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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 9 avril 2026 64 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesDéfense

Pétrole : la flambée qui fait peur à Trump - C dans l’air - 10.03.2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 99 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    La guerre en Iran est bientôt finie. Comment D.Trump tente-t-il de rassurer les marchés financiers face à la crainte d'un choc pétrolier ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Le baril de Brent redescend après avoir franchi les 100 dollars. Est-ce que le piège iranien est en train de se refermer sur nous ?

  • 3:25RelanceRéponse directe

    On est tenté d'indexer cette courbe avec le cours du pétrole sur le discours de D.Trump. Le cours monte, D.Trump dit que la guerre est finie, et la courbe redescend. Est-ce que c'est aussi simple ?

  • 4:51OuverteRéponse directe

    D.Trump a déclaré que la guerre était terminée, mais son secrétaire à la Guerre dit que ce n'est que le début. Qu'en est-il ?

  • 5:34OuverteRéponse directe

    D.Trump est-il en train de battre en retraite ?

  • 6:12OuverteRéponse directe

    Quels sont les objectifs d'Israël dans cette guerre contre l'Iran ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00L.MengetFait
    « Le plan iranien a fonctionné. Surtout, au-delà des stations-services qui nous concernent, la panique générale qui s'empare des marchés dans le monde, même si vous avez rappelé les annonces de D.Trump, mais aussi de dirigeants occidentaux ont permis de faire baisser la tension sur les marchés. »
  • 4:08L.MengetFait
    « Les Iraniens ont mis une pièce dans une machine qui n'était pas suffisamment anticipée, notamment avec le blocage d'Ormuz, mais pas seulement. »
  • 4:51I.LasserreFait
    « Les Israéliens et les Américains n'ont pas les mêmes objectifs. Ils ont certains objectifs en commun, avec notamment la destruction du programme nucléaire iranien, la destruction des milices dans la région, et la destruction du programme balistique. »
  • 5:34D.TrumpFait
    « Je pense qu'on pourrait dire les deux. »
  • 6:56Gal D.TrinquandChiffre
    « Le discours du président Trump, c'est pour son électorat et les marchés. Au passage, ça permet de mesurer la volatilité des marchés. J'étais sur une émission. En début d'émission, c'était 120. À la fin, c'était 95. »
  • 7:38Gal D.TrinquandChiffre
    « La France dépense pour 3 %, je crois, de ce qui vient du Golfe. »
  • 8:48Gal D.TrinquandFait
    « Monsieur Nétanyahou veut aller jusqu'au bout. Il pense que tant qu'on n'aura pas retiré le gouvernement des mollahs, la République islamique, on a toujours la menace nucléaire, des missiles. »
  • 11:33L.MengetFait
    « B.Nétanyahou joue une carte presque messianique, pour lui. »
  • 12:16A.SchwartzbrodFait
    « Si Trump siffle la fin de la partie, il sera très embêté. Ça m'étonnerait qu'il puisse continuer tout seul sur l'Iran. »
  • 15:48Chiffre
    « Les armateurs ne vont pas se permettre d'envoyer des bateaux avec des primes qui ont augmenté de 500 %, avec des équipages qu'il faut payer en prime et qui ont un droit de retrait. »
  • 16:27E.MacronPromesse
    « L'objectif serait, quand il y a une baisse de ces conflits, de pouvoir escorter des tankers, des porte-conteneurs et de rouvrir la route du gaz et du pétrole en sortie d'Ormuz pour aller alimenter les marchés mondiaux. »
  • 18:36Gal D.TrinquandFait
    « On ne pourra pas forcer le passage à Ormuz. Les armateurs n'enverront pas leurs bateaux là-bas tant qu'il y aura la guerre. »
  • 25:47Gal D.TrinquandFait
    « 1er point : défense du sud de l'Europe. Montrer qu'on est capables de faire ça. 2e point : liberté des mers. »
  • 27:13S.DridiChiffre
    « Cette augmentation de 17 % du prix de l'essence depuis le 28 février, depuis le début de cette intervention en Iran, affecte beaucoup les Américains. »
  • 27:57S.DridiFait
    « Il a évoqué l'envoi de troupes possiblement au sol, alors qu'avant, c'était l'une de ses lignes rouges. »
  • 29:26S.DridiChiffre
    « Quand on a les sondages, une majorité de l'opinion publique est opposée à cette guerre, mais chez les républicains, il y a encore une majorité qui le soutient. »
  • 31:21L.MengetFait
    « Les tankers y accostent et chargent là-bas. Il y a un plan qui circule aux États-Unis et qui correspond à une info qui a été donnée le week-end dernier. »
  • 33:28Gal D.TrinquandFait
    « Depuis le départ, le président Trump... C'est un dealer. Il arrive, il fait son truc et il regarde comment réagissent les autres. »
  • 34:57Fait
    « La marine américaine a escorté un 1er pétrolier à travers le détroit d'Ormuz. »
  • 36:25Fait
    « Le nouveau Guide suprême, fils d'A.Khamenei, ne s'est toujours pas exprimé depuis sa nomination dimanche. »
  • 37:09Fait
    « M.Khamenei succède à son père, A.Khamenei. »
  • 37:51Fait
    « M.Khamenei est connu pour avoir supprimé plusieurs opposants au sein même de l'appareil d'État et religieux iranien. »
  • 38:31Fait
    « En 2008, un document de la CIA indique que son influence inquiète l'entourage du Guide suprême. »
  • 39:14Fait
    « Il enseigne la théologie dans le très conservateur centre religieux de Qom, avant de quitter son poste subitement en 2024. »
  • 40:39I.LasserreFait
    « Le fait qu'on ne l'ait pas vu depuis dimanche et que des rumeurs commencent à circuler pour savoir s'il existe vraiment ou, plus exactement, s'il n'est pas mort ou blessé. »
  • 41:23I.LasserreFait
    « C'est un pied de nez envoyé à l'administration américaine. C'est une façon pour le régime iranien de montrer que rien n'a changé. »
  • 43:34L.MengetFait
    « L'Iran ressemble de plus en plus à la Corée du Nord, à une espèce de dynastie folle. »
  • 44:55I.LasserreFait
    « Le régime va sortir complètement fragilisé de cette guerre. »
  • 45:37A.SchwartzbrodFait
    « La population iranienne qui voit ce qui est en train de se passer, qui a eu, à un moment, l'espoir que la liberté allait peut-être arriver... Là, c'est pire. »
  • 47:04Gal D.TrinquandFait
    « Le régime s'est organisé pour résister à l'attaque américaine. Et ce, de 2 façons. D'abord, dans sa structure. Elle est très décentralisée. »
  • 47:49Gal D.TrinquandChiffre
    « Ils sont passés dans une phase où ils utilisent des trucs de 1000 ou 2000 kg. »
  • 48:33I.LasserreChiffre
    « 10 jours, ce n'est rien. Un des enjeux de cette guerre pour les Israéliens, c'est le trésor de guerre des Iraniens. C'est les 400 kg d'uranium enrichi. »
  • 49:16I.LasserreFait
    « Le régime va sortir complètement fragilisé de cette guerre. »
  • 49:58I.LasserreFait
    « Les Israéliens avaient d'ailleurs envoyé des commandos juste avant la chute de B.Al-Assad dans les installations d'armes chimiques. »
  • 50:42I.LasserreChiffre
    « Si le régime n'a plus son trésor de guerre, le programme nucléaire, ce n'est plus 2 ans qu'il prend, comme programme, mais 10. »
  • 52:08Chiffre
    « Près de 700 000 personnes ont été déplacées depuis qu'Israël pilonne sans relâche le Liban pour faire tomber le Hezbollah. »
  • 53:36Fait
    « Le quartier de Dahiyé ressemblera à Khan Younès. »
  • 54:59Fait
    « Le groupe terroriste a convié les journalistes sur place pour constater les dégâts de l'opération. »
  • 55:40E.MacronPromesse
    « Le Hezbollah doit cesser toute frappe car il met en danger toutes les Libanaises et tous les Libanais. Israël doit cesser au plus vite son opération militaire et ses frappes sur le Liban pour permettre à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du Liban d'être recouvrées. »
  • 56:24Gal D.TrinquandChiffre
    « La résolution actuellement en vigueur, c'est la 1701, votée en 2006 après une opération israélienne au Sud-Liban. »
  • 57:07Gal D.TrinquandChiffre
    « Les Israéliens occupaient jusqu'au Litani. Ils n'en sont sortis qu'en 2000. »
  • 57:51Gal D.TrinquandFait
    « Aujourd'hui, on en vient aux objectifs de monsieur Nétanyahou. Je pense qu'il atteint l'objectif ultime : l'attaque de Téhéran. »
  • 58:33A.CasseFait
    « Ca veut dire quoi, les BPC ? »
  • 59:16A.SchwartzbrodFait
    « Je crains que plus E.Macron l'appellera pour lui dire de cesser, plus il continuera. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

adoptez Antikal. ... - A.Casse: Bonsoir. "La guerre en Iran est bientôt finie." Voilà comment D.Trump tente de rassurer les marchés financiers au moment où le monde entier craint un choc pétrolier. Le baril de Brent passe sous les 92 dollars. Pour combien de temps? Pris dans le piège iranien, D.Trump pourrait-il battre en retraite? Comment rouvrir le détroit d'Ormuz pour échapper à une crise mondiale? C'est le sujet de notre émission ce soir. Nous sommes avec le général D.Trinquand. Vous êtes ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU. Vous êtes auteur de "D'un monde à l'autre". L.Menget, bonsoir. Vous êtes grand reporter, spécialiste des relations internationales. I.Lasserre, vous êtes correspondante diplomatique au "Figaro". Je cite votre dernier article... A.Schwartzbrod, bonsoir.

1:15

Vous êtes directrice adjointe de la rédaction de "Libération". En une de "Libération": "Guerre en Iran: la pompe à retardement". Le baril de Brent redescend après avoir franchi la barre des 100 dollars. Il est maintenant à 92 dollars. Mais ça peut remonter à tout moment. C'est déjà très haut. Voici une photo qu'on a prise dans une station-service parisienne. Le gazole s'affiche à 2,69 euros le litre. Est-ce que le piège iranien est en train de se refermer sur nous? - L.Menget: Le plan iranien a fonctionné. Surtout, au-delà des stations-services qui nous concernent, la panique générale qui s'empare des marchés dans le monde, même si vous avez rappelé les annonces de D.Trump, mais aussi de dirigeants occidentaux ont permis de faire baisser la tension sur les marchés... Ce qui est sûr, c'est que même si D.Trump est imprévisible, on commence à connaître

2:43

ses centres d'intérêts principaux et ceux qu'il écoute. Il écoute beaucoup les financiers, les économistes, la Bourse... Quand la Bourse commence à trembler, à fléchir, à avoir peur, D.Trump est mal à l'aise et a peur. Il ne faut pas oublier qu'il est à la tête d'une fortune gigantesque. Sa famille est à la tête d'une fortune gigantesque. Il voit le Moyen-Orient comme un gigantesque champ d'opportunités économiques et financières. Les Iraniens ont mis une pièce dans une machine qui n'était pas suffisamment anticipée, notamment avec le blocage d'Ormuz, mais pas seulement. Le principe de ces crises, c'est qu'elles sont psychologiques. Il y a une panique mondiale qui s'empare. Le piège n'est pas refermé, mais les Iraniens

3:25

ont sérieusement ébranlé les marchés occidentaux. - A.Casse: On est tenté d'indexer cette courbe avec le cours du pétrole sur le discours de D.Trump. Le cours monte, D.Trump dit que la guerre est finie, et la courbe redescend. - A.Schwartzbrod: La courbe est redescendue aussi à cause des stocks de pétrole, quand les dirigeants ont dit qu'ils allaient relâcher, desserrer l'étau sur les stocks de pétrole, qu'ils allaient pouvoir en relâcher, en remettre sur le marché. C'est redescendu à cause de ça. Mais c'est vrai que les paroles de Trump... On a vu l'effet immédiat. Mais on sait que les marchés sont indexés sur les guerres, sur la situation géopolitique mondiale.

4:08

C'est là que les Iraniens ont très vite compris comment ils pouvaient jouer cette partie, ce que les Etats-Unis, manifestement, n'avaient pas anticipé. On voit la différence entre la guerre des Douze Jours en juin dernier, qui s'était passée assez vite et de façon... Ca ne s'était pas internationalisé. Là, ça s'est régionalisé. L'Iran a compris que s'il essayait de toucher les alliés du Golfe des Etats-Unis, ça pouvait faire beaucoup de mal à D.Trump et provoquer une panique mondiale.

4:51

C'est ce que les dirigeants iraniens recherchent pour que l'étau se resserre sur D.Trump. Se resserre sur D.Trump. - A.Casse: C'est le cas? Vous parlez de la guerre des Douze Jours. Ce sera demain le 12e jour de la guerre. On arrive à se demander si D.Trump est en train de préparer les esprits à un retrait américain. - Monsieur le président, vous avez déclaré que la guerre était terminée, mais votre secrétaire à la Guerre dit que ce n'est que le début. Qu'en est-il? - D.Trump: Je pense qu'on pourrait dire les deux. - A.Casse: Il est en train de battre en retraite?

5:34

- I.Lasserre: Il est trop tôt pour le dire. D.Trump peut changer d'avis demain, surtout si la situation au niveau du pétrole se calme. Ce qui est certain, c'est que les Israéliens et les Américains n'ont pas les mêmes objectifs. Ils ont certains objectifs en commun, avec notamment la destruction du programme nucléaire iranien, la destruction des milices dans la région, et la destruction du programme balistique. Au-delà, D.Trump se satisferait bien d'un accord avec quelqu'un dans le régime du modèle vénézuélien. C'est-à-dire qu'on passe un accord avec le régime et il n'est pas obligé de jouer la chute du régime et le renversement du régime. Alors que les Israéliens, leur but est très clair: ils veulent se débarrasser une fois pour toutes

6:12

de la menace iranienne. A la fois la menace nucléaire d'un Iran qui menace verbalement de les éradiquer régulièrement, et des proxies, le Hezbollah et le Hamas, qui attaquent Israël régulièrement. Depuis 2023, la puissance israélienne a été débridée. Ils pensent avoir aujourd'hui l'opportunité soit de faire tomber le régime, soit de l'affaiblir à un point suffisant pour que la population prenne le relais et s'installe à la place du régime. C'est ça, le but des Israéliens. Il faut sans doute beaucoup plus de temps que D.Trump ne leur en laissera.

6:56

La question, c'est: si D.Trump arrête dans une semaine, est-ce que les Israéliens auront les moyens, en termes de capacité... On dit qu'ils ont 7 semaines d'autonomie de munitions sans les Américains. Est-ce qu'ils auront la latitude politique de poursuivre ce combat sans les Américains jusqu'au bout? - A.Casse: Militairement, ça se fait, de dire "la guerre est bientôt finie"? - Gal D.Trinquand: Le discours du président Trump, c'est pour son électorat et les marchés. Au passage, ça permet de mesurer la volatilité des marchés. J'étais sur une émission. En début d'émission, c'était 120. A la fin, c'était 95. - I.Lasserre: Grâce à vous! - Gal D.Trinquand: Rien du tout! - A.Casse: On verra à la fin de l'émission...

7:38

- Gal D.Trinquand: Ensuite, il y a la mondialisation. Quand on voit les prix à la pompe en France... L'essence qui vient en France ne vient pas du tout du Golfe. La France dépense pour 3 %, je crois, de ce qui vient du Golfe. On voit qu'il y a une mondialisation complète. Pour revenir sur l'arrêt ou pas et jusqu'à quand ça va durer, le président Trump n'avait pas mesuré la capacité de résistance du gouvernement iranien. Souvenez-vous de monsieur S.Witkoff qui, à la fin des négociations, a dit: "Avec tout ce qu'on leur a mis, ils auraient dû céder." C'était pendant la guerre. C'est: "Finalement, ils résistent quand même." Le problème de monsieur Trump, c'est qu'il cherche une porte de sortie. Ca va être quoi, la porte de sortie? Il a annoncé que celle-ci devait être commune,

8:48

décidée entre les Israéliens et les Américains. - A.Casse: Ca pourrait être quoi? - Gal D.Trinquand: Justement, c'est difficile. Monsieur Nétanyahou veut aller jusqu'au bout. Il pense que tant qu'on n'aura pas retiré le gouvernement des mollahs, la République islamique, on a toujours la menace nucléaire, des missiles. - A.Casse: Il y a une divergence entre les objectifs de Nétanyahou et de Trump. de Trump l'exhortent à trouver une porte de sortie,

9:30

craignant les répercussions politiques. Ca veut dire qu'il y a un plan de retrait américain qui existe? - I.Lasserre: Le plan américain était de faire une guerre courte. Ca ne marche pas comme prévu. Je ne crois pas que B.Nétanyahou s'arrête comme ça. Il ne faut pas oublier que pour B.Nétanyahou, ce qui se passe en Iran, c'est l'apogée historique de sa carrière. - L.Menget: Il rentre ou pas dans l'histoire israélienne en fonction de ce qui est en train de se jouer. Il est rentré dans l'histoire israélienne par bien d'autres aspects: sa longévité comme Premier ministre... Mais il a construit son image de chef de guerre et de chef d'Etat grâce à l'Iran. Il ne peut pas, vis-à-vis de son électorat,

10:50

se contenter d'une demi-victoire. Il ne peut pas dire: "Une fois de plus, on nous a arrêtés." C'est Trump qui a décroché son téléphone à 4h et qui lui a dit: "Si les avions décollent, je les fais abattre." - A.Casse: Est-ce que D.Trump peut le faire encore aujourd'hui? - L.Menget: Alexandra connaît encore mieux Israël que moi, mais je ne pense pas. Je pense que B.Nétanyahou joue une carte presque messianique, pour lui. C'est le dessein de son Moyen-Orient, celui qu'elle a imaginé. Après se posera la question des munitions et de se brouiller ou pas avec D.Trump, mais la situation actuelle... - A.Casse: Est-ce qu'il y a un début de rupture? L'administration Trump aurait très mal pris les frappes israéliennes sur les dépôts pétroliers iraniens. - A.Schwartzbrod: Oui. On a bien vu que ça peut faire un mal de chien, ce genre de frappe. Je suis d'accord. B.Nétanyahou n'arrêtera pas la guerre. Il ne peut pas arrêter d'être en guerre. C'est sa raison d'être, à B.Nétanyahou. C'est comme ça qu'il se présente devant son peuple, comme chef de guerre, comme rempart contre les menaces extérieures.

12:16

En effet, si Trump siffle la fin de la partie, il sera très embêté. Ca m'étonnerait qu'il puisse continuer tout seul sur l'Iran. En revanche, il redoublera d'efforts sur le Liban, où subsiste un proxy de l'Iran, le Hezbollah. Il est déterminé à l'éradiquer, comme il a voulu éradiquer le Hamas à Gaza. Sauf qu'on a bien vu qu'en éradiquant le Hamas, il a anéanti Gaza. Le gros risque, c'est qu'en voulant éradiquer le Hezbollah, il anéantit le Liban. - A.Casse: Le baril de Brent a dépassé les 100 dollars. Quel est le plan pour ouvrir le détroit d'Ormuz, par lequel transite un tiers du pétrole mondial?

12:55

E.Macron mobilise la marine française. - D.Trump a choisi la Floride, près de l'un de ses golfs, pour donner sa toute 1re conférence de presse depuis le début de la guerre contre l'Iran. Selon le président américain, son armée est en avance sur le calendrier. - D.Trump: Ca va bientôt se terminer. Si ça recommence, ils seront encore plus durement frappés. - Vous avez déclaré que la guerre était terminée, mais votre secrétaire à la Guerre dit que ce n'est que le début. Qu'en est-il? - D.Trump: On pourrait dire les deux. - Un message qui brouille les pistes mais qui rassure

13:39

instantanément les marchés financiers. - Quelle volatilité extrême! Le Brent a dégringolé sous les 100 dollars alors que le président Trump a dit que ça pourrait se terminer bientôt. - Le prix du pétrole avait atteint 119 dollars le baril. Il redescend à 90 dollars aujourd'hui. Mais au Moyen-Orient, les Etats-Unis annoncent qu'ils intensifient leurs bombardements. Du côté de leur allié israélien, B.Nétanyahou ne voit pas la fin des opérations pour demain. - B.Nétanyahou: Notre inspiration est de permettre au peuple iranien de se libérer du joug de la tyrannie. Il ne fait aucun doute que par les actions entreprises jusqu'à présent, nous brisons leurs os et c'est loin d'être terminé. - L'Iran est affaibli, mais les Gardiens de la révolution parviennent toujours à lancer des missiles. Ici, interception de drones par un avion de chasse au Qatar. Ou encore alerte en Israël. Le Dôme de fer n'arrive pas à tout détruire. L'Iran met la pression à la télévision. - Le porte-parole du Corps des Gardiens de la révolution islamique a déclaré: "Les munitions

15:05

des ennemis s'épuisent. Ils cherchent une sortie de guerre honorable, mais c'est l'Iran qui décidera de la fin de la guerre." - L'Iran a toujours un atout et un levier entre ses mains. Il bloque le détroit d'Ormuz, un atout stratégique par lequel transitent 20 % du pétrole mondial et 30 % du gaz liquéfié. Impossible de traverser. Pour le moment, le passage n'est pas miné. - S'il est rentré quoi que ce soit pour bloquer le flux de pétrole dans le détroit d'Ormuz, il sera frappé. - Les Etats-Unis ont proposé d'escorter avec leurs bateaux de guerre les navires commerciaux sans vraiment détailler

16:27

un calendrier ni un dispositif. De son côté, la France Déploie une armada en Méditerranée orientale: son porte-avions Charles-de-Gaulle, 8 frégates et des porte-hélicoptères. Leur mission: protéger les alliés de la France, ses ressortissants dans la région et leur trafic maritime. Un envoi dans le détroit d'Ormuz serait envisagé une fois la situation calmée. - E.Macron: L'objectif serait, quand il y a une baisse de ces conflits, de pouvoir escorter des tankers,

17:10

des porte-conteneurs et de rouvrir la route du gaz et du pétrole en sortie d'Ormuz pour aller alimenter les marchés mondiaux, et la route des porte-conteneurs pour alimenter des pays de la région, qui sont en train de manquer de certaines denrées ou de certains éléments. - E.Macron convoque ce soir un nouveau conseil de défense à l'Elysée. - A.Casse: Question. - Gal D.Trinquand: A bien écouter le discours du président Macron, il n'a pas dit exactement qu'on allait débloquer le détroit d'Ormuz. Il a dit que s'il y avait la paix, on pourrait s'en occuper. Le dispositif que je souligne... 8 frégates, 1 porte-avions, probablement 1 ou 2 sous-marins, c'est considérable. Ca représente pas loin de 40 % de la marine nationale. Elle a pour mission principale de protéger le sud de l'Europe.

17:52

Chypre a été attaqué. Chypre n'appartient pas à l'Otan mais à l'UE. C'est à l'UE de s'en occuper, d'où les Grecs, les Italiens, les Espagnols et les Français qui s'en occupent. - A.Casse: Nous en première ligne. - Gal D.Trinquand: Oui. Il faut mesurer le poids que représente la marine française en Méditerranée actuellement. L'autre mission, c'est la mer Rouge. Il y a une mission de l'UE, Aspides, qui doit être renforcée par un bateau grec et un bateau italien. On parle de 2 frégates françaises en plus. C'est l'escorte des convois qui a relativement fonctionné contre les Houthis. En revanche, Ormuz, il n'y aura pas un bateau

18:36

qui passera tant qu'il y aura la guerre car les armateurs ne vont pas se permettre d'envoyer des bateaux avec des primes qui ont augmenté de 500 %, avec des équipages qu'il faut payer en prime et qui ont un droit de retrait. - A.Casse: Pourquoi dire qu'on prépare ce dispositif vers le détroit d'Ormuz? Quel est le calcul du président? - Gal D.Trinquand: C'est la liberté de circulation sur les mers. On s'occupe de Bab Al-Mandab. Ultérieurement, il faudra s'occuper d'Ormuz car ça a un impact sur le prix du pétrole. - A.Casse: On n'est pas en train, peut-être, de devenir une cible en s'engageant ainsi? - L.Menget: Si on entrait dans le détroit d'Ormuz ou si on s'en approchait, on pourrait devenir une cible. Les Iraniens ne feraient pas une grande différence

19:19

entre des navires américains, espagnols ou français. Ce sont des navires de guerre qui tentent de franchir un espace dont ils disent qu'il est fermé. Mais pour l'instant, on n'est pas près du détroit d'Ormuz. En étant dans la mer Rouge, si les Houthis rentrent dans la bataille, ce qu'ils n'ont pas fait pour l'instant, et qu'ils se mettent à viser des navires français, la situation sera différente. La marine française a l'intention de rester dans une position défensive. En temps de guerre, il suffit de pas grand-chose pour que le défensif cesse d'être défensif.

20:01

Les Houthis sont en mer Rouge. Le long des côtes iraniennes, 1700 km de côtes, avec les pasdarans, ça faisait partie des plans anticipés et prévus. On pense qu'il y a entre 1000 et 1500 petites embarcations, soit automatiques, soit pilotées par des marins un peu suicides qui attendent que des navires militaires essaient de rentrer dans le détroit d'Ormuz pour faire un carton et pour dire qu'ils sont capables de descendre un bateau. Ce ne sera pas un porte-avions, car ils sont extrêmement protégés, mais personne n'est invulnérable, surtout face à des embarcations suicides. - A.Casse: Le dispositif est impressionnant. A chaque fois, on a ces questions de téléspectateurs qui nous demandent si on n'est pas un peu plus chaque jour en train de s'impliquer dans cette guerre. - A.Schwartzbrod: C'est clair qu'il y a un vrai danger de guerre mondiale. Il suffirait de pas grand-chose. Regardez ces missiles dirigés vers la Turquie, membre de l'Otan. Certes, ils ont été détournés... Il y a un danger, bien sûr. C'est là que cette guerre, lancée de façon totalement inconsidérée et pas totalement préparée

21:26

par D.Trump et B.Nétanyahou, est dangereuse et peut entraîner le monde dans une guerre totale. Il ne faut pas négliger le côté politique intérieure, pour E.Macron. Depuis qu'il s'occupe plus de l'international, sa cote de popularité est remontée. - A.Casse: C'est le contexte qui est en crise aussi. - A.Schwartzbrod: Oui, mais c'est une posture dans laquelle il est plutôt à l'aise. Il aime bien se présenter comme un chef de guerre, qu'il est, en tant que chef des armées, d'ailleurs. Il est plutôt pas mauvais dans ces situations. C'est aussi une façon de montrer la force, la puissance militaire de la France, qui est seule capable en Europe de déployer une telle puissance. Il en profite, entre guillemets.

22:11

Tout le monde tire les intérêts qu'il peut, dans cette guerre. Il en profite aussi pour se montrer en chef de guerre en Europe. - A.Casse: C'est intéressant de voir que nos questions évoluent. Au 1er jour de la guerre, on se demande si on est au bord d'une crise régionale. Là, on en est à se demander si la guerre mondiale est proche. - I.Lasserre: En 10 jours de guerre, on ne peut pas parler... - A.Casse: On mesure les conséquences mondiales cette guerre. - I.Lasserre: On mesure les conséquences géopolitiques énormes de cette guerre comme on mesure les conséquences géopolitiques de tout ce qui se passe

22:53

depuis l'invasion de l'Ukraine par V.Poutine, en passant par le 7 octobre 2023, les massacres du Hamas. On est en pleine recomposition du monde. Tout est bien entendu lié. Nétanyahou, qui, à mon avis, prépare cette guerre depuis de longues années, s'il se lance dans cette guerre et qu'il veut aller jusqu'au bout, c'est d'une part car c'est devenu, comme V.Poutine, un président qui ne vit plus que par et pour la guerre... S'il s'arrête, il risque de s'effondrer. Mais aussi parce que, depuis les massacres du 7-Octobre,

23:37

Israël ne peut plus tolérer d'avoir un Hezbollah qui se réarme à ses frontières et d'avoir une menace nucléaire. Même si depuis juin, elle avait été rabaissée, au niveau de l'enrichissement de l'uranium et des centrifugeuses notamment. La France est le pays... On ne peut pas, à longueur de journée, défendre la défense de l'Europe et se poser comme le leader de la défense européenne, et de pas être présent comme ça. On est dans le rôle. Ca permet de réimposer l'influence de la France au Moyen-Orient, qui est en train de s'effriter, notamment parce que D.Trump

24:22

ne laisse aucune place. Ce qui est compliqué, c'est dire que cette force ne rentrera dans le détroit d'Ormuz que le jour où la paix sera arrivée. On prévoit une coalition de pays prêts à défendre l'Ukraine si la Russie réattaque. Mais à partir du moment où il y a un cessez-le-feu, on n'est pas dans le timing. En Ukraine, V.Poutine ne veut pas de cessez-le-feu. D'ailleurs, la Coalition des volontaires est un argument supplémentaire pour V.Poutine pour ne pas signer un cessez-le-feu, car il ne veut pas de cette Coalition des volontaires. Là, c'est pareil. On est en plein dans le moment de la force et de la guerre.

25:03

C'est trop tôt. - A.Casse: On va aux Etats-Unis dans un instant retrouver S.Dridi. On s'intéresse aux conséquences mondiales. Il y a aussi un média américain qui rapporte la crainte et le début du réveil de certaines cellules dormantes aux Etats-Unis. Ca accroît la menace terroriste, y compris chez nous? - Gal D.Trinquand: Bien sûr. L'Etat iranien est un Etat terroriste, avec des missiles, des drones, des proxies et avec des cellules capables de faire des attentats. La France a été attaquée plusieurs fois. On a perdu des citoyens, des soldats au Liban.

25:47

Effectivement. Je voulais revenir sur ce que venait de dire Isabelle. On est dans un phasage. Pourquoi on déploie une force comme ça? 1er point: défense du sud de l'Europe, Montrer qu'on est capables de faire ça. 2e point: liberté des mers. On s'occupe de Bab Al-Mandab car on a une opération européenne qui est là et on peut la renforcer. Ensuite, Ormuz, on verra comment la situation va évoluer. Je crois personnellement qu'on ne pourra pas forcer le passage à Ormuz. Les armateurs n'enverront pas leurs bateaux là-bas tant qu'il y aura la guerre. La particularité d'Ormuz, c'est que le golfe Persique est un cul-de-sac. On est obligé de sortir par là. Alors qu'on peut passer par le cap de Bonne-Espérance, pour Bab Al-Mandab. - A.Casse: S.Dridi, bonsoir. Vous êtes en direct de Washington. On a entendu Trump dire que la guerre était bientôt finie. Le prix du baril de pétrole a baissé. L'inquiétude du prix à la pompe est-elle omniprésente aux Etats-Unis? - S.Dridi: Oui, il y a une grande inquiétude.

27:13

Les Américains utilisent beaucoup leur voiture, constamment. Cette augmentation de 17 % du prix de l'essence depuis le 28 février, depuis le début de cette intervention en Iran, affecte beaucoup les Américains. Il y a des familles qui ont un budget serré. Cette augmentation du prix de l'essence se fait directement ressentir sur leur budget. C'est pour ça qu'on a senti que D.Trump, dans sa prise de parole, a beaucoup insisté sur cette guerre qui serait courte, bientôt terminée. Il a même utilisé le terme "d'excursion de courte durée", même si dans la même prise de parole, il a également dit que les Etats-Unis avaient obtenu des victoires sur beaucoup de plans, mais pas suffisamment.

27:57

Ce qui est aussi intéressant, depuis le début de cette intervention, c'est que malgré la pression de l'opinion publique, notamment d'une partie de son électorat, on n'a pas non plus l'impression que ça le freine tellement. Il a évoqué l'envoi de troupes possiblement au sol, alors qu'avant, c'était l'une de ses lignes rouges. Quand une journaliste lui demande s'il n'est pas inquiet et si les Américains devraient s'inquiéter de possibles menaces sur le sol américain, des menaces terroristes, il répond de façon nonchalante: "Oui, c'est la guerre." Pour l'instant, il continue d'avancer avec ses contradictions et à l'instinct, avec un certain degré d'improvisation. A l'instant, son conseiller S.Witkoff a été interrogé sur une chaîne américaine.

28:42

La journaliste lui a demandé comment allait se terminer cette guerre et il a répondu: "Je sais pas." - A.Casse: Le flou persiste. Est-ce que les Américains sont rassurés par la phrase de D.Trump? J'ai l'impression que j'ai la réponse, mais je vous pose quand même la question. - S.Dridi: Les marchés ont été rassurés, en tout cas. Beaucoup d'Américains, en tout cas beaucoup de républicains, continuent de lui faire confiance. Quand on a les sondages, une majorité de l'opinion publique est opposée à cette guerre, mais chez les républicains, il y a encore une majorité qui le soutient. Quand on parle à certains de ses électeurs, j'ai parlé à beaucoup d'électeurs Maga ces derniers jours, ils sont pour certains très en colère, d'autres déçus. Certains me parlent de trahison.

29:26

On l'entend beaucoup ces derniers temps. Mais si tout cela ne dure pas trop longtemps, s'il n'y a pas d'enlisement et si le prix de l'essence est rapidement maîtrisé, ça ne coûtera pas forcément très cher politiquement. Si ça continue, par contre, ça risque de peser politiquement fort sur le Parti républicain. Vous citiez l'article du "Wall Street Journal", ses conseillers qui l'encouragent à élaborer un plan de sortie pour crier victoire pas trop tardivement... C'est notamment parce qu'ils reçoivent régulièrement ces derniers jours des coups de fil d'élus républicains qui s'inquiètent beaucoup à l'approche des élections de mi-mandat. - A.Casse: Merci. Il y a un endroit dont on n'a pas encore parlé: l'île de Kargh. De quoi on parle? - L.Menget: C'est un endroit particulier. Il y a beaucoup de sites très informés aux Etats-Unis qui en parlent beaucoup. C'est une île à 20 km des côtes iraniennes, dans le golfe Persique.

30:39

25 km2, en gros. C'est une île-station essence, globalement. Les Iraniens ont installé là-dessus toutes les infrastructures, avec des oléoducs qui passent sous la mer, entre l'eau du golfe Persique et l'île de Kargh. 90 % du pétrole iranien sort depuis l'île de Kargh. Les tankers y accostent et chargent là-bas. Il y a un plan qui circule aux Etats-Unis et qui correspond à une info qui a été donnée le week-end dernier. Il y avait un régiment très connu aux Etats-Unis, une unité de parachutistes américains. - Gal D.Trinquand: Les Screaming Eagles. - L.Menget: Ils étaient censés partir en exercice. Celui-ci a été annulé. L'un des plans, ce serait d'envoyer 67 unités parachutées

32:02

sur l'île de Kargh. L'objectif est de couper complètement le régime iranien de ses revenus. Il y a encore des bateaux chinois qui y vont. Ils sont les seuls à franchir le détroit d'Ormuz. Ils ont leurs propres systèmes d'assurance, leurs propres armateurs. Les Iraniens leur permettent de le faire. C'est ce qui permet de financer le système. Les pasdarans sont payés par des commissions prises sur le pétrole. S'ils n'arrivent pas, d'un point de vue strictement politique et avec des bombardements, à faire tomber le régime, l'option est d'assécher

32:46

les capacités financières de la République islamique, qui ne pourrait plus payer les salaires des pasdarans. A partir de ce moment-là, peut-être qu'ils vont commencer à réfléchir sur leur orientations politiques à venir. - A.Casse: Question. - Gal D.Trinquand: L'option est intéressante. Le déploiement complet de l'armée américaine dans les environs, on n'y croit pas. Les forces spéciales de l'armée de l'air israélienne sont déjà là-bas. Ce sont des petits groupes. Là, la saisie d'un objectif stratégique, c'est typiquement dans les cordes de la 82e airborne division, qui est entraînée pour ça. Ce serait quelque chose d'intéressant. Ce serait un enjeu important. Un échec sur l'île de Kargh, ça représenterait un revers majeur. - A.Casse: Pourquoi ça n'a pas déjà été fait?

33:28

- Gal D.Trinquand: Depuis le départ, le président Trump... C'est un dealer. Il arrive, il fait son truc et il regarde comment réagissent les autres. En fonction de ça, il monte ou il baisse la cote... On lui demande de préparer une sortie de crise. Monsieur Nétanyahou refuse de sortir. Il peut sortir une carte de sa manche en jouant une opération car celle-ci est forcément planifiée quelque part. Le problème, c'est la prise de position politique pour jouer cette carte, qui est risquée. Mais qui ne tente rien n'a rien. Ca peut permettre de faire basculer. - L.Menget: J'ai oublié de préciser que cette île est très défendue. C'est risqué, car même des troupes d'élites très entraînées...

34:13

Il y aura une riposte iranienne. Ce n'est pas qu'une station pétrolière. Elle est très protégée par des forces spéciales des pasdarans. Il y aura de la casse. - Gal D.Trinquand: On dirait à monsieur Trump: "Si vous réussissez, c'est fantastique. Votre risque, c'est 5 ou 10 % de pertes. Vous êtes prêt?" Je vois bien le secrétaire d'Etat à la Guerre, avec ses gros muscles, dire: "Nos boys sont fantastiques. Ils vont réussir." C'est intéressant. Est-ce qu'il prendrait ce risque? C'est une question qu'on peut se poser. - A.Casse: On nous apprend que la marine américaine a escorté un 1er pétrolier à travers le détroit d'Ormuz. Vous êtes surpris par cette alerte?

34:57

Qu'est-ce que ça nous annonce pour la suite? Il a été escorté avec succès. - Gal D.Trinquand: Ca me surprend. Je parlais de risques. C'est un énorme risque, là. Ormuz, il y a des côtes rocheuses tout autour dans lesquelles il y a des drones. On envoie 50 drones en même temps. Est-ce que l'escorte est capable de neutraliser tout ça? C'est compliqué. - A.Casse: Qu'est-ce que ça change à la guerre? On entre dans une autre phase. - Gal D.Trinquand: S'il arrive à passer avec l'escorte, ça permet de dire: "On nous dit qu'on a bloqué le détroit, mais on y arrive." Ca montre au monde entier que le détroit d'Ormuz peut être débloqué.

35:41

Sur les marchés, ça va forcément avoir un impact. Mais ça me surprend qu'ils aient tenté quelque chose comme ça. Ou bien ils ont la certitude que finalement, il n'y a plus beaucoup de défenses et qu'ils peuvent tenter le coup. - A.Casse: On manque d'éléments, pour l'instant. On connaît pas le dispositif pour l'escorter. On ne sait pas quelle fut la riposte iranienne. Les Iraniens ont promis qu'aucune goutte d'or noir ne passerait le détroit d'Ormuz. - Gal D.Trinquand: On verra quand il passera de l'autre côté. - A.Casse: On va aussi s'intéresser au régime iranien, qui tient. Qui dirige l'Iran aujourd'hui?

36:25

Le mystère s'épaissit. Le nouveau Guide suprême, fils d'A.Khamenei, ne s'est toujours pas exprimé depuis sa nomination dimanche. - A la suite du vote décisif des membres de l'Assemblée des experts, l'ayatollah M.Khamenei a été nommé et présenté comme le 3e Guide de la République islamique d'Iran. - Quand la télévision iranienne affiche son visage dimanche soir, les soutiens du régime exultent dans la rue. M.Khamenei succède à son père, A.Khamenei.

37:09

Scènes de liesse d'un côté. De l'autre, des cris de contestation depuis les balcons. ... - Qui est cet homme de l'ombre? Il n'a jamais pris la parole dans les médias. Ses apparitions publiques sont rarissimes. 2e fils d'une fratrie de 6 enfants, le voici sur l'une des rares photos de famille. A 17 ans, il s'engage Dans le Corps des Gardiens de la révolution islamique et combat durant la guerre contre l'Irak en 1988. Puis, très vite, Mojtaba se forge une réputation. Celle d'un homme plus sanguinaire encore

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que son père, dont il devient l'éminence grise. - M.Khamenei est connu pour avoir supprimé plusieurs opposants au sein même de l'appareil d'Etat et religieux iranien. C'est un homme qui a du sang sur les mains. C'est quelqu'un d'encore plus dur, probablement, que son père. Il va imposer la torture, le viol systématique dans les prisons dès lors que des gens sont arrêtés et soupçonnés de sédition, voire d'opposition politique. - Alors, en 2022 déjà, les militants conspuaient son nom. Ce slogan revient à chaque manifestation.

38:31

... - En 2008, un document de la CIA indique que son influence inquiète l'entourage du Guide suprême. Son père voulait pourtant éviter de créer un régime héréditaire et se serait opposé à son accession au pouvoir. Mais Mojtaba a gagné la confiance des Gardiens de la révolution avec l'image d'un homme pieux, bon père de famille. Il enseigne la théologie dans le très conservateur centre religieux de Qom, avant de quitter son poste subitement en 2024. - M.Khamenei: Pour l'instant, même mon père n'est pas au courant de ce que je vous annonce. Seules 2 personnes, un ami et un proche, sont au courant de ma décision. - 2 ans plus tard, le voici Guide suprême. Autrement dit, l'homme à abattre pour Israël. - Le nouveau Guide suprême est malheureusement le même que le précédent. Même idéologie, mêmes idées radicales. Tous ceux qui véhiculent ses idées seront une cible pour nous. Nous les trouverons. - Peut-il encore tenir? M.Khamenei est affaibli. Il a perdu ses 2 parents, son épouse et un fils

39:56

dans l'attaque du 28 février. Mais il peut s'appuyer sur sa fortune, estimée à plusieurs milliards de dollars, avec des sociétés écrans à l'étranger. - Partout, à l'échelle planétaire, de Dubaï à Londres... Dans toutes les capitales du monde, notamment occidentales, il a son réseau immobilier. Jamais vous n'allez trouver son nom sur un document. - Le nouveau Guide suprême hérite d'une puissance militaire essoufflée et d'une opinion iranienne divisée. - A.Casse: Qu'est-ce qui vous marque dans cette nomination? - I.Lasserre: Le fait qu'on ne l'ait pas vu

40:39

depuis dimanche et que des rumeurs commencent à circuler pour savoir s'il existe vraiment ou, plus exactement, s'il n'est pas mort ou blessé. Ce qui me frappe aussi, c'est que... Tout le monde connaît sa réputation. C'est un homme qui a des problèmes psychologiques, qui est très cruel, qui est aussi très corrompu. C'est la corruption qui explique sa grande fortune. La question, c'est: pourquoi c'est lui qui a été nommé? Est-ce que c'est un homme... Il y a le message politique, un message de statu quo politique. On conforte les durs en faveur des Gardiens de la révolution. On dit aux Américains "on ne recule pas et on continue

41:23

sur la même lancée". Ca peut être aussi un leurre. C'est-à-dire un homme assez faible. Celui qui va vraiment diriger, c'est Ali Larijani. Il risque quand même de se prendre un missile... Sa vie est quand même entre parenthèses. Est-ce que ça permet de plus amples négociations entre les mollahs pour préparer la suite? Il y a plein de possibilités différentes. On n'a pas toutes les réponses. - A.Casse: Alors qu'il a perdu son père il y a 11 jours, sa mère, sa femme et l'un de ses enfants également. On est toujours dans ce contexte... Quand on nous raconte l'opération qui a permis de faire tomber Khamenei, on comprend que la CIA avait une taupe. Le régime, peut-être, la cherche encore. - L.Menget: Oui. Ou alors, la taupe s'est sacrifiée. Celui qui a donné la localisation de Khamenei a peut-être choisi de donner sa vie en même temps. Cette taupe qui suivait Khamenei comme une ombre a peut-être disparu.

42:49

Ou alors ils l'ont trouvée et ils se sentent plus à l'aise et ils peuvent encore plus se cacher. On voit bien que l'Iran a 2 têtes, probablement. L'une d'un Guide suprême, qui est aussi un aveu d'échec de la République islamique. Elle s'est construite contre la monarchie du shah d'Iran et contre un système héréditaire. C'était un des grands arguments de Khamenei, quand il prend le pouvoir. Là, on va chercher le fils du Guide. C'est pas un bon signe. Ca veut dire que l'Iran ressemble de plus en plus à la Corée du Nord, à une espèce de dynastie folle. C'est un vrai échec de la République islamique d'Iran.

43:34

On peut se demander, qu'il soit mort ou vivant, quel est le rôle d'A.Larijani, qui a échappé aux frappe, qui insulte, menace Trump de mort et apparaît comme le véritable homme fort du régime. Il a poussé visiblement au début d'autres candidats, dont son propre frère. Il y a plein de détails qui montrent qu'il y a cette fragilité. M.Khamenei a été nommé exactement comme son père, 30 ans avant. Ce ne sont pas les plus hauts dans le clergé de l'islam chiite.

44:12

Il y a beaucoup de vrais ayatollahs nommés et avec de bon niveau d'études qui doivent se dire: "C'est qui, ce type?" Ils le connaissent. C'est un mafieux, un type qui dirige toutes les économies parallèles des pasdarans, qui s'achète des maisons à Londres en permanence. Sa durée de vie est probablement limitée, puisqu'il est dans le collimateur des services. Mais A.Larijani, pour l'instant... - A.Casse: On ne sait pas qui tient le pays. Les Gardiens de la révolution, probablement. Mais on se demande pourquoi ce nouveau Guide suprême est invisible. Est-il mort? Blessé? Est-ce que c'est A.Larijani qui commande le pays?

44:55

- A.Schwartzbrod: C'est retour à la case départ. Je dirais pas totalement que c'est un constat d'échec. Pour les raisons que vous donnez, c'est vrai, mais en même temps, c'est un pied de nez envoyé à l'administration américaine. C'est une façon pour le régime iranien de montrer que rien n'a changé. "Vous avez beau dégommer notre Guide suprême, il y a toujours un Khamenei à la tête du pays." C'est assez humiliant pour D.Trump et pour B.Nétanyahou qui voulaient vraiment casser le régime de Khamenei et qui se retrouvent avec un Khamenei encore pire

45:37

que le précédent. Je suis pas sûre que le côté religieux, qu'il soit pas assez religieux et corrompu... Je suis pas sûre que ça gêne vraiment les dirigeants iraniens. En revanche, pour la population, c'est terrible. La population qui criait "mort à Khamenei" dans les rues... - A.Casse: Puis "mort à Mojtaba", maintenant. - A.Schwartzbrod: La population iranienne qui voit ce qui est en train de se passer, qui a eu, à un moment, l'espoir que la liberté allait peut-être arriver... Là, c'est pire.

46:21

Le régime est encore pire. Il y a les bombes, plus un régime encore pire que le précédent. C'est la double peine pour la population. - A.Casse: Question. - Gal D.Trinquand: Probablement temporairement. Je pense que la nomination de ce nouveau Guide suprême, nouvelle cible prioritaire pour les Israéliens et les Américains, marque la volonté de résistance du régime iranien aussi. Le fait que c'est dans la main des pasdarans... C'est un homme des pasdarans. C'est lui qui... Mais ceci n'est peut-être que temporaire.

47:04

Le régime s'est organisé pour résister à l'attaque américaine. Et ce, de 2 façons. D'abord, dans sa structure. Elle est très décentralisée, d'où les frappes qui viennent de partout. Je ne parle pas des tunnels et des façons de se cacher, mais il s'est préparé à résister à tout ça. Il met son plan en oeuvre. Du coup, je recite monsieur Witkoff ou le président Trump qui disent: "C'est marrant, on pensait qu'il céderait." Et il ne cède pas. Ca ne veut pas dire que ça ne va pas casser dans une semaine ou 15 jours. Les frappes... P.Hegseth dit: "On va frapper encore plus..." Ils sont passés dans une phase où ils utilisent des trucs de 1000 ou 2000 kg. - A.Casse: Ce sera pas pour faire tomber le régime. - Gal D.Trinquand: Si, un peu. Ca casse toute l'infrastructure sur laquelle s'appuie le régime. Mais il faut le casser dans les 30 régions. Ce n'est pas que Téhéran.

48:33

Il est partout, le régime. On ne voit pas ce qui se passe ailleurs. - L.Menget: Surtout la partie très orientale de l'Iran et qui est très loin du détroit d'Ormuz. - A.Casse: Est-ce une forme de défaite pour D.Trump? - I.Lasserre: Non. On est sans doute qu'au milieu de la guerre. On ne peut pas dire que le régime était renforcé, même si l'image donne une image de radicalité. Il ne leur reste plus que 100 lanceurs. Les installations nucléaires, qui avaient été vraiment frappées au mois de juin, continuent à être frappées. Avant-hier, ils ont frappé à Téhéran, non plus les centrifugeuses et ce qui permet d'enrichir l'uranium, mais ce qui permet de le transformer en métal, la partie armement du programme nucléaire. Le régime va sortir complètement fragilisé de cette guerre.

49:16

- A.Casse: Mais pas forcément anéanti, s'il n'y a pas d'intervention au sol programmée. - I.Lasserre: 10 jours, ce n'est rien. Un des enjeux de cette guerre pour les Israéliens, c'est le trésor de guerre des Iraniens. C'est les 400 kg d'uranium enrichi. On ne savait pas très bien où il était, mais là, visiblement, tout le monde s'accorde à dire qu'il est transportable. Les Israéliens ne laisseront pas ces 400 kg là... Il est tout à fait possible qu'ils envoient des commandos sur le terrain pour s'emparer de ces 400 kg d'uranium. C'est tout petit. C'est comme une espèce de mini-frigo d'appoint. C'est très facilement transportable.

49:58

C'est vrai! Les Israéliens avaient d'ailleurs envoyé des commandos juste avant la chute de B.Al-Assad dans les installations d'armes chimiques. - A.Casse: Envoyer des commandos pour récupérer ce trésor d'uranium dont vous parlez, ça ne veut pas dire faire tomber le régime pour autant. - I.Lasserre: Si le régime n'a plus son trésor de guerre, le programme nucléaire, ce n'est plus 2 ans qu'il prend, comme programme, mais 10. Or, le programme nucléaire est la colonne vertébrale du régime.

50:42

10 jours, c'est rien, pour une guerre. - L.Menget: Ca ne changerait rien pour la population iranienne. - I.Lasserre: Dans 15 jours! Là, si le régime n'est pas tombé, c'est une défaite épouvantable pour la population iranienne. La population sera divisée par 10 parce que les mollahs voudront se venger. Ils passeront plusieurs années à se reconstituer. - Gal D.Trinquand: Quand je parlais du renforcement du régime, je ne parlais pas de sa capacité à se défendre contre Israël, mais de se maintenir.

51:24

On attend de voir s'il va y avoir des mouvements comme au début du mois de janvier. Mais on attend. - I.Lasserre: Ils ne peuvent pas avoir lieu sous les bombes! - Gal D.Trinquand: D'accord, mais justement! En plus, on a demandé d'évacuer les villes. Les gens les ont quittées. La révolution intérieure est quand même en pointillés. C'est ce que je veux dire. Les Américains peuvent gagner militairement, ça ne fait aucun doute... C'est comme en Irak. On leur disait: "Vous avez gagné la guerre, mais après?" - A.Casse: On va regarder d'autres images qui choquent le monde avec, comme victime, le peuple libanais, obligé de fuir sans savoir où aller. Près de 700 000 personnes ont été déplacées depuis qu'Israël pilonne sans relâche le Liban pour faire tomber le Hezbollah.

52:08

Faut-il craindre une crise humanitaire? - Dans le ciel de Beyrouth, ce matin, les avions décollent non loin des panaches de fumée, profitant des rares accalmies des frappes israéliennes. Depuis lundi, l'Etat hébreu bombarde le Liban en représailles aux attaques du Hezbollah perpétrées sur son sol. Des Libanais obligés de fuir, pris au piège d'une guerre qui n'est pas la leur. Beaucoup n'ont nulle part où aller. - Nous venions juste de nous endormir quand Israël a commencé les bombardements et nous avons quitté la maison. Nous avions trouvé refuge chez d'autres personnes, mais nous savions que la situation allait empirer, alors nous sommes venus ici. Maintenant, nous vivons ici. - Les autorités libanaises craignent un désastre humanitaire

52:53

et affichent leur fermeté vis-à-vis du Hezbollah, proche du régime des mollahs. - Nous allons donner les directives nécessaires pour vérifier la présence de membres des Gardiens de la révolution iraniens au Liban. Nous interviendrons de manière décisive et immédiate pour empêcher toute activité, action militaire sur notre sol. - Insuffisant pour calmer les ardeurs d'Israël qui avance ses troupes au sol au sud du Liban. Son ministre des Finances promet d'infliger à la banlieue de Beyrouth le même sort qu'à Gaza. - Vous vouliez nous faire vivre l'enfer,

53:36

vous avez déclenché l'enfer sur vous-mêmes! Le quartier de Dahiyé ressemblera à Khan Younès. - Une menace comme mise à exécution dans l'ouest du Liban où un bombardement a balayé cette ville. Au petit matin, elle est comme éventrée. Tsaha a mené ici une opération spéciale pour récupérer la dépouille d'un pilote israélien capturé lors d'un raid aérien en 1986. - Ils ont atterri au sol et ils sont arrivés à l'endroit prévu dans des véhicules camouflés, ressemblant à des ambulances. Ils ont attaqué directement et à bout portant. - Dans le cimetière, des tombes ont été fouillées par les soldats israéliens qui ont n'ont pas retrouvé le corps du disparu. Cette attaque a provoqué des blessés et la mort de plusieurs personnes.

54:59

- C'est une opération qui répond exactement à l'éthique de Tsahal: ne jamais laisser derrière un blessé, un mort ou un kidnappé. C'est presque une obligation juive. - Le groupe terroriste a convié les journalistes sur place pour constater les dégâts de l'opération. - Notre objectif est clair et précis: chasser l'ennemi de notre territoire occupé, arrêter ces attaques et violations par voies aérienne, maritime et terrestre. Nous n'avons d'autre choix que de placer notre conscience en Dieu et de défendre notre existence, quel qu'en soit le prix. - Face à l'embrasement, la France appelle à la désescalade. - E.Macron: Le Hezbollah doit cesser toute frappe car il met en danger toutes les Libanaises et tous les Libanais. Israël doit cesser au plus vite son opération militaire

55:40

et ses frappes sur le Liban pour permettre à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du Liban d'être recouvrées. - L'appel passé il y a 6 jours par E.Macron à B.Nétanyahou pour un cessez-le-feu est pour l'instant resté vain. Les frappes au Liban ont déjà fait 500 morts et plus de 500 000 déplacés. - A.Casse: Comment regardez-vous la situation au Liban? - Gal D.Trinquand: D'abord, c'est un éternel recommencement. Ca fait plusieurs fois qu'Israël va au Sud-Liban pour expurger complètement le Hezbollah. La résolution actuellement en vigueur, c'est la 1701, votée en 2006 après une opération israélienne au Sud-Liban.

56:24

A l'époque, les Européens ont déployé 12 000 casques bleus pour assurer à la fois la souveraineté du Liban, mais aussi le tampon de sécurité pour Israël. Le Hezbollah n'avait pas été désarmé. En 2024, Israël a réattaqué à l'intérieur. Un accord est survenu. Pas de nouvelle résolution. On a repris l'ancienne, la 1701, et on a dit au gouvernement libanais de le faire. Il le fait aujourd'hui, mais les Israéliens considèrent qu'il ne le fait pas assez vite. Là, ils ont raison, après les frappes que le Hezbollah a faites.

57:07

Souvenons-nous, il avait attaqué après le 7-Octobre. Là, on pensait qu'il ne l'avait plus. Mais il est revenu attaquer. Les Libanais, je suis très en contact avec eux. J'ai commandé un bataillon là-bas, dans le Sud, qui était commandé par Israël. C'était en 92. Les Israéliens occupaient jusqu'au Litani. Ils n'en sont sortis qu'en 2000. C'est pour ça que je parle d'un éternel recommencement. Le gouvernement libanais a dit qu'il voulait absolument réduire le Hezbollah, qu'il ne soit plus armé. D'où l'intervention du président de la République française.

57:51

Pendant 3 mois, la France a poussé et on a abouti à un accord. 2024, ça a été la même chose. Aujourd'hui, on en vient aux objectifs de monsieur Nétanyahou. Je pense qu'il atteint l'objectif ultime: l'attaque de Téhéran. Il ne peut pas se permettre d'avoir au Sud-Liban un Hezbollah qui continuerait à frapper sur le Sud-Liban. Je pense qu'il continuera jusqu'au bout. Ca n'empêche pas la France d'essayer d'aider l'armée libanaise en fournissant des équipements et en s'occupant des problèmes. Les 2 BPC Qui sont au large, c'est pas pour rien. - A.Casse: Ca veut dire quoi, les BPC?

58:33

- Gal D.Trinquand: Les bateaux de projection et de commandement. C'est les portes-hélicoptère, les gros bateaux sans avion dessus. - A.Casse: J'avais l'impression qu'on parlait à un enfant de 6 ans. - Gal D.Trinquand: C'est pour ça. C'est pour aider l'armée libanaise, s'occuper des ressortissants français. Il y a beaucoup de ressortissants qui ont un double passeport. J'ai peur qu'avec monsieur Nétanyahou, vu son état d'esprit, ce soit très difficile. - A.Casse: B.Nétanyahou ira jusqu'au bout? - A.Schwartzbrod: Au Liban, oui. C'est sûr. Je crains que plus E.Macron l'appellera pour lui dire

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de cesser, plus il continuera. E.Macron a mouillé la chemise pour ça. On se souvient du printemps dernier. Je pense que l'attaque des roquettes du Hezbollah, qui est insensée et totalement suicidaire, sur Israël... B.Nétanyahou n'attendait que ça pour lancer une offensive sur le Sud-Liban, qu'il veut récupérer et qu'il récupérera. C'est son objectif. Il veut refaçonner le Proche-Orient à sa main, et le Sud-Liban est dans son objectif. - A.Casse: On continue à en parler avec vos questions SMS. Question.

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- L.Menget: Essayer de protéger, c'est le discours du président de la République. Je vois pas les Français débarquer au Liban de ces fameux bateaux, sauf pour faire des évacuations en urgence de gens qui seraient blessés, de gens qui fuient. 700 000 personnes qui ont fui, et les forces israéliennes sont "chez elles", dans le mauvais sens du terme. Elles connaissent parfaitement la région et peuvent remonter jusqu'à Beyrouth. C'est des zones qu'elles connaissent parfaitement. L'escalade peut aller assez loin. Je vois pas la France intervenir, si ce n'est

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pour des évacuations sanitaires. - A.Casse: Question. - Gal D.Trinquand: Là, on parle de l'Iran, bien sûr. Je vois difficilement les Israéliens continuer seuls. Ils auraient peut-être la capacité, pendant un temps donné. Mais ils dépendent tellement de l'armement américain et de l'environnement... Il y a 200 avions israéliens, mais ce sont les Américains qui fournissent les autres équipements. - A.Casse: Question. - I.Lasserre: Certainement. Ils ont sous-estimé la résistance des Gardiens de la révolution et du Hezbollah. Ils ont sous-estimé le fait que les Iraniens considèrent... Les mollahs considèrent qu'ils se battent au nom de Dieu et que ça donne une résilience totalement différente. Ils ont cru qu'ils allaient pouvoir refaire le modèle vénézuélien: enlever la tête et choisir un modéré, lui donner

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quelques ordres, et "allez, on fait comme ça, c'est pas parfait, mais au moins, on a l'illusion de contrôler". Il y a une incapacité de la part du président américain de se mettre dans la tête de ces régimes. C'est exactement la même chose avec Poutine. Il pense qu'il montre ses muscles, il crie très fort. C'est le maître du monde, le président de la 1re puissance du monde, et les autres vont se plier. Ca marche dans sa périphérie, avec le Venezuela, mais ça ne peut pas marcher en Iran. Iran ne peut pas renoncer à son programme nucléaire. C'est la colonne vertébrale de tout son projet impérialiste dans le coin. L'Iran a un projet messianique dans la région. C'est impossible. La grosse erreur de D.Trump, c'est qu'il regarde sa montre. Eux, ils sont là pour l'éternité. - A.Casse: Comment vous expliquez cette erreur de jugement? Il est mal entouré?

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- Gal D.Trinquand: Très certainement. C'est très intéressant de voir les interventions très mesurées de monsieur Rubio, qui est le seul adulte dans la pièce, comme on dit aux Etats-Unis. La question subsidiaire a été si les Américains s'étaient fait embarquer par monsieur Nétanyahou. Oui, certainement, comme c'était le cas en juin. Mais monsieur Trump ne pouvait pas l'admettre. - A.Schwartzbrod: Ce qui l'explique, c'est l'hubris de D.Trump. - A.Casse: Merci d'avoir participé à cette émission. Ce soir, vous avez rendez-vous avec C.Roux dans "L'Evénement". Elle recevra le ministre des Affaires étrangères,

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J.-N.Barrot. Mais d'abord, A.-E.Lemoine. Bonsoir. - A.-E.Lemoine: Bonsoir. Au programme, une nouvelle plainte contre un animateur de maternelle pour agression sexuelle. On va parler du plus gros coup de filet... On va parler de la reconstitution à l'identique du lit de Louis XVI