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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 18 février 2022 22 min

Élisabeth Borne : "Un plan concret sur les accidents du travail sera présenté à la mi-mars"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Elisabeth Borne, merci d'être avec nous ce matin sur France Inter, ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion. Beaucoup de sujets d'actualité à voir avec vous ce matin. Les auditeurs de France Inter peuvent vous interroger également au 01 45 24 7000 ou via les réseaux sociaux et l'application France Inter. Elisabeth Borne, on va commencer par les chiffres du chômage, quatrième trimestre de 2021, forte baisse du chômage, moins 0,6 points selon ces chiffres de l'INSEE, un taux de chômage qui s'établit en fin d'année 2021 à 7,4%. 2 200 000 personnes au chômage en France, c'est 189 000 de moins sur un trimestre.

Est-ce que vous y voyez la suite du rattrapage finalement après la paralysie de l'économie pendant des mois dû au Covid ?

0:46
Élisabeth Borne

Écoutez, c'est d'abord une excellente nouvelle. On a effectivement un taux de chômage qui est au plus bas depuis près de 15 ans. C'est le résultat des réformes qui ont été menées depuis le début du quinquennat et puis aussi de toutes les mesures qui ont été prises pendant la crise. Et je pense que c'est clair que personne, moi quand je suis arrivé, vous savez, au ministère du Travail à l'été 2020, personne n'imaginait qu'on puisse avoir des tels résultats en sortant d'une des crises économiques les plus graves qu'on ait connues au cours des dernières décennies. On a aussi un chiffre qui est très important, c'est le taux de chômage des jeunes qui baisse très fortement.

On est au taux le plus bas depuis près de 40 ans. Donc je vous dis, c'est toutes les réformes et puis le quoi qu'il en coûte, la relance de notre économie qui nous permet d'avoir aujourd'hui ces chiffres qui sont des très bonnes nouvelles pour tous les Français.

1:35
Présentateur

Vous dites je ne m'y attendais pas. Est-ce qu'il y a un côté inexplicable dans ces chiffres ?

1:39
Élisabeth Borne

Non, non, je pense qu'on a agi. Vous voyez, par exemple, je vous parle du chômage des jeunes. On a lancé dès l'été 2020 le plan 1 jeune, 1 solution, parce qu'on avait bien en tête que dans la crise de 2008-2009, le taux de chômage des jeunes avait explosé de 30%. Là, on est à près de 5 points plus bas qu'avant la crise, parce qu'on a proposé à chaque jeune une réponse pour accéder à un emploi, à un apprentissage, pour pouvoir bénéficier d'un accompagnement vers l'emploi. On a explosé tous les records en termes d'apprentissage. Par exemple, vous savez qu'on était à moins de 300 000 apprentis avant le quinquennat. On est aujourd'hui à près de 720 000.

Donc, c'est toutes ces mesures qui ont été prises pendant la crise, en sortie de crise, qui nous permettent d'avoir ces excellents chiffres aujourd'hui.

2:25
Présentateur

15,9% pour le taux de chômage des jeunes. À quel prix, dit la Cour des comptes, qui a publié son rapport cette semaine ? Je la cite. Le plan 1 jeune, 1 solution a parfois été mal proportionné. Son succès est à relativiser pour un montant total qui pourrait avoisiner les 10 milliards d'euros.

2:44
Élisabeth Borne

Écoutez, je pense que les chiffres, ils parlent d'eux-mêmes. Vous voyez, quand on sort d'une très grave crise économique avec un taux de chômage au plus bas depuis 40 ans, moi, j'assume totalement d'avoir lancé ce plan dès l'été 2020. Alors, quand on écoute la Cour des comptes, on aurait aussi pu passer un an à préparer un plan, regarder le chômage des jeunes exploser. Je pense que c'est fondamental que, pour tous les jeunes qui veulent entrer sur le marché du travail, on ne soit pas dans un parcours du combattant qui puisse effectivement accéder à un emploi et qui puisse du coup gagner leur indépendance, construire leur projet de vie. Et vraiment, on va continuer.

Cette année, en 2022, on continue avec notamment dans quelques jours, le 1er mars, le lancement du contrat d'engagement jeune qui vise à permettre aux jeunes qui, malgré la très bonne conjoncture économique, n'arrivent pas à trouver tout seul un emploi, de pouvoir précisément accéder à un emploi, de découvrir des métiers en entreprise. C'est un accompagnement très intensif, vous savez, 15 à 20 heures par semaine. Donc, de permettre aux jeunes de découvrir un métier qui leur plaît.

Et puis ensuite, avec un accompagnement intensif dans lequel on leur demande de s'engager, de se former quand ils en ont besoin et donc d'arriver au plus vite à l'emploi avec une aide de 500 euros pour ceux qui en ont besoin.

4:00
Présentateur

Est-ce que ces dispositifs de soutien sont viables ? Je reprends l'exemple de l'apprentissage. C'est 4 milliards d'euros versés aux entreprises. Ces aides sont prévues jusqu'au mois de juin. Est-ce qu'il faut aller au-delà ? Est-ce que nos finances publiques ont les moyens de soutenir ces dispositifs ?

4:13
Élisabeth Borne

Vous savez, c'est un investissement dans l'avenir. C'est un investissement qui permet aux jeunes de ne pas rester à la porte du marché du travail pendant des années. Ce qui, en plus, peut les faire douter de la façon dont la société est prête à les accompagner. C'est un investissement aussi pour les entreprises qui cherchent à recruter. Je pense que vous entendez comme moi des entreprises qui nous disent « on a besoin de recruter et on ne trouve pas les compétences dont on a besoin ». L'apprentissage, ça permet précisément à un jeune de se former dans un métier qui recrute, de découvrir le monde de l'entreprise avec très souvent à la clé un job.

Vous savez que même en 2020, malgré la crise, 6 apprentis sur 10 avaient un emploi 6 mois après la fin de leur formation. Donc c'est un investissement que je pense qu'il faut absolument porter. En tout cas, moi je l'assume totalement.

5:00
Présentateur

L'Association nationale des apprentis s'inquiète de la précarité dans laquelle évoluent beaucoup de ces jeunes. Elle alerte les candidats à la présidentielle. Est-ce qu'il est prévu d'augmenter leur rémunération ?

5:09
Élisabeth Borne

Écoutez, je pense que parler de précarité, je crois qu'il faut faire un peu attention. Quand on est apprenti, on est rémunéré, on a un contrat de travail et donc on peut rentrer effectivement dans la vie professionnelle. Moi j'entends qu'il peut y avoir des situations difficiles de certains jeunes, peut-être sur des problèmes de logement ou de mobilité. On va regarder attentivement la situation de ces jeunes. Mais globalement, ce n'est pas par hasard qu'on a près de 720 000 jeunes qui ont choisi cette voie de l'apprentissage parce que ça permet d'avoir des formations gratuites, d'avoir un salaire et de se former à un métier qui recrute.

Et donc c'est vraiment la meilleure voie pour les jeunes.

5:44
Présentateur

Je reviens au chiffre du chômage. 1 900 000 personnes qui se disent sans emploi stable et donc tout de même à la recherche d'un emploi. C'est un chiffre qui est en hausse. Est-ce que vous allez travailler sur ces demandeurs d'emploi ?

6:02
Élisabeth Borne

Alors, on travaille, vous savez, sur les demandeurs d'emploi qui n'ont pas encore pu retrouver un emploi. Avec le Premier ministre, on avait lancé fin septembre un plan pour à la fois répondre aux besoins de recrutement des entreprises et puis accompagner les demandeurs d'emploi, notamment les demandeurs d'emploi de longue durée, pour qu'ils puissent retrouver un emploi, pour que cette bonne dynamique économique bénéficie à tout le monde. Puis évidemment, on veut encourager des contrats de qualité, des contrats plus longs.

C'est notamment le sens de la réforme de l'assurance chômage qui est un double objectif, à la fois faire qu'il soit toujours plus intéressant de travailler que d'être au chômage. Il y a aussi un système de bonus-malus pour les entreprises, pour les inciter à proposer des contrats de travail plus longs. Et je peux vous assurer que tout le monde est mobilisé, tout le monde est sur le pont.

Pôle emploi, moi j'ai réuni hier tous les sous-préfets parce que répondre à ces besoins de recrutement, accompagner les demandeurs d'emploi pour qu'ils puissent retrouver un emploi, ça se fait territoire par territoire pour recenser les besoins des entreprises, regarder les besoins de formation pour les demandeurs d'emploi, répondre à des problèmes de garde d'enfants, de mobilité, de logement. Et donc on est vraiment mobilisé à 100% pour, je vous dis, répondre aux besoins des entreprises et accompagner chacun pour retrouver un emploi.

7:18
Présentateur

Elisabeth Borne, les difficultés de recrutement des entreprises, elles amènent aussi la question des salaires. Dans le débat, l'inflation sur un an s'est levée en janvier à 2,9%. Les prix ont augmenté de 2,9%. Pas les salaires, donc les Français perdent du pouvoir d'achat. Le syndicat UNSA a consulté 40 000 salariés et agent public, il a publié son enquête en début de semaine, il alerte sur le risque, je cite, d'une colère sourde, froide et explosive autour de cette question du pouvoir d'achat. Est-ce que vous partagez ce constat ?

7:48
Élisabeth Borne

Vous savez que le gouvernement est mobilisé depuis le début du quinquennat sur la question du pouvoir d'achat qui est évidemment importante pour tous les Français. On a pris beaucoup de mesures au début du quinquennat pour augmenter le pouvoir d'achat des classes moyennes, des salariés au SMIC, avec par exemple la suppression de certaines cotisations sociales, de la taxe d'habitation, l'augmentation de la prime d'activité. On a protégé le pouvoir des Français pendant la crise avec l'activité partielle. Près de 9 millions de Français ont eu leur emploi protégé grâce à l'activité partielle en prolongeant les droits des demandeurs d'emploi.

Et là, avec la flambée des prix de l'énergie, avec effectivement une inflation qui est plus forte, moi j'entends les inquiétudes. Vous savez que sur l'énergie, on a pris des mesures massives, à la fois le chèque énergie, par exemple une aide exceptionnelle pour les près de 6 millions de Français qui bénéficient du chèque énergie, le bouclier tarifaire pour éviter la hausse du prix du gaz et de l'électricité. Et puis plus récemment, on a aussi revalorisé le barème kilométrique pour tous ceux dont je comprends bien qui peuvent être effectivement très inquiets et en difficulté parce qu'ils doivent prendre leur voiture pour aller au travail.

8:57
Présentateur

Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Augmenter le SMIC par exemple, comme le proposent plusieurs candidats à l'élection présidentielle. Les Allemands vont le faire, plus 22% en octobre prochain.

9:07
Élisabeth Borne

Alors ils seront encore en dessous des rémunérations en France avec la prime d'activité après cette augmentation en Allemagne. Le SMIC a été revalorisé deux fois ces derniers mois, 3,1% au total. Moi, mon sujet, c'est que les branches professionnelles, les secteurs professionnels, revalorisent aussi leur grille salariale. Vous savez qu'il y a... Vous les aviez réunis au mois de décembre ? Écoutez, je les suis de près.

9:32
Présentateur

Est-ce que ça suffit à un moment ? Est-ce qu'il ne faut pas franchir une étape ?

9:35
Élisabeth Borne

Moi, je les suis de près, en particulier les 40 branches professionnelles, donc les secteurs qui ont des grilles de rémunération dont les premiers niveaux sont en dessous du SMIC. Alors évidemment, les gens sont payés au SMIC, puisque c'est la loi dans notre pays, mais ça veut dire que pendant des années, ils n'ont aucune perspective d'avoir une progression de leur salaire. Mais quand il n'y a pas d'accord ? Je peux vous assurer qu'on met la pression sur ces branches. Par exemple, dans le secteur des hôtels, cafés, restaurants, c'est plus de 800 000 salariés. Le secteur, il y a un accord qui a été trouvé pour revaloriser de 16% en moyenne la grille de rémunération dans ce secteur.

10:14
Présentateur

Parce que l'État a été là pendant la crise pour aider les entreprises, pour les soutenir ?

10:17
Élisabeth Borne

Absolument, mais c'est bien ce qu'on leur a dit, qu'on attendait maintenant d'eux qu'ils revalorisent leur grille salariale. C'est aussi un enjeu d'attractivité. Comme vous l'avez dit, les bons chiffres du chômage, ça veut dire aussi que les salariés peuvent avoir le choix et que si les salaires, si les conditions de travail ne sont pas à la hauteur, ils passent à autre chose. Et c'est ce qui s'est passé, notamment dans le secteur des hôtels, cafés, restaurants. Donc moi, je vais continuer à suivre les branches qui n'ont pas encore conclu un accord.

Je vous dis, il y a les hôtels, cafés, restaurants, il y a le travail temporaire, il y a le bricolage qui ont conclu des accords et les autres, on va continuer à les suivre pour qu'ils débouchent au plus vite sur des accords de revalorisation des grilles salariales.

10:53
Présentateur

Les grands groupes français ont fait des bénéfices exceptionnels l'an dernier. 5 milliards d'euros pour le crédit agricole, 9 milliards et demi pour la BNP, 14 pour Total. Est-ce qu'il y a dans notre pays un problème de partage de la richesse ? Trop de revenus sont reliés au capital et pas assez au travail. C'est ce qu'a dénoncé cette semaine Éric Lombard, directeur général de la Caisse des impôts.

11:12
Élisabeth Borne

Alors c'est évidemment important que les entreprises qui font des bénéfices non seulement entendent les attentes des salariés sur la revalorisation des salaires, mais aussi puissent partager la richesse qui a été créée, y compris par les salariés dans les entreprises. Vous savez qu'il y a des outils, l'intéressement, la participation qu'on a simplifiée avec la loi Pacte dans le quinquennat. Et puis il y a aussi la prime Macron. Moi j'invite toutes les entreprises qui ont fait des bénéfices et qui ne s'en sont pas encore saisies à s'emparer de cette prime qui permet effectivement de donner du pouvoir d'achat aux salariés.

C'est défiscalisé, il n'y a pas d'impôt aussi quand on recourt à cette prime Macron. Il y a près de 4 millions de salariés qui en ont déjà bénéficié au cours de l'année 2021. Et c'est possible de donner cette prime jusqu'au 31 mars. Donc les entreprises qui ont des marges et qui ne se sont pas encore saisies de ces outils doivent le faire.

12:03
Présentateur

des grèves un peu partout en France au sujet précisément de la question des salaires et notamment aujourd'hui à la RATP à l'appel des syndicats. Il y a de fortes perturbations dans les transports. La direction de la RATP affirme qu'elle a proposé une hausse de salaire de 2,7%. C'est seulement 0,4% disent les syndicats. Vous avez dirigé la RATP pendant 2 ans, Elisabeth Borne. Est-ce que vous diriez que cette grève est légitime aujourd'hui ?

12:26
Élisabeth Borne

Écoutez, moi je ne vais pas me substituer à la direction de la RATP qui mène les discussions. Je trouve que cette grève elle tombe particulièrement mal alors qu'aujourd'hui c'est pour beaucoup de Franciliens un jour de grand départ en vacances. Donc j'appelle les syndicats à faire preuve de responsabilité. Clairement, ça n'est pas ce qu'on attend d'une grande entreprise de services publics comme la RATP.

12:45
Présentateur

Est-ce que ça veut dire que le dialogue social a été mal mené en amont sur cette question des salaires ?

12:49
Élisabeth Borne

Moi je vous dis on peut avoir des revendications salariales faire grève un jour de grand départ en vacances je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

12:56
Présentateur

Elisabeth Borne, le journal Libération consacre sa une ce matin aux accidents du travail. ils font en moyenne 550 morts par an c'était 733 en 2019 le chiffre ne baisse plus depuis quelques années ce sont des accidents dont on parle assez peu c'est vrai dans les médias dans le débat public est-ce que c'est un problème de prévention ? Est-ce que c'est un problème de sanction des entreprises et de conditions de travail ?

13:19
Élisabeth Borne

Vous avez raison de dire qu'on a plus de 500 accidents mortels par an c'est autant de drames humains. à chaque fois l'inspection du travail fait une enquête moi j'ai des synthèses qui me reviennent c'est des situations dramatiques je pense à un jeune de 17 ans qui est mort avec une chute d'une tuile sur le toit sur lequel il travaillait donc c'est à chaque fois des drames.

Avec les organisations syndicales et patronales on s'est mis d'accord pour renforcer la prévention elles ont signé un accord en décembre 2020 qui a été traduit dans la loi qui a été votée cet été la loi sur la santé au travail maintenant il faut le décliner en plan d'action très concret le secrétaire d'état Laurent Pietraszewski qui est auprès de moi présentera un plan très concret à la mi-mars il faut qu'on soit particulièrement attentif à certains secteurs je pense par exemple aux bâtiments et aux travaux publics ou aux travaux forestiers et puis aux salariés aux travailleurs indépendants aussi peut-être

14:14
Présentateur

qui ne sont pas pris en compte dans les statistiques ?

14:17
Élisabeth Borne

Alors en tout cas à des salariés jeunes dont on voit qu'ils sont plus victimes d'accidents de travail aux intérimaires donc c'est le plan qui sera présenté à la mi-mars

14:26
Présentateur

Jean-Pierre nous appelle au standard de France Inter comme lui 01, 45, 24, 7000 bonjour Jean-Pierre

14:33
Auditeur

oui bonjour

14:34
Présentateur

vous nous appelez du département du Cher

14:35
Auditeur

je vous appelle du département du Cher voilà je vous appelle un petit peu par rapport à la réforme des retraites qui se profile voilà moi je vous donne mon cas je vous donne un petit peu mon avis voilà moi j'ai passé 45 ans de ma vie en usine je suis rentré à 15 ans je suis parti à 60 ans il paraît que j'ai beaucoup de chance d'avoir travaillé 45 ans donc c'est formidable voilà moi je suis outré quand j'entends dire la durée de vie on va vivre plus longtemps donc il faut qu'on travaille plus longtemps moi j'ai perdu bon nombre de mes copains et de mes copines qui sont décidés avant la retraite la plupart des gens qui arrivent à la retraite sont usés sont fatigués et moi je peux vous dire que depuis 3 ans je passe beaucoup de temps chez mon médecin parce que j'ai plein de problèmes de santé je ne comprends pas qu'on regarde juste des statistiques et qu'avec des statistiques on décide de faire travailler les gens plus longtemps madame Borne et ses amis seraient bien avisés de redescendre de leur piédestal et si vous voulez de comprendre un petit peu ce que le monde ouvrier vit dans ce pays donc ma question elle est simple madame Borne si cette réforme des retraites se fait si votre gouvernement est réélu ce que je ne souhaite évidemment pas est-ce que vous croyez que vous allez mettre tout le monde dans le même panier et que cette injustice flagrante et tous ces gens qui décèdent avant la retraite c'est un pourcentage énorme qui arrivent à la retraite fatigués qui ne peuvent plus rien faire est-ce que vous ne croyez pas qu'on pourrait avoir un petit moment dans notre vie où on pourrait vraiment la vivre on a donné pour ce pays et aujourd'hui vous nous méprisez vous nous méprisez par rapport à vos lois vous nous méprisez par rapport à vos montants des retraites

16:01
Présentateur

merci merci Jean-Pierre pour cette interpellation Elisabeth Borne vous répond

16:06
Élisabeth Borne

alors bonjour monsieur personne n'a jamais dit que tout le monde devait travailler le même temps effectivement je pense que c'est important pour tous les français qu'on assure la pérennité de notre système de protection sociale en général et de nos retraites en particulier et ça c'est clair ma conviction mais je comprends qu'on ne la partage pas mais en tout cas c'est la mienne et c'est celle du président de la république et du gouvernement c'est qu'il faudra travailler plus longtemps ensuite comme vous le dites il faut bien évidemment

16:37
Présentateur

retarder l'âge légal de départ

16:38
Élisabeth Borne

absolument mais bien évidemment et monsieur a raison il y a des métiers qui sont plus durs que d'autres et il faut prendre en compte les situations telles que monsieur les a décrites il faudra évidemment tenir compte de la difficulté de certains métiers et par ailleurs il faut aussi travailler sur la prévention de l'usure professionnelle permettre par exemple à des gens qui ont des métiers difficiles de pouvoir se reconvertir au cours de leur vie professionnelle je mentionnais la loi qui a été votée l'été dernier sur la santé au travail qui prévoit une visite médicale au milieu de sa vie professionnelle pour faire un point et moi je pense qu'il faut aussi qu'on sache accompagner les gens qui sont sur des métiers pénibles pour qu'ils puissent changer aussi de métier au cours de leur vie professionnelle s'ils le souhaitent

17:26
Présentateur

retarder l'âge légal de départ jusqu'à 65 ans comme le proposent Eric Zemmour ou Valérie Pécresse que ça vous paraît

17:33
Élisabeth Borne

ce que je vous dis aujourd'hui c'est que la conviction que portent le président de la république et le gouvernement c'est qu'il faut en effet travailler plus longtemps pour pouvoir financer notre protection sociale et je pense que tous les français y sont attachés

17:46
Présentateur

Arthur nous appelle de Cahors bonjour Arthur oui nous vous écoutons

17:52
Auditeur

oui alors merci à la journaliste de France Inter d'avoir pris ma question et bonjour madame la ministre vous avez de bord moi je voudrais vous demander parce que c'est la phrase de choc qui m'a amené à appeler on n'a jamais été à un taux de chômage aussi bas que depuis 1981 pour les jeunes pour les jeunes voilà pour les jeunes je dirais pour les jeunes c'est moi quand j'étais jeune ou plus jeune de 23 à 25 ans environ j'ai vécu une période de chômage très très dure pendant deux ans avec des diplômes dans le laboratoire et ça fait maintenant plusieurs quinquennats qu'on parle de la difficulté du chômage sur les jeunes et je voudrais savoir moi qui suis l'actualité un petit peu politique comment vous êtes enfin quand vous êtes enfin arrivé à réussir à descendre les chiffres du chômage chez les jeunes et quelles mesures ont été prises en amont que j'ai sûrement raté et quels sont les jeunes qui ne sont plus au chômage ou qui ne sont plus indemnisés

18:55
Présentateur

Arthur merci Elisabeth Borne vous répond

18:58
Élisabeth Borne

alors on a lancé un plan je le disais à l'été 2020 parce qu'on avait bien en tête que les jeunes ce sont ceux qui sont victimes des crises économiques et qu'on voulait tout faire pour éviter ce qu'on avait vécu après la crise financière en 2008-2009 on avait eu une explosion du chômage des jeunes qu'est-ce qu'on a fait on a donné des aides pour que les entreprises ne diffèrent pas leurs embauches c'était donc une aide à l'embauche ensuite on a soutenu l'apprentissage on a permis de passer de moins de 300 000 apprentis avant le quinquennat à près de 720 000 donc ça c'est autant de jeunes qui ont un contrat de travail qui ont un salaire et qui sont en train de se former on a proposé aussi aux jeunes par exemple de faire des services civiques de s'impliquer dans une mission d'intérêt général et on voit à quel point ça peut permettre de redonner confiance parce que je pense que c'est un élément fondamental de redonner confiance aux jeunes pour qu'ils puissent se projeter dans un métier et puis il y a 1,5 million de jeunes qui ont bénéficié d'un accompagnement d'une insertion professionnelle et c'est aussi pour ça parce que on doit continuer à accompagner les jeunes qui sont le plus loin de l'emploi qu'on va lancer le contrat d'engagement jeune parce qu'on ne lâche pas on veut que chaque jeune puisse accéder au plus vite à l'emploi et les jeunes doivent pouvoir être accompagnés pour découvrir un métier qui leur plaît je vous dis et puis se former quand c'est nécessaire par exemple par l'apprentissage

20:25
Présentateur

Deux questions d'auditrices sceptiques sur les chiffres de l'INSEE ce matin sur ces chiffres du chômage Anne-Marie Combien de chômeurs en formation pour ne pas apparaître dans les chiffres mon meilleur ami est conseiller pour l'emploi il a toujours autant de demandeurs d'emploi dans son portefeuille dit-elle et puis Malika comment pouvez-vous parler de bonnes nouvelles alors que depuis la réforme du chômage beaucoup moins de personnes y ont accès notamment les jeunes qui sont contraints de prendre des emplois précaires et partiels

20:49
Élisabeth Borne

Alors les chiffres vous savez c'est la traduction des très fortes créations d'emplois qu'on a eu au cours de l'année 2021 on a battu tous les records d'embauche et bien ce que traduit ces chiffres du chômage c'est évidemment toutes ces embauches toutes ces créations d'emplois c'est autant de Français qui ont pu retrouver un emploi

21:10
Présentateur

Ce n'est pas lié aux chômeurs qui sont actuellement en formation demande Anne-Marie

21:13
Élisabeth Borne

Alors il y a des chômeurs qui sont en formation et c'est évidemment important qu'on puisse accompagner les chômeurs qui puissent se former c'est comme ça qu'ils pourront retrouver un emploi ce qu'on privilégie c'est des formations courtes en entreprise pour se former au plus près des besoins des entreprises vous savez les formules dans lesquelles on peut être en entreprise avoir une promesse d'embauche et du coup on finance la formation des demandeurs d'emploi pour qu'ils accèdent le plus vite possible à l'emploi

21:42
Présentateur

Dernière question de Cécile de Paris on revient sur la question des salaires est-ce que le gouvernement envisage d'augmenter le point d'indice des fonctionnaires pour augmenter significativement leur salaire ?

21:53
Élisabeth Borne

alors ça n'est pas dans les projets du gouvernement ce qu'on a fait c'est qu'on a revalorisé les catégories notamment les salaires les plus bas donc les catégoriser dans la fonction publique et vous savez que la ministre de la fonction publique a aussi engagé une réflexion avec les organisations syndicales pour voir comment on peut se projeter sur une amélioration des rémunérations des fonctionnaires c'est évidemment un enjeu important qu'on a bien en tête

22:19
Présentateur

merci à vous Elisabeth Borne merci d'avoir été l'invité de France Inter ce matin ministre du travail de l'emploi et de l'insertion bonne journée

22:26
Élisabeth Borne

France Inter

Élisabeth Borne : "Un plan concret sur les accidents du travail sera présenté à la mi-mars" — Élisabeth Borne · Pourquijevote