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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 24 octobre 2018 25 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEurope & internationalJustice

Eric Coquerel : "Quand vous envoyez 100 policiers dans 17 endroits, ça ne peut pas venir sans aval politique"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 24 %Attaque 56 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 65 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Faut-il compter sur un éventuel repreneur ou est-ce que c'est à l'Etat de prendre sa charge ?

  • 2:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que les gouvernements peuvent aujourd'hui s'affranchir de ces règles sans problème ?

  • 5:22OuverteRéponse directe

    Pourquoi vouloir en faire un référendum anti-Macron ?

  • 8:59OuverteÉludée

    Est-ce qu'il n'aurait pas fallu commencer par là, tout simplement ?

  • 10:18OuverteRéponse partielle

    Est-ce que Jean-Luc Mélenchon n'est pas allé trop loin ?

  • 11:56OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut revenir sur certains mots prononcés la semaine dernière par Jean-Luc Mélenchon ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:12Invité politiqueChiffre
    « Le CICE cette année va coûter 40 milliards d'euros à l'Etat. »
  • 1:57InvitéPromesse
    « Je suis prêt à ce que l'Etat investisse un euro d'argent public, dès lors qu'un euro d'investissement privé aura été trouvé. »
  • 3:23Invité politiqueFait
    « Qui l'a signé ces règles ? Le peuple italien l'a signé ces règles. »
  • 3:33Invité politiqueChiffre
    « Les Italiens sont très en deçà aujourd'hui des 3% de déficit. Ils sont à 2,4%. »
  • 4:44Invité politiqueChiffre
    « La dette italienne, 131%. Sauf que la dette italienne, il n'y a que 32% de la dette qui est détenue par des étrangers. »
  • 11:01Invité politiqueFait
    « Tous nos dossiers ont été aspirés, tous nos fichiers, tous nos mails d'échange, toutes les données privées. »
  • 16:43Invité politiqueFait
    « Envoyer 100 policiers dans 17 endroits ensuite auditionner 25 personnes pendant des heures et des heures. »
  • 24:43Invité politiqueFait
    « nous avons eu affaire à un dispositif policier et judiciaire qui est inédit dans ce pays »
  • 24:54Invité politiqueFait
    « dans un cadre mondial où on s'aperçoit quand même que de plus en plus ceux qui représentent comme nous l'alternative par rapport à un système ont souvent des ennuis avec la justice »
  • 25:06Invité politiqueFait
    « comme le cas de Lula ou il n'y a pas longtemps monsieur Iglesias en Espagne »

Temps de parole

  • Éric Coquerel76 %
  • Présentateur12 %
  • Invité7 %
  • Locuteur non identifié3 %

3,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Bonjour Eric Coquerel et merci d'être au micro d'Inter, nous voulions vous entendre à froid sur les raisons de la colère, la vôtre, celle de Jean-Luc Mélenchon. Beaucoup de questions que veulent vous poser aussi les auditeurs de France Inter, on va y venir. Mais d'abord ce dossier, ce scénario qui se répète après GMS dans la Creuse, Ascoval dans le Nord, vous l'entendiez dans le journal. L'Etat est appelé à la rescousse pour sauver encore ce site, un site industriel menacé. Le dossier est entre les mains de la justice, des centaines d'emplois sont en jeu, sur qui faut-il compter pour sauver les emplois ?

Faut-il compter sur un éventuel repreneur ou est-ce que c'est à l'Etat de prendre sa charge ?

0:37
Éric Coquerel

Non bien sûr c'est à l'Etat. Vous savez il n'y a pas longtemps Bruno Le Maire nous expliquait qu'il avait une politique industrielle ambitieuse. Alors ils ont commencé par laisser définitivement partir Alstom sur General Electric, on voit que les promesses ne sont même pas tenues. Et là il s'agit de quoi ? Il s'agit de construire d'acier, d'acier spéciaux dont on comprend bien même d'un point de vue écologique que c'est stupide de les importer en termes de coût carbone. Donc il est nécessaire que la France continue à fabriquer de l'acier. Et là on a une entreprise, la Société Maire dans laquelle l'Etat reste actionnaire. Toute la question elle est est-ce que l'Etat va les aider ?

Moi je vais vous dire une chose, le CICE cette année va coûter 40 milliards d'euros à l'Etat. Le CICE c'est on donne de l'argent aux entreprises sans contraintes, sans fléchage. Monsieur Bruno Le Maire nous dit ah mais vous savez si on donne beaucoup comme ça aux actionnaires, aux entreprises, le bon sens va faire qu'ils investissent. On voit que c'est pas vrai, le début de l'année l'a montré, le budget le montre, les dividendes ont explosé, l'emploi n'explose pas. Donc je dis une chose, les aides aux entreprises sont possibles, notamment dans les secteurs concurrentiels, notamment qu'on estime stratégiquement que l'Etat doit intervenir.

Et donc il faut flécher les aides, arrêter de mettre de l'argent comme ça par la fenêtre qui ne sert à rien sauf aux dividendes. Voilà ce qu'il faut faire par rapport au dossier qui est aujourd'hui sur la table du ministre de l'économie.

1:55
Invité

Justement le ministre de l'économie Eric Coquerel vient de déclarer « Je suis prêt à ce que l'Etat investisse un euro d'argent public, dès lors qu'un euro d'investissement privé aura été trouvé. » Est-ce que vous... Non je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas d'accord.

2:07
Éric Coquerel

Non je ne suis pas d'accord. Encore une fois l'acier ça reste stratégique. On va continuer à consommer de l'acier. Donc on en a besoin. Donc il ne peut pas faire ce genre de chantage. Bon, donc moi je crois que c'est plutôt l'inverse. C'est-à-dire que l'Etat doit assumer et puis voir après si des investisseurs privés reviennent. Mais cette entreprise, outre le fait qu'il y a des emplois dans un bassin qui a déjà été très touché par le chômage, c'est déjà insupportable. Mais en plus de ça, je vous le dis, c'est un enjeu stratégique. On a laissé partir par exemple toutes les éoliennes marines. On ne fabrique plus une seule éolienne marine alors qu'on veut la transition énergétique.

Est-ce qu'on veut continuer comme ça avec tout ce qu'est l'industrie française ? Non, il faut le sauver.

2:42
Présentateur

Autre question d'actualité, c'est une première dans l'histoire de l'Union Européenne. Hier la commission de Bruxelles rejetait le projet de budget du gouvernement italien. La commission elle est garante des engagements pris par des gouvernements. Est-ce que les gouvernements peuvent aujourd'hui s'affranchir de ces règles sans problème ?

2:57
Éric Coquerel

On a là devant nous un des problèmes aujourd'hui de l'Union Européenne. Parce que vous savez que le Parlement français, mais le Parlement italien c'est pareil, notre rôle c'est les lois et le budget. En ce moment on est en train de voter le budget. Imaginez qu'à un moment donné, le Parlement italien n'est plus souverain sur la question du budget. C'est quelque chose qu'au bout d'un moment les peuples ne peuvent plus comprendre. On leur impose une politique venue de l'extérieur.

3:18
Invité

C'est la règle, c'est la règle qu'on a signée.

3:21
Éric Coquerel

Mais la règle venue d'où ? Qui l'a signé ces règles ? Le peuple italien l'a signé ces règles. Qui l'a signé ces règles ? Mais je vous rappelle par exemple que les règles qu'on veut nous imposer en France, sur la fameuse règle d'or, c'est la même chose. Sauf que là en plus, c'est le comble, parce que les Italiens sont très en deçà aujourd'hui des 3% de déficit. Ils sont à 2,4%.

3:38
Invité

Pardon, ce n'est pas ce que dit Pierre Moscovici qui était à votre place il y a deux jours. Non, non, il dit que les 2,4% n'est pas le vrai déficit et que le déficit structurel est bien supérieur quand on calcule avec la dette.

3:51
Éric Coquerel

Il est de 2,4% vis-à-vis du PIB. Ce qui est reproché, c'est qu'éventuellement ils ne tiennent pas les promesses de descendre à 0,8%. Alors on ne sait pas pourquoi tout à coup l'Italie doit descendre à 0,8%. Est-ce que par exemple, vous savez je ne chéris pas le gouvernement italien sur bien des aspects, mais est-ce que par exemple, il y aurait un plan économique, nous on en présente un avec le contre-budget. On estime par exemple qu'on va relancer l'activité et qu'au bout de 5 ans en réalité, ça va se lisser, on reviendra en dessous de 3% de déficit. C'est le contre-budget que propose la France insoumise.

Qui a le droit de condamner par essence une politique économique qui a été validée par le peuple ? Et tant qu'on aura une Union européenne qui est en réalité une espèce de camisole de force, l'organisation d'un dumping géant entre les peuples sans harmonisation sociale et sociale, on n'y arrivera pas. C'est une vraie question de fond.

4:34
Présentateur

C'est une vraie question de fond, Éric Coquerel. Mais imaginez que l'Italie fasse exploser la zone euro, alors c'est les Français, notamment les Français, qui en subiraient les conséquences.

4:42
Éric Coquerel

Vous savez très bien que là, par exemple, pour le cas de l'Italie, ce n'est pas vrai. Parce qu'on parle de la dette italienne, 131%. Sauf que la dette italienne, il n'y a que 32% de la dette qui est détenue par des étrangers. Elle est interne. On venait de l'entendre dans la chronique d'Antony Bélanger. Ce n'est pas vrai. Arrêtons de dire que l'Italie est en danger comme si tout d'un coup, il y avait un risque de déficit. Ça, c'est des choses pour faire peur aux gens. C'est des choses pour nous contraindre à toujours baisser les dépenses publiques, à toujours faire des réformes structurelles qui cassent les lois sociales, etc.

Donc derrière la question de la dette, derrière la question de l'éficit, c'est une politique libérale,

5:17
Présentateur

celle que Macron applique dans ce pays. Justement, vous faites la transition parce que la campagne des Européennes se profile. Pourquoi vouloir en faire un référendum anti-Macron ?

5:25
Éric Coquerel

Parce que la politique de Macron, c'est exactement la même en France que celle qu'il impose, on va dire, à l'Europe avec Mme Merkel depuis des années. Voilà, c'est la même politique, celle qui impose des budgets d'austérité, celle qui estime qu'il faut laisser beaucoup d'argent aux dividendes, comme je l'ai expliqué tout à l'heure, ce qui fait qu'on a quelque chose d'incroyable. Vous avez la consommation des ménages en France qui baisse, le pouvoir d'achat qui baisse, sauf pour les 1% de Français les plus riches, où là, ça explose. C'est cette politique qu'on nous demande d'appliquer.

On nous demande, c'est aussi des demandes de Bruxelles, des réformes structurelles, par exemple sur la SNCF, l'obligation d'ouverture à la concurrence. Est-ce que, par exemple, vous avez eu un seul grand parti en France depuis quelques années qui a fait des campagnes électorales là-dessus ? Moi, je n'ai pas entendu. En général, une fois qu'ils sont élus, tout d'un coup, on apprend que la SNCF, l'énergie, tout ça va être bradé à l'encant,

6:17
Invité

ouvert à la concurrence, privatisé. Quelle sera la position de la France insoumise lors de ces Européennes ? Qu'est-ce que vous allez dire aux gens ? Vous allez dire aux gens, si vous votez pour nous, on va faire comme on fait les Italiens, c'est-à-dire qu'on va faire un... On va assumer de sortir des règles ?

6:34
Éric Coquerel

Alors, déjà, une première chose, c'est que les Européennes ne nous permettront pas de faire comme les Italiens. Je souhaite que nous rapportions les élections présidentielles.

6:40
Invité

J'entends bien. Mais est-ce que vous allez assumer de sortir... Pardonnez-moi. Est-ce que vous allez assumer, dans votre discours, là, pour les Européennes, de sortir des règles ? Pourquoi pas ?

6:49
Éric Coquerel

De désoblier aux règles ? Oui. On ne pourra pas le faire avec le Parlement européen, vous le savez.

6:53
Invité

Oui.

6:53
Éric Coquerel

Mais dans votre discours... De désoblier aux règles, si demain, nous gouvernons le pays, bien évidemment. Bien évidemment. Nous désoblierons aux règles pour appliquer notre programme. Et je vais vous dire une chose. Ça n'aura pas de conséquences. Ça aura juste la conséquence de nous permettre à la France de négocier sur un rapport de France de force, parce que la France, deuxième puissance économique en Europe, on ne fait pas l'Union européenne sans elle. Autrement dit, c'est notre plan A, nous nous estimons que si demain, nous gouvernons le pays, nous avons un ensemble de mesures.

Oui, certaines d'entre elles nous entraîneront vers la désobéissance, par exemple au niveau du déficit budgétaire, mais ça donnera des forces pour négocier ce que n'ont fait aucun des présidents français depuis quelques années, même s'ils avaient dit le faire vis-à-vis de Mme Merkel, et d'imposer un autre rapport de force. Et vous savez une chose, je suis sûr d'une chose, c'est qu'après ce qui se passe en Italie aujourd'hui, après ce qui se passe dans beaucoup de pays méditerranéens, vous verrez que nous ne serons pas les seuls, nous Français, à demander qu'on cesse avec une politique d'austérité et un libre-échange généralisé. Le plan B,

7:48
Invité

si jamais les négociations sont échouées.

7:49
Éric Coquerel

Je vais vous dire ce qu'est le plan B.

7:50
Invité

Est-ce que vous assumez

7:51
Éric Coquerel

d'aller au bout du plan B ? Le plan B, d'abord il varie selon les pays. Le plan B, c'est moi qui, en partie, qui en ai un jour défini les règles, c'était en août 2015, après la crise grecque. Il est évident pour certains pays, par exemple la Grèce, très certainement le plan B aurait été traduit par une sortie de la zone euro. Mais franchement, vu ce qui se passe aujourd'hui en Grèce, un pays qui a quasiment été ramené au niveau d'un pays et en voie de développement, ça aurait été utile. Pour nous, ce n'est pas ce qui se passera. Ce n'est pas ce qui se passera parce que je viens de le dire encore, il n'y aura pas de construction européenne sans la France ou l'Allemagne.

Donc pas de flexibilité. C'est les deux acteurs. Non, ce ne sera pas une sortie, comme ça, ce sera une réorganisation de notre coopération européenne avec les pays qui nous suivront. Mais moi, j'ai confiance dans le fait que le plan A peut fonctionner parce que tout le monde en Europe aujourd'hui a intérêt à sortir de cette spirale infernale qui nous emmène vers des gouvernements d'extrême droite, nous ramène tout vers le bas.

8:43
Présentateur

Nous voulions revenir avec vous, Éric Coquerel, revenir à froid sur la séquence politique qui a commencé avec les perquisitions au domicile de Jean-Luc Mélenchon, perquisitions au siège du Parti de Gauche et de la France Insoumise. On a entendu la colère, on a vu des images, on a entendu des mots qui ont marqué tous les Français. Hier, Sophia Chikirou qui est mise en cause dans des systèmes de surfacturation dans la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Sophia Chikirou était sur BFM TV. Elle s'est défendue. Elle a présenté ses arguments. Est-ce qu'il n'aurait pas fallu commencer par là, tout simplement ? Ça, c'est extraordinaire. Mais commencer par là, par quoi ?

C'est-à-dire s'expliquer, répondre, au lieu de manifester d'abord la colère, au lieu de mettre en cause des institutions, la police, la justice, au lieu de dénoncer une opération menée par l'Elysée ?

9:32
Éric Coquerel

Alors, vous l'avez dit hier, non, elle ne s'est pas défendue. Elle a été très offensive et elle a montré une chose faite à l'appui, c'est qu'il n'y avait ni surfacturation, ni a fortiori, parce que ça, ce n'est même pas la justice qui le soupçonne, ni d'enrichissement personnel. Ça, c'est des médias qui ont ajouté ça dans le paysage et je pense qu'elle a donné l'effet. Mais vous savez, quand on n'a rien à se reprocher, quand on part d'une enquête, je cite la procureure de Paris qui estime que, en réalité, on n'est pas passé sur une enquête judiciaire car nous n'en sommes pas aux incidents graves et concordants. Je la cite, d'accord ?

C'est-à-dire à quelque chose qui est l'herbe de vérification. Pourquoi voudriez-vous que nous allions expliquer pourquoi nous ne sommes pas coupables ? Qu'est-ce que c'est que c'est ? Autre manière de vous poser la question,

10:18
Présentateur

est-ce que Jean-Luc Mélenchon n'est pas allé trop loin ? Pourquoi ne pas avoir laissé, tout simplement, comme le disait Léa, la justice mener son enquête

10:25
Éric Coquerel

et les policiers faire leur travail ? Est-ce que ce qui a été fait était inédit ? Moi, je suis très étonné, je vais vous dire une chose, je suis très étonné que vous, journalistes, il n'y ait pas quelque chose qui vous ait frappé dans l'événement qui a touché un des principaux partis de l'opposition la semaine dernière. D'accord ? On a, sur la foi, de ce que je viens de dire, c'est-à-dire deux signalements. Un signalement d'une députée Front National sur un emploi, sur des emplois européens, même pas du Parlement européen, sur une enquête qui commence sur des vérifications de comptes qui ont été validés.

On se retrouve avec 17 perquisitions pendant des heures avec des policiers gilets pare-balles qui arrivent dans les sièges qui aspirent tous les dossiers. Entendez bien que vos auditeurs écoutent bien, tous nos dossiers ont été aspirés, tous nos fichiers, tous nos mails d'échange, toutes les données privées. Et ça, c'est une perquisition. C'est une perquisition. Non, mais ça, attendez, c'est une perquisition. Un citoyen lambda n'aurait pas pu faire le quart de ce que vous avez fait sans se retrouver directement arrêté. Expliquez-moi, c'est une perquisition. Oui, mais justement, nous sommes...

Quand vous perquisitionnez un journaliste, vous savez que les journalistes, vous avez droit à pas mal de protections parce qu'on considère, même si la loi Fake News contre laquelle on s'est opposé, ébrèche malheureusement ces libertés. On considère qu'il est normal au niveau des libertés publiques de faire en sorte qu'un journaliste ait des protections. Un parti politique peut donc, sur la foi, de vérification, de vérification, de compte validé, se retrouver avec 17 perquisitions. Tout le monde, tous les gens un peu censés, M. Jacob, M. Lagarde, des journalistes ont dit leur étonnement sur cette situation inédite.

Et moi, je suis très étonné que ça ne soit pas là-dessus que vous vous interrogez.

11:56
Invité

Est-ce qu'on peut revenir sur certains mots qui ont été prononcés la semaine dernière par Jean-Luc Mélenchon ou des membres de la France Insoumise et est-ce que vous pouvez nous dire si vous les maintenez toujours quand Jean-Luc Mélenchon appelle les militants à pourrir tous les journalistes de France Info, pourrissez-les partout où vous pouvez. Est-ce que vous assumez ces propos ? Est-ce qu'ils sont excessifs ?

12:15
Éric Coquerel

Je vais vous dire une chose. Je pense que la déception à ce que ça traduit est à la hauteur de ce que nous avons subi. Encore une fois, moi, je n'attendais pas, notamment, je vous l'ai dit, j'écoute France Inter tous les matins, d'accord ? Je n'attendais pas de la part de France Info ou par exemple de la part de Mediapart le fait qu'après un tel, comment dire, une action aussi dure des militants qui ont été perquisitionnés pendant des heures. Moi, j'ai une permanente de mon parti. Elle s'est retrouvée avec quatre policiers pistolets à la ceinture, gilets pare-balles pendant des heures avec ses trois enfants derrière.

Encore une fois, vous pouvez regarder, vous pouvez me dire ah mais c'est normal, c'est quelque chose d'inédit. Jamais un parti n'a été frappé avec aussi peu au départ de vérifications. Est-ce que vous redisez ce matin ?

13:02
Invité

Je vous le dis,

13:04
Éric Coquerel

j'aurais attendu une chose, ce que j'aurais voulu, c'est que les médias s'interrogent d'abord de savoir qui avait donné cet ordre, qui avait permis que sans policier qu'ils soient détournés par exemple, parce que c'est les mêmes, les enquêtes sur l'évasion fiscale. Est-ce que vous redisez ce matin pourrisser les journalistes de France Info ? Vous attendez quoi ? Que je contredise ? Jean-Luc, ça ne vous y arriverait pas de toute façon. Non, si, si, si, si c'est ce que vous cherchez, je ne le ferai pas. Est-ce que c'est excessif ou oui ?

Je vous dis non, ce n'est pas excessif, c'est à la hauteur de la démesure de ce qui s'est passé et du fait que oui, nous aurions attendu de certains médias au lieu d'aller chercher, au lieu d'aller faire des papiers après, les mêmes médias, je parle de Mediapart par exemple.

Mais enfin, moi je suis étonné, monsieur, au niveau de Mediapart, monsieur Plenel par exemple, quand il a eu sa réévaluation de la TVA, il a, et je pense qu'il avait raison en plus, il a dit que c'était une vengeance fiscale, le vendredi matin, un papier avec différents éléments, je pense qu'hier, Sophia Chichou a largement répondu là-dessus, c'est-à-dire sur le fait qu'il n'y avait pas de surfacturation de la part d'une société de communication qui a tellement bien fait son travail que vous avez tous célébré la campagne qui a eu lieu, je ne vais pas reciter, ça a été fait ici notamment par l'équipe en guerre.

Vous savez justement que les journalistes de la cellule d'investigation de Radio France ont dit que c'était une campagne économique. Je suis très étonné que votre première réaction ça soit celle-là. C'est devenu banal dans ce pays, est-ce que c'est devenu banal dans ce pays qu'on ait à un moment donné un tel déchaînement à partir d'une enquête où je vous le rappelle, la différence avec une information judiciaire c'est que c'est un procureur. Le vice-bâtonnier de Paris, je ne me souviens plus de son nom, M.

Adair, dans Nouvelle Obs, explique qu'il y a un vrai problème en France depuis 20 ans avec l'inversion de pouvoir entre le procureur et justement un magistrat instructeur du siège Voilà, pardon. Pourquoi ? Parce que le procureur est nommé par le ministre. C'est un lien ombilical j'allais dire avec le pouvoir. C'est vrai. Et là, attendez, je continue. On est sur une enquête préliminaire avec très peu de faits au départ, enfin même pas des faits mais très peu de soupçons, très peu de vérifications et on se retrouve avec un déchaînement. Alors pourquoi pointer du doigt cibler des journalistes en disant pourrissez-les partout ?

Parce que nous avons été fortement énervés et je voudrais bien qu'on vienne maintenant au fond. Peut-être qu'on pourrait venir à savoir comment un parti peut se retrouver dans cette situation avec aussi peu de choses au départ ? Comment il peut se retrouver dans un contexte international où malheureusement et ces termes, je l'ai utilisé, c'est ceux justement du vice-platonnier, il y a une politisation aujourd'hui. Il n'y a pas de justice politique mais il y a une politisation de la justice et je trouve qu'on devrait plutôt s'interroger qui a donné la possibilité sans policier ? Vous vous rendez compte ? Alors qu'on en a besoin partout ? Monsieur Cochret,

15:42
Invité

pardonnez-moi parce que si on écoute ce que vous avez dit la semaine dernière toute la séquence, est-ce que vous avez vraiment l'impression et c'est une question sans polémique ? Est-ce que vous avez vraiment l'impression que la justice française est aux ordres, que la police française est aux ordres et que les médias français sont tous aux ordres ? Est-ce que c'est ça vraiment la réalité ?

16:00
Éric Coquerel

Répondez-moi. Après, l'autre question ça va être est-ce qu'on est complotiste ? Je vais vous dire une chose très clairement. C'est pourquoi vous voyez la polémique ? Opération politique menée par l'Elysée c'est une phrase

16:08
Présentateur

de Jean-Luc Mélenchon c'est lui qui en a parlé il parle de police politique

16:12
Éric Coquerel

Là on est sur des suppositions mais oui je pense qu'il y a une opération politique je vous le dis je pense qu'il y a une opération politique quand vous décidez je vous réponds quand vous décidez vous me demandez si je pense qu'il y a derrière une opération politique je vous dis oui je vous dis oui parce que je crois que pour qu'à un moment donné sur une enquête basée sur trois fois rien encore une fois c'est des faits que nous contestons mais même les choses qui sont mises sur la table il n'y a pas d'enrichissement personnel il n'y a pas de tout ça sur trois fois rien envoyer 100 policiers dans 17 endroits ensuite auditionner 25 personnes pendant des heures et des heures vu ce qui est mobilisé je dis que ça ne peut pas venir alors que la procureure elle-même explique qu'il n'y a pas de faits concordants graves pour aller plus loin je dis que ça ne peut pas venir sans à un moment donné un aval politique et je pointe le problème je vous le dis c'est que on va certainement proposer des amendements en sens dans la loi justice qui va arriver il y a un problème dans ce pays dans le déséquilibre qui a été fait au service du procureur vous savez c'est pas nouveau nous on le vit on l'a vécu en tant que parti moi ça fait des années que je mobilise auprès de syndicalistes qui vivent le même genre de situation qui pour manifester à certains moments simplement manifester se retrouvent en garde à vue 48 heures avec des procureurs qui demandent des peines de prison ferme comme c'est arrivé un étudiant de Nanterre il y a encore quelques jours 20 ans qui s'est pris 6 mois de prison ferme pour une occupation d'un amphithéâtre la nuit donc je pense qu'il y a quelque chose qui ne va pas avec la manière non pas la justice mais vous député l'image que vous donnez

17:43
Présentateur

de ces institutions la justice et la police aux citoyens c'est une image ravageuse

17:49
Éric Coquerel

attendez c'est une image ravageuse mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise si elle est réelle bien sûr que c'est ravageur je suis d'accord avec vous mais si elle est réelle comment vous traduisez autrement la situation on n'est pas très loin de l'affaire Bénala je vous rappelle on s'est quand même retrouvé avec un conseiller de l'Elysée en train d'aller faire le coup de poing contre des manifestants bon donc oui moi je pense possible je vous le dis qu'à partir de là il y a une utilisation politique de la justice et notamment justement des darts qu'on a laissé s'installer avec la prédominance des procureurs qui ne sont même pas reconnus par la cour européenne de justice comme des juges je ne sais pas si vous êtes au courant de ça

18:22
Présentateur

beaucoup de questions au standard de France Inter Sylviane, bonjour bonjour votre question pour Éric Coquerel

18:29
Locuteur non identifié

dans la perspective des prochaines élections tant européennes que les élections nationales futures comment réaliser une vraie union de la gauche qui permettra seule de faire en sorte que l'extrême droite n'arrive pas au pouvoir et deuxième question comment entre guillemets se débarrasser d'un leader de la France insoumise qui est totalement contre-productif à mon sens j'en parle autour de moi quand on dit Mélenchon maintenant tout le monde rigole parce que franchement il n'est plus crédible et il ne se comporte plus comme un véritable homme d'état en plus ses positions ne sont pas claires par exemple sur l'Europe sur la politique on va laisser

19:11
Présentateur

Éric Coquerel vous répondre Sylviane on a beaucoup de questions dans ce sens Éric Coquerel

19:16
Éric Coquerel

Sylviane laisse toutes les positions qui ne sont pas claires je pense qu'on a un programme

19:20
Présentateur

non mais le comportement de Jean-Luc Mélenchon qui ne serait pas le comportement

19:23
Éric Coquerel

d'un homme d'état c'est ça qu'elle a demandé c'est la deuxième question d'accord moi je pense que oui c'est un comportement d'un homme d'état et c'est un comportement que pour ma part je respecte vous savez je veux dire une chose nous sommes des militants des militants engagés d'accord depuis longtemps et nous quand il y a quelque chose qu'on trouve injuste qui nous insupporte et bien nous n'avons pas l'habitude que les responsables de nos mouvements se mettent derrière Jean-Luc Mélenchon le jour il ne s'est pas mis derrière quelque part il a assumé toute la colère que nous avions sans violence contrairement à ce qui a été dit mais ce n'est pas mis derrière et Sylviane me disait est-ce que ça peut être un chef d'état alors vous savez le Mélenchon qui à un moment donné que vous appréciez tous qui réagit après par exemple des attentats terroristes qui appellent à l'unité du pays c'est le même aussi c'est le même que celui qui a justement du caractère on est dans une période extrêmement dangereuse

20:12
Présentateur

on a au contraire l'impression qu'il a deux visages

20:14
Éric Coquerel

Trump préside les Etats-Unis laissez-moi répondre Trump préside les Etats-Unis l'extrême droite l'Italie troisième pays européen est au moins de l'extrême droite peut-être que le Brésil en ayant envoyé Lula en justice avec la même utilisation à un moment donné de la justice à des fins politiques va se retrouver au moins de l'extrême droite on a les problèmes de climat dont on voit le côté absolument catastrophique des politiques qui partout développent les égalités moi je vais vous dire une chose si à un moment donné vous voulez faire face à ça vous voulez justement transformer parce que nous voulons transformer nous ne sommes pas des notables nous voulons transformer vous avez besoin de quelqu'un de caractère et moi je pense que quelqu'un de caractère c'est pas quelqu'un qui est contradictoire

20:49
Présentateur

même de mauvais caractère

20:50
Éric Coquerel

mais oui à un certain moment il faut avoir un mauvais caractère il ne faut pas tout le temps passer sous la table comme M. Hollande l'a fait ou M. Macron est en train de le faire comme Mme Merkel dit on va continuer cette politique donc vous voyez je vous dis oui je pense qu'effectivement je ne sais pas si c'est Jean-Luc qui se présentera en 2022 je pense qu'il le décidera aussi et le grandissera ensemble est-ce que la question se pose ?

mais oui c'est un homme d'Etat je vais finir là-dessus c'est un homme d'Etat de la hauteur de certains responsables politiques je pense notamment à Jaurès que vous appréciez tous maintenant et qui à l'époque pour les mêmes raisons était insulté avec les mêmes genres de propos donc vous voyez j'assume

21:21
Invité

est-ce que la question du leadership se pose aujourd'hui à la France Insoumise ?

21:24
Éric Coquerel

non il se pose pas on a un groupe qui fonctionne bien un président de groupe on entend parfois certains

21:32
Invité

exprimer une différence

21:33
Éric Coquerel

vous avez entendu une remarque là depuis une semaine ? aucune tout le monde

21:36
Invité

il y en a qui ne parlent pas ?

21:37
Éric Coquerel

peut-être mais moi j'observe que tout le monde parle moi j'ai lu des communiqués de tout le monde des interventions de tout le monde d'accord on entend moins Clémentine Autain

21:44
Invité

on va dire par exemple

21:45
Éric Coquerel

ou François Ruffin vous vous trompez François Ruffin est le premier à être intervenu le mardi dernier avec un communiqué et Clémentine a fait un communiqué le lendemain elle était présente d'ailleurs au siège donc n'inventez pas des divisions dans ce qui n'est pas je sais bien que France Insoumise quelque part ça fait plaisir il y a plein de gens à qui je parle pas de vous mais au niveau politique que quelque part nous ayons réussi finalement à émerger et même à faire en sorte qu'on ait levé l'hypothèque du parti socialiste comme votre utile je parle pas de vous on va retourner d'accord mais je vous le dis aujourd'hui en termes de leadership celui qui à un moment donné incarne le premier qui est le premier à prendre des responsabilités avec d'autres personnages qui sont quand même aussi importants vous en conviendrez oui je pense qu'il n'y a pas de problème de leadership

22:27
Présentateur

Christian au standard bonjour Christian votre question à Éric Coquerel

22:31
Locuteur non identifié

oui bonjour je reviens un peu sur les affaires puisque j'ai remarqué qu'il y avait eu des perquisitions dans beaucoup de partis politiques il y a même eu des perquisitions à l'Elysée pour l'affaire Benalla sur lequel la France Insoumise n'a pas fait dans la dentelle mais il y avait des perquisitions au BODEM ou FN un peu plus autrefois c'était avec les LR et l'EPS c'est quand même monnaie courante alors pourquoi tout ce bruit autour des Insoumis

22:59
Éric Coquerel

Éric Coquerel parce qu'elles ont été inédites justement je voudrais dire à votre auditeur qu'il faut bien regarder les faits le BODEM par exemple et le Front National partaient d'un signalement du Parlement européen non pas d'un signalement d'une députée qui elle-même explique qu'en réalité il s'agissait de faire un pied de nez à Jean-Luc Mélenchon et bien les perquisitions ont été faites dans le cadre d'une information judiciaire vous savez la différence entre une information judiciaire et une enquête préliminaire avec un procureur c'est que par exemple vous avez le droit d'être assisté par un avocat tout de suite vous avez des droits de la défense qui sont reconnus et non je le dis à votre auditeur il est mal renseigné ça ne s'est pas terminé avec 17 perquisitions au petit matin où vous n'êtes prévenu de rien pour des faits encore une fois qui sur la table sont des faits mineurs que nous contestons par ailleurs même dans la justice le dira voilà et quant à monsieur Macron je remarque une chose c'est que ces comptes de campagne ils ont été signalés de la même manière par le même personnage vous avez eu une perquisition de la république en marche sur la question des comptes de campagne bien sûr que non

23:54
Présentateur

il n'y a rien eu en revanche reconnaissez Eric Coquerel que ce sont Mediapart et la cellule d'investigation de Radio France qui ont fait les révélations à propos des ristournes des comptes de campagne d'Emmanuel Macron et pour ce qui concerne les journalistes de Radio France ils continuent à travailler sur le sujet

24:06
Éric Coquerel

et bien bravo et bien vous remarquerez qu'il n'y a pas eu que la justice c'est qu'il s'est lavé les mains et qu'il n'a pas fait une ombre d'enquêtes une ombre de perquisitions sur en marche mais donc vous dites

24:16
Présentateur

bravo aux journalistes

24:17
Éric Coquerel

de la cellule d'investigation de Radio France je ne suis pas ennemi des journalistes je ne suis pas ennemi des journalistes je dis qu'à un moment donné j'attends un autre rôle de la part des médias que celui qui a été le leur je trouve par rapport à quelque chose qui était l'événement de faire leur boulot non non non l'événement la semaine dernière l'événement la semaine dernière c'est pas de décortiquer pour savoir si le sous-titrage ou un clip mis en ligne c'est 250 euros au lieu de 200 euros ou je ne sais quoi l'événement la semaine dernière d'accord c'est le fait que nous avons eu affaire à un dispositif policier et judiciaire qui est inédit dans ce pays et je continue à demander pourquoi nous avons eu droit à ça voilà dans un cadre mondial vous avez vu j'ai parlé de l'oulatte alors je n'ai pas d'accord dans un cadre mondial où on s'aperçoit quand même que de plus en plus ceux qui représentent comme nous l'alternative par rapport à un système ont souvent des ennuis avec la justice qui sont soit dispensionnés soit complètement inventés comme le cas de Lula ou il n'y a pas longtemps monsieur Iglesias en Espagne

25:10
Présentateur

on va en rester sur ce point d'interrogation et cette question que vous posez Eric Coquerel merci d'avoir été notre invité ce matin merci d'avoir regardé cette vidéo

25:18
Locuteur

merci d'avoir regardé cette vidéo merci d'avoir regardé cette vidéo