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InterviewC à vous (sur YouTube)· 31 août 2022 53 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéImmigration & asileEurope & internationalJustice

Gérald Darmanin et Bernard Guetta - C à vous - 31/08/2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 41 %Attaque 36 %Défensif 23 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:32OuverteRéponse directe

    Pourquoi le Conseil d'État a-t-il validé l'expulsion de l'imam Iqyoussen ?

  • 3:52RelanceRéponse directe

    Pourquoi le juge du Conseil d'État a-t-il validé son expulsion alors ?

  • 5:25OuverteRéponse directe

    Au-delà du symbole, est-ce que chasser cet imam du territoire va l'empêcher de diffuser ses idées ?

  • 6:06RelanceRéponse directe

    Il y a beaucoup de questions dans votre question. On peut les prendre dans l'ordre.

  • 6:42ComplaisanteRéponse directe

    C'est comment on condamne pas plus simplement les terroristes.

  • 8:21FerméeRéponse directe

    Medipart dit que vous avez dîné avec Iqyoussen en 2014, vous confirmez ce dîner ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:44PrésentateurFait
    « C'est une décision qui fera date, qui marque une évolution, voire une rupture, parce qu'on parle d'un homme né en France, qui vit en France et en famille depuis 58 ans, même s'il a choisi la nationalité marocaine à sa majorité. »
  • 3:10PrésentateurFait
    « Il n'a pas été mêlé à des actions violentes ou fait l'apologie du terrorisme, même s'il a exprimé de la sympathie pour Ben Laden. »
  • 3:27Locuteur 4Fait
    « Les bras m'en tombent. J'ai toujours été un progressiste et mes discours ont toujours été dans le sens de la tolérance, tout en respectant nos valeurs familiales et tout en étant dans un islam d'ouverture et de tolérance à l'égard des différentes communautés de notre pays. »
  • 4:06PrésentateurFait
    « sur les juifs, sur les femmes qui ne sont bonnes qu'à faire la cuisine et à s'occuper de leur famille, femmes considérées comme des objets de tentation à dissimuler sous un voile »
  • 4:15PrésentateurChiffre
    « 30 millions de vues, tout cela constituant pour le juge des actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination et à la haine »
  • 4:36PrésentateurFait
    « le ministère de l'Intérieur, et cela peut faire école. Enfin, là où le tribunal administratif jugeait l'expulsion d'Iqyoussen disproportionnée, compte tenu de ses attaches fortes avec la France, 5 enfants, 15 petits-enfants »
  • 4:50PrésentateurFait
    « le Conseil d'État fait remarquer que ces enfants sont majeurs et ne dépendent plus de leur père, et aussi que sa femme est marocaine. »
  • 6:37PrésentateurFait
    « le séparatisme d'atmosphère, le djihadisme d'atmosphère, comme dirait Gilles Kepel, qui a conduit à l'assassinat de Samuel Paty. »
  • 7:07Invité politiqueFait
    « Pourquoi maintenant ? D'abord, il a dit ces derniers temps des propos beaucoup plus graves, mais surtout parce qu'il y a eu tous les attentats que nous avons connus. »
  • 7:48Invité politiqueFait
    « Il allait prêcher dans les coins les plus pauvres de France. De Nain, que je connais bien, ma grand-mère y est née. »
  • 8:07Invité politiqueFait
    « négationnistes, disaient que les attentats que nous avons connus en France n'étaient pas des attentats qui avaient été faits par Daesh, en tout cas pas par des islamistes ou pas par des musulmans. »
  • 8:40Invité politiqueFait
    « Il se peut que, comme j'ai vu des milliers de personnes dans ma campagne municipale, que cette personne ait pu être là. »
  • 12:09Invité politiqueChiffre
    « Nous avons expulsé 734 étrangers radicalisés depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République. 72 dans les sept derniers mois. »
  • 22:18PrésentateurChiffre
    « les atteintes aux personnes et notamment le nombre de victimes de coups et blessures volontaires ont augmenté de 12% en 2021. »
  • 29:38PrésentateurChiffre
    « 90% d'augmentation, c'est des violences faites aux femmes. »
  • 38:36Invité politiqueFait
    « Qu'ils ne peuvent rien dire. »
  • 38:38Invité politiqueFait
    « Qu'ils ne haïssent pas du tout Gorbatchev. »
  • 39:21Invité politiqueFait
    « Poutine a une base sociale, a une base politique. »
  • 39:23Invité politiqueChiffre
    « Est-ce que c'est toujours 70% ? J'en doute fortement. »
  • 40:44Invité politiqueFait
    « Il lançait une fondation qui s'appelait Green Cross, c'est-à-dire une organisation internationale chargée d'alerter sur le changement climatique. »
  • 41:02Invité politiqueFait
    « Il n'avait pas un sou pour l'or, c'est ça. »
  • 42:41Invité politiqueFait
    « Dans une situation comparable à l'année dernière. »
  • 42:48Invité politiqueFait
    « Nous avons des difficultés de recrutement. »
  • 44:07PrésentateurChiffre
    « Le ministre de l'Éducation nationale a annoncé 2000 euros net mensuels pour les débuts de carrière désormais. »
  • 44:59PrésentateurChiffre
    « Le fuel a pris 1 600 euros en deux mois. »
  • 45:17PrésentateurChiffre
    « À Saint-Germain-sur-Morin, ça peut aller jusqu'à 35% de hausse pour les familles. »
  • 46:54PrésentateurChiffre
    « 4,25% d'augmentation en un an, selon l'association Famille de France. »
  • 46:57PrésentateurChiffre
    « L'association de consommateurs qui fixe un coût de rentrée à 208 euros pour un élève de sixième. »

Temps de parole

  • Présentateur67 %
  • Bernard Guetta17 %
  • Gérald Darmanin6 %
  • Locuteur 84 %
  • Locuteur 22 %

2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir, bienvenue dans C'est à vous, très heureuse de vous retrouver. On est ensemble, en direct, jusqu'à 20h55, avec toute l'équipe. Salut à tous les cinq.

0:08
Locuteur 3

Bonsoir, Mélis.

0:10
Présentateur

Emelie, quel est votre choix de l'actu du jour ?

0:12
Locuteur 8

Adulée en Occident, quasi anonyme dans son pays, la Russie, retour sur la disparition de Mikhail Korbachev, le dernier dirigeant de l'URSS, ou l'URSS, comme dit Patrick.

0:21
Présentateur

Oui, il faut toujours dire comme Patrick. On dira l'URSS jusqu'à 20h ce soir. On en parle avec Bernard Guetta, député européen, mais surtout ancien correspondant pour le quotidien Le Monde, à Moscou, de 87 à 1981. On s'y sera dans un instant sur notre plateau. Patrick, votre édito. Question sur une expulsion validée par la justice, mais empêchée par la fuite de l'intéressé. Voilà, un imam introuvable. On en parle avec Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, qui avait obtenu enfin l'autorisation de son expulsion. Bonsoir, monsieur le ministre. Bonsoir. Merci de votre présence ce soir. Beaucoup d'autres sujets à vous soumettre, notamment dans la story de Nohamed.

0:55
Gérald Darmanin

Oui, je vous raconte ce soir l'histoire de Jérôme.

0:57
Présentateur

Il a 31 ans, il s'est fait violemment agresser samedi soir à Toulouse. Mathieu, dans le 5 sur 5 ? Un 5 sur 5 spécial rentrée scolaire. On va parler cantine, fourniture scolaire, mais aussi de ces 20 000 Ukrainiens et Ukrainiennes qui font leur rentrée chez nous demain. Demain, c'est la rentrée des classes, mais c'est ce soir dans le 5 sur 5 de Mathieu Béliard. Pierre, votre œil ?

1:17
Bernard Guetta

Ce soir, le réalisateur Arnaud Desplechins est à Venise. Il remet le lion d'or d'honneur que le festival décerne à Catherine Deneuve pour l'ensemble de sa carrière. Demain, il filera à Venise à Deauville, dont il est le président du jury. On le retrouve tout à l'heure pour parler cinéma.

1:34
Présentateur

Entre deux trains.

1:35
Bernard Guetta

Entre deux trains.

1:36
Présentateur

Entre deux trains, ça c'est l'œil de Pierre. Juste à 20h, André Dussolier, Jacques Gamblin et la jeune écrivaine Emma Becker sont nos invités du dîner. Mais Bertrand, lui, est en cuisine pour surveiller les préparatifs. Tout se passe bien ?

1:47
Bernard Guetta

Eh bien, écoutez, Bavette, bonsoir. Je suis tout seul, donc ce soir, on fait avec les moyens du bord coquillettes jambon. Non, grand moment d'émotion ce soir dans C'est à vous. C'est l'un des piliers de la cuisine de l'émission. Il est avec nous après des mois d'absence, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, Christian Duplessis.

2:04
Locuteur 3

Qu'est-ce que vous nous préparez de bon ce soir ? Ce soir, on va préparer un thon de Saint-Jean-de-Luce avec une basquette, un classique de la cuisine basque. On va se régaler.

2:15
Bernard Guetta

Bonne émission.

2:16
Présentateur

Merci, bravo, on est très heureux. Bravo, non, on n'a pas encore goûté. Mais enfin, on se réjouit d'avance de vous retrouver, cher Christian. A tout à l'heure pour le déni de C'est à vous. Tout de suite, c'est l'édito de Patrick Cohen.

2:26
Locuteur 3

A tout à l'heure.

2:32
Présentateur

Saisi par le ministre de l'Intérieur, le Conseil d'État a donc tranché. L'imam du Nord, Hassan Iqyoussen, prédicateur marocain, réputé proche des frères musulmans, est bien expulsable. Et vous dites que c'est un jugement important. Oui, c'est une décision qui fera date, qui marque une évolution, voire une rupture, parce qu'on parle d'un homme né en France, qui vit en France et en famille depuis 58 ans, même s'il a choisi la nationalité marocaine à sa majorité. Je rappelle que la loi ne permet pas d'expulser un étranger délinquant s'il est arrivé en France avant l'âge de 13 ans. Iqyoussen n'est même pas délinquant, enfin pas jusqu'à sa fuite.

Il n'a jamais été condamné, ni pour ses actes, ni pour ses propos. Il n'a pas été mêlé à des actions violentes ou fait l'apologie du terrorisme, même s'il a exprimé de la sympathie pour Ben Laden. Et s'il a tenu dans le passé des propos ouvertement antisémites, il s'en est ensuite excusé. Iqyoussen a même cet été, après l'arrêté d'expulsion, revendiqué son progressisme.

3:27
Locuteur 4

Les bras m'en tombent. J'ai toujours été un progressiste et mes discours ont toujours été dans le sens de la tolérance, tout en respectant nos valeurs familiales et tout en étant dans un islam d'ouverture et de tolérance à l'égard des différentes communautés de notre pays.

3:45
Présentateur

Ouverture, tolérance, respect des valeurs et des lois de la République, voilà le discours qu'il tient depuis le mois de juin. Pourquoi le juge du Conseil d'État a-t-il validé son expulsion alors ?

Parce qu'il n'a pas cru à tout cela, parce qu'après ses excuses purement opportunistes selon le juge, Iqyoussen a continué à proférer ses horreurs et elle a été diffusée sur sa chaîne YouTube, sur les juifs, sur les femmes qui ne sont bonnes qu'à faire la cuisine et à s'occuper de leur famille, femmes considérées comme des objets de tentation à dissimuler sous un voile, parce que ces vidéos sont toujours en ligne, 30 millions de vues, tout cela constituant pour le juge des actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination et à la haine, ce qui rend un étranger expulsable.

En somme, c'est la reconnaissance par le Conseil d'État d'un double discours ou d'une dissimulation, la taquilla typique de la stratégie des frères musulmans, c'est justement ce qu'avait plaidé le ministère de l'Intérieur, et cela peut faire école. Enfin, là où le tribunal administratif jugeait l'expulsion d'Iqyoussen disproportionnée, compte tenu de ses attaches fortes avec la France, 5 enfants, 15 petits-enfants, le Conseil d'État fait remarquer que ces enfants sont majeurs et ne dépendent plus de leur père, et aussi que sa femme est marocaine. Cette décision d'expulsion pose tout de même plusieurs questions. Oui, d'abord à ceux qui contestent cette ordonnance du Conseil d'État.

Quand la justice avait suspendu l'expulsion de l'imam, les insoumis avaient salué l'État de droit. Maintenant que le Conseil d'État a décidé en sens inverse, les mêmes raisonnent en sens inverse.

5:11
Locuteur 8

On pense qu'il y a une atteinte à l'État de droit dans cette histoire. Là, vous contestez l'indépendance du Conseil d'État dans cette décision. Je pense qu'il y a une pression de l'exécutif sur le pouvoir judiciaire dans cette affaire.

5:22
Présentateur

Voilà, l'État de droit, mais pas à tous les coups. Voilà pour les insoumis. Pour le ministre de l'Intérieur, la question est à quoi ça sert ? Au-delà du symbole et de la lutte nécessaire contre l'idéologie islamiste, est-ce que chasser cet imam du territoire va l'empêcher de diffuser ses idées rétrogrades ou discriminantes ? Est-ce qu'au contraire, la publicité, voire le tapage fait autour de ce prédicateur, n'ont pas incité les gamins à aller voir ces vidéos toujours en ligne ? Enfin, si I.Q.

Sen était l'ennemi public qu'il fallait bannir de toute urgence, après 20 ans de propos publics problématiques ou scandaleux, pourquoi l'avoir laissé dans la nature, sans même surveiller ses allées et venues dans l'attente de son jugement ? Alors, il y a beaucoup de questions dans votre question. On peut les prendre dans l'ordre. Voilà, exactement. Mais c'est un point très important.

Et vous avez raison de dire que c'est un arrêt très important du Conseil d'État, qui n'était pas gagné d'avance, puisque la question se posait, comme vous l'avez dit, de « est-ce qu'on peut, indépendamment d'exclure un étranger du sol national qui est là depuis très longtemps, est-ce qu'on peut condamner le double discours séparatiste, que vous avez raison de s'appeler de dissimilation, de taquillage ? » C'est très clairement dit, d'ailleurs, dans l'arrêt du Conseil d'État, qui est vraiment la difficulté que nous avons aujourd'hui, et qui a fait naître aussi le séparatisme d'atmosphère, le djihadisme d'atmosphère, comme dirait Gilles Kepel, qui a conduit à l'assassinat de Samuel Paty.

C'est bien ça dont il s'agit. C'est comment on condamne pas plus simplement les terroristes. C'est très facile quand quelqu'un dit « il faut tuer tous les juifs ». C'est, si je veux dire, assez facile de le faire condamner et de l'exclure. C'est plus compliqué lorsque les gens sont très intelligents. M. Kusset est très intelligent et très dissimulateur. Et ça, vraiment, c'est la loi séparatisme qu'il a permis, voulue par le président de la République, et désormais le droit français, se l'accapare. Alors pourquoi maintenant ? Parce que j'ai souvent entendu ça. Ça fait 15 ans, 20 ans qu'il le dit. Pourquoi maintenant ?

D'abord, il a dit ces derniers temps des propos beaucoup plus graves, mais surtout parce qu'il y a eu tous les attentats que nous avons connus. Parce que le législateur a fait la loi séparatisme. Parce que justement, le Conseil d'État, et c'était la défense du ministère de l'Intérieur, qui était de dire « mais parce qu'aujourd'hui, il y a urgence ». Il y a urgence parce qu'un discours, un double discours, arme mentalement des personnes parfois de passer à l'acte. Je ne dis pas que M. Iquissène arme tous les gens à passer à l'acte, mais il permet à des personnes, notamment les plus faibles d'entre nous, de se reconnaître dans un passage à l'acte contre l'Occident.

Et vous avez dit « les plus jeunes d'entre nous ». Vous savez, M. Iquissène, et ça je pense que c'est un fait très important, il savait très bien ce qu'il faisait. Il allait prêcher dans les coins les plus pauvres de France. De Nain, que je connais bien, ma grand-mère y est née. C'est le cas évidemment de Saint-Saint-Denis, c'est le cas d'endroits terriblement pauvres.

Il allait dans ces endroits-là pour prôner sa haine des femmes, sa haine des juifs, sa haine des homosexuels, sa haine des valeurs occidentales, négationnistes, disaient que les attentats que nous avons connus en France n'étaient pas des attentats qui avaient été faits par Daesh, en tout cas pas par des islamistes ou pas par des musulmans. Et je pense que ça, c'est vraiment à sanctionner, il fallait retirer cette personne effectivement du territoire national. – Mediapart dit que vous avez dîné avec IxHucène en 2014, alors que vous étiez candidat à la mairie de Tourcoing. Vous confirmez ce dîné ? – Ça fait partie de très nombreuses fake news et attaques que j'ai eues personnellement.

Il se trouve que j'ai fait plus de 400 réunions publiques en Tourcoing en 2014. Je n'ai pas dîné. – Donc c'est faux ? – Il se peut que, comme j'ai vu des milliers de personnes dans ma campagne municipale, que cette personne ait pu être là. – Vous êtes fait sous le même toir ? – C'est fort probable, mais vous savez, j'ai rencontré plein de gens, pendant les campagnes municipales, depuis maintenant, il y a 8 ans. – Féquentable ou pas fréquentable ? – Donc la question n'est pas celle-là, la question c'est est-ce qu'on a le courage aujourd'hui de faire ce qu'on ne faisait pas auparavant. Et c'est difficile. – Pardon, sans que la loi séparatisme ait à voir là-dedans.

– Mais la loi séparatisme, elle ne permet pas d'avoir les mesures d'exclure les personnes, mais elle a créé l'idée, et je pense que le Conseil d'État le reprend, que le séparatisme, le djihadisme d'atmosphère, quelque chose qui est plus insidieux, comme vous l'avez très bien dit, qui touche les associations, qui touche l'école, qui touche les réseaux sociaux, et qui touche aussi les prêches, qu'elles soient sur Internet, parce que l'imam Google est parfois plus grave que l'imam de la mosquée radicalisé, c'est très important, ça permet de changer le droit. Je voudrais quand même dire que je ne confonds pas, et la République ne confond pas, M.

Kussin avec l'immense majorité des musulmans de France, qui bien évidemment prie, aime la République, et ne se confondent pas avec les propos radicaux que tient un monsieur comme M. Kussin, et que sont les premiers, me semble-t-il, à demander que nous nous séparions des islamistes radicaux pour enfin qu'ils puissent vivre correctement et intégralement leur religion. – Vous l'avez dit, c'est un combat, il n'était pas gagné d'avance, vous le gagnez finalement, et puis… – Vous dites que c'est une victoire. – Le type vous file entre les doigts, il a disparu, parce que vous ne l'avez pas pris des mesures de surveillance ou de…

– On n'est pas de dictature, c'est-à-dire que moi je suis mis à l'intérieur avec des préfets de la République et des policiers qui appliquent le droit. Le droit ne permet pas de mettre dans des prisons en préventive avant que quelqu'un soit condamné, vous l'avez dit, il n'avait jamais été condamné auparavant. Le droit, surtout qu'on avait perdu au tribunal administratif, le droit ne permet pas de mettre des techniques très modernes de géolocalisation, de modernisation absolue, lorsque la personne n'est pas recherchée, n'est pas un fugitif délinquant. Il a été au moment où le Conseil d'État a dit, vous pouvez l'expulser, trois heures après…

10:31
Locuteur 3

– Il était fiché S, il était fiché S.

10:32
Présentateur

– Oui mais fiché S, c'est une indication, vous savez, les fiché S, c'est d'abord pas un acte administratif, ça aide les services de renseignement à écouter ou à suivre des personnes. Mais on n'avait rien à reprocher M. Lecuissen jusqu'au moment où il s'est soustrait justement à son expulsion. D'ailleurs, il est aujourd'hui, la justice viendra à se prononcer peut-être si nous l'interpellons, passible de trois ans d'emprisonnement parce qu'il s'est soustrait à la mesure justement d'expulsion du territoire national. La justice a été dans cette affaire extrêmement rapide. Le Conseil d'État a donné l'arrêt qu'on connaît.

Trois heures après, le préfet du Nord a obtenu du juge des libertés la détention des visites domicilières, allé chez lui pour récupérer cette personne. Et on est à quelques kilomètres de la Belgique, dans ce coin de France. – Donc ça c'est la piste privilégiée, la piste en Belgique. – Manifestement, manifestement… – Ça veut dire que toutes les polices françaises sont mobilisées ? – Non, c'est pas l'homme le plus cherché de France. – Il faut savoir raison garder. Mais manifestement, toutes les informations que nous avons font que M. Huyssen est désormais hors de France. Nous avons pris des actes administratifs très importants pour l'empêcher de revenir.

S'il devait revenir comme un fugitif, nous l'interpellerons. On le mettra en centre de rétention administratif et nous l'expulserons. Il est manifestement en Belgique. Dès demain, je donnerai à la ministre de l'Intérieur belge les informations sur M. Huyssen. Il sera interdit de venir en France. Tant mieux. C'est une très bonne chose. – Le seul islamiste que Gérald Darmanin s'apprête à expulser est introuvable. Quant au Maroc, il bloque son expulsion en suspendant le laissé-passer consulaire. La France doit à nouveau se faire respecter, commentaire signé cet après-midi de Marine Le Pen. La France ne se fait pas respecter, c'est qui maman fuite ?

– Madame Le Pen démontre une nouvelle fois d'abord son incapacité à connaître ses dossiers. Nous avons expulsé 734 étrangers radicalisés depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République. 72 dans les sept derniers mois. Donc ce n'est pas d'abord le seul. Deuxièmement, elle n'a voté aucun des textes qui nous permettent de faire ce qu'on a fait là. Ni la loi séparatisme, ni la loi contre le terrorisme, ni la loi qui permet justement de pouvoir expulser des personnes, même lorsqu'elles sont arrivées depuis un certain temps sur le territoire national. La vérité, c'est que ce que nous faisons aujourd'hui, c'est un ordre républicain qui fait reculer le Front National.

Nous disons bien évidemment aux électeurs du Front National, dont une grande partie d'ailleurs pense, que nous ne sommes pas assez durs avec les plus méchants, que nous sommes durs avec les méchants. Et ce que ne veut pas Mme Le Pen, c'est qu'on résolve les problèmes, parce qu'elle vit des problèmes. Quand il n'y a plus de problèmes, il n'y a plus de Mme Le Pen. Je ne connais pas de gens très heureux, propriétaires de leur maison, heureux avec leurs voisins, heureux d'échange des cultures, qu'aillent voter le Front National d'un seul coup.

Je connais des gens, ce sont parmi aussi les gens que je connais à tout coin, qui connaissent des difficultés sociales, des difficultés économiques, des difficultés aussi parce qu'ils connaissent l'insécurité, ou ils ont peur pour leur pays. Quand on arrive à les rassurer, il ne vote plus Mme Le Pen. Mme Le Pen, elle vit la présence de M. Écuissène sur le territoire. Quand on retire des Écuissène, il y a moins de Front National. Est-ce que vous saluiez hier comme une victoire, n'est qu'une demi-victoire en réalité aujourd'hui ? C'est une grande victoire pour la République.

D'abord parce qu'on a un arrêt de principe du Conseil d'État qui va nous permettre d'aller plus loin dans d'autres personnes qui sont comme... Pour accélérer le rythme des expulsions. En tout cas, preuve est faite. Il y a eu un débat tout l'été. Après, quand j'ai demandé l'expulsion de M.

Écuissène, qui a comme été validé par un magistrat de l'ordre judiciaire la première fois, il ne faut pas l'oublier, et qu'on est allé au tribunal administratif, y compris la France Insoumise, expliquer que nous dépassions notre droit, qu'on en voulait aux musulmans, qu'on n'avait rien à lui reprocher, que c'était finalement un homme formidable, lui qui disait que le peuple juif était ingrat et qu'effectivement la femme devait absolument ne pas montrer son corps. Quand nous avons gagné au Conseil d'État, après deux mois de discussion, on dit désormais que c'est une demi-victoire. Nous avons un grand arrêt de principe du Conseil d'État. On n'est pas obligé de changer la loi.

13:59
Gérald Darmanin

– C'est le juge des référés, il n'a pas statué au fond.

14:03
Présentateur

– Moi, j'encourage, je mettrai sur les réseaux sociaux la récomplique et publique, puisque le Conseil d'État le rend évidemment au nom de tous les Français. Ses attendus sont très clairs. Je veux d'ailleurs dire que les attaques contre son indépendance sont absolument scandaleuses, mais indépendamment de ça, ce que je veux souligner, c'est que nous nous réveillons. Et nous sommes durs, et c'est difficile. Et moi, je veux bien vouer que c'est difficile d'être ministre de l'intérieur. C'est difficile tous les jours de pouvoir se battre contre des personnes qui sont insidieuses et qui en veulent à la République française. Mais moi, c'est mon combat. Parfois on perd, parfois on gagne.

Là, on a gagné, c'est une très bonne chose pour la République. – Vous revenez là tout juste du séminaire de rentrée organisée par le président de la République et la Première ministre. Je crois même que vous vous êtes échappé avant la fin de ce séminaire. En haut de la pile des dossiers, la planification écologique, la mobilisation sur la crise énergétique. Tout le monde est concerné et devra adopter les bons gestes. Et ce n'est pas toujours facile, marre les conseils de certains de vos collègues ministres.

14:54
Locuteur 2

– Nous devons être exemplaires et nous devons faire des progrès en la matière.

15:00
Locuteur 4

– Il y a un ministère qui n'a pas de clim.

15:02
Locuteur 2

– Éteindre la lumière, bien sûr.

15:04
Présentateur

– Il peut y avoir des clims mobiles, mais elles ne tournent pas.

15:05
Locuteur 2

– Veiller à ne pas chauffer au-delà de 19 degrés.

15:09
Présentateur

– On évite d'éclairer aussi l'extérieur quand ce n'est pas absolument nécessaire. – C'est une image qui nous a un peu tous marquées ce matin. Les nombreuses voitures dans la cour avec le contact allumé. – Vous avez raison, il faut faire attention à tout. À chaque fois qu'on ne le fera pas, vous ne ratterez pas. Vous savez quoi ? Tant mieux, parce que c'est ça qui accélérera notre changement de comportement à tous. – Vous aussi, vous avez des progrès à faire en matière d'écologie, Gérald Darmanin ? – Bien évidemment. Moi, quand j'étais petit, mes parents m'obligaient à éteindre la lumière, non pas pour des raisons écologiques, mais parce qu'ils disaient qu'on n'était pas à Versailles.

Ils disaient ça, éteint la chambre, on n'est pas à Versailles ici. Je pense qu'il y a plein de familles modestes et populaires qui ont entendu ça plusieurs fois. On a perdu un peu ce sens-là, peut-être nous en premier, bien évidemment. Et on doit faire très attention à notre comportement. On a beaucoup à améliorer, à prendre conscience. – Quel est le meilleur geste écologique à faire avec votre chargeur de téléphone ? – C'est une de débrancher, sans doute, c'est ça ? – C'est ça, exactement. À quelle température lavez-vous votre linge dans votre machine à laver ? – Je dois bien avouer que ce n'est pas moi qui lave mon linge. Je mentirais aux Français si c'était le cas.

Mais ce que je peux dire, c'est qu'on essaie de faire extrêmement attention, désormais, y compris dans la télé-réalité des services du ministère de l'Intérieur. – Il suffit de le laver à 30 degrés. Est-ce que vous mangez moins de viande ? Est-ce que vous faites moins de barbecue ? – J'aimerais faire plus de barbecue, malgré tout. Je trouve que cette polémique est vraiment ridicule. Et je pense que M. Roussel, je cite un communiste qui a plein de bon sens, le problème de la viande, ce n'est pas un problème, à mon avis, a priori, d'écologie, c'est un problème d'argent dans le portefeuille, voilà.

Donc il ne faut pas tout ridiculiser, Mme Rousseau, ridiculise un peu l'écologie, à mon avis, avec ces polémiques. Mais ce qui est certain, c'est que l'agriculture contribue beaucoup aux effets de serre et qu'il faut sans doute y contribuer aussi.

16:38
Bernard Guetta

– Nos confrères du Parisien soulignaient ce matin que ce séminaire, qu'on évoquait à l'instant, avait pourvu de rappeler aussi à chacun qu'il faut jouer collectif au gouvernement et qu'il s'agissait, je les cite, de calmer le bal des égaux. Est-ce que vous vous êtes senti concerné ?

16:52
Présentateur

– Non. Après, si un gouvernement, c'est la caporalisation et pas de sensibilité, oui, je me sens concerné, j'ai une sensibilité. Bruno Le Maire en a une, la Première ministre, évidemment, en a encore une. Et puis, beaucoup de membres du gouvernement. Moi, je suis d'un milieu populaire, pas extrêmement libéral, mais fort sur les questions régaliennes et qui considère que le pacte social, tel que l'imaginait Philippe Séguin, doit être davantage poussé. Voilà, mais c'est une sensibilité. Il se reconnaît évidemment dans l'action du président de la République. Après, il faut des gens pour la portée.

Les femmes et les hommes politiques ont tendance à être invitées dans les médias, de dire ce qu'ils pensent. C'est mieux que les playmobiles, pour vos expressions précédentes. Quand on a une personnalité, je crois qu'on contribue à une polyphonie. Il faut effectivement faire attention à éviter la cacophonie. Et la chef d'orchestre, c'est la Première ministre. Il faut répondre à la baguette de la Première ministre.

17:40
Bernard Guetta

Mais vous savez bien que comme le président de la République ne pourra se représenter en 2027, on se dit que dans la polyphonie, il y a des voix qui ont envie de se faire entendre plus que d'autres.

17:51
Présentateur

Vous allez dire que c'est une réponse de langue de bois. Mais objectivement, ça fait maintenant 15 ans que je regarde d'une manière ou d'une autre la politique. Regardez ce qu'a fait le président de la République. Nous ne connaissions pas son nom collectivement, je crois, en 2012, lorsque les questions devaient être à peu près posées aux dirigeants de la vie politique, que sous François Hollande ou sous Nicolas Sarkozy, il est arrivé, sortant de son énergie pour convaincre les Français. Donc je pense qu'aujourd'hui, avec les crises que nous avons devant nous, imaginer que nous connaissons ce qui va arriver en 2027 me paraît bête politiquement. Vous voyez ce que je veux dire ?

Parce qu'il va arriver, mais on peut s'y préparer. Donc il faut travailler. Après, vous savez, vouloir être président de la République, ça passe par trois grands critères. qui sont des conditions nécessaires, mais à mon avis, pas déterminantes. D'abord, il faut réussir le quinquennat dans lequel vous participez. Parce que si on rate ce que nous faisons collectivement, ça va être difficile d'avoir l'héritage du président de la République. Donc la réussite du président de la République, elle est bonne pour les Français, elle est bonne pour ses ministres, me semble-t-il. Et pour ses anciens ministres ou ses anciens premiers ministres. Donc il faut réussir le quinquennat.

Deuxièmement, il faut beaucoup travailler. Et faire de la politique, je sais qu'on est très attaqué, mais il faut à la fois beaucoup travailler, beaucoup de sacrifices personnels, il faut avoir une santé et des qualités physiques et intellectuelles hors normes. Je ne suis pas certain de les avoir. Je le dis hyper modestement. Je ne suis pas certain de faire le sacrifice de ma vie personnelle absolument et d'avoir ces qualités. Et troisièmement, il faut un petit grain de folie. Et moi, j'avais un ancien président de la République que j'ai servi. Vous savez qui c'est, c'était Nicolas Sarkozy.

Quand je lui disais, machin, veut être candidat à la présidence de la République, il m'a dit, tu sais, en politique, pour être président de la République, il faut une case en plus ou une case en moins. Simplement, tu ne le sais qu'à la fin. Donc il y a beaucoup de gens qui ont des cases en moins. J'espère que je ne fais pas partie de cela. Et que si j'ai une case en moins, je me garderai bien d'avoir ce genre d'ambition.

19:40
Gérald Darmanin

Vous avez, comme ministre de l'Intérieur, initié une réforme de la police judiciaire

19:45
Présentateur

et de son organisation, que je ne vais pas détailler, mais qui suscite une levée de boucliers tous azimuts, des syndicats de policiers, de magistrats, même du procureur général près de la Cour de cassation, François Molins, qui s'est exprimé ce matin sur France Inter, et aussi de la haute hiérarchie policière. Est-ce que vous êtes décidé à maintenir cette réforme, quelle que soit l'ampleur de la fronde ? – Bon, d'abord, ce n'est pas une fronde. C'est une réforme très importante. Et comme toute réforme, elle change les habitudes. Et il est logique, quand il y a des réformes fortes, qu'il y ait des habitudes qui soient contrariées.

Pour les syndicats de police que je respecte profondément, avec qui je pense que j'ai un dialogue nourri, il y a des élections professionnelles dans deux mois. Bon, donc ils sont aussi en campagne électorale. Il y a des tracts, ça se respecte. J'en ai fait des tracts. Ils ne sont pas toujours de très bonne foi. – Et les patrons de la police ? – Voilà. D'abord, c'est les patrons de la police qui font cette réforme. C'est le directeur général de la police nationale, qui était le grand patron de la PSJ, qui l'a fait. C'est une réforme qui est prévue depuis JOX, depuis 40 ans. Bon, et tous les ministres d'Intérieur ont essayé de la faire, et ils n'ont pas réussi à la faire.

Qui consiste en quoi ? Parce qu'on ne fait pas la PSJ, on ne fait pas la police pour la police ou pour la PSJ, on la fait pour les gens. Nous avons des magnifiques policiers de police judiciaire qui font des grandes affaires. Simplement, l'investigation, aujourd'hui, c'est de moins en moins l'affaire de résolu. Il y a de moins en moins d'élucidation des affaires. S'il y a un crime, s'il y a des violences extrêmement fortes, s'il y a des grands soucis financiers, on constate, malheureusement, qu'il y a de moins en moins de réussite d'élucidation. Parce que le crime est plus complexe. Parce que les moyens technologiques sont plus différents.

Parce qu'aujourd'hui, ce n'est pas simplement la PSJ, c'est des questions de renseignement, c'est des questions de sécurité publique, c'est des questions d'étrangers. C'est très vaste. Et donc, ce que nous disons, c'est que bien sûr que nous garderons la police judiciaire, mais nous allons la moderniser. Alors, j'ai entendu M. Molins ce matin, pour qui j'ai le plus grand respect. Moi, je suis tout à fait prêt. Je n'ai pas eu l'occasion d'en parler avec lui, de le recevoir pour en discuter. Il y a un bon sens. Oui, mais je l'ai entendu à la radio. J'ai juste aimé en discuter avec lui. Donc, je le recevrai bien volontiers, s'il le veut, ou j'irai le voir avec plaisir.

Je reçois demain matin, d'ailleurs, une grande partie de la police judiciaire. Je continuerai à discuter. On amendera ce qu'il faut amender. Mais la police ne peut pas être le seul endroit où on ne se réforme pas. Donc, je pense que j'aime la police. Je le démontre. Il y a d'énormes moyens budgétaires. Je les soutiens médiatiquement, même quand on est très attaqués. Je leur dis aussi qu'il faut se moderniser. Davantage sur le terrain, les rodeaux urbains qui ont un peu émaillé tout l'été, notamment quand au début du mois, 5 août à Pontoise, deux enfants ont été renversés par un motard de 18 ans, fillette de 7 ans qui avait été grèvement blessée.

Elle est restée plusieurs jours dans le coma, victime d'un traumatisme crânien. Face à cela, les citoyens se sentent désemparés parce que même s'il y a une loi qui existe, une loi qui interdit, c'est passible de prison. Quand on interroge les policiers, même les syndicats de police réclament à pouvoir, entre contacts, à pouvoir les chasser. Or, on leur demande de réfléchir à deux fois avant de le faire, de mesurer le risque à chaque fois, donc de laisser faire. Alors, je ne peux pas être d'accord avec vous, mais je vais essayer d'expliquer. C'est un sentiment. Oui, oui, j'entends bien. Vous avez raison et je ne veux pas le nier. Il y a deux choses.

D'abord, dans le cas de Pontoise, ce qui est une affaire affreuse avec cette petite fille qui a longtemps été dans le coma et qui est sortie du coma, mais dans des conditions difficiles, l'auteur a été interpellé et il est en prison. Et la famille de cet auteur a été expulsée de son logement parce que les Français ne doivent pas entendre qu'il ne se passe rien. Non seulement il est en prison, la justice fait son travail, mais il ne reste pas dans le logement HLM où nous avons expulsé. Mais effectivement, ça ne remplace pas le drame qui s'est passé. Mais l'expulsion, ça, c'est un moyen d'être ferme face à ces actes-là ?

Bien sûr, on ne peut pas continuer à bénéficier du bien public et faire n'importe quoi dans la rue. Je pense que là, les Français, c'est un raisonnement de bon sens. Sur ce que vous disiez sur les policiers. Vous savez, moi, je suis à la tête d'une administration où il faut être responsable et pas démagogique. Les policiers de la République, ils font un travail difficile. Mais parfois, il y a des décisions où il faut leur dire que la police gagne toujours à la fin grâce à la technologie, grâce au renseignement, grâce aux caméras de vidéoprotection et pas sur le coup.

Quand j'ai été maire de Tourcoing, j'ai vu des voitures de police poursuivre une moto, un quad, à toute vitesse, et rentrer dans un véhicule qui venait là, qui était peut-être celui de votre mari, de votre femme, avec deux enfants, se renverser. Et quand il y a trois morts, parce qu'il y a eu une course-poursuite d'un rodeo, est-ce que ça vaut le coup qu'il y ait trois morts innocents parce qu'on a laissé faire des droits de poursuite, comme on a vu dans certains pays, je pense notamment en Grande-Bretagne ? Eh bien moi j'ai dit non.

Je lui ai dit que bien sûr les policiers ont un droit de poursuite, mais simplement lorsqu'il y a trop de mise en danger de la vie, non pas simplement de la personne qui fait du rodeo, mais de la personne qui va traverser la rue, ça peut être vos enfants, ça peut être votre maman, ça peut être votre fils qui est en face, je pense que ça ne vaut pas le coup. Le rodeo est à combattre. Lorsque ça amène à des tentatives d'homicide ou des homicides, en tout cas à des gens qui viennent à connaître des dérangements physiques extrêmement forts, ils sont interpellés, ils sont mis en prison, ils doivent être condamnés extrêmement fortement.

La démagogie de l'extrême droite et d'une partie, malheureusement, de gens qui considèrent que tout est facile, mènent souvent à des drames. Donc mon travail aussi c'est de la proportionnalité. Le travail de mise à l'intérieur, c'est pas d'encourager de faire la violence face à la violence, comme j'ai entendu par la campagne présidentielle qu'il fallait tirer quasiment avant même une sommation, lorsque quelqu'un avait une arme en face de soi.

Le travail de mise à l'intérieur, c'est dire que dans un cas d'un état de droit, tous les moyens sont donnés aux policiers et aux gendarmes pour intervenir, ils ont le droit de poursuite, parfois j'entends dire qu'ils n'ont pas le droit, ils ont le droit de poursuite, simplement ils doivent considérer à un moment donné que lorsque cette poursuite est trop dangereuse pour le public qui est à l'extérieur, c'est pas pareil de faire ça à 4h de l'après-midi qu'à 2h du matin, c'est pas pareil de faire ça à une route de campagne où il se passe rien, où ils ont le droit de poursuivre que devant des écoles, à 4h de l'après-midi, et il faut savoir raison garder.

Et je pense que si vous étiez la veuve ou le veuf de quelqu'un qui était mort par cette poursuite qui ne serait pas proportionnée, vous seriez en droit de me dire « Monsieur, vos policiers font n'importe quoi, j'ai perdu ma femme ou j'ai perdu mon mari ». Moi ça m'est arrivé de discuter avec des gens comme ça, je ne vous le souhaite pas deux fois. D'autres sujets à vous soumettre, Gérald Darmanin, notamment avec Mohamed Bouhabsi.

25:44
Gérald Darmanin

Bonsoir Mohamed. Bonsoir. Tout a commencé dans la nuit de vendredi à samedi, en plein centre-ville de Toulouse, sur le pont Saint-Pierre, non loin d'une des places les plus animées de la ville. Jérôme se promène tranquillement. Il se retrouve par hasard au cœur d'un rodéo urbain. L'un des scooters frôle l'une de ses amies. Après un échange d'insultes, le conducteur du scooter et son passager vont sauvagement agresser Jérôme. Je préfère le dire pour les plus sensibles, attention, ce sont des images violentes. Sur cette vidéo filmée par les caméras de surveillance de la ville, on voit les deux agresseurs le jeter à terre, lui donner des coups et lui écraser la tête contre le bitume

26:23
Présentateur

avant de prendre son sac. Son amie, en rouge, tente de les arrêter. Un passant très courageux jette alors son vélo sous les roues du scooter pour essayer de les arrêter, mais les deux agresseurs parviennent tout de même à s'enfuir

26:35
Gérald Darmanin

en roulant volontairement sur le corps de Jérôme. J'ai pu m'entretenir aujourd'hui avec Jérôme, cinq jours après les faits. Il reste extrêmement choqué. Jérôme a conscience d'avoir frôlé la mort. Selon lui, c'est un miraculé. La vidéo, je l'ai revue sans vous mentir. Je l'ai revue 150 fois hier, tellement qu'elle était choquante. Je me suis vu partir sur la vidéo, mais moi, je me suis dit, j'ai pris un KO. Je me suis dit, mais est-ce que j'allais revenir à mon état ? Franchement, je me suis dit, heureusement que ce n'est pas une voiture. Et j'ai une bonne étoile ce jour-là, en fait. Je pense que ce trauma-là, je l'aurais toute ma vie, sachant que, voilà, j'aurais pu ne pas être là, en fait.

Jérôme s'est réveillé le lendemain à l'hôpital avec des blessures lourdes, traumatisme crânien, fracture du nez et de la mâchoire, 15 jours d'incapacité temporaire de travail. Au-delà des blessures physiques, Jérôme reste bouleversé psychologiquement. À son réveil, sa première pensée a été pour son bébé de deux mois. Jérôme a porté plainte, une enquête de police est en cours, mais les deux agresseurs sont toujours en fuite. Après cette agression inouïe, Jérôme a pris une décision radicale. Je vais tirer un trait sur mes sorties, mes sorties toulousaines. Pour moi, c'est banni, ce ne sera plus d'actualité. Il y a un danger partout au jour d'aujourd'hui, malheureusement.

Le danger, il est partout. Même pour une cigarette, on peut t'agresser pour beaucoup de choses. On vit dans un monde de fous, malheureusement. On vit dans un monde de fous. Alors certes, Gérald Darmanin, si les chiffres de la délinquance sont soit stables ou en baisse sur les atteintes aux biens, les vols sans violence et les cambriolages, les atteintes aux personnes et notamment le nombre de victimes de coups et blessures volontaires ont augmenté de 12% en 2021. Comment répondre à ce fléau ?

28:41
Présentateur

D'abord, moi, j'ai vu ces images, bien évidemment, et les rapports de police. C'est des images d'extrême sauvagerie. J'avais parlé d'en sauvagement il y a deux ans, on m'était tombé dessus. Quand on roule au scooter sur un corps après avoir tapé la tête avec des coups de pied, c'est de la sauvagerie, il n'y a pas d'autre mot. Et je veux dire à Jérôme, comme à tous ceux qui sont très choqués légitimement par ces images, que les moyens de la police sont très importants. On retrouvera certainement ces agresseurs puisqu'il y a des images de caméras de vidéoprotection et des témoignages et qu'on les retrouve toujours. La police gagne toujours à la fin.

Regardez Colmar, ça ne fait pas toujours la une de la presse, bien évidemment, parce que ce n'est pas le sujet. Mais on retrouve les agresseurs et on arrive à les faire condamner. Bien sûr, les violences sur les personnes augmentent, ça vient sans doute d'une partie de déconfinement où il s'est passé quelque chose, à mon avis, dans une partie de la tête de nos compatriotes. Mais aussi de violences physiques, on ne peut pas nier. D'abord les violences conjugales qui tirent ces violences contre les personnes. 90% d'augmentation, c'est des violences faites aux femmes. Et ça, il ne faut pas le sous-estimer. Elles continuent à augmenter malheureusement.

Et deuxièmement, des violences, des atteintes aux personnes physiques, des homicides ou des violences physiques comme celle-là, souvent au couteau. Et donc il faut que nous réagissions. Et donc c'est pour ça qu'on a continué, on continue à augmenter très fortement les effectifs de police. C'est pour ça qu'on a décidé que dans 6 villes de France, on mettrait à demeure désormais des unités de CRS et de gendarmes mobiles et qu'on fait énormément d'interventions pour lutter contre ces actes de délinquance. Il y a dans le monde occidental en général ces augmentations de violences, en France en particulier. Il faut réagir à cet ensauvagement.

C'est aussi l'objet du texte de loi que je présente au mois d'octobre avec le garde des Sceaux pour améliorer la réponse pénale et améliorer les moyens de la police. Merci Gérald Darmanin. Vous restez avec nous pour continuer à évoquer l'actualité. Il restera un acteur majeur de l'histoire du XXe siècle, dernier dirigeant de l'Union soviétique, père de la paire Estroïka, ardent défenseur du rapprochement Est-Ouest, l'homme de la décennie en 1990 pour le Time, l'année où il a reçu le prix Nobel de la paix.

30:37
Locuteur 6

Je suis très ému et profondément touché par cette décision et ça je ne peux pas le cacher.

30:57
Présentateur

Ce n'est pas pour moi, pas pour moi sur un plan personnel, mais plutôt pour la reconnaissance de l'immense valeur et de la grande cause de la paire Estroïka pour la destinée du monde entier. Bonsoir Bernard Guetta. Bonsoir. Merci d'avoir accepté de nous parler de Michael Gorbatchev, dont on a appris hier la mort à 91 ans. Vous êtes député européen, mais dans une ancienne vie, vous avez été correspondant à Moscou pour le journal Le Monde de 1987 à 1991. Et c'est un poste que vous avez demandé à occuper, en partie à cause de Gorbatchev.

31:31
Bernard Guetta

Oui, parce que j'étais à l'époque correspondant à Washington et je vois un jour tomber une première dépêche qui dit que Gorbatchev s'est rendu à Leningrad. Ça s'appelait toujours Leningrad à l'époque. Il venait tout juste d'être nommé. Et puis son convoi entre dans la ville et puis des cantonnières, parce qu'à l'époque il y avait des cantonnières et pas seulement des cantonniers. Comme ça, comme ça... Alors, première chose, il demande qu'on arrête le convoi. C'est absolument inouï, invraisemblable. Ça n'existait pas. Et il descend, il s'approche de ces femmes et il leur dit « Mais que dois-je faire ? » « Que dois-je faire ? » demande-t-il aux cantonnières.

Et elles lui répondent « Michael Siergevitch, restez près du peuple. » Et il les regarde et il leur dit « Plus près, ça n'est pas possible. » Et là, je lis ça. Et là, je me dis « Bon, mais là, ça s'appelle une rupture. C'est plus la même chose. » Et puis, quelques mois après, il téléphone à Sakharov, qui était en exil intérieur à Gorky, sans téléphone, dans un petit appartement, un studio, avec une armée du KGB qui le surveillait. Et il lui téléphone et il lui dit, je cite, « Rentrez à Moscou, reprendre votre travail pour la patrie. » Et reprendre votre travail pour la patrie, ça ne voulait pas évidemment dire reprendre votre travail de physicien nucléaire.

Il avait 70 ans passés, ce n'était plus l'homme des grandes inventions. Ça voulait dire reprendre votre travail politique de chef de l'opposition. Et donc, Gorbatchev, le secrétaire général du parti, intronisé en Sakharov, un chef de l'opposition, c'est-à-dire le pluralisme.

33:20
Présentateur

Gorbatchev, pour vous, c'est l'un des derniers hommes politiques qui a changé le monde. Gorbatchev a changé le monde. Il a changé ma vie de manière fondamentale. Je ne l'oublierai jamais. C'est ce qu'a déclaré avec beaucoup d'émotion Angela Merkel, qui a grandi en Allemagne de l'Est, en RDA. Elle avait 35 ans lorsque le mur de Berlin est tombé. Mur érigé par Ronecker, que Gorbatchev appelait le dinosaure stalinien.

33:45
Locuteur 3

« Le mur de Berlin, rien n'est éternel sous le soleil. Le mur tombera quand disparaîtront les conditions qui l'ont fait naître. »

33:52
Présentateur

Gorbatchev, c'est celui qui, dans la nuit du chute du mur, n'a pas envoyé les chars soviétiques à Berlin. Il l'a laissé faire.

33:58
Bernard Guetta

Mais, vous savez, c'est même beaucoup plus important que cela. Parce que Gorbatchev arrive au pouvoir, et très très vite, il convoque l'ensemble des dirigeants communistes des pays d'Europe centrale. Pays qu'on appelait à l'époque les démocraties populaires. Et les populations de ces pays ajoutaient immédiatement deux mots, deux mensonges. Ce n'était pas des démocraties et ce n'était pas populaire. Et il leur dit textuellement, les témoignages sont là, il leur dit « Écoutez, maintenant, vous vous débrouillez pour correctement gérer vos pays. Vous vous débrouillez pour devenir populaire. Et si vous restez impopulaire, alors ne comptez plus sur l'armée rouge pour intervenir en votre faveur.

Vous tomberez ». C'est ce qu'il a dit en arrivant. Et le message, eh bien écoutez, il a été respecté parce que Gorbatchev a laissé tomber tous les hommes politiques, tous les dirigeants communistes de cette région du monde qui ne savaient pas se rendre populaire. Mais qui savaient parfaitement se rendre extrêmement impopulaire en revanche.

35:04
Présentateur

En revanche, ce qu'il ne souhaitait pas, c'était le démantèlement de l'URSS, de l'URSS. Il l'expliquait très clairement à Anne Sinclair dans l'émission 7 sur 7, quelques jours seulement avant sa démission forcée.

35:13
Bernard Guetta

Il n'y a qu'un point sur lequel je ne reculerai pas, et tout le monde le sait. Je ne participerai pas à l'éclatement de l'Union. Par contre, je participerai aux réformes.

35:27
Locuteur 6

Il a été dépassé par les événements.

35:28
Bernard Guetta

Mais il a été, bien sûr qu'il a été dépassé par les événements pour une raison très très simple. C'est que quand vous ouvrez après 70 ans de dictature et par longues périodes sous Staline, de terreurs absolues, monstrueuses, sanguinaires, épouvantables, quand vous ouvrez soudain les ports de la liberté, eh bien dans un premier temps, c'est ce qui s'est passé. Les gens n'y croient pas. Ils ne veulent même pas profiter de cette liberté parce qu'ils disent « Ouh là là, si j'y participe, ça va me retomber sur le nez parce que celui-là, il va être viré ou changé de politique immédiat.

» Et puis quand ils voient que ça prend, que réellement ça prend, mais alors là, à ce moment-là, il y a un souffle général dans tout le pays. Et ce souffle général va absolument tout emporter, y compris Gorbatchev. Mais il n'en a pas été surpris. Quand je suis arrivé à Moscou, très vite, j'ai pu rencontrer un de ses principaux conseillers. Et je lui ai dit « Mais écoutez, je ne comprends pas ce que veut Gorbatchev. » Il me répond « Mais monsieur l'État, si vous comprenez parfaitement. » « Ben non, je ne comprends pas. » « Si, vous comprenez, parce que vous avez été correspondant en Pologne. » Et ça, ça voulait dire quelque chose d'extraordinairement clair.

Ça voulait dire « Vous avez vu le communisme en échec. » Et nous voyons le communisme en échec en Union soviétique. Et donc, nous devons changer radicalement les choses. Mais en même temps, Gorbatchev savait... Vous savez, un russe est payé pour le savoir. Savait qu'une révolution, c'est des décennies de chaos, de terreurs, de sang, de massacres. Nous l'avons connu en France. Bon, 89, il a fallu 80 ans ou plus pour que la France se restabilise dans la République. Et donc, Gorbatchev avait cette hantise. Il faut sortir d'un système en faillite. Mais il faut en sortir sans que cela ne tue le pays.

Et donc, il a essayé à la fois, vous savez, d'appuyer sur l'accélérateur, le frein, de régler, etc. Et puis, il y a un moment où tout lui a sauté au nez. Est-ce qu'il faut l'en critiquer ? Moi, je ne crois pas. Je crois au contraire qu'il faut admirer cet homme parce que Mme Merkel dit « il a changé ma vie ». Mais il a changé la vie de toute l'Europe centrale. Et il a changé la vie jusqu'à Poutine pendant 20 ans de tous les soviétiques. De tous les soviétiques. Il a changé la vie du monde entier parce qu'il a mis fin à la guerre froide.

38:03
Présentateur

Oui, les soviétiques, ils ne lui rendent pas grâce du tout.

38:06
Bernard Guetta

Non, les soviétiques ne lui rendent pas grâce du tout. Mais écoutez, d'abord, je voudrais apporter une nuance à ce qu'on entend constamment. Depuis hier soir, partout en France et ailleurs, que les Russes le détestent, etc. Oui, beaucoup de Russes le détestent. Les mêmes Russes qui applaudissent l'invasion de l'Ukraine. Parce que oui, ça existe, les gens qui applaudissent l'invasion de l'Ukraine. Mais il y a toute une autre partie des Russes. Ceux qui sont muselés aujourd'hui. Ceux qui sont muselés par la terreur de ce régime. Qu'ils ne peuvent rien dire. Qu'ils ne haïssent pas du tout Gorbatchev. Et certainement pas la perestroïka et les changements qu'il a introduits.

Alors non, moi je m'inscris complètement en faux.

38:45
Présentateur

Mais il y a quand même un sentiment complètement mélangé. Il est devenu le symbole de la complexité de la relation entre l'Est et l'Ouest. Gorbatchev, c'est quand même le choix. Je ne vous dis pas du tout le contraire. Quand on regarde les réactions aujourd'hui des dirigeants. Donc il y a eu Angela Merkel qui dit il a changé ma vie. Il y a Joe Biden qui parle d'un leader rare. Emmanuel Macron d'un homme de paix. qui a ouvert un chemin de liberté aux Russes et qui a changé notre histoire commune. Poutine il dit la même chose. Il dit il a changé notre histoire.

39:08
Locuteur 4

Sauf qu'on ne sait pas dans les mots de Poutine si c'est en bien.

39:11
Bernard Guetta

Mais vous croyez que Poutine est tellement représentatif de la Russie. Alors ça, ça fait une grande différence entre nous. Moi je ne le crois pas. Je ne le crois pas du tout. Poutine a une base sociale, a une base politique. Oui, c'est absolument vrai. Mais est-ce que c'est toujours 70% ? J'en doute fortement. Est-ce que c'est toujours 50% ? J'en doute fortement. Est-ce que ce sera toujours 15% dans 6 mois ? J'en doute encore plus.

39:34
Locuteur 2

Non mais alors il est adulé par l'Occident Gorbatchev.

39:38
Présentateur

Il est devenu une icône de la pop culture. Donc on l'a vu, homme de l'année pour le Times, homme de la décennie. Populaire au point de faire des apparitions au cinéma. Il y a le chanteur Renaud qui lui rend hommage dans Welcome, Gormy. Il participe même à des publicités. Mais il y a la publicité américaine que je voulais vous montrer qui résume un peu toute la situation. La pizade.

39:56
Bernard Guetta

Mais oui.

39:56
Locuteur 3

Tata Gorbatchev. Pourquoi ? C'est-à-dire qu'on a une non-stabilité politique. Oui, grâce à lui, on a une liberté.

40:15
Locuteur 6

Plein de hausse. Perspective. On a une pizade.

40:33
Bernard Guetta

Vous savez, sur cette publicité, il m'aurait demandé conseil, je lui aurais dit, ne la faites pas. Je regrette qu'il l'ait faite. C'est évident. Mais en même temps, n'oublions pas une chose. À l'époque, il lançait une fondation qui s'appelait Green Cross, c'est-à-dire une organisation internationale chargée d'alerter sur le changement climatique et sur les dangers qui pesaient sur notre planète. C'était à l'époque encore relativement visionnaire. Il n'avait pas un sou pour l'or, c'est ça. Et il a accepté de faire, non pas une publicité, mais deux publicités pour financer le lancement de cette organisation Green Cross.

Alors, encore une fois, je pense qu'il a eu tort de le faire, on le voit bien ce soir. Mais sachons pourquoi il l'a fait.

41:23
Présentateur

Merci beaucoup Bernard Guetta. Je rappelle votre podcast qui est disponible, podcast France Inter consacré à la Russie, autopsie d'un empire.

41:32
Bernard Guetta

Je ne sais pas si on peut autopsier un suicide. Dans ma tête, j'avais d'un suicide. C'est vrai, c'est autopsie d'un empire.

41:40
Présentateur

Vous restez beaucoup de sujets à vous soumettre dans le 5 sur 5 de Mathieu Béliard. Mon Dieu ! Bon, salut Mathieu, jolie cartable. Je sors le texte pour la spéciale rentrée scolaire du 5 sur 5.

41:58
Locuteur 5

Il y a le même pour le ministre ou pas ?

42:00
Présentateur

Attendez, monsieur Darmanin, regardez. Vous le secouez bien fort ? Alors, c'est la classe dans la cour d'école ? Je vois des intéressés. Est-ce que c'est très écologique ? Vous allez un peu loin sur la question. Je ne pense pas, je vaux du plastique. Oui, oui, c'est pour être plastique. Mécaniquement, pas trop, non ? C'est donc une spéciale rentrée des classes que vous nous proposez ce soir Mathieu. Oui, c'est demain. Pour quelques 12 millions d'écoliers, collégiens et lycéens, c'était dès aujourd'hui pour les profs, enfin pour les profs qui ont signé. 4000 postes n'ont pas été pourvus au concours d'enseignants il y a quelques jours lors de sa conférence de presse de rentrée.

Le nouveau ministre de l'Éducation nationale, Pape Ndiaye, s'évolue rassurant.

42:37
Locuteur 3

En dépit des difficultés, nous sommes à ce stade,

42:41
Gérald Darmanin

dans une situation comparable à l'année dernière. Oui, nous avons des difficultés de recrutement, mais nous y faisons face pour la rentrée à venir, tout en préparant des réponses pérennes.

42:56
Présentateur

Pourtant, on parle bien de crise d'attractivité du métier quand ce ne sont pas des enseignants qui jettent l'éponge. Audrey Payas a rencontré Maïlis. Ça aurait dû être sa neuvième rentrée scolaire, mais elle a préféré changer de métier. D'un coup, d'un seul, elle gagne désormais 700 euros de plus par mois.

43:11
Locuteur 8

Je commençais ma neuvième année d'ancienneté et je gagnais moins de 2000 euros par mois. Je gagnais 1900... vers 1900 euros. Quand j'ai commencé, je gagnais 1750 euros. Donc, en 8 ans, j'ai gagné 150 euros de salaire. La vie est chère. Moi, j'ai deux enfants. Clairement, non, ce n'est pas possible.

43:33
Présentateur

Elle gagnait 1900 euros après 8 ans de carrière. Elle vient de signer un CDI pour 2600 euros net. Mais ce n'est pas le salaire le plus important pour Maïlis. Ce qui l'a découragée, ce sont les conditions de travail.

43:43
Locuteur 8

C'est vrai que la classe finit à 16h30. C'est vrai qu'on a beaucoup de vacances, mais c'est comme un iceberg. Ça, c'est la partie émergée de l'iceberg. Et en dessous de la mer, il y a préparer les cours, il y a toutes les réunions, mais il y a aussi gérer le petit élève qui est en situation sociale difficile. Moi, je n'arrivais plus à mettre à distance tout ça et ça me bouffait au quotidien.

44:03
Présentateur

Cette semaine, le ministre de l'Éducation nationale a annoncé 2000 euros net mensuels pour les débuts de carrière désormais pour susciter de nouvelles vocations. C'est aussi une rentrée sous le signe de l'inflation. Et ça démarre à la cantine. C'est la mission des collectivités locales, la cantine, qui voit leurs matières premières et leurs coûts de fonctionnement explosés. Toutes ont fait des choix différents. Il y a celles qui répercutent les hausses sur leur prix, celles qui modifient les menus. On peut enlever un dessert ou une entrée, par exemple. En Ile-de-France, la région a gelé les tarifs pour les lycéens.

On a envoyé Louis Amard et Camille Schmitt dans la commune de Saint-Germain-sur-Morin. C'est en Seine-et-Marne, Saint-Germain-sur-Morin, un peu plus de 3 700 habitants. Écoutez l'adjoint au maire qui nous explique, enfin qui nous rappelle, qu'un budget, ce sont des arbitrages. On a décidé, sous l'impulsion de notre maire, de ne pas sacrifier la qualité du service public, à savoir la qualité des animateurs, la qualité des repas, la qualité des services périscolaires, mais de participer, de demander un effort financier aux utilisateurs, c'est-à-dire les familles Saint-Germinoises. Le fuel a pris 1 600 euros en deux mois.

Le coût des fluides, plus l'énergie, ce n'était pas raisonnable de ne pas augmenter et de se retrouver en juin prochain avec une augmentation déraisonnable. Les parents et les élus locaux le savent bien, c'est technique que cette question des cantines. Pour faire simple, à Saint-Germain-sur-Morin, ça peut aller jusqu'à 35% de hausse pour les familles. Nous sommes allés rencontrer des parents d'élèves. La première qui vous parle inclut les activités périscolaires dans la hausse du budget.

45:27
Locuteur 5

On a calculé quand même, on serait à pratiquement 200 euros d'augmentation par mois. Concrètement, quand on a un repas qui est quasiment à 7 euros pour une petite en CEP, je me dis que si les jours où j'ai des RTT ou des choses comme ça, je vais la garder. Enfin, moi, elle ne me coûte pas 7 euros par midi à la maison.

45:45
Locuteur 4

Malheureusement, on n'a pas trop le choix. C'est-à-dire qu'on n'est pas forcément à côté ou on ne peut pas toujours s'occuper des enfants pour venir les chercher pour le midi.

45:54
Présentateur

Je ne vais pas utiliser le mot « pris en otage », mais on n'a pas vraiment le choix. Il faut subir. Ce qu'on nous prend d'un côté, on ne l'a pas forcément. Donc, il va falloir voir de l'autre côté comment s'arranger. Donc, oui, ça nous inquiète.

46:04
Locuteur 1

Il y a beaucoup de cantines. Aujourd'hui, on est passé à 4 composantes et non 5, ce qui permet de diminuer les coûts. On sait que c'est une obligation, qu'aujourd'hui, les coûts augmentent, mais peut-être faire d'autres calculs autrement pour ne pas pénaliser les familles de cette façon-là.

46:17
Présentateur

Gérald Darmanin, à Tourcoing, on a fait quel choix par rapport au prix de la cantine ? On a fait le choix de maintenir les prix. Donc, on peut manger pour 1 euro à la cantine à Tourcoing. Mais c'est vrai que, pour avoir discuté avec l'équipe municipale, c'est 20% de coûts en plus pour la commune. Mais on observe, nous, la stabilité des prix. 20% qu'il faut prendre ailleurs, du coup, dans les dépenses de la commune. C'est un choix. On a fait le choix de ne pas augmenter le tarif des petits tourquais. La question du pouvoir d'achat qui se pose aussi pour les fournitures scolaires. Bien sûr, et voilà des années qu'on répète que le cartable est trop lourd. Cette fois, il est surtout trop cher.

4,25% d'augmentation en un an, selon l'association Famille de France, l'association de consommateurs qui fixe un coût de rentrée à 208 euros pour un élève de sixième. Parce qu'il ne faut pas croire, il y a les cahiers, les stylos, mais aussi les vêtements, les chaussures, les parents le savent bien. Giovanni entre en cinquième demain. Camille Schmitt et Audrey Payas l'ont suivi pendant ses courses de rentrée avec sa grande sœur.

47:09
Locuteur 8

Regarde, ceux-là, ils sont quand même à 6,35 euros. Après, tu auras moins de budget pour les vêtements. Regarde, ceux-là, ils sont à 2 euros. Ça te va ? Ouais. Ok, parfait, on prend ça. Surligneur, c'est fait. J'ai pris ma calculatrice pour calculer quel lot était le moins cher. On essaie de prendre les trucs pas de marque aussi pour faire baisser la note. Il faut la régliger ? Non, on en a déjà à la maison. Du coup, vous essayez de recycler un maximum ? Oui, parce que chaque année, on achète des lots comme ça. Généralement, il nous reste quand même encore une équerre ou un rapporteur. Et après, sauf que chaque année, on oublie de se dire qu'on en a déjà à la maison.

Autant le garder, ça fait au moins 2 euros d'économiser. On ne sait pas à quoi ça va servir, mais 2 euros plus 2 euros, ça lui fera peut-être un t-shirt. 61,95. C'est un soulagement. Mission accomplie. Mission accomplie. Je pense que là, on va aller acheter les vêtements. Il va pouvoir se faire plaisir.

48:11
Présentateur

Mission accomplie pour Giovanni et sa grande sœur. Et puisqu'on parle de fournitures scolaires, évidemment, j'en ai apporté dans mon cartable New Generation. Qui veut un petit stylo bic ? En même temps, ce serait un petit peu un cadeau empoisonné. Puisqu'il y a l'UFC que choisir, qui affirme que 40% des fournitures que l'association de consommateurs a analysées contiennent des composés nocifs. Stylo bic. 40%. Ils ont analysé 36 produits. Tout ce que vous avez sorti, le cahier, la calculette et les bic. Vous allez voir tout le détail. Stylo bic, plume, feutre, notamment les cartouches de stylo plume aussi, qui contiennent des produits causant des pathologies de l'allergie.

On parle aussi de produits cancérigènes. Vous allez l'entendre. L'UFC qui avait fait la même étude, en fait, il y a 6 ans. Et qui affirme que rien n'a changé depuis.

48:51
Locuteur 2

Si je vous prends cette star des surligneurs, Stabilo Bosse original, il est bourré des pires allergènes qu'on peut trouver sur le marché. On a aussi ce pilote friction, qui lui aussi contient beaucoup trop de substances allergisantes. Alors les stylo bic, tous sont à éviter. On dit sortez les stylo bic des trous. La plupart contiennent des substances cancérigènes. Il vaut peut-être le pire du pire, parce que ce sont des crayons de couleurs que les jeunes enfants mâchouillent, mâchouillent tant qu'ils peuvent. Et lui, il contient un phtalate qui est perturbateur endocrinien, qui est sur la liste européenne des substances les plus dangereuses.

Le but de cette étude, c'est de permettre aux gens, en consultant nos tableaux, d'acheter des fournitures scolaires qui ne posent aucun problème pour la santé de leur enfant.

49:41
Présentateur

L'association appelle au retrait de certains produits, à un étiquetage qui informe les consommateurs, et à une nouvelle réglementation européenne. Mais je vous le concède, ça ne fait pas forcément envie de rentrer à l'école, tout ça, quand on parle pouvoir d'achat et fourniture dangereuse. Je voudrais rassurer nos écoliers qui se préparent à reculons. Ça pourrait être pire. Pour cette rentrée, les élèves chinois reçoivent des stylos espions, autrement toxiques. C'est très, très sérieux. Des stylos qui sont équipés d'une mini-caméra pour saisir les prises de notes et les transmettre directement à leur prof. Ça fait vraiment rêver.

Système de surveillance poussé à l'extrême, jusque dans les trousses et les cartables.

50:16
Bernard Guetta

Si vous permettez à leur prof et aux flics.

50:18
Présentateur

Ah oui, ce n'est pas qu'aux profs, c'est directement. Les enfants ? Aux flics chinois.

50:23
Bernard Guetta

Rassurez-vous.

50:27
Présentateur

Oui, ça ne vous donne pas des idées. Non, non, ça va aller. Cela dit, je mettrais bien une petite caméra dans les stylos. Conseil des ministres, ça doit être assez intéressant les prises de notes. Alors, je ne sais pas si c'est pire, mieux. Aux Etats-Unis, les parents s'inquiètent de la multiplication des fusillades. Les ventes de cartables par balle sont en forte augmentation, vous les voyez. C'est quand même assez glauque que s'imaginer nos enfants avec ces petits cartables colorés, tout mignons, qui s'allument parfois, mais avec quand même un peu de kevlar à l'intérieur, de protection. On se cache derrière le cartable en cas d'exercice ou en cas d'attaque, évidemment, de l'établissement.

Un dernier accessoire pour cette rentrée, Mathieu. Oui, oui, j'en ai dans mon cas, c'est le sac de Mary Poppins, ce cartable. Le journal de Mickey qui fait peau neuve, j'en parle parce que c'est le doyen de la presse jeunesse en France. On a des lecteurs de toutes les générations. Le journal de Mickey a 88 ans. La rédactrice en chef du magazine affirme vouloir décrocher les enfants des écrans. C'est Donald qui est en ligne du Nord des numéros. J'ajoute juste qu'il y a un fac similé, c'est ça qui m'a plu le plus, du tout premier numéro. 30 centimes de franc, le journal de Mickey, 21 octobre 1944. 30 centimes de franc ? Et combien aujourd'hui ? Et aujourd'hui, il est à 2,90. 3,90.

Je vais être précis, 3,90 avec le numéro ancien. Amateur du journal de Mickey, Charles Darmanin. Je te donnerais à Bruno Le Maire. Mais pourquoi Bruno Le Maire ? Parce qu'on a une blague sur Mickey. C'est qui Mickey ? Alors là, effectivement, on a envie de vous garder pour en savoir plus. On veut tout savoir. Ah bah oui, qui est Mickey ? C'est notre vie intime. Merci beaucoup Gérald Darmanin, vous embrasserez Pixun d'Otme. Je le ferai. Merci beaucoup Bernard Guetta, t'as vu ce soir. Il faut toujours offrir à un journal de Mickey un ministre, on ne sait jamais ce qu'il faut en sortir. Il y a des secrets d'Etat qui apparaissent là où ils n'entendent pas.

Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Tout de suite, Jacques Gamblin, André Dussolier, Emma Becker, Le Vu, les actualités de Bertrand, L'œil de Pierre et Sandrine Taroche qui viendra nous chanter l'actu. A tout de suite. Sous-titrage ST' 501