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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 13 septembre 2025 13 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéJustice

Policier agressé à Tourcoing: l'interview en intégralité de son avocat, Emmanuel Riglaire

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:44OuverteRéponse directe

    Comment va votre client ce soir maître ?

  • 1:21FerméeRéponse partielle

    Il s'est vu mourir ?

  • 3:10OuverteRéponse directe

    Pourquoi s'est-il retrouvé seul en surveillant ?

  • 3:52OuverteRéponse directe

    Ce que vous nous disiez c'est que l'intervention de sa patrouille n'a pas suffi dans un premier temps à mettre un terme à ce qui se passait.

  • 4:28OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'à un moment donné il a été tenté de faire usage de son arme ? Et si oui, qu'est-ce qu'il a arrêté finalement ?

  • 5:23OuverteRéponse directe

    Et précisément, le fait que ces images aient été captées, filmées et qu'elles aient été diffusées, comment cela lui l'a vécu votre client ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:34InvitéFait
    « les jeunes essayaient de s'emparer de son arme à feu »
  • 2:21InvitéFait
    « l'intervention de ses collègues ne suffisait pas à arrêter la scène »
  • 2:35InvitéFait
    « il y a même une jeune femme de 15 ans dans le lot »
  • 2:51InvitéFait
    « la police simplement essaye de protéger un jeune qui était en train de se faire raqueter »
  • 4:01InvitéChiffre
    « il a fallu effectivement plus de 24 heures, presque 48 heures pour réussir à les interpeller à postériori »
  • 9:22PrésentateurChiffre
    « Pour de tels faits, les adultes risquent dix ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende »
  • 9:35InvitéFait
    « Oui, mais c'est déjà beaucoup »

Temps de parole

  • Invité74 %
  • Présentateur24 %

2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous êtes dans le 20h BFM, il est 20h30. Avant d'évoquer l'actualité politique, les déclarations fortes du Premier ministre ce soir avec notre invité Julien Audoul, nous voulions aussi revenir sur ces images qui ont choqué, qui ont fait le tour des réseaux sociaux et suscité énormément de réactions. Les images de ce policier de la BAC de Tourcoing, agressé par plusieurs jeunes. C'était jeudi, agressé violemment. Cinq personnes ont été interpellées, quatre mineurs, un majeur. Les cinq ont été déférées ce soir. Bonsoir Emmanuel Rigler, vous êtes avocat au barreau de l'île et vous êtes l'avocat de ce policier agressé. Merci d'être avec nous dans le 20h BFM.

0:42
Invité

Je vous en prie madame. Bonsoir madame.

0:44
Présentateur

Comment va votre client ce soir maître ?

0:50
Invité

Écoutez c'est très compliqué, il y a un contre-coup là pour lui. C'est-à-dire que hier il était finalement très occupé, des autorités sont venues le saluer, sont venues lui apporter leur soutien. Il a été aussi amené à faire ses dépositions, à rencontrer la médecine légale, etc. Donc c'était un tourbillon. Et aujourd'hui il y a le contre-coup, mais pas seulement pour lui, mais aussi pour ses enfants et son épouse qui se demandent si encore on peut rester policier en France en 2025. C'est une vraie question, oui.

1:21
Présentateur

Il s'est vu mourir ?

1:23
Invité

Pas mourir, mais en tous les cas il a dû se débattre avec beaucoup d'énergie et beaucoup de force pour qu'on ne lui vole pas son arme. C'est-à-dire qu'en fait les jeunes essayaient de s'emparer de son arme à feu et c'est à cette occasion-là que vraiment il a reçu beaucoup, beaucoup de coups et que ce que l'on appelle les jeunes se sont emparés à ce moment-là de sa matraque et ont continué de le frapper. Donc plutôt que de se saisir de son arme et de se défendre, il essayait juste de faire en sorte que les auteurs ne s'en saisissent pas. Et voilà, c'était émotionnellement compliqué et à froid, calmement, quand on rentre à la maison avec le nez cassé et les dents au moins.

Effectivement on revit cette scène pas mal de fois.

2:09
Présentateur

Oui, il se souvient de tout, de tout ce qu'il a vu, de tout ce qu'il a entendu ?

2:16
Invité

Oui, il se souvient de tout et il se souvient même que l'intervention de ses collègues ne suffisait pas à arrêter la scène. C'est-à-dire que pourtant on avait trois policiers expérimentés et ça ne suffisait pas à calmer la folie et les ardeurs de ces cinq tout jeunes hommes et femmes puisqu'il y a même une jeune femme de 15 ans dans le lot.

Donc voilà, c'est extrêmement dérangeant, extrêmement perturbateur d'être mêlé comme ça dans un quartier tout à fait banal, d'une ville tout à fait classique à un tel déchaînement de violence quand la police simplement essaye de protéger un jeune qui était en train de se faire raqueter puisque c'est pour ça que la police surveillait effectivement un endroit où des jeunes du quartier se font voler leur vélo, leur trottinette. Et là effectivement un jeune était en train de se faire raqueter.

3:10
Présentateur

Il était en surveillance ? Exactement, il était en mission. On voit ce qui se passe au moment de l'agression mais on ne sait pas ce qui se passe avant. Pourquoi s'est-il retrouvé seul en surveillant ? C'est rare de voir un policier de la BAC tout seul dans ces moments-là.

3:25
Invité

Alors non parce que ses collègues étaient à proximité et là si vous voulez s'ils avaient été plusieurs à cet endroit-là on les aurait repérés, on les aurait vus de loin. Donc c'était normal de se répartir la zone géographique. Et puis les enquêteurs, enfin les policiers n'étaient pas absolument certains de l'endroit où ça allait se passer. Donc il fallait être réparti dans la zone géographique.

3:49
Présentateur

Ce que vous nous disiez c'est que l'intervention de sa patrouille n'a pas suffi dans un premier temps à mettre un terme à ce qui se passait. Ça traduit donc une scène d'une grande violence.

4:01
Invité

Oui, d'ailleurs vous avez vu, il a fallu effectivement plus de 24 heures, presque 48 heures pour réussir à les interpeller à postériori. J'ai l'honneur de défendre des policiers expérimentés, des hommes de terrain qui en ont vu d'autres si vous me permettez cette expression et qui pourtant là se retrouvaient véritablement en difficulté.

4:24
Présentateur

Thierry Arnaud qui m'accompagne dans le 20h BFM veut vous poser une question.

4:28
Locuteur non identifié

Est-ce qu'à un moment donné il a été tenté de faire usage de son arme ? Et si oui, qu'est-ce qu'il a arrêté finalement ?

4:38
Invité

Alors il a effectivement été d'une grande sagesse, d'une grande maturité. D'abord dans un premier temps il était hors de question de s'en saisir, il était au contraire question de la protéger cette arme puisque effectivement les enquêteurs, le juge d'instruction qui va diriger cette enquête pourra effectivement se rendre compte qu'on a essayé de lui voler parce que cette scène se passe avec en plus une violence, on l'a évoquée, mais une froideur de certains qui est étonnante à cet âge-là puisqu'il s'amuse même à filmer la scène en même temps. Donc il n'y a plus de barrière, on frappe un policier en service et on se filme en train de le frapper.

Donc voilà, c'est une nouvelle forme de Légion d'honneur dans ce quartier, oui.

5:23
Présentateur

Et précisément, le fait que ces images aient été captées, filmées et qu'elles aient été diffusées, qu'elles aient été tournées en boucle sur les réseaux sociaux, comment cela lui l'a vécu votre client ?

5:38
Invité

Alors il le vit extrêmement mal parce qu'il se dit que même avec le recul, même avec la distance, même avec effectivement le temps de la réflexion, aucun des cinq n'a capté ou n'a retenu l'idée qu'il venait de faire absolument n'importe quoi et qu'il fallait au contraire signer son geste, l'assumer, le revendiquer. On est véritablement là dans une provocation ultime. Voilà, il y a à bas la police, c'est malheureusement effectivement le message qui est envoyé. C'est très très mal vécu par cet homme de voir que l'on se vende de cela.

6:15
Présentateur

Et ça fait partie des charges qui ont donc été retenues aussi contre ces cinq personnes interpellées. On parle donc de quatre mineurs, un majeur. Que pouvez-vous nous dire de ces personnes interpellées ? Vous disiez qu'il y a une jeune femme parmi ces personnes.

6:35
Invité

Nous n'avons pas encore accès au dossier. Il a été décidé finalement qu'un juge d'instruction serait saisi de l'enquête. Nous, nous pensions que la procédure irait beaucoup plus vite et qu'il y aurait une comparution immédiate lundi pour le majeur et que les jeunes seraient déférés et présentés à un juge des enfants. Finalement, il en a été décidé autrement. Un juge d'instruction va donc mener toute l'enquête pour essayer de véritablement comprendre à qui on a affaire puisque sur les faits précis en eux-mêmes, nous avons toutes les informations. Nous savons juste qu'ils sont tous très jeunes. Le majeur est tout juste majeur. Et effectivement, les mineurs ont 15 ans, 4.

Nous avons effectivement cinq personnes. Dans les cinq, il y a même une jeune fille du même âge.

7:20
Présentateur

Est-ce que vous savez s'ils ont des antécédents judiciaires, s'ils étaient connus des services de police ?

7:26
Invité

Je n'ai pas encore... La loi française fait que je n'ai pas encore accès au dossier. Je ne peux pas effectivement aujourd'hui vous donner d'éléments sur ce point. Et nous nous reverrons dans quelques temps puisque cette affaire sera jugée maintenant dans quelques mois. On ne va plus voir tout cela à chaud. Le fait qu'un juge d'instruction soit saisi, c'est une procédure qui reviendra en jugement dans quelques mois. D'un côté pour les mineurs et de l'autre côté pour le majeur. Mais en tous les cas, on se retrouve face à un véritable vide parce que même si d'aucuns l'avaient imaginé, il n'y a toujours pas de comparution immédiate pour les mineurs.

Ça veut dire qu'effectivement, aujourd'hui, il n'est pas possible de les juger véritablement pour ce qu'ils ont fait. On se donne rendez-vous dans quelques mois.

8:15
Présentateur

Il y a un débat qui a ressurgi au vu de cette affaire. C'est ce débat sur les peines minimales. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui d'ailleurs s'est rendu sur scène à Tourcoing, il y est favorable, mais ce n'est pas le seul d'autres responsables politiques. Est-ce que vous aussi, vous êtes pour ces peines minimales systématiquement ?

8:39
Invité

Non, parce que tout est vraiment effectivement du cas par cas, du situation par situation. Et là, aujourd'hui, la loi française fait que je n'ai pas encore accès au dossier. Et je ne sais donc pas de quel jeune on parle. Est-ce que ce sont effectivement cinq personnes qui se sont montées la tête en étant cinq ? Ou est-ce que ce sont au contraire cinq voyous, cinq abrutis ? Je ne sais pas. Je ne peux pas encore vous répondre. Je sais juste qu'effectivement, il faut que la justice des mineurs soit réformée de façon urgente. Gabriel Attel avait proposé des choses que le Conseil constitutionnel a écartées.

parce que manifestement, là, nous n'avions pas de réponse judiciaire aujourd'hui adaptée à la situation de ce dossier.

9:22
Présentateur

Pour de tels faits, les adultes risquent dix ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende. On est d'accord qu'avec l'excuse de minorité, c'est moitié moins, maître ?

9:35
Invité

Oui, mais c'est déjà beaucoup. Ce n'est pas un problème de quantum. Si vous voulez, notre problème dans ce dossier, c'est un problème d'éducation, c'est un problème de référence, c'est un problème que la police puisse être dans un quartier qui finalement est un quartier tout à fait banal, puisse être comme ça, acharnée sur la police et capable de telle violence, on a un vrai, vrai, vrai problème de société. Et ça dépasse largement le quantum des peines encourues. C'est juste, effectivement, de comprendre comment la France est capable de générer de tels jeunes qui haïssent des fonctionnaires de police qui ne font que protéger d'autres mineurs encore plus faibles.

10:15
Présentateur

Vous avez un discours posé, factuel, vous êtes dans votre rôle, mais est-ce que votre client est dans le même état ? Est-ce que lui est en colère ce soir ? Est-ce qu'il veut faire passer un message ?

10:28
Invité

Mais le message de cet homme, c'est de dire qu'il a fait effectivement un choix. C'est un travail très difficile que d'être en première ligne. Les policiers de la BAC sont les premiers que l'on envoie pour aider, pour police secours, pour aider les enquêteurs dans des investigations. C'est une espèce de cavalerie à qui on ne pardonne rien. C'est-à-dire que dès qu'ils sont un tout petit peu trop violents, ils se retrouvent devant les tribunaux et ils se retrouvent poursuivis.

Mais ils espèrent effectivement, véritablement, que quand ils sont exposés dans le cadre de leur métier, on les protège aussi de la même manière et que justice passe à l'égard de ceux qui se font une joie et qui mettent sur les réseaux sociaux les violences qu'ils subissent.

11:10
Présentateur

Mais précisément, est-ce que votre client n'a pas envie d'en faire un exemple ?

11:21
Invité

Alors, j'ai l'honneur de défendre un homme extrêmement intelligent qui est d'ailleurs père d'enfant d'à peu près du même âge et qui sait bien que l'exemple ne sert à rien, qu'on n'est pas effectivement en France dans une société où on pend les gens à l'entrée du village, comme dans les westerns, pour faire en sorte qu'il n'y ait plus effectivement de bataille dans les salounes. Cet homme veut que justice passe, veut que ces jeunes soient punis, qu'ils aient effectivement des comptes à rendre. Mais la question, elle est bien plus loin, bien plus haute. Est-ce que cet homme peut encore demain redescendre dans la rue ?

Est-ce que sa femme peut encore accepter qu'il parte tous les jours en mettant sa vie en danger ? Est-ce que ses enfants peuvent accepter l'idée qu'un homme soit policier en France ? Vous voyez, si justice ne passe pas dans un dossier comme celui-là, on remet en cause totalement nos bases et nos idéaux.

12:10
Présentateur

Et précisément, en un mot, s'il vous plaît, c'est vrai qu'il a 25 ans de service, votre client, il a 45 ans, est-ce qu'à ce stade, il se voit reprendre son métier ? Comment il voit la suite ?

12:26
Invité

Alors, c'est bien trop tôt pour envisager cela. Aujourd'hui, il tient debout parce que les psychologues de la police sont là et parce qu'il a une famille qui le porte. Mais je ne sais pas comment il sera demain et après-demain. Il a effectivement des collègues, il a des amis, il a un soutien. Mais personne ne sait dire comment, effectivement, demain, il sera capable de redescendre sur la voie publique. Il faut effectivement qu'on envisage à quel point c'est difficile en 2025 d'être fonctionnaire de police en France. Merci.

12:56
Locuteur

Merci. Merci.