COMMENT LE MASCULINISME MENACE LES FEMMES ET TOUTE LA SOCIÉTÉ
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Ils sont des centaines, des milliers, peut-être même des millions, les masculinistes. Des hommes qui ont fait de la haine des femmes une doctrine de vie. Si tu veux aujourd'hui l'homme il est sans but et il est dans une société où il n'y a plus que des prérogatives de femmes.
À l'heure où la parole des femmes se libère, le mouvement masculiniste se renforce. Ces discours antifemme rencontrent un écho fort chez des hommes de plus en plus nombreux et vous en avez sûrement dans votre entourage. Alors les gars, il y a de plus en plus d'hommes qui se font marcher dessus par les femmes.
Et je le lâche comme ça, comme un pavé dans la marre, mais oui, les femmes sont attirées par les hommes qui pensent être supérieurs à ell tout simplement. Vous devez savoir que les filles qui étaient arrogantes envers vous peuvent changer leur comportement et devenir douces et soumises. Via une vidéo sur des cours de séduction ou de musculation, au détour d'une simple recherche Google, on peut tomber sur leur réseau sans s'en rendre compte et rapidement se laisser emmener par les algorithmes.
Aux États-Unis, ce phénomène est si puissant qu'il mène régulièrement à des attentats perpétrés à l'encontre des femmes assassinées pour le simple fait d'être femme. Cette haine ne se limite pas aux frontières d'Internet pour une partie. Elle finit donc par se traduire en meurtre.
Il s'appelle Elliot Roger et il a 22 ans. Il a tué six personnes en quelques minutes. Il s'est installé au volant de sa voiture et a tiré par balle sur toutes les jeunes femmes qui l'a croisé, faisant trois noules.
Dans l'hexagone, le phénomène est loin d'être anodin et a réussi à coloniser la culture populaire. Non mais calmez-vous madame, ça va bien se passer. Aujourd'hui, il y a une baisse de 30 %.
Ça va bien se passer. Il va bien se passer. que le pouvoir ne doit pas rester seulement dans la main des hommes.
Bien sûr que si il sinon il se dilapide. Les les femmes sont les régentes. C'est dans l'histoire de de France ça a toujours été comme ça.
Oui mais il faut le partager. Elle ne n'exprime pas le pouvoir. Elle n'incarne pas le pouvoir.
C'est comme ça. C'est c'est je vous dis le pouvoir s'évapore dès qu'elles arrivent. Ces militants organisés sur les réseaux sociaux sont de plus en plus actifs et de plus en plus puissants.
Des hommes obsédés à l'idée de punir les femmes, qu'ils tiennent responsables de leur misère sexuelle et qui sont considérés comme une menace terroriste par le département de la sécurité intérieure des États-Unis. Qui sont-ils ? Pourquoi représentent-ils un danger bien au-delà du harcèlement en ligne ?
Quelles sont leurs motivations ? C'est ce qu'on va voir avec une journaliste qui a infiltré leur réseau et a discuté avec eux pendant plus d'un an. Elle s'appelle Pauline Ferrari et on va répondre à toutes ces questions avec elle dans cette nouvelle émission pour Blast.
Pauline Ferrari, bonjour. Bonjour. Vous êtes journaliste indépendante, spécialiste des nouvelles technologies, des questions de genre et de la culture web.
Ça fait plusieurs années que vous documentez la montée du discours antiféministe en ligne et vous venez de publier ce livre formé à la haine des femmes. Comment les masculinistes infiltrent les réseaux sociaux aux éditions JC Latess. Alors, pourquoi avoir décidé de vous attaquer à ce sujet depuis déjà d'auses années et pourquoi avoir décidé d'en faire un livre maintenant ?
La première constatation, c'est que moi, je viens d'une génération d'une adolescence beaucoup passée sur les réseaux sociaux, sur le début des réseaux sociaux, sur Facebook, sur les forums, sur Reddit. Et j'ai été confrontée très jeune en fait à du discours masculiniste mais qui restait un peu dans le fin fond des internets. Et quand je suis devenue journaliste, j'ai commencé en parallèle à intervenir dans des classes de collège et de lycée pour faire de l'éducation au médias et à l'information.
Donc expliquer qu'est-ce que c'est le journalisme, débusquer un peu les fausses infos avec les élèves et je constatais de plus en plus ce discours masculiniste que je voyais en ligne se reflétait dans la parole de jeunes adolescents de 14 15 16 ans avec des propos extrêmement violents et euh eux-mêmes m'ont montré ce qu'il pouvaient voir sur TikTok, sur Snapchat, sur des plateformes où j'avais moins l'habitude d'aller et je me suis dit qu'il y avait vraiment quelque chose à faire pour creuser un petit peu tout ça quoi. Alors on a déjà prononcé plusieurs fois le mot depuis le début de cette émission. masculinisme masculiniste.
Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que ça veut dire exactement ? C'est quoi la définition sur laquelle vous vous êtes appuyé ?
La définition que je prends, elle vient des sociologues euh Mélissa Blé et Christine Bar qui est historienne du féminisme et qui dit qu'en fait le masculinisme c'est une branche de la pensée antiféministe. C'est-à-dire que l'antéminisme voilà, c'est la pensée globale d'être contre le mouvement féministe et le masculinisme, on pourrait dire que c'est sa mise en pratique très concrète de mouvements sociaux, de d'actions en ligne et hors ligne. Et donc le masculinisme a une espèce de vision du monde complotiste, on pourrait dire, du théorie du complot, comme quoi les femmes auraient pris le pouvoir dans toutes les sphères de la société et n'auraient qu'un seul but qui est d'asculer et de faire un génocide des hommes quelque part et de les priver de leurs droits.
Et donc l'idée de ces masculinistes, c'est finalement de reprendre le pouvoir, de lutter, de faire une espèce de contre-attaque contre ce qu'il considère être une attaque, c'est-à-dire l'attaque des féministes. On rappelle que le féminisme c'est la lutte pour l'égalité en droit et l'égalité dans la mise en pratique entre les hommes et les femmes. Absolument.
En fait, ils sont persuadé que le féminisme viendrait à faire ce qui se passe avec la domination masculine, c'est-à-dire qu'on serait face à une domination féministe qui viserait à priver les hommes de leur droit. Alors euh ça se base sur pas grand-chose parce qu'on quand on regarde un petit peu les chiffres, que ce soit au niveau des inégalités salariales ou que ce soit au niveau des violences faites aux femmes, on constate qu'en fait c'est encore les hommes qui dominent très largement la société et notamment qui perpétuent le plus euh les violences. Mais euh les masculinistes sont persuadés qu'il faut absolument euh sauver cette civilisation qui est en train de s'écrouler, euh qu'on euh que le féminisme transformerait les jeunes garçons en euh des hommes dévirilisés euh euh avec une forte latence homophobe hein avec tout ça.
Mais en tout cas voilà, les masculinistes sont persuadés que le féminisme fait courir la civilisation à sa perte et particulièrement la civilisation blanche chrétienne occidentale. Et alors ça peut prêter à faire sourire comme ça mais c'est un sujet qui est extrêmement sérieux, qui est assez massif et surtout qui a des conséquences qui vont bien au-delà d'internet, de la mise en ligne. Donc on reviendra un petit peu plus tard sur ce que c'est que le masculinisme, comment ça naî, sur ce que sont les insell qui est un terme qu'on entend beaucoup.
Mais avant toute chose, j'aimerais euh qu'on se penche directement sur ce qui est en réalité la fin de votre livre, mais qui est pour moi le point d'accroche parce que c'est les conséquences les plus graves du masculinisme qui sont les meurtres de femmes dont on entend finalement peu parler qui sont des meurtres de femmes parce que ce sont des femmes donc des on pourrait dire vraiment des attentats à l'encontre des femmes qui sont pas du tout pris avec le même sérieux que d'autres attentats contre d'autres communautés. Donc pour ça, j'aimerais qu'on fasse un petit une petite chronologie telle que vous l'établissez dans le livre. On va pas pouvoir revenir sur tous les attentats, sur toutes ces attaques qui ont eu lieu, mais un événement qui est marquant et qui a vraiment marqué l'histoire de ces attentats contre enfin antiféministe, c'est l'attentat de 1989 qui a eu lieu à Montréal à l'École Polytechnique.
Rebonsoir mesdames messieurs. Ce qui s'est passé ce soir à l'école polytechnique de l'Université de Montréal est épouvantable. Il y a un homme qui est rentré dans une salle des classes qui a séparé les hommes et les femmes et qui était muni d'un couteau et d'une arme à feu, qui a blessé 13 personnes et qui a tué 200 frits, 14 criant "Je haie les féministes" avant de se suicider. et il a laissé une lettre où il expliquait très concrètement qu'il commettait un acte antiéministe.
Puis il y a eu cet acte, cet attentat encore une fois en 2014 d'Éliot Roger qui a tué six personnes, principalement des femmes et qui en a blessé sep devant une sorité aux États-Unis. Donc un endroit là encore où il y a des femmes, des femmes étudiantes. Et pendant les mois précédents, il avait publié ses vidéos. [Musique] En 2018, il y a un homme qui dit s'inspirer directement des actes d'lioter qui foncent sur des passants dans les rues de Toronto au Canada avec un camion.
Il tue 11 personnes, principalement des femmes là encore, il en blesse 15 autres. En 2015, en Angleterre, il y a un homme qui tente de poignarder au couteau, trois femmes à Portmooth et qui écrit "Toutes les femmes doivent mourir" en 2018, Scott Paul Burl qui tue deux femmes dans un studio de yoga en Floride. Après s'être identifié là aussi comme Insel, comme masculiniste, un autre en 2018 qui tire sur des conductrices au hasard dans la rue car il les trouve incompétentes.
Et toujours la même année en 2018, un homme identifié comme Insel là encore tue 17 personnes dans le lycée de Parkland aux États-Unis. En 2020 à Toronto, un homme va dans un salon de massage et tue trois personnes à la machette sans parler de tous ces attentats planifiés contre les femmes et qui ont été déjouées et que là aussi vous énumérez dans le livre. Et en fait, je voulais faire un petit peu une liste comme ça qui n'est pas exhaustive pour montrer que mi bout à bout, on se rend compte que c'est un vrai phénomène et que c'est un vrai problème et que tout ce dont on va parler dans cette émission sur le masculinisme qui bien sûr n'atteint pas du tout pour la majeure partie du temps ce degré de violence là puisque c'est le cas les plus extrêmes, les meurtres mais ça a des conséquences, ça a des conséquences extrêmement réelles, extrêmement concrètes, comprend pas avec le même sérieux que d'autres attentats et pour ça vous donner un chiffre qui là encore je trouve fait froid dans le dos qui est une étude de l'Academie of Western Australia de 2020 qui montre que depuis 2014 jusqu'à 2020 en Australie, les Insell ont tué au moins 50 personnes et en ont blessé 58.
Et ça, c'est l'équivalent du nombre de victimes de l'islamisme sur la même période. Bref, le masculinisme tue. C'est ça que vous avez voulu montrer dans dans ce livre aussi.
C'est absolument ce que j'ai voulu montrer parce que en effet qu'on on met les éléments bout à bout et encore toutes ces événements là, tous ces attentats là, ce sont les plus médiatisés. C'est ce que moi j'ai pu trouver en cherchant euh des articles de presse, en cherchant euh voilà des des rapports de police, mais euh on ne sait pas en fait toutes les attaques qui ont pas été identifiées comme masculinistes et qui en fait peut-être le sont. Et c'est une question qui me hante un peu dans tout le livre aussi, c'est de me dire combien de féminicides, combien de meurtres intrapersonnels, intrafamiliaux parfois euh ont été influencés par le masculinisme.
Et oui, le masculinisme tue. Et c'est assez intéressant parce que sur internet les masculinistes eux-mêmes disent "Non, mais c'est la misanderie, donc le fait de pour les femmes de détester les hommes qui est super dangereuse alors qu'en fait la misanderie, elle ne tue pas. La misogénie par contre, elle tue au quotidien des centaines de milliers de femmes chaque jour en France, partout dans le monde.
Et on a beaucoup de mal à appréhender ce sujet-là comme étant du terrorisme. Et moi, c'est ce qui m'a beaucoup étonné dans mes recherches en parlant avec des instances comme la DJ ou en parlant avec beaucoup d'experts expertes, c'est que on a beaucoup de mal à considérer la misogénie comme étant un mobile suffisant pour tuer quelqu'un. Autant l'extrémisme politique ou religieux, on arrive à l'appréhender et encore pas toujours, mais sur la misogénie, on a l'impression que ça n'existe pas vraiment.
Et en fait euh notamment dans plusieurs procès d'attentat des jouets de l'extrême droite ces dernières années, on constate qu'il y a une dimension misogyne. Il y a une dimension antiféministe mais qui est largement gommée parce que c'est pas ça qu'on a envie d'y voir. Mais c'est important de distinguer dans ce que vous dites.
Je crois le les meurtres de femmes qui sont commis parce qu'on vit dans une société qui est patriarcale où on a une vision de la femme très particulière et où les femmes, on le rappelle, sont beaucoup plus victimes de violence de la part des hommes que les hommes, que le reste de la population. Donc ça c'est un fait. Mais là, les faits qu'on vient de citer, les événements qu'on vient de citer, c'est vraiment des actes politiques revendiqués comme tels où les agresseurs vont laisser euh des enfin les assaillants vont laisser des traces écrites en disant vraiment mon but dans la vie c'est de d'exterminer les femmes.
Enfin, ça c'est vraiment une quelque chose qui est allé euh très très très loin. C'est pas de la misogénie inconsciente. C'est vraiment quelque chose qui a un but politique.
Et ça, je connais pas d'équivalent inversés. Je connais pas de femmes qui assassinent les hommes parce qu'elles voudraient détruire les hommes de voilà éradiquer les hommes de la surface de cette planète. Et et c'est sur cet aspect très politique que je voudrais qu'on continue à s'aantir parce que c'est ça le masculinisme euh vraiment qui est diffusé sur les réseaux sociaux pour une partie de ce masculinisme.
On reviendra un petit peu plus dans les détails. J'aimerais juste finir sur le côté ultraviolent qui est quand même reconnu par Europol, donc la police européenne qui fin 2021 a publié son rapport annuel sur l'état du terrorisme en Europe et qui pour la première fois a pointé l'antiféminisme comme un risque terroriste. Donc encore une fois, ce dont on parle là, c'est quand même un sujet qui est extrêmement sérieux. qui est un sujet de société majeure et qui est un sujet qui met les femmes en danger.
Combien il y a de masculinistes à travers le monde en France ? Est-ce que c'est quelque chose qu'on arrive à quantifier ? Combien de personnes ça concerne ?
C'est très compliqué à quantifier parce que euh alors si le masculinisme a existait bien avant les réseaux sociaux, hein, les réseaux sociaux ont bah inventé la misogénie, a juste euh permis euh au masculinistes de se rassembler, de s'organiser politiquement aussi, de communiquer entre eux, euh il est très compliqué d'établir des chiffres parce que on constate que sur ces mouvements en ligne, sur ces groupes rédits, sur ces forums et cetera, c'est très compliqué de distinguer les gens qui sont très actifs, très actifs sur ces forums qui participent et qui croit vraiment à ce qui est dit. Toute la majorité silencieuse qui vient juste pour lire mais qui ne participent pas et ceux qui sont là pour le troll pour un petit peu voilà rigoler qui prennent ça au milè degré. Et donc il y a une seule véritable étude qui a été faite par un chercheur qui s'appelle Manuel Horta Ribero en Suisse qui lui estime euh que sur Redit, sur les forums anglophones masculinistes, lui il est arrivé au chiffre d'à peu près 1 million de personnes actives sur différents forums masculinistes anglophones à travers le monde.
Donc 1 million c'est quand même beaucoup et ça ne comprend même pas tous les gens qui vont juste regarder, qui vont juste lire, qui vont pas participer, qui vont pas commenter. Donc c'est compliqué à estimer, mais ce qu'on peut voir en tout cas, c'est que l'influence du masculinisme, elle est de plus en plus majoritaire sur internet dans le sens où c'est des vidéos qui reviennent extrêmement souvent sur nos algorithmes. Et ce qu'il faut savoir en algorithmique, c'est que quand une vidéo revient souvent, c'est qu'elle est assez centrale dans la toile qui est internet. euh que ce sont des contenus qui regroupent des centaines, des milliers, voire des millions de vues, de likes, de commentaires.
Donc c'est euh une pensée qui est très largement partagée, diffusée et euh auquel beaucoup de jeunes garçons et de jeunes hommes euh adhèrent toutefois. Mais justement sur cette pensée parce que là, on a commencé avec les cas les plus extrêmes, c'est-à-dire ces hommes qui vont politiquement assassiner des femmes au hasard. Mais sur ces vidéos, c'est pas ce qu'on voit.
On a on a la plupart du temps, c'est pas des hommes qui disent "Allez tuer toutes les femmes que vous rencontrez". Pas du tout. C'est cette pensée euh qui s'inscrit dans ce courant selon lequel effectivement on serait dominé par des féministes et sur lesquels il faudrait reprendre le pouvoir.
Le problème de l'homme moderne est qu'il est tellement éloigné de sa masculinité qu'il laisse les filles lui dicter ses actions, son statut, sa domination, son abondance et son but. Alors premièrement, sur quoi il s'appuie pour faire ce ce constat selon lequel voilà, il serait dominé et qu'est-ce qu'il recommande pour reprendre ce pouvoir ? Alors ça ça va sur plusieurs sphères, j'ai envie de dire, de la vie et de la société.
Un truc qu'on remarque par exemple, c'est les masculinistes, je dis un peu plus âgés parce que souvent c'est des pères et des pères divorcés. Et un des cas qui explorent le plus souvent, c'est le fait de dire que en cas de divorce, c'est les mères qui obtiennent euh la plupart du temps la garde des enfants. Et en fait ce qu'on se retrouve c'est qu'avec des associations à forte portée masculine, je pense à SOS Papa notamment qui est un équivalent français de phase of Justice au Canada et aux États-Unis qui s'était alors si on se rappelle en 2013, il s'était accroché à des à un grand pont à Nant un des pères pour exiger la garde de son enfant et en descendant du pont il avait dit mais voilà toutes les juges c'est des femmes, elles sont corrompues.
Et donc ça allait avec cette idée là que la justice voilà serait en faveur des femmes. On retrouve là depuis quelques années une grande prévalence pour ce qu'on appelle le syndrome d'aliénation parentage mais des guillemets parce que c'est un syndrome qui n'est absolument pas prouvé par la littérature scientifique mais qui visera à dire que un enfant pour être manipulable et de fait accuser un parent de violence alors que ce n'est pas le cas notamment de violence sexuelle. Euh il y a plusieurs enquêtes journalistiques qui ont été fait ces dernières années pour montrer que c'est quelque chose qui est mis en avant pour euh accuser les mères qui dénoncent les faits euh de violence sexuelle sur mineur et d'inceste et de violence conjugale.
Donc déjà, il y a cette partie-là. Mais en fait, tout ce qu'on retrouve, c'est des masculinistes qui occupent beaucoup le terrain sur le domaine de la séduction, de la drague. Je dirais que c'est un peu le la partie émergée de l'iceberg qu'on voit le plus, c'est le fait de dire comme le féminisme aurait émasculé les hommes et les auraient rendu moins mal à la fin, euh les hommes n'auraient plus accès à la sexualité.
Et ça c'est quelque chose qu'on qu'on retrouve beaucoup de misère sexuelle, terme qui ne se base sur rien du tout. euh scientifiquement parlant, mais en tout cas euh voilà, il y aurait un déficit de sexualité chez les jeunes hommes en France et ce serait la faute des féministes avec la notamment la notion de consentement, avec euh l'expression euh plus forte des violences faites aux femmes. Voilà, selon eux, c'est la cause de leur non accès à la sexualité.
Et donc pour eux, un des enjeux, c'est de reprendre le pouvoir là-dessus. Donc ça va passer par des coachings en séduction avec des conseils. Alors bien sûr tout ça est fortement rémunéré hein dans le sens où c'est pas des coachings souvent qui sont gratuits he c'est des formations à 500 700 € le weekend le séminaire.
Oui c'est un énorme business he c'est ce que c'est un business très juteux. Ça rapporte très gros d'être masculiniste en ligne quand on sait un petit peu s'y prendre. Et je le lâche comme ça comme un pavé dans la marre.
Mais oui les femmes sont attirées par les hommes qui pensent être supérieurs à ell tout simplement. Alors lui c'est Léo. Il a une chaîne YouTube qui s'appelle les philogines.
Il y a 119000 abonnés. Il est psychologue de formation. Il vend des séances de coaching personnalisé. 300 € la séance, un forum Discord payant.
Il a des formations en vidéo qui vont de 96 à 890 €. Euh il y a du côté des masculinistes une manipulation aussi des statistiques pour par exemple essayer de prouver que les hommes seraient plus victimes de violence conjugale que les femmes alors que quand on regarde les chiffres du ministère de l'intérieur, ce n'est pas le cas. Euh enfin voilà, on a plein d'exemples comme ça et en fait le but principal des masculinistes dans leur dans leur action en ligne en tout cas et celle qui est la plus visible, c'est le fait de restituer un discours euh de restituer une certaine vérité.
Je me coupe d'imer là-dedans, mais euh un discours comme quoi euh on nous mentirait sur dans le monde dans lequel on vit, on nous mentirait sur le fait que le féminisme serait bon pour la société et qu'en fait on aurait tout à gagner, à revenir à une espèce de d'ordre patriarcal assez ancien qui existe toujours hein, mais très encore plus ancien de les femmes à la maison et à la cuisine et le monde s'emportera d'autant mieux. Mais ce que vous dites, c'est que ça se s'oppose vraiment au discours féministe et là on le voit très bien sur toutes les questions de séduction puisque c'est vraiment une réaction à la libération de la parole des femmes sur le fait que elles sont très nombreuses à subir des violences sexuelles, que leur consentement n'est pas toujours respecté et donc qui finalement promuvent une exigence de respect de leur droit, de respect du consentement et que ce que ces hommes-là vont vivre comme une violence, vont vivre comme une injustice. Et votre livre est très intéressant en ce qui essaie de nous permettre de nous mettre dans la tête un petit peu de ces hommes-là sans les juger, sans rentrer dans quelque chose de très binaire de "Ah, c'est horrible le masculinisme".
Et de se dire en fait pourquoi on a autant d'hommes qui adhèrent encore une fois de manière assez quand même massive à ces théorieslà ? Qu'est-ce qui les pousse à rentrer dans cette boucle algorithmique si ce n'est bien sûr les algorithmes en eux-mêmes ? Et c'est bien qu'il y a aussi une détresse réelle de ces hommes-là.
Je pense qu'il y a une détresse, mais je pense aussi que euh le masculinisme en fait offre un schéma de pensée du monde qui est très simple et très confortable dans le sens où euh un homme qui euh voilà, un jeune adolescent, un jeune adulte qui n'arrive pas à avoir accès euh à la sexualité ou à des relations affectives euh plutôt que de se remettre en question, de constater que mais en fait le domaine de la séduction et de l'amour est miné de questions de privilège, de questions justement de consentement, tout ça en fait c'est beaucoup plus simple de dire non, c'est pas de ta faute si tu n'arrives pas à avoir de relations sexuelles et affectives. C'est la faute des femmes et du féminisme. C'est un schéma de pensée qui est très simple en fait et qui est très rassurant.
C'est beaucoup plus simple en fait de croire ça plutôt que de se remettre en question. Donc déjà, je pense qu'il y a ça et d'autre part, je pense en tout cas pour les adolescents, moins pour les jeunes hommes, mais je pense que pour les adolescents, ils vivent dans un monde qui est bombardé d'injonction, parfois contradictoire entre eux ce que leur dit l'école, ce que peuvent leur dire leurs parents, ce que peuvent leur dire leurs potes, ce que peuvent leur dire les réseaux sociaux. Et donc ça crée euh comme ça une concentration d'injonctions qui sont parfois très contradictoires parce que par exemple euh dans le discours médiatique, on a tendance à dire que les jeunes ont jamais été aussi progressistes, ont jamais été aussi euh euh fluides dans leur genre, dans leur sexualité.
Et en fait, quand on regarde des travaux de sociologue comme celui d'Isabelle Clair qui a interrogé les ados pendant 20 ans, on constate qu'en fait pour les adolescents, les marqueurs fondamentaux de la virilité chez les garçons, ça reste les mêmes qu'à 20 ans, c'est-à-dire faire des choses de bonhomme, l'hétérosexualité comme rempart, euh le fait de boire beaucoup, conduire vite, enfin on est toujours sur les mêmes modèles qu'à 20 ans. Et donc je pense qu'il y a on a un moment aussi où c'est une génération de jeunes qui soit sont dans un progressisme beaucoup plus que ma génération pouvait l'être peut-être à leur âge, soit sont dans une forme de repli et de fait de backlash face au féminisme de de le backlash retour de bâton. C'est le terme anglophone pour le retour de bâton face au féminisme.
C'est le fait de dire en fait on n pas besoin du féminisme voir même il est nocif pour la société. Pour revenir un petit peu sur les parcours qui mènent ces hommes à adhérer à ces thèses, ces hommes ou ses garçons, c'est vrai que c'est important de le dire, qui mène à l'adhésion à ces théories masculinistes, il y a la construction du genre, la question de l'identité d'homme, la question de la virilité qui était déjà finalement abordée par Pierre Bourdieu que vous citez, vous vous dites "On ne n'est pas homme, on le devient." Et Pierre Bourdieu disait "Le privilège masculin est aussi un piège et il trouve sa contrepartie dans la tension et la contention permanente, parfois poussé jusqu'à l'absurde, qu'impose à chaque homme le devoir d'affirmer en toute circonstan sa virilité." Donc cette adhésion au masculinisme, c'est peut-être aussi l'expression d'une souffrance face à des normes auxquelles il n'arrive pas à se conformer aussi en tant que jeunes hommes.
Absolument. parce que quand on regarde un petit peu les différentes sous-communautés masculinistes, alors il y en a plein hein, c'est sont parfois opposés entre elles, ce qui est ce qui est assez absurde par ailleurs, mais il y a notamment si on prend la par exemple la question des incell, alors les incellise qui veut dire involuntary célibate, donc célibataire involontaire et c'est un groupe qui revendique en tout cas sa virginité ou son non accès aux relations affectives et sexuelles. Et le eux c'est leur identité, c'est de dire on nrive pas à avoir d'amoureuse et on narrive pas à avoir accès à la sexualité et ça c'est à cause des femmes.
Et donc tout ce groupe là par exemple est basé sur une grosse haine des femmes bien sûr, mais une grosse haine d'eux-même aussi pour ne pas correspondre au standard de ce que eux imaginent être un homme parfait, de ce que eux imaginent être la virilité. C'est-à-dire que par exemple dans le langage cellel, on retrouve notamment une figure qu'on appelle la figure du Chad. Et le chat, c'est un peu le mec populaire, blond, quatterback, comme dans les les films américains qui réussirait à séduire toutes les meufs.
Et en fait, les insell se pose en opposition à ce modèle-là du CHED en disant "Ben nous, on n'est pas très beau, on n'est pas très sportif, on a des boutons, on n'est pas très virile et donc il y a toute une construction en effet autour de l'identité masculine et virile. Et on retrouve beaucoup sur les réseaux sociaux, par exemple chez les inscells, ce qu'on appelle le luxe maxing qui est le fait de dire comment est-ce que je peux améliorer mon apparence, y compris en passant par la chirurgie esthétique pour devenir un vrai mal alpha. Ça c'est un terme qu'on retrouve beaucoup aussi.
Mais donc il y a toute une culture de la musculation aussi que vous décrivez la force de récupérer cette force et cette domination physique. Cette domination physique c'est une domination aussi mentale dans le sens par exemple quand on regarde un peu les références que vont avoir les masculinistes, on va retrouver beaucoup de personnages de fiction qui sont en fait des sérial killers, des des personnages de sang froid qui ne montrent aucune émotion. Tout le concept aussi du mal alpha donc à la figure du loup, de la meute et cetera, c'est se détacher de la meute, d'être totalement euh froid et leader par rapport aux autres et donc de montrer aucune émotion quitte à faire de la manipulation émotionnelle.
Et c'est ça qu'on retrouve aussi sur les réseaux sociaux assez euh euh rapidement et facilement, c'est des vidéos qui expliquent comment manipuler son entourage pour avoir euh réussir à avoir ce qu'on veut et notamment comment euh manipuler émotionnellement euh les femmes pour réussir à accoucher avec elles, pour réussir euh à parfois leur imposer euh des rapports sexuels dans le consenti. Enfin, c'est c'est toutes ces cultures là de vouloir euh retrouver, je dirais, une domination masculine qui pour eux a disparu et qui en fait n'a pas disparu du tout. Pour coucher le premier soir avec elle, tu dois un lui faire sentir que tu es un mec ouvert d'esprit qui ne juge pas ça.
En fait, tu enlèves les principes. Beaucoup d'hommes vont dire "Je va coucher le premier soir avec elle, mais si coucher le premier soir, c'est une pute." toi, tu dois faire sentir que tu aimes les femmes spontanées, tu aimes les femmes aventurières, tu ne juges pas, tu es ouvert d'esprit et cetera et qui est encore une fois une volonté très très assumée à l'international parce que dans tous les pays, c'est un petit peu le même phénomène qu'on retrouve avec à chaque fois ces hommes qui expliquent à d'autres hommes comment retrouver leur pouvoir avec des propos misogynes extrêmement assumés.
Évidemment, moi je me suis penché plus sur le cas français puisque puisqu'on est en France. Donc peut-être qu'il faut donner des noms pour réussir à se représenter ce que ça veut dire chez nous. Euh par exemple, on peut penser au youtubeur Stéphane Edouard qui est un des anciens experts de Mario au premier regard qui a une émission sur M6 donc qui est quelqu'un d'assez euh populaire et d'assez reconnu aussi par les institutions qui a tenu à plusieurs reprises des propos extrêmement problématiques sur le viol, sur bah le consentement et qui a été quand même voilà pointé du doigt pour ça. sans armes et sans coups, vous ne pouvez pas violer une femme.
B non, elle va se débattre. Vous ne pouvez pas, c'est pas possible. Oua ouais.
Essayez avec votre sœur ou votre cousine, ce n'est pas possible. Vous ne pouvez pas immobiliser suffisamment une femme adulte et la pénétrer. C'est impossible.
Mais on peut tomber sur son contenu en cherchant tout simplement des conseils de séduction, c'est-à-dire en étant peut-être un jeune ou ou un moins jeune, en voulant tout simplement mieux réussir à séduire et en se laissant un petit peu prendre dans cette boucle là. Vous comment vous voyez ces vidéos de de Stéphan Édouard ? Mais par exemple, Stéphanard, c'est un cas intéressant parce que alors il se définit plus comme coach en séduction, ça ce fut le cas par le passé.
Maintenant c'est plus le cas. il se définit je sais plus comme un un un psychologue ou en tout cas un spécialiste des relations hommes-femmes. Ça c'est intéressant aussi en terme euh de mot quel mot on choisi pour un peu pour pas dire qu'on est coach parce que maintenant c'est c'est très décrié d'être coach en séduction.
Mais en tout cas ces vidéos là elles sont hyper intéressantes que ce soit Stéphane Eddard ou plein d'autres coachs en séduction. c'est le fait de montrer une vision des relations femmes qui est d'une part très binaire et d'autre part très essentialiste. C'est le fait de dire que les hommes sont comme ça, les femmes sont comme ça, tous les hommes pensent la même chose, toutes les femmes pensent la même chose et euh toutes les femmes veulent la même chose aussi. et donc de proposer des espèces de solutions clé en main de voulais sé une femme mais toutes les femmes sont les mêmes, elles aiment toutes la même chose.
Donc on va proposer euh une manière de séduire qui va être universelle, c'est euh euh de trouver en tout cas que le féminisme va trop loin. Je pense que ça c'est un démarqueur fort aussi du masculinisme, c'est trouver que le féminisme va trop loin. tout serait allé trop loin et de fait on serait passé dans une espèce d'air de chasse à l'homme, chasse aux sorcières et cetera et qu'en fait les femmes et les féministes exagéreraiit sur les violences que Stéphanard dans certaines vidéos, il peut dire que oui bien sûr il y a des connards qui existent, il y a des gens qui bien sûr il y a certaines femmes qui sont agressées mais que on exagère quand même peut-être un peu cette histoire.
Euh donc ça prouve quand même une certaine vision du monde de privilégier en fait de dire ça aussi. C'est-à-dire que avoir ce discours-là de dire "On exagère quand même les violences fa de femmes, c'est un discours de quelqu'un qui est privilégié et qui ne veut pas voir aussi ça. Et puis ça ne je pense servirait pas euh son business aussi, c'est c'est sa création de contenu, sa sa vente de séminaire que de dire qu'il existe des inégalités hommes-femme, qu'il existe une différenciation et que on est c'est pas si simple que ça quoi.
Un autre masculiniste bien connu que vous citez dans votre livre, c'est Léo des philogines qui lui a une chaîne où vraiment là encore, il tient des propos quand même très limites sur le consentement, sur la domination où il incite les hommes à dominer euh notamment psychologiquement les femmes et et il est c'est extrêmement assumé. À bien des égards, l'amour requière des compétences de management, management particulier n'en des plaises encore une fois au bisous. C'est c'est tout ce qu'on apprend dans 3 semaines pour la cross, c'est d'appliquer ces principes de management, de gestion du cadre et si vous ne le faites pas, la fille vous méprisera infini.
Si on mettait ces vidéos sans le son, on pourrait croire que vraiment c'est un youtubeur comme les autres qui parle fast cam, qui parle fast cam, qui a vraiment les codes de n'importe quel contenu YouTube plus traditionnel. Et en quoi ce type de contenu a des répercussions sur le réel ? En quoi est-ce que selon vous ce ne sont pas de simples idées qui sont transmises mais qu'à la fin ça a des conséquences concrètes sans aller jusqu'au meurtre des femmes qu'on a évoqué au début ?
En fait, ce que ce qui est assez intéressant avec tous les masculinistes qui œuvrent en ligne et particulièrement sur YouTube, c'est que en effet, ils ont repris tous ces codes de YouTube, tous ces codes d'Internet, c'estes euh miniatures avec euh des titres un peu chocs, avec une manière de parler, une manière de se mouvoir qui parle du coup particulièrement aux jeunes garçons, aux jeunes hommes euh qui euh sont un espèce de produit d'appel aussi pour ce qui vendent derrière. On l'a dit, c'est un business assez assez lucratif. Mais en fait, ce qui est assez intéressant avec ces vidéoslà, c'est que euh on peut les regarder en se disant "Ah juste, j'écoute d'une oreille mais ça m'inteint pas." Mais en fait euh l'algorithme souvent de YouTube comprend très vite que on est intéressé par ce genre de vidéo si on la regarde jusqu'à la fin.
Et donc on se retrouve de cette vidéo à passer une autre vidéo peut-être encore plus radicale. Et en fait ces idées-là elles infusent tranquillement aussi parce qu'on vit dans un monde où la violence masculine, elle est totalement légitimée et totalement valorisée aussi. Et donc ces idées-là, le fait de contraindre les femmes, de les manipuler psychologiquement en fait c'est très banalisé d'une part dans notre quotidien.
Et donc ces vidéosl ne font qu'appuyer peut-être un sentiment déjà existant. Et donc qu sont les conséquences pour les femmes ? conséquence pour les femmes, c'est qu'en fait en effet jusqu'à sans jusqu'à aller jusqu'à un attentat de masse ou un féminicide de masse dans des établissements scolaires comme on peut voir aux États-Unis, en fait, il y a certains jeunes hommes qui peuvent intégrer ces idées et se dire que s'il est parfaitement normal d'harceler sexuellement une collègue de bureau, de mettre une main aux fesses à une camarade d'école, de vouloir forcer sa petite copine à des actes sexuels non consentis, à insulter des femmes qu'on voit sur internet, c'est des c'est en fait se sentir légitimé et autorisé.
à être violent psychologiquement, physiquement euh sans qu'il y ait vraiment de répercussion parce que comme on l'a ça on l'a peut-être pas dit mais toutes ces contenus là, ils sont accessibles en ligne, ils sont pas censurés, ils sont pas modérés, ils sont encore dernier exemple peut-être mais là on a listé tous les les cas très violents d'attentat, mais en janvier 2020, il y a un monsieur qui s'appelle Michael Filetas qui a tué son ex-compagne de 80 coups de couteau. Cet homme là, c'est un peu le premier cas en France répertorié de tuerie masculiniste parce qu'elle a tué son ex-compagne mais également blessé la sœur de cette dernière. Et euh ce mec-là, il était enfin, il est toujours coach en séduction, maintenant il est en prison.
Mais sa chaîne YouTube, elle est encore en ligne. Il y a encore sa dernière vidéo, elle a plus de 12000 vues avec des commentaires depuis qu'il est en prison avec marqué on a hâte qu'il sorte de prison pour qu'il continue à nous donner des super conseils. Et donc ça Oui, mais en fait, c'est une vision du monde et c'est une vision des femmes parce que c'est aussi cette idée que son ex-compagne n'avait pas à le quitter.
Et là, on vient le problème des féminicides qui encore une fois n'existe quasiment pas de manière inversée, c'est que ça s'inscrit dans cet inconscient selon lequel les femmes nous appartiennent et qu'à partir du moment où on est en couple avec elles, elles doivent rester avec nous qui fait que c'est insupportable quand elles nous quitte et au point que certains on arrive à les tuer. Encore une fois, l'inverse n'existe pas, en tout cas absolument pas dans ces proportions. Et donc c'est en ça aussi que ces contenus en tout cas moi je les perçois comme problématique, c'est qu'il contribuent à perpétuer cet imaginaire très misogyne qui infiné peut avoir des conséquences extrêmement concrètes.
Et ce que je trouve intéressant dans votre livre, c'est que vous établissez en fait ce continuum de la vision de la femme, ce continuum de la violence. On peut se dire "Mais en fait, moi je regarde une vidéo en de conseil en séduction, ça n'a absolument rien à voir." Oui.
Et ça n'a rien de grave. Ça n'a rien de grave en soi et c'est vrai qu'en soit on commet rien d'illégal en regardant ce type de vidéo mais ça s'inscrit dans une pensée qui à la fin peut avoir des répercussions extrêmement extrêmement négatives. J'aimerais revenir sur un autre exemple, une vidéo qui a beaucoup circulé ces derniers temps et qui montrait un jeune homme musulman footballeur qui expliquait selon lui les critères que sa future femme devrait respecter.
Première règle, ma femme aura interdiction d'avoir des amis garçons pour aller où ? C'est moi ton ami, c'est moi ton confident, c'est moi ton pire ami, il y a pas d'amis. Voilà, ça existe pas chez moi.
Deuxième règle, ma femme aura interdiction de travailler dans un travail où il y a des hommes autour d'elle. Voilà, c'est pas compliqué. Travailler halel avec que des femmes si possible à la maison.
Troisième règle, ma femme aura interdiction de partir en voyage sans moi. Voilà, c'est pas compliqué. Les voyages avec ses potes, je sais pas quoi, elle oublie.
Elle voyage que avec moi, c'est moi qui la protège. Et si, imaginons je suis pas là, je l'autorise à partir en voyage avec son grand frère, son père, des hommes de sa famille. C'est tout.
Et ce que je trouve intéressant avec cette vidéo, c'est qu'elle a été reprise par toute l'extrême droite et par toute la droite un peu dure en disant "Mais c'est inadmissible, c'est profondément misogyne." Et la vidéo est de facto profondément misogyne, diffusée sur TikTok avec gros succès sur TikTok auprès des jeunes. Pourquoi est-ce que l'extrême droite va s'indigner de ce type de contenu produit en l'occurrence par un jeune homme musulman et ne va pas s'indigner de contenu tout aussi misogynes produit par des personnes bah d'extrême droite tout simplement ?
Je pense que il y a euh cette volonté euh notoire de la part de l'extrême droite de vouloir euh être islamophobe à tout prix euh dans tous les cas. Et je pense que c'est un bon exemple aussi du d'un espèce de fémonationalisme, c'est-à-dire le fait de récupérer euh les enjeux du féminisme, les violences, euh les violences sexistes et sexuelles, la misogénie à son compte, au compte de l'extrême droite et donc au compte de la xénophobie, de l'islamophobie. En effet, l'extrême droite ne balaye pas trop dans son camp.
Quand on regarde sur notamment les les hommes et femmes politiques ou en tout cas les figure un peu de l'extrême droite, la misogénie est très courante, hein. Il suffit de regarder un petit peu et de lire les textes d'Éric Zemour. Il suffit de regarder du côté de l'extrême droite en ligne, que ce soit du côté de Julien Rogi, de Tais Descuffon, de Papacito, euh l'extrême droite a un lien très très fort avec le masculinisme, a une porosité idéologique entre ces deux mouvements.
Et d'ailleurs depuis quelques années, et c'est à mon sens pas un hasard, il y a une récupération politique de la part de l'extrême droite, du masculinisme et de la rhtorique masculiniste pour essayer de recruter à l'extrême droite. Et c'est ce que fait Ta Descluffon par exemple. Elle est belle, jeune, populaire sur TikTok et surtout d'extrême droite.
Elle c'est Tauffon. Tu l'a peut-être déjà vu passer dans ta for you page parce que son compte TikTok cartonne et qu'il semble sortir tout droit des années 40. Je suis une femme mais je ne suis pas féministe.
Pourquoi les rues de l'Occident sont peuplées par des mecs comme ça ? Sur son compte, elle défend une vision très traditionnelle du couple, des relations hommes-femmes et de leurs place respectives dans la société. Ce qu'on sait moins, c'est que c'est une vieille militante de la droite radicale et violente, notamment pour avoir été l'ancienne porte-parole de génération identitaire, un mouvement d'extrême droite dissous en 2021.
Ce qui peut paraître étonnant parce que elle tient des propos extrêmement misugines mais c'est une jeune femme donc c'est d'autant plus indétectable quand on n'est pas formé sur ces questions. C'est indétectable et en plus je pense que ça passe avec beaucoup plus de douceur dans le sens si c'est une femme qui le dit c'est qu'elle doit avoir raison. Moi, je suis assez persuadée que la plupart des misogynes nestiment pas être misogynes et que en fait il y a je pense qu'il y a beaucoup d'hommes qui regardent les vidéos ta qui font qu'ils sont persuadés eux-mêmes ne pas être misogynes parce que ah bah c'est une femme qui le dit donc si elle elle le dit d'autres doivent le penser mais par exemple bah tu as des excusions depuis la dissolution de de génération identitaire dont elle était la porte-parole elle s'est investie à 100 % sur les réseaux sociaux et justement a une stratégie marketing et une stratégie de création de contenu qui est proche proche de celle d'Andrew Tate aux États-Unis qui est considéré comme le roi des masculinistes qui est actuellement en prison en Roumanie d'être humain et et viole à plusieurs contres dans quatre coins aux quatre coins de monde.
Il y a des plaintes contre lui mais T Descuon récupère un petit peu aussi ça de par ses miniatures, de par les théories qu'elle met en avant ne serait-ce que la théorie de la Red Pil qui est un concept masculiniste et du film Matrix qui dirait que la pilule bleue c'est la société dans lequelle on vit une société féministe de bisou nours et que les masculinistes auraient pris la pilule rouge donc celle de la vérité et qui viserait à voir le grand complot qui est le le féminisme. Et rien que cette notion-là, elle elle traverse un peu internet et elle traverse énormément ses contenus d'extrême droite et ce qui fait que euh c'est de ça dont il faut se préoccuper aussi aujourd'hui. En fait, ce qu'on comprend en lisant votre livre, c'est qu'il n'y a pas un profil de masculiniste et c'est ça que je vous l'ai montrer en citant cette autre vidéo, c'est que ça peut être de n'importe quel bord quand même politique ou en tout cas de beaucoup de bords politiques.
Ça peut aussi être des personnes de tout âge. Il y a pas que des jeunes, même s'il y a énormément de jeunes. Et surtout ça peut être des personnes de notre entourage et faut qu'on arrête de se représenter le masculiniste comme un homme enfin ou un adolescent de 15 ans boutonneux dans sa chambre geek complètement associable parce que c'est pas toujours le cas et que il y a aussi des hommes qui sont intégrés socialement qui peuvent être notre voisin notre ami notre frère et qui tout simplement se fait dans ces boucles algorithmi algorithmiques aussi parce que c'est finalement beaucoup ces boucles qui véhiculent ce type d'idée et que se limiter à ce cliché Là, ça nous empêche aussi de lutter contre ce masculinisme qui, on l'a souligné, fait aussi beaucoup de mal à la société.
C'est c'est vraiment Oui, en fait en ayant cette vision-là euh du mascisme comme un jeune ados boutounneux dans sa chambre qui insulte les femmes sur internet, il y en a euh c'est le cas quand même mais euh c'est pas une majorité et c'est extrêmement difficile de tracer un portrait robot de ce que est un masculinisme parce que le masculinisme traverse vraiment toutes les classes sociales, tous les tranches d'âge, tous les milieux sociaux, tout un ensemble géographique aussi. Euh et donc c'est assez compliqué à appréhender et moi je considère le masculinisme comme une forme de théorie du complot euh dans cette idée de grands complots des féministes contre les hommes. Et donc euh le masculinisme agit avec les mêmes logiques et les mêmes rhtoriques parfois que certains euh mouvements complotistes et conspirationnisme dans comment ils arrivent à enrôler des gens.
Et dans pour ce livre, j'ai interviewé beaucoup de proches de masculinisme de masculiniste pardon et c'est des gens qui me disaient "Oui, c'est mon pote". Et en fait du jour au lendemain, il a commencé à regarder des vidéos puis il a commencé à dire "Bah voilà, toutes les femmes, c'est vraiment des c'est vraiment des meufs pas sympas. Euh euh toutes les meufs, elles me refusent donc du coup je les déteste, ce genre de choses.
Et en fait, on voit que c'est de plein de gens avec des parcours très très différents dans la vie. Certains qui ont fait des grandes études, certains qui viennent de milieu euros, certains qui sont plus âgés que d'autres. Enfin, c'est vraiment c'est présent partout et ça se distre monde politique et médiatique.
Et donc c'est pour ça aussi que le masculinisme marche si bien. Oui, on va revenir sur la manière dont ça a infusé aussi dans le monde culturel, dans le monde médiatique, sur les réseaux sociaux, y compris pour le coup dans des contenus qui n'ont pas du tout vocation à être masculiniste. On peut soi-même employer des expressions masculinistes sans le faire exprès, des mêmes masculinistes sans le faire exprès.
Mais j'aimerais qu'on revienne sur l'une des dernières dimensions vraiment militante du masculinisme qui est la haine en ligne qui est le harcèlement. Parce que si j'ai choisi aussi de euh lire votre livre en premier lieu, c'est parce qu'en tant que journaliste, c'est quelque chose que j'ai beaucoup subi et que très nombreuses sont mes conur euh qui ont subi euh également la même chose. Et les personnes que vous citez, certains euh des youtubeurs dont on a parlé, euh moi personnellement m'ont déjà harcelé ou ont déjà fait des vidéos sur moi, ce qui m'a valu des vagues de haine par la suite ou certaines de mes invités.
Et donc c'est des choses que subissent beaucoup de femmes, surtout les femmes qui s'exposent publiquement. Et c'est une c'est vraiment un des principaux outils de la lutte contre le féminisme. C'est cette haine en ligne qui est euh massive, qui est organisée et parfois en tant que femme, je dis femme publique, mais vraiment on n'a pas besoin d'avoir une grosse notoriété pour en être victime, hein.
Il suffit d'avoir juste une exposition dans une vidéo et ça suffit. et quand ils vous prennent comme cible, ça peut aller extrêmement loin. Donc moi, ça n'a pas été mon cas jusqu'à présent, mais euh il y en a qui euh comme Nadia Dame là, cette journaliste qui avait fait une chronique sur France Inter euh sur euh le le forum jevideéo.com euh avait reçu de telles vagues de haine qu'elle a dû déménager.
Son adresse avait fuité, l'école, l'adresse de l'école de sa fille avait fuité, c'était allée, elle avait vécu un véritable enfer et ça c'était purement les réseaux masculinistes. Et quand les réseaux masculinistes décident de s'acharner sur une femme, ça a des conséquences extrêmement concrètes. Et un des exemples que vous citez et finalement des plus connus, c'est le l'exemple de du procès entre Amber Herd et Johnny Depp qui a eu beaucoup d'écho à travers le monde, qui est sûrement le procès du siècle he un des procès les plus suivis de tous les temps euh qui a donné lieu à une pétition euh qui demande à ce que Amber ne puisse plus jamais travailler qui est la pétition la plus signée de tous les temps. faut quand même le rappeler et qui a provoqué une espèce de de ouais de folie collective de bashing de cette femme.
Alors qu'en réalité, comme le montre très très bien un très bon documentaire de France 5 de Cécile de la rue dont on vous mettra le lien dans la description de la vidéo, elle ne méritait pas du tout ça et surtout elle n'était pas du tout coupable à ce point de ce dont on l'accusait. Et tout ça vient des réseaux masculinistes. Un procès qui a été la toile de fond d'une campagne de désinformation et de propagande.
Un harcèlement en ligne qui n'a qu'un but, faire terire les femmes. Comment les masculinistes sont-ils parvenus via le procès à imposer leur récit dans l'opinion publique, à bousculer le mouvement et à conforter une violence systémique contre les femmes ? Déjà, peut-être pour commencer, ce qu'il faut ce qu'il faut prendre en compte, c'est que la violence en ligne, c'est un continuum des violences.
C'est-à-dire que il y a pas la violence hors ligne dans la rue d'un côté et la violence sur les réseaux sociaux de l'autre. C'est pas deux espaces qui ne se touchent jamais, c'est un continuum. Et donc quand on parle de violences sexistes et sexuelles, de violences faites aux femmes et aux minorités de genre, euh les violences en ligne sont euh très largement euh présentes, bien que sous considéré parce que c'est internet, on nous dit qu'il suffit d'éteindre notre téléphone et ça ira mieux, c'est bon, ça va passer, c'est les réseaux sociaux, tout ça.
Donc on a une très mauvaise appréhension des des cyberviolences. Déjà, je pense que c'est une première chose à dire sur le procès d'Apber. En fait, ce qui est hyper intéressant, c'est que c'est un procès de star et que à ce titre, la presse généraliste or presse people ne s'est pas emparé du procès.
Et en fait, ce qui a permis ce qui a laissé la voix de libre pour euh beaucoup de chaînes Twitch, chaînes YouTube, de comptes masculinistes aux États-Unis qui se sont proposés de couvrir le procès. Faut savoir que ce procès donc c'est un procès en diffamation euh était en live sur YouTube, ce qui est déjà un un comment dire ce qui est déjà un problème ou en tout cas une manière de procéder qui est assez inédite dans l'histoire des procès qui et qui émané de la volonté de Johnny Depp qui émané de la volonté de Johnny Deppp et les avocats de Johnny Deppp comme le monde de Cécile de la rue dans son documentaire très tôt ont envoyé des documents du dossier confidentiel confidentiel à des chaînes masculinistes qui se sont fait un plaisir de propager des fausses informations avant même que Amber n'ait parlé, avant même qu'elle nait mis un pied dans le tribunal, elle avait perdu. Et je suis malheureusement assez persuadée que ça aurait été ce procès de star ou un autre euh la femme dans tous les cas aurait été euh la principale accusée et mise au banc et diabolisée.
Et voilà, c'éit une sorcière, c'éit une menteuse. On va pas rentrer trop en détail sur ce procès-là, mais vraiment je vous invite à regarder ce documentaire de Cécile de la Rue parce que même moi qui n'avais pas suivi le procès, j'avais l'impression de l'extérieur que vraiment c'était une menteuse, qu'elle avait abusé de lui et qu'il était la victime dans cette affaire. Et et pourtant je je suis pas du tout des réseaux masculinistes en particulier, mais c'est allé tellement loin dans l'opinion publique, ça a tellement conquis l'opinion publique que c'est arrivé jusqu'à des personnes comme moi qui sont pas du tout sensibles pourtant à ce type de thèse.
Et le documentaire démontre très très bien ça et c'est absolument glaçant. Et en fait ce qu'on ce qu'on a pu voir avec ce procès, c'est à quel point en effet la pensée masculiniste elle est très facilement diffusable et à quel point les fausses informations masculinistes. Par exemple le fait, on a dit qu'elle a pris de la cocaïne pendant le procès.
On a dit on a dit que elle avait elle copiait ses tenues sur celle de Johnny Dep dans ses films. Voilà, ce genre de de qu'on peut penser des petites fausses informations comme ça en fait ont pris une ampleur tellement forte qu'on s'est retrouvé avec des adoss de 14 ans en train de faire des TikTok où ils se moquaient d'he qui témoignait de violence sexuelle. Et ça pour moi c'est une dystopie horrible qui avait pas tant une dystopie d'ailleurs, mais on est arrivé à un point où la violence envers cette femme était tellement banalisée que même des ados se trouvaient autorisés à rigoler de récits de viol et de violence sexuelle.
Ouais, ce procès en fait c'est un grand moment de backlash et de victoire des masculinistes dont on n pas du tout pris la mesure sur le moment. On a mis on a mis du temps à s'en rendre compte et le le documentaire de C de la rue, je pense en France en tout cas est arrivé un un moment quasiment un an après le procès. On se rappelle quand même que un an après le procès c'était festival de Cann.
Johnny Depp a été applaudi Standing Ovation pendant 7 minutes d' il a gagné vraiment la bataille de l'opinion publique et les masculinistes avec. Et c'est ça qui est impressionnant, c'est que aux États-Unis, ils ont parlé de ce procès comme un procès antimitou dans le sens de voilà, les finitions allaient trop loin, parfois les femmes elles ment, on a quand même le droit de le dire, tout ça. Et en fait, c'est un procès qui a montré à quel point les réseaux masculinistes étaient organisés, étaient politiques, que c'était pas juste des hommes qui insultaient des femmes, il y avait une dimension politique et à quel point c'était des théories qui avaient la force de se propager et de devenir extrêmement banal pour tout le monde.
Il faut préciser que même des sérial killers, même des hommes qui ont tué des dizaines de personnes n'ont jamais subi ce niveau de haine en ligne. C'est vraiment euh on a c'est c'est un des cas historiques de haine en ligne. Aujourd'hui, elle est recluse, elle peut absolument plus sortir, elle n'a plus aucune vie sociale.
Euh alors que le procès était beaucoup plus complexe que ce qui voilà nous a été montré. Et donc à la fin ça témoigne de comment le masculinisme aussi a infiltré cette culture populaire. Donc c'est peut-être sur ça que j'aimerais terminer parce que vous nous prenez un exemple à un moment de quelqu'un que l'on connaît bien ici, Gérald Armanin qui a assé cette petite phrase à Apoline de Malerbe.
Essayez de démontrer la pas. Calmez-vous. Non mais calmez-vous madame, ça va bien se passer.
Aujourd'hui, il y a une baisse de 30 % ça va bien se passer. Il va bien se passer. Oh je vous demande pardon.
Comment ? Ça va bien se passer madame, vous allez voir. Fameux ça va bien se passer. dans votre livre qu'en réalité c'était une référence à un coach masculiniste qui s'appellerait maître Yoda.
Maître Yoda. Alors il est pas forcément coach masculiniste et on va dire c'est un coach de sport sur YouTube où au début des années 2010 c'était très à la mode de se fighter un peu par vidéos interposé sur YouTube. Voilà de se dire toi je t'attends à la sortie tout ça.
Voilà et donc maître Yoda, il a fait cette vidéo donc c'est un coach de sport où il dit mais ça va bien se passer ça va bien se passer ça va bien se passer. Mais vous pensez vraiment que Gérald Armanin parce que j'ai du mal à penser que Gérald Armanin quand même fasse une référence ouverte assumée à ça ou même qu'il ait conscience de ce type de contenu. Ne t'inquiète pas, ça va bien se passer.
Bien se passer. Ne t'inquiète pas. T'inquiète pas hein.
Ne t'inquiète pas. Quand cette phrase est arrivée, on a été plusieurs journalistes militantes féministes à se dire "Ça nous rappelle quelque chose mais ça peut pas être ça. C'est trop gros, c'est trop en fait il y a eu des articles de presse après et je pense qu'on ne saura jamais vraiment si c'était volontaire ou involontaire de la part de Geral maintenant.
Il n'empêche que ça a eu un effet de dog whistle, de d'appel de pied à cette communauté masculiniste, cette communauté d'extrême droite aussi parce que sur les forums notamment jevideéo.com, c'est des communautés qu'on retrouve, c'est des propos qu'on retrouve et donc maître Yoda étant un espèce de même, un gimic sur ces forums là, Gérald Armanin en utilisant ça, c'était un appel de pied. Même un volontaire de sa part, ça a été un appel de pied quand même.
Et donc ça témoigne quand même de quelque chose qui est assez puissante de dire que en fait euh euh on peut euh parler aux masculinistes euh en antenne libre comme ça et il se passera rien. Alors on a réussi à établir une partie une petite partie de toutes les retombées négatives que peut avoir ce masculinisme qui, on l'a dit prend de plus en plus d'ampleur. J'aimerais qu'on termine sur des solutions, peut-être aussi sur une note d'espoir puisque c'est aussi ce que vous donnez dans votre livre.
Qu'est-ce qu'on pourrait mettre en place collectivement, politiquement pour endiguer ces idées encore une fois très sexiste, très réactionnaires qui peuvent mener au pire ? La première chose, je pense que déjà il y a un grand travail à faire euh du côté des plateformes de réseaux sociaux qui doivent jouer leur rôle, leur responsabilité collective et politique qui est de modérer les contenus qui sont problématiques, les contenus qui sont misogynes qui sont racistes, qui sont LGBThobes. Oui.
Mais alors comment on pourrait déterminer ce qui est misogyne ? parce que sur le fond, j'entends parfaitement qu'on veuille réguler le contenu misogyne. Mais quelqu'un qui donne une opinion où il dit bah voilà, moi je me sens dominé par les femmes, on peut pas décemment dans une démocratie le censurer.
En plus, ça pourrait avoir un effet encore pire qui serait de de renforcer ce sentiment de victimisation. En fait, c'est une question qui est complexe parce que ça c'est toute la question justement de la modération. Est-ce qu'on met en place la modération humaine ?
Est-ce qu'on met en place de la modération algorithmique ? Et principalement sur les réseaux sociaux, on a de la modération algorithmique, c'est-à-dire des intelligences artificielles qui scannent des mots, des propos, des images aussi par voir pour voir s'il y a de la nudité par exemple. Alors que avoir un peu plus de modération humaine, ça permet d'instaurer de la nuance aussi, c'est-à-dire de dire est-ce que le propos qu'on est en train de lire, c'est en effet une opinion et tout le monde a le droit d'avoir une opinion ou une incitation au viol ouverte.
Exactement. Ou est-ce que c'est une incitation à la haine ? Est-ce que c'est pour vendre des programmes de coaching ?
Est-ce que c'est dans un but d'attirer vers des propos plus radicaux aussi ? Donc c'est ça, c'est d'arriver à mettre un petit peu de nuance mais en tout cas il y a une responsabilité claire de la part des plateformes à prendre. D'autre part, je pense qu'il y a un grand travail au niveau de l'éducation, c'est quelque chose qu'on rabâche depuis des années, mais ne serait-ce que mettre en place vraiment la loi de 2001 sur l'éducation et la sexualité à hauteur de trois séances par classe et par an, ça permettrait de déceler aussi.
Je pense que vraiment les cours d'éducation à la sexualité pour en avoir fait euh ça permet aussi de dénoter des propos parfois rétrograde misogyne de pouvoir les cibler de pouvoir justement un peu les débunker discuter avec les jeunes aussi de ce type de propos. Oui, parce qu'il y a un rapport qui est sorti l'année dernière du Haut Conseil pour l'égalité femme-homme qui fait état d'un sexisme extrêmement ancré, extrêmement puissant chez les jeunes générations qui va complètement à rebour de cette idée selon laquelle voilà les jeunes seraient hyper progressistes. En réalité, on se rend compte que ce sexisme est très très prignant et ce rapport au consentement quand on parle des rapports sexuels où on se rend compte qu'une partie des jeunes générations n'a pas du tout de de vision du consentement de ce que devrait être le consentement.
Absolument. Le rapport du HCE de janvier 2023, ce qu'il dit c'est que il y a à peu près 20 % des hommes de moins 35 ans qui est que pour se faire respecter dans notre société, il faut être violent envers les autres. Et rien que ça, rien que ce chiffre là, 20 % c'est beaucoup en fait chez les moins de 35 ans.
Euh et donc l'éducation et la sexualité, ça peut être une solution. Le fait de lutter contre les stéréotypes de genre, ça peut être une autre solution aussi. C'est quelque chose qui est amorcé dans les classes, mais on sait que malheureusement dans les écoles, les professeurs ont déjà beaucoup à faire. euh qu'on n' pas assez d'argent pour euh euh appeler des associations extérieures aussi telles que le planning familial pour les faire intervenir.
Et enfin, je pense la troisème solution, alors c'est une solution qui est plus compliquée à naviguer et en même temps qui me semble essentielle, c'est travailler sur la question de la santé mentale et notamment la santé mentale des jeunes garçons. C'est-à-dire comment on met en place une société politiquement pour que les jeunes hommes se sentent habilités à exprimer leurs émotions sans que ce soit forcément de la violence et de la colère. comment ils peuvent exprimer justement le rejet, la souffrance parce qu'on sait l'adolescence début de l'âge adulte, c'est un âge qui est compliqué pour beaucoup euh bah je pense pour à peu près tout le monde d'ailleurs de qu'est-ce qu'on va faire de notre vie, est-ce que je vais finir seul dans la vie, qu'est-ce que je vais faire ?
Est-ce que je vais être heureux ? Et donc avoir aussi euh du véritable soutien euh psychologique et en santé mentale euh pour aussi les jeunes garçons pour éviter justement qu'il glisse vers une pensée très simpliste et très rassurante et misogène. Oui, parce que on va terminer là-dessus, il y en a beaucoup qui vont très mal bien sûr.
Et vous dites même dans le livre qu'au fur et à mesure vous étudiez et vous infiltrez ces réseaux masculinistes. Vous en rencontrrez des masculinistes notamment repentis et vous expliquez que vous ressentez de la compassion bien sûr au fur et à mesure parce que certains sont juste dans une détresse psychologique immense et auraient besoin d'une aide et de l'attention et et du et des soins tout simplement et ils ne trouvent pas cette aide et effectivement ils se mettent dans les réseaux masculinistes et la santé mentale c'est un autre sujet qu'on a prévu de plus aborder d'ailleurs cette année sur Blast qu'il faut aborder aussi politiquement. Absolument.
Il y a une il y a une il y a quelque chose de politique à aborder la question de la santé mentale, des soins psychiatriques, des soins psychologiques, de la pai et il y a tous ces sujets là, c'est des sujets très politiques. Et en fait, je pense que ces jeunes hommes-là, en effet, moi tout au long du bouquin, je suis partie de l'idée. Au début, j'étais très manquaine, il y a les méchants masculinistes d'un côté et moi de l'autre.
Et en fait, plus j'avance, plus j'ai rencontré des hommes aussi où il y a eu un effet miroir où moi je me suis reconnu aussi quand j'étais adolescente ou certaines périodes de ma vie. C'est juste que moi, je suis pas tombée dans ces dans ces schémas là. Pour le coup, moi le féminisme m'a sauvé.
Je je le dis très clairement, eux le masculinisme leur a donné des réponse là où personne leur avait donné des réponses avant. Et je pense que c'est essentiel et ça a joué un un rôle de groupe de soutien pour beaucoup d'entre eux. Et on manque de groupe de soutien aussi euh qui ne soit pas dans une tangente viriliste ou ésotérique ou euh ou masculiniste simplement, mais juste d'avoir des espaces où on a des professionnels de la santé mentale pour pouvoir accueillir et euh et changer la société pas à pas aussi.
Bien, merci beaucoup d'avoir été avec nous Pauline Ferrari. C'est la fin de cet entretien. Je rappelle que votre livre Formé à la haine des femmes comment les masculinistes infiltrent les réseaux sociaux est disponible aux éditions JCATS.
Merci. C'est la fin de cette vidéo. J'espère qu'elle vous a plu et qu'elle vous a intéressé.
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Et moi je vous dis à bientôt. [Musique] Oho!
Marina Ferrari