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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 21 mai 2024 21 min

Nouvelle Calédonie : "On est dans une situation critique", assure Patrick Martin, le président du Medef

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Yael Gauze, nous recevons ce matin le président du MEDEF dans le grand entretien du 7-10. Questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Patrick Martin, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin. Réforme de l'assurance chômage, situation économique du pays européenne. Et cette lettre que vous envoyez aujourd'hui au Premier ministre Gabriel Attal. Mais quelques mots d'abord sur la situation en Nouvelle-Calédonie. Les nuits des meutes ont causé, d'après la Chambre de Commerce et d'Industrie de Nouméa, pour près d'un milliard d'euros de dégâts.

On m'a appris ce chiffre ce matin. On parle de 200 entreprises brûlées ou détruites. La présidente du MEDEF de l'archipel, Mim Sidali, évoque des perspectives très sombres pour l'économie et l'emploi. Quelles sont les dernières informations dont vous disposez ce matin ? Quelle remontée du terrain, Patrick Martin ?

1:06
Invité

Je voudrais commencer par vous dire que Mim Sidali, la présidente du MEDEF Nouvelle-Calédonie que vous venez de citer, est emblématique de ce que sont les entrepreneurs néo-calédoniens. Je m'explique. C'est une jeune femme bardée de diplômes qui a une carrière remarquable dans une grande multinationale. Par attachement à son territoire, elle est repartie en Nouvelle-Calédonie pour s'occuper de ses affaires. Et donc elle incarne ce que sont les entrepreneurs néo-calédoniens, qui sont en grande souffrance. Il faut d'abord penser aux morts bien sûr, mais également aux dégâts économiques. Donc nous on est très en soutien, il faut que l'État rétablisse l'ordre public, c'est parti pour.

Et ensuite il va falloir qu'on soutienne ces entreprises. Parce que si la Nouvelle-Calédonie s'effondre également sur le plan économique, avec des destructions d'entreprises, des destructions d'emplois, des pertes de pouvoir d'achat, évidemment ça n'aidera pas à la solution. Je suis en soutien, le MEDEF est en soutien des entrepreneurs néo-calédoniens.

1:53
Présentateur

Est-ce que vous demandez un soutien économique d'urgence de la part de l'État ? Et si oui, sous quelle forme ?

1:58
Invité

D'abord il va falloir qu'on remette en place, à exister dans d'autres circonstances, des dispositifs de chômage partiel. Il va falloir que les dispositifs comparables à celui de catastrophe naturelle soient activés. Les assureurs font leur travail, d'ores et déjà ils sont sur les dossiers. Il va falloir accélérer les procédures parce qu'on est dans une situation effectivement critique, mais y compris sur le plan sanitaire, y compris sur le plan de l'alimentation.

2:24
Présentateur

Vous craignez que les investissements manquent à l'avenir, qu'il y ait un effet repoussoir pour les investisseurs, pour les entrepreneurs, qu'il y ait un retour vers l'hexagone ?

2:33
Invité

Alors c'est possible, singulièrement s'agissant du nickel. On sait tous que la Nouvelle-Calédonie c'est une grande richesse pour la France, détient 20 à 30% des réserves mondiales de nickel, qu'à ce jour, ces réserves ne sont pas exploitées dans les meilleures conditions. Et il faut être très attentif à ce qu'en termes d'autonomie stratégique, de souveraineté, mais également de prospérité du territoire, on ne se désintéresse pas du nickel, mais d'une manière générale, de l'activité économique en Nouvelle-Calédonie.

2:59
Présentateur

Encore un mot dans l'hexagone cette fois, journée noire dans les transports en Ile-de-France, avec cette grève à la veille d'une journée de négociation sur les primes Jeux Olympiques. Est-ce que vous déplorez ce mouvement, ou vous paraît-il légitime quand on sait l'importance qu'auront les transports pendant les JO ?

3:17
Invité

Tout d'abord, je voudrais redire que les entrepreneurs français sont très en soutien des Jeux Olympiques. Il faut en faire une belle aventure pour la France, pour son rayonnement. Ensuite, on n'observe pas dans le privé les mêmes comportements. Je veux dire par là que déclencher une grève alors même que les négociations ne sont pas engagées, c'est assez surprenant pour ne pas dire plus. Alors qu'il y a nécessité parce qu'il y aura plus de travail, parce qu'il y aura des horaires décalés en fonction des épreuves olympiques, qu'il y ait des négociations, pourquoi pas ? Mais une négociation, ça commence par une discussion.

3:48
Présentateur

Oui. Venons-en maintenant à la lettre que vous envoyez aujourd'hui comme président du MNF à Matignon, au Premier ministre Gabriel Attal. Quel est le sens de votre démarche dans laquelle vous reconnaissez, pour commencer, que la France, incontestablement, je lis cette lettre, se porte mieux, par exemple sur le front du chômage ou de l'apprentissage. On est en pleine lune de miel, Medef, gouvernement, vous êtes pro-Attal ?

4:12
Invité

Alors d'abord, j'ai décidé d'envoyer cette lettre parce que j'étais en fin de semaine dernière à Rome, dans le cadre du B7. Qu'est-ce que le B7 ? C'est la réunion des sept plus grands patronats mondiaux, dont le patronat français, bien sûr, en préparation du G7, qui se tiendra lui-même à Rome, fin juin, enfin en Italie. Et ce que j'ai constaté à cette occasion, c'est que les autres pays sont d'abord conscients, comme nous le sommes, des grands enjeux environnementaux, sociologiques, démographiques, digitaux, mais prennent les choses en main d'une manière très déterminée, en bonne intelligence entre les pouvoirs publics et les entreprises. C'est le cas en France, il faut que ça le soit plus.

Donc dans cette lettre, je prends acte que beaucoup de choses positives ont été faites, qui se traduisent dans les chiffres, notamment de création d'emplois.

4:51
Présentateur

Vous écrivez que le gouvernement a fait ce que vous demandiez, en fait.

4:54
Invité

Alors, il l'a fait jusqu'à une période récente. On craint un petit flottement à l'heure actuelle, et c'est précisément l'esprit de cette lettre que de dire que le MEDEF, que les 200 000 entreprises adhérentes du MEDEF, de toute taille dans tous les secteurs, sont demandeuses, mais surtout seront en appui de nouvelles réformes sur trois thèmes en particulier.

5:10
Présentateur

Voilà, le redressement est engagé, mais loin d'être abouti, écrivez-vous. Mais les Français ont une durée de travail trop faible, par exemple par rapport à l'Allemagne. Il ne faut pas toucher au crédit d'impôt recherche. Je résume la lettre. Vous fixez un objectif d'un million d'emplois de chercheurs scientifiques et ingénieurs. Vous voulez réduire dette et déficit, décarboner deux fois plus vite tout en continuant à baisser les impôts. Comment tout ça est compatible ?

5:36
Invité

D'abord, ça traduit une vision optimiste et positive de la France, au même moment où tout le monde se convainc qu'elle est en pleine décadence. Donc, les voies de passage existent. Le taux d'emploi, c'est la mer de toutes les batailles. Et effectivement, nous sommes alignés avec le gouvernement de ce point de vue. Si nous rejoignons le taux d'emploi, c'est-à-dire le nombre de personnes qui travaillent par rapport à la population en âge actif, si nous rejoignons le taux d'emploi de l'Allemagne, nous générons 100 milliards d'euros de recettes fiscales et sociales supplémentaires.

Autant vous dire qu'il y a beaucoup de débats qui nous valent de nous entre-déchirer, qui disparaîtraient à la séance tenante. Donc, nous sommes en soutien d'une nouvelle réforme de l'assurance chômage. Si déjà, elle peut reprendre ce sur quoi nous nous étions accordés en novembre dernier avec les syndicats, dont une baisse de cotisation patronale, ça sera pas mal. Il faut avancer sur ce terrain-là. Il faut qu'on aille beaucoup plus loin dans l'orientation et la formation des jeunes. Le MEDAFI est prêt, il a déjà fait des propositions, et ainsi de suite. Il faut évidemment retravailler le sujet des seniors. Là aussi, nous avions fait des propositions.

Malheureusement, la négociation du printemps dernier n'a pas abouti. Voilà, il y a du concret dans ces propositions.

6:35
Présentateur

Restons sur le point dur, l'assurance chômage. On sait que Gabriel Attal devrait l'annoncer au courant de la semaine prochaine. En attendant, nos confrères des Echos nous indiquent que l'exécutif envisage de porter le seuil de travail minimum à 8 mois dans les 20 derniers mois, 8 dans les 20 derniers mois, pour avoir droit à l'indemnisation au chômage. Est-ce que cette mesure, vous la soutenez ?

6:56
Invité

Alors, si le gouvernement reprend la main, il reprend la main. Je veux dire par là que c'est lui qui décidera. Moi, je revois la ministre du Travail, Catherine Vautrin, le 28. Je l'ai vue d'ores et déjà, mais je ne sais pas vous dire à cet instant si c'est cette mesure plutôt qu'une autre qui sera retenue par le gouvernement.

7:13
Présentateur

Cette hypothèse-là, celle que nos confrères des Echos décrivent noir sur blanc, on le redit, 8 sur 20 mois au lieu de 6 sur 24.

7:21
Invité

C'est une option envisageable et elle générerait des économies significatives. Il faudra simplement être attentif à ce que les jeunes qui, par définition, n'ont pas la même antériorité, n'ont pas le même accès à l'emploi, ne soient pas pénalisés par une telle mesure.

7:34
Présentateur

Vous avez dit économie significative. C'est une réforme pour le plein emploi ou pour renflouer les caisses de l'État ?

7:40
Invité

Je pense que c'est avant tout une réforme pour le plein emploi et ce n'est pas par hasard que dans cette fameuse lettre, enfin je dis fameuse, c'est un peu présomptueux, je dis que la réforme de l'assurance chômage sera une des composantes de l'accès au plein emploi.

7:52
Présentateur

Patrick Martin, faut-il, selon vous, garder le caractère contracyclique de la précédente réforme de l'assurance chômage, à savoir réduire la durée d'indemnisation quand le chômage baisse, l'allonger dans le cas contraire ?

8:07
Invité

Écoutez, dans l'esprit, ça nous paraît une bonne mesure, elle est logique d'une certaine manière et je reviens sur l'accord que nous avions signé à l'automne dernier avec les syndicats, il ne remettait pas en cause cette contracyclicité.

8:17
Présentateur

Vous êtes très allant ce matin, Patrick Martin, pourtant quand on se replonge un peu dans les archives, le calendrier de cette réforme, vous ne le trouvez pas un peu précipité ? Le 11 avril, vous déclariez je ne sais pas si cette réforme a un degré d'urgence. Vous le dites toujours là ? Vous dites vite, vite, vite, faisons-la maintenant ?

8:33
Invité

Non, mais je le redis, ce qui conduira au plein emploi, c'est l'activité économique. C'est une composante de l'atteinte du plein emploi, cette nouvelle réforme. On n'a pas encore totalement mesuré les effets des deux précédentes réformes. Et puis surtout, ce que je voulais dire par là, c'est qu'il fallait laisser le dialogue social prospérer. On va arriver à une situation, on y aide, c'est déjà à vous dire, où il y aura une fiction de gestion paritaire de l'assurance chômage, alors que les salariés ne cotisent plus, alors que les entreprises, elles, cotisent. Et en face, un État qui finance pour un tiers l'assurance chômage et qui aurait tous les pouvoirs.

Je pense que notre pays a besoin de stabilité, il a besoin de dialogue. L'entreprise privée reste un lieu assez pacifié. C'est ce que je voulais dire par là. Il ne faut pas que l'État s'approprie toutes les sphères parce qu'il n'est pas omniscient. Et je pense que les partenaires sociaux sont déterminants dans la réussite du pays.

9:27
Présentateur

Alors justement, tous les syndicats ou presque ont rendez-vous à l'Assemblée nationale pour défendre une proposition de loi du groupe Liott pour empêcher le gouvernement de réformer par décret les règles de l'assurance chômage. Trouvez-vous normal que l'État agisse par décret sur un sujet qui relève précisément du dialogue social ?

9:47
Invité

Non mais il y a une logique en ce sens que, je le répète, on n'a pas abouti sur la négociation senior qui d'une certaine manière emportait l'homologation de la convention assurance chômage de novembre dernier. Donc, de ce point de vue, du point de vue juridique, ça n'est pas aberrant. Mais je reviens à ce que je viens de dire. À ce moment-là, il faut que l'État aille jusqu'au bout de son raisonnement. C'est-à-dire que le financement de l'assurance chômage ne soit plus au deux tiers supporté par les entreprises. Je veux dire par là que quand on paye, on doit avoir vos chapitres. Si ça n'est pas le cas, on ne paye plus.

10:14
Présentateur

En même temps, si le gouvernement reprend la main, est-ce que ce n'est pas un peu de votre responsabilité puisque les négociations, on le rappelle, entre partenaires sociaux, ont échoué sur les volets vie au travail et emploi des seniors. La CFDT vous accuse de vous être moquée, je cite Marie-Lise Léon, des salariés en voulant diminuer leurs droits. La responsabilité du MEDEF dans la fin de ce paritarisme.

10:35
Invité

Non, mais par définition, quand il y a un échec, les responsabilités sont partagées. Moi, je ne me livrerai pas à ce petit duel. J'ai du respect pour Marie-Lise Léon. Je ne comprends pas que la CFDT réagisse ainsi. Mais c'est vrai qu'à la fin dans cette négociation, dans la dernière ligne droite, il y a eu des points de désaccord. Je vais vous dire, cette négociation a achoppé parce que les syndicats, finalement, c'était leur droit, demandaient qu'on aménage les régimes de pré-retraite progressive, mais tout ça générait un coût de plusieurs centaines de millions d'euros et ça remettait en cause la réforme des retraites.

Donc, ça dépassait en définitive le champ de la négociation tel qu'il avait été défini. Et puis, nous, on est quand même soucieux de l'équilibre financier des différents régimes. C'est ça qui a fait que...

11:18
Présentateur

Mais vous n'avez pas facilité les choses.

11:21
Invité

Mais moi, je l'avais dit, d'ailleurs, j'étais convaincu qu'on aboutirait à un accord. Et il y a eu de part et d'autre, disons les choses, un raidissement à la dernière minute qui a conduit à cet échec qui est assez grave en définitive.

11:31
Présentateur

Est-ce que cette réforme, Patrick Martin, de l'assurance chômage vise à montrer d'ici au 31 mai à l'agence Standard & Poor's que, dont la notation est la plus influente dans le monde, que la France tient encore ses comptes ?

11:43
Invité

Écoutez, je pense que Standard & Poor's ne découvrira pas la situation de la France d'ici fin mai. Ils la connaissent parfaitement. Moi, je reste constant dans mes convictions. Les agences de notation, comme à vrai dire, toutes les personnes de bon sens prennent en compte quoi ? Le potentiel de croissance, de dynamique économique, de création d'emplois d'un pays. C'est la raison pour laquelle aussi j'ai écrit au Premier ministre en lui disant ne mettons pas le pied sur le frein, accélérons.

12:07
Présentateur

Question sur une galère maintenant qui concerne beaucoup de nos auditeurs et de leurs ados en fin de seconde. Oui, on l'entendait dans le journal de 7h30. Le gouvernement a instauré un stage de deux semaines d'observation obligatoire en entreprise. Ça concerne 560 000 élèves. Mais sur la plateforme d'offres de stage Un jeune, une solution, le compte n'y est pas. Seulement 24 000 offres de stage sont proposées. Est-ce que vous appelez ce matin les entreprises à faire un effort ? Est-ce que le gouvernement était trop ambitieux ?

12:35
Invité

Non, alors ça renvoie complètement à la lettre que j'ai adressée au Premier ministre sur le plein emploi mais également sur l'orientation vers les métiers scientifiques et techniques. Dès l'origine, j'ai soutenu, le MEDEF a soutenu cette initiative. Je rappelle que pour la première fois le ministre de l'Éducation nationale de l'époque, M. Gabriel Attal était venu au MEDEF pour présenter cette réforme et nous y avons adhéré. Après, c'est vrai que les délais sont assez courts et qu'à ce stade on n'a pas encore la volumétrie d'offres de stage.

Mais d'ores et déjà, le MEDEF a fait des campagnes de sensibilisation auprès de ses 200 000 adhérents, a même fait des campagnes de presse sur le thème « Le stage, c'est aussi notre affaire ». Donc on va y arriver. Mais c'est vrai qu'accueillir ex abrupto pour les latinistes très nombreux parmi eux, 550 000 élèves de seconde, ça ne se fait pas d'un claquement de doigts. On va y arriver, il faut se donner un petit peu de temps.

13:24
Présentateur

Laurent, sur l'application France Inter, vous pose la question suivante. Le patronat a appuyé la réforme des retraites. Que comptez-vous faire au MEDEF pour inciter à l'emploi des seniors qui est très peu développé en France ? C'est l'une des exceptions françaises.

13:44
Invité

Alors moi, je suis très optimiste quant à l'augmentation du taux d'emploi des seniors. D'abord parce qu'on a vérifié sur la tranche 55-60 ans que dorénavant, on était même légèrement au-dessus de la moyenne européenne. Il y a un effet mécanique lié au report de l'âge légal de retraite. Donc, les mêmes causes produisant les mêmes effets, on aura une augmentation mécanique sur les 60-65 ans. Ensuite, les entreprises ont besoin des seniors. On a une démographie qui fait que, de toute façon, même les entreprises qui jusque-là n'ont pas forcément eu des comportements très vertueux à cet égard, se devront de les avoir.

Et enfin, dans le cadre de cette négociation senior qui a donc achepé il y a quelques semaines, nous avions fait des propositions très intéressantes, en particulier le contrat à durée indéterminée de fin de carrière qui permettait d'éclairer l'entreprise sur l'âge de départ en retraite du candidat.

14:31
Présentateur

On va passer au standard d'Inter. Jean-Jacques nous appelle de Toulouse. Bonjour, bienvenue.

14:36
Patrick Martin

Oui, bonjour.

14:37
Présentateur

On vous écoute.

14:41
Patrick Martin

Attendez, je crois qu'il faut que j'enlève le haut-parleur. Vous m'entendez correctement ?

14:46
Présentateur

On vous entend parfaitement bien, Jean-Jacques. Vous pouvez y aller.

14:49
Patrick Martin

Oui, je voulais juste poser une question qui dépasse un peu tout le bienfait que fait le MEDES. Je voudrais savoir vraiment à quoi servent les milliardaires en dehors des millionnaires qui, je pense, sont déjà assez satisfaisants. Dans la mesure où, une fois qu'ils ont acquis tout ce qu'ils avaient acquis, il ferait mieux de répartir avant l'argent qu'ils ont parce que, de toute façon, ils le laissent dans les banques comme nous tous. Il faut qu'ils ont leur matelas pour prévoir autre chose. et plutôt que de ne pas répartir l'argent dans leurs entreprises au fur et à mesure, en définitive, ça ne sert à rien à part développer leur égo et puis leur puissance et montrer leur puissance.

15:36
Présentateur

Bien compris. Bien compris, Jean-Jacques. Merci pour cette question. À quoi servent les milliardaires ? Les millionnaires sont déjà largement assez heureux. Patrick Martin vous répond.

15:45
Invité

Alors, quel est le patrimoine des milliardaires ? C'est essentiellement des actifs professionnels. C'est des actions de sociétés qu'ils ont développées qui investissent, qui embauchent, qui payent des impôts. Il faut se sortir de l'esprit, ce n'est pas votre propos, Jean-Jacques, que cet argent d'or sur des comptes bancaires à ne rien faire. Cet argent est investi au bénéfice de l'économie. Donc, à partir de là, je pense que ces gens-là qui ont la chance d'être milliardaires, à vrai dire, qui se sont donnés les moyens et qui ont les capacités d'être devenus milliardaires, ont un rôle économique et social qu'il ne faut quand même pas négliger.

16:22
Présentateur

Venons-en aux élections européennes, Patrick Martin. Mi-avril, vous avez reçu au MEDEF les sept principales têtes de liste, Valérie Ayet, Manon Aubry, Marie Toussaint, Raphaël Glucksmann, Jordan Bardella et Marion Maréchal. Vous avez donc invité les deux candidats d'extrême droite à votre grand oral, un choix que la CFDT n'assume pas jeudi, puisque le premier des syndicats auditionnera les candidats, mais sans Jordan Bardella ni Marion Maréchal. Est-ce que vous comprenez ce choix ou vous assumez de dire qu'il faut parler à tout le monde ?

16:49
Invité

À nouveau, je ne vais pas commenter les positions de la CFDT. Nous, nous avons pris le parti d'inviter tout le monde, y compris l'extrême-gauche, dont je ne vous surprendrai pas en disant que nous ne partageons pas du tout les vues, en tout cas économiques et sociales. Je crois que c'est important pour nos adhérents d'avoir une vision globale des différentes propositions. Je ne vous cache pas qu'on a été éclairés de ce point de vue.

17:11
Présentateur

Jordan Bardella est donné dans les sondages d'intention de vote à au moins 30%. C'est un vote RN qui progresse, on l'a vu dans notre sondage Ipsos, le Parisien Radio France, chez les retraités, ce qui est nouveau, mais aussi chez les cadres, ce qu'il est également. Et jusqu'à 15% de patrons de TPE, très petites entreprises, qui déclarent vouloir voter RN le 9 juin, c'est un sondage IFOP fiducial, cadres, patrons, retraités, comment vous expliquez cette dynamique inédite ? Moi, je reprends

17:38
Invité

votre propre chiffre. 15% des dirigeants de petites entreprises. 20% pour Valérie Ayer ? Je me permets d'ajouter que plus la taille de l'entreprise augmente, moins le soutien au RN est fort. Donc c'est sensiblement moins...

17:51
Présentateur

C'est scientifique ce que vous dites ? Vous l'avez constaté ? Vous l'avez mesuré ? Comment ?

17:54
Invité

On a fait un sondage interne qui corrobore complètement celui qui a été communiqué par fiducial il y a quelques jours.

17:59
Présentateur

Alors pourquoi ? Pourquoi ?

18:01
Invité

Parce que le programme économique et social du RN est pour le moins flou. Donc moi j'ai tendance, nous avons tendance à considérer qu'il est le même que pour les élections présidentielles. Quel est-il ? C'est un programme anti-européen alors que nous sommes convaincus que nous avons plus que jamais besoin de l'Europe, d'une Europe rationalisée, plus ambitieuse, plus pragmatique, mais quand même de plus d'Europe. Et qu'enfin il se traduirait par une augmentation massive des prélèvements obligatoires, quoi que puisse en dire le Rassemblement National. Et à vrai dire, lorsque M. Bardella s'est exprimé effectivement devant nous mi-avril, il n'a pas dissipé les malentendus.

Donc aller au bout de votre logique, vous dites quoi pour le 9 juin ? Ah ben moi je ne vais pas voter tout sauf le RN,

18:44
Présentateur

mais si ce que vous serviez à dire, c'est ça. Jérôme vous le demande sur l'application d'Inter, lancez-vous un appel à voter non à l'extrême droite le 9 juin comme le MEDEF allemand l'a fait.

18:54
Invité

L'AFD n'est pas le Rassemblement National, un petit parentèle.

18:57
Présentateur

Ce sont leurs alliés au Parlement européen.

18:58
Invité

Oui, c'est vrai, vous avez raison de le souligner. Nous ce qui nous importe c'est de savoir si on vote pour les gens qui ont le programme le plus crédible, le plus pertinent, le plus ambitieux sur le plan économique et social. D'évidence, ce ne sont ni les programmes de l'extrême gauche ni les programmes de l'extrême droite.

19:14
Présentateur

Mais vous le connaissez le programme du RN ? Il n'existe pas puisqu'il n'a pas été publié.

19:18
Invité

C'est ce que j'ai dit tout à l'heure, il cultive une large ambiguïté. La publication de ce programme a été annoncée à nombreuses reprises, elle n'a toujours pas eu lieu. Je reprends ce que je vous disais tout à l'heure, on a donc tout lieu de penser que c'est le même programme que celui de Mme Le Pen pour les élections présidentielles auxquelles nous étions opposés parce qu'anti-européens, parce qu'anti-économiques.

19:36
Présentateur

Alexandre, sur l'appli d'Inter, vous parlez de réforme de l'assurance chômage, alors même que nombre de secteurs peinent à trouver des salariés, une partie du problème du chômage serait-elle due à des emplois pas assez payés ?

19:52
Invité

Alors, je pense que la cause principale et sa figure dans les propositions que j'ai faites au Premier ministre, c'est la formation et l'orientation. C'est vrai qu'on a cette espèce de paradoxe choquant entre des difficultés de recrutement et un taux de chômage qui, dans certaines catégories en tout cas, reste très élevé. Après, il y a le sujet des rémunérations. C'est l'occasion pour moi de signaler que les entreprises privées ont fait face à leurs responsabilités et c'est encore plus vrai en 2024 puisqu'il y aura en moyenne des entreprises selon leur capacité mais quand même des gains de pouvoir d'achat.

20:23
Présentateur

Donc, ça rejoint notre auditeur, selon le sondage dont on parlait tout à l'heure, Ipsos, le pouvoir d'achat est toujours en tête des motivations des personnes interrogées à 53% pour ces élections européennes du 9 juin. Quand on voit que le pouvoir d'achat reste une telle préoccupation, est-ce que vous ne dites pas qu'il faudrait augmenter les salaires ? Et si oui, comment ?

20:41
Invité

Et c'est la raison pour laquelle nous avons augmenté les salaires. Il y aura un gain de pouvoir d'achat. Si la trajectoire de baisse de l'inflation se confirme, c'est mon pronostic, il y aura un gain de pouvoir d'achat de l'ordre de 1 à 1,5% en 2024 en moyenne des entreprises du secteur privé. Par ailleurs, nous avons signé avec les organisations syndicales un accord sur le partage de la valeur en 2023 qui devrait être mis en oeuvre. il y a des décrets d'application qui ne sont toujours pas pris. Si on a signé avec les syndicats, c'est bien que en particulier sur l'intéressement, la participation, les prix, mais également les salaires de base, il y a le constat qu'il y a du gras à moudre.

21:16
Présentateur

Merci Patrick Martin d'avoir été au micro d'Inter ce matin et d'avoir dialogué avec nos auditeurs. Merci encore.