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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 4 février 2026 37 minContradictoireMixte

L’Antarctique en 80 jours : Heïdi Sevestre et Matthieu Tordeur racontent

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Présentateur

C'est le plus grand désert du monde, 25 fois la France, il y fait des températures qui frisent les moins 50 mais à un moment, au milieu de rien, dans le blanc, on tombe sur la tête de Lénine et ça c'est un truc de dingue. Vous êtes très nombreux à avoir suivi Heidi Sévestre et Mathieu Torder dans leur périple de 4000 km en Antarctique, ils l'ont parcouru d'est en ouest, ils vont vous faire partager leur journée de déprime peut-être, 3h pour faire 1 km, ça doit quand même sacrément miner le moral mais aussi les moments fous où les traîneaux filent sur une glace que personne n'a foulé avant.

4000 km en kiteski, ça doit quand même faire les bras et les cuisses, vous nous le direz, on a eu froid pour vous les amis, on a eu peur aussi pour l'expédition et pour vous quand l'un des traîneaux a montré des signes de faiblesse. Moi j'ai surtout pensé à ce qu'on doit ressentir quand nos sens sont chamboulés, les yeux ne voient que du blanc, il n'y a pas d'odeur, est-ce qu'il y a du son d'ailleurs sous la glace, il n'y a pas d'animaux, c'est presque une autre planète. Mais sous vos pieds, il y a des vallées, des montagnes, des volcans et je crois que ça m'aurait donné le vertige, vous nous direz quelle impression ça vous a fait.

Et puis surtout derrière vous dans cette expédition, il y avait ce que vous avez tracté, des radars à pénétration de sol capables d'analyser ce que vous aviez justement sous vos pieds, capables surtout de remonter le temps. Et ça c'est fascinant d'analyser une glace si vieille qu'elle a déjà connue des changements climatiques. Et si on sait comment l'Antarctique a réagi, alors on saura comment il réagira encore et nous saurons nous y préparer. Cette expédition ne parle pas de fatalité climatique, elle dit que la science nous enseigne des choses, donc elle parle d'espoir.

Il y a une époque où les croyants essaient de supplanter la science, où des individus ou des états décident de s'en détourner, vous voir tous les deux en mitoufler dans vos doudounes, rend la science désirable et un peu rock'n'roll quand même aussi, on est très heureux de vous avoir avec nous. Je vous salue, Heidi Sévestre et Mathieu Tordeur, merci beaucoup d'être au Téléphone Son ce soir. Et Karine, vous êtes la première, vous êtes la bienvenue, bonsoir. Allô ? On vous écoute Karine ?

2:15
Auditeur

Oui, bonsoir. Bonsoir. Bonsoir Heidi, bonsoir Fabienne et bonsoir Mathieu. Merci, bonsoir à vous. Je voulais d'abord remercier Heidi pour son livre « Sentinelle du climat » que j'ai terminé aujourd'hui. Alors, on s'est rencontré à Tours, Heidi. J'ai deux questions à vous poser. Première question par rapport à votre expédition. Est-ce que vous avez trouvé dans cette expédition des espoirs pour protéger la biodiversité de notre planète, s'adapter et atténuer les impacts du réchauffement climatique ? Et aussi, je voulais vous remercier parce qu'en tant que scientifique, jamais vous perdez espoir. Et ça nous permet à nous, citoyens, de ne pas perdre cet espoir.

Et puis, deuxième chose, donc je suis prof d'histoire géo. On enseigne le réchauffement climatique dans les classes de cinquième. Et là, j'ai un gros dilemme. Souvent, je m'auto-censure. Je me demande comment enseigner la réalité du réchauffement climatique

3:13
Présentateur

sans pour autant affoler nos élèves. Et vous les avez suivis, j'imagine, pendant le périple ? Est-ce que vous les avez suivis avec les élèves, Karine ?

3:20
Auditeur

Alors, j'ai suivi sur le site internet, pas sur les réseaux. Et par contre, j'avais demandé à commander à recevoir les petits fascicules pour ma classe. Et je m'étais inscrite et puis je ne les ai pas reçus.

3:34
Présentateur

Ah bah ça commence bien. On vous les enverra. Enfin, on tâchera d'envoyer les fascicules, Karine. Merci beaucoup. Merci pour cette première question et pour cet entrée en matière. Heidi Séves, il y en a plein, des questions comme ça. Mais c'est aussi ce que vous êtes. Est-ce que vous revenez quand même optimiste sur le réchauffement climatique ?

3:52
Invité

Oui, c'est très important. Et merci beaucoup, Karine, pour ces mots. Ça me touche beaucoup. C'est vrai que le changement climatique, c'est très difficile de communiquer dessus. On est toujours un peu sur une ligne de crête. On veut dire la vérité. On ne veut pas non plus plomber l'ambiance. Parce que ce n'est pas ça qui va motiver les gens à passer à l'action. Et nous, pendant toute cette expédition, on a tâché d'avancer le mieux possible, de faire la meilleure science qu'on pouvait, mais surtout de partager cette science avec les jeunes générations, comme le font des profs aussi merveilleux que Karine. On a vraiment besoin d'eux.

Et en fait, ce programme pédagogique, alors on est vraiment désolé que les fascicules ne soient pas arrivés jusqu'à Karine, mais sans arriver à d'autres, ces cahiers, et il y a 300 000 jeunes qui ont suivi l'expédition de 41 pays différents. Et on leur a parlé, à ces jeunes, pendant l'expédition. On était très cash sur le changement climatique. Et ces jeunes, ils étaient boostés, mais à un niveau qu'on n'aurait pas imaginé. Ils étaient très tournés vers l'action. Et en fait, je pense que la clé aujourd'hui, c'est d'essayer d'être limpide sur la science, mais de montrer que partout autour de nous, il y a des gens qui se bougent et qui ne lâchent pas le morceau.

4:55
Présentateur

Et c'est important pour ça que vous voyez un parcours différent l'un l'autre. Parce que vous, Heidi Sévette, vous êtes glaciologue, donc la scientifique, c'est vous. Vous, Mathieu Tordeur, vous êtes explorateur, vous êtes aventurier. Alors, certainement pas indifférent, bien sûr, au réchauffement climatique. Mais pour ce genre d'expédition, pour qu'elle parle à nous tous, il faut ce mélange-là, en fait.

5:15
Invité

Je crois que notre force avec Heidi, et c'était vraiment le point de départ de cette expédition, c'est qu'on voulait vraiment incarner la science et sensibiliser avec émotion. Et donc, l'association de la science et de l'aventure, de l'expédition, de l'exploration, c'était une manière, en fait, de parler de ce sujet qui est très anxiogène, Heidi l'a très bien dit. Et c'était une manière de sensibiliser avec des histoires, avec cette expédition, avec le quotidien, et de montrer un petit peu les coulisses et la réalité d'une expédition scientifique qui intéresse les jeunes, mais qui intéresse aussi les moins jeunes.

Et le fait de le faire ensemble, c'était une manière, justement, de rendre ça visible au plus grand nombre. Et c'est ce qu'on s'est attaché à faire tous les jours, sur les réseaux, mais aussi auprès des jeunes générations.

5:52
Présentateur

C'est une idée qui, d'ailleurs ? Est-ce que c'est vous qui avez dit, je cherche une scientifique ? Voilà, il y en a en train de vous dénoncer, Heidi Sébastien. Il n'y avait pas beaucoup de... Est-ce que c'est vous qui avez cherché ? Est-ce qu'il y a une scientifique assez dingue pour faire 4000 kilomètres en sky-ski ?

6:03
Invité

Exactement, et Heidi a eu la folie de répondre oui, et j'en suis très très heureux. Et Heidi ne savait pas faire de sky-ski, il faut quand même le dire, il y a quelques années encore. Et tu vois, elle a progressé à une vitesse folle, et on a pu faire une expédition vraiment dingue, que l'on n'aurait jamais pu imaginer dans nos rêves les plus fous. Et donc, c'était génial de pouvoir parcourir ce continent à la force du vent.

6:25
Présentateur

Alors, on s'arrête un moment sur le kite-ski, quand même. D'abord, il faut être... Alors, j'ai vu des images, vous êtes super bon skieur, vous. Non, mais c'est vrai. Il est très bon skieur, c'est bien de le souligner. Vous étiez bonne skieuse, vous, Heidi Sébastien ?

6:36
Invité

Je suis haute Savoyarde, mais pas si bonne skieuse que ça. Mais déjà, donc il faut être super skieur pour jouer à ça ? Il faut avoir une bonne base de ski. Et c'est vrai qu'on s'est quand même énormément entraînés pour cette expédition. On n'est pas partis les mains dans les poches. On s'est entraînés en Norvège, on s'est beaucoup entraînés au Groenland, qui est un peu analogue, finalement. C'est de l'autre calote polaire, analogue de l'Antarctique. Et finalement, ça m'a donné suffisamment confiance pour me dire, bah oui, c'est traversé l'Antarctique, on va peut-être pouvoir la faire.

6:59
Présentateur

Non, mais attendez, parce que quand même, à bout de... Enfin, je sais bien qu'on est rnachés. Enfin, vous avez des bras dans quel état ? Non, mais sérieusement, enfin, dans les journées folles que je voyais, parce que moi, je vous suivais sur Instagram, où ça n'avançait pas, où vous aviez le vent de face. À la fin, sérieusement, on a les bras dans quel état ?

7:14
Invité

Oui, le calote ski, peut-être que je vais le décrire aussi, parce que ça doit être assez obscur pour pas mal de gens. C'est qu'en fait, donc on a des skis au pied, on est tiré par des voiles de différentes tailles, suivant la force du vent. Mais derrière nous, on tire des traîneaux. Bah oui, qui font 200 kilos au début. On avait 200 kilos d'équipement chacun, donc c'est quand même pas rien. Et c'est vrai que, oui, les premiers jours, on a quand même quelques petites courbatures aux jambes et aux bras, et là, j'ai l'impression qu'on a quand même un petit peu gagné du muscle.

On a tous les deux perdu pas mal de poids, mais les bras et les épaules, et quelques petites tendinites plus tard, on est arrivé, oui.

7:44
Présentateur

Quand il n'y a pas de vent, par exemple, parce qu'il y a eu des moments de calme plat, plat, plat, Mathieu Tordeur, mais vraiment plat, plat, plat, qu'est-ce qui se passe dans ces cas-là ? Parce que je voyais bien, vous faisiez des mots croisés, limite.

7:54
Invité

Ouais, en fait, c'est à la fois une bénédiction et une torture. Parce que, bénédiction, parce que ça nous permet, nous, de nous reposer. Et mine de rien, sur une expédition qui dure quand même 80 jours, c'est bien d'avoir des moments où on prend un peu de temps pour soi, où on prend le temps aussi de faire les sauvegardes de la recherche scientifique menée par Haïdi, prendre le temps aussi de faire des réparations, parce qu'il y en a eu beaucoup, et Haïdi a été très, très affairée, justement, sur ces sujets-là. Et mine de rien, c'est bien aussi, en fait, d'avoir des moments où on se repose, parce que sinon, si c'est de A à Z, sans un seul jour de repos, on finit par exploser.

Après, c'est sûr que pour le moral, c'est difficile de voir que le petit point, il ne bouge pas. Et ça, j'avoue, moi, j'avais parfois du mal à accepter qu'on ne bouge pas, mais ça ne vaut pas le coup de tirer le traîneau à sa propre force. Pourquoi ? Parce que quand on tire les 200 kg, eh bien, on aura beau tout donner, on fera une dizaine de kilomètres, une vingtaine de kilomètres. Et ça ne sert à rien, en fait,

8:40
Présentateur

sur l'énormité du parcours. Et que c'est une distance

8:42
Invité

qu'on peut parcourir en une heure, si les conditions sont bonnes le lendemain, en cas.

8:46
Présentateur

Il y a beaucoup de voileux qui nous appellent, et ça ne m'étonne pas, en fait, parce qu'il y a...

8:49
Invité

Beaucoup de similitudes.

8:50
Présentateur

Il y a beaucoup de similitudes. Oui, voici Sylvain. Bonsoir, Sylvain. Oui, bonsoir. On vous écoute, Sylvain.

8:56
Auditeur

Oui, je suis très surpris, parce que moi, je n'avais pas du tout connaissance de cette aventure. J'ai appris ça tout à l'heure au journal de 18h à votre annonce. Il n'est jamais trop tard. C'est arrivé quelque part dans la ligne d'Amoutsen, Scotch, Shackleton, tout cela. Et moi, j'avais une question, parce que je suis au Finistère, et je suis fan de voile. Et sur les courses trans-océaniques, sur les courses autour du monde, les voileux qui partent, ils ont toujours du sper avec eux. Mais eux, ils ont... Ils ont des matériaux de rechange. Mais eux, ils ont un bateau et ils ont un... Comment dire ? Un joli compartiment pour amener ce sperme. Comment est-ce que vous, vous avez fait ?

Parce que j'imagine que vous avez vos vivres, vous avez votre matériel de survie pour vous chauffer. Et en plus de ça, il faut rajouter du sperme si vous avez des avaries. Comment vous vous êtes organisé ? Parce que c'est... Votre exploit est incroyable.

10:01
Présentateur

C'est pour vous, ça, Mathieu Tangier.

10:02
Invité

Merci. Effectivement, il y a beaucoup de liens avec la voile. Alors, dans notre réno, vous l'avez bien identifié, on avait de la nourriture, on avait notre équipement scientifique, et on avait notre équipement pour camper, donc la tente, le sac de couchage, le tapis de sol, le réchaud, le fioul aussi pour faire fondre la glace et la neige parce qu'on rappelle que là-bas, il n'y a pas d'eau sous son état liquide, il faut qu'on la fabrique.

Et puis, on avait tout cet équipement scientifique et c'est vrai que nous, on partait dans quelque chose un peu d'exploratoire, on s'était entraîné au Groenland, mais il fallait quand même s'assurer qu'on puisse arriver de l'autre côté en faisant la science qu'on souhaitait faire et donc ça voulait dire avoir beaucoup de matériel de réparation.

Donc, on avait beaucoup d'outils, Heidi avait fait une liste de matériel qui s'est avérée super utile parce que c'est vrai qu'on a eu beaucoup de surfaces chaotiques et on a beaucoup cassé d'équipements, mais on a réussi à réparer la majeure partie et c'est vrai que le froid a beaucoup abîmé aussi le matériel et puis au niveau du matériel de rechange, on avait nous envoyé par précaution du matériel au pôle sud géographique où il y a une base scientifique américaine et là-bas, on avait des kites de sperre, des kites de rechange et on avait aussi des poulkas, des traîneaux de rechange.

11:06
Présentateur

Parce que vous avez cassé un moment par exemple le poulka que vous avez cassé le poulka. Et du coup, vous avez fait comment ? Est-ce que vous l'avez changé un moment ? On l'a changé

11:14
Invité

au pôle sud mais il y avait quand même bien 600 kilomètres entre le moment où j'ai explosé la poulka et le pôle sud et là par chance, on a emprunté des poulkas qu'on avait pour le radar à pénétration de sol qui avait lui-même ses propres poulkas. On voulait les garder un petit peu de côté, on ne voulait pas embêter ces poulkas mais bon, j'ai mis toutes mes affaires dedans et j'ai pu faire les 600 derniers kilomètres jusqu'au pôle sud.

11:37
Présentateur

Parce que ce qu'il faut expliquer aux gens avant de retourner au standard, c'est qu'on a l'impression que c'est lisse, l'Antarctique, c'est tout sauf lisse et c'est ça qui doit être extrêmement fatigant, qui demande une concentration extrême. Ça ressemble à quoi ? On a l'impression que c'est une couche mais en fait, elle est mal pliée la couche si je puis dire au-dessus de l'Antarctique.

11:59
Invité

C'est une façon de le décrire. En fait, l'Antarctique est vraiment domptée par les vents, c'est les vents qui décident de tout et ces vents peuvent être tellement violents qu'ils arrivent à sculpter en fait ce manteau neigeux. Ce n'est pas de la poudreuse en Antarctique, c'est vraiment de la neige dure comme du béton et elle est vraiment sculptée et ça forme comme des vagues de glace, comme des dunes de glace parfois qui faisaient un mètre de haut et nous, il faut savoir qu'on se déplace là-dessus, que nos traîneaux sont sur ces lignes de crête pendant des milliers de kilomètres et donc ça secoue dans tous les sens. Nos traîneaux, ils subissent autant qu'une machine à laver presque.

12:32
Présentateur

Il paraît aussi que vous avez fait, j'ai vu ça sur vos comptes-rendus, vous avez fait des vols planés parfois parce que quand même quand ça vole, ça vole.

12:37
Invité

Il y a quelque chose qui est assez effrayant, c'est qu'on tracte derrière nous des traîneaux et puis on tracte le radar profond, on va en parler mais c'est un matériel qui a une longueur qui peut atteindre 100 mètres pour le radar profond et les poule cas, les traîneaux qu'on tractait derrière nous, elles étaient à une bonne dizaine de mètres de nous et ça, le problème c'est que parfois ces poule cas se bloquaient dans ces bosses de neige et donc ça, ça tendait en fait le kite et ça nous parfois projetait en l'air et c'est vrai qu'on a fait des bonds de kangourous et ça nous a fait battre le cœur quand même assez fort. Heureusement, on ne s'est jamais mal réceptionné parce que la frayeur

13:10
Présentateur

c'est ça en fait j'imagine, c'est péter quelque chose qui est irréparable et puis c'est vous faire mal à vous.

13:15
Invité

Oui et surtout de se dire que si on se pète une jambe il y a des endroits où on avait eu des centaines de kilomètres de sastrui, d'une, de neige et de glace et on se dit en fait aucun avion ne pourrait se poser à côté de nous pour nous sauver si on a un vrai gros problème. Vous voyez ça,

13:30
Présentateur

ça vous rapproche aussi des voileux parce qu'avant de partir pour le Vendée Globe ils savent faire des choses qu'ils savent se réparer eux-mêmes, ils savent se remoudre. J'imagine que vous avez appris pour le faire l'un sur l'autre, non ?

13:39
Invité

Oui tout à fait. Alors on est allé dans un institut qui s'appelle l'Institut Ifremont à côté de Chamonix et on a fait une formation médicale et c'était intéressant de voir qu'on avait pas mal de choses à apprendre mais on a progressé mais oui on avait plein de techniques justement pour se recoudre l'un l'autre. On avait une trousse à pharmacie qui était importante mais c'est important quand on part dans des terrains aussi reculés.

13:59
Présentateur

Allez, à la question d'Emmanuelle, je suis sûre que tout le monde là c'est elle qui s'y colle. Bonsoir Emmanuelle.

14:04
Auditeur

Oui bonsoir. Manuela, je voulais vous remercier parce qu'on a suivi avec les enfants et du coup ça nous a tenus pendant plusieurs semaines et c'était assez incroyable donc déjà merci pour ça. C'est eux que j'entends là les enfants derrière ? Oui c'est ça c'est les enfants que vous entendez derrière et nous on a une question dans une des vidéos on a entendu qu'il ne fallait pas polluer l'Antarctique ce qui est plutôt normal et on se demandait comment vous avez fait vos besoins parce qu'on imagine que vous n'avez pas pu faire ça dans la glace.

14:33
Invité

Qui veut répondre ? C'est Agile qui s'y colle. En tout cas on passe bien le bonjour à vos enfants ça fait trop plaisir de savoir qu'on était suivi par votre famille. Alors c'est vrai que c'est extrêmement strict en Antarctique tout ce qui est la gestion des déchets et justement on doit obtenir un permis avant de partir en Antarctique qui nous indique justement toutes les réglementations qu'on doit suivre et à part les déchets organiques on ne peut rien laisser en Antarctique. Donc voilà pour le pipi et pour l'autre on fait un petit trou dans la neige c'est le passage aux toilettes entre guillemets le plus rapide de l'univers Non mais j'allais dire attendez non mais pardon parce que moi aussi

15:05
Présentateur

je vais poursuivre la question d'Emmanuel non mais c'est pas le tout de faire un petit trou mais enfin par moins 30 excusez-moi moi j'enlève pas la doudoune quoi je veux dire

15:12
Invité

des fois on n'a pas du tout envie des fois on rêverait d'utiliser la tente pour pouvoir faire nos besoins c'est vrai que pour les filles c'est un peu plus compliqué que pour les garçons et quand on a un harnais de kite par dessus tout on n'a pas envie de l'enlever mais voilà on est devenu expert en tout cas quelles que soient les conditions quelles que soient les températures d'être particulièrement efficace à ce niveau-là On a développé des petites techniques parfois on se protège du vent on se met en proche de la tente proche du traîneau Est-ce que le vent peut être retraite dans ces cas-là ?

15:37
Présentateur

On le rejette Toujours Je le disais tout à l'heure en introduction moi ce qui me fascine c'est pas d'odeur zéro odeur est-ce qu'il y a quelque chose quand on rentre en fait subitement le nez se remet en marche

15:49
Invité

C'est dingue alors tant mieux qu'on n'ait pas d'odeur en Antarctique que le nez soit un petit peu anesthésié parce qu'on ne sent pas la rose non plus On se fait des petites toilettes de chat avec des lingettes mais ça ne va pas plus loin que ça Je pense que Mathieu tu étais peut-être content de ne pas trop sentir mes pieds après une journée de kite On ne veut pas ces infos Compliquées Mais c'est vrai quand on est rentré on est rentré en fait en Amérique du Sud et la première respiration qu'on a on avait l'impression que l'air était vitaminé C'était Si on pouvait mettre des couleurs sur les odeurs qu'on sentait c'était vraiment multicolore c'était extraordinaire

16:26
Présentateur

Et est-ce qu'il y a du bruit ? Est-ce que ça craque la glace ? Moi, la seule expérience que j'ai j'ai eu la chance de voir le Perito Moreno et ça faisait un bruit de dingue C'était génial Le glacier du monde Exactement Mais est-ce que ça fait du bruit comme ça ? Est-ce que ça pète la glace ?

16:39
Invité

Alors, la glace, oui, ça casse Le Perito Moreno, c'est un glacier qui velle des icebergs donc ça, ça fait un fracas monumental En Antarctique, on est vraiment sur une calotte polaire et nous, on n'a fait que s'éloigner de la côte Je vous entendais dire en introduction qu'il n'y avait pas d'animaux alors, il n'y en avait pas sur notre parcours en revanche, il y a beaucoup d'animaux sur la côte du continent des manchots, des baleines, des phoques, des oiseaux Nous, on était au milieu de la calotte polaire en tout cas, on ne faisait que s'éloigner de la côte et le vent, en fait, fait beaucoup de bruit et le vent fait du bruit sur les vêtements sur la tente les skis sur la glace font du bruit nos vêtements, quand ils se frottent ça fait du bruit donc c'est un univers qui est très sonore c'est pas tellement silencieux finalement mais il y a quand même des jours où il n'y a pas de vent du tout et là, c'est le silence le plus incroyable qu'on ait jamais eu l'occasion d'entendre

17:23
Présentateur

Est-ce qu'il peut y avoir un stress ? Une espèce de déprime blanche ? Vous voyez ce que je veux dire ? Alors vous, vous l'avez fait déjà Mathieu Tordeur et vous l'avez déjà fait tout seul ce genre d'expédition Vous, Heidi, moins mais est-ce qu'il y a une espèce de dépression blanche ? Je ne sais pas comment on peut appeler ça mais au moment où on se dit donnez-moi de l'horizon donnez-moi quelque chose

17:40
Invité

Par manque de stimulation je pense qu'on a vraiment eu une expédition où oui, le paysage était assez monotone surtout pendant les deux premiers mois on n'a pratiquement pas eu un nuage dans le ciel c'était miraculeux alors on avait du blanc on avait du bleu et quelques bosses de neige et pas plus que ça mais c'est vrai que très rapidement le cerveau commence à s'adapter à ce qu'on voit et on remarque en fait les micro détails on arrive à s'émerveiller d'un coup quand on arrive à apercevoir la Lune en fait nous on a du soleil de minuit en Antarctique pendant l'expédition il fait jour 24h sur 24 et par moment on arrivait à voir la Lune et c'était complètement magique mais cette expédition en fait on savait qu'on ne la faisait pas juste pour nous deux on savait qu'on avait tous ces jeunes qui nous écoutaient qui nous suivaient et qu'on la faisait pour la science et je pense que ça nous a permis de rester bien déterminés

18:26
Présentateur

et le fait de partager effectivement j'imagine que c'est vraiment important et ça change des explorateurs et explorations des années précédentes où la technologie évidemment n'est pas les mêmes on est en train de refaire 4000 kilomètres sur la glace de l'Antarctique avec Heidi Sévestre et avec Mathieu Tordeur

18:41
Locuteur non identifié

France Inter le téléphone sort

18:45
Présentateur

et avec vous Adrien vous êtes en Dordogne bonsoir

18:49
Auditeur

bonsoir

18:49
Présentateur

on vous écoute Adrien

18:50
Auditeur

oui alors une question un peu plus technique lors de votre expédition vous avez utilisé un radar pénétrateur de sol qui nécessite normalement pour l'interprétation fine des données une connaissance très précise des coordonnées géographiques pour chaque sondage radar alors comment vous avez résolu ce problème lors de vos traversées en sky-ski afin d'assurer une analyse des données qui serait optimale

19:14
Présentateur

merci beaucoup Adrien c'est pour vous ça c'est une question de pro Adrien absolument

19:18
Invité

merci beaucoup de l'avoir posé alors on a eu la chance d'être super bien accompagné alors c'est une de mes spécialités de faire du radar à pénétration de sol sur les glaciers mais en Antarctique c'est clair qu'on avait besoin de très bons GPS et pour ça on s'est fait accompagner d'une des marques qui fait les meilleurs GPS au monde c'était un de nos instruments les plus chers qu'on a emmené en Antarctique qui commence par un L donc je suis sûre que vous connaissez exactement cette marque qui nous a vraiment permis de positionner les données radar au centimètre près sur des centaines de kilomètres en fait les données il faut savoir où on les récolte et donc c'est très important d'avoir des GPS de haute précision mais alors justement

19:50
Présentateur

comment ça se passe donc vous avez ces radars à pénétration de sol donc l'endroit idéal c'est quoi en fait qu'est-ce que vous qu'est-ce que vous cherchez qu'est-ce que vous allez chercher quand vous dites l'endroit GPS c'est celui-là

20:05
Invité

comment ça marche en fait on a divisé l'expédition en deux morceaux la première partie du point de départ jusqu'au pôle sud on a utilisé un radar qu'on appelle de surface en fait c'est un radar qui était assez compact je l'avais carrément niché dans une de mes poules cas il rentrait bien et ce radar-là lui il regardait les 40 premiers mètres de la surface en profondeur ce qui l'intéressait particulièrement c'était de savoir est-ce que l'Antarctique gagne du poids ou non sur notre trajet en gros ce qu'on détecte aujourd'hui c'est que l'Antarctique se réchauffe et qu'avec ce réchauffement par endroits il peut y avoir plus de chutes de neige de chutes de neige qui s'accumulent qui forment un peu plus de glace donc ce radar-là il était particulièrement important pour des scientifiques qui sont en Allemagne l'université de Tübingen et le Alfred Wegener Institute à qui on va bientôt envoyer les données là on vient tout juste de rentrer donc on a hâte et ensuite pour l'autre partie de l'Antarctique c'était pas le même Schmilblick et là je vois Mathieu qui me regarde parce qu'il sait à quel point ça a été de la douleur là on a tiré un radar beaucoup plus profond qui dit beaucoup plus profond dit un radar qui est beaucoup plus long à tirer il faisait 100 mètres de long donc à tirer derrière nos traîneaux derrière nos poules cas le radar en lui-même fait 100 mètres de long parce qu'il a des longues antennes voilà il va chercher il va scanner de la glace qui est vraiment en profondeur et ce radar-là ce qui l'intéressait c'était de la glace beaucoup plus profonde et aussi de nous permettre de cartographier le lit rocheux donc l'interface entre la glace et le continent antarctique et là c'est des scientifiques britanniques et écossais qui sont particulièrement intéressés par ces données

21:33
Présentateur

mais alors du coup quand vous dites que vous avez presque remonté le temps en fait grâce à ce radar à pénétration de sol ça veut dire que vous avez remonté le temps si je puis dire été cherché profondément dans la glace jusqu'à quand ?

21:47
Invité

alors ce radar c'est Mathieu qui l'a tiré et notre objectif c'était de trouver de la glace qui a plus de 2 km de profondeur et on estime que c'est une glace qui peut avoir à peu près 130 000 ans qui est une période qui est vraiment très très importante pour nous parce que l'Antarctique est une des meilleures archives du climat on sait que cette glace elle a enregistré tout un tas d'épisodes chauds notamment il y a 130 000 ans sur Terre il faisait pratiquement les températures qu'on risque d'avoir d'ici la fin du siècle donc pour nous c'était important d'essayer de choper cette glace et alors l'avenir nous le dira on va envoyer ces données scientifiques aux scientifiques britanniques et écossais qui vont pouvoir analyser tout ça et nous dire jusqu'où on est remonté et on espère qu'on a pu toucher ces glaces là ça veut dire vous avez appris beaucoup de choses

22:27
Présentateur

vous Mathieu Tordeur en fait dans cette équipée

22:29
Invité

j'étais à l'école vous avez beaucoup tiré de poids j'étais mis à contribution mais effectivement et c'est ça qui était passionnant moi je trouve qu'aujourd'hui l'aventure pour l'aventure c'est bien mais si on est capable justement de ramener quelque chose du terrain si on est capable d'embarquer justement tout un public toute une génération et en plus de faire de la science de ramener des données scientifiques c'est très intéressant en fait il faut savoir Heidi m'expliquait qu'aujourd'hui les expéditions scientifiques et heureusement qu'elles existent en Antarctique elles sont effectuées souvent avec des tracteurs avec des dameuses avec des scooters des neiges et c'est génial parce que ça permet de faire des expéditions de lourdes et il faut saluer le travail des scientifiques qui est effectué tous les ans et nous on l'a vu de très près et c'est formidable le travail qu'ils font nous ce qu'on proposait c'était quelque chose d'un peu différent on proposait de faire un long transect une longue traversée portée par les vents et donc c'était quelque chose d'un petit peu différent et c'était un moyen justement de décarboner la science d'envoyer aussi un signal avec une équipe de deux sur le terrain

23:25
Présentateur

Oui mais c'est important que même les explorateurs les aventuriers bien sûr les scientifiques fassent aussi des expéditions décarbonées parce qu'on l'entend beaucoup et s'y est compris vous voyez on avait un voileux tout à l'heure quand on parle de Vendée Globe il y a toujours une question qui vient à un moment sur oui mais vous êtes gentil c'est magnifique votre truc mais votre bateau pour le construire etc. Donc il faut aussi être capable de prouver ça en fait on peut faire de la science décarbonée

23:46
Invité

C'est la proposition qu'on avait et qu'on a essayé de faire en tout cas on a réussi à faire ces 4000 kilomètres dans le peu de temps que dure l'été austral il faut le rappeler l'été austral c'est seulement 3 mois c'est notre hiver à nous et donc on avait quand même aussi cette fenêtre qu'il fallait respecter et on est parvenu à tirer ces radars sur une traversée de l'Antarctique

24:03
Présentateur

Pour les données Adi Sévestre maintenant que vous les avez confiées en combien de temps elles parlent ces données en fait ?

24:10
Invité

Alors la science est toujours assez longue Pour l'instant

24:13
Présentateur

elles n'ont rien dit en fait ? Non alors pour l'instant

24:15
Invité

pas encore mais pour pouvoir publier des articles scientifiques vérifiés par les pairs ça met toujours quelques années Donc on espère que d'ici 2-3 ans peut-être qu'on se retrouvera J'espère J'espère qu'on se parlera avant mais ce sera avec grand plaisir

24:27
Présentateur

Évidemment est-ce qu'on peut avoir une surprise ? Une bonne surprise ? Ils ont regardé finalement ça n'a pas été si pire que ça il y a 130 000 ans donc ça veut dire qu'il nous reste du temps ?

24:37
Invité

J'espère évidemment Malheureusement en glaciologie donc la science de la glace et de la neige on a assez rarement des bonnes nouvelles Donc on croise les doigts je touche du bois mais on verra ce que les données nous disent

24:48
Présentateur

Le plateau est en bois Allons-y Voici Noël qui est avec nous Bonsoir Noël

24:51
Auditeur

Bonsoir Bonsoir à toute l'équipe et bravo à France Inter j'écoute depuis 1969

24:58
Locuteur non identifié

Bravo

24:58
Auditeur

Alors ma question voilà elle sera courte j'écoute passionnément le témoignage de l'exploratrice excusez-moi je n'ai pas noté son nom

25:10
Présentateur

C'est pas grave elle s'appelle Heidi et en face il y a Mathieu mais je vous en prie allez-y Noël

25:14
Auditeur

Voilà donc Fabienne c'est bien Fabienne Synthès Oui moi c'est moi

25:17
Présentateur

enchanté

25:18
Auditeur

voilà très bien enchanté oui donc j'écoute passionnément et surtout comme je suis voileux j'écoute aussi cet exploit mais alors ce qui m'étonne c'est qu'à aucun moment vous ne dites qu'il y a de la vie est-ce qu'il y a des animaux est-ce qu'il y a des ours polaires est-ce qu'il y a des pingouins est-ce qu'il y a des d'autres d'autres d'autres sortes d'espèces vivantes on dirait qu'il n'y a pas de vie sur l'Antarctique telle que vous l'avez vous l'avez visité ou exploré voilà c'est ma question

25:45
Présentateur

Merci Noël Mathieu Tordeur Où sont les animaux ?

25:48
Invité

Merci Noël pour la question c'est vrai que vous n'êtes pas le seul à vous la poser je pense cette question en fait la vie en Antarctique elle est foisonnante mais elle se cantonne à la périphérie de l'Antarctique pourquoi ?

parce que c'est là en fait qu'il y a accès à l'eau libre et donc c'est là qu'il y a de la nourriture donc on va trouver des manchots des baleines des phoques un grand nombre d'oiseaux et ils sont surtout très présents pendant l'été donc c'était le moment où nous on y était mais nous notre projet notre expédition avec Heidi elle n'a consisté qu'à s'éloigner de la côte pour la rejoindre et même quand on était à la côte il restait encore ce qu'on appelle des plateformes de glace et donc on était encore loin de l'eau libre et donc malheureusement on a vu pendant notre expédition seulement trois petits manchots au départ un lab qui est un oiseau emblématique de l'Antarctique et sinon la seule vie qu'on ait croisé c'est au pôle sud puisqu'au pôle sud géographique il y a une base scientifique américaine où il y a 170 personnes qui travaillent l'été et on a eu la joie autre la vie humaine qu'on partageait avec Heidi on n'a pas croisé beaucoup de vies sur ce continent mais elle existe surtout sur la côte et dans les bases scientifiques

26:45
Présentateur

Alors vous avez parlé du pôle sud géographique moi je voudrais que vous nous parliez du pôle sud d'inaccessibilité parce que moi en vous suivant sur Insta et subitement je vois un buste de Lénine c'est tellement dingue enfin mais qu'est-ce que c'est que ce... enfin vous l'avez raconté mais racontez-nous c'est quoi ce buste de Lénine on voit que lui en plus dans la neige c'est tellement génial comment c'est possible

27:07
Invité

c'est fou et en fait on l'a on le visait évidemment ce buste de Lénine et on l'a aperçu à 3 km après avoir vu ce paysage de neige et de glace pendant des semaines on aperçoit une sorte de petit champignon jaune à l'horizon et on se dit ça y est on va l'attraper et en fait ce qui se passe c'est qu'en 1958 des soviétiques sont allés installer cette base à l'endroit où ils pensaient être l'endroit le plus éloigné de toutes les côtes de l'Antarctique donc le pôle sud d'inaccessibilité ils ont laissé une toute petite base sur laquelle ils ont construit une grande cheminée et en haut de cette cheminée ils ont laissé un buste de Lénine le regard tourné vers Moscou ce qui est complètement fou et depuis cette base elle s'est fait tout doucement enterrée par le vent par la neige et maintenant il ne reste plus que le buste de Lénine qui est encore bien là un petit peu sale on l'a trouvé et abandonné pourquoi ?

parce que les soviétiques

28:00
Présentateur

après n'avaient plus les moyens ou parce que finalement c'était trop inaccessible

28:02
Invité

justement ? vous avez la bonne réponse c'était à la fois trop compliqué trop coûteux et trop inaccessible en fait ce point là nous on a mis quand même 42 jours à l'atteindre après 2700 kilomètres de bataille sur ces sastroudjis ces vagues de glace qui nous ont bien bien complexifié notre rendu bien notre progression bien difficile et en fait ce qui est amusant c'est que les soviétiques s'étaient trompés ah oui c'était pas au bon endroit le pôle sud d'inaccessibilité a été rectifié par les anglais et il se trouve qu'il était un peu plus loin à environ une centaine de kilomètres et donc on a réussi à l'atteindre aussi avec Haïdi mais c'était pas exactement au bon endroit les soviétiques

28:43
Présentateur

pourquoi vous demande Julie ne pas avoir utilisé des engins électriques avec panneaux solaires pour tracter les radars notamment ?

28:48
Invité

ah oui c'est vrai qu'on y aurait pensé on aurait bien aimé le faire mais en fait ces radars demandent trop d'énergie pour l'instant par rapport à la taille des panneaux solaires qu'on pouvait emmener donc on a décidé de faire un bon petit compromis les kites fonctionnent ultra bien dans ces régions là et finalement on a préféré réserver nos petits panneaux solaires juste pour recharger les instruments scientifiques plutôt que nos moyens de déplacement la technologie n'est pas encore là le très grand froid en fait est vraiment difficile pour les batteries même s'il y a quelques tests qui sont faits dans les régions polaires aujourd'hui

29:18
Présentateur

le très grand froid notamment vous vous êtes rendu compte très vite enfin très vite je ne sais pas d'ailleurs que vous ne pouviez plus gonfler les matelas c'est pour ça que vous avez dormi par terre quand même au bout d'un moment mais du coup est-ce qu'aujourd'hui vous vous dites alors si on y retourne voilà on a beau être super préparé il y a des erreurs qu'on a faites et qu'on ne refera plus derrière par exemple ça existe ça ou pas ?

29:38
Invité

il y a toujours des erreurs je pense qu'on était quand même bien préparé mine de rien il y a toujours évidemment des problèmes qui arrivent sur le terrain et heureusement sinon c'est un voyage organisé c'est plus une aventure moi je dis souvent que ce qui compte c'est la manière dont on va réagir la manière dont on va activer les plans A les plans B les plans C et une expédition c'est le synonyme d'adaptation donc on a eu ces petites déconvenues avec le tapis de sol il se trouve qu'on avait un tapis de sol en mousse donc c'était moins confortable mais bon ça nous isolait un petit peu quand même encore du sol mais bien sûr il faut réagir il faut s'adapter donc on a eu des problèmes mais on a réussi à progresser malgré tout

30:13
Présentateur

mais il n'y a rien où vous vous dites la prochaine fois on ne prend pas ça du tout il faut vraiment trouver plein de choses

30:17
Invité

aujourd'hui je regardais de la liste justement de l'équipement que j'avais emporté je prenais des petites notes mais ce qui est drôle c'est qu'on s'y est habitué à ne plus avoir de matelas et là en fait on dort super mal on en parlait avec Mathieu on comparait nos sommeils respectifs de ces derniers jours et en fait ça me manque un peu la neige et le tapis en mousse moi je me poserais peut-être une question sur les traîneaux c'est vrai qu'on en a abîmé il y avait pas mal d'options

30:39
Présentateur

donc le matériau du traîneau ou le matériel du traîneau

30:41
Invité

oui il y a plusieurs il y a plusieurs modèles qui existent nous on avait deux traîneaux collés l'un à l'autre et c'était intéressant parce que ça a évité qu'ils se retournent après il y avait des modèles uniques peut-être un peu plus grands plus volumineux ça aurait peut-être été une bonne option mais moi si je devrais vous donner une réponse peut-être que je changerais le traîneau en revanche les kites les skis il y a tout comment ça se passe

31:02
Présentateur

quand les vents sont contraires demande la hausine sur whatsapp

31:05
Invité

les vents contraires c'est presque pire que le pas de vent parce que le pas de vent on ne se pose pas de questions alors que le vent contraire on se dit bon on peut quand même faire un effort alors les voileux qui nous écoutent savent bien comment faire il faut tirer des bords donc remonter au vent ça fonctionne sauf que quand on tire un traîneau qui pèse 200 kg en fait on est c'est comme si on tractait une enclume et donc on ne peut pas remonter au vent on n'a pas un angle qui est très efficace et au tout début de l'expédition on avait des vents contraires ils nous ont empêché d'avancer pendant plusieurs jours et à un moment on s'est dit on va quand même essayer on n'arrivait pas à remonter au vent donc ce qu'on a fait c'est qu'on a tracté les poulkas à notre propre force une par une et puis après avec les kites une par une mais c'est compliqué donc l'itinéraire qu'on a emprunté les vents dominants sont globalement dans le dos ou de côté heureusement on avait évidemment travaillé ça on n'aurait pas pu faire notre expédition dans le sens inverse parce qu'en Antarctique il y a un régime de vent qui était favorable dans la direction qu'on a emprunté

31:59
Présentateur

pardon j'ai une question de journaliste vous étiez connecté tout le temps vous étiez sur Insta tout le temps etc mais est-ce que l'actu vient jusqu'à vous dans ces cas-là ou est-ce qu'on se dit on va bien laisser ça derrière soi on verra bien ce qui se passe dans trois mois quand on reviendra ou pas ?

32:12
Invité

C'est vrai qu'on faisait partie des premières expéditions itinérantes qui avaient vraiment un très bon accès à internet alors on ne l'allumait pas tous les jours heureusement et c'est pour le meilleur et pour le pire Vous n'allez pas se coller

32:22
Présentateur

pour voir des chatons

32:23
Invité

dans la tente ? Non alors pour le meilleur parce qu'on pouvait parler à nos proches si on avait parfois des soucis très techniques on pouvait contacter les ingénieurs des radars ça je l'ai beaucoup fait mais pour le pire parce qu'on voyait tout ce qui se passait dans l'actualité internationale et moi je travaille pour le conseil de l'Arctique quand je ne suis pas en Antarctique et malheureusement ça me faisait beaucoup transpirer de voir ce qui se passait Vous vous êtes entraînée au Groenland par exemple

32:45
Présentateur

j'imagine que vous vous êtes demandé à un moment où vous allez vous entraîner avec le drapeau de pied Oui c'était compliqué

32:52
Invité

et beaucoup de gens à la fin de l'expé nous ont dit mais restez en fait restez en Antarctique vous y êtes bien ne revenez pas le monde a beaucoup changé

32:58
Présentateur

D'ailleurs c'est marrant parce qu'on a une question par mail de Valérie qui dit mais au fait l'Antarctique exactement il est protégé par quoi ? Il est géré comment et par qui ?

33:06
Invité

Excellente question C'est vrai que c'est un statut qui est très différent de l'Arctique on a vu ce qui se passe au Groenland l'Arctique je le rappelle c'est une copropriété d'Etat entre la Russie les Etats-Unis qui est dédié à la science et à la paix c'est un continent qui est d'une certaine manière protégé par un traité qui s'appelle le traité sur l'Antarctique et qui dit une chose c'est qu'on n'a pas le droit d'avoir d'activité militaire et d'activité d'extraction des ressources naturelles du sous-sol donc aujourd'hui c'est un continent où les scientifiques ont accès et il y a une cinquantaine de bases nous les français on en a une et on les salue une à Dumont-Durville en Terre Adélie et une qui s'appelle Concordia qui est partagée avec les Italiens et autrement il y en a une cinquantaine d'autres et donc c'est un continent qui est dédié à la science et à la paix

33:48
Présentateur

Bonsoir Sylvain Oui bonsoir Vous allez être le porte-parole de beaucoup de nos auditeurs et on vous remercie beaucoup et je suis sûr que ça fera plaisir à nos deux invités on vous écoute

33:57
Auditeur

Oui écoutez j'ai écouté votre émission avec beaucoup d'intérêt et puis ce que je voulais dire c'est que on sent le bonheur dans votre voix en fait l'émission a remonté le moral parce qu'on me sent là je vois le bonheur donc merci de partager ça ça fait du bien au moral surtout en ce moment et puis ça donne surtout envie non pas d'y aller parce qu'il ne faut pas qu'on y aille mais c'est surtout qu'on devrait plus faire des choses pour protéger l'Antarctique et merci pour tout ce que vous faites

34:23
Présentateur

Ça fait vraiment plaisir Elle est pour vous et en même temps c'est vrai que ça donne envie regardez on a Julien qui dit du coup on se dit mais qu'est-ce qu'on doit faire nous à notre niveau nous demande-t-on ici qu'est-ce qu'on dit au grand public on ne veut pas y aller nous évidemment dans l'Antarctique mais nous à notre niveau qu'est-ce qu'on fait comment ça marche

34:41
Invité

Il y a plein de trucs qu'on peut faire Il y a deux choses qui sont vraiment clés Nous on a eu la chance de faire tout un programme pédagogique avec l'association Témoins Polaires parce qu'on sait que l'éducation c'est la clé pour pouvoir prendre les bonnes décisions Après l'éducation au changement climatique il faut prendre les bonnes décisions et là on en a tous des décisions importantes à prendre dans les prochains mois parce qu'il y a des élections en France qui arrivent très vite et bien on sait que voter au niveau individuel ça fait partie des choses les plus impactantes sur nos territoires donc votons pour des personnes qui comprennent qu'aujourd'hui l'effondrement du vivant que le changement climatique c'est notre santé c'est aussi notre économie c'est finalement tout ce qui compte pour nous c'est notre présent et notre avenir donc essayons de prendre les bonnes décisions dans les semaines qui arrivent

35:24
Présentateur

Regardez ce que nous demande personne son nom est personne sur WhatsApp qui dit est-ce qu'on se frite parfois comme ça arrive en bateau vous vous êtes frité l'un l'autre ou pas ?

35:32
Invité

C'est sûr qu'il y a une proximité pendant 80 jours on l'imagine avec Haïti on a partagé quand même une tente minuscule et dans des conditions qui étaient spartiates on ne va pas se mentir être assis sur un fauteuil comme je le suis dans un studio c'est quelque chose qui ne nous est pas arrivé on était accroupis à l'intérieur de la tente pendant toute la durée de cette expédition donc forcément les conditions parfois cristallisent peut-être des petites tensions mais on était avec Haïti très alignés sur le projet depuis le début et on savait pourquoi on le faisait et on savait pourquoi on était là

36:01
Présentateur

Pousse-toi c'est à toi de faire échauffer l'eau

36:03
Invité

Haïti est très matinale

36:05
Présentateur

Je prends trop de place

36:06
Invité

Mais moins efficace le soir J'ai froid C'est plus Mathieu

36:09
Présentateur

Est-ce que vous avez écouté des podcasts de Radio France en attendant ? Alors énormément alors moi j'avais le bonheur d'entendre

36:17
Invité

J'avais le bonheur que Haïti me raconte les livres audio qu'elle écoutait pendant les journées de kite et moi j'étais plus podcast et j'en ai écouté beaucoup figurez-vous notamment de Affaires Sensibles qui est un de mes podcasts de cœur et puis beaucoup de vos confrères chez France Culture et je ne les citerai pas tous

36:34
Présentateur

On embrasse Fabrice je voudrais savoir ce que vous avez fait de Paco Le Manchot qui vous a accompagné de bout en bout Paco se repose Très bien il a eu froid lui aussi Paco Le Manchot il n'est pas habitué à être au milieu vous nous l'avez raconté c'est bien ça le problème J'en remercie chaleureusement tous les deux vraiment merci beaucoup merci à tous pour vos nombreux appels sur France Inter il est 20h