Mettons fin au droit du sol partout sur le territoire français ! - Laurent Jacobelli (Public Sénat)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:23OuverteRéponse directe
Est-ce que si cette mesure est retenue par le gouvernement, elle vaut censure du Rassemblement National ?
- 1:17OuverteRéponse partielle
Tous les retraités, vu l'état des comptes de la Sécu, on ne peut pas dire que les retraités aisés peuvent contribuer pour vous ?
- 1:40RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce n'est pas aussi une paresse intellectuelle de la part du Rassemblement national de toujours pointer les étrangers dès lors qu'il s'agit de faire des économies ?
- 2:10RelanceÉludée
On risque d'y toucher.
- 2:33OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous êtes encore capable de vous faire entendre de la part du Premier ministre qui visiblement s'est tourné vers les socialistes et vous a un peu ignoré dans les négociations jusqu'à présent ?
- 2:54OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous estimez avoir été fiables avec Michel Barnier qui vous a fait des concessions ? Vous l'avez censuré derrière ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« Ah là, la ligne rouge serait très clairement franchie. »
- 1:28Invité politiqueChiffre
« 40% de l'ASPA, c'est-à-dire l'équivalent du minimum retraite, est donné à des étrangers. 40%. 1 milliard ! »
- 2:22Invité politiqueFait
« La préférence étrangère en France, ça suffit. Et si on essayait la priorité nationale ? »
- 4:28Invité politiquePromesse
« Pour nous c'est maximum 62 ans et 42 annuités. »
- 8:40Invité politiqueChiffre
« 75 milliards de fraude sociale et fiscale »
- 10:00Invité politiqueFait
« Quelqu'un qui arrive en France de manière illégale, qui devrait donc être conduit à la frontière immédiatement, il n'a rien à faire chez nous »
- 10:15Invité politiqueChiffre
« Un retraité sur trois a déjà renoncé à des soins. »
- 11:39Invité politiqueChiffre
« Un demi-million de personnes ont recours à l'aide médicale d'État par an, c'est-à-dire un demi-million de clandestins. »
- 11:58Invité politiqueFait
« Le seul au monde où vous pouvez toucher une retraite sans avoir travaillé, où vous pouvez être soigné sans avoir cotisé, où vous pouvez être logé, nourri, blanchi, alors que vous êtes en situation irrégulière »
- 18:51Invité politiqueChiffre
« Un prisonnier sur quatre en France est un étranger. »
- 21:32Invité politiqueChiffre
« M. Trump veut lancer un programme de 500 milliards de dollars pour l'intelligence artificielle. »
- 22:47Invité politiqueFait
« L'Union européenne qui doit tout défendre, elle est en train de détruire notre agriculture. »
- 22:52Invité politiqueFait
« L'Union européenne, elle a amené l'immigration massive. »
Temps de parole
- Laurent Jacobelli76 %
- Présentateur15 %
- Invité9 %
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Bonjour Laurent Jacobelli, merci beaucoup d'être notre invité députée de Moselle pour la parole du Rassemblement National. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Julien Lécuyer de La Voix du Nord. Bonjour Julien.
Bonjour Auriane, bonjour M. Jacobelli. Bonjour.
Laurent Jacobelli, la ministre du travail Astrid Panosian, a donc lancé hier la piste d'une taxation des retraités les plus aisés pour financer les comptes de la sécurité sociale, la protection sociale. Est-ce que si cette mesure est retenue par le gouvernement, elle vaut censure du Rassemblement National ?
Ah là, la ligne rouge serait très clairement franchie. Mme Panosian, je crois, a tiré au sort. Alors elle ne savait pas qui elle allait vouloir taxer. C'est soit ceux qui travaillent, soit ceux qui cherchent un boulot, soit les automobilistes, soit les retraités. C'est toujours à peu près les mêmes cibles d'ailleurs. Ceux qui ont travaillé ou ceux qui travaillent, ceux qui financent, ceux qui glandent à la maison ou ceux qui viennent d'arriver sur le territoire et qui veulent tout obtenir en matière sociale. Eh bien ça suffit. Voilà. Ça suffit. Les Français ne sont pas des vaches à l'aile. Les retraités n'ont pas volé leur argent. Ils ont travaillé et cotisé toute leur vie.
Il faut les laisser tranquilles. Ce gouvernement est victime d'une paresse intellectuelle. C'est-à-dire, on a un trou dans la caisse. Comment on va faire pour le combler ? Plutôt que de se dire on va dépenser moins dans les comités théodules, dans l'argent donné à l'Union européenne, dans l'argent de l'immigration. Qu'est-ce qu'ils se disent ? À qui on va faire les poches ? Eh bien ne touchez pas aux retraités.
Tous les retraités, vu l'état des comptes de la Sécu, on ne peut pas dire que les retraités aisés peuvent contribuer pour vous ?
Mais moi j'ai une meilleure solution, tiens, puisqu'on est là. Vous savez qu'il y a l'ASPA, l'aide sociale aux personnes âgées. 40% de l'ASPA, c'est-à-dire l'équivalent du minimum retraite, est donné à des étrangers. 40%. 1 milliard ! Eh bien si Mme Panossian veut des économies, en voilà une. Mais laissez les Français tranquilles.
– Est-ce que ce n'est pas aussi une paresse intellectuelle de la part du Rassemblement national de toujours pointer les étrangers dès lors qu'il s'agit de faire des économies ?
– Et moi je ne comprends pas pourquoi il y a un tabou. On demande aux retraités de faire des économies. On demande aux jeunes de faire des efforts. On demande à ceux qui travaillent. On demande aux PME. On demande à tout le monde de faire des efforts. Mais il y a une catégorie qui a le totem, qui a l'immunité totale. Ce sont les étrangers. On veut demander des déremboursements de soins aux Français, mais on ne touche pas à l'aide médicale d'État, c'est-à-dire les soins gratuits pour les candidats.
– On risque d'y toucher. – On risque d'y toucher.
– Tout ça ce sont des paroles en l'air. Pour l'instant j'ai rien vu. On nous parle, on évoque une taxation des retraités, mais alors surtout pas de touche à la retraite minimum pour les étrangers qui n'ont jamais cotisé. Eh bien ça va bien. La préférence étrangère en France, ça suffit. Et si on essayait la priorité nationale ?
– On entend votre réaction, mais est-ce que vous êtes encore capable de vous faire entendre de la part du Premier ministre qui visiblement s'est tourné vers les socialistes et vous a un peu ignoré dans les négociations jusqu'à présent ?
– D'abord, vous savez, souvent socialistes varient, bien folles et tissifient. Les socialistes sont à peu près aussi fiables et solides que du sable mouvant. Mettre le sort du gouvernement dans les mains d'un socialiste, qui par définition est toujours à peu près en solde et va au plus haut franc, c'est quand même très dangereux.
– Est-ce que vous vous estimez avoir été fiables avec Michel Barnier qui vous a fait des concessions ? Vous l'avez censuré derrière ?
– Vous n'avez pas été mouvant également. – On a toujours été très clairs. On a défini des lignes rouges. M. Barnier les a franchis. Il y a eu le résultat que nous avions. – Les socialistes ont fait exactement pareil. – Non, mais les socialistes, aujourd'hui, se contentent de belles paroles. Ils sont en train de trahir les Français d'une force absolument… – Mais c'est quoi la différence avec ce que vous avez fait avec Michel Barnier ? – Ce qu'ont accepté les socialistes sur la retraite est honteux. Les socialistes sont en train de brader les retraites, de laisser la réforme s'installer sous prétexte qu'on va demain peut-être la réétudier. Tout ça pourquoi ?
– C'est parce qu'ils veulent éviter une présidentielle. Si demain il y a une présidentielle anticipée, les socialistes ne sont pas prêts. Leur seul recours, c'est François Hollande.
Vous imaginez le résultat dans lequel ils sont ? – M. Jacobili, je ne comprends pas votre réflexion sur la reprise des négociations entre partenaires sociaux sur la réforme des retraites. Vous n'êtes pas favorable à cette négociation ? – Nous sommes pour l'abrogation de la réforme des retraites. – Comme les socialistes, mais vous pouvez sauter sur votre siège en disant abrogation, ça ne marchera pas comme ça.
– D'ailleurs vous aurez remarqué, je ne saute pas sur mon siège, je suis très calme. – C'est une citation. – Si vous imaginez, bonne référence d'ailleurs au général de Gaulle, mais si vous imaginez que quelqu'un, parce qu'il est enfermé dans une salle, dans un conclave, comme le dit M. le Premier ministre, pendant trois mois, et qu'ils vont ressortir avec un projet tout fisclé, clé en main, vous vous trompez. Ce que veut faire le Premier ministre, c'est gagner du temps, et les socialistes. – Mais vous, vous parliez sur un échec.
– Vous pensez qu'il n'y aura pas d'accord ? Les partenaires sociaux, ils se mettent pas d'accord ?
– Moi je souhaite de tout mon cœur qu'il y ait des accords. Je souhaite de tout mon cœur qu'on ne mette pas la réforme des retraites en application, et que la retraite revienne à un âge et à un nombre d'années de cotisations raisonnables. Vous savez, pour nous c'est maximum 62 ans et 42 annuités. Mais une fois encore, nous ne sommes pas dupes. D'abord parce qu'on connaît ce type de manœuvre, et aussi parce qu'on sait très bien ce que sont capables d'accepter les socialistes. Mais vous savez, c'est très grave que le Premier ministre se repose sur son flanc gauche. Pourquoi ? Le socialisme c'est quoi ?
C'est la norme, c'est l'écologie punitive, c'est la taxe, c'est exactement ce dont ne veulent plus les Français, c'est exactement ce qui est en train de pourrir l'économie française.
– Mais vous regrettez pas du coup de ne pas avoir réussi à dialoguer plus avec Michel Barnier ?
– Non, rien de rien, non, je ne regrette rien. Comme disait l'artiste, vous savez, c'est compliqué de travailler avec un gouvernement qui finalement ne vous tend pas vraiment la main. Ils ont un peu oublié, je crois, qu'on est le premier parti de France, mais à chaque fois qu'il y a une réunion, à chaque fois qu'il y a dialogue…
– Est-ce que les socialistes, ils ne s'y sont pas mieux pris que vous ?
– Mais je pense tout simplement qu'ils ont fait des négociations contre nature que nous, nous n'aurions pas faites. Nous ne trahirons jamais notre électorat, nous ne trahirons jamais les Français.
– Dans quoi ils ont trahi leur électorat pour le moment ?
– Je vous le dis, en faisant en sorte d'accepter une mascarade sur la négociation de la réforme des retraites, à laquelle ils ne croient pas eux-mêmes, je crois qu'ils ont trahi leur électorat.
– Dans ces conditions, pourquoi vous n'avez pas voté la censure dès le discours du public général ?
– Parce que certains ont choisi d'être dans une opposition bruyante et destructrice, ça s'appelle la France insoumise, d'autres ont choisi la soumission et la trahison de leurs électeurs, ça s'appelle les Républicains et le Parti socialiste. Nous, on a choisi une voie médiane qui est la voie raisonnable d'une opposition franche, déterminée mais sereine. – Est-ce que ce n'est pas la voie des électeurs qui vous reprochent la censure ?
– Je vais juste terminer ma phrase.
On ne veut pas casser la Ve République, on ne veut pas endommager nos institutions, ça c'est un point évident, et en même temps, on ne veut pas de matraquage fiscal, on ne veut pas de perte de pouvoir d'achat pour les Français, on ne veut pas une détérioration de la sécurité et de l'immigration. Et donc très simplement, on conciliera les deux objectifs. Donc si le budget qui nous est présenté est un budget qui prend en compte les éléments que je viens de vous dire, il pourrait passer. Si le budget heurte de front ces principes fondamentaux,
– Alors attendez, ça veut dire qu'il y a encore une voie de passage selon vous pour au moins un non-vote de la censure sur le budget, mais dès lors, qu'est-ce qu'il faut comme mesure selon vous pour passer ?
– Tout simplement, on ne touche pas au pouvoir d'achat des Français, notamment des classes moyennes. Deuxièmement, on arrête le matraquage fiscal, que ce soit pour les Français ou pour les entreprises, les TPE, les PME qui n'en peuvent plus. Vous savez qu'on prévoit apparemment… – Et les hauts revenus ? – Apparemment, il y a un milliard d'impôts de production qui seraient dans les tuyaux pour les entreprises. Ce serait une catastrophe au moment où il y a 65 000 faillites par an. Troisièmement, qu'on prenne en compte la question de l'immigration qui vient grever les budgets et, disons-le, détériorer la sécurité dans notre pays, endommager notre avenir. Donc il faut être très clair.
Et si tout cela est pris en compte, d'une manière ou d'une autre, eh bien on verra. Mais si aucun de ces points n'est respecté, si on se retrouve avec un budget barnier, cosmétisé, eh bien ce sera le même résultat.
– Mais là, on imagine que vous suivez un peu ce qui se passe au Sénat. Est-ce que pour vous, le budget va dans le bon sens ?
– Non. Pour l'instant, non.
– Donc pour l'instant, vous votez pas le budget, vous votez la censure derrière ?
– Attendez, il y a encore d'autres étapes, il y aura des amendements. Si M. le Premier ministre et le gouvernement sont aussi ouverts qu'ils le disent, il n'y a pas de raison qu'ils n'acceptent pas certains de nos amendements et qu'on améliore les choses. On est dans une volonté de préserver les Français. Préserver les Français de l'instabilité, mais préserver aussi les Français d'une mauvaise politique économique.
– A priori, je m'attends à votre réponse. Mais concernant le Sénat, justement, qui a adopté lundi, dans le cadre de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, une mesure qui augmente de 7 heures la durée annuelle de travail pour les agents de la fonction publique. Est-ce que, ça c'est une mesure qui doit rapporter 2 milliards pour financer la dépendance, est-ce que vous êtes contre ?
– Mais oui, il faut arrêter maintenant. Alors c'est quoi la France qu'on nous dessine ? Vous allez travailler 2 ans de plus, quand vous serez à la retraite, on vous taxera, vous allez travailler en plus gratuitement un certain nombre d'heures. C'est quoi l'étape d'après ? Il faut dans ce pays que l'on fasse une chasse à la mauvaise dépense. Les agences qui ne servent à rien, le coût de l'immigration, le coût du budget européen, 75 milliards de fraude sociale et fiscale, l'argent existe, il suffit d'aller le chercher vers ceux qui ne payent pas ou encore de faire des économies. Mais tant qu'on n'aura pas fait ce travail, eh bien, c'est pas la peine de demander des efforts aux Français.
Tous ceux qui nous regardent, ceux qui ont un foyer, une famille à gérer, ils savent très bien que quand les fins de mois sont difficiles, plus tôt que de s'endetter à nouveau, eh bien, il vous faut réduire un certain nombre de points de consommation. Eh bien, c'est exactement la même chose que devraient faire le gouvernement et la France. Ça demande un peu d'exigence, ça demande un peu d'effort, ça demande un peu d'intelligence, mais c'est finalement pas trop demandé.
Sur l'immigration peut-être, parce qu'on l'a dit tout à l'heure avec Julien Bruno Retailleux, il assure lui que le gouvernement va toucher à l'aide médicale d'État. Pourquoi vous n'y croyez pas vous ?
Parce que ça fait, depuis que je suis député, que j'entends ça, Mme Borne avait promis une réforme de l'AME, on attend toujours, M. Retailleux l'avait déjà dit la fois dernière, et puis le budget était à 1,2 milliard. C'est-à-dire que la censure a un peu interrompu le travail. M. Retailleux, s'il mettait autant d'énergie à agir et à proposer qu'à parler, honnêtement, la France irait mieux. Mais pour l'instant, ce n'est pas le cas. Une fois encore, si on supprime cette aide médicale d'État, qui est un non-sens, il faut quand même dire de quoi on parle. – Pourquoi c'est un non-sens ?
– Quelqu'un qui arrive en France de manière illégale, qui devrait donc être conduit à la frontière immédiatement, il n'a rien à faire chez nous, eh bien cette personne, et je vais terminer ma phrase, peut se faire soigner gratuitement, ça va jusqu'à la pose d'un anneau gastrique quand même, peut se faire soigner gratuitement, alors que les Français, eux, doivent faire des efforts. Un retraité sur trois a déjà renoncé à des soins. Mais dans quel pays on vit ? Ou ceux qui n'ont pas le droit d'être là, ceux qui n'ont jamais cotisé, sont mieux traités que ceux qui travaillent en travail ?
– L'aide médicale d'État existe dans tous les pays pour soigner les gens ?
– Non, il y a des aides médicales d'urgence, c'est-à-dire que si quelqu'un en situation régulière ou irrégulière est atteint d'une maladie mortelle, personne ne veut le laisser mourir au milieu de la rue, tout le monde voudra…
– Vous n'êtes pas pour la supprimer, vous êtes pour restreindre le perni de soins ?
– On est pour autre chose, c'est une aide médicale d'urgence, on ne va pas laisser mourir quelqu'un, on ne va pas laisser quelqu'un diffuser une maladie grave. En revanche, on ne veut pas envoyer le signal à la Terre entière, venez en France, c'est open bar, vous faites vous soigner, ne payez rien.
– Il n'y a aucune réalité, vous savez, vous avez lu les rapports comme moi, il n'y a aucune réalité à cette idée qu'il y a un appel d'air grâce à l'aide médicale d'État. Ça n'existe pas. – Ça n'existe pas pour vous, mais ça existe pour les Français. – Mais pour les Français, ça ne devrait rien dire. – Excusez-moi. – Dans les rapports, ça n'existe pas. Le rapport de Stéphanini, le montre, il y a 50% de recours seulement à l'aide médicale d'État, il y a beaucoup d'immigrés qui ne savent même pas, même pas que ça existe, et les rapports ont tous montré que ce n'était pas un appel d'air.
– Non, non, mais alors, d'accord, on va dire les chiffres. Non, non, mais attendez, je ne peux pas vous laisser dire ça. – Ce n'est pas moi qui le dis, c'est les rapports. – Oui, mais moi, je vais vous dire autre chose, si j'ai le droit. – Dites-moi, dites-moi. – Un demi-million de personnes ont recours à l'aide médicale d'État par an, c'est-à-dire un demi-million de clandestins. – Et donc ? – Et tous les clandestins ne vont pas chercher. Donc vous imaginez déjà le nombre de clandestins en France. – Mais ça, c'est un autre problème.
– Un demi-million par an, quand vous avez un pays, le seul au monde, où vous pouvez toucher une retraite sans avoir travaillé, où vous pouvez être soigné sans avoir cotisé, où vous pouvez être logé, nourri, blanchi, alors que vous êtes en situation irrégulière, alors la Terre entière qui souffre se dit, je vais aller dans ce pays où je vais tout avoir gratuit et dont je ne retirerai jamais.
– Non, mais ce qu'on vous dit, c'est que rien ne pouffe cet appel d'air.
– Bien sûr que si, puisque chaque année, il y a plus de migrants, chaque année, il y a plus de migrants clandestins et à chaque fois, on ne les expulse pas. Promenez-vous dans les rues, venez avec moi faire un tour dans le réel et vous verrez que ces migrants clandestins, on les voit tous les jours dans nos rues. – On le voit aussi le réel, excusez-moi. – On les voit dans les hautes zones et on les voit dans l'insécurité.
– J'habite dans les Hauts-de-France, j'ai aussi une bonne conscience de la réalité.
– Si vous n'avez jamais croisé de migrants illégaux en train de se faire soigner à l'hôpital ou dans les prisons, alors à ce moment-là, honnêtement, il faut vous balader un peu plus.
– On parle de la fin de vie, Julien ?
– Oui, puis autre sujet, on a appris hier que le Premier ministre souhaitait scinder en deux le projet de loi sur la fin de vie. Il n'y aurait donc plus un seul texte, mais une loi consacrée aux soins palliatifs et un autre texte dédié à l'aide à mourir. Alors c'était une demande des adversaires de l'aide à mourir. Est-ce que vous y êtes favorable vous-même ?
– Je crois que le bon signal est que le Premier ministre a identifié le fait qu'il y a un vrai problème sur les soins palliatifs. Je crois qu'il y a 25 départements en France où il n'y a pas d'unité de soins palliatifs. Les soins palliatifs, c'est effectivement, lorsqu'on est en fin de vie, essayer de terminer ses jours avec le moins de souffrance possible. Et le fait qu'il n'y a pas aujourd'hui une structure solide de soins palliatifs en France, en tout cas pas partout, fait qu'évidemment la question de la fin de vie se pose puisqu'il y a des gens qui vivent leurs derniers jours dans des souffrances atroces.
Donc d'abord, régler ce problème permettra probablement d'avoir une vision un peu plus, comment dirais-je, sereine, je ne sais pas si c'est le bon terme en la matière, de la fin de vie réellement. Il y a une question médicale, une question pratique, une partie d'organisation, ce sont les soins palliatifs. Il y a une question sociétale, morale, philosophique qui est la fin de vie. Séparer les deux n'est pas forcément une mauvaise chose.
– Donc pour vous, c'est bien que le texte soit scindé ?
– Une fois encore, je ne connais pas le texte, mais sur le principe… – Non, mais que ce ne soit pas dans le même texte. – Sur le principe. – Parce que maintenant, c'était dans le même texte. – Surtout, jusqu'à maintenant, on sentait bien que le problème des soins palliatifs était un peu éludé et qu'on allait directement à l'étape d'après qui était la fin de vie. Comme s'il y avait une forme de facilité intellectuelle de dire qu'on n'arrive pas à régler le problème dans les hôpitaux, par les unités de soins palliatifs, alors on va passer à l'étape d'après. Qu'il y ait une prise de conscience, c'est bien.
– Mais juste pour comprendre, ça veut dire que pour vous, ces deux textes ne doivent pas être examinés concomitamment. Il doit y avoir d'abord le texte sur les soins palliatifs et après son entrée en application, le texte sur l'aide à mourir. – Je n'ai pas la chronologie. – Pour vous, ce n'est pas gênant que ce soit examiné en même temps ? Ou même vous souhaitez qu'il soit examiné en même temps ?
– Non, peu importe, j'allais dire. Du moment qu'il y a deux textes et qu'on distingue bien les problèmes et qu'on règle bien le problème des soins palliatifs, c'est ça qui compte, bien sûr. – Ça fait longtemps qu'Emmanuel Macron parle de problèmes des soins palliatifs. – Ah oui, mais il parle de beaucoup de choses depuis longtemps. Maintenant, ce qu'on attend, c'est des actes.
– Mais est-ce que vous pensez que le texte sur l'aide active à mourir sera voté ?
– Ah, ça, écoutez, je ne suis pas devin.
– Vous, vous le voterez par exemple au Rassemblement National ?
– Ça dépend ce qu'il y a dedans. Vous savez, ce qui est très possible, c'est que dans la mesure où, et là je parle bien du côté aide à mourir, dans la mesure où c'est quelque chose qui touche aux convictions intimes, il est très probable qu'on ait une liberté de vote en la matière.
– Et vous, vous êtes déjà fait plutôt un avis, puisque le texte, il existe, il était déjà bien avancé au Parlement ?
– À titre personnel, je peux vous répondre. Je pense que la loi Leonetti, bien appliquée, pour moi, répond déjà à la question.
– Qu'est-ce qui va… ça va être quoi le curseur pour vous ? Ça va être la question de l'euthanasie ? Ça va être… qu'est-ce qui va définir votre vote sur ce texte ?
– La crainte qu'on peut avoir, c'est que la demande de mort puisse être facilitée par un état psychologique détérioré, sans contrôle, sans assez de contrôle, qu'il soit familiaux ou médicaux. On voit les excès qu'il y a pu avoir dans un certain nombre de pays, je pense à la Belgique et aux Pays-Bas, où c'était finalement un suicide assisté. Je pense qu'il ne faut pas aller là et réserver effectivement la décision ultime à des cas très précis, avec un encadrement très précis.
– Un autre texte qui est examiné en ce moment même à l'Assemblée, c'est le projet de loi d'urgence sur Mayotte. L'examen s'est terminé hier. Est-ce que c'est un texte que vous allez voter ?
– Oui, on a fait d'ailleurs un certain nombre de propositions, certains amendements ont été adoptés, c'est un texte assez consensuel, il faut le dire, qui va effectivement dans le bon sens, mais qui ne va pas assez loin. C'est vraiment le début du commencement d'une bonne idée. Mais tout ce qui va dans le bon sens et qui va aider nos compatriotes maorais, je ne vois pas comment on pourrait ne pas être au rendez-vous. Il y a quand même une question essentielle qui n'a pas été évoquée dans ce texte, et qui pourtant est le préambule à tout, c'est l'immigration clandestine. Parce que c'est parce qu'il y a une immigration clandestine submersive, 50% de la population, qu'il y a des bidonvilles.
C'est parce qu'il y a une immigration clandestine effarante que les services publics n'arrivent plus à suivre, qu'il y a un problème d'éducation. Et donc quand on parle reconstruction, quand on parle adaptation des services publics à Mayotte de demain, on ne peut pas faire comme si on n'avait pas vu ce problème. Et moi je suis sidéré de voir la gauche à l'Assemblée nationale défendre systématiquement et en priorité les clandestins venant des Comores, parfois oubliant même de parler des Mahorais, comme si c'était ça le numéro 1 de l'investissement qu'on devait avoir en tête.
Non, il faut aider les Français de Mayotte d'abord, et puis surtout mettre fin à cette immigration clandestine, submersive je le répète, qui fait que Mayotte ne peut pas s'en sortir dans la situation.
La droite républicaine va présenter dans les prochains jours un texte pour déroger au droit du sol à Mayotte, il aura votre soutien ?
Oui, bien sûr, nous sommes pour la fin du droit du sol à Mayotte et ailleurs d'ailleurs. Et en France métropolitaine. Sur l'ensemble du territoire français, vous savez, Mayotte est finalement avec un effet loupe ce qui peut arriver à la France dans quelques années ou quelques décennies. C'est-à-dire une immigration qui n'est plus contrôlée, qui crée de la misère, qui crée de l'insalubrité, qui crée une perte de service public, qui crée de la dangerosité et qui amène finalement à des situations d'urgence. Je pense qu'il faut réfléchir à Mayotte.
A Mayotte, la situation, vous avez employé le mot « submersive ». Est-ce que vous pensez que la France métropolitaine est touchée aussi par cet aspect submersif au point de déroger là aussi au droit du sol ?
Je pense qu'il faut arrêter, oui, avec le droit du sol en France. Ça fait partie de notre programme. C'est pour ça que nous voulons un référendum sur l'immigration pour que les Français se prononcent. Le regroupement familial, stop ou encore. Le droit du sol, stop ou encore. Les aides sociales aux migrants qui viennent d'arriver, stop ou encore. L'aide médicale d'État, stop ou encore. Vous savez, un demi-million de migrants légaux par an. Légaux. On parle de 700 000, voire un million de migrants illégaux. Vous imaginez le poids de cette immigration sur les caisses sociales, sur le coût de la vie, sur la sécurité. Un prisonnier sur quatre en France est un étranger.
Je pense que si vous n'avez pas compris que la code d'alerte, que l'alarme a sonné, qu'il faut maintenant réguler l'immigration, contrôler l'immigration et renvoyer chez eux ceux qui n'ont pas le droit d'être en France, alors, honnêtement, c'est passé à côté de l'essentiel de nos problèmes.
Julien ?
Sujet aussi international, ça ne vous a pas échappé. On a eu l'investiture de Donald Trump. Difficile de le louper. Difficile de le louper, je suis d'accord avec vous. Pas trop déçu de ne pas être allé à l'investiture de Donald Trump ? Ce n'est pas une erreur pour Marine Le Pen ou Jordan Bardella ne pas s'être déplacé ?
Vous savez, Jordan Bardella comme Marine Le Pen ont un principe, c'est finalement la non-ingérence. Nous, on respecte les choix démocratiques. M. Donald Trump a été élu aux États-Unis par plus de la moitié de la population. Il est légitime. Pour autant, nous, on est soutien, mais pas soutien de qui que ce soit. Donald Trump, il y a deux messages, moi, que je reçois de l'élection de Donald Trump. D'abord, oui, on peut être volontaire, oui, on peut vouloir lutter contre l'immigration clandestine, oui, on peut vouloir défendre la souveraineté de son pays et gagner ses parents honteux. C'est ce qu'il montre.
Mais en même temps, je sais qu'il va défendre les États-Unis d'abord et que nous, en tant que Français, on doit se préparer à ça et se dire si jamais il y a demain des taxes supplémentaires pour les exportations vers les États-Unis, si le président Trump investit dans son économie, nous, il faudra qu'on soit à la hauteur. Donc ce sont les deux messages que nous recevons. Donald Trump sera, si nous arrivons au pouvoir, un partenaire.
Ça reste un partenaire, vu les messages agressifs qu'il envoie au monde entier, y compris donc à l'Union européenne. C'est encore un allié ?
Sur plein de questions, sur évidemment des questions commerciales, des questions de défense, des questions de géopolitique, on ne peut pas ne pas travailler avec les États-Unis comme avec d'autres pays dans le monde. Nous, on veut, vous savez, retrouver cette France gaullienne qui finalement parlait à tout le monde et était souvent un pilier, soit dans les négociations, soit dans la résolution des conflits. Donc oui, nous souhaitons parler aux États-Unis, mais je vous aurais fait la même réponse.
Vous avez l'impression que Donald Trump, il veut nous parler ? Parce que cette nuit, il dit que les Européens...
Si Mme Kamelia Harris avait été élue.
Les Européens, ils ne veulent pas acheter nos voitures. On va mettre des droits de douane aux Européens.
Vous savez, c'est une mauvaise nouvelle pour nous. Mais ça montre qu'un chef d'État peut vouloir défendre son pays avant de défendre la mondialisation. Est-ce qu'on ne serait pas bien inspiré parfois, nous aussi, de défendre nos industries ? Est-ce qu'on ne serait pas bien inspiré parfois, nous aussi, de mettre des droits de douane quand des produits arrivent en France ne respectant pas les mêmes normes sociales ou environnementales que les nôtres ? Est-ce qu'on n'a pas abandonné notre industrie sur l'autel de la mondialisation ? Je pense qu'il y a peut-être des choses à regarder et de se dire que protéger son pays, protéger ses salariés, protéger ses entreprises...
Oui, il faut répondre par des droits de douane. Il faut répondre à Donald Trump.
Il faut répondre d'abord par de l'efficacité. Moi, je vois que M. Trump veut lancer un programme de 500 milliards de dollars pour l'intelligence artificielle. C'est quand même fort. Nous, qu'est-ce qu'on fait en Europe ? L'Europe, elle dit d'abord, je vais normer l'intelligence artificielle. C'est-à-dire que dès le départ, je vais dire, vous ne pouvez pas vous développer. Vous voyez, c'est deux visions du monde. D'un côté, la norme aberrante, l'administration, le poids et de l'autre, la mise en avant de l'intérêt national. Je vais vous dire, je ne suis pas sûr qu'on ait tout à gagner là-dedans, nous, en tant que Français, par rapport aux États-Unis.
Mais je pense que les Américains, eux, ont vite compris quel était leur intérêt. Défendons l'intérêt national et puis arrêtons de nous réfugier dans une Europe qui réglerait tous les problèmes. Parce qu'on voit bien qu'aujourd'hui, non seulement elle ne la règle pas, mais pire, elle les accentue.
Mais face à Trump, on n'a pas intérêt à avoir l'Union européenne ?
Face à Trump, on a surtout intérêt à défendre notre souveraineté. Face à Trump, on a intérêt à...
La France seule en est-elle capable ?
En tout cas, l'Union européenne n'en est pas capable.
Mais est-ce que ce n'est pas la piste obligatoire qu'on la pense efficace ou pas ?
On essaie de nous faire croire qu'effectivement, nos petits commissaires européens tout gris sont la seule solution. Moi, je crois en la démocratie, donc pas forcément que des commissaires non élus puissent nous aider. Puis je crois surtout en la souveraineté. Vous savez, l'Union européenne qui doit tout défendre, elle est en train de détruire notre agriculture. L'Union européenne qui est le sacre, qui est le graal, elle a détruit notre industrie. L'Union européenne, elle a amené l'immigration massive. Vous savez, à vouloir laisser d'autres gérer, on gère mal. Reprenons le contrôle de notre souveraineté. Il n'y a pas de souveraineté européenne, il n'y a que de souveraineté française.
Travaillons ensemble avec nos alliés européens, évidemment. Mais ne mettons pas tous nos yeux dans les mêmes paniers.
Dernière question, Julien ?
Oui, tout simplement, puisque quand on parlait des États-Unis, les multiples tentatives d'ingérence d'Elon Musk dans la politique européenne, vous ont-elles donné l'envie de quitter X, son réseau social ?
Non, vous savez, X est pour moi un lieu d'expression. À titre personnel, je m'y exprime librement. Je lis l'expression d'autres personnes. Certaines pensent comme moi, d'autres différemment. C'est la richesse du débat. Et moi, je suis toujours étonné, je vais vous dire, de voir les donneurs de leçons, ceux qui montent sur les estrades, des trémolos dans la voie pour nous parler de liberté, de démocratie. Ils ont raison, ils ont de très belles valeurs. Et qui, dès qu'on pense pas comme eux, s'en vont. Eh bien, qu'ils restent dans l'entre-soi...
Non, ils s'en vont pas parce qu'il y a un problème de liberté, pour ne pas se poser avec d'autres personnes. Ils quittent X parce que c'est devenu un outil politique d'un membre de l'administration Trump. Oui. Et ça, quand on se dit patriote, ça résonne pas ?
Mais moi, je m'exprime librement. M. Trump et M. Musk n'ont jamais demandé de changer mes tweets. Mais j'ai l'impression que ça gêne pas. Quand on a des médias d'opinion, des journaux comme Libération, dont on peut dire qu'ils sont clairement financés par un milliardaire, avec un objectif politique, ça ne me gêne pas. Quand un certain nombre de médias télévisuels, par exemple, ont des opinions très marquées, moi, ça ne me gêne pas. Je suis un démocrate. La liberté d'expression ne m'a jamais fait peur. Je pense que ceux qui ont peur de la liberté d'expression, en fait, ils ont peur de la contradiction.
Ces gens de la gauche morale, qui, dès qu'on ne pense pas comme eux, imaginent que vous êtes un dangereux facho et un dangereux type d'extrême droite. Non, on peut ne pas penser comme Sandrine Rousseau et être quelqu'un de très équilibré. C'est même d'ailleurs plutôt un signe.
Merci Laurent Jacobetti. Merci d'avoir été avec nous.
Elle n'avait rien demandé. Elle a pris une mal-perdue.
Laurent Jacobelli