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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 25 décembre 2022 39 min

Le grand frisson avec Franck Bouysse

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] dans le cadre de L'Étrange Noël de France Culture on ouvre les portes de notre club de lecture avec et autour l'écrivain Franck Bouys auteur de romans donclaise à la Manufacture des livres en de deux livres en 2017 orpheline aux éditions moisson noir en 2020 il entre cette même année chez Albin Michel pour buveur de vent et revient cette année avec l'homme peuplé un roman qu'on ouvre sur des vers du très grand poète William Butler c'est que je cherche une image et non un livre tout ce dont les écrits sont emplis de sagesse n'ont rien d'autre que le cœur aveugle et Gour bonjour à vous Franck Bouysse bonjour vous êtes auteur de romans mais également scénariste de bande dessinée vous venez de consigner été brûlant à Saint-Hilaire toujours chez Albin Michel une copine comédie campagnarde dans la France du général de Gaulle alors vous savez frangouise on vient d'ouvrir cette ce lundi et pour deux semaines une programmation spéciale sur France Culture jusqu'au 30 décembre L'Étrange Noël des écrivains on entendra la parole de Brigitte Girot de pierre du creuset de faire bouillir ou encore de Lucy Rico des autrices et des auteurs nous donnent pour bienvenue au Book Club chaque jour d'inquiétants conseils de lecture pour faire revivre le fantastique et l'étrange avec des livres tout cela recueilli par Oriane de Lacroix aujourd'hui c'est l'écrivain Franco libanais s'habille goussude qui a été le prix Goncourt des lycéens cette année avec Beyrouth sur scène paru chez Stock qui nous livre sont conseils de lecture [Musique] pour passer un étrange Noël je vous recommande la lecture de la colo de cneller de l'écrivain Edgar cairette publié en français en 2001 ce roman vient tout juste d'être réédité par les éditions de l'Olivier on y suit un jeune homme Rahim qui vient de mettre fin à ses jours et se retrouve dans un au-delà où son parquet tous les suicidés les premiers mois du roman donne le ton deux jours après m'être suicidé j'ai trouvé du boulot ici dans une pizzeria qui fait partie d'une chaîne le kamikaze dans cet univers parallèle qui ressemble presque très pour très au monde dans lequel ils se sont tous tués par des espoirs ou par inadvertance à cause d'un chagrin d'amour ou d'une overdose chez eux ou pendant leur service militaire frame rencontre Harry avec qui il va traîner tout au long de l'histoire ils vont boire des bières avec Kurt Cobain dans un pub dénommé mort subite ils vont tenter de retrouver l'ancienne amoureuse de Rahim dans un road trip sans fin où il prendront une fille en stop qui elle cherche les responsables de ce lieu et au milieu de ce décor glauque l'écrivain Edgar Clairette maîtrise du mour noir comme personne on rit on rit de l'horreur du monde avec ses suicidés qui sont souvent tentés d'en finir une seconde fois [Musique] la première recommandation de lecture celle de sabile gossoub la colo de cneller de Edgar Querret maître de l'humour noir israélien republié en novembre dernier aux éditions de l'Olivier vous l'avez lu Franck Louise pas du tout non Edgar kerette ce style si particulier cette humour noir qu'il peut avoir à travers ses romans ou ses nouvelles Edgar Allan Poe on pourrait aussi citer mini Brandt Daphné du Maurier de quel étrangeté êtes-vous vous friand vous en tant que le lecteur j'en ai lu quand j'étais adolescent j'ai dû être garlanpo et il y avait toujours ce rattachement au réel qui est qui me permettait d'y croire et bon évidemment le double assassinat dans la rue mort mais surtout le chat noir m'avait beaucoup beaucoup marqué à l'époque c'est ce livre là et c'est ce fantastique à la à la à la peau qui vous qui vous plaît vous séduis vous en tant que lecteur quand on vous sort du réel mais le je sais quand j'écris je sais pas trop ce que c'est le réel en fait puisqu'il est un peu déliné par par tout ce qui nous traverse au cours d'une vie en tant que lecteur en tant que être humain et voilà c'est ce qui l'étrangeté c'est ce qui m'amène dans une dans une forme de vérité en fait dans ma vérité à moi c'est peut-être ça l'étrange en écrivant vous entrez dans une autre dimension a complètement c'est ce qui se retrouve d'ailleurs dans votre livre l'homme peuplé dans ton on va parler on avait prévu de vous faire discuter avec l'autrice Sandrine Colette du roman on était des loups parus chez Jean-Claude la thèse et multiré compensé cette année notamment par le Prix Jean Giono mais aussi par le Renaudot des lycéens elle n'a malheureusement pas pu être là avec nous aujourd'hui c'est pourquoi Alexandre Alaï bigovic qui a recueilli aussi des avis de lecteurs de vos lecteurs Franck Boys et qu'on entendra tout au long de ce club de lecture nous fera revivre ce dialogue virtuel peut-être en nous présentant ce roman de Sandrine Colette parce que il y a ce site fascinant qu'on vous rapproche beaucoup tous les deux en ce moment sur la grande table des libraires il nous dira pourquoi ou vous peut-être si vous voyez des similitudes si vous avez lu ce roman de Sandrine Colette entre votre atmosphère vos livres et celui qu'elle a pu écrire alors quel type d'écrivain êtes-vous je vous pose la question parce que ce nouveau roman mais on scène un romancier Harry perdrian auteur de l'Aube noir c'est son premier et son seul livre publié mais ça a été un immense succès critique et commercial tel que vous le présentez et il a eu tous les honneurs à cette occasion il a été encensé couronné courtisé hypocrisé et très vite on s'est mis à l'attendre au tournant ce pauvre romancier qui subit la pression de non pas de l'audimat cette fois mais de son lectorat il est très attendu pour un second roman et il peine il peine à l'écrire cet autre cet autre livre vous quel type d'écrivain avec vous angoissé non je suis pas un écrivain angoissé du tout alors il faut pas forcément chercher le ce double là cette ressemblance là mais en tout cas les questionnements autour de la littérature autour de ce qu'est écrire un livre de ce qu'est l'écriture ça c'est un questionnement que j'ai qui me j'allais dire qui me hante pour rester un petit peu dans les tranches c'est à dire voilà ne pas c'est une forme de mise en danger un petit peu inconsciente mais de ne pas réécrire le même livre de décliner toujours ces fameuses obsessions qui issues de l'enfance et mais de le faire avec une forme toujours essayer de le faire d'une forme renouvelée et et pour paraphraser un peu yes que vous citiez au début c'est c'est voilà c'est par où par quelle image tout ça surgit parce que je pense que le travail du du romancier c'est de faire surgir des images mais pas des pas des lieux communs des images singulières qui amènent justement le lecteur dans votre atmosphère qui le piège et c'est vrai que votre narrateur envoie la quand même le double rappelle qu'un auteur ne devrait pas écrire une seule ligne qui ne soit en rapport avec des obsessions profondes ce que vous faites du coup on l'imagine aussi dans ce roman l'homme peuplé qu'elles obsessions de vous avez-vous mis dedans d'accord je pense qu'elles sont assez faciles à identifier bon une piste certainement c'est obsession révolte c'est un peu ça c'est qu'est-ce qui est sans vouloir délivrer de message je sais pas du tout l'objet de mes livres mais voilà l'idée de la de la continuité du sang voilà c'est quelque chose qui me qui m'observe certainement et quelque chose de la peur de l'autre aussi comme obsession qu'on retrouve qui n'est peut-être pas la vôtre directement mais mais qui est très présente dans nos sociétés cette peur de l'autre qu'on peut retrouver dans ce voisinage étrange que vous mettez en scène dans ce roman tout à fait les tranches peut être l'étranger effectivement est-ce que ça a été difficile pour vous d'écrire un deuxième roman vous vous lancez dans l'écriture en 2004 est-ce que vous avez tout de suite su que vous feriez un écrivain un bon écrivain peut-être aussi ou est-ce que après la publication du premier roman ça vous a fait un peu peur non non pas du tout je viens pas je suis vraiment autodidacte mon tout et en lecture en écriture et non ça m'a jamais posé de problème de de [Musique] d'écrire c'est pas mais il y a un peu comme une forme d'épuisement en fait je me pose la question aujourd'hui de me dire mais oui jusqu'à jusqu'à quand tu vas être capable de gratter cette fameuse page noire qui t'a nourri pour essayer de faire surgir des signes comme ça un peu singuliers et une voix ça je me la pose cette question là mais sinon je me pose absolument aucune question c'est le doute qui me qui me prend quand je commence les quand je démarre l'écriture d'un livre est suffisant pour que je me map Pitois pas sur mon sur mon petit sort alors il a quelque chose de vous encore ce romancier Harry parce qu'il n'a pas écrit une ligne pendant 5 ans pining qui lui appartiennent raconter narrateur il écrit mais visiblement ce n'est pas lui peut-être que lui aussi se projette dans un autre corps pour pouvoir écrire ou dans une autre dimension comme vous l'expliquez la tentative d'un deuxième moment en tout cas a été pour Harry un échec il en avait été tellement malade il trouvait que ça sonnait faux et creux et qui avait au fond rien à sauver dans ce manuscrit que son éditeur était pourtant prêt à publier à part peut-être le titre qui était j'écris j'écrivais les écrivait j'écrivais au passé j'écrivais et ce que ça peut commencer est-ce que ça peut continuer et c'est une question que tous les écrivains se posent on imagine quand même la peur d'être à sec à un moment la peur de la page blanche la poche de la peur de ne pas réussir à raconter une histoire oui oui oui oui ça c'est une question que que je me pose oui effectivement pour l'instant ça va être certainement pas innocent j'espère que c'est pas prémonitoire mais oui comment vous faites qu'est-ce que vous trouvez les idées il y a pas d'idées il y a pas d'idées il y a toujours encore une fois ce surgissement d'une image comme ça que je suis en fait quand j'ai quand je termine un livre je suis comme disponible à accueillir une nouvelle image une nouvelle image qui surgit toujours de l'enfance qui peut être dans le cas de l'homme peuplé qui était cette fenêtre avec cette mélange posée dessus et cette combe et cette maison abandonnée de l'autre côté voilà pour vivre devant c'était ce viaduc et ses enfants c'est voilà c'est une image forte qui m'amène en territoire d'écriture mais pour pour parler un petit peu de Sandrine que je connais que je connais bien donc je connais bien les collettes Sandrine Colette on parle d'écrivain d'atmosphère parce que en fait elle comme moi je crois qu'on amène le lecteur dans l'atmosphère par les personnages et on fait pas l'inverse c'est à dire qu'on les amène pas par le territoire par quelque chose comme ça c'est l'humain qui qui va à la rencontre d'être le exactement on va écouter deux avis de lectrice sur ce thème matthmosphère atmosphère qui reviennent sur ce qu'elles ont ressenti en tournant les pages de votre roman l'homme peuplé publié chez Albin Michel tout d'abord Jill alias sandre et ensuite Myriam alias my Buki Mick au sujet de l'homme peuplé de Franqueville alors j'ai lu l'homme peuplé après avoir vu beaucoup beaucoup de critiques positives et en fait malheureusement pour moi c'est un avis un peu plus mitigé parce que je suis un peu passée à côté de l'histoire j'ai trouvé la plume de Franck Bouygues très très belle ça c'est indéniable il y a aucun doute à avoir là dessus il a des descriptions qui sont extrêmement précises extrêmement détaillées ça permet d'avoir une ambiance qui est impressionnante c'est à dire qu'on se croirait vraiment dans le livre on arrive presque à ressentir le froid entendre les bruits et avoir les personnages et l'ambiance est vraiment vraiment très très importante dans ce livre et peut-être trop pour moi parce que j'ai l'impression qu'elle a pris le pas sur l'histoire pour ma part bon voilà c'est un rendez-vous manqué mais ça ne m'empêchera pas de continuer à découvrir les autres romans de l'auteur et notamment n'est donc une femme suis-je vraiment passer à côté de Franck boost tout ce temps ces choses rattrapées avec la lecture de l'homme peuplé qui est assurément un de mes coups de coeur cette année c'est un roman noir avec une atmosphère particulièrement sombre et angoissante qui n'est pas sans nous rappeler seul en sa demeure de Cécile Coulomb ou l'incroyable est toujours les forêts de Sandrine Collette ce roman noir nous plonge dans une ferme isolée et recluse vraiment les fantômes sont là pour nous accueillir le roman traite également de l'hostilité à l'égard des étrangers et puis met en avant aussi la marginalité et je crois que c'est ce que j'ai préféré dans ce roman faire de ce marginal rebouteux un personnage absolument ensorcelant c'est une plus aussi onirique sombre et poétique des mots qui peuvent paraître contradictoires et qui font pourtant de ce récit à un moment de lecture magique et encore une fois un véritable coup de coeur voilà deux témoignages on entendait d'abord Myriam puis Jill s'exprimer sur votre livre Franck Louise sur cette question peut-être mise en avant par Myriam de l'ambiance de cette atmosphère qui prendrait un peu le pas sur l'histoire est-ce que ça ça peut être un risque pour l'écrivain que vous êtes qui qui prenait un soin tout particulier à camper des atmosphères et ça c'est c'est clair à la lecture de votre livre c'est Claude Simon qui disait que tout sujet de livre d'abord être l'écriture et donc l'atmosphère c'est ça aussi c'est comment on entre là-dedans comment l'histoire après j'en sais rien ce que je sais en tout cas c'est que le livre ne part pas d'un point il n'arrive pas à un point B chronologiquement j'ai voulu impliquer le lecteur là dedans dans cette histoire là avec ses avec des des croyances qu'on peut avoir en tant que lecteur de de se dire voilà bon ces deux personnages ils sont là en face de l'autre ils vont se rencontrer quand qu'est-ce qui mais non ça marche pas comme ça ça marche pas comme ça ensuite je sais pas quoi répondre à cette idée de l'histoire parce que c'est l'histoire elle est elle est c'est une boucle en fait je cherche mes mots je les pèse même pour pas trop en raconter justement puisque c'est important lorsqu'on arrive au terme du livre si on a été vraiment attentif aux tout petit cailloux que j'ai semé tout le long du livre des petits indices on doit effectivement comprendre que ah oui effectivement je comprends pourquoi cette première phrase et pourquoi ce le livre se déroule de cette de cette manière là parce qu'il faut pas oublier une chose c'est que c'est pas juste une histoire de de de de d'homme seul de marginaux etc d'un écrivain qui parait à la campagne pour fuir quelque chose et retrouver le une forme d'écriture c'est pas juste l'histoire d'un d'un jeune type comme ça qui est un peu sourcier sorcier etc non c'est aussi c'est un livre sur la création c'est comment c'est créer un livre comment s'écrit un livre et pour parvenir à écrire ce livre qui n'arrive pas à écrire votre protagoniste Harry prend effectivement la décision de se retirer dans le centre de la France où il a acheté une maison une ancienne ferme dans un village au lieu-dit du bélier avec des tranches voisins dont personne ne sait rien si ce n'est que le fils s'appelle Caleb qui vivait avec sa mère Sarah qui est morte depuis qu'elle était plutôt muette muette comme une tombe Sarah avait en effet une doctrine raconte votre narrateur une doctrine dite de l'effacement alors pourquoi elle s'efface cette femme pourquoi est-ce qu'elle refuse de prendre part à la vie en société c'est une question aussi soulevée par le livre et rappelons que que Caleb ce deuxième personnage qui entre en scène considère que personne ne pénétrera sur son territoire sous peine d'en payer le prix du sang il va se mettre à espionner à surveiller à tenter de faire fuir un peu aussi son nouveau voisin il a surtout peur que ce nouveau voisin fouine et qu'il parle de pour raconter pour écrire cette histoire et toujours camper cette atmosphère dont on parlait Franck Bouygues c'est ce que vous vous êtes inspiré comme pour vos précédents romans de votre campagne à vous vous êtes corrézien d'origine est-ce que vous repartez toujours de ces images là de l'enfance et de ce vécu parfois un peu loin du monde loin de la société certainement mais encore une fois c'est pas conscient du tout je j'aurais pu écrire la même histoire si je vivais dans les Vosges ou dans le Montana ou dans les Carpates ça c'est les je pense que les hommes de la terre fonctionne un peu tous de la même manière il fonctionne comment les hommes de la terre la transcendance n'est pas du on a tous besoin de transcendance mais chez les hommes de la terre il se passe autre chose qui est de une espèce de mise à distance de l'humain et tout est à hauteur de nature en fait il y a quelque chose comme ça de de le temps ne s'écoule pas normalement le temps et un peu vertical comme ça c'est vous parliez de Sarah tout à l'heure justement le poids qu'elle fait peser sur ce fils là pourquoi elle fuit le monde pourquoi parce que peut-être qu'elle a vécu un tragédie et pourquoi elle fait peser le poids d'une malédiction j'ai l'impression que le temps dans ces endroits là c'est aussi une malédiction c'est à dire que les générations précédentes étouffe les générations qui arrivent comme ça par ce poids là qui est qui a assez terrible qui est une jolie chose lorsqu'on parle de tradition de transmission etc mais qui est aussi peut être peut être assez terrible à vivre pour pour ceux qui veulent un peu un petit peu contrarié ce fichu destin qu'on leur impose et je crois que justement finalement c'est moi ce que j'ai fait c'est que l'art est un moyen de contrariel destin ce que j'ai fait par la lecture moi quand j'étais adolescent et dans tous mes livres je m'en suis aperçu plus tard c'est qu'il y a toujours un personnage comme ça qui contrarie le destin un petit Joseph d'anglaise en façonnant des petits personnages en terre cuite genre dans plateau qui achète une caravane et bourrée de livres alors qu'il a jamais eu un livre de sa vie et il se met un livre à lire Dostoïevski Steinbeck etc et puis cette petite rose de nez d'aucune femme qui en volant le journal du maître de forge le soir apprends les mots n'est donc une femme sortie à la Manufacture de livres en 2019 très remarqué roman debout Franck Bouysse est-ce que parmi vos lectures puisqu'il voulez-vous qu'il y a vous avez été touché par par la grâce du loup des steppes de Herman S qui est un livre tout particulièrement recommandé dans dans l'homme peuplé par la lecture quand on fait le père ah oui c'est un roman immense inépuisable qui rejoint l'idée justement de l'autre donc par les borghèses et Whitman etc je ce livre là m'a je sais que je le je l'ai je l'ai lu trois fois je sais que je pourrais le relire encore mais cette idée là obsédante de Harry bon si Harry s'appelle Harry c'est bien parce que son père était un très très grand d'admirateur de Herman se donc le personnage du jeu des sept s'appelle Harry Allaire l'un des personnages donc en hommage et voilà c'est cette idée de qu'est-ce qu'un écrivain cette idée de l'absence voilà parce que celui qui écrit c'est l'autre c'est ce il faut s'absenter pour écrire mais je crois à SNCM ma conception de la littérature c'est le voilà c'est écrire c'est disparaître devant ce qui n'existe pas encore Franck bouyse est notre invité aujourd'hui à l'occasion de ce livre l'homme peuplé qui a paru à la rentrée roman publié chez Albin Michel alors on évoquait les personnages Harry khaleb de ce de ce roman l'homme peuplé il est vrai qu'arrive à être confronté à des choses un peu bizarres d'où les tranchées aussi de ce roman des des puits avec dans son fond une carcasse de bélier et plein d'autres détails que vous faites entrer dans la narration pour créer un sentiment un peu ambigu un sentiment un peu tendu aussi chez votre lecteur on ne va pas en raconter plus lisez ce roman si vous voulez connaître la suite mais quand même juste encore peut-être que arrive va finir par trouver sa place ou mieux encore que Harry a enfin retrouvé le doute sublime qu'il est fasse et l'inventent écrivez-vous dans ce livre ce qui laisse placer de planer le mystère et n'en dit pas trop mais cette idée est très belle Harry a enfin retrouvé le doute sublime qu'il les fasse et l'invente sur la fin de votre livre là encore sans rien dévoiler une lectrice Emma et m'a lit un peu c'est son alias au sujet de l'homme peuplé de de vous Franck Bouysse raconte qu'il y a eu beaucoup de discussions sur cette fin on l'écoute le dernier roman de Franck Louise fait parler quel est donc cette fin mais revenons quelques secondes à l'histoire dans un petit village un jeune écrivain Harry achète une vieille maison il peine à écrire et pense que l'inspiration lui viendra dans cette isolement voulu et rural non loin de la vie un homme mystérieux que les gens du village lui conseillent d'éviter très vite Harry sans l'hostilité prendre vie quel secret se cache derrière les avertissements et les regards qui se dérobent comme Harry le lecteur est dans le brouillard les théories diverses circulent je me souviens d'une discussion avec ma maman le livre à la main les pages qui tournent et tournent et soudain elle s'écriant elle est là la clé le jour là nous n'avons compris qu'une partie du mystère je me rappelle également une cliente à la librairie me proposant une explication qui ne collait évidemment pas à la mienne alors Monsieur Bruce je vais relire l'homme peuplé et avant de le relire encore et encore car après tout il y a pierre malédiction dans une vie de lectrice que de relire à l'infini d'excellents romans oui avant de le relire et sans en dire trop pouvez-vous nous donner un indice question d'une auditrice lectrice pour vous déposer sur le hashtag Book Club culture sur Instagram alors c'est un peu compliqué surtout pour les gens qui l'auront pas lu alors c'est c'est pas tant il cherche pas l'inspiration je sais pas encore le livre se termine on s'aperçoit que il cherchait pas l'inspiration puisque ce livre est une boucle c'est une boucle indice et oui lundi s'il est là c'est à dire que le un des derniers chapitres qui répond au premier doit faire comprendre au lecteur que oui mais là c'est compliqué de finir ma phrase doit faire comprendre l'acteur que oui ben oui c'était le début du livre mais vous n'avez pas à la finir votre phrase c'est parfait on va effectivement lire et boucler la boucle avec l'homme peuplé Franck Louise rester avec nous tout de suite il est très heureux sur France Culture c'est le Book Club de Frank Louis et on se retrouve dans un instant [Musique] je vous le disais Sandrine Colette la romancière aurait dû être avec nous aujourd'hui pour cette discussion mais elle a eu un empêchement ce qui nous empêchera pas à nous de parler de son lit très beau livre on était des loups publiés chez Jean-Claude la thèse l'histoire d'un père et de son fils en route pour un lac à cheval ou le père va baptiser à sa façon l'enfant un roman ce roman c'est l'histoire en tout cas d'un devenir un peu comme le vôtre franque oui ou le narrateur deviendra bien le père de son fils mais Ava n'est plus là et cela s'est accompli et je suis devenu le père de mon fils vraiment écrit-il dit-il dans ce roman sous la plume de Sandrine Colette et ce roman il a suscité un très très fort engouement chez nos lecteurs nombreux retours de lecture bonjour à Alexandre alaïbegovic bonjour bonjour c'est vous qui vous occupez bonjour vous voulez dire bonjour à Franck russe bonjour Franck bonjour bonjour c'est vous qui vous occupez au quotidien de faire vivre cette communauté de lecteurs ce club de lecture de France Culture et il y a eu beaucoup beaucoup de réactions sur le livre de Franck Louise on les entendait en partie tout à l'heure mais aussi de Sandrine Colette c'est vrai étancher les lecteurs que j'ai que chez les libraires alors je vais peut-être vous resituer et très rapidement Sandrine Colette elle est née en 1970 à Paris on était des loups qui a remporté cette année vous le disiez Olivia le prix Renaudot des lycéens et le prix Georges Giono et son dixième roman après notamment des nœuds d'acier en 2013 un vent de cendres en 2015 et plus récemment en 2020 et toujours les forêts alors de forêt il en est question toujours dans on était des loups Julie une de nos lectrices que l'on retrouve derrière le compte Instagram au plaisir de vous lire nous présente le roman on était des loups de Sandrine Colette a été mon plus gros coup de cœur de cette année 2022 dans ce livre on suit Liam qui vit avec sa femme Ava et leur fils harou dans un endroit très reculé au milieu des montagnes le jour où sa femme succombe blessure d'un ours Liam se retrouve seul avec son fils ce fils dont il n'a jamais voulu et qu'il va vouloir abandonner ce livre était exceptionnel magistral tant du point de vue du style que de l'histoire on est à la première personne c'est le père qui parle se perd bourru et rustre qui crie son chagrin et son désespoir ce père qui part à d'autres cheval avec son fils pour se séparer de lui en pleine montagne parce qu'il n'a jamais appris à l'aimer c'est écrit comme c'est parler et ça prend aux tripes c'est majestueux et grandiose à l'image de la nature omniprésente dans ce livre je recommande à tout le monde de lire cet ouvrage absolument bouleversant alexandregovic Julie Olivia il a des parties de prix des parties pris de fonds et de forme très nettes de l'Autriche le roman c'est une sorte de monologue intérieure d'un personnage qui ne déclenche pas d'emblée l'empathie et puis il y a ce langage parlé peuponctué a le temps qui est le langage que l'on ne parle finalement qu'avec soi-même en soi-même alors c'est parti pris ils ont très largement conquis nos abonnés ils ont aussi pu en désarçonner certains on écoute Edgar Catherine et Thibault ce que j'ai beaucoup apprécié dans le roman de Sandrine Colette c'est le type de narration qu'elle a utilisé pour se rendre un peu plus compte de l'état d'esprit du père et de de son manque de culture il y a un certain manque de ponctuations dans l'écrit et du coup ça donne un certain rythme au roman une beauté une poésie malgré la douleur la rage cette narration permet vraiment de de faire ressortir toute la beauté de la chose est-ce que c'est ce que j'ai beaucoup apprécié si j'ai été tenté par l'histoire l'histoire de ce père vivant seul en milieu hostile avec son fils j'ai regretté le manque de suspense on se doute plus ou moins de la fin du roman je n'ai pas adhéré au style de l'écriture de l'autrice qui est trop incisive et manque de ponctuation ce qui rend la lecture inconfortable de plus j'ai été dubitative devant les exploits d'un gamin de 5 ans que je n'ai pas trouvé crédible j'ai eu du mal à me laisser emporter par l'histoire et je n'ai pas réussi à éprouver de l'empathie pour les personnages la première chose qui me vient en tête c'est l'écriture on pense assez rapidement que c'est un homme qui écrit un homme assez ténébreux peut-être cynique et en fait non c'est ça qui est très perturbant en fait déjà dans un premier temps les personnages sont assez forts ils imposent vraiment dans le récit autant l'innocence en fait de cet enfant que la posture du père le fait se perd qui doit devenir en fait d'un coup qui qui s'est quasiment peut-être rien des démissions d'être papa et qui d'un coup se voit être dans l'obligation de gérer de gérer ce gosse et c'est exceptionnel vraiment c'est un roman qui est brillant qui m'a bouleversé pour moi c'est vraiment un des plus beaux romans de la rentrée littéraire voilà 3 lecteurs témoignages recueillis par Alexandre à la bigovitch Franck Bouygues on entendait notamment cette question de la langue chez Sandrine Colette qui est très particulière la vôtre aussi mais c'est de style assez différent si je dis juste le premier paragraphe de on était des loups ça commence ainsi c'est la nuit je regarde l'enfant qui dort un tout petit enfant il ne s'est rien du monde il ne sait rien faire un enfant ce n'est pas fait pour la vie cette vie là je veux dire qui est immense et brutale devant lui devant nous la vie qui point elle a un jeu avec la ponctuation qui est très particulier est-ce que vous ça vous a laissé un petit peu en dehors dans cette lecture ou est-ce qu'au contraire vous y êtes en très facilement ça c'est au Franck Bouygues lecteur que je pose la question de ses contemporains non non ça m'a posé de problème d'autant que j'ai j'avais j'avais expérimenté la chose avec mes d'aucune femme avec le journal de rose où il y a quasiment pas de ponctuations les dialogues sont mêlés au texte donc non non je suis parfaitement rentré dans le livre de ce point de vue là votre narrateur Franck Bouygues celui de l'homme peuplé nous dit qu'il a conscience qui écrire de consiste pas à noircir une page mais que précisément la page a écrit a déjà été noirci par Homer par Shakespeare par Proust par Faulkner et par quelques autres est-ce que tout a déjà été écrit est-ce que quand on écrit on vit avec cette idée qu'il faudrait pouvoir renouveler ce que ce que ces monuments de la littérature ont déjà créé et inspiré je crois pas qu'en révolutionne la littérature que personne n'est capable de révolutionner la littérature peut-être le seul qu'il a révolutionné donne une certaine manière stérotner mais ce qu'on fait tout le premier travail d'un écrivain c'est de lire voilà c'est de lire lire et de ramasser des pierres au bord du chemin de temps en temps et de construire sa petite maison singulière et cette la façon dont elle tient c'est c'est cette espèce de de liens espèce de ciment qui fait tenir les pierres c'est le style c'est la musique c'est votre c'est votre musique intérieure c'est à dire c'est tout ce ce c'est lecture ce vécu etc qui est amalgamé avec vos émotions par vos émotions par votre par votre sensibilité etc et ça ça devient quelque chose qui peut devenir singulier quant aux histoires ça me fait toujours un petit peu voilà ce ce truc de la fin voilà où on se rattrape sur une fin d'un livre un livre c'est pas une fin un livre c'est une atmosphère c'est quelque chose dans lequel on entre et on n'a pas envie que ça se termine les grands livres moi que j'ai lu c'est ceux que j'avais envie de relire quand je termine je veux dire oui j'ai qu'une envie c'est de le relire j'ai loup des choses voilà comme notre lectrice tout à l'heure qui a dit je suis peut-être passé un peu à côté mais je vais le relire justement c'est en tout cas cette envie là qui a été déclenché chez elle parce qu'elle était restée sur sa fin Alexandre Alec bigovic vous avez vous avez évoqué vous-même un peu plus tôt la parenté d'univers entre entre Sandrine Colette et vous-même les libraires dans leur mise en place le font aussi on s'en rend vraiment compte et aussi parmi les lecteurs de de nos abonnés qui ont souvent lu l'un et l'autre on va écouter Marion de la librairie La Petite banquise à La Roche-Bernard dans le Morbihan alors globalement on a eu une très bonne réception à la fois de en été des loups et de l'homme peuplé en tant que libraire on a eu un vrai coup de coeur pour le livre de Sandrine Colette à la fois pour la façon dont est traité la nature mais aussi pour son traitement de la paternité de la découverte de la paternité c'est les lecteurs qui viennent chez nous on remarque un véritable engouement autour des livres qui plongent au cœur d'une nature dure et sauvage avec les personnages bien sûr qui vont avec pour l'homme peupler personnellement j'ai un peu craint la noirceur les personnages au début de la lecture mais ensuite j'ai vraiment été embarqué par le style de Franck Bouysse et c'est d'ailleurs le retour qu'on a les lecteurs de Franck Bouygues sont vraiment beaucoup aimé ce dernier livre une question je vous donne une question pour vous franc oui c'est ce que vous avez lu le roman de Sandrine Colette et si c'est le cas qu'est-ce qui selon vous leur approche et les loyers du vôtre [Musique] [Musique] on était c'est des vrais partis pris c'est quelqu'un qui prend des risques Sandrine donc c'est éminemment respectable même à cheval même à jafal pense le matin à JM midi mange le soir dors la nuit est-ce que vous appliquez cette maxime à la lettre celle que vous vous recommandez ce conseil de vieux sage qu'on retrouve dans votre roman Franck with le plus souvent possible et vous écrivez quand dans tout ça au moment où vous pensez au moment où vous agissez donc le matin ou à midi il faut agir pour écrire ça il faut s'y mettre donc c'est le temps du midi on retrouve dans vos deux romans celui de Sandrine Colette et le vôtre Franck Louise mais surtout dans le vôtre cette idée donc de l'atmosphère qu'on évoquait de cet ailleurs aussi c'est d'ailleurs parfois sauvage parfois un peu rude aussi qui a été présent dans dans la plupart de de vos romans que ce soit le plateau que ce soit glaise vous évoquez aussi nez d'aucune femme tout à l'heure qui qui pose qui pose d'autres questions et qu'on retrouve aussi dans une bande dessinée mais de manière beaucoup plus joyeuse Un été brûlant à sainte-aller que vous avez qu'aux scénarisé qui est illustré Daniel Cazenave c'est votre première bande dessinée je l'ai scénariste vous l'avez scénarisé glaise là qui va sortir en mars l'adaptation de mes romans et là c'est une comédie campagnarde oui mais avec quand même avec un fond de je veux pas m'en empêcher de mystère de voilà je mets un petit peu le ces personnages face à leur bêtise parfois leur drôlerie à leur à l'heure de malheur drame aussi alors mais genre on s'est beaucoup amusé avec avec Daniel qui est un excellent camarade de jeu voilà et elle vient de paraître cette bande dessinée début novembre chez Albin Michel aussi merci beaucoup à tous pour vos nombreux émerveaux conseils de lecture c'était courageux de donner votre avis publiquement et c'est précieux se partagent merci Alexandre à la libégovic votre interlocuteur unique pour ce club de lecture qui a ce rythme d'abonnés va bientôt donner des sueurs froides à Tik Tok tout de suite c'est les quadrille de l'ami Charles dancing [Musique] Charles Drancy les enfants sages s'ennuient et ennuis tout le monde en littérature alors on commence aujourd'hui avec les enfants impossibles et les malheurs de Sophie comment la littérature de fiction traite-t-elle les enfants la littérature décès analyse comeste propose mais nécessairement dans une position d'extranéité puisqu'elle est écrite par des adultes la fiction elle dispose de personnages par lesquels elle s'approche de l'altérité même si l'auteur n'aime pas un personnage le simple fait qu'il passe beaucoup de temps avec lui tente de comprendre sa façon d'agir leur rapproche dans sa correspondance Gustave Flaubert dit des horreurs serait ma Bovary dans son roman il ne peut pas s'empêcher de laisser passer une certaine pitié les enfants insupportables sont passionnants voilà d'ailleurs une des différences essentielles entre la littérature et ce qu'on appelle la vie entre les personnages et les personnes ces enfants que nous ne supporterions pas 5 étant chair et anos nous passons des heures en leur compagnie dans les livres et plus encore leurs parents n'est-ce pas car ce qu'il y a d'insupportable ce sont les parents d'enfants aux dieux les enfants dans la littérature sont probablement une invention des tambourgeois le plus illustre Enfant insupportable de la littérature du 19e siècle et Sophie la Sophie qui allait malheurs dans le roman de la Comtesse de Ségur et que de malheur 22 chapitres 150 pages où chaque fois Sophie commet une erreur et puni et souffre au moins les ordalies du Moyen-Âge ne comportaient qu'une épreuve c'est une enfile à deux torture que traverse la malheureuse enfant l'enterrement de sa poupée les cheveux qu'elle mouille pour les faire friser les sourcils cadragent l'abeille qu'elle découpe enfant est un mot péjoratif chez la comtesse de Ségur quand elle donne pour titre qu'elle amour d'enfant à un autre roman c'est un sarcasme chez elle les enfants sont hystérique à commencer par Sophie à sa première apparition elle accourt à la seconde elle pousse un cri de joie puis elle saute que reste-t-il à faire à la punir quand Sophie tente de comprendre ce qu'on lui impose sa mère l'accuse de raisonner le raisonnement est un crime c'est bien connu on punit Sophie mais cela ne sert à rien on dirait que les punitions sont l'objet unique de ses aventures madame de Réan en arrive à la plus grande mauvaise foi ainsi elle refuse d'acheter un chien à Sophie sous le prétexte qu'il pourrait devenir enragé ce qui je cite arrive assez souvent ah bon des Malheurs de Sophie la Comtesse de Ségur jouit elle l'a faite l'aide en plus quelle vicieuse c'est elle qu'on aurait dû fouetter cette atroce roman montre qu'il y a moins d'enfants insupportable que d'adultes mal intentionné sans cela que l'on m'explique pourquoi les propagandistes de la famille s'y prend à menacé et à hurler descend de pas par millions dans la rue pour réclamer le jugement du clergé quand il ne se passe pas un jour qu'on ne découvre un viol un abus une horreur certains parents sont les ennemis de leurs enfants merci beaucoup Charles dancing je vous invite à podcaster notre boucle des classiques autour des Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur c'était le 2 décembre dernier merci à nous Delfino et organe Delacroix qui ont programmé cette émission à zohravini qui viralise chaque jour votre parole sur les réseaux et à Grégory wallon à la technique à Didier Pinault qui vous a lu Franck Weiss merci beaucoup à vous et qui nous a aidé à préparer cette émission au revoir et très belle journée