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interviewFrançois Ruffin (sur YouTube)· 22 octobre 2024 21 minAutoproduit

#BDR138 : Contre la morosité, « Au Boulot ! »

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bon, il y a de la joie, avec point d'interrogation quand même, parce que dehors, il pleut, les armes ont revêtu leurs feuilles jaunes, les gens passent dans le parc avec leur parapluie, on est parti en Picardie pour neuf mois d'automne, et tu sais, c'est cette phrase de Baudelaire, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, et c'est comme si ce couvercle pesait, un couvercle de morosité, qui pesait pas seulement sur la Picardie, mais sur le pays, et c'est dans ce temps-là qu'avec Gilles Perret, nous sortons un feel-good movie au boulot.

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Invité

Mes impôts n'ont pas à payer la médiocrité de ceux qui ne veulent rien foutre. Un rhum, une angine, et on va pas bosser, mais c'est quoi ces gens qui foutent rien ? C'est quoi ces glandus, ces assistés, ces feignasses ?

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Présentateur

Je viens ici pour une invitation amicale à Mme Salma, que vous veniez vous installer pendant un mois, deux mois, avec le SMIC. Ce que je veux faire, c'est la réinsertion sociale des riches.

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Invité

C'est pas un gros croque-monsieur, c'est un croque-monsieur rachiné à la truffe, aucun rapport. 30 secondes, 30 secondes. Les talons, finalement, peut-être que c'est pas si approprié, c'est peut-être un peu inadapté. Frottez, frottez, mieux vaut ne pas si frottez.

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Présentateur

J'ai toujours rêvé de me faire servir par la grande emploi aussi.

1:26
Invité

2 880 pour la veste, ça va. C'est bien ou pas ? Non, c'est pas bien. Emballer des poissons toute la journée, je vois même pas comment on peut dire que c'est un métier passion. Si on a passion, on a rien, ils n'ont pas réussi. Bonjour, Codayette. Ça te paye combien ? 1 000 euros. Mais j'ai surtout le besoin de me sentir utile auprès des autres. On a aussi la vie qu'on décide d'avoir. C'est pas moi qui ai arrêté l'école, c'est eux qui m'ont arrêté. Le système parcours suple, ils m'ont tué. Il y en a qui sont assistés, qui restent dans leur canapé à rien faire. Pourquoi aussi ? Pour eux, ils sont plus rien et c'est plus qu'un numéro. En 2012, j'ai été licenciée aux économiques.

Il fallait que je bouge, je travaille, j'ai toujours travaillé.

2:08
Présentateur

Après, on a les rêves qui commencent à revenir. Est-ce que tu peux encore prononcer le mot « assister à la télévision » sans penser au visage de Nathalie ? Sarah Salman, est-ce qu'elle a vraiment changé ? On s'en fiche, c'est pas le sujet. Le sujet, c'est les gens. Je dirais un mot, enfin un peu plus qu'un mot, je consacrerais 20 minutes après au sens politique de notre film, qui a pour moi un genre de manifeste, mais dire d'abord que nos films, à Gilles et à moi, ils reposent sur de l'émotion. Bon, on ne veut pas des économistes, des sociologues, des politistes qui viennent tirer les leçons à l'intérieur du film. Ça, à la limite, ça peut faire des débats après.

Mais on veut de l'émotion parce que dans émotion, il y a motte, c'est moteur, ça veut dire mise en mouvement. Et le cinéma, c'est l'art du mouvement. Et on pense que pour mettre en mouvement les gens, il faut de l'émotion, il faut des rires, il faut des larmes. Enfin, que parfois, on a plus envie de se lever et de se bagarrer pour le visage de Sylvain, de Nathalie, de Louisa, que pour se battre contre les concepts de la précarité, du néolibéralisme, de l'ultracapitalisme, et ainsi de suite. Et donc, voilà, on croit à l'émotion. Je le dis parce qu'il y a un truc à gauche, on le voit dans les salles. Les gens, ils sont portés, applaudissements, standing ovation, heureux.

Et puis après, ils se crassoient, paf, ils remettent leur cerveau de gauche, critiques et tout ça. Non, l'émotion, c'est important pour se mettre en mouvement. Ensuite, on peut avoir la raison pour se guider. Et je pense que c'est d'autant plus important, cette émotion, cette mise en mouvement, dans le temps un peu de tristesse, de morosité que je viens de décrire. Parce que c'est ce qui va redonner du courage, ce qui va redonner de l'envie, c'est l'envie d'avoir envie de Johnny, quoi. Malheureusement, tu vois, j'étais un peu moins là au montage, parce que j'avais une élection, et sur les derniers temps, et tu vois, là, j'ai une idée, là.

J'aurais bien voulu qu'on mette au début du film, cette phrase de la Déclaration des droits de l'homme de 1789, les distinctions sociales ne peuvent reposer que sur l'utilité commune. C'est la grande question du film. Comment ça se fait que quand on est chroniqueuse télé, conseillère d'influenceuse, avocate, on peut se payer ou imaginer se payer une montre à 50 000 euros, un sac à 20 000 euros, alors que quand on est auxiliaire de vie, quand on est soignant, quand on est enseignant, on va juste galérer pour payer ses crédits ? Voilà la question sur la hiérarchie des métiers, en termes de reconnaissance et de rémunération.

Et là, je fais le lien avec la phrase de Macron, dans le cœur de la crise Covid, il faudra se rappeler que notre pays tout entier repose aujourd'hui sur ces femmes et ces hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal. Je connais par cœur mon Macron de gauche parce qu'il dure 30 secondes. Cette phrase, elle était dans notre dernier film à Gilles et à moi, « Debout les femmes ». Derrière, est-ce qu'on a vu de la reconnaissance ? Est-ce qu'on a vu de la rémunération ? Non, au contraire, puisque ça a été aussitôt Macron réélu, ça a été la retraite à 64 ans, qui pèse bien sûr encore plus fort sur ses métiers populaires, et ça a été l'inflation qui est venue gréver les salaires.

D'ailleurs, il y a une étude qui vient de sortir, là, juste au mois d'octobre de cette année, alors c'est l'INSEE, il y a toujours deux ans de retard, donc ça s'arrête en 2022, mais qui montre que les métiers de la deuxième ligne, et bien ils ont perdu 0,7% de pouvoir d'achat en euros constants. Donc Gilles et moi, on cherchait comment rendre compte de ce temps de notre histoire.

On avait rendu compte du temps gilet jaune avec « Jeux du soleil », on avait rendu compte du Covid-19 avec « Debout les femmes », comment on rendait compte de ces manifs sur les retraites, de ces gens qui, sur les ronds-points, nous disaient qu'ils aimaient leur métier et pas comment on le faisait faire leur métier, qui nous parlaient d'inaptitude, qui nous parlaient des cadences qui s'étaient renforcées, et qui nous disaient à la fois les difficultés de leur travail et la fierté de leur travail, les deux à la fois, tu vois.

Alors évidemment, on aurait pu aller balader notre caméra dans les mouvements sur les retraites, mais on sait très bien que c'est un moment de parole collective, revendicative, vindicative, c'est pas ce qui fait du bon cinéma, même du bon cinéma de lutte, parce qu'il y a une difficulté à faire le lien entre l'intime et le social. Bon, et puis on savait aussi que Ruffin et Perret, qui font un film sur les ouvriers, les employés, ça manque franchement d'originalité. Tu sais, c'est la phrase de Bobby Lapointe dans une chanson qui dit « J'ai fantaisie de mettre dans ma vie un petit brin de fantaisie, youpi, youpi ».

Bon, ben, quand on fait du cinéma, c'est pour mettre dans nos vies, et puis dans la vie des spectateurs, un petit brin de fantaisie, youpi, youpi. Bon, évidemment, vous le savez, ce brin de fantaisie, cette originalité, je l'ai trouvé quand je me suis retrouvé sur le plateau des Grandes Gueules face à Sarah Salman, et que je lui ai jeté un appât pour qu'elle vienne passer trois mois au SMIC, qui a dit « Non, quand même, une semaine, ça sera déjà pas mal. » Bon, allez, c'est parti pour une semaine. Elle avait mordillé à l'hameçon, on l'a ramené sur la berge, dans la réalité, finalement.

Je pense que c'est essentiel, tu sais, même pour un politique comme moi qui va rencontrer des gens, on passe nos week-ends à ça, mais de ne pas se déréaliser. Il y a, dans la parole politique et dans la parole médiatique, ça parle de l'actualité, mais ça efface le réel. Ça efface les voix, les vis, les visages des gens. Et là, pour moi, faire un film et puis le porter dans les salles de cinéma, c'est ce temps où on ramène du réel et où on confronte au réel. Alors, Sarah Salman est confrontée au réel, mais moi aussi, on tombe sur des choses complètement inattendues.

et évidemment, le spectateur est confronté à du réel au-delà d'un discours politique et médiatique qui peut être un peu flontant, un peu conceptuel, un peu abstrait. Avec comme but, dans ce réel, toujours le même, qui est, je dirais, de rendre extraordinaires les existences qu'on dit ordinaires. Qui est de montrer ces gens dont Emmanuel Macron disait qu'ils ne sont rien, alors qu'ils font tout. Et avec chacun, ça part de mystère. Tu sais, il y a quelque chose pour moi qui est de l'ordre de la magie. Quand avec Gilles, on balade notre micro et notre caméra, ça me fait penser à quand mon fils pêchait, là, dans la Somme, juste en face, mais dans les rivières d'Ardèche aussi.

Et c'est comme s'il cherchait à révéler le mystère qu'il y avait sous l'eau. Moi, quand on balade notre micro et notre caméra, c'est comme si on cherchait à révéler la part de mystère chez les gens qui sont en face de nous, au-delà des apparences. Et il y en a qui acceptent, qui jouent le jeu, qui se livrent, sans doute plus s'ils seraient attendus au départ. Et ce sont des moments qui sont pour moi des moments de magie, et d'une magie qu'on a la chance de partager. Une difficulté classique pour nous, mais qu'on a rencontré, c'est filmer le travail.

Aujourd'hui, il est plus facile, plus autorisé de faire un film pornographique avec un homme et une femme qui font l'amour dans toutes les positions devant la caméra, que d'aller montrer le travail à l'écran. C'est un univers qui interdit. Tu vois, mon père a bossé pendant 40 ans dans l'industrie agroalimentaire, comme cadre, mais jamais j'ai une photo de lui au travail. On a un copain, Vincent, sa mère, elle est travaillée au service oncologie de l'hôpital d'Amiens. Et finalement, le seul jour où il a vu sa mère au travail, c'est lors du pot de départ, où il allait boire un coup dans le service, tu vois. Et c'est comme si c'était un trou noir, un univers interdit.

Et moi, je serais pour qu'il y ait des photographes publics qui aillent passer une journée avec les salariés, tu vois, que le boulanger, que le couvreur, ils puissent être suivis par un photographe et qu'il ramène ça à ses enfants avec fierté, en expliquant le boulot qu'il fait, quelle est son utilité. Enfin, bon, il n'y a pas ça. Et donc, on a, comme un trou noir, ce qui fait qu'on a des photos du dernier Laser Game. On a, là, on attend sur un quai de gare, tu vois, j'ai des photos de mes enfants, là, pour aller à Forma 11 sur la plage. Là, on a des photos au bord de la rivière, un moitié à poil. mais le travail, il n'est pas photographié, il n'est pas représenté.

Filmer le travail, les joies et les peines du labeur, la fierté, les difficultés, c'est de l'ordre du manifeste politique. De la même manière que le parti communiste d'après-guerre avait héroïsé les mineurs de fonds et les métallos en leur disant « c'est vous qui reconstruisez le pays », je considère que la gauche, aujourd'hui, elle devrait héroïser l'auxiliaire de vie, le charisme, le manutentionnaire en disant « c'est vous qui tenez le pays de vous ». C'est-à-dire pas seulement dire « le SMIC a 1 600 euros » parce que parfois, ce sont les premiers concernés qui n'y croient pas eux-mêmes.

Qu'au-delà des mesures, parfois en catalogue, on vienne énoncer des noms, des prénoms, des lieux, des métiers, des conditions de travail précises, que ça soit incarné et que les gens, en sentant qu'on parle d'eux, qu'on sait comment ils vivent, ils se sentent représentés et qu'à ce moment-là, de la même manière que hier, le mineur de fonds et le métallo, ils votaient à gauche, ça aille de soi que demain, le chariste, le manutentionnaire, l'auxiliaire de vie votent à gauche à leur tour. Et aussi parce que le travail peut fédérer, c'est-à-dire casser la barrière de racisme, de préjugés, d'a priori, qui existent au sein des classes populaires.

Et pour moi, c'est évident que pendant un siècle, on a intégré en France par le travail, les Italiens, les Polonais, les Portugais, et ainsi de suite, par le travail. Quand on est ensemble sur un chantier du bâtiment, quand on est ensemble dans la mine, ça crée une fraternité, la fraternité du faire ensemble. Ça, ça s'est arrêté, ça a été stoppé par le chômage de masse des années 70-80 et que ceux qui en ont pâti, les premiers qui ont été sortis des usines dans notre coin en Picardie, ça a été les immigrés, maghrébins, africains et puis leurs enfants qui n'étaient pas de pistonnés comme il fallait pour rentrer dans ces boulots-là et qui se sont retrouvés sur la touche.

Donc, le travail qui fédère. Et moi, je suis très fier que dans notre film, on voit côte à côte, je ne vais pas révéler la fin, mais qu'on voit côte à côte Élie, paysan du Morvan, Louisa, d'origine algérienne, Haroun, cuisinier afghan qui fait les ficelles Picard et Sylvain, charpentier du secours populaire et que tout ça coexiste dans une France fraternelle, une France humaine et une France qu'on aime et qu'on veut aimer. Tout ça est porté par le rire, tout ça est porté par le larme, tout ça est porté par des émotions et je vous fais le discours là, mais il n'y a pas de discours dans le film.

Quand on pousse la porte de ce restaurant sur les Quai Bellu, juste là, à Amiens, et qu'on croise Haroun, cuisinier afghan qui a franchi 11 frontières, qui est allé au lycée, qui a passé un CAP de cuisinier, qui derrière a une histoire d'amour avec deux enfants, s'est séparé comme ça arrive à beaucoup de monde et puis là fait des ficelles Picard je veux dire, je trouve que c'est une excellente réponse à Bruno Retailleau. Puisque je citais Macron pendant le Covid, on va en reprendre un autre petit bout puisqu'il déclarait déléguer notre alimentation, notre santé, notre protection à d'autres est une folie.

Et là, ce qu'il mettait en cause c'est très clairement le libre-échange et il en appelait à du protectionnisme dans le cœur de la crise Covid. Je le dis parce que on est dans un moment où de perte de souveraineté, on peut dire un, la perte de souveraineté budgétaire. Ces mecs là, avec leur costard, leurs cravettes, leur manière de parler bien sérieuse, mais qui en fait sont les pires économistes de France, Bruno Le Maire et puis Macron à ses côtés, qui a beau avoir été banquier d'affaires, qui gère le pays comme on aimerait qu'aucune entreprise ne soit gérée, ils ont creusé du déficit à la pelleteuse.

On l'avait dit que dans le temps de la crise Covid, oui, il fallait ouvrir les vannes, mais qu'après ça, ce n'était plus possible. Et les vannes, ils ont ouvert pour qui ? Ils les ont ouvert pour leurs copains en faisant des pertes de recettes sur la fiscalité. C'est moins 60 milliards d'euros par an. Emmanuel Macron s'en est vanté. Et en plus, deuxième truc, en gonflant tous azimuts les aides aux entreprises. Mais tout ça nous a amenés dans le mur. On propose de faire une commission d'enquête. C'est lancé par Éric Coquerel et Charles de Courson sur le déficit de l'État. Est-ce qu'ils ne nous ont pas menti ? Et ainsi de suite.

Mais je veux dire, ce n'est pas une commission d'enquête qu'on voudrait. C'est une enquête tout court et avec du tribunal derrière. Parce que ces gens qui nous ont parlé comme si nous, on était des gamins qui ne savions pas comment faire, qui étions des naïfs et ainsi de suite. C'est eux qui ont mené le pays dans une crise budgétaire et avec derrière la volonté de le faire payer aux gens. Toujours les mêmes. Les gens, on va les rationner pendant que les gros là-haut, ils se gâtent. Bon, donc un, souveraineté budgétaire qui est en cause. Deux, souveraineté industrielle.

On voit revenir ce qu'on avait vécu pendant des décennies et ce qui s'était calmé après la crise Covid, c'est-à-dire des délocalisations en série. Je passe à Nantes, c'est Général Électrique avec les éoliennes en mer qui vont être envoyées aux Etats-Unis et deux usines à peine construites qui ont moins de 15 ans et que déjà on est en train de vider. Mais toujours à Nantes, c'est Saunier-Duval qui fabrique des pompes à chaleur et la Wats, nous, dans la Somme, c'est la délocalisation, notamment vers la Bulgarie, des générateurs de pompes à chaleur. Donc on peut dire tout ça, c'est ce qui devrait nous armer contre le réchauffement climatique.

Mais tu regardes ce qui se passe dans l'industrie automobile alors que Stellantis se gave. On a sauvé Stellantis, on a sauvé Renault pendant le cœur de la crise Covid et derrière, ils sont en train de tout faire sous-traiter dans les pays de l'Est ou en Asie et y compris la voiture électrique. perte de souveraineté budgétaire, perte de souveraineté industrielle, mais derrière, c'est la perte de souveraineté sanitaire. Là, le Doliprane qui va passer au moins demain d'un fonds de pension américain. Je veux dire, Sanofi a déjà fermé une dizaine de sites sur la France. Ils ont fermé, lui, le labo de recherche.

Il n'y a plus de recherche sur le diabète, il n'y a plus de recherche sur la cardiologie, enfin, il n'y a plus de recherche sur les antibiotiques. Ça fait 15 ans maintenant qu'ils taillent à la découpe ce qui devrait être notre outil de souveraineté sanitaire en matière de médicaments et avec un gouvernement et un président de la République qui laissent faire parce que, j'ai déjà longuement expliqué, mais Sanofi et la Macronie ont fusionné. Je ne veux pas rentrer dans les détails parce que sinon, on y passe un BDR entier. Mais ils ont fusionné. Et là, le gouvernement fait semblant. On va demander des garanties. Non, il faut dire non. Il faut dire non à Sanofi.

Sinon, vous remboursez toutes les aides qu'on vous a fournies. D'accord ? Crédit impôt recherche, crédit impôt compétitivité emploi. Vous nous remboursez tout ça. Et puis, normalement, les dirigeants de Sanofi, on devrait leur enlever leur ceinture, on devrait leur enlever leur bretelle, on devrait leur enlever leur lacet, on devrait leur enlever leur cravate et les mettre un bon petit coup en garde à vue. Parce que, ce qu'ils ont fait sur la dépakine où ils savaient, ils savaient que, s'ils s'étaient avalés par des femmes enceintes, ça donnerait derrière des graves maladies et notamment des enfants qui souffrent d'autisme. Ils le savaient et ils n'ont rien dit.

Non seulement, ils n'ont rien dit, mais derrière, ils refusent de dédommager les victimes et quand ils sont condamnés en appel, eh bien, ils refusent encore de payer, font recours à la cassation. Et, c'est le gouvernement qui, en attendant, avance l'argent aux familles où il y a des gamins qui sont multi-handicapés à l'intérieur. Voilà, on a un État complice de Sanofi. D'où la perte de souveraineté sanitaire. Et enfin, j'en viens à l'alimentation puisque Macron, là, il est en train de laisser signer le traité Mercosur. Il avait dit qu'il s'y opposerait et puis ils sont en train de trouver une petite bricole.

On va donner les indemnités aux agriculteurs et patati et patata de manière à ce qu'on laisse signer le traité avec le Mercosur. Non, si on prend au sérieux sur déléguer notre santé, notre alimentation, notre protection à d'autres est une folie, ça veut dire que la folie du libre-échange, il faut la limiter. C'est difficile. Vous savez, une fois qu'on a fait sortir le dentifrice YouTube, c'est vachement dur de le faire rentrer à l'intérieur. Donc, dire qu'on va sortir de tous les traités, qu'on va sortir des traités européens et ainsi de suite, on ne va pas le faire en un claquement de doigts.

Ce n'est pas si évident que ça de dire qu'on va se remettre à réguler la circulation des marchandises et des flux financiers. Ça ne va pas être automatique. En revanche, ne pas signer de nouveaux traités. Ne pas signer de nouveaux traités avec la Nouvelle-Zélande sur les moutons ou de nouveaux traités avec le Mercosur sur notamment les vaches. Pas seulement, il n'y aura pas que ça, mais enfin, sur les bœufs. Eh bien, normalement, ça, c'est le minimum. On ne signe plus de nouveaux traités de libre-échange. Lactalis, qu'est-ce qu'ils font ? Qu'est-ce qu'ils disent aux agriculteurs ? Vous avez voulu nous relever le prix du lait ? Vous avez voulu vivre de votre travail ?

On est toujours dans le sujet de haut boulot. Vous voulez vivre de votre travail ? Non, ce n'est pas question. Nous, on aura à chercher du lait ailleurs. Si on permet ça, si on permet cette libre-circulation des marchandises, qu'importe le prix où les gens sont payés, qu'importe les normes environnementales, qu'importe les impôts qui sont dus, on ne peut pas s'en sortir. Donc, il faut une régulation de la globalisation. Voilà, il faut ça. C'est le préalable, sinon, on ne peut pas mener de politique. Il faudrait que j'en revienne à de la joie, à de l'émotion, à du rire, à des larmes.

Eh bien, voilà, on vous propose 1h24 de ça avec mon collègue Gilles Perret 6 novembre dans plein de salles de France. Merci à vous.