Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC à vous (sur YouTube)· 17 avril 2020 9 minComplaisantActualité / polémiqueSantéEurope & internationalImmigration & asile

Macron face à la crise - C à Vous - 17/04/2020

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 14 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00ComplaisanteÉludée

    C'est une longue interview, un entretien qui fait la une aujourd'hui du Financial Time, le très prestigieux quotidien financier britannique.

  • 0:07ComplaisanteÉludée

    Emmanuel Macron, ce président si tactile, capable de séduire une chaise, contraint de garder ses distances, remarque l'envoyé spécial du journal.

  • 0:14ComplaisanteÉludée

    Le bureau a été désinfecté, les accoudoirs de son fauteuil également. Emmanuel Macron peut alors confier ses incertitudes.

  • 0:22OuverteÉludée

    Nous sommes entrés dans une crise que jamais on aurait pu imaginer avant d'estimer qu'il existait des zones d'ombre dans la gestion de l'épidémie du coronavirus par la Chine.

  • 2:34OuverteÉludée

    Mais elle aurait délibérément caché au reste du monde la gravité de l'épidémie pendant qu'elle s'organisait à y faire face.

  • 3:36OuverteRéponse directe

    La Chine a délibérément caché la gravité de l'épidémie, mais le virus n'est pas sorti d'un laboratoire de Wuhan. C'est la nouvelle théorie complotiste qui se répand aujourd'hui, professeur Deray.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32InvitéFait
    « Vous ne pouvez pas comparer la situation de la France, de l'Allemagne, de l'Italie avec celle de la Chine ou de la Russie, c'est une évidence. »
  • 2:54InvitéFait
    « En répondre, pas devant un tribunal international, mais qu'elle ait besoin de se justifier d'une manière ou d'une autre. »
  • 3:04InvitéFait
    « On peut imaginer qu'il y a d'autres réponses comme ça qui peuvent survenir. »
  • 3:47InvitéFait
    « En fait, même moi qui ne suis que médecin, j'avais compris que la Chine, ce n'était pas un régime démocratique et qu'il ne fallait pas forcément croire tout ce qu'il nous disait. »
  • 4:09InvitéFait
    « Car même lorsqu'en février, on avait une épidémie qui galopait en Chine. On a dit, ce ne sont pas quelques morts en Chine qui vont nous perturber. Et on a continué comme avant. »
  • 4:27InvitéFait
    « On a commencé par dire, alors quand on, c'est nous, c'est les experts, je me mets dedans, c'est une grippette. »
  • 6:01InvitéFait
    « Oui, alors, s'agissant, il y a d'un côté les populistes, et il y a de l'autre l'Europe politique. »
  • 6:49InvitéFait
    « le rejet de la réalité, il existait en France, je ne vous dirai pas le contraire, mais il n'a jamais été porté aussi haut et aussi fièrement que par Trump, qui, pendant très longtemps, a simplement refusé l'idée que ça pouvait être dangereux. »
  • 7:31InvitéFait
    « Alors maintenant, sur l'Europe politique, sur l'Europe politique, Emmanuel Macron insiste dans cette interview, comme pratiquement dans toutes ses interventions politiques, de nature politique, sur le fait que l'Europe est aujourd'hui à un moment de vérité absolue et qu'elle a mal réagi au départ sur un plan sanitaire. »
  • 8:06InvitéFait
    « Simplement, on n'est pas allé jusqu'au bout du chemin. Comme d'habitude, on a franchi trois marches. Simplement, il y en a dix à franchir. »

Temps de parole

  • Invité55 %
  • Invité 221 %
  • Présentateur17 %
  • Invité 37 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

C'est une longue interview, un entretien qui fait la une aujourd'hui du Financial Time, le très prestigieux quotidien financier britannique. Emmanuel Macron, ce président si tactile, capable de séduire une chaise, contraint de garder ses distances, remarque l'envoyé spécial du journal. Le bureau a été désinfecté, les accoudoirs de son fauteuil également. Emmanuel Macron peut alors confier ses incertitudes. Nous sommes entrés dans une crise que jamais on aurait pu imaginer avant d'estimer qu'il existait des zones d'ombre dans la gestion de l'épidémie du coronavirus par la Chine.

0:32
Invité

Vous ne pouvez pas comparer la situation de la France, de l'Allemagne, de l'Italie avec celle de la Chine ou de la Russie, c'est une évidence. Et la transparence qu'il y a, l'immédiateté de cette information, il n'a juste rien à voir. Les réseaux ne sont pas libres dans ces pays. Vous n'avez pas de réseaux sociaux. Vous ne savez pas ce qui s'y passe, vraiment. Non. Et il y a manifestement des choses qui se sont passées qu'on ne sait pas. Il appartient à la Chine de les dire, c'est une très grande puissance, elle a une très grande recherche, elle a...

Moi j'ai beaucoup de respect, on coopère là-dessus, mais je ne veux pas comparer la gestion de crise dans ces différentes zones géographiques parce qu'elle n'a rien à voir.

1:12
Présentateur

Mercredi, c'est Donald Trump qui accusait la Chine d'avoir dissimulé la gravité de l'épidémie alors que Londres a averti que le pays devra répondre à des questions difficiles. C'est la Chine versus le reste du monde, Alain Duhamel ?

1:24
Invité

La Chine est jusqu'à présent la grande bénéficiaire, en tout cas apparente de ce qui s'est passé. Ça a été vrai sur le plan économique. Sur le plan médical, on s'est aperçu qu'elle détenait beaucoup de clés que nous ne possédions plus en Europe. Je ne parle pas des soignants bien entendu, mais je parle des produits et des équipements. Ça a certainement mis les pays occidentaux qui n'en avaient pas l'habitude en situation de dépendance, bien sûr. Mais il ne faut pas non plus tourner autour du pot. C'est absolument vrai que s'agissant de la Chine, on n'a pas tous les éléments, ou plus exactement, on ne sait pas à quel moment les choses se sont vraiment produites.

Par exemple, si on posait la question, on pourrait très bien dire, mais les fameux médecins lanceurs d'alerte, où est-ce qu'ils sont maintenant ? Pourquoi est-ce qu'on ne les voit pas ? Ils sont morts ? Ils sont en prison ? Qu'est-ce qu'on en a fait ? On ne le sait pas. Bon, la formation en Chine est cadenassée. Alors, ça peut fonctionner d'un point de vue politique autoritaire, mais ça n'a rien à voir avec notre système. Ici, on peut poser toutes les questions qu'on veut. D'ailleurs, on en pose beaucoup, y compris absurdes. Là-bas, on n'a pas le droit d'en poser, y compris intelligentes.

2:34
Présentateur

Mais elle aurait délibérément caché au reste du monde la gravité de l'épidémie pendant qu'elle s'organisait à y faire face. Et ça, elle devra en répondre ?

2:43
Invité

En répondre, pas devant un tribunal international, mais qu'elle ait besoin de se justifier d'une manière ou d'une autre. Oui, d'ailleurs, la preuve, c'est qu'elle a brusquement augmenté le nombre des morts du coronavirus sur son territoire.

3:00
Présentateur

Elle a corrigé, oui. Brusquement, comme ça. Sous la pression internationale.

3:04
Invité

On peut imaginer qu'il y a d'autres réponses comme ça qui peuvent survenir. Enfin, vous savez, la Chine, on ne la fait pas bouger très facilement. C'est une très grande puissance maintenant, qui le sait, qui en joue d'ailleurs plutôt intelligemment de son point de vue. Bon, ce n'est pas une démocratie. Donc, c'est vrai qu'on a raison de dire que quand il ne s'agit pas d'une démocratie, on ne peut pas exactement savoir ce qui s'est passé et surtout quand ça s'est passé. Ça, c'est un fait.

3:30
Présentateur

La Chine a délibérément caché la gravité de l'épidémie, mais le virus n'est pas sorti d'un laboratoire de Wuhan. C'est la nouvelle théorie complotiste qui se répand aujourd'hui, professeur Deray. Qu'est-ce que vous répondez à cette affirmation ?

3:44
Invité

Il y a plusieurs jours. Je dois revenir sur ce que vient de dire Alain Duhamel. En fait, même moi qui ne suis que médecin, j'avais compris que la Chine, ce n'était pas un régime démocratique et qu'il ne fallait pas forcément croire tout ce qu'il nous disait. Et qu'on redécouvre en avril que c'était le cas, ça me laisse un peu songeur. Et ce qu'il faudrait qu'on apprenne, nous, c'est à balayer devant notre porte. Parce que le débat, ce n'est pas tellement de savoir ce qu'ils nous ont caché, ça, on le savait. C'est de savoir si notre réaction aurait été différente. Et je ne crois pas. Car même lorsqu'en février, on avait une épidémie qui galopait en Chine.

On a dit, ce ne sont pas quelques morts en Chine qui vont nous perturber. Et on a continué comme avant. Et ça, c'est parce que nous n'avons aucune expérience mémorielle de l'épidémie. Et quand on n'en a pas, on ne fait rien. Puis ensuite, l'épidémie, elle est venue en Europe. Elle est venue en Italie. On a commencé par dire, alors quand on, c'est nous, c'est les experts, je me mets dedans, c'est une grippette. Ben non, ce n'était pas une grippette. Puis quand les morts ont continué à s'accumuler en Italie à notre porte, on a trouvé des raisons pour ça. Et on a dit, moi y compris, écoutez, c'est le système sanitaire, ce sont des personnes âgées.

Et de façon, ça s'analyse très bien, on fait toujours comme ça. On a reculé et reculé encore la possibilité de pousser un diagnostic. Et même quand on a commencé à compter les morts ici, quand il y a eu un mort, puis deux, puis deux donne quatre, puis quatre donne huit, ça s'appelle comment ? Ça s'appelle une exponentielle. Mais on a commencé à parler d'exponentielle un jour quand c'est passé de 150 à 300. Mais la courbe, elle était déjà là. Donc il ne faudrait pas que ceci masque le vrai débat, qui va essayer de comprendre pourquoi nos sociétés, en France et en Europe, on n'est pas aptes à admettre l'évidence qui est sous nos yeux.

Il y a plein de raisons, on pourrait y passer beaucoup de temps là-dessus. Et ça, je crois que c'est le vrai bon débat. Et pour répondre directement à votre question, évidemment, moi, le laboratoire P4, je ne sais pas, mais ce qui m'ennuie beaucoup, c'est que, là encore, ces histoires de complots masquent ce dont quoi on devrait s'occuper aujourd'hui, qui est comment on va sortir du confinement, pourquoi tout ça est arrivé. Il faut parler des malades, il faut parler des hôpitaux. Cette histoire de laboratoire pollue le débat.

5:45
Présentateur

On va y revenir. Mais dans la même interview, Emmanuel Macron met en garde contre une victoire des populistes en Europe. Si l'Union européenne n'arrive pas à se mettre d'accord sur un plan d'urgence pour aider les pays les plus éprouvés, les populistes qui pourraient changer le visage de plusieurs pays, l'Espagne, l'Italie et la France, Alain Duhamel ?

6:01
Invité

Oui, alors, s'agissant, il y a d'un côté les populistes, et il y a de l'autre l'Europe politique. En ce qui concerne les populistes, ce qui est frappant, c'est intéressant de voir, intéressant, dangereux, mais enfin, en même temps, curieux, de voir comment allaient se débrouiller les responsables qui étaient publiquement Donald Trump, Boulsarono, Johnson, etc., qui se rangeaient, qui étaient des populistes. Et on s'est aperçus, après tout, peut-être qu'ils avaient un charisme formidable, spécial, ils avaient eu besoin, en tout cas, de se faire élire, peut-être qu'ils avaient des qualités qu'on ne connaissait pas.

On s'est aperçus que le rejet de la réalité, vous aviez raison de dire que le rejet de la réalité, il existait en France, je ne vous dirai pas le contraire, mais il n'a jamais été porté aussi haut et aussi fièrement que par Trump, qui, pendant très longtemps, a simplement refusé l'idée que ça pouvait être dangereux. Il n'a pas été plus que Boulsarono. Et on sait bien qu'en Grande-Bretagne, Boris Johnson, lui, a attendu, alors qu'il bénéficiait, si j'ose dire, déjà de l'expérience. Vous me direz qu'au fond, il a fait vis-à-vis de nous ce qu'on a fait vis-à-vis de l'Italie, ce que l'Italie a fait vis-à-vis de la Chine.

Bon, mais le fait est qu'ils n'ont pas démontré, alors que le ressort de leur élection, c'était un charisme personnel fondé sur une forme de démagogie intelligente, intelligente et éloquente, d'ailleurs, ils n'ont pas démontré qu'ils avaient des capacités de gouvernants extrêmement rassurants. Alors maintenant, sur l'Europe politique, sur l'Europe politique, Emmanuel Macron insiste dans cette interview, comme pratiquement dans toutes ses interventions politiques, de nature politique, sur le fait que l'Europe est aujourd'hui à un moment de vérité absolue et qu'elle a mal réagi au départ sur un plan sanitaire. Il faut dire qu'elle ne possède aucun pouvoir sur un plan sanitaire.

Bon, enfin, elle a mal réagi, elle aussi. Pas elle seule, mais elle aussi. Bon, en revanche, sur le plan économique, elle a fait preuve non seulement de vigueur, mais de rapidité. Simplement, on n'est pas allé jusqu'au bout du chemin. Comme d'habitude, on a franchi trois marches. Simplement, il y en a dix à franchir. Et jeudi prochain, il y a un Conseil européen, en vidéoconférence, mais un Conseil européen quand même, où là, on aura la vérité, le mot de la fin. Est-ce que l'Europe se mettra d'accord complètement jusqu'au bout, jeudi prochain, comme c'est l'objectif, officiel même ?

Et à ce moment-là, l'Europe aura, comme d'habitude, progresser à travers les crises et profiter de ses faiblesses pour finir par se renforcer. Ou bien est-ce qu'elle n'y parviendra pas ? Et à ce moment-là, il ne faut pas négliger le fait que, par exemple, en Italie, les Italiens, et je trouve qu'ils ont raison de leur point de vue, en veulent terriblement aux Européens de ne pas du tout les avoir aidés en 2015, au moment de la crise de l'immigration, qu'on a laissé reposer sans aide sur les épaules de l'Italie, et que là, on ne peut pas dire que l'Europe se soit précipitée au secours de la Première Nation européenne à subir le coronavirus.

Donc, je trouve que l'Italien a raison de douter, mais qu'il faut absolument leur donner des raisons, disons, de se sentir un peu mieux compris.

Macron face à la crise - C à Vous - 17/04/2020 · Pourquijevote