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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 29 novembre 2012 9 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Marine Le Pen

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:03OuverteRéponse partielle

    Quel profit pensez-vous tirer de la crise de l'UMP ?

  • 0:16RelanceRéponse directe

    Il y a une crise au Parti Socialiste ?

  • 1:08OuverteRéponse directe

    Et grossir les rangs du Front National.

  • 1:14OuverteRéponse directe

    Donc, c'est un appel que vous lancez aux sympathisants, aux adhérents de l'UMP ?

  • 1:34FerméeRéponse directe

    L'UMP est terminée, avez-vous dit ?

  • 2:14FerméeRéponse directe

    Marine Le Pen, vous y croyez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Invité politiqueChiffre
    « Nous en importons d'ailleurs 60%, ce qui justifierait de prendre en charge Florange. »
  • 3:27PrésentateurFait
    « Dans vos commentaires de ces derniers jours, vous donnez plutôt tort, ou plutôt le mauvais rôle à Jean-François Copé. »
  • 3:38Invité politiqueFait
    « Parce qu'il a un comportement que je considère comme assez indigne par rapport à sa famille politique. »
  • 4:19Invité politiqueFait
    « Je crois que les Français sont parfaitement conscients que c'est Nicolas Sarkozy qui est responsable de son propre échec. »
  • 4:26Invité politiqueFait
    « Parce qu'il n'a pas voulu répondre ou mettre en œuvre les promesses qu'il avait faites et pour lesquelles il a été élu. »
  • 4:41Invité politiqueFait
    « François Hollande a été élu, mais il a été élu par défaut. Il a été élu parce que Nicolas Sarkozy a été battu. »
  • 5:10Invité politiqueFait
    « Je pense qu'effectivement, le domaine de l'acier est un domaine absolument stratégique pour notre pays. »
  • 5:34Invité politiqueFait
    « J'espère que ce n'est pas un deuxième Mittal. Parce qu'on nous avait fait exactement le même coup à l'époque, lorsque M. Mittal était arrivé pour en prendre possession. »
  • 7:05Invité politiqueChiffre
    « Il avait déjà dit qu'en matière de titres de séjour, 200 000 titres de séjour par an, c'était très bien. Et qu'il continuerait, comme Nicolas Sarkozy. »
  • 7:10Invité politiqueChiffre
    « Et maintenant, il vient nous dire que 30 000 régularisations par an, c'est très bien, comme Nicolas Sarkozy. »
  • 7:21Invité politiqueChiffre
    « qu'il y a 5 millions de chômeurs, qu'il y a des problèmes de logement qui sont des problèmes massifs, que notre système de santé est en train de s'effondrer »
  • 7:43Invité politiquePromesse
    « Moi, je retirerai de la loi la possibilité de la régularisation. »
  • 7:55Invité politiquePromesse
    « Expulser tout le monde, donc. »

Temps de parole

  • Marine Le Pen79 %
  • Présentateur21 %

5,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

La présidente du Front National et l'invitée de France Inter, bonjour Marine Le Pen. Quel profit pensez-vous tirer de la crise de l'UMP ?

0:06
Marine Le Pen

Je pense que cette crise, elle s'ajoute à la crise du Parti Socialiste, cette crise de pouvoir, tout de même qu'on voit moins parce qu'on en parle moins dans les médias aujourd'hui, mais qui est très révélatrice.

0:16
Présentateur

Il y a une crise au Parti Socialiste ?

0:18
Marine Le Pen

Ah oui, une crise de pouvoir, oui, excusez-moi. Quand le président de la République prend des engagements auprès de 36 000 maires et qu'il répond en 24 heures aux injonctions d'un micro-lobby inter-LGBT, qui vient exiger de lui qu'il revienne sur ses propos, il y a une vraie crise de pouvoir. Je crois que tout cela démontre que nous sommes dans une situation, un moment de notre histoire de déliquescence, déliquescence de nos institutions, déliquescence du pouvoir politique, déliquescence économique, déliquescence sociale. Et moi, je veux y voir une opportunité.

Et je dis aux Français, plutôt que d'être accablés par cette situation, rendez-vous compte que lorsqu'un vieux monde est en train de tomber, eh bien, il y a le nouveau monde à construire. Voilà, reconstruire notre pays et profiter de cette crise pour reconstruire une économie patriote, pour reconstruire une classe politique qui soit à la hauteur de ce qu'ils attendent.

1:08
Présentateur

Et grossir les rangs du Front National.

1:10
Marine Le Pen

Reconstruire une transparence. Et d'ailleurs, je pense qu'ils ne s'y trompent pas, puisqu'ils sont conscients aujourd'hui que le seul mouvement politique qui est en même temps une totale cohérence politique et économique, qui n'est jamais variée sur les grandes options qui sont les siennes, qui est un leader, qui est incontesté, et pour qui profite la dynamique, c'est évidemment le Front National.

1:34
Présentateur

Donc, c'est un appel que vous lancez aux sympathisants, aux adhérents de l'UMP ?

1:39
Marine Le Pen

Mais pas seulement de l'UMP. Nous devons provoquer la recomposition de la vie politique. Les Français souffrent de ce balancier mortel qui, depuis 30 ans, mène du PS à l'UMP, du PS à l'UMP ou au RPR d'Antan et à l'UDF d'Antan. Je crois que s'ils pouvaient profiter, les Français, de cette crise pour faire table rase de ces mouvements qui ne représentent plus aucune imagination, aucune énergie, et surtout qui ne défendent plus l'intérêt général, eh bien, c'est le moment ou jamais. Et pour cela, moi, effectivement, mon objectif, mon rôle, c'est de rassembler l'ensemble des patriotes.

2:13
Présentateur

Le FN comme alternative. L'UMP est terminée, avez-vous dit ? Marine Le Pen, vous y croyez ? Vous avez vous-même subi une crise grave et une scission. Le FN a été ramené à 5% des voix en 1999. Et puis, trois ans plus tard, Jean-Marie Le Pen a accédé au second soir de la présidentielle.

2:28
Marine Le Pen

Oui, mais je crois que la situation n'est pas du tout la même. Pour une raison simple, c'est que la crise que nous avons subie au Front National ne s'est pas exprimée lors d'une consultation électorale. À un moment donné, un dirigeant du Front a pris les armes et bagages et est parti. Beaucoup d'armes et pas mal de bagages, oui. Là, c'est sur un vote, si vous voulez, que la crise s'est cristallisée. Et je ne vois pas comment les blessures qui sont ouvertes aujourd'hui pourraient se cicatriser rapidement. Je pense que l'UMP en a, pour en tout cas ce qu'il en reste, des mois et peut-être même des années à s'en remettre.

Puisque même Nicolas Sarkozy n'est pas capable de ramener le calme dans ses propres troupes. C'est d'ailleurs assez intéressant de s'apercevoir son absence peut-être d'autorité et de légitimité sur ses propres lieutenants.

3:19
Présentateur

Donc, Sarkozy aussi, c'est fini ?

3:21
Marine Le Pen

Ah, évidemment, ça complique considérablement, je crois, son retour, contrairement d'ailleurs à ce qui peut être analysé aujourd'hui.

3:27
Présentateur

Dans vos commentaires de ces derniers jours, vous donnez plutôt tort, ou plutôt le mauvais rôle à Jean-François Copé. C'est surtout à lui que vous vous en prenez, parce que c'est le plus dangereux ?

3:37
Marine Le Pen

Non, pas du tout. Parce qu'il a un comportement que je considère comme assez indigne par rapport à sa famille politique. Moi, j'avais proposé aux adhérents de l'UMP de ne pas participer à cette mascarade. Avant même l'élection, je leur avais dit, renvoyez votre carte. Ne participez pas à cette mascarade. Ils auraient peut-être dû m'écouter, puisque, en l'occurrence, lorsqu'un secrétaire général qui organise le Congrès est en même temps candidat, eh bien, on est déjà, dès le départ, très éloigné d'un processus démocratique classique.

4:08
Présentateur

Des militants UMP qui restent tout de même, vous le savez, attachés à Nicolas Sarkozy et qui n'ont sûrement pas oublié que vous avez contribué à le faire battre à la dernière présidentielle, Marine Le Pen.

4:19
Marine Le Pen

Mais vous savez, je crois que les Français sont parfaitement conscients que c'est Nicolas Sarkozy qui est responsable de son propre échec. Parce qu'il n'a pas voulu répondre ou mettre en œuvre les promesses qu'il avait faites et pour lesquelles il a été élu. Bon, quand on ne respecte pas ses promesses, on est sanctionné. Ça, c'est assez logique. François Hollande a été élu, mais il a été élu par défaut. Il a été élu parce que Nicolas Sarkozy a été battu. Et ça, c'est la volonté des électeurs, pas la volonté de Marine Le Pen.

4:52
Présentateur

On reviendra tout à l'heure, sans doute, Marine Le Pen, sur l'éventuelle recomposition de la droite que vous espérez que vous appelez de vos voeux. Quelques questions d'actualité. L'idée d'une intervention de l'État, d'une nationalisation temporaire du site ArcelorMittal de Florange.

5:07
Marine Le Pen

Vous applaudissez ? Ah oui, je l'ai proposé il y a de nombreux mois. Je pense qu'effectivement, le domaine de l'acier est un domaine absolument stratégique pour notre pays. Nous en importons d'ailleurs 60%, ce qui justifierait de prendre en charge Florange.

5:25
Présentateur

Donc, vous, ce n'est pas temporaire dans votre idée ? Ce serait une nationalisation durable ?

5:29
Marine Le Pen

Ah non, mais ça pourrait être temporaire. Mais évidemment, en étant extrêmement exigeant sur le repreneur. Parce que j'entends M. Montebourg expliquer qu'il va y avoir un repreneur, tant mieux. J'espère que c'est vrai, mais j'espère que ce n'est pas un deuxième Mittal. Parce qu'on nous avait fait exactement le même coup à l'époque, lorsque M. Mittal était arrivé pour en prendre possession. Et puis, je crois une chose, c'est qu'en réalité, M. Montebourg n'aurait pas pu faire cette nationalisation. Et c'est la raison pour laquelle il doit sûrement être très content de trouver un repreneur. Il n'aurait pas pu la faire pour une raison simple. C'est que très probablement, l'Union Européenne...

5:59
Présentateur

Ce n'est pas incompatible. Il peut y avoir un repreneur avec une intervention de l'État. C'est le schéma qui était dessiné hier soir.

6:04
Marine Le Pen

L'Union Européenne se serait opposée à une nationalisation. Et d'ailleurs, vous avez entendu, dès hier, M. Barnier, le commissaire Barnier a commencé à dire « Oulala ! Ça, ça ne va probablement pas être autorisé par l'Union Européenne. » C'est toute l'incohérence du Parti Socialiste aujourd'hui. On ne peut pas mener une politique de patriotisme économique quand on est soumis au diktat ultra-libéraux de l'Europe.

6:24
Présentateur

Bon, on verra, mais l'idée d'une nationalisation n'est pas enterrée.

6:29
Marine Le Pen

Très bien, mais ça n'est pas suffisant. Parce qu'en même temps, si vous voulez, il faut mettre en place la protection de ce secteur économique. Et donc, il faut mettre en place ce fameux patriotisme économique au bénéfice de l'acier français. Et tout à fait, évidemment, des protections aux frontières. Car sinon, ce sera un coup d'épée dans l'eau.

6:47
Présentateur

L'immigration, la circulaire Valls, avec des critères précis pour déterminer qui régularisait parmi les 100 papiers. C'est sans objet, selon vous ?

6:55
Marine Le Pen

Écoutez, au moment où tout le monde rend sa carte à l'UMP, M. Valls pourrait peut-être l'apprendre. Puisqu'il vient d'expliquer qu'en matière d'immigration, il ferait juste exactement ce qu'a fait Nicolas Sarkozy. Il se fonde sur ses chiffres. Il avait déjà dit qu'en matière de titres de séjour, 200 000 titres de séjour par an, c'était très bien. Et qu'il continuerait, comme Nicolas Sarkozy. Et maintenant, il vient nous dire que 30 000 régularisations par an, c'est très bien, comme Nicolas Sarkozy.

Il n'y a qu'un malheur, c'est que pendant ce temps-là, le chômage continue d'augmenter, qu'il y a 5 millions de chômeurs, qu'il y a des problèmes de logement qui sont des problèmes massifs, que notre système de santé est en train de s'effondrer, et que par conséquent, continuer à faire entrer une immigration ou à régulariser dans ces conditions est, à mon avis, agir contre l'intérêt du peuple français. Alors moi, je vais vous dire, j'ai une proposition simple, je l'avais déjà exprimée pendant la campagne présidentielle. Moi, je retirerai de la loi la possibilité de la régularisation.

Ceux qui entrent ou qui se maintiennent sur notre territoire en violant la loi ne peuvent pas en être récompensés, et par conséquent, ne pourraient en aucune circonstance être régularisés. Expulser tout le monde, donc.

7:57
Présentateur

Enfin, expulser tous ceux qui seraient arrêtés.

8:00
Marine Le Pen

Non, je crois, d'ailleurs, qu'il y aurait beaucoup moins d'expulsions à mettre en œuvre, car on mettrait à ce moment-là une politique dissuasive d'immigration en œuvre. Je remarque quand même que M. Valls allège les critères pour les clandestins qui travaillent. C'est exactement ce que réclame, à corps et à cri, le MEDEF. Parti Socialiste, main dans la main, avec le MEDEF. Donc, somme toute, ça ne date pas d'hier.

8:24
Présentateur

Manuel Valls, qui défendait ces dernières heures à l'Assemblée son projet sur la sécurité et sur la lutte contre le terrorisme, que vos deux députés, Gilbert Collard et Marion Maréchal, ont voté.

8:34
Marine Le Pen

Oui, c'est mieux que rien.

8:35
Présentateur

C'est l'opposition constructive ?

8:36
Marine Le Pen

Oui, oui, c'est tout à fait le rôle qui est le nôtre. Nous ne sommes pas là pour voter non en toutes circonstances. Lorsqu'il y a des propositions qui sont bonnes, ou en tout cas qui vont, qui semblent aller dans le bon sens, bien évidemment, nous les soutenons.

8:50
Présentateur

Jacques Chirac a 80 ans aujourd'hui, ça vous inspire une pensée, un message ? Non. Merci Marine Le Pen. On va revenir sur d'autres sujets d'actualité avec vous. Les questions des chroniqueurs et des auditeurs de France Inter dans quelques minutes.