Michel-Edouard Leclerc : "On va se battre pour que les prix baissent"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
il est 83 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV bonjour Michel-Edouard Leclerc bonjour merci de répondre à mes questions ce matin et puis surtout de nous éclairer sur ce qui se passe on va parler pris à la pompe on va parler pris dans les rayons quand même un énorme paradoxe c'est qu'on a l'impression que tout baisse enfin tout baisse au début de la chaîne c'est-à-dire tout baisse au moment de la production les prix de l'électricité en carrément chuté même les prix de l'essence de la production de l'essence on chuté mais on en voit pas la couleur qu'est-ce qui se passe ce qui veut dire que pour aller chercher des prix plus bas il va pas falloir se satisfaire de la parole d'un ministre fut-il pushi il va falloir se battre obtenir un cadre législatif à l'envers l'année dernière les distributeurs ont dû être obligés d'encaisser des hausses par quatre fois et ça c'est le résultat de l'inflation d'aujourd'hui alors que les marchés de gros comme dit Bruno Le Maire sont en train de se retourner il faut il faut que nous puissions aller acheter moins cher pour que ça monte ça pour le coup ils étaient prêts tous à négocier et il demandait à ce qu'on renégocie rapidement pour que les prix remontent rapidement mais par contre pour redescendre là il y a plus personne que là là si vous vouliez renégocier ce que Bruno Le Maire d'ailleurs a dit qu'il allait vous autoriser à faire vous encouragez même à faire le problème c'est que vous pouvez pas négocier tout seul non d'abord il y a une loi française qui dit qu'on négocie qu'une fois lent enfin février début mars si vous dépassez cette date limite vous avez des amendes les centres Leclerc sont poursuivis avec des amendes à 100 millions c'est quand on voilà et là l'année dernière on avait bien négocié et le gouvernement a créé une charte nous obligeant à renégocier par quatre fois des hausses qui font les 17% aujourd'hui de l'alimentation parce que c'était là dans un sens c'était aussi effectivement dû à l'urgence de la situation mais il y a une urgence dans l'autre sens aujourd'hui il y a plus d'obligations désormais on sent que tout d'un coup personne n'est très motivé pour la réversibilité pour la réciprocité donc Bruno Le Maire s'est battu je dois lui concéder ça il était pour que d'abord on ne passe pas des lois encore plus restrictives de concurrence comme la loi des croisades dernièrement mais il a pas été entendu rappelez-vous il était chez vous les députés voulaient en plus qu'on limite les promos sur les Ajax les couches etc ils trouvaient ça délirant il vous a dit je vais recevoir Monsieur décrosailles il l'a fait mais il a pas obtenu raison donc on voit bien que la classe politique le gouvernement ils sont pas sur la même longueur d'onde il y a des gens qui sont pour l'inflation sans doute parce qu'ils l'ont promis aux industriels et autour de Bruno Le Maire des hommes politiques qui sont en train de se dire ça le pouvoir d'achat c'est une question bien plus centrale que celle des retraites et il faut qu'on s'y attaque on va rentrer dans les coulisses et pour essayer de comprendre quel ficelles et tirée par qui et puis surtout sur quelle ficelle il faudrait tirer davantage pour que ça pour que pour que les choses bougent mais en fait si je comprends bien vous nous dites ce matin que ça ne va pas baisser on va faire en sorte que ça aille baissé demain demain Bruno Le Maire réunit quelques distributeurs il y a des incertitudes sur le format de la Réunion puisque au début c'était une oignons de travail mais j'ai l'impression qu'il y a aussi une conférence de presse à la sortie je ne sais pas en tout cas vous y serez vous Michel est dans Leclerc j'y serai et donc si c'est une réunion de travail j'y serai moi j'essaye de comprendre ce qu'il y a derrière les trois petits points ça veut dire si c'est une réunion de travail à huis clos avec le ministre les autres distributeurs j'imagine que vous pensez je sais pas si vous vous êtes tous ensemble et que vous pouvez bosser ensemble ça oui si il vous la fait à l'envers c'est à dire qu'il fait une conférence de presse derrière avec un côté plus politique là vous êtes contre et là vous n'irez pas et je pense que j'irai pas ce que je veux vous n'avez pas la réponse au moment où on se parle non j'imagine quand vous écoutant il va vous envoyer un petit SMS si vous avez des nouvelles d'ici la fin de l'interview surtout vous n'hésitez pas à nous à nous en donner des informations on a tous les ans pour pouvoir faire baisser les prix alors d'abord une chose qu'il faut dire on va casser l'inflation l'idée c'est qu'au deuxième semestre on casse le taux d'inflation qu'on passe de 8 9 % d'inflation annuelle dont 17% sur l'alimentaire à moitié moins déjà ça c'est une réalité mais ça va pas diviser les prix par aujourd'hui on est à 16% de hausse des prix dans l'alimentaire donc moi je pense que ça on va casser ça en octobre novembre décembre parce que c'est l'effet du retournement des marchés de matières premières le marché des céréales le marché même des conditionnements du papier du verre donc normalement c'est marché n'augmentent plus ils baissent et donc il faut que nous retournions voir les fabricants les fabricants achètent ces matières premières fois leur donner un délai de 2-3 mois de refabrication de leur paquet de biscuits de leur paquet de lessive et il faut que ces produits là achetés à partir de matière première plus basse en plus les vendre beaucoup moins cher à la rentrée de combien j'insiste je pense qu'on reviendra jamais au prix d'avant on reviendra jamais au prix d'avant faut pas vendre du rêve aujourd'hui il y a les prix des matières premières et les coûts de production il y aura toujours des industriels pour dire que les coûts de production continue d'augmenter donc ce qu'on va aller chercher c'est des prix plus bas c'est des rabais des remises Leclerc va faire le tour de l'Europe pour aller chercher ce qui est de moins cher partout en Europe on a des Leclerc en Pologne on a des Leclerc au Portugal l'idole est pareil en Allemagne et tout ça et c'est et on demande que la loi française nous autorise à faire ça et donc il faut que les gens d'aller chercher des produits moins chers au-delà de la promesse au-delà de nous accompagner et nous nous faire rencontrer les industriels il faut qu'il nous donne le cadre juridique qui nous autorise de renégocier de renégocier des prix de renégocier des prix à la baisse c'est ce que vous allez lui dire demain si vous y allez alors merci Michel Édouard Leclerc quand vous dites les industriels eux ne reviennent pas autour de la table est-ce qu'il faudrait les y contraindre oui oui pour vous il faudrait là-dessus puisque vous avez vous recevez plusieurs représentants de la grande distribution de nos enseignes ou même Michel Béraud a clairement dit qu'il fallait obliger les industriels à venir à la table de négociation à discuter vous partager je pense que Système U a dit la même chose Dominique cherche de systemu et Thierry Cottière dira la même chose d'Intermarché nous là on a compris parce que l'année dernière on s'est fait avoir l'année dernière les pouvoirs publics nous ont obligés d'accepter les hausses mais 17% d'aujourd'hui c'est pas la distribution car accepté ça ce sont les pouvoirs publics qui ont dit faut au nom du souverainisme français faut pas tuer les entreprises françaises il faut laisser passer ses hausses les entreprises moi quand même je vous écoute alors oui du point de vue du consommateur quand vous dites on a des Leclerc en Pologne et au Portugal on peut trouver des produits moins cher ailleurs bien sûr que le consommateur va être satisfait parce qu'à un moment en effet il veut que ce soit moins cher dans ces conditions et dans ce contexte là mais à long terme vous tuez la production française non il y a deux choses il y a les vrais hausse de coûts les PME les agriculteurs ils sont d'ailleurs protégés aujourd'hui et d'ailleurs dans l'inflation l'alimentaire aujourd'hui les PME s'accomptent pas beaucoup quand vous nous dites les industriels il faut bien entendre que vous ne parlez pas des industriels PME françaises biscuiterie charcuterie de produits transformés français vous parlez de Coca-Cola vous parlez de Nestlé tout ça ce sont les gros groupes qui aujourd'hui refusent de s'asseoir à nouveau à la table les grands groupes euh ne vendent pas que de la matière première agricole qui va rémunérer l'agriculteur ils vendent aussi des produits très transformés et donc je ne comprends pas pourquoi 65% de ce qui est vendu dans un hypermarché Carrefour ou Leclerc ce sont des grandes marques nationales donc enfin 60% et donc quand on va dire on va faire des produits des bénéfices record cette année qu'ils ont dépassé Danone n'a pas fait des non c'est pas le bon exemple Lactalis n'a pas fait des bénéfices record cette année mais Danone a servi pas mal de dividendes le groupe avril le groupe avril céréalier a fait d'énormes bénéfices son président aujourd'hui représenté à la tête de la FNSEA on a des entreprises agroalt Procter à sortir je crois 20 milliards tous ces grands groupes là qui m'a dit que c'est pas du tout anodin non c'est que vous savez que derrière il y a des gens qui refusent de s'asseoir à nouveau à la table et vous vous dites il va falloir les jeter en peinture moi je pense qu'il y a une poterie il y a des gens je sais pas comment on les appelle ils sont et aujourd'hui on se sert du petit agriculteur on se sert de la difficulté pour l'agriculture bretonne sud-ouest à faire sa mutation moins de pesticides et tout ça et derrière eux où il y a un vrai sujet il y a des grandes entreprises de l'industrie agroalimentaire internationale aujourd'hui qui servent des dividendes et tous cet argent qu'on nous oblige à augmenter pour les consommateurs vont pas dans la poche des agriculteurs ça va dans le dans les dividendes des grandes boîtes parce que c'est difficile même le consommateur ne les boycotent pas vous voyez même quand le Coca-Cola augmente beaucoup le Coca-Cola continue de se de se vendre vous en discutiez hier matin avec Périgueux c'est c'est il y a aussi des addictions aux marques il y a aussi ce que j'allais vous dire ce qui était mon invité sur RMC hier je me vois et j'en suis ravie qui est donc le critique astronomique il a les mêmes plus loin il disait que sur la question parce que on l'a vu il y a beaucoup de produits sur lesquels les Français ont fait carrément des renoncements il renonce souvent à la vie en Iran souvent aux produits c'est pas moi qui vais le censurer c'est pas moi qui vais vous dire ce que vous allez manger quand même non mais par contre je peux vous mettre le nutriscore nous sommes les Leclerc un militant de cette affichage qui vous dit avec des étiquettes qui vont du du jaune au rouge ou du vert rouge qui vous dit le degré de celle de sucre et donc ça c'est important l'éducation du client permet de temps en temps demander de manger une fraise tagada ou des bonbons Haribo ou des bonbons Ferrero et je vais pas être censeur non c'est pas vous qui décidez ce qu'on met dans ce qu'on met dans le caddie mais concrètement on va parler dans un instant aussi de la question de comment est-ce qu'on vient jusqu'à vos magasins et du prix du carburant que l'on prend parfois à la pompe chez vous mais précisément sur ce que les Français mettent dans leur caddie on le disait les ventes ont augmenté sur le nutella sur le coca sur les chips sur quoi est-ce qu'ils ont baissé c'est-à-dire quels sont les volumes de vente sur les produits chers la viande c'est bon enfin en tout cas la bonne viande aujourd'hui ne se vend pas elle est trop chère elle est considérée comme trop cher mais le poisson aussi le poisson alors je suis breton je regarde le prix du poisson à Paris c'est du délire mais le poisson c'est cher le bio parce que les Français ne sont pas des accros du snacking sans manger autre chose le bio ça partait bien depuis les états généraux de l'alimentation mais c'est aujourd'hui 40 à 60% plus cher sur un sur un marché de village le bio est 40% plus cher qu'un produit naturel local donc il faut aujourd'hui que les choses se rapprochent en fait tous ces gens qui ont dit il faut que le consommateur apprenne à acheter plus cher le bio ou même maintenant il faut qu'ils achètent plus cher ce qui est pas bon pour leur santé ça devient inaudible dans une période d'inflation comme celle-là est-ce que le trimestre anti-inflation a eu un impact non moi je ne crois pas j'ai des collègues qui ont fait le trimestre anti-inflation vous aviez refusé de le faire moi je refusé de le faire parce que c'était pas personnel c'était pas un problème politique c'est que si vous regardez mes réseaux sociaux ce matin j'ai publié tous les comparateurs de prix on est déjà le moins cher sur tous les articles je ne vais pas en plus faire des petits paniers pour dire vous voyez sur ce panier là je suis moins cher etc dit donc la ministre des gay la consommation en moyenne depuis 7 semaines les prix des produits du trimestre anti-inflation ont baissé de 13% dans le panier alors elle ajoute c'est comme un petit Astérix ainsi les composés à 100% de produits anti-inflation donc à ses yeux en tout cas ça a marché elle se gargarise un peu elle défend son idée c'est pas une mauvaise idée système nul a fait il marche bien moi je pense que les groupes de la distribution qui marchent bien c'est que parce que globalement ils ont une offre adaptée donc c'est le cas on a quand même près de 800000 clients nouveaux sur 19 millions de clients qu'on avait l'année dernière 800 000 clients nouveaux depuis le début de l'année c'est pas parce qu'on fait un petit panier qui est parce que aujourd'hui on a une offre qui est globalement très très performante et non consommateurs ils vont chez Leclerc mais ils font un tour aussi chez Lidl chez Hyper U il compare et à la comparaison c'est ça qui fait la différence aujourd'hui le public regarde les étiquettes compare laisse derrière lui si c'est trop cher vous voyez c'est ça on a on a un consommateur qui a mûri qui arbitre et qui est à l'euro près aujourd'hui moi je pense que le mot d'ordre pour la distribution et c'est pour ça qu'on vos invités aussi sont pas les plus mauvais je regarde les émissions où vous invitez non mais vous inviter sont mes petits camarades de jeu je peux vous dire que cela la bataille entre Leclerc Lidl entre Leclerc et carrefour entre les deux vous n'êtes pas tant que ça on est très sportif et en fait on est en train de faire gagner 2 à 3 points d'inflation à la France là de plus si vous ne me meniez pas cette bataille d'inflation sur la renégociation avec les fournisseurs donc demain l'inflation donnons l'inflation ou de baisse d'inflation et on demain on va demander à Bruno Le Maire Olivier agrégoire au ministre de l'Industrie s'il est là et puisque la première ministre est allée aussi visiter des magasins et semble se mettre au diapason du discours de Bruno Le Maire on va leur demander les conditions concrètes pour obliger les industriels et répercuter les baisses des marchés de
Bruno Le Maire