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Discours / meetingyoutube.com· 14 mai 2021 9 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsOutre-merSolidarités & familleJustice

Cérémonie Officielle - Discours du Maire de St Ouen Karim BOUAMRANE-Commémoration 10 mai 2021-V2

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Chapitres

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Propositif 100 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:22PrésentateurChiffre
    « il est estimé que 12 millions d'êtres humains, femmes, hommes, enfants, rabaissés, humiliés, violentés, ont été arrachés à leur terre. »
  • 6:18PrésentateurFait
    « La République, vu recommencer, en 1848, avec Victor Schellcher. »
  • 6:53PrésentateurFait
    « « L'esclavage des Noirs n'était qu'une forme de la servitude humaine. »
  • 7:53PrésentateurFait
    « Comment tolérer qu'en début du XXIe siècle, il y ait dans le monde tant d'enfants qui travaillent, dans des conditions souvent épouvantables, »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

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Présentateur

Je tiens à saluer tous les amis présents, je tiens à saluer tous les membres de l'association. Je tiens à saluer et à rendre un hommage, un vibrant hommage à mon ami Peter pour la qualité de son discours et aussi le courage qu'il a eu. En général, quand il y a un temps comme ça, c'est qu'il y a un ancien président socialiste qui règne, mais là il n'est pas là et malgré tout on a la pluie, mais on s'en souviendra que cette première, on n'en a raté aucune depuis le début, mais je crois que c'est la première fois qu'on est à un temps aussi hostile, mais les bonnes vignes sont présentes. Je tiens à saluer tous les élus présents qui ont répondu en force aujourd'hui.

Je tiens à remercier tous les militants, tous les amis qui font en sorte que cette journée soit un moment fort dans notre ville. Chers amis, nous sommes aujourd'hui réunis en ce lieu pour célébrer la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, et rendre hommage à toutes les victimes de cet asservissement de l'homme par l'homme. Cette cérémonie prend un sens plus solennel aujourd'hui parce que nous célébrons lundi 20 mai 2021, les 21 ans de la loi Tobira, comme l'a évoqué Peter.

Cette loi qui fut adoptée par le Sénat le 10 mai 2001, ce texte qui a fait de la France le premier pays à reconnaître l'esclavage et la traite coloniale comme des crimes contre l'humanité. Au-delà de l'abolition, c'est aujourd'hui l'ensemble de la mémoire de l'esclavage, longtemps refoulé, qui doit entrer dans notre histoire, déclaré le président Jacques Chirac en janvier 2006, alors qu'il instaurait cette journée nationale. Aujourd'hui, 10 mai, nous accomplissons un travail indispensable, indispensable pour la vérité, indispensable contre l'oubli.

D'abord, la vérité historique sur ce que fut la traite négrière, terrible saignée qui, pendant plus de 4 siècles, a mutilé l'Afrique tout en déshonorant l'Europe. Peter l'a évoqué, lors de son discours, il est estimé que 12 millions d'êtres humains, femmes, hommes, enfants, rabaissés, humiliés, violentés, ont été arrachés à leur terre. Et c'est une estimation, tant l'histoire ne pourra donner un chiffre précis au plus grand désespoir des descendants qui portent la double peine de ce passé, imprécis dans les chiffres, mais précis dans son organisation. Moins que des hommes, un peu plus que des marchandises, telle fut l'équation infâme du commerce triangulaire.

Cette histoire, c'est notre histoire, l'histoire de la France, de la métropole et des Outre-mer et des Outre-mer. C'est aussi l'histoire de notre monde. Elle doit être dite, rappelée, enseignée, assumée sans rien occulter. Bien sûr, notre histoire a sa part de grandeur, de gloire, qu'il faut célébrer. Mais, elle a aussi une part plus sombre, qu'il faut en permanence éclairer. Car c'est en regardant avec lucidité son passé, qu'une nation peut bâtir avec responsabilité son avenir, se réconcilier avec elle-même. C'est ce que nous faisons aujourd'hui, tous ensemble, réunis. Réunis, nous apprenons une vérité et nous luttons contre cet oubli.

Nous nous souvenons de ce que fut l'horreur de la traite, l'enfer de l'esclavage. Nous rappelons également ce long combat qui permit son abolition. Et l'abolition, c'est notre victoire. C'est la victoire de la République. Elle débute au cœur du siècle des Lumières. Avec Condorcet, Diderot, en l'Inde de Gouges, plaidant pour la morale et l'humanisme. Elle se poursuit et s'accélère avec la Révolution. Sur fond des révoltes, des esclaves. A Saint-Domingue, aujourd'hui à Haïti. L'abbé Grégoire fit alors cette prophétie. Un jour, les députés de couleur franchiront l'océan pour venir siéger ici. Ce présage, à l'époque insensé, est aujourd'hui vérifié. Et c'est la grandeur de la France.

C'est la grandeur de notre pays. C'est la grandeur de notre République. Sa fierté d'avoir engagé ce mouvement pour que, dans nos assemblées locales, dans l'hémicycle, au gouvernement, les femmes, les hommes, par leur visage, leur nom, leur prénom, disent ce qu'est la France. Son histoire, sa richesse, sa force. Et ce mouvement, il faut sans cesse l'encourager, le poursuivre. Il a été initié par de glorieux anciens, eux-mêmes descendants d'esclaves. Je pense à Félix Elboué, Gaston Monnerville.

La France, aujourd'hui, s'est construite pas à pas, au fil des époques, des individus, des sacrifices, au-delà de leurs origines, qui sont trouvés dans les trois couleurs de notre drapeau et dans les valeurs de la République. Une République qui, jeune et enthousiaste, le 4 février 1794, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, a aboli l'esclavage. Magnifique avancée, offerte au monde entier, au nom des valeurs des droits de l'homme, au nom des valeurs universelles. L'histoire nous apprend cependant que les grandes idées peinent souvent à trouver leur chemin. 1794 n'a pas suffi. La République, vu recommencer, en 1848, avec Victor Schellcher.

Mais aussi, nous ne les oublions pas, Alexandre le Drurolin ou Alphonse de Lamartine. Toutes ces consciences qui ont préparé ce grand moment où les chiennes ont été définitivement brisées. Malheureusement, l'esclavage n'est pas uniquement une relique historique. Dans les temps modernes, d'autres formes existent. D'autres formes existent qu'il nous faut tous dénoncer collectivement. Gaston Monnerville déclarait déjà en 1948, « L'esclavage des Noirs n'était qu'une forme de la servitude humaine. Des formes de servitude ont disparu. D'autres sont nés. D'autres sont nés qui pèsent lourdement sur l'humanité. Tant il est vrai que le progrès lui-même crée ses servitudes.

Plus proche de nous, Robert Nestaumeria, dit Bob Marley, dont nous célébrons demain le 40e anniversaire de la disparition, n'a eu de cesse, à travers son œuvre, de rappeler ce passé et ses conséquences modernes. Ce prophète a aussi mis en avant toutes ces penseurs noirs. Marcus Gardin en tête qui, inlassablement, ont tenté de convaincre sur les réminiscences d'un esclavage transformé en oppression et discrimination. Un esclavage qui entretient encore de nos jours une servitude économique, bien après son abolition.

Comment tolérer qu'en début du XXIe siècle, il y ait dans le monde tant d'enfants qui travaillent, dans des conditions souvent épouvantables, tant de jeunes filles vendues pour leur famille, pour devenir des domestiques sans salaire ou livrer à la prostitution. Il y a eu des progrès, mais la tâche a s'immense. L'esclavage et la traite sont pour l'humanité une tâche indélébile, comme le disait Victor Schellscher. La liberté d'un homme est une parcelle de la liberté universelle. Vous ne pouvez toucher à l'une sans compromettre l'autre tout à la fois. En commémorant cette histoire, la France montre la voie. C'est son honneur, c'est sa grandeur, c'est sa force.

Vive la République, vive la France, et vive Saint-Ouen. Je vous remercie. La lourde tâche, cher Christian, de faire en sorte qu'il s'arrête de pleuvoir. Il en va de la suite de votre carrière au sein de l'administration hondonienne. Je vous laisse la parole. Sous-titrage Société Radio-Canada,