Gauthier Le Bret : "Les alliés politiques des narcotrafiquants sont aussi les alliés des islamistes"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On commence par bonsoir par Grenoble parce que effectivement c'est un adolescent de 14 ans qui a été atteint hier par trois balles une dans le dos et deux dans les jambes tout près d'un point de vente de drogue à Grenoble. Il est toujours dans le coma coma pronostic vital engagé. Ses agresseurs n'ont pas été attrapés.
On sait qu'il y a une enquête en cours. On ne sait pas exactement les circonstances de ce qui s'est passé. On va juste faire le point sur le profil de ce jeune homme parce que encore une fois un jeune homme à 14 ans dans un premier temps, on pensait même qu'il avait 12 ans.
Ce que je disais, ce sont des enfants soldats aujourd'hui qui sont utilisés par les narcotrafiquants. Qui est ce jeune homme qui est entre la vie et la mort ? Le point avec Sabrina Berlimbouillé.
Oui, Laurence, le profil de ce garçon blessé ce dimanche à Grenoble se précise. Déjà, ce que l'on sait, c'est que ce garçon est toujours dans le coma et que son pronostic vital reste engagé. Son identité, elle n'est toujours pas certaine, mais le parquet de Grenoble a communiqué et nous apprend qu'il semblerait qu'il s'agisse d'un mineur de presque 14 ans.
Il serait né en Algérie en 2011. On le retrouve dans les fichiers de police sous diverses identités. Il est connu pour des faits de trafic de stupéfiant en région parisienne et à Grenoble.
Face au policiers, il disait alors être marocain puis algérien et se contredisait aussi sur son année de naissance. En octobre dernier, il avait été contrôlé sur un point de deal en possession de plusieurs drogues dont du cannabis et de la cocaïne. Il devait d'ailleurs se présenter au tribunal pour enfants concernant cette affaire le 10 décembre prochain.
Concernant son parcours maintenant, ce mineur non accompagné a été plusieurs fois hébergé en foyer, foyer dont il a fugué à plusieurs reprises. Je vous rappelle que ce garçon a été touché par trois balles. Des balles qui l'ont blessé dans le dos et dans les jambes.
Il était en arrêt cardio-respiratoire lorsque les secours sont arrivés. Il a pu être réanimé avant d'être transporté au CHU. Le où les auteurs du tir n'ont toujours pas été interpellés.
Merci beaucoup Sabrina. Jean-Castop Covi, vous êtes policier. Ce qui me frappe, c'est le rajonissement de de ces jeunes que l'on retrouve dans ces règlements de compte et qui sont peut-être mêlés au trafic de stup.
Oui, un rajonissement, nous on constate effectivement sur le terrain et en fait il y a même des filières qui nous amènent des des mineurs isolés pour servir justement de chair à canon. il y a une sous-traitance entre guillemets par le narcotrafic parce qu'ils savent que voilà c'est l'angle mort j'allais dire dans la justice les mineurs aujourd'hui on voit bien nous qu' a qu' a un virage qui a été pris et que là-dessus on a du mal le législateur les les magistrats ont du mal à lutter contre cette tendance et ça se rajunit de plus en plus alors oui aux enfants soldat ça fait des années qu'on dit bientôt on leur mett façon on leur met déjà des flingues dans les mains. Ça sera des kalashnikov, des armes de guerre.
Le jour où l'Ukraine aura fini sa guerre avec la Russie, on sait très bien qu'on aura massivement un retour d'armes de ces armes et dans les quartiers. Oui, ça a déjà commencé mais il y en aura encore plus. Donc en fait, c'est qu'est-ce qu'on fait ?
Alors, on améliore effectivement la connaissance du du de des je des stupes. Le but, c'est d'entraver aussi le trafic et après de démanteler les réseaux. Mais aujourd'hui, on est vraiment aujourd'hui, je dis souvent, on est victime d'un système qu'on entretient.
Ça fait des années que de toute façon nous policiers, on tire la sonnette d'alarme. Euh c'est c'était pas la priorité de nos nos hommes politiques. Aujourd'hui, ça le devient parce qu'on est devant le fait accompli et surtout c'est qu'en 2023, il y a des magistrats mexicains qui étaient venus euh nous voir et nous prévenir en disant attention euh nous on a connu ça, ça a démarré comme ça et bientôt vous allez vous faire déborder.
Bon on y est là bientôt on parlera en Europe de francisation. Voilà, parce que parce que ce qui se passe chez nous, oui, mais ça serait la francisation. Ce qui se passe chez nous tous les jours, par exemple dans les quartiers, quand vous interpellez voulez-vous interpeller des délinquents, on vous sort des mortiers d'artifice, on vous tire dessus à coup de mortier, il y a des émeutes et cetera et il y a que dans en France où on voit que il y a des réactions épidermiques et et non pas dans d'autres pays européens frontaliers.
Écoutez, le Bret, qu'est-ce que ça vous inspire ce jeûne de 14 ans entre la vie et la mort ? Ah bah il y a deux phénomènes. Il y a effectivement le le rajonissement des victimes et et des tueurs dans les règlements de compte.
Je me rappelle que quand il y a un narcotrafiquant qui commandite depuis sa cellule à l'isolement euh un assassinat, le tueur est là aussi mineur. Et puis il y a un autre phénomène, c'est évidemment les victimes collatérales. Je pense à Sokaina qui est dans sa chambre et qui prend une balle en pleine tête à Marseille en train de réviser ses leçons.
Je pense à ce petit garçon qui rentre anime du restaurant avec ses parents. Ces gens-là n'ont rien demandé à personne. Ces gens-là n'ont aucun lien avec le trafic de drogue et leur vie s'arrête du du jour au lendemain et il y a des enfants dont qui ne grandiront jamais auprès de leurs parents parce qu'ils ont été tués en marge de règlement de compte sur la mexicanisation.
C'est très important ce que dit Jean-Christophe Couvi parce qu'il y avait une polémique quand Bruno Rotaillot alors ministre de l'intérieur avait dit la France est en voie de mexicanisation. C'est bien des magistrats euh mexicains qui sont venus notamment rencontrer les sénateurs LR et qui ont expliqué attention, vous n'êtes pas encore euh où on en est au Mexique, mais ça a commencé exactement de la même manière. Donc à chaque fois, si vous voulez, on perd euh des heures euh sur le le champ lexical avec des gens qui sont dans des postures et qui sont choqués par tel ou tel mot, c'est directement des magistrats mexicains qui sont venus le dire.
Et le procureur de Marseille, monsieur Besson, qui était ce matin et ben c'est lui qui a fait partie des magistrats convoqués par Éric Dupont Moretti quand il était devant les mêmes sénateurs LR en commission au palais du Luxembourg où il a dit on est en train de perdre le combat la guerre face au narcotrafiquant au lieu de s'attaquer à ce qu'il disait sur le fond il y a Éric Dupont Moretti qui l'a convoqué quand il est venu à Marseille avec le président de la République pour lui passer un savon bah c'est insupportable vous avez raison qu'ady alors on a posé effectivement la question à monsieur Besson est-ce Est-ce que la France est devenue un narco-état ? Est-ce que la France est en voie de mexicanisation ? Écoutez sa réponse.
Non, non, non, nous n'en sommes pas là. En revanche, c'est une vraie menace très forte pour les institutions et il faut juguler ce phénomène et le réduire parce que il a il fonctionne de manière systémique hein. C'est une sorte de contreciété he que nous avons en France.
C'est donc nous devons les pouvoirs publics attaquer et répondre là aussi de manière systémique. Et à Marseille, on est malheureusement par la force des choses un peu en laboratoire. Voilà pour le procureur de la République de Marseille.
Je suis quand même frappé par la différence de diagnostic qu'il pose entre là ce matin et ce qu'il disait il y a quelques mois devant les les sénateurs. Il y a une vraie évolution dans le langage en tout cas. Alors peut-être qu'ils ont remporté des des succès sur le terrain et on s'en félicite mais entre on a perdu la guerre et non du tout on n'est pas du tout sur la mexicanisation un petit c'est généralement cette phrase pourrait être encadrée parce que pour beaucoup de problèmes, on nous répond nous n'en sommes pas là et ensevie dans dans précisément ce qui me ce qui me ce qui me frappe aussi c'est que puisque lorsqu'on parle de narcoétat on parle également du fait que dans ces pays-là il y a des députés qui sont des alliés objectifs, hein, pour reprendre une terminaison de gauche.
Bon, alors ces alliés en fait lorsqueil y a eu la loi, la fameuse loi donc sur les narcotrafic, vous avez vu toute une partie de la gauche qui a qui a présenté cette loi au Conseil constitutionnel dont elle est fie. Voilà cette partie-là. Et ce qui est frappe, c'est que aujourd'hui pour qu'elle soit censuré pour qu'elle soit censurée et que aujourd'hui vous avez un des faires de lance dans qui monsieur Andy Kerbra hein qui est allé acheter de la drogue à un mineur avec des fonds publics avec bah les fonds de l'Assemblée nationale pardonnez-moi et lui il est en train de faire la leçon à la terre entière et donc là pardon on en est pas là mais comme dit Gautier bah oui on y est déjà et les alliés des narcotrans politiquement sont souvent ceux qui sont les alliés les islamistes et quand vous coupez la tête au sens symbolique du terme un narcotrafiqueurant, vous avez un islamiste qui pousse à la place.
Tout ça est souvent lié aussi. On était avec Tibo de Monbrial tout à l'heure, il explique très bien la jonction entre islamiste et et narcotraafiquant. Alors écoutons Thiba de Montbrial qui était euh chez Pascal Pro sur Europa il y a quelques instants.
Vous avez d'un côté une volonté politique exprimée et de l'autre la crainte d'aller trop loin, c'est-à-dire de déclencher dans la répression de l'État contre le narcotrafic euh des des des phénomènes comme un un premier tremblement de terre appellerait des répliques si vous voulez qui aboutiraient à ce que un certain nombre de quartiers ou de groupes dans les quartiers se se soulèvent pour s'opposer et pour casser la détermination de de l'État. Et moi ce qui m'inquiète beaucoup, c'est que je crains que nous arrivions au moment où euh des responsables, des haut fonctionnaires, des élus euh déterminés euh contre dans ce combat euh soit assassinés. Et et le et le problème c'est que ça va faire comme avec l'islamisme.
Si vous avez une ou deux personnalités qui est assassinée, bah vous savez, vous en tuez un, vous en terrorisez 1000. Ouais, c'est vrai ce qu' dit Montbrial. Lesia Guinon les réveillé, je suis pas sûr malheureusement réveillé parce qu'on est en train de prendre conscience, on n pas encore complètement pris et c'est effectivement ça qui va advenir hein parce que le le Pays-Bas se sont réveillés au moment où justement des figures de premier plan ont été assassinées ou menacées comme d'ailleurs la royauté.
Donc il y a il y a effectivement un côté électrochoc. On réalise on commence à réaliser qu'on a perdu des territoires, que ces territoires sont occupés et menacent évidemment notre jeunesse, qu'elle menace notre économie. vous l'avez très bien dit, c'est 5 milliards he 5 milliards d'euros par année qui sont réinjectés dans l'économie et donc ça touche tous les secteurs de l'économie mais probablement aussi de la politique.
Il y a la corruption derrière, il y a des quartiers, il y a des il y a des on va bientôt être dans les élections municipales. Il y a des effectivement il y a des élections où pour avoir la paix, les quartiers vont payer des élus pour être en place. Et donc ça c'est partout.
Et comment est-ce qu'on réenclenche une reprise de ce territoire ? C'est un coup phénoménal et c'est pour ça aussi qu'il est important d'en parler parce qu'en fait la société la société française doit être d'accord derrière le fait de partir en guerre entre guillemets. C'est un c'est un c'est un mot très fort mais ça ça y ressemble fort parce que quand l'Italie est partie en guerre contre la mafia il y a eu des morts.
Il y a eu des morts chez les chez les juges, les policiers. Il peut y avoir d'autres types de morts parce qu'en fait ces mafias, ces réseaux mafieux en fait sont un espèce de syncrétisme entre les mafias italiennes et les narcoses d'Amérique du Sud qui terrorise les familles, pas seulement les représentants politiques ou institutionnels. Et donc ce coût là porté pour la société par la société, il va devoir être discuté effectivement et que chaque français se dise voilà jusqu'où on est prêt à tolérer que la mafia prenne le dessus sur notre vie ou bien on va payer mais c'est un certain tribut qu'il faut être d'accord aussi Christophe Couv la solution elle est dans la fermeté dans l'autorité mais faut remonter les filières faut aller à l'étranger pour aller pter les gros bon conscience réelle c'estàdire on faire vraiment un combat de tous les instants.
Alors, il y a déjà eu un sursaut. Là, on a une coordination, enfin on essaie de de lutter mais en fait, on voit bien que il faut mettre les moyens. Aujourd'hui, on parle pas du tout de ça parce que les moyens à l'Assemblée nationale, c'est pour autre chose.
Mais nous, on se bat en fait effectivement dans la tranchée en fait he, j'allais dire c'est vraiment du corps à corps par rapport à eux. Après, c'est un système de quartier, un système économique de quartier autour qui se structure autour du trafic et souvent qu' un lien géographique communautaire aussi. Vous allez sur de la France et les Albanais, vous allez sur Marseille, il y a la mafia nigériane, il y a aussi la mafia magrébine et cetera.
Enfin, je veux dire tout tout est tout est structuré. Et maintenant la France qui avait longtemps été épargnée un petit peu par les mafias, c'était plutôt ça servait plutôt de base arrière aux mafia italienne par exemple qui venait se mettre un peu au vert en France et qui reparta hors aujourd'hui maintenant c'est structurel. que regardez dans les rues euh il y a des barber shop, il y a des coiffeurs, il y a des kebabs, il y a plein de plein de de de petits commerces comme ça de proximité qui sont qui blanchissent qui blanchissent argent parce que vous inventez effectivement une clientèle et donc vous blanchissez votre argent dedans.
Il y a du BTP, il y a des entreprises bien plus respectables en fait. Alors Jean-Sébastien un tout petit dernier parler des consommateurs parce que évidemment la responsabilité des consommateurs elle est entière. Ah oui, moi je le répète toujours.
Enfin, j'en pense que Latitia sur la société française, mais j'ai l'impression que la société française en réalité, elle va dans l'autre sens. Enfin, la consommation ne cesse de progresser partout dans tous les milieux et dans toutes les régions dans toutes les régions de France. Donc ça n'est pas que une question sécuritaire.
Et quand on voit ces faits divers tragiques, enfin les enfants dont vous avez parlé Gautier ou quand on voit euh ce gamin euh à Marseille, quand on voit ce qui s'est passé aussi euh à Grenoble, mais enfin comment les gens qui se droguent, qui achètent encore de la drogue peuvent-ils le faire sans assumer qu'ils ont aussi du sang sur les mains ? Parce que c'est de ça dont il s'agit. Il n'y a pas de trafic propre, ça n'existe pas.
C'est une illusion. On a réussi à imposer l'idée que prendre le volant en étant en étant ivre était un comportement social répréhensible. Je pense qu'il est grand temps que la et et tous autant que nous sommes et il s'agit pas il y a des vraies addictions, je sous-estime pas la dimension médicale du problème chez certains mais tout le monde n'est pas dans l'addiction.
Il y a quand même beaucoup de comportements récréatif
Marina Ferrari