de la Santé.

12:52
Invité

Une réforme des retraites est nécessaire. Ça a été dit, le président de la République l'a rappelé le 12 juillet. Un président qui lance désormais lui-même ses ballons d'essai,

13:01
Emmanuel Macron

comme pour mieux se montrer dans l'action. Indiscrétion dans la presse en début de semaine, avec deux pistes pour ce chantier. Retraite minimum à 1000 euros et la fin des régimes spéciaux. Un 200 jours de la présidentielle, c'est une guerre d'images qui s'ouvre. Pour séduire d'abord l'électorat de droite, les Républicains montent en puissance à l'approche de leur primaire. Emmanuel Macron vient donc chasser sur leur terrain. C'est en tout cas l'analyse qu'en fait ce représentant des cheminots. Je pense que le système de la réforme de retraite à point, c'est mort pour ce quinquennat. Voilà, tout le monde l'a compris, y compris le président, ce qui est déjà pas mal.

Mais pour donner la volonté de se dire, je fais quand même quelque chose, autant taper sur les régimes les moins populaires. Moi j'ai conscience que les régimes spéciales, notamment des cheminots, ne sont pas populaires. La question n'est pas là. Bon, ça lui permet de dire, voilà, je fais quelque chose à peu de frais, voilà, et tout en épargnant la plupart des gens. Dégages donnés à droite, comme la semaine dernière à Marseille, sur les enjeux sécuritaires. Mais le « en même temps » vaudra bien jusqu'au bout, en témoigne cette autre mesure, annoncée ce matin par Olivier Véran.

14:10
Invité

Moi je suis aussi le ministre des nouveaux droits dans la sécurité sociale. Par exemple, nous allons, je vais annoncer, je peux vous annoncer d'ailleurs, que la contraception sera désormais gratuite pour toutes les femmes âgées jusqu'à l'âge de 25 ans, c'est-à-dire qu'il y aura une prise en charge de la contraception hormonale, du bilan biologique qui peut aller avec, de la consultation de prescription, et de tous les soins qui sont liés à cette contraception. La grande réforme de la dépendance, en revanche,

14:36
Emmanuel Macron

ne verra pas le jour, promise depuis trois ans pourtant aux professionnels du secteur. Mais la machine économique repart.

14:43
Invité

Les prévisions de croissance revues à la hausse pour cette année. 6,25%. La croissance s'envole, l'emploi aussi.

14:50
Emmanuel Macron

Et si le quoi qu'il en coûte est désormais terminé, le ministre de l'économie mise encore sur quelques coups de pouce à apporter au crédit d'un président possible candidat.

14:59
Invité

On a déjà un niveau d'investissement supérieur à celui que nous avions avant la crise. Nous avons un niveau de chômage plus faible que celui que nous avions avant la crise. Nous avons une consommation plus importante qu'en 2019. Au regard de l'inflation, on verra ce que sera le chiffre définitif de l'inflation le 15 septembre. On peut envisager qu'il y ait une revalorisation automatique du SMIC au 1er octobre.

15:20
Emmanuel Macron

A bientôt 200 jours de la présidentielle, Emmanuel Macron scrute lui peut-être un autre indicateur. 40% d'opinion favorable au dernier baromètre Ipso, mieux que ses deux prédécesseurs qui n'avaient pas été réélu.

15:33
Présentateur

Alors nous avons cette question de Catherine en Côte d'Or et on a beaucoup de questions de cette tonalité ce soir concrètement qui seraient concernées par les 1000 euros minimum de retraite promis par Emmanuel Macron. On ne sait pas ?

15:46
Invité

Alors si, enfin, ce n'est pas défini clairement mais ce sont les agriculteurs, ce sont des indépendants, les artisans, un certain nombre de femmes aussi qui jusqu'alors dans le calcul de la retraite parce qu'elles avaient travaillé à temps partiel, etc. pour récupérer un certain nombre de droits. Donc ça serait vraiment ça. Après, combien de personnes exactement ? L'idée c'était aussi, derrière ces 1000 euros, c'était au moment, on l'a rappelé tout à l'heure, où il n'y aurait eu qu'un seul régime de retraite. Là, on en a encore, il faut le rappeler, 42 qui sont entre la retraite des agriculteurs, la retraite des artisans. Ce ne sont pas du tout les mêmes caisses. L'idée c'était de fusionner.

Donc là, c'est sûr que ça a l'air facile, c'est un slogan. La mise en place, c'est beaucoup plus... Enfin, on l'a un peu vu au moment des concertations, on l'a oublié, c'était avant la crise du Covid, mais la mise en application serait assez difficile. Raymond Souby ?

16:38
Emmanuel Macron

Oui, je pense que l'application serait difficile. Cela dit, bien sûr, c'est une mesure populaire. On augmente le minimum de retraite des Français. Et je crois d'ailleurs que le Président, dans un premier temps, voyait cette mesure en numéro 1 et l'autre mesure en numéro 2. Les régimes spéciaux ensuite ? Oui, oui. Il voyait cette mesure. Sur l'équilibre de tout ça, moi ce qui me frappe, c'est que lui ne s'exprime pas. Je crois qu'il n'a pris aucune décision là. Vraiment. Il hésite donc. C'est bien le titre de notre émission. Il hésite et il essaie de voir les raisons. J'ajoute un point important.

Je ne sais pas si vous avez vu qu'il y a eu un sondage très récent, il y a 48 heures, qui est sorti sur ce sujet auprès des Français. Souhaitez-vous une réforme des régimes spéciaux ? Et ce qui est stupéfiant, c'est qu'il y en a à peu près 46% qui ne la souhaitent pas. Alors il y en a 54% qui la souhaitent, mais que 46% ne la souhaitent pas est un chiffre énorme par rapport au sondage antérieur sur la suppression des régimes spéciaux qui était populaire.

17:54
Présentateur

Je ne sais pas si on parle du même sondage, Raymond Souby, mais la fin de la phrase est importante, c'est que 53% des Français veulent la suppression des régimes spéciaux de retraite avant la présidentielle.

18:02
Emmanuel Macron

Ah c'est ça, avant la présidentielle. Avant la présidentielle. Non, ce qui veut dire que, oui, je pensais avant la présidentielle. Voilà. Par conséquent, ça veut quand même dire que presque un Français sur deux ne la souhaite pas. Et donc une réforme comme ça, qui pourrait avoir des avantages politiques, mais quand même tempérée par ce qu'on vient de dire, ça se discute. Moi j'ai l'impression que le président n'a pas décidé, que le Premier ministre se croit dans son bon droit de dire que ça dépendra de l'épidémie, de l'économie et du reste. Il a sans doute raison.

Et donc le président apparaît comme un homme réformateur puisqu'il y a des gens qui n'en veulent pas, que lui il en veut mais qui n'a pas pris la décision. Donc quelle que soit l'issue de ce sujet, il apparaîtra quand même comme le réformateur.

18:53
Invité

Même si ça ne se fait pas ?

18:54
Emmanuel Macron

Même s'il ne la fait pas. Il vaut peut-être mieux apparaître comme un réformateur sans la faire que d'apparaître comme un vrai réformateur en la faisant et avec des réactions négatives qui annihilent l'effet positif.

19:07
Présentateur

Raymond Soubis, il y a un moment donné dans la campagne électorale, ça va se voir qu'il ne l'a pas fait quand même. Il y a des opposants qui vont lui rappeler que même s'il y a une habileté politique, il ne l'a pas faite.

19:14
Emmanuel Macron

Oui, oui, mais je pense que les opposants eux-mêmes ne voudront pas, en le critiquant, avoir l'air de soutenir une mesure donc ça se mesure.

19:27
Présentateur

Est-ce qu'il a son label de réformateur ? Puisqu'on voit bien que tout l'enjeu, vous avez bien expliqué, peut-être qu'on parlera quand même de la dimension économique de cette réforme. Vous en avez dit un mot tout à l'heure, Fanny Guinechet, mais est-ce qu'il a d'ores et déjà le label de réformateur à votre avis, Bruno Génie ?

19:40
Emmanuel Macron

Non, il ne l'a pas totalement et ça se joue notamment sur les retraites. Dans l'histoire de la Ve République et je dirais dans l'histoire récente, dans l'imagerie populaire, le graal de la réforme, c'est les retraites. Michel Rocard disait à la fin des années 80, je parle sous le contrôle de Raymond Souby, les réformes des retraites, c'est un sujet qui est capable de faire sauter de nombreux gouvernements. De fait, quand on regarde, il y a peu de gouvernements qui se sont confrontés à cette réforme et qui l'ont menée en partie.

Il y a eu celui d'Edouard Balladur, il y a eu celui de Raffarin, le gouvernement Raffarin, le gouvernement Fillon sous la présidence Sarkozy ont fait des réformes substantielles. La retraite de 60 à 62 ans, c'est la dernière grande réforme, c'est sans doute ce qui a sauvé le régime des retraites en France. Depuis, objectivement, il n'y a pas eu grand-chose. Il y a eu une petite réforme sous François Hollande qui n'est pas si inefficace que ça, mais Emmanuel Macron, s'il ne fait rien sur les retraites avant la fin de son mandat, sera le premier président de la République à ne pas avoir réformé les retraites depuis François Mitterrand.

Et ça, pour le coup, c'est zéro sur le brevet de réformateurs. Il le sait, Emmanuel Macron, il connaît ses classiques, il essaie d'entretenir davantage l'idée de la réforme que de faire la réforme. Il sait qu'il n'a plus le temps de la faire et qu'il va faire un truc bricolé qui coûtera ce qu'il faut. Techniquement, c'est possible,

21:01
Présentateur

Bruno Jeudy, techniquement, c'est possible de faire à la fois la réforme des régimes spéciaux et ce minimum de retraite à 1 000 euros ?

21:07
Emmanuel Macron

En finir avec les 1 000 euros, je ne sais pas, je pense que c'est compliqué. Mais en finir avec les régimes spéciaux, ça doit être possible dans le temps qui reste. Mais c'est quand même compliqué parce que je pense que la mauvaise nouvelle c'est que le MEDEF s'est rangé derrière ceux qui veulent la réforme. Mais en septembre 2022, pas maintenant, ils veulent une réforme complète, ne pas y revenir sans arrêt. Donc, ils veulent quelque chose de global et surtout, ils ne veulent pas le désordre. Sophie l'a expliqué, ils ne veulent pas le désordre maintenant.

Le dernier point, et ça, c'est plus préoccupant, et ça dit aussi du fonctionnement du président qui est passé, à mon avis, en mode candidat à la présidentielle, c'est que maintenant, il fonctionne avec son cercle rapproché. Donc, il fait de la tactique aussi politique. Il bouge en fonction de ce qui se passe notamment chez les Républicains qui sont à peu près tous alignés sur l'idée de repousser l'âge de la retraite à 64 ans. Valérie Pécret, Xavier Bertrand, Michel Barnier sont à peu près d'accord. Lui, il voit bien qu'il se passe des choses en face, donc il faut bouger.

Du coup, ce qui se passe dans les échos lundi, vous pouvez dire que le Premier ministre, Olivier Véran, n'était pas au courant. Il le découvre dans la presse. Donc, on est rentré dans une phase éminemment politique. On n'est plus dans la préparation réelle d'une réforme de retraite. Il n'y a plus le temps. Celle qui est à l'Assemblée, elle ne réapparaîtra pas d'ici la fin du mandat. D'ailleurs, c'est une des grandes déceptions sans doute du président, c'est que ce projet de réforme de retraite par points n'a pas été comprise du grand public. Ils n'ont pas été foulés de l'expliquer. Et ça a été un échec.

Il a dit lui-même, en se détachant de la réforme systémique, qu'il aurait à la faire aujourd'hui, il ne la ferait pas de la même manière. Donc, quelque part, il a fait son méa culpa sur le projet qui était le projet de la campagne présidentielle.

22:55
Présentateur

Il y a le contenu de cette réforme et l'arbitrage qui sera celui du président en quelques jours. Et puis, il y a peut-être ce qui le fait hésiter. On en a dit un mot tout à l'heure et cette confidence rapportée ce matin dans le Parisien du Président qui était donc avec ses ministrières en séminaire gouvernemental. Il a dit, c'est quand on a le sentiment que tout se passe bien, qu'il faut être vigilant. Il y a ce climat de tension sociale puisque vous avez rappelé tout à l'heure, Sophie, que tous les syndicats sont opposés à cette réforme, y compris le MEDEF.

Les syndicats, ils ont peur aussi de ce climat social, de quelque chose qu'on ne voit pas pour l'instant du tout parce qu'on se dit que les gens sortent de la crise du Covid et puis ils vont aller directement vers les élections. Ils ne vont pas aller dans la rue.

23:33
Invité

Alors, je parle là aussi sous le contrôle de Raymond Soubis mais j'ai toujours entendu dire qu'il fallait se méfier que ce n'était pas en plein moment de la crise que les gens se mobilisaient mais c'était quand on avait le sentiment que ça repartait, qu'on avait une perspective d'avenir, qu'il y avait de nouveau de la croissance. On veut la part du gâteau alors que quand on est en plein milieu de la crise, en plein confinement, en plein... Quand vraiment le pays traverse des moments très difficiles, les gens sont dans un mode de survie, de peur. ils ne pensent pas à se mobiliser. Donc effectivement, là, cette période-là, elle est plus délicate.

En plus, elle est plus délicate parce que le gouvernement va essayer de retirer un peu le quoi qu'il en coûte. Alors là, il faut voir aussi très concrètement comment il va le retirer mais en tout cas, il y a un certain nombre d'aides qui sont en train d'être limitées. Et qu'on va en parler ce soir, il y a la réforme des retraites mais il y a aussi cette croissance. On a entendu là, ces derniers jours, qu'elle était bien meilleure que prévue, plus de 6% l'année prochaine, qu'on n'avait pas vu ça depuis les années 70. On se dit, chouette, on va tous avoir... Et on va en parler parce qu'effectivement, il y a une tension. Voilà. Et ceux qui n'auront pas ça risquent d'être déçus.

Alors si en plus, du côté des acquis sociaux, parce que c'est le terme qu'on utilise habituellement, on vous les enlève, les fonctionnaires, les agents, le conducteur SNCF dont aujourd'hui, il y a une ouverture à la concurrence qui est en train de voir son entreprise quand même vraiment changer. Ce sont des entreprises qui ont été fragilisées pendant la crise aussi, il faut le dire. La RATP a perdu beaucoup d'argent parce qu'on a moins circulé. La SNCF, l'État a dû remettre de l'argent parce que là aussi, et puis il y a une véritable inquiétude.

Tout ça, ça peut être des terreaux de crispation et de dire on veut quand même défendre nos acquis sociaux, on veut garder ce que l'on a au moins acquis depuis des années.

25:24
Présentateur

Il y a le label de réformateur, il y a le risque de tension sociale. Est-ce qu'au milieu de tout ça, il y a posé sur le bureau du président aussi la notion d'économie ? On l'a dit très rapidement, c'est vrai que depuis toutes ces années on a réformé les retraites, ce qu'on entendait c'était il faut faire la réforme pour faire des économies. Là, on a l'impression que c'est deux mesures qui sont sorties comme ça et est-ce que le discours d'accompagnement, c'est qu'à un moment donné, on va quand même regarder les comptes publics et dire il faut faire des économies, y compris sur les régimes spéciaux. Il y a deux temps.

25:52
Invité

Il y a la dernière réforme qui a été préparée à la fin, même si elle n'a pas été votée ni mise en œuvre, à la fin, on était quand même arrivé à une situation où il y avait un accord pour supprimer ces régimes spéciaux avec la clause du grand-père, c'est-à-dire en n'appliquant la réforme qu'aux nouveaux entrants. Donc, c'est une réforme à minima, ça ne fait pas beaucoup d'économie, mais c'est très structurel. Et donc, il y a cette idée, peut-être qu'il n'a pas envie de perdre complètement l'acquis de toutes ces journées de grève et de l'appliquer. Mais enfin, ça paraît quand même très fragile.

Il y a une deuxième dimension, c'est que quand même, cette semaine, il a eu deux rendez-vous importants avec deux personnages qui seront probablement les prochains chanceliers de l'Allemagne, donc soit Armin Lachette, le successeur d'Angela Merkel dans son parti, soit Olaf Scholz, qui est actuellement ministre des Finances. Et ce qu'on voit en ce moment, c'est que la croissance en France, elle repart plus vite que la croissance allemande. En Allemagne, en revanche, l'inflation repart beaucoup plus vite. Donc, les Allemands ont envie de normaliser la situation du quoi qu'il en coûte et la situation économique en Europe plus rapidement que nous.

Et quand on regarde un peu ce que proposent les uns et les autres pour rétablir l'équilibre des finances publiques un peu rapidement, il y a eu une proposition cette semaine, un rapport de l'OCDE sur l'Italie. Eh bien, tout de suite, la question du poids des dépenses de retraite dans les dépenses publiques arrive sur la table. Alors, est-ce qu'il a voulu envoyer des gages à l'Allemagne cette semaine en disant « Vous voyez, je continue à réformer, je continue à chercher des économies, je continue à normaliser la situation de la France ?

» Il y a peut-être une partie de ça dans son discours, mais ce qui fait des économies, ce n'est pas tant la réforme des régimes spéciaux que de repousser l'âge de départ à la retraite pour tout le monde. Et ça, ça mérite quand même une vraie discussion.

27:39
Présentateur

Et ça, pour l'instant, ce n'est absolument pas sur la table dans les 200 jours qui nous restent. Et vous parliez de l'Europe. La Banque centrale, aujourd'hui, a expliqué, puisque c'était une décision très attendue, qu'elle poursuivrait ses achats d'actifs. C'est-à-dire qu'on continue avec la même stratégie qui est de mettre de l'argent dans la machine. On ne change pas. Parce que ça, ça aurait pu effectivement peut-être précipiter la nécessité de faire une réforme vraiment soumise.

28:00
Emmanuel Macron

Oui, oui. Mais en effet, l'essentiel, c'est que l'Allemagne et plus généralement les pays du Nord vont avoir une politique sur leurs dépenses publiques qui risque d'être, comment dirons, plus stricte que la politique française. Ce qui peut poser des problèmes à la fois dans l'équilibre européen et dans les rapports entre les pays. Deuxièmement, le pari du ministre de l'Économie, tel qu'il le disait déjà il y a un an, c'est de dire nous allons rembourser tout ça parce que l'économie va repartir et comme l'économie va repartir il y aura des recettes qui n'étaient pas prévues et donc, voilà, etc.

C'est la raison pour laquelle il est toujours optimiste et pour laquelle il insiste beaucoup sur la croissance parce que la croissance ça crée des emplois et ça réduit les déficits. Avec la difficulté qu'il a lorsqu'on compare la France et l'Allemagne, c'est qu'aujourd'hui les chiffres en France sont très bons. Oui, on va le voir dans un instant. Au fond, on est, etc. mais il y a des pays comme les Etats-Unis où ils étaient très bons il y a deux mois et où ils sont beaucoup moins bons aujourd'hui.

29:10
Présentateur

On va en parler dans un instant si vous le voulez bien Raymond Soubis de la croissance et de tout ce qu'il y a derrière parce qu'il y a une attente vous l'avez très bien dit tout à l'heure Fanny Guinochet une attente des Français sur que vont-ils faire de la croissance mais pour revenir sur les réformes Bruno Jeudy on a entendu ça s'appelle des éléments de langage le Premier ministre dire de l'action des réformes pendant 200 jours qu'ont-ils prévu de faire pendant 200 jours ? Si on met de côté la réforme des retraites ?

29:34
Emmanuel Macron

C'est une bonne question parce que justement c'est ce qu'ils sont en train de chercher Emmanuel Macron le macronisme c'est quand même l'idée de réforme donc il faut la crise sanitaire s'éloigne c'est vrai qu'il a 100 ou 150 jours ils disent 200 jours mais on va dire plutôt 150 jours où il doit essayer de faire quelque chose alors il va y avoir le revenu universel pour les jeunes le revenu d'engagement ils appellent ça à la fin du mois mais c'est quelque chose qui parle peut-être un peu moins ou à l'ensemble des français ça touche les jeunes

30:06
Présentateur

Pourtant c'est assez fort comme mesure

30:08
Emmanuel Macron

Oui c'est une mesure qui sera importante sans doute il va y avoir France 2030 un grand plan d'investissement mais tout ça ça ne soutient pas l'idée d'une réforme d'une modification quelque chose qui change en profondeur dans la société française et c'est ça qui manque et donc il faut impulser ça donc il cherche le président c'est vrai que les retraites c'est le graal de la réforme va-t-il le faire là le problème c'est qu'il est sur c'est à lui il est au bord de la falaise il y va ou il n'y va pas et pour l'instant il ne veut pas y aller je note au passage que les conditions ne sont pas réunies selon Jean Castex pour la réforme des retraites elles le seraient pour l'assurance chômage voilà il y a une petite difficulté dans la lecture donc Emmanuel Macron cherche cette idée de réforme parce qu'il en a besoin pour porter jusqu'à la fin du mandat et surtout donner l'impression qu'il se passe quelque chose pendant que les adversaires se préparent à la présidentielle moi je trouve que ça traduit quand même le signe d'une inquiétude chez le président quand bien même les sondages de popularité sont excellents pour lui 47% de bonnes opinions dans l'IFOP Paris Match cette semaine ce qui est un niveau assez élevé bien meilleur évidemment que François Hollande et Nicolas Sarkozy ça traduit quand même une certaine inquiétude et cette idée que il pense qu'il faut

31:18
Présentateur

continuer à bouger

31:19
Emmanuel Macron

le problème c'est que 47% de bonnes opinions se traduisent quand même pas si haut que ça dans les intentions de vote certes il est en tête c'est pas mal mais il voit bien que tout ça est fragile

31:28
Présentateur

réforme des réformes qui étaient promises par le chef de l'État et sont-elles possibles d'ici à la fin du quinquennat la réforme de l'appareil d'État ça aussi c'était quelque chose qu'il avait beaucoup mis en avant

31:40
Invité

il l'avait mis en avant mais ça semble impossible enfin en tout cas très difficile à faire dans le temps qu'il reste et puis la difficulté aussi c'est qu'il faut que ces réformes derrière certes il y a le côté transformateur mais il faut que ça montre aux gens d'une part que ça va changer leur vie mais que c'est pas des réformes qui sont que de la dépense que ce sont de vrais investissements le revenu d'engagement c'est effectivement quelque part on se dit c'est un pari un investissement sur les jeunes mais ça va être perçu en tout cas par un certain nombre de ses adversaires politiques notamment à droite sur le fait que c'est de l'argent que l'on met sur les jeunes que l'on colmate parce que l'éducation nationale ne joue pas son rôle c'est aussi ça la difficulté à laquelle il est exposé aujourd'hui c'est qu'il faut des réformes qui rapportent aussi un peu d'argent l'assurance chômage c'est pour ça qu'il s'y accroche l'assurance chômage au moins vous avez des calculs vous savez que vous allez réduire les droits des chômeurs je rentre pas dans les détails mais que vous avez plus d'un million et demi quasiment un million et demi de chômeurs qui vont avoir une perte de revenus ou en tout cas que ça va transformer enfin ça va faire faire des économies au régime donc il y a aussi ce côté là il faut que derrière le côté réformateur ce ne soit pas que de la dépense le grand plan d'investissement pour l'instant on nous dit on va faire de l'hydrogène on va faire des batteries certes mais ça ne va pas rapporter de l'argent tout de suite

32:58
Présentateur

la réforme de la dépendance pour faire le tour de toutes les réformes qui étaient sur la table

33:03
Invité

abandonnées ça coûte vraiment très cher donc c'est compliqué c'est compliqué à faire compliqué à lancer compliqué à financer et puis là il ne peut pas la faire sans expliquer comment il va la financer

33:13
Présentateur

c'est une grande loi sur la dépendance qui était dans les tuyaux depuis très longtemps on en parle depuis longtemps Raymond Souby

33:18
Emmanuel Macron

celle-là a été plutôt abandonnée pour avoir des mesures plus spécifiques sur l'aide à domicile des gens dépendants c'est à dire un morceau du sujet très pratique mais le texte n'est pas prêt

33:31
Présentateur

mais on ne la fait pas parce que ça coûte trop cher

33:33
Emmanuel Macron

non on ne la fait pas parce qu'on l'a abandonnée en cours de route qu'il faudrait reprendre les travaux et qu'en effet et qu'en effet ça coûte très cher la réforme de l'assurance chômage elle est sortie je vous rappelle qu'elle a été suspendue par le conseil d'état pour des raisons d'ailleurs de conjoncture économique mais comme on est dans une bien meilleure conjoncture économique que lors de la décision du conseil d'état elle peut parfaitement s'appliquer c'est pas une nouvelle mesure elle a été prise déjà elle a été prise déjà par le gouvernement et en dehors de ça j'allais dire il n'y a pas grand chose à faire sinon en effet de revenir à l'éternel sujet de tout à l'heure qui est le sujet des retraites en faisant très attention de ne pas coaguler les mécontentements

34:16
Présentateur

il y en a encore des mécontents ?

34:19
Emmanuel Macron

des mécontents ? potentiellement ?

34:20
Présentateur

je vous pose la question avec un brin de malice parce qu'on a l'impression qu'en cette rentrée tout va bien

34:23
Emmanuel Macron

un gros brin de malice il y a encore pas mal de mécontents et il y a encore plus de mécontents qui s'ignorent provisoirement mais qui se réveilleraient brutalement si ces mesures sortaient alors s'il est en mesure en plus d'être le favori à l'élection présidentielle je vais m'avancer il peut être réformateur donc prendre des risques mais si par hasard pour une raison xy crêtez par exemple que Marine Le Pen ne soit plus à l'évidence au deuxième tour la possibilité qu'elle ne soit plus au deuxième tour pour une série de raisons que Bruno Jérudy expliquera beaucoup plus savamment que moi à ce moment là le président est beaucoup plus en position de risque et s'il est en position de risque il fera beaucoup plus d'attention aux mesures qu'il prendra et je crois que pour reprendre votre exemple de la retraite du début de l'émission il n'a pas pris de décision sinon celle d'entretenir l'idée chez les médias et chez les français que pourquoi pas

35:27
Présentateur

parfait décritage merci pour tout ça on avance parce que sur la table il y a l'éventuelle réforme des retraites et puis il y a les bonnes nouvelles les voyants de l'économie qui sont au vert c'est effectivement la bonne nouvelle de la rentrée une reprise économique plus forte que prévue qui pourrait même en Europe dépasser son niveau d'avant crise d'ici à la fin de l'année c'est ce qu'a dit aujourd'hui Christine Lagarde et la France est même devenue le pays le plus attractif d'Europe pour les investisseurs étrangers Mélanie Nes Arnaud Fora et Stéphane Lopez

35:54
Emmanuel Macron

bonjour Yeom on a reçu les composants c'est bon ça va tourner bon plus de 500 salariés des machines à l'oeuvre 24 heures sur 24 et une spécialité d'avenir les circuits électroniques on arrive à faire nous aujourd'hui 150 000 produits par jour ce qui nous permet de pouvoir fournir un grand nombre de produits à un prix relativement abordable bon aujourd'hui ces produits là ils sont qu'ils soient faits en Chine ou chez nous c'est à peu près le même prix

36:30
Invité

cette entreprise du Loiret a un carnet de commandes bien rempli 660 millions d'euros de production à venir ses principaux clients sont des constructeurs automobiles comme Renault qui achètent

36:42
Emmanuel Macron

par milliers

36:42
Invité

ces petits circuits imprimés

36:44
Emmanuel Macron

indispensables aux véhicules électriques un marché en plein boom 50% qui reste en France un bon quart qui va en Europe et puis on a c'est difficile à croire mais on a 15% qui part en Chine et environ 10% qui part aux Etats-Unis donc nous petits français on a réussi à convaincre des chinois d'acheter nos produits il y a deux chefs de projet qui vont arriver d'accord l'activité est telle que l'entreprise s'agrandit 25 millions d'euros investis pour faire sortir de terre quatre nouvelles lignes de production une centaine d'embauches prévues d'ici 2022

37:21
Invité

un défi pour cette industrie de pointe qui peine à recruter

37:25
Emmanuel Macron

il y a eu pendant des années une image relativement négative de l'industrie je pense qu'il y a eu un désamour de la France pour l'industrie moi j'ai toujours évolué dans cet univers-là je ne peux être que proactif à ce que l'industrie pérennise et surtout reprenne des vraies lettres de noblesse en France parce qu'il y a un vrai développement du territoire un vrai développement économique un tissu industriel qui fait envie à l'international cette année pour la troisième fois consécutive la France est la première destination des investisseurs étrangers dans le cœur du lot à Fijac une entreprise familiale fait la fierté des habitants

38:02
Invité

depuis plus d'un siècle ratier Fijac l'un des plus gros équipementiers aéronautiques du monde et premier employeur du département

38:10
Emmanuel Macron

alors ici on rentre dans ce qu'on appelle le centre d'excellence pour les produits de cockpit on fait des manettes de gaz qui servent à contrôler la poussée des moteurs et on fait des palonniers et on fait aussi bien sûr on est vraiment connu pour faire des mini manches les mini manches d'Airbus en particulier Il y a 23 ans l'entreprise a été entièrement rachetée par un concurrent américain Collins Aerospace elle génère aujourd'hui 300 millions d'euros de chiffre d'affaires Un groupe international peut avoir le choix d'investir partout dans le monde ils choisissent ici chez Ratier ou chez Collins Aerospace en France en particulier parce qu'on sait qu'il y a un support il y a des capabilités techniques des écoles d'ingénieurs des écoles même de production qui sont très fortes très séduisantes mais aussi un sérieux dans l'investissement une filière qui est poussée par l'Etat pour s'améliorer Une nouvelle envergure qui réjouit les employés

39:09
Invité

C'est une fierté de voir nos produits aller dans le monde entier et c'est une fierté aussi de pouvoir avoir des grands groupes américains

39:19
Emmanuel Macron

qui s'intéressent à nous mais c'est aussi une reconnaissance de notre savoir-faire ça c'est important Et là on fait le tressage on fait une couche de tressage avec des fibres de carbone qui viennent donc envelopper le longeron Ratier-Fijac est aussi le premier fabricant d'Elysse au monde un savoir-faire unique qui lui permet de surmonter les difficultés La crise aéronautique post-Covid a touché surtout le civil grâce à nos activités sur la 400M mais aussi sur les C-130H donc des plateformes militaires utilisées en particulier par l'US Air Force cette activité nous a permis qui était de très haut niveau nous a permis de maintenir une activité industrielle importante et donc d'amortir la crise la crise du Covid Le Covid a en revanche eu un effet inattendu et potentiellement dévastateur pour l'industrie la pénurie de matières premières venues d'Asie comme l'acier pour les hélices de quoi peut-être fragiliser la reprise tant espérée

40:15
Présentateur

cette question qui profite du retour de la croissance Sophie Guinochet Fanny Sophie Fais Fanny Guinochet

40:26
Invité

excusez-moi écoutez on espère un peu tout le monde mais surtout les entreprises et puis le gouvernement qui espère avoir des cotisations et donc baisser les déficits non mais parce que vous disiez tout à l'heure

40:38
Présentateur

tout le monde veut en profiter

40:39
Invité

c'est le moment où on réclame et c'est le moment où on réclame la difficulté c'est qu'il faut voir si certes les entreprises refonctionnent alors pas dans tous les secteurs mais globalement avec leur niveau d'avant crise et elles ont du mal à retrouver la main d'oeuvre qu'elles avaient avant vous prenez le secteur de la restauration vous avez un certain nombre de gens qui ont après cette crise sont partis ne veulent plus travailler dans la restauration avec des horaires difficiles avec des salaires qui sont très bas vous regardez même sur des métiers qui sont plus qualifiés vous avez un certain nombre de cadres qui ne veulent pas retravailler comme avant qui veulent des salaires qui soient à la hausse mais pas que qui sont très regardants sur les conditions de travail le fait de pouvoir faire du télétravail de pouvoir déménager dans des villes moins coûteuses que les grandes métropoles tout ça ça pèse et donc là aujourd'hui la question que l'on se pose c'est est-ce que comment va se passer le rapport de force parce que les entreprises elles veulent garder leurs salariés où on a tiré d'autres et puis il faut qu'on fasse ça matche comme on dit qu'on puisse faire affaire est-ce que on peut espérer qu'il y ait un changement et que les salariés soient suffisamment forts et que le bras de fer s'inverse et puisse demander et imposer des augmentations de salaires ça n'est pas sûr dans la propreté par exemple il y a eu hier un négociation d'accord qui a été signé où il y a eu une augmentation d'un 0,6% ça ne fait pas énorme en fait ça fait 17 centimes d'euros de plus sur le salaire horaire dans la propreté c'est toujours ça de prix mais disent que c'est moins que l'inflation mais voilà si allez vous le dire le problème aussi qui se pose c'est qu'aujourd'hui on est dans un contexte d'inflation alors ça veut dire qu'on peut avoir des augmentations de salaire mais qu'on ne va pas voir passer parce que de l'autre côté vous payez votre essence plus cher vous payez un certain nombre de matériaux

42:35
Présentateur

c'est le sujet en réalité derrière cette réforme qui va peut-être se faire ou pas ces bons chiffres de la croissance on voit bien que le sujet qui est en train de monter dans le débat politique et porté aussi par le gouvernement c'est la question du pouvoir d'achat et vous en avez dit un mot le Premier ministre hier il a dit que le pouvoir d'achat devrait progresser de manière significative cette année donc quand il dit ça il pense à quoi alors les minima de branches comme vous venez la négociation qui peut se faire dans les entreprises c'est quoi les bonnes surprises qu'il peut y avoir une augmentation du SMIC on a vu que c'était prévu mais

43:06
Invité

il pense tout simplement à ce qui se passe sur les comptes d'épargne des Français on voit que les Français n'ont pas perdu globalement on parle bien globalement de pouvoir d'achat pendant la crise puisque ils ont eu la capacité d'épargner les salaires ont été maintenus et puis les résultats des entreprises ne sont pas si mauvais donc même les sujets d'intéressement et de participation ne vont peut-être pas être mauvais et il n'y a pas eu il y aurait pu avoir quand même des ajustements à la baisse beaucoup plus fort que ce qu'on a eu maintenant c'est pas du tout également réparti donc on voit bien que tous les salariés qui ont été en chômage partiel ont eux perdu beaucoup et que d'autres n'ont pas perdu du tout donc ça fait des tensions mais globalement c'est vrai quand même qu'on sort d'une crise d'une chute du PIB d'un trop d'air à 8% sans perte de pouvoir d'achat global donc la difficulté c'est que ça a surtout profité à 25% de la population et que les autres n'ont pas vu arriver ça alors que l'inflation tout le monde va la voir arriver et particulièrement les gens qui ont des revenus très justes qui sont très justes à la fin du mois puisque ça va toucher l'énergie pour commencer peut-être aussi les prix des produits alimentaires et ça c'est des dépenses qui sont contraintes

44:24
Présentateur

36% des français ont du mal à financer leurs dépenses d'énergie ça fait beaucoup Raymond Soubis sur cette problématique de que faire de ces beaux chiffres de la croissance elle est posée politiquement cette question en cette rentrée

44:36
Emmanuel Macron

oui oui d'abord je crois que ces beaux chiffres sont relatifs si vous me permettez ah d'accord on s'emballe parce que oui les chiffres s'emballent la réalité s'emballe-t-elle parce que qu'est-ce que nous disent les chiffres ils nous disent on va retrouver la situation d'avant la pandémie à la fin de 2021 que personne ne croyait encore il y a six mois on voit que déjà le niveau de l'emploi en France de l'emploi réel en France est supérieur à ce qu'il était avant la pandémie donc on dit c'est absolument c'est absolument prodigieux mais il y a quand même un certain nombre de bémols le premier c'est que tout ça a été protégé par le quoi qu'il en coûte qui a coûté beaucoup et donc quand même le problème de la dette je ne vais pas m'éterniser sur le problème de la dette c'est un formidable problème c'est plus un problème Raymond on n'en parle plus si si ça finit par devenir un problème dès lors que les états ont des comportements différents à l'égard du traitement de la dette voilà je dirais ça comme ça donc ça c'est un vrai problème deuxièmement il y a des secteurs qui vont bien et des secteurs qui vont moins bien et il y a des risques de blocage qui ont été évoqués au cours de la de la présentation là qui viennent de ce que beaucoup de matières premières mondiales sont soit absentes soit en train de monter exemple les sémiconducteurs mais il y en a d'innombrables pratiquement dans toutes les professions et donc leur prix augmente si leur prix augmente les entreprises vont être obligées de répercuter ces prix sur leur prix de vente et donc l'indice des prix va augmenter ce qui va susciter des demandes salariales susciter par ailleurs pour faire venir des gens dans des secteurs dont on ne veut pas donc on risque à partir de cette situation magnifique entrer dans un cycle un peu plus inflationniste qui déclenche des demandes de pouvoir d'achat donc des conflits et puis il va y avoir quand même toute une série de mesures face à la dette dans les prochaines années qui ne vont pas être un élément de croissance

46:45
Présentateur

dans les prochaines années dites-vous c'est-à-dire que là si on se fixe l'échéance des 200 jours je crois qu'on va tenir voilà

46:52
Emmanuel Macron

on va tenir on va tous tenir le président va tenir nous allons tenir

46:56
Présentateur

et puis après c'est après que les problèmes vont commencer après la présidentielle Marine Le Pen a fait sa rentrée politique ce matin c'était dans le journal Le Figaro pas encore de proposition sur le sujet dont nous débattons ce soir sur les retraites en revanche elle a fait elle aussi du pouvoir d'achat un axe de ce début de campagne c'est même pour elle l'une des libertés capitales elle propose de nationaliser les autoroutes et de privatiser le service public de l'audiovisuel Walid Bérissoul Nicolas Baudry-Dasson

47:20
Emmanuel Macron

La rentrée politique de Marine Le Pen c'est pour elle une affaire de tempo et d'images soignées dans la presse magazine après l'échec des régionales et un été au grand air du large la voici donc de retour pour sa troisième présidentielle d'affilée ce matin son équipe a dévoilé son affiche de campagne avec les libertés comme slogan mais surtout sans le bleu marine ni le patronyme Le Pen ni même le logo du Rassemblement National son parti dont elle confiera dimanche les reines à son bras droit Jordan Bardella Lorsqu'on est candidat pour présider le pays pour aspirer

47:59
Invité

à la fonction suprême on dépasse les clivages et il y a beaucoup d'électeurs qui à droite comme à gauche partagent aujourd'hui les analyses le diagnostic et les solutions du Rassemblement National et pour cela Marine Le Pen prendra je dirais le large et sera le capitaine pas seulement de notre famille politique

48:17
Emmanuel Macron

mais plus largement du camp national Car cette campagne Marine Le Pen entend bien la mener en duel face à celui qu'elle considère toujours comme son seul adversaire Emmanuel Macron En juin dernier un sondage l'a placé même en tête du premier tour face au chef de l'état mais depuis la tendance s'est inversée elle perd ici 5 points en 3 mois Alors ce matin dans le Figaro Marine Le Pen a sorti les propositions choc

48:41
Invité

Nous sommes une grande démocratie a-t-on encore besoin d'un audiovisuel public de cette taille ?

48:47
Emmanuel Macron

Avec Marine Le Pen à l'Elysée Radio France et France Télévisions pourraient en effet être privatisées Objectif dit-elle rendre aux Français leur redevance peut-être aussi envoyer un signal politique à l'électorat le plus à droite

48:59
Invité

Vous savez que dans l'audiovisuel public pour le coup et notamment la radio vous avez des stations radio qui sont l'antichambre des partis de gauche dans toutes leurs nuances France Inter par exemple France Inter pour moi est une radio de gauche et pourtant c'est une radio d'état et par ma redevance je paye France Inter je trouve ça scandaleux

49:18
Emmanuel Macron

Mais presque dans la même phrase Marine Le Pen propose aussi la nationalisation des autoroutes une idée qu'on avait jusqu'à présent plutôt entendue chez des candidats classés à gauche

49:28
Invité

Les sociétés autoroutières dégagent 3 milliards de dividendes chaque année Ces 3 milliards je préférerais qu'on les utilise plutôt que finalement rémunérer des fonds d'investissement souvent étrangers Je ne vais pas reprendre les idées de Marine Le Pen la privatisation des autoroutes ça a été un fiasco c'était une logique des années 80-90 début des années 2000 où on bradait le service public

49:53
Emmanuel Macron

Une entrée dans l'arène présidentielle tous azimuts pour une stratégie quelque peu bousculée par un candidat qui pour l'instant représente une hypothèse persistante l'hypothèse Éric Zemmour Dans ce sondage Marine Le Pen passerait au premier tour en dessous des 20% des intentions de vote en cas de candidature du polémiste crédité pour sa part de 7% des voix Alors ce matin Marine Le Pen a décidé de mener la charge à l'encontre de l'essayiste

50:19
Invité

Le véritable suicide français c'est la division du camp national

50:24
Emmanuel Macron

La perspective d'un scénario perdant-perdant pour la droite de la droite que certains s'évertuent à vouloir éviter Des semaines que le maire de Béziers tente d'organiser entre le camp Zemmour et le camp Le Pen un dîner en guise de pacte de non-agression pour la présidentielle dites aux Français que celui qui sera en deuxième position appellera à voter pour le premier dites ça tout de suite montrez que vous faites pas de la politique comme les autres qu'est-ce qu'ils veulent les deux Marine Le Pen et lui qu'on perde qu'on perde deux candidatures c'est la meilleure façon qu'il y ait parce que notre courant de pensée ne soit pas représentée au deuxième tour on veut encore perdre une autre fois En attendant Mesdames félicitations pour votre élection Marine Le Pen lancera officiellement sa campagne électorale dimanche à Fréjus quelques jours avant l'apparition du nouveau livre du toujours pas candidat Eric Zemmour

51:18
Présentateur

La maliste Walid Berissoul cette question la question des retraites sera-t-elle centrale lors de la campagne présidentielle ?

51:26
Emmanuel Macron

Ce sera une des questions très importantes surtout si Emmanuel Macron n'a pas fait la réforme des retraites c'est-à-dire qu'elle arrivera d'abord elle sera réclamée par certains partenaires sociaux évidemment de MEDEF qui l'a déjà dit la droite leur a son programme comme la dernière fois avec quelque chose d'assez clair on est pour on est contre mais en gros repousser l'âge de départ à 64 ou 65 ans et donc si Emmanuel Macron n'a rien fait forcément sera au cœur mais ce sera important aussi pour Marine Le Pen ce qu'on voit bien dans son entretien au Figaro ce matin bon elle met sur la table des propositions privatiser l'audiovisuel public mais enfin tout ça c'est de la diversion c'est pas des sujets essentiels pour les français ce qui est important c'est la retraite et pourquoi elle n'en parle pas parce qu'elle est gênée Marine Le Pen reste sur le retour à 60 ans et ça c'est quelque chose qui à mon avis bloque une partie de l'électorat de droite qui pourrait être tentée par elle par exemple la droite patrimoniale elle n'achète pas le retour de la retraite à 60 ans ça c'est quelque chose d'impossible donc Marine Le Pen elle est gênée parce qu'elle sait aussi que si elle fait ça peut-être qu'elle perdra ces électeurs du Nord qui eux sont issus viennent de la gauche ou du PC ou je ne sais pas où donc elle est gênée et elle n'en parle pas et elle s'est reniée sur un certain nombre de sujets sur l'euro sur 2-3 sujets elle avance sur le désendettement de la France mais pour l'instant sur les retraites elle ne dit à rien et quand on ne dit à rien c'est que c'est très flou et que ce n'est pas réglé

52:54
Présentateur

Est-ce qu'il y a quand même un argument que pourra développer le président de la République pendant cette campagne s'il annonce sa candidat enfin il y a assez peu de doute là-dessus sur le fait qu'il soit candidat à sa réélection c'est de dire qu'il y a eu quand même une crise majeure une crise sanitaire est-ce que ça peut à un moment donné justifier le fait de dire j'ai pas pu mener ce quinquennat comme je l'ai souhaité donc les réformes je les ferai après il va t'en Oui

53:16
Emmanuel Macron

Il y a eu les gilets jaunes d'abord qui l'ont empêché pendant quelques mois suivi de la

53:22
Présentateur

C'est un argument qui est recevable

53:25
Invité

Oui il y a deux choses qui peuvent mettre en valeur c'est qu'il y a un cabinet d'études économiques ZERFI qui aujourd'hui a sorti une étude dans laquelle il compare la manière dont l'Allemagne a géré la crise sur le plan économique et la manière dont la France l'a fait et finalement ce qu'on voit c'est que les deux pays ont dépensé proportionnellement à peu près autant d'argent et ce qui se passe en France c'est que l'investissement des entreprises repart plus vite et donc en fait ce qu'on est en train de voir si cette étude se confirme c'est que les réformes qui ont été menées déjà par François Hollande à la fin de son quinquennat toute cette idée qu'il fallait encourager les entreprises encourager la politique de l'offre remettre l'industrie un peu au centre du jeu dans le pays c'est en train de fonctionner donc en tout cas on le voit à très court terme on le voit sur cette reprise de la croissance Il pourra capitaliser

54:16
Présentateur

sur ces bons chiffres de l'économie française

54:17
Invité

on n'est pas il faut attendre on a encore six mois à attendre et il faut encore attendre mais on voit quand même un optimisme des chefs d'entreprise qui est très bon on voit un taux de marge des entreprises qui remonte et un investissement qui remonte donc il y a quand même c'est quand même pas rien donc il ne faut pas non plus complètement enterrer son bilan de ce point de vue là Oui je crois qu'il y a quand même

54:37
Emmanuel Macron

un point noir pour l'économie française c'est que notre balance commerciale avec les autres pays est très négative et elle est la plus mauvaise de tous les états européens ça veut dire qu'en comparaison avec eux nous ne tenons pas la route ou pour le dire autrement nous nous sommes essentiellement une économie de service et de service franco-français alors que eux ont beaucoup plus d'activité internationale et industrielle et ça c'est quand même quelque chose d'une grande fragilité pour la croissance à moyen terme de l'économie française et c'est ce qu'a très bien compris le gouvernement son plan 2030 ça consiste en effet sur les nouvelles technologies la digitalisation la santé etc de recréer un animal industriel performant et moderne qu'en fait nous avons je veux dire la vérité en grande partie perdu donc notre situation conjoncturelle est bonne mais notre situation à moyen terme n'est pas bonne comparaison en comparaison des autres pays

55:46
Présentateur

et nous revenons maintenant à vos questions Emmanuel Macron entretient-il le flou autour de la réforme des retraites pour tâter le pouls de l'opinion avant de trancher est-ce que c'est un ballon d'essai

56:01
Emmanuel Macron

non mais l'opinion l'opinion sur les retraites on la connaît sur les mesures dont on a parlé les régimes spéciaux évidemment la pension minimale à 1000 euros on sait que l'opinion est favorable donc je pense que c'est plus là la question maintenant c'est il sait que pour faire ça faut du temps ce ne serait qu'un bout de la réforme qui ne réglerait pas la totalité de la question en profondeur du financement du régime des retraites dont on sait qu'il est lourdement déficitaire donc il y a aussi l'idée que la mesure elle peut se retourner contre lui maintenant pour répondre un peu à ce que disait Raymond Souby pour passer pour un réformateur il ne suffit pas de lancer des je vais le faire je pense qu'à un moment il faut le faire

56:46
Présentateur

peut-on craindre une réforme des retraites sans envergure qui permettra simplement au président de cocher une case

56:51
Invité

de son bilan s'il fait la réforme des régimes spéciaux c'est ce qui se passera effectivement mais tout au long de la campagne de toute façon l'idée d'une grande réforme sera sur la table elle sera portée par Emmanuel Macron mais elle sera portée aussi par ses concurrents parce que c'est un sujet effectivement essentiel essentiel pour le coup économiquement c'est vrai que c'est quand même un des premiers postes de dépense de payer les pensions on est dans un pays qui vieillit donc la difficulté aussi pour le côté réformateur c'est que Emmanuel Macron il va ressortir comme le président encore à protéger parce que c'est aussi ce qui s'est passé pendant cette crise alors il peut capitaliser dessus c'est un avantage j'ai réussi à maintenir votre pouvoir d'achat à vous protéger pendant cette crise regarder l'appareil productif est protégé on a de bons résultats économiques mais quelque part être protecteur ça enlève le côté qu'il avait en 2017 sur le président du changement le président de la start-up nation souvenez-vous de la prise de risque oui mais on lui a reproché la France

57:56
Présentateur

elle lui a reproché à un moment donné de diviser de heurter est-ce que d'ailleurs c'est un des arguments du premier ministre de dire il faut l'unité de la nation c'est important est-ce qu'à un moment donné dans une campagne ça peut être un argument qu'il pourra défendre dire j'ai privilégié l'unité de la nation

58:11
Invité

oui bien sûr et d'ailleurs c'est vrai qu'il a tout intérêt ça fait partie de l'hésitation à garder cette unité parce que si on se reprend des mois de gilets jaunes entre guillemets ou en tout cas de contestation ça va être extrêmement difficile de mener campagne dans un contexte comme celui-ci pourquoi la réforme des retraites cristallise-t-elle

58:29
Présentateur

autant de tensions ?

58:31
Emmanuel Macron

parce qu'elle concerne tous les français dont un tiers est déjà retraité et dont les deux tiers le seront un jour donc c'est un sujet qui concerne tous les français bon la retraite c'est pipi en plus les français considèrent qu'ils sont dans un régime de capitalisation alors qu'ils sont dans un régime de répartition donc ils ont l'impression d'avoir cotisé pour la retraite en fait non ils ont cotisé pour la retraite de tout le monde donc ils ont l'impression que ce sont des droits qui leur appartiennent et que si on réforme on les leur enlève donc c'est une sorte de vol qui est fait donc c'est un sujet hypersensible j'ajoute un point c'est que la réforme des retraites est indispensable sur un point qui est l'âge parce que le sujet qui est évident à traiter c'est le sujet financier on peut ne pas faire une réforme systémique on peut ne pas faire ceci on ne peut pas faire cela on ne peut pas laisser le régime déraper je vous rappelle que dans les prévisions du conseil d'orientation des retraites avec une évolution des salaires de 1,3% par an on revient à l'équilibre en 2047 calculons 2047 c'est dans 20 c'est loin c'est loin 26 ans c'est loin c'est loin donc il est évident qu'il faudra prendre des mesures financières

59:54
Présentateur

encore une question pour vous Raymond Souby les régimes spéciaux existent-ils toujours vraiment après la réforme de Nicolas Sarkozy

1:00:00
Emmanuel Macron

Nicolas Sarkozy a réduit les écarts entre les régimes spéciaux et les autres régimes et il est le premier à s'être attaqué aux régimes spéciaux puisque ni la réforme Balladur ni la réforme Raffarin Fillon n'avait fait ça mais il n'est pas allé jusqu'au bout mais il n'est pas allé jusqu'au bout il a simplement augmenté le nombre d'annuités de cotisations pour l'aligner à terme sur tout le monde ce qui fait qu'à terme les régimes spéciaux vont évoluer il est le premier à l'avoir fait mais personne ne s'y est jamais attaqué parce qu'au fond c'est un nid à explosion la SNC vous les énumérez la SNCF la RATP EDF ce sont des gens naturellement c'est pas une critique d'ailleurs c'est noble naturellement irruptifs ils se mobiliseraient

1:00:52
Présentateur

pour défendre leurs acquis naturellement irruptifs

1:00:54
Emmanuel Macron

je vais vous raconter une anecdote qui me prend une seconde quand Jean-Pierre Raffarin a fait la réforme des retraites je lui ai dit faites attention aux régimes spéciaux il m'a dit je vais l'écrire au syndicat il l'a écrit au syndicat je ne touche pas aux régimes spéciaux ils ont dit s'il nous écrit ça c'est qu'il y pense 8 jours de grève

1:01:16
Présentateur

cette question d'Alain Haute-Garonne le président peut-il réaliser en quelques mois ce qu'il n'a pas accompli en 4 ans ?

1:01:24
Invité

ça paraît très compliqué et puis derrière tout ça il y a quand même quelque chose dont on ne parle pas et moi ça me fait un peu bouillir c'est l'emploi des seniors la plupart des gens qui partent à la retraite ne sont plus en emploi ils sont déjà au chômage ils sont déjà payés par l'assurance chômage alors si c'est pour transférer le déficit des régimes de retraite sur le déficit de l'assurance chômage je ne vois pas ce qu'on gagne donc vraiment il faudrait qu'on y réfléchisse et qu'on pose vraiment les choses clairement et que les entreprises notamment celles qui ont fait des plans pour faire partir les gens à partir de 58 ans pendant la crise du Covid nous expliquent comment on fait pour éviter ça

1:01:56
Présentateur

si Emmanuel Macron touche à la retraite il prend des risques pour les élections est-ce moins vrai pour l'assurance chômage ?

1:02:03
Invité

il n'en prend pas beaucoup parce que les chômeurs ne se mobilisent pas ce n'est pas une entité encore vous avez pour les retraités les régimes spéciaux vous avez des syndicats c'est organisé sur les 6 millions de personnes inscrites à Pôle emploi un certain nombre travaillent un certain nombre sont dispensés c'est une population très hétéroclite vous avez des jeunes des vieux c'est très difficile à mobiliser et puis il y a quand même un fond de vous regarder les enquêtes d'opinion sur s'ils ne trouvent pas de travail c'est qu'ils l'ont bien cherché encore plus en ce moment où on n'arrête pas d'entendre qu'il y a par exemple 1 million d'emplois non pourvus sur le site de Pôle emploi c'est le type qui ne veut pas travailler ou la dame qui a Pôle emploi c'est qu'elle ne veut pas travailler donc il y a quand même par rapport aux chômeurs l'image qu'il y a dans l'opinion fait que c'est beaucoup plus facile de réformer en revanche juste un point la réforme qui est proposée là ne va pas régler tous les problèmes d'embauche c'est pas parce que vous réformez il y a un vrai problème d'adéquation entre les compétences des gens ce qu'ils savent faire et puis les besoins réels et c'est pas le fait de réduire les indemnités qui forcément

1:03:07
Présentateur

vont aider à ça on rappelle que tous les syndicats pas le MEDEF mais les autres syndicats étaient très remontés contre la réforme de l'assurance chômage et qu'ils ont bataillé justement pour qu'elle ne se fasse pas et que ça n'est pas fini qu'est-ce qui explique cette prévision de croissance à 6,25% ?

1:03:23
Invité

Sophie Ferre c'est la chute qu'on a eue avant et donc on rattrape une grande partie du retard qu'on a perdu et puis c'est une chute qu'on a eue sans destruction des capacités de production et sans crise du système financier c'est-à-dire qu'aujourd'hui l'argent à 0% permet à tout le monde d'avoir des projets d'investissement ambitieux et les banques financent les banques prêtent donc

1:03:42
Présentateur

un second quinquennat serait-il suffisant à Emmanuel Macron pour achever sa transformation de la société française ?

1:03:48
Emmanuel Macron

c'est ce qu'il va nous expliquer sans doute lorsqu'il se présentera officiellement mais il est déjà plus ou moins en campagne le fait de relancer comme ça à forme d'attrait on voit bien que le président est devenu le président candidat

1:03:58
Présentateur

merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 23h50 vous pouvez retrouver C'est dans l'air quand vous voulez en podcast et demain vous retrouvez Axel de Tarlay tout de suite c'est à vous d'avoir regardé cette émission