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interviewEurope 1 — L'interview politique du week-end· 10 août 2025 10 min

Maire agressé en Isère : «Toucher un élu, c'est toucher la République et abîmer la France» estime Karl Olive

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

8h15, nous recevons sur Europe 1 votre invité, Charles Luhilier. Carl Olive, député Renaissance des Yvelines.

0:12
Karl Olive

Oui, bonjour Carl Olive.

0:14
Présentateur

Bonjour Charles Luhilier.

0:15
Karl Olive

Vous êtes donc avec nous en direct ce matin sur Europe 1. En plus d'être député, Carl Olive, vous avez été maire de Poissy. C'est à ce titre que j'aimerais vous poser cette première question. Elle concerne l'agresseur de Gilles Dussault, maire de Villeneuve-le-Marc en Isère. Cet agresseur sera présenté aujourd'hui à un juge. Les agressions envers les élus de proximité se sont multipliées ces dernières années. Ça commence à faire beaucoup. Qu'attendons-nous pour enfin, Carl Olive, enfin donner une réponse judiciaire ferme et donc exemplaire ?

0:49
Présentateur

Charles Luhilier, en 2024, c'est 48 atteintes physiques envers les élus par semaine. 48 atteintes physiques envers les élus par semaine. Donc c'est vrai qu'on est vraiment sur un système qui ne cesse de croître, qui est paradoxal et qui est en fait en phase avec la proximité des élus de terrain. Je pense aux maires, je pense aux conseillers municipaux, aux adjoints avec la population où finalement il n'y a plus aucun respect, mais il n'y a pas plus de respect.

1:15
Karl Olive

Vous avez vous-même été victime de menaces de mort, je crois, il y a trois ans.

1:18
Présentateur

Oui, alors moi je ne veux pas du tout être l'exception évidemment qui confirme la règle. Je suis un de ceux qui malheureusement ont été agressés à de multiples reprises avec des menaces de mort, avec des lettres, avec des personnes qui se sont engouffrées dans le domicile. C'est insupportable et souvent, malheureusement, je dis bien malheureusement, on peut aussi avoir affaire à des personnes qui sont vraiment des filles. C'est-à-dire on a affaire à, pardonne-moi l'expression, on a affaire à des fous qui sont en crise aiguë. Moi, ça s'est passé à deux reprises et parfois des personnes que je connaissais, donc qui étaient en manque de soins, etc.

On a un vrai sujet de la santé mentale en France, c'est un autre problème. Aujourd'hui, ce que je dis à l'endroit de notre collègue Gilles Dussard, qui je pense, le maire de Villeneuve-le-Marc, c'est qu'évidemment, et vous l'avez dit, il faut que la sanction pénale, il n'y a pas d'autre chose, il faut que la sanction pénale, elle soit exemplaire. Et on ne peut pas systématiquement trouver des excuses à des personnes qui sont fatiguées, qui sont en colère, qui sont frustrées, etc.

La personne qui, aujourd'hui, a agressé Gilles Dussard, c'est tout simplement une personne qui, a priori, est une personne, entre guillemets, normale, qui n'a pas respecté ce qu'on appelle le plan local d'urbanisme pour un mur qui a été fait en contrefaçon. C'est inacceptable.

2:28
Karl Olive

Effectivement, Carl Olive, parce que, quand même, on a l'impression que les élus, les institutions, les symboles, ne sont plus respectés. Et je ne veux surtout pas faire de parallèle douteux, mais tout de même, quand on voit qu'on profane, oui, qu'on profane, j'ose le mot, la tombe du soldat inconnu, et qu'on écope seulement de trois mois de prison avec sursis, alors qu'on est très défavorablement connu de la justice, est-ce que vous pensez que c'est un bon signal, ça, Carl Olive ? Bon, ça ressemble aussi à un encouragement, pardon.

2:58
Présentateur

Charles Huillier, je reviens juste sur ce qui s'est passé avec Gilles Dussard, j'espère que, effectivement, la personne qui l'a agressée aura une peine qui sera une peine exemplaire. Très bien. Parce qu'on a besoin de signes importants dans ce pays pour montrer, je termine, s'il vous plaît, juste pour bien qu'on comprenne que toucher un élu, c'est toucher la République et c'est abîmer la France.

3:23
Karl Olive

C'est toucher la République et abîmer la France également, de s'allumer une cigarette sur la tombe du soldat inconnu.

3:28
Présentateur

Mais on est complètement d'accord, surtout que la personne qui l'a faite n'était pas un prix Goncourt, pardonnez-moi, 21 citations au casier judiciaire, en régularisation avec un titre de séjour d'octobre jusqu'à octobre 2025, et j'espère bien que le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, sera sans état d'âme pour ne pas le renouveler, avec également simplement des obligations de soins. Trois mois de prison avec sursis. Oui, ça je pense que c'est un mauvais signal. Et puis vous savez, il y a la force du symbole. On est sur l'arc de triomphe, qu'on va bientôt fêter le 190e anniversaire de son achèvement.

C'est l'endroit qui est un endroit repère pour la mémoire de celles et ceux qui font que vous et moi, nous sommes ici aujourd'hui, à pouvoir échanger ensemble. Je pense notamment aux jeunes qui, tous les jours, viennent allumer symboliquement la flamme du soldat inconnu, les jeunes écoliers. Moi, ça a été le cas avec la ville de Poissic, Michel de Busserre, qui ont fait un travail remarquable. Et aujourd'hui, là encore, je trouve que c'est un mauvais signal. De la même manière que tailler le patrimoine, le patrimoine français, on a besoin d'autorité dans toutes les strates de la société.

4:32
Karl Olive

Alors, justement, la rentrée, Carle-Olive, s'annonce tendue sur le plan social pour votre famille politique. Le mouvement Bloquons-Tout doit avoir lieu dans un mois, jour pour jour. Ce sera le 10 septembre. On ne sait pas vraiment à quoi ça va ressembler. Craignez-vous un mouvement gilet jaune bis avec un risque sédicieux, peut-être insurrectionnel ? Ça, c'est une perspective qui est réelle, quand même, Carle-Olive.

5:00
Présentateur

Bon, juste peut-être, parce qu'on est en période d'été, en période de vacances, et je veux faire un clin d'œil à repeindre comme des colus, c'est justement parce qu'on ne sait pas ce qui va se passer et qu'il vaut mieux fermer sa gueule. Ouais, enfin bon,

5:10
Karl Olive

quand il y a un risque sédicieux. Et vu le contexte incandescent, on est en droit de se poser des questions.

5:16
Présentateur

Non, mais Charles Huillier, évidemment, ce que je veux dire simplement, c'est qu'aujourd'hui, je le vois bien à l'Assemblée nationale, je le dis souvent, et d'ailleurs à votre micro. Tant que le parti sera plus important que le pays, on ne s'en sortira pas. Je pense qu'il n'y a pas suffisamment de prise de responsabilité de la part de la classe politique dans son ensemble, qui a deux ans des élections, ne pense finalement qu'à cette seule élection, là où finalement, les Français aimeraient bien qu'on pense un petit peu plus souvent à eux. En revanche, là, vous voyez, je vous parle depuis l'Espagne. Je peux vous dire qu'on n'est jamais aussi Français que quand on est à l'étranger.

La France est un beau pays et souvent, on ne s'en rend pas bien compte. On a des protections sociales qui sont uniques

5:52
Karl Olive

Le risque sédicieux, un mouvement gilet jaune bis, est-ce que c'est ce que vous craignez, Karl-Olive ?

5:58
Présentateur

Ce qu'il faut pour éviter, encore une fois, cette crainte, et encore une fois, la peur n'empêche pas le danger, c'est de pouvoir passer du temps sur le terrain à l'écoute des Français. C'est ce que font les maires de France. On devrait plus s'adosser aux maires de France pour pouvoir régler le sujet du pays. Qui a réglé le sujet des gilets jaunes ? Vous venez d'en parler. Ce sont les maires de France qui sont des fantaisers de la République. Moi, j'aimerais qu'on passe un peu plus de temps aux côtés des maires de France à pouvoir les écouter, non pas en mono, mais en stéréo, pour pouvoir faire remonter ensuite les causes qui sont les causes, finalement, des Français.

C'est ce que je fais, moi, à longueur de temps dans ma belle ville de Poissy.

6:30
Karl Olive

Bon, alors, on l'a dit, un contexte très tendu en France, notamment sur le plan de la sécurité publique à cause des violences urbaines, on l'a vu, car même à Limoges, même à Limoges, en début d'été, il y a eu quelques affrontements. Alors, justement, dans ce contexte, Bruno Retailleau l'a annoncé hier. À l'approche de l'Assomption, c'est vendredi prochain, le ministre de l'Intérieur demande une protection renforcée à proximité des lieux de culte chrétien dans un contexte, selon Beauvau, d'augmentation des actes anti-chrétiens. 411 faits de ce type ont été recensés de janvier à juin de cette année. C'est 13% de plus que l'an dernier. Le risque est réel, Karl-Olive ?

7:13
Présentateur

Oui, le risque est réel, Charles Huillier. On le voit bien dans nos collectivités. Moi, sur la 12e circonscription des Yvines, combien de fois je me suis déplacé pour déplorer jusqu'à des tags sur nos collégiales. Ça s'est passé à Poissy. Je n'avais jamais vu ça. Moi, je suis né à Poissy. Je n'avais jamais rencontré de tels actes ou des statuts qui sont brisés. Mais de la même manière, sur votre antenne, vous le disiez, dans le 95 hier soir, avec des gestes contre contre des personnes de confessions juives. Tout ça est inacceptable. Je le dis souvent. Moi, à Poissy, la synagogue est toujours surveillée 24 heures sur 24 grâce à Vigipirate. Et ça nous fait saigner le cœur. C'est insupportable.

Et j'ai toujours été celui qui a toujours manifesté le fait qu'on ait vraiment une paix sociale et un rapport et un dialogue intercultuel qui est nécessaire avec l'ensemble des cultes. Ce qu'on a mis à Poissy avec les imams, avec les rabbins, avec les évêques. Et ça me paraît très important. Mais malheureusement, le ministre de l'Intérieur a raison d'anticiper parce que toutes les fêtes chrétiennes, toutes les fêtes religieuses en général sont souvent le fait de stigmatisation. Et ça, c'est insupportable dans notre beau pays.

8:23
Karl Olive

Et justement, Carl Olive, vous avez appelé il y a quelques mois à, je vous cite, une concorde nationale pour qu'il y ait des condamnations de ces actes anti-chrétiens et antisémites au-delà des questions de partis. Alors, même si la gauche que j'appelle fréquentable, tout le monde sait de qui je parle, a un peu commencé à le faire, pour les autres, on n'y est pas.

8:47
Présentateur

C'est-à-dire qu'on voit encore qu'on a du ruissellement systématiquement et souvent des extrêmes par rapport à cela pour souffler sur les braises. Mais oui, je continue de dire qu'il nous faut une concorde nationale, monsieur, dans nos pays, dans notre pays. Et là encore, ça appuie sur le dialogue. On parle de religion, le dialogue intercultuel qui me paraît très important parce que moi, je ne veux pas stigmatiser, je ne veux pas aller sur l'exception. On a une majorité de nos compatriotes, quelles que soient leurs confessions, qui veulent bien vivre ensemble et qui vivent bien ensemble à côté d'une minorité qui veut pourrir le quotidien des Français.

Et chaque occasion est la bonne et malheureusement, le 15 août, peut en être une. C'est la raison pour laquelle je souffris pleinement aux décisions du ministre de l'Intérieur.

9:27
Karl Olive

Merci beaucoup, Carl Olive. Je rappelle que vous êtes député Renaissance des Yvelines. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur Europe 1.