Canicule : "Une vingtaine de décès" par noyade depuis le début de la vague de chaleur, alerte la ministre des Sports
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Il est 6h21 quand il fait si chaud comme en ce moment. On a tellement envie de se baigner. Mais attention, pas n'importe quand et pas n'importe où. Garonne-Wayad, 13 personnes sont mortes au cours du week-end selon la sécurité civile. Comment empêcher de tels drames ? Que peuvent faire les pouvoirs publics ? Je reçois ce matin la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie Associative. Bonjour Marina Ferrari. Bonjour. Alors ça c'était vraiment le chiffre de la sécurité civile. 13 morts ce week-end. Depuis vous, vous avez eu un autre décompte, si j'ose dire, qui prend compte les 4 jours depuis samedi jusqu'à hier.
En fait nous avons un observatoire qui suit ces épisodes de noyade et qui nous permet d'avoir un niveau d'alerte plus important, qui nous fait état, je n'ai pas encore le chiffre consolidé, mais d'une vingtaine de décès depuis le début du week-end. C'est dire si je viens ce matin rappeler les consignes de sécurité à respecter, parce que ce n'est pas anodin par des épisodes de canicule comme ça d'aller se baigner dans des zones notamment qui ne sont pas surveillées. Quand le thermomètre s'emballe, c'est systématique, le nombre de noyades augmente lui aussi ?
Alors c'est souvent corrélé, parce que c'est vrai qu'on comprend aussi, on a besoin de se rafraîchir, on a envie d'accéder à l'eau, mais voilà, il faut vraiment respecter les zones de baignade qui sont surveillées. C'est la première chose que je tiens à dire, parce qu'on voit par exemple des jeunes qui sont, vous le savez, dans des canaux. Voilà, donc il faut faire très attention au point où l'on va prendre l'eau.
Oui, quand on se baigne dans des lieux naturels, parce que c'est majoritairement dans des lacs, des rivières, des étangs, plus que dans des piscines privées.
Oui, on oublie malheureusement souvent les règles de sécurité qui sont essentielles. Sur la côte atlantique par exemple, vous avez vu que nous avons eu également des noyades, parce qu'on oublie qu'une baïne c'est dangereux, on oublie les gestes essentiels, on oublie de rentrer progressivement dans l'eau aussi. quand le corps subit un tel choc thermique, il faut faire extrêmement attention. Et il faut faire attention à l'alcool aussi, on ne se baigne pas. Il faut faire attention à l'alcool, vous avez raison de le rappeler, merci pour cela.
Alors, on voit quand même que, par exemple, sur la fête de la musique, on n'a pas eu à déplorer d'événements majeurs, ça veut dire que les gens ont quand même été responsables par rapport à la prise d'alcool notamment, mais on sait qu'alcool et baignade, ça fait très mauvais ménage.
Est-ce qu'il est possible de renforcer la surveillance des lieux de baignade en milieu naturel ? Parce que pendant l'été, il y en a beaucoup qui sont surveillés, on ne peut pas avancer avant les congés scolaires ? Il fait très chaud, évidemment, tout le monde a envie de se baigner.
Alors, c'est déjà le cas, et je tiens d'ailleurs à souligner le rôle des collectivités, puisque vous savez que c'est le rôle des collectivités que d'installer les points de surveillance de baignade. C'est déjà le cas, notamment sur la côte atlantique, vous avez vu, où dès le week-end dernier, déjà, tout était mis en œuvre. Donc, je tiens à les remercier, parce que c'est aussi, pour elles, un engagement financier qui est important. Mais que le week-end, pas la semaine ? Alors, si, il y en a, ça y est, c'est mis en œuvre. Et bien évidemment, l'État aussi renforce ses moyens d'action complémentaires pour pouvoir à autre rendez-vous.
Par exemple, vous avez vu qu'il y a déjà plusieurs semaines maintenant, la préfète de Gironde a pris, notamment, un arrêté préfectoral pour mobiliser davantage le SDIS, donc les services d'incendie et de secours, et puis les hélicoptères également de la sécurité civile
pour pouvoir intervenir le plus rapidement possible. Mais il y a quand même beaucoup de municipalités qui expliquent qu'elles n'ont pas les moyens de former davantage de personnel. La Fédération française des maîtres nageurs-sauveteurs dit qu'il en manque environ 5 000 et qu'il faut les former en urgence. Et cette fédération, elle dénonce l'indifférence des pouvoirs publics.
Alors, bien sûr qu'il y a un enjeu à former davantage de surveillants de baignade. C'est pour cela notamment que nous sommes en train de travailler pour que le brevet national de sauveteurs-secouristes soit refondu pour permettre d'accentuer la possibilité de surveillance. C'est qu'il y a deux niveaux, et donc nous sommes en train de travailler pour adapter pour que juste des jeunes puissent de plus en plus... Alors, si, je vous dis, c'est déjà en train de se déployer, mais c'est vrai que partout sur le territoire, malheureusement, ce sont des métiers qui sont moins attractifs.
C'est pour ça qu'on est en train de refondre également le diplôme pour pouvoir en former davantage, et surtout plus jeunes, qu'ils puissent aussi aller sur des points de surveillance de baignade.
Mais ça ne peut pas s'anticiper davantage des canicules ? Il y en a quand même assez régulièrement, ça fait quand même des années et des années qu'on sait qu'il manque de mettre un nageur-sauveteur.
Alors, nous y travaillons depuis de nombreuses années. Il y a aussi une question d'attractivité de ces métiers sur lesquels nous travaillons beaucoup. C'est pas que c'est pas assez payé, c'est que souvent aussi, ce sont des métiers qui sont assez temporaires, comme vous le savez. Donc, c'est pour ça qu'on s'adresse aussi à une cible beaucoup plus jeune. On travaille notamment au sein du ministère sur une plateforme de l'engagement des jeunes pour mettre en avant ces métiers.
Alors, les noyades, évidemment, ça repose la question de l'apprentissage de la natation à l'école. Et là, le problème, c'est qu'on n'a pas assez de piscines en France. 10% des collèges n'ont pas accès à une piscine. À qui la faute ? Alors, moi, je ne cherche pas à établir des fautes.
En tout cas, une chose est certaine, c'est que nous avons... Non, non, je ne me dédouane pas du tout. Mais une chose est certaine, c'est que nous avons aujourd'hui un problème d'entretien de nos piscines, notamment en milieu rural, avec, je le dis, une inquiétude qui est la mienne, de voir certains établissements aujourd'hui et d'apprentissage de la natation qui ferment. 80% des piscines ont plus de 25 ans. Voilà. Les piscines sont âgées et, bien sûr, il y a des communes qui, aujourd'hui, ne sont plus en capacité d'entretenir ces équipements. Et l'État peut prendre des relais ?
Alors, l'État, depuis de nombreuses années, de toute façon, est aux côtés des collectivités pour financer ces équipements. Je vous rappelle que, dans le cadre de la préparation des Jeux Olympiques de Paris, il y a eu un grand plan de 10 000 équipements sportifs, lesquels ont porté pour partie sur des piscines.
Et donc, dans le cadre des réflexions que nous avons conduits et des orientations que j'ai demandées à l'Agence Nationale du Sport dans ses priorités d'investissement, j'ai demandé à ce que les piscines soient fléchées en priorité, notamment pour la rénovation de celles-ci ou pour la création de bassins mobiles, puisque vous savez qu'aujourd'hui, les bassins mobiles sont des dispositifs qui se développent plus facilement, qui sont moins onéreux et qui permettent d'aller au plus proche des gens,
notamment en zone rurale. Donc, est-ce que vous, là, par exemple, un plan qui permet de dire à telle date, en telle année, tous les collèges de France auront accès à une piscine ?
Alors, non, parce qu'aujourd'hui, si vous voulez, ça dépend de la zone géographique sur laquelle vous êtes. Les collèges, nous avons des dispositifs pour que les enfants apprennent à nager. Donc, c'est ce qui est fait avec l'éducation nationale. Alors, si, en fait, vous prenez un bus, vous vous déplacez, vous savez, je viens d'une zone rurale en Savoie, nos collégiens prennent le bus pour aller à la piscine. Et donc, que ce soit le conseil départemental, que ce soit l'éducation nationale, que ce soit le ministère des Sports, nous mettons en œuvre des programmes et des financements pour que nos collégiens aillent apprendre à nager.
Je vous rappelle qu'à sortie de 6e, 83% des collégiens aujourd'hui savent nager. Donc, c'est parce que nous continuons à investir. Deux plans, je le rappelle. Vous avez l'aisance aquatique pour les enfants en bas âge, pour apprendre, justement, à appréhender le milieu aquatique. Et puis, vous avez le savoir nager que nous continuons à maintenir sans arrêt et sur lequel nous continuons à mettre des financements.
Alors, au-delà de la natation, sport et chaleur, on sait que ça ne fait pas bon ménage. La natation, ça, ça fait du bien quand on est dans l'eau. Mais de manière générale, sport et chaleur, ça ne fait pas bon ménage. Quelle est la consigne de la ministre des Sports que vous êtes ? Pas de sport sous la canicule ? Alors, ce n'est pas pas de sport sous la canicule,
mais en tout cas, c'est d'adapter ses horaires. Voilà, on fait du sport très tôt, quand il y a encore un peu d'air, ou très tard le soir, quand on en a la possibilité. On modère son effort, bien évidemment. On fait très attention aux signaux d'alerte. Je pense une migraine qui se déclenche, par exemple. On boit beaucoup parce qu'on se déshydrate très, très rapidement. Donc voilà. Et puis surtout, quand on n'est pas aguerri, on évite de pratiquer le sport.
Et les compétitions sportives, on les maintient ? Je pense notamment à la finale du Top 14 qui aura lieu samedi au Stade de France.
Alors, les compétitions sportives, quand on est en alerte rouge, beaucoup de compétitions sportives peuvent être annulées. Ça a été le cas ce week-end. Vous avez des mutiques ? Doivent l'être, selon vous ? Alors, ce n'est pas doivent l'être. On regarde au cas par cas, en fonction du type d'intensité sportive qui est demandé. Aussi, de la configuration de l'événement. Par exemple, vous avez la Fédération d'athlétisme qui a annulé plusieurs événements ce week-end et je les remercie, par précaution. Et puis, vous avez aussi des mesures d'interdiction administrative qui ont été prononcées par des préfectures. 29, en l'occurrence, ce week-end, mesures qui ont été prises d'interdiction.
Pour la finale du Top 14, ce sont des professionnels, comme vous le savez. Il y a des mesures qui sont prises, à la fois pour le public, parce qu'il faut penser au public. Donc, on rajoute des fontaines d'eau. On met des points d'ombrage pour que le public puisse se mettre à l'ombre. On rappelle les consignes. Pour les joueurs également, on les hydrate plus régulièrement. Et puis, bien évidemment, pour tout le staff, parce que tout ça, c'est une grosse machine où il y a également des choses qui sont mises en œuvre.
Merci Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie Associative. Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Marina Ferrari