Blanquer à Ibiza, crise en Ukraine, taxe carbone européenne... Le "8h30 franceinfo" de Clément Beaune
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On va parler de l'Europe dans quelques instants, d'abord des nouvelles de votre collègue du gouvernement Jean-Michel Blanquer dont on a appris qu'il était donc à Ibiza, au Balear, lorsqu'il a annoncé le nouveau protocole dans les écoles au début du mois de janvier. C'est Mediapart qu'il a révélé hier soir, information confirmée par le cabinet du ministre. Est-ce que c'était une erreur de sa part ?
Écoutez, je ne rentre pas dans le commentaire où chacun, je ne le savais pas d'ailleurs, passe ses vacances. Il y a des règles qui sont rappelées à chaque fois par le Premier ministre et son cabinet pour l'ensemble des membres du gouvernement. Il faut rester dans l'espace européen, il faut être absolument tout le temps joignable et au travail. Je crois que c'était le cas de Jean-Michel Blanquer qui a travaillé pendant ses vacances, qui d'ailleurs, je peux en témoigner, n'est pas coupable de ne pas prendre sa tâche à la légère et de ne pas être au travail à 100% du temps. Et l'important, c'est qu'il était disponible, c'est qu'il ait travaillé sur ce protocole.
Il y a eu des critiques sur le fond du protocole. Je pense qu'il vaut mieux se concentrer. On a défendu, on l'a expliqué, mais sur, ça c'est normal, des polémiques, des critiques de fond. Et le fait que le protocole, on l'a critiqué aussi, était tardif. Ça n'a rien à voir avec le fait qu'il était à tel ou tel endroit. Et je crois qu'il faut mieux se concentrer sur la gestion de cette crise sanitaire, quitte encore une fois à faire des critiques ou des améliorations, plutôt qu'une polémique sur telle ou telle destination de quelques jours de vacances.
Vous ne pensez pas que ça va lui coller comme le scotch du capitaine Tadoc ou comme le homard de François de Rugy ?
Ce n'est pas à moi de faire le commentaire de ce qui va se passer. Ce qui m'intéresse, c'est le fond. Jean-Michel Blanquer, il a été à chaque instant, je le sais, il était au Conseil des ministres le 27 décembre, il a été, pendant ces quelques jours de vacances, à la tâche. Nous avons attendu les recommandations du Haut Conseil de santé publique, c'est ça qui a fait que le protocole a été tardif. Il y a ensuite eu des débats. Parlons de ça. Mais quand même, Clément Beaune, vous dites qu'il a respecté les règles fixées par le gouvernement.
Vous dites exactement qu'il a respecté les règles fixées par le gouvernement. Effectivement, il n'y a rien d'illégal dans ce qu'il a fait, Jean-Michel Blanquer. Est-ce que les relations sont tendues avec le monde éducatif, avec les enseignants, avec les parents aussi ? Est-ce qu'il reste encore crédible, votre collègue, à son poste ?
Parfaitement. Encore une fois, ne mélangeons pas tout. J'entends le commentaire, j'entends aussi le fait... Mais ça compte, ça compte, cette image. Mais bien sûr, l'image compte, je suis très vigilant, les symboles comptent, et nous sommes dans une période où tout est très sensible, parce qu'on est tous fatigués, épuisés, que tout est regardé. C'est ainsi, il faut le prendre en compte.
Alors, il devrait s'excuser ou pas ?
Écoutez, ce n'est pas à moi de parler à sa place, je ne crois pas. On s'excuse quand il y a une faute, je crois qu'il n'y a aucune faute. Simplement, moi, ce qui m'importe, c'est qu'on discute de ce qu'il a fait, ce que le gouvernement a fait en matière d'école. J'ai entendu, il y a eu des grèves, il y a eu des critiques, il y a des problèmes.
Il va y avoir une nouvelle grève ?
Oui, mais parlons de ça, quitte encore une fois à avoir des améliorations, on l'a fait la semaine dernière, en livrant plus de masques, en accélérant les remplacements. Je préfère qu'on ait ce débat face aux ministres, face au gouvernement, plutôt qu'une polémique qui soit sur un lieu de vacances pour 3 ou 4 jours, je crois.
Juste une dernière question sur la forme, sur l'image. On a eu un ministre de l'Intérieur qui était en boîte lors d'une forte mobilisation des Gilets jaunes. On a un ministre de l'Éducation nationale qui était en vacances lorsqu'il a annoncé le protocole sanitaire avant la rentrée. Vous comprenez que ça, que ça puisse choquer les Français ?
Mais on doit être dans une forme d'hypervigilance, c'est évident. Après, je ne veux pas qu'on soit dans une société où la forme prend le pas sur le fond, on est dans l'investigation ou l'inquisition permanente. C'est pour ça aussi qu'il y a des règles, ce n'est pas simplement pour dire on ne parle pas du reste. C'est parce qu'il faut un cadre, il a été respecté, le ministre était joignable, le ministre était en Europe, le ministre était disponible et le ministre a travaillé sur le fond de ses dossiers. Je pense que c'est ça l'important. Quand on parle de deux affaires sur les cinq dernières années, j'espère que si on s'en tient là, ça n'est pas extrêmement... Oui, bien sûr.
Mais attendez, qu'un gouvernement, je prends pour moi-même, fasse, y compris sur des symboles, des images, des erreurs, dont acte. Mais là, je ne crois pas que ce soit le cas. Et surtout, encore une fois, je préfère qu'on passe du temps à discuter de comment on a gardé l'école ouverte. Jean-Michel Blanquer s'est battu pour cela. Comment on peut encore améliorer les choses ? Parce qu'évidemment, on n'est pas aveugle, il y a des problèmes. Bien sûr, et il le redira, je pense, dans les jours qui viennent, plutôt que sur quelques jours de vacances dans le respect des règles sanitaires et gouvernementales.
Maitons Ibiza, si vous voulez bien, pour Strasbourg. C'est là qu'Emmanuel Macron va tenir demain un discours sur l'Europe dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne. Il y a un point sur lequel il est particulièrement entendu, c'est la taxe carbone aux frontières de l'Union pour pénaliser les entreprises qui polluent le plus. D'abord, est-ce qu'on est sûr aujourd'hui que cette taxe va voir le jour ?
En Europe, on n'est jamais sûr, c'est un combat. Bien sûr, c'est un combat politique de cette présidence française de l'Union européenne. On se bat pour, je pense qu'on va y arriver, mais il faut encore construire un accord, réunir donc une majorité d'États membres. Qui freine ? Il y a des pays, notamment à l'Est de l'Europe, qui sont réticents. Longtemps, il y avait, disons-le, une réticence allemande. Ce que les Allemands se disaient, si on pénalise des gens qui exportent de Chine, des États-Unis vers l'Europe, ils vont peut-être prendre des mesures de rétorsion commerciale à notre égard. Aujourd'hui, on a un accord de principe de l'Allemagne. J'étais à Berlin la semaine dernière.
Je crois qu'on va trouver un compromis franco-allemand sur cette taxe. Simplement, qu'est-ce que c'est ? Parce qu'on parle de manière peut-être un peu abstraite. Cette taxe carbone aux frontières de l'Europe, ça n'a rien à voir avec la taxe carbone qu'on a connue sur le carburant, etc. Je veux rassurer tout le monde. C'est très important. C'est un petit message pour les gilets jaunes. Oui, mais c'est très important parce qu'il peut y avoir cette inquiétude. Mais concrètement, c'est quoi ? C'est le fait que quand vous êtes un constructeur automobile en Europe, en France, en Allemagne, vous faites des efforts.
On voit que c'est très douloureux, parfois y compris sur le plan de l'emploi, sur le plan social, pour s'adapter, pour produire plus vert. Des voitures qui émettent moins, il faut s'adapter, ça coûte cher, il faut investir. On ne peut pas accepter de faire cet effort. C'est un gros effort de notre industrie dans plein de secteurs, notamment l'automobile. Et que dans le même temps, un exportateur, un constructeur automobile chinois, indien, brésilien, américain, peu importe, mais en dehors de l'Europe, exporte les mêmes voitures chez nous, qui soient plus polluantes ou qui ne respectent pas nos règles environnementales. C'est ça.
C'est un mécanisme qui permet de faire payer les mêmes prix du carbone, les mêmes contraintes environnementales, à celui qui produit en Europe, nos constructeurs, par exemple, ou nos sidérurgistes dans un autre secteur, et ceux qui exportent vers l'Europe. On reste un marché ouvert, mais on doit avoir une taxe pour ceux qui ne sont pas au même niveau que nous.
Si Renault, par exemple, fabrique des voitures à l'étranger en polluant, Renault ne paiera pas la taxe s'il les emmène en Europe en suite de ces voitures. Ce qui est quand même assez étonnant.
Il y a encore, le texte est en discussion, au Parlement européen.
Renault, en fabriquant une voiture en Europe, ne paiera pas la taxe, mais à l'étranger avec de l'acier polluant ?
Le but, c'est évidemment que ce soit le cas. C'est-à-dire que, quel que soit... Ce n'est pas une question de nationalité, c'est une question de lieu de production. Celui qui produit Renault ou autre à l'extérieur de l'Europe, qui exporte la voiture, il doit avoir la même contrainte que s'il produit dans les Hauts-de-France ou dans le Bas-de-Württemberg en Allemagne. Ce n'est pas le cas pour l'instant du projet de la commission ? C'est le cas globalement, c'est le principe de cette taxe. Vous avez raison, si je puis dire, un ou deux trous dans la raquette. Oui, bien sûr, mais on va essayer de le corriger.
Au Parlement européen, c'est Pascal Canfin, du groupe Renaissance, de la majorité présidentielle, qui défend cette idée. On travaille ensemble pour que cette taxe carbone s'applique à tout le monde. Le principe, c'est bien ça. C'est que le made in Europe, si je puis dire, le fabriqué en France, le fabriqué en Europe, soit pénalisé par son effort légitime de transition environnementale et écologique.
Vous espérez qu'elle entre quand en vigueur, cette taxe ?
Alors, j'espère qu'on aura l'accord politique sous présidence française d'ici la fin du mois de juin, le plus tôt possible. Et cette taxe, elle est prévue pour entrer en vigueur à partir de 2025. Et donc, c'est ça qu'on vise aujourd'hui. Et en même temps, on va essayer de promouvoir, avec l'Allemagne notamment, une négociation internationale. Parce que le but, c'est que... Ce n'est pas forcément de taxer. Le but, c'est que tous les pays du monde appliquent des règles environnementales à leur industrie. Tant que ce ne sera pas le cas, on défendra...
Avec les Etats-Unis, ça risque d'être compliqué. Avec les Etats-Unis, il y a déjà des discussions.
Mais bien sûr, c'est pour ça qu'on crée ce mécanisme. Parce que moi, je ne peux pas expliquer à l'industrie automobile française qu'il faut faire des efforts. Ça, elle le fait, on le explique. Mais qu'elle va être concurrencée par les gens qui ne font aucun effort environnemental. Ça, c'est impossible. Ce serait une Europe naïve et une Europe qui se ferait détruire sur le plan écologique ou économique.
Cette taxe mettra fin à ce type de dérive. Clément Beaune, secrétaire d'État aux Affaires européennes. Invité de France Info, le Fil Info à 8h41 avec Louise Buillens. Et on poursuit juste après.
Le télétravail du ministre de l'Éducation nationale ne passe pas du tout. Jean-Michel Blanquer était en vacances à Ibiza quand il a annoncé le nouveau protocole pour la rentrée dans les écoles. Les syndicats dénoncent un symbole terrible. L'opposition réclame la démission du ministre. Un homme de 29 ans tué par balle hier soir dans les quartiers nord de Marseille. Il était très connu des services de police et de la justice, notamment pour trafic de stupéfiants, indique la procureure de la République.
Dans l'affaire de l'explosion sur le Dakar, dans lequel un pilote français a été blessé, les investigations ont du mal à avancer depuis que le parquet national antiterroriste a été saisi il y a deux semaines. Les enquêteurs français n'ont pas encore pu se rendre sur place. Des négociations sont en cours avec l'Arabie saoudite. Direction Budapest pour les Bleus à l'Euro de Handball. Après leur victoire face à la Serbie, les hommes de Guillaume Gilles sont qualifiés pour le tour principal de la compétition. Il démarre jeudi. France Info
Le 8.30 France Info Saliabrakia, Marc Fauvel
Toujours avec le secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes, Clément Boone. C'est une règle européenne. Les compagnies aériennes doivent effectuer 50% des décollages et atterrissages prévus dans leurs places réservées pour garder leurs emplacements. En conséquence, la compagnie allemande Lufthansa affirme qu'elle va faire voler cet hiver 18 000 avions à vide pour garder ce créneau. C'est une règle européenne. Ce n'est pas un peu n'importe quoi alors qu'on vient de parler de taxe carbone ?
Non, alors d'abord, les vols à vide. On en a connu au début de la crise sanitaire. Ça, c'est une aberration. C'est un scandale écologique. Oui. On y a mis fin à l'époque. Quelle est cette règle ? Pour expliquer, ce n'est pas sorti de nulle part, c'est quand vous avez des créneaux aériens pour telle ou telle compagnie, il faut les utiliser parce que sinon vous achetez des créneaux, vous ne les utilisez pas, vous empêchez vos concurrents. Il faut aussi qu'il y ait une concurrence sur le marché aérien parce que c'est bon pour le consommateur.
Simplement, quand il y a eu la crise sanitaire, évidemment, il y a eu beaucoup moins de vols et donc des compagnies, pour ne pas perdre leurs créneaux pour l'avenir, ont fait tourner des vols à vide. On y a mis fin en abaissant le seuil d'utilisation.
C'était 80%. C'était 80%.
Je pense qu'il y a un petit coup de communication et un coup de marketing de la Lufthansa.
Il n'y a pas d'avion à vide en ce moment au-dessus du ciel européen ?
Elle a dit qu'il y aurait des vols à vide, elle a parlé de jusqu'à 18 000 vols. Aujourd'hui, même le porte-parole d'une des filiales de la Lufthansa a dit que ça n'était pas encore le cas. Et les autres compagnies ne font état d'aucun vol à vide. Donc je suis prudent, je crois qu'il ne faut pas tomber non plus dans le piège peut-être du coup de com' que veut faire la Lufthansa pour récupérer peut-être un certain nombre de créneaux ou qu'on lui donne plus de flexibilité. La règle persiste, même à 50%. Je vais être très simple. La règle, on l'adaptera à chaque fois qu'il y aura un problème écologique. On a été à 80%. On a baissé même à 0% pour la crise pour qu'il n'y ait aucun vol à vide.
Ça a remonté aujourd'hui ce sol. On a remonté à 50% parce que le trafic aérien a un peu repris.
Et ça va remonter dans quelques mois à 60.
Et ça va remonter si besoin. Si parce que le virus, malheureusement, j'espère que non, circule et que le trafic reprend moins vite, on mettra des seuils plus bas. Donc je veux être très clair, je le dis en tant que présidence française du Conseil de l'Union Européenne, on adaptera la règle pour qu'il n'y ait pas de vol à vide. Les compagnies aériennes, pour l'instant, il n'y a que la Lufthansa qui a fait état de ce problème et qui ne l'a pas démontré. Et d'autres compagnies aériennes, Air France et beaucoup de compagnies européennes, n'ont pas fait état de vol à vide.
Si besoin, on adoptera cette règle pour qu'il n'y ait pas de vol à vide en Europe parce que ce serait une aberration écologique, évidemment contradictoire avec tous les efforts climatiques que l'on fait.
Clément Bonne, les eurodéputés devraient élire aujourd'hui Roberta Metzola. C'est l'une de leurs collègues maltaises, farouchement opposée à l'IVG, à la tête du Parlement européen. Est-ce que c'est un bon choix ? Est-ce que la France le soutient ? La France n'a pas à soutenir une candidature au Parlement européen.
J'insiste quand même sur... Mais pas d'avis sur la question. Je vais y venir, mais je veux quand même rappeler le processus. Ce n'est pas la France, la République, le gouvernement, le ministre que je suis... Il y a un accord des eurodéputés qui inclut vos eurodéputés qui soutiennent cette femme. Oui, il y a tout de suite. Mais enfin, nos eurodéputés, comme vous dites, ce ne sont pas des membres du gouvernement et le Parlement européen est particulièrement indépendant. Ils sont membres de la majorité qui soutient Emmanuel Macron. Oui, mais j'insiste, ils fonctionnent en coalition. Donc ce n'est pas un choix français, une instruction française.
Je vais vous dire très sincèrement, oui, ça me gêne, le symbole, puisqu'on en parlait. Là, on parle de fonds, de droits, de droits des femmes en particulier. La position personnelle, ce que je comprends de Mme Metzola, est d'être contre le droit à l'avortement. Je précise que c'est d'ailleurs la position de tous les responsables politiques maltais, puisqu'elle vient de Malte. C'est le dernier pays en Europe qui a une législation qui ne reconnaît pas l'avortement. Je le regrette profondément. Mais il y a eu un accord avec, comme vous dites, des députés européens qui appartiennent à la majorité présidentielle, avec aussi les socialistes et avec les chrétiens démocrates, la droite européenne.
Dans cet accord, c'est d'ailleurs les députés de Renaissance, Renew, le groupe de la majorité présidentielle, qui ont insisté, c'est écrit noir sur blanc dans un accord de coalition publié hier soir, c'était la condition de leur soutien, qu'on fasse des progrès sur les droits des femmes, sur les droits des minorités, sur un soutien de l'Europe fondamental en Europe.
Le premier accord de coalition qui a été signé, ce n'était pas pour elle. Ce n'était pas avec elle, c'était avec un Allemand qui, depuis, s'est retiré de jeu. Il n'était pas prévu que ce soit cette femme qui prenne la présidence à son mandat.
Il n'était pas trop compliqué, mais il était prévu que ce soit ce groupe politique, qui était un autre candidat qui était envisagé.
Et finalement, il s'est retiré, et c'est elle qui est arrivée. Exactement. Je veux dire, je dis ça parce que du coup, le contrat a un peu changé en cours de route.
Oui, mais le contrat de coalition sur le fond, il n'a jamais été écrit, il a été négocié jusqu'à hier après-midi, il a été publié, il est en ligne en français, et il dit que cette coalition, y compris la présidente Metzola, si elle est élue, prendront des initiatives législatives supplémentaires sur les droits des femmes. C'est ça qui est le plus important.
Pardon, mais on parle de tambouille politique, alors que...
Non, je ne parle pas de tambouille politique, là, je parle du fond.
Très bien, mais sur le fond, cette eurodéputée en question, donc elle est contre l'IVG, elle a voté en septembre dernier, du moins elle s'est abstenue en septembre dernier lors d'un vote sur une résolution qui demandait à la commission de criminaliser les violences faites aux femmes. Franchement, est-ce que vous dites à vos collègues en marche, là, qui sont au Parlement européen, vous pouvez y aller, vous pouvez voter pour elle ?
Non, moi je ne dirais pas, ni dans un sens ni dans un autre, une instruction à un quelconque député européen. Je ne vais pas leur dire, ce serait... Oui, mais est-ce que c'est normal que les députés marchèrent, votent pour elle ? Mais attendez, je fais plusieurs choses. Franchement, ça ne serait pas ni responsable, ni respectueux du fonctionnement de l'institution. On ne peut pas présider le Conseil de l'Union européenne, les États membres, et donner une instruction à qui que ce soit, d'ailleurs au Parlement européen. Plusieurs groupes, dont la gauche européenne, soutiennent cette candidate. Je vous le dis très sincèrement, ça me gêne le symbole de son élection. Je vous le dis.
Maintenant, moi, ma responsabilité en tant que ministre français, en tant que présidence française du Conseil de l'Union européenne, les États membres, c'est de montrer justement que sur le fond, il n'y a aucun débat. Je me suis engagé depuis deux ans, on me l'a parfois reproché, très vocalement, sur les droits des femmes en Pologne, sur les droits LGBT en Europe. Je continuerai à le faire.
Et je vais vous dire, c'est l'occasion, puisque ce message n'est pas bon, d'aller plus loin, de dire que nous combattrons encore plus pour la reconnaissance du droit de l'avortement partout en Europe, de dire que nous soutiendrons les droits des femmes, les droits des minorités partout en Europe, que la présidence française prendra des initiatives supplémentaires pour sanctionner les atteintes à l'État de droit.
C'est comme ça, sur le fond, et dans ma responsabilité gouvernementale, que je veux démontrer, après on voit qu'il y a un débat politique, l'Europe est imparfaite, mais que sur le fond, il n'y a aucun doute, l'Europe restera ce projet politique et ce continent qui renforce les droits. Je me battrai pour, je ne le fais pas en tant que parlementaire européen, je ne le suis pas. Je le fais en tant que ministre, au-delà de ce symbole qui effectivement pose problème.
Clément Beaune, d'après les États-Unis, des dizaines de milliers de soldats russes, des soldats de Vladimir Poutine, sont postés en ce moment près de la frontière ukrainienne. Que se passe-t-il si la Russie envahit l'Ukraine ? Sachant qu'elle en occupe déjà deux morceaux du territoire.
Vous savez, il faut être, dans la diplomatie même qu'on spécule, il faut être extrêmement prudent puisque les mots que vous dites peuvent entraîner des conséquences. Donc je ne veux pas faire de la fiction. Mais on a été très clair, américains, européens, ça a été même évoqué au dernier sommet européen, on dit que l'Union européenne n'en parle pas, c'est faux. Vous dites qu'on a été très clair, les négociations la semaine dernière, elles étaient entre les Russes. Je vous dis ce qui a été... Et les Américains, on n'y était pas.
Je vous dis ce qui a été acté, puisqu'il y a eu un message dès le mois de décembre, adressé à l'Ukraine, sur le respect de son intégrité territoriale absolument nécessaire par la Russie, et le fait que s'il y avait une quelconque atteinte nouvelle à territoire ukrainien, à la souveraineté ukrainienne, il y aurait des réponses, je l'en dirais un peu plus, extrêmement fortes, extrêmement fermes, européennes aussi, européennes aussi, mais évidemment coordonnées avec nos partenaires de l'OTAN, pour ceux qui ne sont pas dans l'Union européenne, avec les Américains.
Donc on pourrait envoyer des troupes sur place ?
On n'est pas dans une option militaire, même en spéculant, je crois que ce serait très dangereux de dire cela. Et d'ailleurs, les dirigeants américains, européens, n'ont pas évoqué cela. Mais en revanche, les mesures de pression, de sanctions, c'est possible.
Il n'y aura pas une deuxième Crimée, il n'y aura pas un deuxième Donbass, où les Russes sont aujourd'hui comme chez eux, qui sont des territoires ukrainiens.
Ça n'arrivera plus. Je suis toujours extrêmement prudent, mais ce qui s'est fait au moment de la crise de la Crimée et du Donbass, a été effectivement un grand moment de faiblesse occidentale. Et d'ailleurs, je crois que c'est parce que les signaux préalables envoyés par les Occidentaux n'étaient pas fermes, n'étaient pas clairs que le Vladimir Poutine s'est permis en se disant « ils ne feront rien, j'envahis, j'y vais ». Et là, je crois, on peut quand même donner acte aux Occidentaux, je n'ai pas de problème ici à réunir Américains et Européens, que nos signaux sont très alignés, sont très clairs et sont très fermes.
On ne laissera pas les Ukrainiens tout seuls faire la surface.
On ne laissera pas les Ukrainiens tout seuls. On ne laissera pas les Ukrainiens tout seuls. Et on ne peut pas tolérer que ce soit sur le plan militaire, mais même au-delà, quand les Russes disent « c'est à nous de décider qu'ils rentrent ou pas dans l'OTAN », ce n'est pas aux Russes de menacer un pays européen proche de nous. Et ce n'est pas aux Russes, évidemment, de décider ce qu'est notre alliance, l'OTAN en l'occurrence. Et donc nous serons extrêmement fermes sur ce point.
Ça n'exclut pas, on nous l'a parfois reproché, nous l'assumons, la République l'assume, d'avoir un dialogue, aussi difficile soit-il, parfois aussi bouché soit-il, avec Vladimir Poutine, parce que notre but n'est pas d'être « va-t'en-guerre », mais notre but est de nous défendre, d'envoyer un signal très clair, et de dire aux Russes que ce n'est pas eux qui définissent,
fortiorissant les Européens, ce qui se passe en Europe et l'atteinte à un pays. Un passage par le Filinfo à 8h51 avec Louis Bulliens. On vous retrouve dans un instant, Clément Beaune.
Addition salée au moment de faire le plein de la voiture en ce moment. Le sans-plomb 95 est à 1,68€, plus d'1,60€ pour le litre de gazole. Conséquence de la perspective d'une reprise économique des échanges mondiaux avec la baisse des cas de Covid. Ça ne va pas fort pour les entreprises françaises. En décembre, elles sont 9% de plus à être défaillantes. Information toutefois à relativiser, puisque leur nombre reste moins élevé qu'avant l'épidémie de Covid. Lors d'une réunion ce matin, Roberta Mezzola va devoir convaincre ses pairs de voter pour elle. Le Parlement européen choisit aujourd'hui son nouveau président.
Et l'eurodéputé maltaise, connu pour ses positions contre l'IVG, a toutes ses chances d'être élue et de prendre la suite de l'italien David Sassoli. À l'Open d'Australie de tennis, Benoît Perre et Richard Gasquet qualifiés pour le deuxième tour. Mais ça ne passe pas pour Caroline Garcia, éliminée par l'américaine Ailey Baptiste. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Toujours avec Clément Beaune, le secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes. Valérie Pécresse, la candidate les républicains à la présidentielle, était en Grèce sur l'île de Samos ce week-end pour parler immigration. Elle ne veut pas, je cite, d'une Europe passoire et demande la construction de camps fermés et ultra sécurisés avec barbelés pour accueillir les migrants dans tous les pays frontaliers européens. C'est votre volonté aussi ?
Non.
Comment on fait alors ?
Si c'est le slogan ne pas avoir une Europe passoire, une Europe qui ne maîtrise pas ses frontières, on n'a pas attendu Valérie Pécresse, on la remercie de ce commentaire. Comme d'habitude, Valérie Pécresse fait le grand écart. C'est-à-dire que soit elle répète des choses qui sont déjà faites ou qui n'ont aucun sens, quand elle dit qu'il faut une alliance des pays frontaliers européens, ça s'appelle Schengen. Très bien. Si on redécouvre Schengen, on est ravi. Elle dit qu'il faut ceux qui sont à la frontière extérieure. Ils sont tous à la frontière extérieure, les pays de Schengen, sauf, je crois, le Luxembourg et l'Autriche. Bon, on ne va pas faire un nouveau Schengen juste sans ces deux-là.
Puis ils ont des aéroports, donc on peut arriver par différentes façons en Europe. Donc soyons un peu sérieux. Et puis comme Valérie Pécresse était avec M. Ciotti et qu'elle veut faire plaisir à l'aile droite de la droite, elle nous dit avec une grande fermeté, en rajoutant chaque fois un mot, avant c'était les murs, maintenant c'est les murs de barbelés, pourquoi pas les chiens ? Bon, donc on est dans une surenchère qui n'est pas sérieuse. Ce qu'il faut faire au niveau européen, c'est ce qu'on fait avec la Grèce, c'est les soutenir. On l'a fait par exemple quand il y a une pression turque à la frontière en février 2020, en envoyant du matériel, en envoyant du soutien.
En ayant des camps d'accueil et de traitement des demandes d'asile qui soient les plus humains possibles, qui soient respectueux de nos règles, ce n'est pas la peine de faire la surenchère en disant il faut mettre du fil barbelé supplémentaire.
Elle, elle dit qu'il faut construire des murs là où il y en a besoin.
Je ne sais pas ce que ça veut dire, là où il y en a besoin. Moi je suis très clair, il faut maîtriser nos frontières avec une police aux frontières. On a commencé, ça s'appelle Frontex. Il faut aider les Grecs, comme on a aidé les Polonais face à l'attaque biélorusse, en proposant de déployer des hommes. C'est une des propositions qu'on fait pour la présidence française de l'Union Européenne, c'est qu'il y a un mécanisme d'urgence plus efficace. La Grèce a une pression de la Turquie, la Pologne a une pression de la Biélorussie, et puis on en voit quelques dizaines, centaines, milliers d'hommes éventuellement pour les soutenir et tenir leurs frontières.
Ce n'est pas la peine d'aller jouer, en plus sur des questions qui ne sont pas creusées et qui sont purement symboliques, les gros bras, en chaque fois disant on va mettre un barbelé supplémentaire, on va mettre des chiens, on va mettre des tours. Dans quel monde vit-on, pardon, quand on entend Valérie Pécresse qui redécourt le sujet des frontières et qui chaque jour essaye de faire la surenchère pour faire un clin d'œil supplémentaire aux électeurs de M. Ciotti, si ce n'est ce de M. Zemmour. Je crois que là-dessus, il faut de la fermeté, on le fait depuis le départ, il ne faut pas réinventer l'eau chaude, il ne faut pas faire dans une surenchère extrémiste.
Clément Beaune, Edouard Philippe, l'ancien Premier ministre, a décidé de boycotter jusqu'à nouvel ordre les réunions de la majorité après un veto mis par Emmanuel Macron à une fusion, j'essaye de résumer, entre son nouveau parti Horizon et le petit parti de centre-droit agir. Emmanuel Macron ne veut pas qu'Edouard Philippe mettre la main sur le parti agir. Edouard Philippe fait la tête, visiblement, il s'en est même expliqué hier chez nos confrères de l'Opinion en disant, je le cite, l'expression est très à la mode, je n'ai pas envie qu'on m'emmerde. Qu'est-ce qui vous prend de vous fâcher avec Edouard Philippe aujourd'hui ? Moi, je crois que c'est le cas
de personne dans la majorité qui ne veut se fâcher avec Edouard Philippe. C'est raté alors. Peut-être. Le résumé que vous avez fait montre à quel point... C'était certain ce que j'ai dit. Sans doute, c'était brillant. Non, non, je ne veux pas ça que je veux dire, mais j'ai rien rajouté. Non, non, mais honnêtement, c'est à la fois incompréhensible et inintéressant. Pardon, ce n'est pas contre vous. Mais savoir si agir, Horizon, je pense que la plupart de ceux qui nous écoutent n'en ont jamais entendu parler, vont fusionner... Ce n'est pas sympa pour Edouard Philippe, c'est son nouveau parti Horizon. Je ne le dis pas, je le dis avec une grande humilité.
Mais il vous fait peur, Edouard Philippe ? Mais non, il ne vous fait pas peur.
Pourquoi Emmanuel Macron va se mêler de ça ? Parce que c'est lui qui a mis le veto. C'est le patron du parti Agir qui s'appelle Franck Riester, qui est l'un de vos collègues au gouvernement, qui a vendu la mèche en disant c'est Emmanuel Macron qui m'a interdit de fusionner. Donc, qu'est-ce qui vient s'occuper de ça ? Honnêtement, ce n'est pas ça
qui m'intéresse beaucoup. Edouard Philippe, à chaque fois qu'il a été interrogé, il a dit qu'il soutenait le président de la République. Il a créé un parti, je n'en suis pas membre, c'est son droit. Maintenant, honnêtement, la modalité du soutien, est-ce qu'Edouard Philippe va le dire en vert, en prose, avec le sourire, sans le sourire, qui soutient le président ? Ce n'est pas la question de soutien
qui est posée. C'est la question de la rivalité entre les deux. Elle persiste alors qu'il n'est plus Premier ministre. Est-ce que dans les faits, Edouard Philippe est beaucoup plus populaire ? Est-ce qu'on peut se passer ? Est-ce que vous, vous pouvez vous passer d'Edouard Philippe l'homme le plus populaire de votre camp
pour faire campagne ? Il ne faut surtout pas se passer d'Edouard Philippe mais, pardon, quelle rivalité il y a dans notre famille politique au sens large ? Je crois qu'Edouard Philippe en fait partie, il l'a redit lui-même. Un seul leader et un seul candidat, je l'espère, un seul candidat potentiel, un seul, c'est Emmanuel Macron. Le reste, si les gens pensent à 2027 ou à 2032, franchement, d'abord, je pense qu'ils se mettent le doigt dans l'œil parce que la politique ne se prépare pas six ans avant. Ça n'intéresse pas les Français. On parle de protocole sanitaire à l'école. C'est un petit message
pour tout le monde.
Je suis nouveau en politique, je vois assez bien comment ça marche. C'est Emmanuel Macron qui est le candidat qu'on souhaite et je crois que c'est aussi ce que souhaite Edouard Philippe. Restons-en là et le reste, s'il y a des appareils politiques, des organigrammes, franchement, ça n'intéresse personne. Faisons-le en coulisses, non pas de manière opaque mais parce que ce n'est pas ça qui intéresse vraiment les Français qui fera la campagne présidentielle. Camomille pour tout le monde. Camomille pour tout le monde, présidentielle sur le fond et on avance. Merci Clément. Bonne journée à vous. Merci.
Christine Pirès Beaune