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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 19 novembre 2021 26 minContradictoireActualité / polémiqueSantéEurope & internationalImmigration & asileInstitutions & élections

Licences de pêches, libertés publiques en Europe... Le "8h30 franceinfo" de Stéphane Séjourné

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteRéponse directe

    La France n'imposera pas de confinement aux non-vaccinés ?

  • 0:25OuverteRéponse partielle

    Ça veut dire qu'en l'état actuel, il n'y a pas besoin de nouvelles mesures en France ?

  • 1:16RelanceRéponse partielle

    Vous dites que la cinquième vague est très dure ailleurs. Ça veut dire qu'aujourd'hui tout va bien en France ?

  • 2:10OuverteRéponse directe

    Des mesures au sein des institutions européennes ? Suspension des plénières à Strasbourg ?

  • 2:48OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça doit être généralisé à l'ensemble des citoyens européens ? Restrictions de circulation ?

  • 3:12RelanceRéponse directe

    Certains pays veulent passer au pass vaccinal. Ce n'est pas le cas de la France ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35Invité politiqueChiffre
    « En Pologne, il y a 270 décès hier soir. »
  • 0:42Invité politiqueChiffre
    « En Allemagne, y compris en Roumanie, 350 morts hier. »
  • 0:58Invité politiqueChiffre
    « La couverture vaccinale qui est quand même 10 points supérieure à la moyenne européenne aujourd'hui. »
  • 3:48Invité politiquePromesse
    « C'est très important que l'ensemble des gens qui soient éligibles aujourd'hui à la troisième dose puissent la faire. »
  • 5:23Invité politiqueChiffre
    « On a les meilleurs chiffres de croissance de la zone euro et de l'Union européenne. »
  • 9:35Invité politiqueFait
    « Cette indemnisation a été déjà prévue au moment de la négociation avec les Britanniques sur le Brexit. »
  • 9:58Invité politiqueFait
    « Pour moi, le Brexit est de toute façon « lose-lose », comme on dit à Bruxelles. C'est perdant-perdant. »
  • 12:01Invité politiqueFait
    « L'accord Brexit, c'est l'accord entre l'Union européenne et la Grande-Bretagne. Pas entre la France et la Grande-Bretagne. »
  • 12:47Invité politiqueFait
    « À la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, on a une situation qui est quand même très très particulière. »
  • 13:21Invité politiqueFait
    « Le président de la République a eu au téléphone Vladimir Poutine, qui a joué de son influence sur le dirigeant biélorusse. »
  • 20:30Invité politiqueChiffre
    « La Pologne a touché entre 2008 et 2020 à peu près 150 milliards d'euros de l'Union européenne. »
  • 21:01Invité politiqueFait
    « Les sanctions, elles ne sont pas faites pour être appliquées. Elles sont faites pour que les pays respectent et aient peur des sanctions. »
  • 23:33Invité politiqueFait
    « La méthode du président de la République a toujours été la même : le rassemblement, l'élargissement, le dépassement. »
  • 24:59Invité politiqueFait
    « Le décompte du temps de parole, c'est un verrou démocratique. »

Temps de parole

  • Stéphane Séjourné66 %
  • Présentateur13 %
  • Intervenant12 %
  • Présentateur 28 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Présentateur

Bonjour Stéphane Séjourné. Bonjour. La cinquième vague est en train de déferler sur l'Europe et les pays imposent des digues les uns après les autres, l'Autriche, l'Allemagne. Mais la France, elle n'imposera pas un confinement aux personnes non vaccinées, confirme ce matin Emmanuel Macron dans la Voix du Nord. Ça veut dire qu'en l'état actuel de la situation sanitaire, il n'y a pas besoin de nouvelles mesures en France ?

0:30
Stéphane Séjourné

Déjà, il faut que vos auditeurs aient conscience que la cinquième vague est très dure ailleurs en Europe. Je regardais d'ailleurs les chiffres en arrivant sur votre plateau ce matin sur les décès. En Pologne, il y a 270 décès hier soir. En Allemagne, y compris en Roumanie, 350 morts hier. Donc le Covid continue à tuer partout en Europe. Ce qui différencie la situation évidemment française, c'est qu'on a pris des mesures très tôt avec le pass sanitaire notamment.

Et puis la couverture vaccinale qui est quand même 10 points supérieure à la moyenne européenne aujourd'hui, ce qui nous protège d'éventuelles autres répercussions qu'on devrait avoir sur les restrictions que certains autres pays sont amenés à faire maintenant, là où nous on les avait pris il y a quelques mois.

1:16
Intervenant

Mais vous dites que la cinquième vague est très dure ailleurs en Europe. Ça veut dire qu'aujourd'hui tout va bien en France ou vous dites qu'il y a un homme vigilant ?

1:21
Stéphane Séjourné

Je ne dis pas que tout va bien en France parce qu'on voit évidemment que les contaminations continuent à augmenter. Il faut être très vigilant partout en Europe. Au Parlement européen, on est en train déjà de réfléchir à un mode de travail un peu différent au vu de la situation sanitaire dans les 27 États membres. Donc il y aura évidemment des mesures qui seront prises pour justement éviter un effet de contamination alors que 27 États membres se rejoignent tous dans la même salle et dans les mêmes configurations de travail.

Par contre, là où on peut regarder la situation française avec un petit peu de différence de la situation des autres pays, c'est que les mesures ont été prises très tôt avec le pass sanitaire. La couverture vaccinale est très importante. Maintenant, il faut travailler sur la troisième dose et c'est ça qu'il faudra amplifier dans les prochains jours et dans les prochains mois.

2:10
Présentateur

Juste sur d'éventuelles mesures au sein des institutions européennes, ça peut vouloir dire à nouveau la suspension des plénières à Strasbourg ?

2:16
Stéphane Séjourné

Non, pour l'instant non. On y travaille justement que le Strasbourg reste évidemment. Après, il y a un travail qui est fait pour voir si on ne peut pas faire en hybride un certain nombre de travail parlementaires. Vous savez, depuis maintenant 18 mois, on travaille à la fois en commission parlementaire avec des outils numériques nouveaux. Donc il faudra peut-être prolonger évidemment ces outils numériques pour permettre justement aux collègues qui peuvent moins se déplacer, vu l'état sanitaire dans leur pays, de rester quand même connectés et d'avoir ce travail démocratique.

2:48
Intervenant

Ça vaut pour les députés européens. Est-ce que ça doit être généralisé à l'ensemble des citoyens européens ? Est-ce qu'il faut envisager des restrictions de circulation à l'intérieur de l'espace Schengen ?

2:58
Stéphane Séjourné

Non, à ce stade, ce n'est pas le cas. On a un système qui est très efficace qui est le pass sanitaire. D'ailleurs, je l'utilise dans tous mes déplacements en Europe. Il est valable partout. Tous les Français peuvent l'utiliser. Et donc pour l'instant, ce système fonctionne.

3:12
Intervenant

Mais certains pays en Europe veulent passer au pass vaccinal, veulent faire la différence entre les personnes qui présentent un test négatif et les personnes qui sont vaccinées. Ce n'est pas le cas de la France.

3:21
Stéphane Séjourné

Non, à ce stade, on reste sur le pass sanitaire. Ce pass sanitaire, il a montré son efficacité à la fois. Les gens se sont vaccinés très largement pour en bénéficier. Il y a encore beaucoup de convictions à faire sur les résistances qui restent encore dans les catégories qui ne sont pas encore vaccinées. Donc il y a beaucoup de pédagogie encore à faire sur le peu de personnes qui ne sont pas vaccinées. Et puis il y aura cette troisième dose où, je le dis à vos auditeurs, c'est très important que l'ensemble des gens qui soient éligibles aujourd'hui à la troisième dose puissent la faire.

On voit bien dans la situation des États membres qui sont en retard sur la vaccination, comment ça peut peser sur l'économie, peser sur nos vies et les restrictions qui peuvent en avoir lieu.

4:03
Intervenant

Franchement, Stéphane, ces journées, est-ce que vous demandez aux Français qui se projettent peut-être déjà dans les vacances de Noël de regarder où ça va bien, où ça ne va pas bien et peut-être de renoncer à leur voyage à l'étranger s'ils avaient prévu d'aller dans des pays où la situation est moins bonne qu'en France ?

4:15
Stéphane Séjourné

Non, pour l'instant, je n'irai pas là-dessus. La situation sanitaire, elle est maîtrisée en France. L'épidémie dans certains pays européens qui augmente et la cinquième vague qui est importante, je disais le nombre de décès dans un certain nombre de pays, est liée notamment à une épidémie des non-vaccinés. Donc à partir du moment où vous êtes vacciné, que vous avez vos rappels qui sont à jour, je pense qu'il n'y a pas de sujet à se faire et de soucis à se faire.

4:41
Présentateur

Vous parliez de la troisième dose du vaccin qui est pour l'instant limitée en France aux 65 ans et plus. Emmanuel Macron explique ce matin dans La Voix du Nord, il n'est pas encore temps de baisser cet âge. En revanche, il dit que si on le faisait, ça lirait à nouveau le pass sanitaire. Il faudrait la troisième dose pour avoir un pass sanitaire valide. Ça, c'est le sens de l'histoire selon vous ?

5:01
Stéphane Séjourné

Oui, je pense que maintenant, vu que l'outil est efficace, qu'on fait preuve aujourd'hui de beaucoup de responsabilités. Vous savez, le pass sanitaire, ce n'est pas quelque chose qu'on souhaite à Vitam Eternam, mais dans la situation actuelle, c'est le meilleur outil pour garder notre économie ouverte, pour garder justement un certain nombre d'activités et la vie aujourd'hui en France qui a repris. Notre économie se porte bien, on a les meilleurs chiffres de croissance de la zone euro et de l'Union européenne. Donc, en tout cas, cet outil est à la fois efficace pour redonner des libertés aux Français et en même temps pour faire repartir notre économie.

Donc, je pense qu'il faut le garder et il faut le lier effectivement à une couverture vaccinale qui soit complète, y compris pour ceux qui ont à faire une troisième dose.

5:44
Présentateur

Donc, il faut commencer à baisser les âges. À quel moment est-ce qu'il va falloir commencer à dire ?

5:48
Stéphane Séjourné

Ça, ce n'est pas à moi de le dire. Je ne suis pas médecin, je ne suis pas épidémiologiste. Donc, ça a été notre grille de lecture depuis le début. On a fait référence systématiquement aux médecins et à ce que nous disait la communauté scientifique. Je pense qu'il faut continuer dans ce sens.

6:03
Intervenant

Ce n'est qu'une décision scientifique, ce n'est pas une décision politique. On sait que par le passé, Emmanuel Macron a pu aussi s'affranchir des recommandations de quelques médecins en disant qu'il y avait des contradictions entre eux. Là, vous vous dites sur la troisième dose. Si les médecins disent qu'il faut la troisième dose pour tous, le président suivra. Ce ne sera qu'une décision scientifique, qu'une décision sanitaire.

6:22
Stéphane Séjourné

La décision sanitaire, elle est liée à l'immunité, en tout cas, que les uns et les autres peuvent avoir. Et à priori, les médecins nous disent qu'il y a une baisse d'immunité à partir d'un certain temps, qu'il faut une dose de rappel, de boost, comme on dit. Et donc, s'il faut cette dose de boost et de rappel pour continuer à protéger les Français, il la faudra. Et ce n'est pas un enjeu, évidemment, politique pour nous. L'enjeu politique, et la décision politique, ça a été de mettre en place le pass sanitaire. Ça, c'était une décision politique.

D'ailleurs, on voit que par rapport aux pays qui ne l'ont pas mise en place, aujourd'hui, on sait vite, à ce stade, une cinquième vade qui est mortelle dans un certain nombre d'États membres.

7:00
Présentateur

Mais il y a encore des mesures qui sont prises localement, y compris en France. Par exemple, le retour du masque à l'extérieur, dans certains départements, avec des arrêtés préfectoraux, ou dans certaines communes, comme l'expliquait tout à l'heure Daniel Fasquel, le maire des Républicains du Touquet, sur France Info. On va également vers ça, des mesures qui peuvent être prises localement ?

7:18
Stéphane Séjourné

Localement, si les maires, en accord avec les préfets, décident de mesures complémentaires, ça doit se discuter avec l'État. Mais évidemment, tout ce qui est fait pour protéger les citoyens à ce stade doit être fait.

7:29
Présentateur

Stéphane Séjourné, on va parler de l'actualité européenne dans un instant avec vous, puisque vous êtes à la tête de la troisième force politique au Parlement européen. D'abord, un coup d'œil sur le fil Info, à 9h moins 20, c'est avec Diane Ferschit. Les négociations continuent avec Londres. On va se battre jusqu'au bout, assure ce matin la ministre de la Mer, Annick Girardin. Elle affirme que le plan d'indemnisation évoqué hier n'a rien de nouveau. Un plan d'indemnisation pour les bateaux, qui n'auraient pas de licence pour pêcher dans les eaux britanniques, interprétées comme une capitulation par les pêcheurs français.

Dans la Voix du Nord, Emmanuel Macron revient sur la crise migratoire entre la France et la Grande-Bretagne. Pour le chef de l'État, il faut renforcer la collaboration entre Londres et Paris. Emmanuel Macron qui se rend dans les Hauts-de-France à partir d'aujourd'hui. Autre crise migratoire évoquée par le président, celle qui se joue à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. L'Europe doit maintenir la pression sur Minsk, selon Emmanuel Macron. Emmanuel Macron qui exclut aussi tout confinement des non-vaccinés. Alors que la France fait face à la cinquième vague de Covid, 13 500 nouveaux cas en moyenne sur une semaine.

Le nombre de patients en télanimation augmente également près de 200 de plus par rapport à la semaine dernière. Et puis 22%, c'est l'augmentation record de la déforestation en Amazonie brésilienne. En un an, plus de 13 000 km². Une déforestation en hausse pour la troisième année de suite depuis l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro. France Info.

8:51
Intervenant

Aujourd'hui, Emmanuel Macron est en déplacement dans l'Aisne et dans le Nord avec aucune étape prévue dans le Pas-de-Calais ou en tout cas ce n'est pas dans le programme officiel. Deux dossiers gâchent en ce moment la relation franco-britannique et la question de l'immigration et on va y revenir. Mais si vous le permettez, un mot d'abord sur la pêche. Le gouvernement annonce une indemnisation pour les pêcheurs qui ne pourront plus travailler à cause du Brexit. Ces pêcheurs, tout comme les élus locaux, les élus bretons, des élus du Nord-Pas-de-Calais, expriment leur fureur. Ils y voient une défaite de la France, un renoncement.

Est-ce qu'ils ont mal compris ou est-ce que Paris baisse les bras ?

9:29
Stéphane Séjourné

D'abord, cette indemnisation a été déjà prévue au moment de la négociation avec les Britanniques sur le Brexit. C'est ce qu'on appelle le fonds de compensation Brexit qui a été prévu par l'Union Européenne pour compenser un certain nombre de mécanismes qui pourraient mal se passer dans la négociation. Ça, c'est l'annonce de la ministre. Mais ça ne veut pas dire que les négociations ne continuent pas avec, évidemment, la Grande-Bretagne. Il y a une solidarité européenne qu'il faut qu'on nous construise.

9:55
Intervenant

On ne s'est pas fait avoir. On n'est pas en train de dire « bon, c'est pêcheurs qui n'ont pas eu leur licence ».

9:58
Stéphane Séjourné

Pour moi, le Brexit est de toute façon « lose-lose », comme on dit à Bruxelles. C'est perdant-perdant. C'est perdant-perdant pour tout le monde. On le sait. Aujourd'hui, il y a des manifestations en Grande-Bretagne contre le gouvernement. À la fois, les pêcheurs britanniques ne sont pas satisfaits, les pêcheurs français ne sont pas satisfaits, mais c'est la conséquence de la sortie de l'Union Européenne. Vous dites qu'il y aura de la caisse des deux côtés. Donc, à la base, notre philosophie a été à la fois de compenser s'il y avait, évidemment, des difficultés. C'est le fonds de compensation du Brexit. Mais en même temps, la négociation devra encore avoir lieu.

Il y a encore une négociation sur 200 licences qui doivent être octroyées par la Grande-Bretagne.

10:40
Présentateur

Vous y croyez encore, puisqu'on a l'impression d'être mené en bateau, si j'ose dire, par les Britanniques ? Emmanuel Macron, ce matin, dans La Voix du Nord, parle même d'un pays qui oscille entre partenariat et provocation. On peut discuter avec un tel partenaire ? En tout cas, il ne faut jamais faire confiance à Boris Johnson.

10:57
Stéphane Séjourné

Moi, en tout cas, c'est la leçon que je retiens de tous ces accords. Et il ne faut pas créer une jurisprudence sur la pêche. Je le dis aussi aux 27 États membres. Ce n'est pas que la France, mais sur tous les domaines de négociation qu'il y a eu avec le Brexit. Il faut absolument que les accords soient tenus par les Britanniques. Parce que sinon, on va créer des jurisprudences dans tous les autres secteurs. L'Europe n'est pas assez ferme. Et donc, il faut être ferme, mais il faut être ferme à 27. Et donc, il faut que la Commission européenne aussi nous aide à tenir ces accords. Et donc, ça va être notre objectif.

J'ai dans mon groupe politique Pierre Carleskine qui en pointe sur ce sujet-là, qui travaille avec la Commission européenne pour justement débloquer les choses. Il faut que la France soit ferme dans la discussion. Les accords doivent être tenus, mais la discussion continue. Et en même temps, il faut qu'on arrive à prévoir des éléments de compensation si jamais, sur le volontariat, les pêcheurs souhaitent indemniser.

11:51
Présentateur

La France est seule, d'après vous ? Elle n'est pas soutenue par la Commission ?

11:55
Stéphane Séjourné

C'est ce que vous dites ? C'est ce que je vous dis. L'organisation collective est fondamentale pour tenir ces accords Brexit. L'accord Brexit, c'est l'accord entre l'Union européenne et la Grande-Bretagne. Pas entre la France et la Grande-Bretagne. Donc, il faut qu'on positionne cette négociation au niveau européen.

12:10
Intervenant

D'un mot, quand vous dites que les discussions se poursuivent sur les licences de pêche, ça veut dire que la question des mesures de rétorsion est encore sur la table ?

12:16
Stéphane Séjourné

Je pense qu'il faudra interroger le ministre là-dessus. Et je pense qu'il ne faut rien écarter à ce stade. Les discussions doivent continuer, mais elles doivent continuer dans l'apaisement et dans la négociation.

12:26
Présentateur

Un autre point de tension entre France et Royaume-Uni, c'est le sujet des migrations avec une vingtaine de milliers de personnes qui ont traversé la Manche. Il y a des tensions également à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Tout ça, ce sont des questions éminemment européennes. Là aussi, l'Europe doit parler d'une seule voix. Et est-ce que c'est le cas avec la situation à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, d'après vous ?

12:47
Stéphane Séjourné

À la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, on a une situation qui est quand même très très particulière, qui est en réalité une opération de déstabilisation des opinions publiques européennes. Une espèce de théâtre, de plateau télé qui a été organisé avec des pauvres gens qui ont été mis là et qui sont des pions.

13:03
Présentateur

Et par qui ? Par la Biélorussie ? Par la Russie de Vladimir Poutine ?

13:06
Stéphane Séjourné

Évidemment, c'est la Biélorussie qui les a fait venir. D'ailleurs, le départ commence à être opéré, puisqu'il y a des discussions bilatérales qui ont eu lieu. Le président de la République a eu au téléphone Vladimir Poutine, qui a joué de son influence sur le dirigeant biélorusse. Et il y a eu des premiers retours, notamment en Irak. Justement, pour apaiser les choses et faire redescendre la pression. Mais on connaissait d'ailleurs l'ingérence via les réseaux sociaux, via les tweets, via les fake news.

Mais on ne connaissait pas du tout l'ingérence et la manipulation des opinions publiques via un plateau télé organisé à la frontière, avec des images qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux et sur les chaînes télé, qui sont d'ailleurs des images qui sont exclusivement tournées par les Russes. Et donc, ça interroge la manière dont on traite ce sujet. C'est une nouvelle forme de manipulation des opinions publiques. Pourquoi ils ont fait ça ? Parce qu'ils veulent montrer qu'il y a une invasion migratoire à la frontière de la Pologne, qui n'était pas un point de passage à la base.

Donc, ça, il faudrait faire très attention à ce que ces méthodes d'ingérence nouvelles ne soient traitées comme des méthodes d'ingérence et pas comme de l'information pure et dure.

14:19
Intervenant

Pour vous, c'est de l'ingérence ? C'est-à-dire, c'est pour peser sur des élections ? C'est pour peser sur des choix à l'intérieur des citoyens européens ?

14:26
Stéphane Séjourné

Il y a une volonté du président biélorusse de revenir dans le concert des nations et de discuter avec les uns et les autres et de se remettre en scène via le rapport de force. C'est sa manière d'opérer un rapport de force en touchant aux opinions publiques européennes. Mais il ne faut pas qu'on rentre là-dedans. Il faut faire qu'on fasse très attention, y compris de la manière dont on traite médiatiquement ce sujet-là. Il y aura un rétexte à faire et un retour sur expérience.

14:51
Présentateur

Un rétexte et un retour sur expérience.

14:52
Stéphane Séjourné

Pour éviter qu'on soit manipulé systématiquement. Vous savez, plus on va vers l'Est, plus ces images ont tourné en boucle. C'est à l'échelon de 500 millions d'Européens. 500 millions d'Européens, ça a pu déstabiliser un certain nombre d'opinions publiques, radicaliser les gens et donner des fausses informations. Il n'y a pas de vague migatoire du côté de la Pologne aujourd'hui. Il y a une manipulation de la part d'un gouvernement. Il faut qu'on y réponde politiquement.

15:21
Intervenant

Emmanuel Macron s'est entretenu d'ailleurs hier avec le président et le Premier ministre polonais. Il a exprimé la pleine solidarité de la France. Est-ce qu'aujourd'hui, est-ce qu'à l'heure où on se parle, la crise, cette crise-là en tout cas, est derrière nous ?

15:31
Stéphane Séjourné

Je ne pense pas qu'elle est derrière nous. Il faudra faire attention d'ailleurs qu'il n'y en ait pas d'autres. Mais on voit bien qu'il y a une désescalade à ce stade.

15:38
Intervenant

Il peut y avoir d'autres conflits à d'autres frontières ?

15:39
Stéphane Séjourné

Il peut y avoir d'autres conflits du même type. Ça peut revenir y compris sur la frontière polonaise avec la Biélorussie. Maintenant, il faut, y compris qu'on ait des réponses assez claires, au retour éventuellement du HCR, du Haut Commissariat aux réfugiés du côté de la Biélorussie. Parce que pour l'instant, personne ne parle avec le régime biélorusse. Suppression de ces flux pour éviter d'être manipulé, ce que je disais à l'instant. Il faut des sanctions, notamment une discussion avec les compagnies aériennes qui viennent acheminer ces migrants du côté de la Biélorussie.

16:14
Intervenant

Des sanctions sur les compagnies aériennes ou sur la Biélorussie ?

16:16
Stéphane Séjourné

Sur la Biélorussie et discussion avec les compagnies aériennes, évidemment. Et puis, il faudra protéger aussi notre frontière européenne, puisque la frontière polonaise, c'est la frontière européenne aussi. Y compris en construisant un mur, comme on veut le faire. On a proposé au niveau européen d'aider les Polonais. On a des mécanismes pour ça. On a Frontex qui doit être déployé.

16:38
Présentateur

Mais les aider à construire un mur ?

16:40
Stéphane Séjourné

Le sujet du mur, je pense que c'est un faux débat. Ce n'est pas un débat européen. C'était un débat, d'ailleurs, qui était interne à la Pologne. C'est la frontière de l'Europe. J'étais en Pologne il y a une semaine, au contact des oppositions polonaises. Et ce débat est un débat politique interne à la Pologne. Je pense que l'Union européenne ne doit pas rentrer là-dedans. On a des mécanismes pour aider les Polonais. On a Frontex, on a des agences qui nous permettent, justement, comme on l'a fait avec la Grèce, comme on l'a fait avec l'Italie, qui nous permettent de déployer en moyen et en matériel pour défendre la frontière européenne.

Et c'est ça qu'il faut qu'on fasse dans les prochaines semaines.

17:16
Présentateur

Stéphane Séjourné, président du groupe Renew au Parlement européen, la troisième force politique à Bruxelles. Vous restez avec nous. On va parler de la présidence française de l'Union européenne qui arrive au 1er janvier. D'abord le fil info à 9h moins 10, Diane Ferchit. Et la France n'imposera pas de confinement aux personnes non vaccinées. C'est ce qu'assure Emmanuel Macron dans un entretien donné à la Voix du Nord. Le chef de l'État se déplace pour 4 jours dans les Hauts-de-France. Emmanuel Macron qui affirme également attendre l'avis des autorités sanitaires avant de prendre une décision sur une éventuelle généralisation de la dose de rappel du vaccin.

Et en Autriche, où les non vaccinés doivent rester chez eux depuis lundi, c'est toute la population de deux régions qui s'apprête à être reconfinées. La Haute-Autriche et Salzbourg, inquiétude également en Allemagne record hier de 65 000. Nouveau cas en 24 heures. Angela Merkel annonce des restrictions pour ceux qui n'ont pas eu d'injection là où les hôpitaux sont débordés. 8,1% c'est le taux de chômage au troisième trimestre selon l'INSEE. Un taux quasi stable à son niveau d'avant-crise. La Ligue des champions féminines et le PSG se qualifient pour les quarts de finale. En battant 2 à 0 le Real Madrid, les Parisiennes prennent la première place de leur groupe. Prends info.

18:28
Invité

Le 8.30 France Info, Néhila Latrousse, Lorrain Sénéchal.

18:33
Présentateur

Avec Stéphane Séjourné, le président du groupe Rigny au Parlement européen, la France va prendre au 1er janvier la présidence tournante de l'Union européenne pour 6 mois dans un contexte qu'on vient de décrire, celui des tensions à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. C'est presque le pire des contextes, non, pour prendre la présidence de l'Union européenne ?

18:54
Stéphane Séjourné

Non, il faut évidemment dans un moment d'instabilité comme celui-là avoir notre capacité à parler à tout le monde. Le président de la République a commencé d'ailleurs à le faire avec le dialogue avec le président Poutine et l'apaisement. On en parlait à l'instant des sujets biélorusses. Puis on aura des sujets qui seront liés à l'état de droit, aux questions polonaises et hongroises.

19:18
Présentateur

C'est parce que la Pologne est sous le coup de sanctions européennes, une procédure est en cours, parce qu'elle ne respecte pas l'état de droit. C'est une première dans l'Union européenne. Il fallait être ferme tout à l'heure, vous disiez, avec la Biélorussie. Il faut aussi être ferme avec la Pologne.

19:32
Stéphane Séjourné

Oui, je pense qu'il faut peut-être différencier deux enjeux avec la Pologne et la Hongrie sur ce sujet. Il y a les sujets d'état de droit et de démocratie. C'est l'indépendance de la justice. C'est la liberté de la presse. C'est notre capacité à peser sur des fondamentaux de liberté publique qui sont une exigence pour les 27 États membres. Et pour ça, il y a des sanctions qui sont prévues. Aujourd'hui, la difficulté des Européens, c'est qu'une partie de la classe politique européenne a presque plus peur du jeu d'éventuelles chaises vides en Europe, parce qu'en Europe, c'est l'unanimité au Conseil qui prévaut.

Et si un des États membres peut bloquer institutionnellement le travail du Conseil, plutôt que la Pologne ou la Hongrie qui auraient peur des sanctions. Donc il faut qu'on arrive dans ce mécanisme-là à crédibiliser nos sanctions qui, aujourd'hui, n'ont jamais été appliquées. Au moment de la négociation du plan de relance 750 milliards d'euros, il y a un mécanisme d'état de droit qui a été créé, conditionné. La Pologne a touché entre 2008 et 2020 à peu près 150 milliards d'euros de l'Union européenne. Et on est en droit d'exiger un certain nombre d'éléments démocratiques. Vous dites, l'Europe doit être ferme, y compris avec ses membres.

Y compris avec ses membres, et c'est le cas pour la Pologne et la Hongrie. Il faut qu'on arrive à crédibiliser ces sanctions qui peuvent intervenir. Vous savez, les sanctions, elles ne sont pas faites pour être appliquées. Elles sont faites pour que les pays respectent et aient peur des sanctions. Encore faut-il qu'ils aient peur des sanctions. Et puis il y a un deuxième enjeu qui est politique, cette fois-ci. Et c'est pour ça que c'est aussi le rôle des responsables politiques. C'est de se battre contre un gouvernement, des fois ultra-conservateur, qui remet en cause le droit des femmes, le droit à l'avortement, le droit des minorités.

Et ça, on ne va pas sanctionner financièrement, puisque la Pologne est démocratique. Ils ont le droit d'élire les responsables politiques qui veulent. Mais on a le droit de se battre politiquement contre ces gouvernements. C'est le rôle des parlementaires européens, de mon groupe notamment, et de l'aide qu'on peut fournir aux oppositions sur place.

21:40
Intervenant

Stéphane, ces journées, questions courtes, réponses courtes si possible. Est-ce que vous nous confirmez une prise de parole du président en décembre pour présenter les enjeux de cette présidence française ?

21:48
Stéphane Séjourné

Alors, je n'ai pas d'annonce à faire. Je sais que plusieurs dates circulent. En tout cas, ce que je peux vous confirmer, c'est qu'il y aura évidemment la présentation des priorités françaises, comme c'est le cas d'habitude, avant évidemment le 1er janvier. Et puis le président de la République sera dans l'hémicycle européen à Strasbourg le 19 janvier pour présenter aussi l'agenda politique de la France.

22:09
Intervenant

Petite question, qu'avez-vous de prévu, vous, à l'agenda le 28 novembre ?

22:14
Stéphane Séjourné

Ah, et pourquoi cette question ?

22:15
Intervenant

Parce que c'est la date qui a été avancée, évoquée notamment dans la presse, pour le lancement d'une maison commune de la majorité, une sorte de super structure pour rassembler tous les partis qui soutiennent l'action et plus tard, j'imagine, la candidature d'un Emmanuel Macron. Cette date existe ? En tout cas, la maison commune, elle, verra le jour, et a priori, fin novembre ?

22:33
Stéphane Séjourné

Oui, alors pareil, je n'ai pas d'annonce à faire sur le sujet. Je crois qu'il n'y a pas encore eu de communication.

22:38
Présentateur

Ça s'appelle ensemble commun, en tout cas, cette nouvelle maison commune.

22:40
Stéphane Séjourné

En tout cas, ce n'est pas une surprise que la majorité souhaite se rassembler. On le dit depuis maintenant, peut-être quelques années, depuis le début de ce gouvernement et de nos responsabilités, qu'il faut rassembler l'ensemble de la famille politique. Je vais juste vous faire remarquer peut-être quelque chose. Généralement, en fin de quinquennat, c'est plutôt l'inverse qui se produit. C'est-à-dire que c'est le délitement, c'est les majorités face au Pulse. Généralement, les gouvernements se divisent à ce moment-là, à l'arrivée des élections et en fin de quinquennat. C'est l'inverse qui se passe, c'est plutôt une bonne nouvelle, et en tout cas un bon signe.

C'est plutôt les oppositions, aujourd'hui, qui sont divisées. La majorité, elle veut porter son bilan, construire la suite, et donc c'est une bonne orientation. Et moi, j'y suis évidemment très, très, très favorable.

23:28
Intervenant

Ce n'est pas une initiative qui se fait dans le dos du président ? J'imagine qu'il y a l'aval d'Emmanuel Macron pour ce rassemblement ?

23:33
Stéphane Séjourné

La méthode du président de la République a toujours été la même. Le rassemblement, l'élargissement, le dépassement, et donc cette initiative va dans ce sens-là.

23:43
Intervenant

Et ce sera pour préparer la réélection d'Emmanuel Macron ?

23:45
Stéphane Séjourné

En tout cas, je le souhaite.

23:46
Présentateur

Il dit ce matin dans la Voix du Nord, restaurer l'espérance, c'est ce que dit Emmanuel Macron, c'est ce que je porterai. C'est les mots qu'il utilise. Il est quasiment candidat, on y est presque là.

24:00
Stéphane Séjourné

Faudra lui demander, et je pense que ce n'est pas une déclaration de candidature, mais en tout cas, il y a toujours cette volonté, évidemment de notre part, d'être à la fois dans une perspective d'audace sur les politiques publiques qu'on a menées. Vous savez, on avait une mission, c'était de restaurer la confiance, de restaurer aussi une forme de compétitivité française, de moderniser le pays pendant ces cinq dernières années. On a été confrontés à beaucoup d'épisodes pendant ces cinq années entre les crises sociales et la crise sanitaire qui ne nous ont pas permis peut-être d'aller au bout.

Et ça sera l'occasion peut-être pour le président dans les prochains mois d'expliquer ce qu'il veut faire s'il souhaite être candidat.

24:39
Intervenant

Stéphane Séjourné, en juin dernier, vous aviez demandé que le temps de parole d'Éric Zemmour puisse être décompté comme un temps de parole politique et vous avez obtenu gain de cause en septembre lorsque le Conseil supérieur de l'audiovisuel a considéré que sa prise de parole était politique. Est-ce que ce n'était pas une requête contre-productive ? Parce que depuis, Éric Zemmour est partout.

24:56
Stéphane Séjourné

Alors, c'est ce que j'ai essayé d'expliquer justement. Le décompte du temps de parole, c'est un verrou démocratique. Ça permet évidemment aux personnes qui sont décomptées d'être sur l'ensemble des chaînes. Ça a été perçu, cette demande, comme quelque chose de restrictif. Mais c'est quelque chose de démocratique, puisque à la fin, on ne peut pas avoir des chaînes d'opinion en France. Vous êtes ici d'ailleurs soumis à une forme de pluralité. Vous invitez à la fois les oppositions, la majorité. Vous interrogez tout le monde. C'est le cas de l'ensemble des chaînes qui sont sur l'audiovisuel aujourd'hui français. Il y a des règles, le CSA.

Et j'avais juste demandé à ce qu'on applique les règles, puisqu'on était vraiment dans la limite. Il participait évidemment au débat politique. Et ça a été d'ailleurs concrétisé quelques mois après, où lui-même a passé le pas, avec des affiches presque présidentielles un peu partout dans les grandes métropoles. Et puis bientôt peut-être une déclaration de candidature. Après, je laisse à Éric Zemmour le soin de gérer sa communication.

25:57
Présentateur

Stéphane Séjournay, merci beaucoup, président du groupe Rignot au Parlement européen. Merci d'avoir été l'invité du 830 de France Info.

26:03
Stéphane Séjourné

Merci à vous.

26:04
Invité

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