Nicolas Poincaré : Le chef d'Aqmi tué, succès majeur pour la France - 08/06
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Avec Nicolas Poincaré, l'armée française a remporté un succès la semaine dernière dans sa guerre contre le terrorisme au Sahel, en Afrique.
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Qui était cet homme ?
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Comment les Français, les soldats français l'ont-ils retrouvé ?
- 2:22OuverteRéponse directe
Est-ce que sa mort peut déséquilibrer les mouvements terroristes ?
- 4:26OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut espérer gagner cette guerre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Et qui va faire en Algérie 200 000 morts en 10 ans. »
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« Ils estiment avoir neutralisé environ 100 djihadistes par mois. »
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« Ça fait 500 depuis janvier quand on dit neutralisé. »
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« On avait compté les morts par centaines dans cette zone des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. »
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« La France avait perdu 13 hommes lorsque deux hélicoptères s'étaient télescopés en poursuivant des djihadistes au sol. »
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« On est passé de 4500 à 5200 hommes. »
- 4:35PrésentateurChiffre
« Ça fait maintenant 7 ans qu'on est là-bas. »
- 4:37PrésentateurChiffre
« L'armée française a compté 46 militaires français tués dans ses rangs. »
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Vous écoutez RMC. RMC, expliquez-nous. Avec Nicolas Poincaré. Nicolas, l'armée française a remporté un succès la semaine dernière dans sa guerre contre le terrorisme au Sahel, en Afrique. Le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique a été tué au nord du Mali. Qui était cet homme ? Alors, il avait presque 50 ans, il s'appelait Abdelmalek Drogdal. C'était un égorgeur, un preneur d'otages, un terroriste avec un CV long comme le bras. Dans ce métier où on ne vit généralement pas très vieux, lui pouvait se vanter d'avoir 30 ans d'expérience. C'est un Algérien qui était né dans la banlieue d'Alger. Il a fait des études scientifiques, mais il a 20 ans lorsque son pays bascule dans la guerre civile.
Il rejoint alors les GIA. Il participe à cette très sale guerre des années 90 qui se faisait souvent au couteau. Et qui va faire en Algérie 200 000 morts en 10 ans. Ensuite, il a fait allégeance à Oussama Ben Laden après le 11 septembre 2001. Il a créé Al-Qaïda au Maghreb islamique, dont il était encore le chef jusqu'à la semaine dernière. Il a participé à la prise de contrôle par les barbus d'une grande partie du Mali en 2012. Ses hommes ont enlevé des dizaines d'otages, dont des Français. Il a participé au trafic d'armes, au trafic de drogue, au trafic de migrants, ce nouvel esclavage. Abdelmalek Drogdal vivait dans la clandestinité depuis 1992.
Il savait se cacher, mais finalement, il a été retrouvé au nord du Mali, dans le désert, à 20 kilomètres seulement de la frontière algérienne. Comment les Français, les soldats français l'ont-ils retrouvé ? Alors, c'est le résultat d'une coopération entre la CIA et la DGSE, c'est-à-dire les services secrets français et américains. En fait, c'est sa voiture qui a d'abord été repérée. Et son 4x4 a été suivi en permanence par des drones jusqu'à mercredi dernier, lorsque les images aériennes ont montré qu'il se trouvait dans une grotte dans le massif des Iphoras. Un massif caillouteux fait de grosses roches noires. C'est un labyrinthe aride, loin de toute habitation.
Alors, mercredi, à 18h, la décision a été prise de donner l'assaut dans cette grotte. Des commandos des forces spéciales ont été déposés au sol par six hélicoptères. Un autre hélico a tiré une roquette, ce qu'on appelle un tir de sidération. Puis les soldats français, au sol, ont donc donné l'assaut de la grotte. Il y a eu des vrais combats. Un homme s'est rendu, c'était sans doute le chauffeur du groupe, et quatre autres ont été abattus. Le chef terroriste et trois de ses lieutenants. Est-ce que sa mort peut déséquilibrer les mouvements terroristes ? Alors, les militaires français l'espèrent.
Ils espèrent même une guerre de succession où s'opposeraient les représentants d'Al-Qaïda et de Daesh, c'est-à-dire l'État islamique. Les deux grandes boutiques du terrorisme islamique au Sahara sont déjà en guerre entre elles dans la région. La disparition du chef pourrait raviver le conflit. Mais il ne faut pas se faire trop d'illusions. La mort d'Al-Qaïda n'a jamais entraîné la disparition d'un mouvement. Et Al-Qaïda va sûrement bientôt se retrouver un nouveau patron. Oui, cette opération n'est pas le seul succès des Français ces derniers mois. Non, il y en a eu d'autres. Depuis le début de l'année, les militaires français disent avoir porté des coups très rudes aux bandes islamistes.
Ils estiment avoir neutralisé environ 100 djihadistes par mois. Ça fait 500 depuis janvier quand on dit neutralisé. Oui, ça veut dire abattu. Ça veut dire abattu le plus souvent. Ce qui s'est passé au début de cette année, c'est qu'on sortait d'une période très très noire. L'armée française n'avait pas pu empêcher des attentats et des raids meurtriers contre des villages au Burkina Faso ou bien contre des bases de l'armée du Niger. On avait compté les morts par centaines dans cette zone des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso.
Et au même moment, souvenez-vous, la France avait perdu 13 hommes lorsque deux hélicoptères s'étaient télescopés en poursuivant des djihadistes au sol. C'était donc en janvier. C'est à ce moment-là qu'Emmanuel Macron a décidé de renforcer l'opération Barkhane. On est passé de 4500 à 5200 hommes. Mais surtout, à ce moment-là, les ordres ont changé. Il a été décidé de taper le plus fort possible sur les mouvements djihadistes avec des bombardements aériens, avec des drones armés, avec des hélicoptères de combat et avec des commandos au sol. Il y a eu ces derniers mois des opérations très spectaculaires qui se passent là-bas dans le désert.
On m'en a raconté une avec des commandos infiltrés qui ont passé plusieurs jours cachés à proximité d'un camp djihadiste qui ont fini par donner l'assaut à ce camp de façon à ce que les terroristes s'échappent dans une autre direction là où d'autres commandos les attendaient. En l'occurrence, ça a été un succès. Voilà ce qui se passe en ce moment au Sahel. Est-ce qu'on peut espérer gagner cette guerre ? Non, on n'a aucune chance. C'est une guerre ingagnable dans un territoire grand comme l'Europe face à une multitude de mouvements différents. Ça fait maintenant 7 ans qu'on est là-bas. L'armée française a compté 46 militaires français tués dans ses rangs.
La situation aujourd'hui, c'est que si on reste, on n'a aucune chance de victoire. Mais si on part, c'est pire. C'est pire. Merci beaucoup. Merci. Passionnant.