Yasmine BOUAGGA : Maire EELV du 1er arrondissement de Lyon et conseillère métropolitaine
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 78 %Attaque 12 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:20OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça vous fait, en tant qu'élu, face à l'agression de votre collègue ?
- 2:30OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous avez senti une dégradation dans la manière de se parler ou d'échanger ?
- 4:38OuverteRéponse directe
Comment est-ce qu'on fait la part des choses entre vie professionnelle et engagement d'élu ?
- 10:22OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pourriez nous décrire le 1er arrondissement ?
- 12:28OuverteRéponse directe
Quelle a été votre priorité à votre arrivée ?
- 13:46OuverteRéponse directe
Est-ce que l'encadrement des loyers est important dans votre arrondissement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:46Invité politiqueFait
« La violence dans les actes, dans les gestes, comme on l'a vu à travers cette agression. La violence aussi dans les interpellations verbales, dans les insultes, qui sont une menace, en fait, sur la démocratie. »
- 3:28Invité politiqueFait
« Quelque part, quand on en arrive à de tels modes d'expression, c'est qu'on n'a pas réussi à débattre de ces idées dans un cadre démocratique. »
- 4:14Invité politiqueFait
« Cette violence politique qui va faire des élus des cibles d'attaque, elle traduit une maladie de notre fonctionnement démocratique qui se constate aussi dans la désaffection des partis, qui ne sont plus considérés comme des modalités d'engagement dans la vie publique, qui se traduit aussi dans la désaffection des urnes par l'abstention, et qui se traduit aussi par des mouvements de protestation violents. »
- 13:06Invité politiqueFait
« Ce qu'on juge le plus important, c'est la question du logement. Tout le monde reconnaissait qu'il fallait arriver à mettre un frein à cette augmentation très importante des prix de l'immobilier. »
- 13:55Invité politiqueFait
« Cet encadrement des loyers, ça permet de fixer un seuil connu de tous, connu à la fois des propriétaires et des locataires. »
- 15:01Invité politiqueFait
« Un autre levier pour réduire cette augmentation des prix du loyer, c'est la foncière solidaire qui est aussi mise en œuvre au niveau de la métropole qui permet de maintenir dans le giron public la propriété du foncier. »
- 21:34Invité politiqueFait
« La zone à faible émission, la ZFE, c'est un sujet qui suscite avec raison beaucoup d'inquiétude parce que ça va être une transformation des usages. »
- 22:01Invité politiqueFait
« On est quand même dans une situation de pollution au niveau de la ville de Lyon qui n'est pas acceptable sur un plan de santé publique. »
- 22:25Invité politiqueFait
« La dépendance aux combustibles fossiles en soi est une bombe sociale. »
- 26:49Invité politiqueFait
« Le centre d'évaluation pour les mineurs non accompagnés de la métropole de Lyon se trouve dans le premier arrondissement et donc c'est là que viennent ceux qui souhaitent être protégés par l'aide sociale à l'enfance. »
- 27:08Invité politiqueFait
« Les trois quarts ne sont pas reconnus mineurs et n'ont aucune solution de prise en charge et donc ils se retrouvent à la rue ou aidés par des collectifs citoyens solidaires. »
- 29:50Invité politiqueFait
« La métropole de Lyon a mis en place un lieu d'accueil pour ces jeunes non reconnus mineurs qui s'appelle La Station et qui a 50 places et qui n'a plus de places disponibles. »
- 31:22Invité politiqueFait
« c'est un enjeu national »
- 31:40Invité politiqueFait
« il est quasiment impossible s'ils ne sont pas reconnus mineurs pour eux d'avoir un titre de séjour et de pouvoir travailler »
- 32:31Invité politiqueChiffre
« je trouve que la France n'est pas statistiquement un pays d'immigration de masse »
- 32:45Invité politiqueFait
« la France est un pays d'immigration depuis le 19ème siècle »
- 34:50Invité politiqueFait
« on partage l'amour de la France et la volonté de préserver sa beauté »
- 37:48Invité politiquePromesse
« Yannick Jadot est le meilleur candidat pour porter l'écologie politique »
- 37:55Invité politiqueFait
« il y a une imbrication des enjeux écologiques sociaux et d'organisation de la vie démocratique »
- 38:44Invité politiqueFait
« je pense qu'il y a une part de responsabilité dans les médias et le mode de fonctionnement médiatique qui fonctionne beaucoup au clash »
Temps de parole
- Invité politique71 %
- Présentateur25 %
- Présentateur 23 %
≈ 0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Lyon 1ère, l'invité politique du samedi, avec immédiat positif, Frédéric Duval. Bienvenue sur Lyon 1ère, l'émission l'invité politique, le samedi de 11h à midi. On est heureux de vous retrouver, vous le savez, cette émission était d'abord une rencontre avec nos élus, celles et ceux qui s'occupent de votre quotidien, et puis c'est aussi évidemment un entretien, sans a priori ni parti pris, qui laisse le temps de comprendre, d'expliquer, d'échanger avec notre invité. On va découvrir la femme qui se cache derrière la femme politique, parler évidemment des législatives, des enjeux métropolitains, bref, une émission de votre quotidien politique.
Et aujourd'hui, je suis très heureux de recevoir Yasmine Bouaga, bonjour. Bonjour. Vous êtes maire du 1ère arrondissement et conseillère de la métropole de Lyon, alors est-ce qu'on dit Madame le maire ou Madame la maire ?
Madame la maire.
La maire, c'est vrai ?
On féminise les noms de profession et de fonction politique.
D'accord, parce que je me permets de le demander, parce que selon vos collègues, en fait, c'est variable. Il y en a qui préfèrent, donc très bien Madame la maire. Merci d'être avec nous. Alors, vous le savez, dans cette émission, on commence toujours par une question d'actualité, et on ne manque pas de sujet aujourd'hui. Hier, dans des conditions dont on ne connaît pas encore exactement les circonstances, mais vous avez un de vos collègues, le maire du 8ème arrondissement, Olivier Berzane, qui a été agressé, malmené, insulté dans le cadre d'une visite. Au-delà des circonstances et de ces enjeux et de ces questions de sécurité, qu'est-ce que ça vous fait, vous, en tant qu'élu ?
Et comment vous vous sentez solidaire, je suppose, par rapport à cet incident majeur ?
Alors oui, bien sûr, je me sens solidaire. J'espère avant tout qu'Olivier Berzane, maire du 8ème arrondissement, va bien, ainsi que le maire de Lyon, Grégory Doucet. Et la première réaction, c'est celle de constater, déplorer l'augmentation de la violence politique. La violence dans les actes, dans les gestes, comme on l'a vu à travers cette agression. La violence aussi dans les interpellations verbales, dans les insultes, qui sont une menace, en fait, sur la démocratie. Quelque part, quand on en arrive à de tels modes d'expression, c'est qu'on n'a pas réussi à débattre de ces idées dans un cadre démocratique.
Et je pense que ça nous interpelle sur notre mode de fonctionnement collectif qui amène à ces actes inadmissibles.
Inadmissibles parce qu'effectivement, ils sont une attaque à la fois à l'autorité et à la République. Mais vous êtes une jeune élue, entre guillemets, vous n'êtes pas issue de ce monde-là en particulier. On reviendra sur votre engagement et votre parcours. Est-ce que vous, dans le cadre de votre mandat, depuis plus d'un an et demi maintenant, vous avez senti vous-même cette dégradation dans la manière peut-être de se parler, d'échanger ou de l'absence de débat ?
Quand vous faites des réunions publiques, je pense à certains sujets dans votre arrondissement qui ont fait un petit peu polémique, notamment par exemple sur la montée Saint-Sébastien quand il y a eu une mise en circulation un petit peu différente. Comment vous expliquez cette manière de plus en plus difficile ou agressive qu'ont les gens de parler à leurs élus ?
Alors moi, comme je n'ai pas d'expérience politique de long terme, je ne peux pas parler de l'évolution et de la dégradation de ce rapport aux élus. Simplement, ce que je constate, moi, ce que j'ai constaté en devenant élu, c'est la manière dont on n'est plus considéré comme un citoyen ordinaire. Et les gens ont tendance à nous interpeller en oubliant qu'on est avant tout des citoyens qui se sont engagés, qui se sont portés candidats pour contribuer au fonctionnement de la vie publique.
Et c'est cette démarcation que j'ai découverte et qui est particulièrement interpellante, puisque quand on pense à la démocratie, on pense à un système politique dans lequel chacun a droit de citer, a droit de voter pour les personnes qui les représentent, mais aussi a droit de se porter candidat pour soi-même participer à la vie publique. Et donc le principe de la démocratie, c'est de ne pas avoir une dichotomie entre les élus et les citoyens.
Et cette violence politique qui va faire des élus des cibles d'attaque, elle traduit une maladie de notre fonctionnement démocratique qui se constate aussi dans la désaffection des partis, qui ne sont plus considérés comme des modalités d'engagement dans la vie publique, qui se traduit aussi dans la désaffection des urnes par l'abstention, et qui se traduit aussi par des mouvements de protestation violents. Et ça, c'est quelque chose qui nous interpelle et qui montre que ça ne fonctionne pas bien.
Vous avez senti ce changement souvent lorsqu'on devient élu ? Il y a comme un changement de regard à la fois vous-même sur vous-même et puis les gens qui vous regardent peut-être différemment. Est-ce que vous avez réussi depuis le temps à rentrer dans ce costume de l'élu et à apprendre à faire la part des choses justement entre votre vie personnelle citoyenne et votre vie d'élu ?
Moi, ce que je constate, c'est qu'on est comme élu, on est solidaire de décisions qui ne nous appartiennent pas forcément. Ça ne veut pas dire qu'on est en désaccord avec, mais ça veut dire qu'on n'est pas soi-même l'auteur de cette décision. Donc moi, comme maire d'arrondissement, je suis solidaire des décisions qui sont prises au niveau de la ville, de la métropole, mais ça veut dire aussi que je peux être interpellée sur des décisions que je n'ai pas prises, que je suis censée pouvoir expliquer, alors que ce n'est pas moi qui suis à l'origine de ces décisions-là. Donc c'est ça qui change en fait le rapport quotidien.
Ça peut être par exemple sur l'évolution de réglementation ou d'application de la réglementation qui est appliquée par la ville par exemple à un commerçant et qu'on va me reprocher à moi. Bon, moi je suis solidaire de cette décision qui est légale, faite dans un cadre légitime, mais je n'en suis pas pour autant à l'origine.
C'est parfois un peu déstabilisant, où ce n'est pas forcément facile, on se trouve peut-être un peu en porte-à-faux, d'autant qu'être maire d'arrondissement, c'est une charge, mais c'est vrai aussi que par rapport à des mairies de ce qu'on appelle de plein exercice ou par rapport au pouvoir de la mairie de Lyon, les pouvoirs ne sont pas forcément les mêmes, ni financiers, ni en termes de ressources, etc. Est-ce que parfois vous avez comme une sorte de frustration dans votre quotidien de ne pas pouvoir faire exactement ce à quoi vous croyez ou ce pour quoi vous avez été élue ?
Alors oui, c'est sûr que la position de maire d'arrondissement, elle est frustrante dans la mesure où, comme on n'est pas une mairie de plein exercice, on n'a pas les pouvoirs de décider de politique publique soi-même. En revanche, c'est un maillon extrêmement intéressant parce qu'on est très en lien avec les habitants, avec le terrain, avec les personnes qui habitent l'arrondissement, qui travaillent, les commerçants. Et ce lien au terrain, il apporte un regard qui est extrêmement riche et qui permet aussi de travailler les politiques publiques d'une manière très concrète et qui, moi, m'intéresse beaucoup.
Donc, oui, il peut y avoir des frustrations, mais il y a aussi beaucoup de satisfaction et c'est davantage ce que j'en retiens.
Pour l'instant, c'est ce qui domine. Alors, on sait que votre parcours est assez riche et assez étonnant. Vous venez du monde associatif, on l'évoquait. Qu'est-ce que c'est pour vous que l'engagement et comment est-ce qu'on se retrouve un jour au-delà des circonstances politiques, comme ça, maire d'arrondissement, comment est-ce qu'on passe de l'autre côté à aller chercher l'onction du suffrage universel pour s'engager vraiment d'un point de vue politique, ce que vous étiez déjà. Mais comment est-ce qu'on passe de l'autre côté ? Qu'est-ce qui vous a motivé dans vos engagements pour devenir maire ?
Alors, c'est vraiment le moment où je me suis dit que ce n'est pas possible de répéter qu'il est urgent d'agir pour le climat sans véritablement se donner les moyens d'agir. Et même si c'est un échelon modeste, celui d'une mairie d'arrondissement, c'est un échelon qui est important, qui est celui de la territorialisation des politiques publiques, de la transition écologique. Et c'est ce qui a fait que j'ai décidé de m'engager, même si initialement, je m'engageais sur une liste, dans une équipe, et non pas à chercher moi-même à incarner la représentation comme maire d'arrondissement.
Non, je ne l'ai pas rêvé, mais j'en suis très contente, je m'en sens obligée, et je suis à un poste qui, moi, m'intéresse beaucoup, et j'ai découvert ce rôle de représentation, mais l'engagement politique, c'est avant tout celui d'une équipe et d'un collectif. Et sans ce collectif-là, je n'aurais pas fait le pas de m'engager.
Alors, vous étiez engagée dans la vie associative, pour le climat, on reviendra sur tous ces sujets. Vous êtes aussi quelqu'un, une femme qui travaillait, parce que peut-être que les gens d'un gouvernement, et vous êtes chargée de recherche en sciences sociales, et vous êtes toujours en activité. Est-ce que le fait d'avoir comme ça cette activité professionnelle, entre guillemets, est un moment utile pour vous ? Ça vous permet de trouver un équilibre ? Comment est-ce qu'on fait la part des choses entre sa vie professionnelle et son engagement d'élu ?
Alors, c'est difficile, pour des raisons d'emploi du temps, parce que c'est difficile de partager son cerveau entre de multiples tâches. Néanmoins, c'est très intéressant et enrichissant aussi de pouvoir faire un pas de côté, surtout dans une activité de recherche et d'enseignement qui décale par rapport au quotidien de la mairie, et qui permet aussi de réfléchir plus largement à des enjeux. Alors, en sciences sociales, moi, je travaille sur les politiques pénales et sur les politiques migratoires.
Ce sont des enjeux qu'on retrouve aussi dans le quotidien politique, mais l'activité de recherche et d'enseignement amène à prendre du recul et à réfléchir plus globalement avec des comparaisons internationales et aussi une réflexion sur le temps long de l'histoire qui aussi enrichit le sens politique qu'on peut avoir sur une situation.
On ne peut pas vous découper en tranches et l'un nourrit l'autre quelque part, surtout sur les sujets que vous évoquez, qu'on évoquera dans quelques instants dans la suite de cet émission et on reviendra sur les spécificités de votre arrondissement. A tout à l'heure. L'émissue Corba et Vernaison Lyon 1ère 90.2 vous accompagne toute la journée. Lyon 1ère, l'invité politique du samedi avec immédiat positif Frédéric Duval. On se retrouve pour cette seconde partie de l'émission l'invité politique sur Lyon 1ère le samedi de 11h à midi, toujours avec Yasmine Bouaga, la maire du premier arrondissement.
Madame Lamay, on parlait juste avant la pause de votre engagement, de votre parcours et de la manière dont vous êtes arrivés dans ce premier arrondissement. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, est-ce que vous pourriez nous raconter, nous décrire cet arrondissement si symbolique à Lyon ?
Le premier arrondissement, c'est un centre historique qui s'étend de la presqu'île au niveau du sud de la place des Théros, l'église Saint-Nizier, jusqu'au boulevard de la Croix-Rousse, qui englobe ce sonore de la presqu'île et les pentes de la Croix-Rousse. Et c'est un arrondissement qui est marqué par une topographie particulière et une histoire très forte, l'histoire des canuts et aussi l'histoire sociale de ces canuts, des premières coopératives ouvrières et des mouvements sociaux, des mobilisations qui ont continué tout au long de l'histoire du XIXe, du XXe siècle.
C'est aussi un arrondissement qui est marqué par l'histoire des migrations des ouvriers italiens et puis d'Afrique du Nord et qui a été historiquement une terre d'accueil dans la ville de Lyon. Parce que c'était un arrondissement populaire et qui, depuis une vingtaine, une trentaine d'années, s'est très fortement gentrifié, embourgeoisé, puisqu'on a redécouvert le patrimoine de ces immeubles canuts. On les a restaurés, on les a mis en valeur, mais aussi on les a rendus plus attractifs pour l'investissement immobilier.
Ce qui a beaucoup changé la physionomie du quartier avec des très fortes résistances aussi contre ces changements-là qui sont une transformation qui affecte justement ce tissu social qui est très marqué par des solidarités, mais aussi une créativité très forte. C'est aussi un arrondissement d'artistes.
Oui, c'est bohème, c'est symbolique, c'est vraiment un arrondissement en particulier, très touristique aussi, ce qui crée, on le verra certainement, des questions par rapport à ces hébergements de tourisme. Alors, quelle a été votre priorité ? Vous avez succédé à une élue, une maire qui était emblématique dans ce premier arrondissement, Nathalie Perrin-Gilbert, etc., qui est aujourd'hui adjointe à la culture. Quelle a été votre priorité quand vous êtes arrivée au sein de ce collectif, de l'équipe ? Et vous vous dites, voilà, maintenant, pour moi, j'ai envie de quoi pour cet arrondissement ? C'était quoi votre priorité ?
Alors, pour le premier arrondissement, on avait un certain nombre de projets qu'on souhaitait mettre en œuvre. Alors, quand on dit priorité, il y a ce qu'on juge le plus important et il y a ce qu'on peut faire en premier en termes de réalisation. Ce qu'on juge le plus important, c'est la question du logement. Tout le monde reconnaissait qu'il fallait arriver à mettre un frein à cette augmentation très importante des prix de l'immobilier, mais ce n'est pas un levier qui est entre les mains de l'arrondissement. C'est un levier qui est principalement au niveau de la métropole.
Et donc, ça implique un travail partenarial avec la métropole pour trouver des moyens de freiner cette augmentation des prix de l'immobilier et permettre aux gens qui le souhaitent de vivre ou de rester vivre dans le premier arrondissement.
Il y a à la fois le prix du foncier des propriétaires, mais il y a aussi, effectivement, et certains élus sont venus en parler à ce micro, la question de l'encadrement des loyers. Tout à fait. Est-ce que dans votre arrondissement, c'est important ? Est-ce que vous étiez, évidemment, pour et favorable ? Et qu'est-ce que ça permet, selon vous, cet encadrement des loyers ?
Alors, cet encadrement des loyers, ça permet de fixer un seuil connu de tous, connu à la fois des propriétaires et des locataires. Donc, ça ne va pas avoir d'effet magique, mais ça va avoir un effet au moins de diffusion de la connaissance de caler ce niveau acceptable de loyer de manière à essayer de faire rapprocher les loyers pratiqués de ce qui est fixé par cet encadrement. Et donc, ça va être un travail quand même de moyen terme d'arriver à ce que les locataires puissent faire valoir leurs droits et que les propriétaires entendent aussi quel est le niveau de loyer raisonnable à appliquer.
Un autre levier pour réduire cette augmentation des prix du loyer, c'est la foncière solidaire qui est aussi mise en œuvre au niveau de la métropole qui permet de maintenir dans le giron public la propriété du foncier. Donc, d'éviter cette spéculation qui fait un effet d'emballement à la fois sur les prix à la vente et les prix à l'allocation.
Un autre levier, c'est celui du contrôle des meublés touristiques puisque vous avez dit le premier arrondissement est un arrondissement de tourisme qui est intéressant à visiter et c'est devenu un investissement attractif que d'acheter un appartement familial et de le démembrer pour faire des petits studios Airbnb ou d'autres plateformes de meubles touristiques. Et nous, on veut mettre un frein à ça, enfin, mettre un stop, mettre un coup d'arrêt à ces pratiques-là de découpe et d'hémorragie, en fait, du logement d'habitation vers du meublé touristique.
Donc, on se dote de moyens d'encadrement au niveau ville et métropole et l'arrondissement, là, a une fonction un peu de lobbyiste pour essayer de faire valoir... La loi, c'est d'aiguiller, de pousser... Oui, de pousser vers la réglementation la plus stricte possible. Et là où on a vraiment pu peser, c'est sur la révision du plan local d'urbanisme pour mettre en place un seuil de secteur de mixité sociale, c'est-à-dire un quota de logements sociaux obligatoires dans les nouvelles constructions dès une surface très basse. En fait, le seuil de surface à partir duquel la construction de logements sociaux est obligatoire était à 900 mètres carrés.
Or, dans le premier arrondissement, du fait de la densité, les constructions n'ont pas cette taille-là ou s'efforcent d'être en dessous du seuil. Donc, on l'a fait baisser à 500 mètres carrés en faisant valoir que c'était important sur le premier arrondissement de faire cette différenciation qu'elle ne s'applique pas nécessairement à tout Lyon et que c'était important pour le premier arrondissement d'avoir cette exigence-là. C'est-à-dire que, comme c'est très dense, on veut que tout ce qui est construit serve au logement social, serve à du logement abordable vraiment pour loger les gens et non pas pour faire de l'investissement spéculatif.
Ça, c'était effectivement un enjeu essentiel, important, mais qui demande un peu plus de temps et c'est du temps long. Et dans les priorités, peut-être plus symboliques de votre début de mandat, quels ont été les sujets que vous avez souhaité aborder ?
Et alors, on a voulu aussi marquer symboliquement, pas même pas symboliquement, marquer en pratique, véritablement, concrètement, notre engagement sur la transition écologique au niveau des mobilités et de la nature en ville. L'idée qu'il faut adapter, en fait, la ville au changement climatique, à la fois en atténuant notre impact climatique au niveau des mobilités et en adaptant la ville pour se prémunir, en fait, des effets des fortes canicules.
Et donc, ça a été une action immédiate que de travailler sur la piétonisation, l'apaisement des circulations en travaillant en concertation avec les habitants sur quelles étaient les zones sur lesquelles on pouvait réduire la place de la voiture et travailler avec eux aussi pour voir par quoi l'espace libéré pouvait être remplacé. Et on a eu une proposition convergente, c'est-à-dire que nous, on souhaitait végétaliser, mais d'emblée, les réponses qu'on a eues lorsqu'on a fait des questionnaires, des concertations avec les habitants, c'était une demande de davantage de végétalisation.
Et donc, on a mis en place plusieurs projets comme au niveau de la rue des Capucins qui est déjà partiellement réalisé avec à la fois un changement de sens, un changement de la circulation qui fait une boucle qui empêche la circulation de transit pour ne maintenir qu'une circulation de desserte. et c'est cette approche qu'on a aussi appliquée sur la montée Saint-Sébastien.
Oui, parce que j'allais dire que c'est un sujet qui a fait pour le coup un petit peu polémique. Alors, est-ce qu'il a été mal raconté, mal compris ? Parce qu'on parle beaucoup souvent de concertation et en même temps, ça n'a pas empêché un certain nombre de personnes de se dire qu'on ne peut plus accéder au plateau, qu'on ne peut plus rouler en ville. Comment est-ce qu'on verse ces essais ?
La concertation, ça ne signifie pas qu'on obtient l'unanimité. La concertation, ça signifie qu'on prend le temps d'écouter et d'expliquer. Et par exemple, sur la montée Saint-Sébastien, on a fait quatre réunions publiques et la première, on est arrivé avec des scénarios qui montraient les études faites par les services et les différentes contraintes. On a entendu, on a présenté le scénario qui était privilégié du fait des contraintes techniques. On a entendu les retours des habitants sur des craintes, notamment d'avoir trop de surfréquentation de certaines rues si on faisait un scénario tête-bêche par une des rues.
Et donc, on a affiné le scénario qu'on a présenté lors d'une seconde réunion publique. Et ensuite, on a fait encore d'autres réunions publiques pour présenter comment allaient se dérouler les travaux, écouter les craintes, etc. Et donc, la concertation ne signifie pas qu'on obtient l'unanimité. On sait bien que, de toute façon, il y aura des mécontents, mais on sait aussi que beaucoup des mécontentements sont en fait des craintes, c'est-à-dire des inquiétudes en anticipation. Et donc, notre approche, c'est aussi d'arriver à expérimenter des aménagements urbains, c'est-à-dire que là, l'aménagement n'est pas définitif, et de prendre le temps de regarder à l'usage, quel est l'usage effectif.
Comment ça se passe depuis que ça a été mis en place ? C'est apaisé ? C'est comme vous le souhaitiez, a priori ?
Ah oui, ça se passe très bien et les personnes qui l'utilisent sont très contentes, notamment la montée Saint-Sébastien. Il y avait beaucoup de véhicules. Alors, ces véhicules sont contraints à faire un détour qui est important, qui est d'une dizaine, quinzaine de minutes suivant la circulation. Mais, il y a une fréquentation encore plus importante de piétons sur cette montée Saint-Sébastien, qui sont moins visibles parce qu'ils prennent moins de place que les voitures. Et ces piétons sont ravis d'être moins en danger avec un espace de circulation qui est plus important, qui reste temporaire puisqu'on n'a pas encore refait les trottoirs.
Les trottoirs ne sont pas élargis, pas encore, mais la circulation piétonne est beaucoup plus sûre et donc, on a des bons retours quand on va sur le terrain.
D'accord. Alors, parmi ces sujets liés à la mobilité, à la circulation, à la transition écologique, il y en a un qui dépasse le premier arrondissement mais qui, je suppose, va s'appliquer aussi chez vous et qui demeure, me semble-t-il, assez méconnue par les habitants. C'est la question à venir des ZFE, ces fameuses zones à faible émission. Est-ce que vous pourriez nous expliquer un petit peu comment ça marche et quel est l'intérêt, l'idée, parce que ce dont les gens ont peur, justement, c'est de se dire peut-être qu'avec notre voiture, on ne pourra plus de toute façon rouler en ville, rentrer en ville et comment on va faire concrètement ?
Alors, la zone à faible émission, la ZFE, c'est un sujet qui suscite avec raison beaucoup d'inquiétude parce que ça va être une transformation des usages. C'est une obligation, alors déjà, il faut poser que c'est une obligation. La ZFE, c'est une décision au niveau national et en plus qui s'inscrit dans un cadre européen sur la qualité de l'air qui impose, en fait, au pouvoir public d'assurer un air respirable à leurs habitants. On est quand même dans une situation de pollution au niveau de la ville de Lyon qui n'est pas acceptable sur un plan de santé publique.
On expose les habitants et en particulier les habitants des quartiers populaires à proximité des voies de grande circulation, on les expose à des taux de pollution qui ne sont pas acceptables, qui entraînent des maladies graves et des dizaines de milliers d'essais par an. Donc ça, c'est le cadre dans lequel cette ZFE est mise en place. Le choix qui a été fait au niveau de la métropole de Lyon, c'est de procéder à une large concertation sur les modalités de la mise en place de cette ZFE et en particulier quel type d'accompagnement allait être adopté pour permettre aux personnes de changer soit leur type de mobilité, soit le véhicule qu'ils vont utiliser.
L'objectif n'est pas que tout le monde change la flotte de véhicules. L'objectif, c'est bien d'obtenir autant que possible un report de mode de circulation pour que les personnes qui le peuvent utilisent des transports en commun, le vélo ou la marche à pied. Ou changent
de véhicule. Mais ce n'est pas toujours facile ?
Non, mais l'idée, ce n'est pas que tout le monde
change de véhicule.
L'idée, c'est que la plupart des déplacements sur la métropole de Lyon se font pour des distances qui sont moins de 5 km. et 5 km peut se faire autrement qu'en voiture si on n'a pas de lourdes charges à transporter, par exemple.
Ce que disent parfois certains de vos collègues et amis, y compris à gauche, c'est que oui, la transition écologique, certes, mais elle ne doit pas être antisociale. C'est souvent un peu ce qu'on oppose. On se dit, oui, ça va encore concerner les zones un peu défavorisées, les couches populaires. Comment est-ce qu'on arrive à gérer cette transition ? Qui peut bien dire ce que ça veut dire ? Mais ça ne va pas être facile dans les usages, dans les moyens et que du jour au lendemain, on n'aura pas forcément la ligne de tramway, de métro. On pourrait reparler du téléphérique, du métro, etc.
Mais là, concrètement, c'est plus dans la période de l'entre-deux où on se dit que ça va être très dur à vivre, peut-être. C'est ça qui fait peur.
Oui, alors il y a plusieurs choses qui sont dures à vivre. Il y a effectivement ce que vous dites et tout à fait juste et c'est pour ça qu'on a décidé de faire une concertation pour décider des modalités d'accompagnement. Vous avez raison de dire que les personnes qui ont les véhicules les plus anciens et les moins avec les vignettes critères avec les chiffres les plus élevés ou hors critères sont les personnes les plus modestes. Les personnes qui sont aussi dépendantes de la voiture peuvent être des personnes modestes qui se sont éloignées des centres à cause du problème du logement.
Et c'est pour ça que moi je vous disais aussi notre première préoccupation c'était le logement parce qu'il y a aussi un éloignement contraint qui est un problème social en soi qui est un problème social parce que ça rend les gens très dépendants de dépenses énergétiques qui pèsent de plus en plus sur les ménages. Et c'est pour ça que je vous disais que ce n'est pas le seul problème social la ZFE. Le premier problème social en réalité c'est la dépendance aux combustibles fossiles. Cette dépendance qu'on voit dans les passoires énergétiques pour se chauffer et cette dépendance qu'on voit aussi dans l'usage de la voiture de nos voitures diesel ou une vieille voiture essence.
Et on voit avec l'augmentation des prix du carburant que c'est une charge qui pèse qui pèse de façon disproportionnée sur les ménages les plus modestes et qui est une véritable bombe sociale aussi.
D'accord. Donc vous pensez que ça va se faire dans des délais raisonnables et dans les meilleures manières possibles en tout cas ?
Je pense que ça ne va pas être facile mais je pense que c'est nécessaire d'accompagner parce que la dépendance aux combustibles fossiles en soi est une bombe sociale. Donc pour des enjeux à la fois écologiques et sociaux il faut accompagner les personnes à moins de dépendance à ces combustibles fossiles.
C'était très clair. On parlera d'autres sujets dans la troisième partie de notre émission. A tout de suite. Vous écoutez Lyon 1ère 90.2 Lyon 1ère L'invité politique du samedi avec immédiat positif Frédéric Duval On se retrouve pour la troisième partie de notre émission L'invité politique de 11h à midi sur Lyon 1ère toujours avec Yasmine Bouaga maire du premier arrondissement conseillère de la métropole. On parlait juste avant la pause des sujets importants qui concernent votre arrondissement.
Il y en a un qu'on n'a pas eu le temps d'évoquer et je crois que c'est le moment parce que c'est aussi un sujet qui vous tient à cœur et puis les habitants de votre arrondissement savent de quoi il s'agit c'est la présence dans les pentes parfois notamment de populations de jeunes qui sont un petit peu peut-être en errance de ces jeunes migrants. Vous parlez de l'arrondissement comme un arrondissement qui a toujours été une terre d'accueil de migration un carrefour Qu'est-ce qu'il en est aujourd'hui de ce sujet et pourquoi est-ce que vous êtes confronté à peut-être cette difficulté à gérer ces populations un peu particulières ?
Alors le premier arrondissement c'est une terre d'accueil c'est une terre solidaire aussi où il y a beaucoup d'associations et de collectifs de solidarité.
Là pour la question des jeunes en migration il se trouve qu'aussi le centre d'évaluation pour les mineurs non accompagnés de la métropole de Lyon se trouve dans le premier arrondissement et donc c'est là que viennent ceux qui souhaitent être protégés par l'aide sociale à l'enfance dont certains sont reconnus mineurs et pris en charge ensuite dans des foyers et une majorité d'entre eux à vrai dire les trois quarts ne sont pas reconnus mineurs et n'ont aucune solution de prise en charge et donc ils se retrouvent à la rue ou aidés par des collectifs citoyens solidaires donc ça prend la forme de campements dans lesquels des associations ou des riverains viennent apporter des tentes des couvertures de l'alimentation ou des occupations de logements vacants comme il y a dans le premier et dans le quatrième arrondissement pour permettre de mettre à l'abri ces jeunes.
Donc pour vous c'est un sujet normal est-ce que vous l'appréhendez est-ce que vous le traitez est-ce que vous comprenez que ce ne soit pas forcément toujours simple est-ce que c'est bien que ces collectifs interviennent à cet endroit-là est-ce qu'il y a peut-être une politique plus large à mettre en place pour les accueillir autrement les aider est-ce que ça va perdurer ou c'est pas une solution forcément ?
Ah ben c'est une situation qui est critique qui nous interpelle beaucoup puisque la situation relève là du bricolage citoyen qui n'est pas toujours satisfaisant pour les conditions de vie d'hygiène etc pour les personnes qui voilà être sur un campement ce n'est pas du tout une condition satisfaisante on est exposé au froid à la pluie et pour les bénévoles c'est aussi une charge de travail qui est épuisante pour les riverains il y a beaucoup de parents d'élèves par exemple de l'école voisine qui après être allé déposer leur enfant à l'école vont distribuer des petits déjeuners et c'est en fait une charge très lourde qu'ils font avec une grande générosité et qui nous comme élus nous renvoie à l'incapacité des pouvoirs publics à organiser correctement l'accueil de ces personnes et l'hébergement qui est préjus par la loi l'hébergement de toute personne en situation de détresse alors là ça excède les pouvoirs d'une mairie d'arrondissement normalement l'hébergement des personnes en situation de détresse relève de l'état des politiques d'hébergement d'urgence mais comme je l'indiquais la difficulté pour ces jeunes c'est qu'ils ne sont pas reconnus mineurs et ils se déclarent mineurs et donc ils sont dans un entre-deux où s'ils se déclarent mineurs ils devraient relever de la métropole mais comme ils ne sont pas reconnus tels ils devraient relever de l'état on est dans un entre-deux on est dans un entre-deux que tout le monde a bien repéré et pour lequel la ville et la métropole ont essayé de mettre en place des palliatifs qui sont insuffisants mais qui existent néanmoins et qui sont aussi très intéressants en termes d'innovation au niveau de la métropole de Lyon la métropole de Lyon a mis en place un lieu d'accueil pour ces jeunes non reconnus mineurs qui s'appelle La Station et qui a 50 places et qui n'a plus de places disponibles donc c'est pour ça qu'on a encore ces jeunes à la rue et la ville de Lyon a aussi mis en place des solutions d'hébergement qui ont pu bénéficier donc 37 places qui ont pu bénéficier à plus de 76 jeunes qui y sont passés avant d'être pris en charge ailleurs donc il y a des solutions qui sont mises en place par les pouvoirs publics mais qui sont en nombre insuffisant et qui n'arrivent pas à répondre immédiatement aussi à l'urgence des besoins
Ce qui prouve aussi qu'il y a derrière certainement des enjeux et des questions de société et c'est peut-être aussi normalement puisqu'on va parler un petit peu de l'élection présidentielle qui approche ça devrait être normalement peut-être à cet endroit qu'on traite ces grandes questions avec un paradoxe je ne sais pas ce que vous en pensez mais effectivement on a l'impression que depuis un moment le débat autour des questions migratoires ou des questions de sécurité prédomine alors que quand on interroge les français et peut-être que vos habitants d'ailleurs le disent de cette manière on est davantage sur les questions de pouvoir d'achat peut-être d'environnement peut-être d'emploi comment vous vivez-vous cette campagne présidentielle en tant qu'élu de terrain est-ce que vous avez l'impression qu'on parle des vrais sujets est-ce que les gens commencent à vous en parler est-ce que ça vous concerne directement cette campagne ou pas encore vraiment
alors j'ai deux réponses à cette question pour revenir sur la question des jeunes en migration effectivement c'est un enjeu national et si si on a tant de mal au niveau local à trouver des réponses satisfaisantes c'est parce que c'est bloqué au niveau national si par exemple on a tant de difficultés avec la situation de ces jeunes c'est parce que il est quasiment impossible s'ils ne sont pas reconnus mineurs pour eux d'avoir un titre de séjour et de pouvoir travailler alors qu'ils n'aspirent qu'à travailler et donc c'est aussi parce qu'on a quelque chose de totalement bloqué au niveau de l'accès au travail pour des personnes en migration alors qu'elles pourraient tout à fait être très utiles dans plein de secteurs dans lesquels lorsqu'elles ont une opportunité on voit à la fois leur investissement très fort les efforts et leurs contributions majeures et c'est parce que c'est bloqué à ce niveau-là que la préfecture et l'état ne veulent pas délivrer de titres de séjour de travail qu'on se retrouve dans des situations localement aussi dramatiques donc oui il y a un problème au niveau national et qui est d'autant plus problématique que c'est extrêmement politisé et ça en devient un symbole on le voit avec la montée de l'extrême droite sur la manière dont la migration pourrait menacer l'identité de la France je trouve que la France n'est pas statistiquement un pays d'immigration de masse c'est pas vrai en fait si on fait des comparaisons internationales il n'y a pas d'immigration de masse en France c'est faux en revanche la France a une histoire de migration très ancienne la France est un pays d'immigration depuis le 19ème siècle ce qui n'est pas le cas des voisins européens qui ont fait leur révolution industrielle par l'exode rural tandis que l'exode rural en France a été très tardif on a maintenu une population paysanne très longtemps et donc voilà ça fait partie de notre identité française la migration mais on n'est pas dans une situation où il y aurait une submersion par des migrants qui serait récente et c'est l'impression que donne l'extrême droite qui infuse en fait malheureusement assez largement dans la vie politique française et qui distord en fait les représentations de l'identité du pays des représentations de la réalité et aussi les représentations des enjeux au point que par exemple dans le discours d'Éric Zemmour on a l'impression
Vous allez y venir puisque vous avez fait un peu de l'actualité en répondant dans un tweet à Éric Zemmour sur la question des parrainages vous lui avez réexpliqué quoi à Éric Zemmour ?
C'était une réponse très sincère c'est-à-dire qu'Éric Zemmour je pense qu'il est sincèrement préoccupé par la préservation de l'identité de la France mais il se trompe de combat en pensant que ce qui menace l'identité de la France c'est l'immigration ce qui menace l'identité de la France et l'effondrement de la biodiversité et ça c'est pas un discours d'écologie ce que de dire ça c'est un discours de constat de qu'est-ce qui concrètement détruit des villes en France on voit l'effet des inondations extrêmement violentes dans la vallée de la Roya l'effet de l'érosion du littoral sur la côte atlantique c'est l'effet de la montée des eaux qui menace la ville de Dunkerque par exemple donc très concrètement ce qui nous menace c'est le réchauffement climatique
le combat il est ailleurs
et très concrètement ce qui menace nos campagnes c'est l'effondrement de la biodiversité qui menace la subsistance des modes de vie agricole qui menace les paysages la faune et la flore et donc ça c'est je lui ai fait une réponse pour lui expliquer très sincèrement qu'on partage l'amour de la France et la volonté de préserver sa beauté et les conditions d'habitabilité et que ce n'est pas l'immigration qui est en cause c'est véritablement la crise écologique
il ne vous a pas répondu du coup encore
non mais peut-être qu'il le fera
ça reviendra peut-être alors on l'a compris vous êtes écologiste vous soutenez évidemment votre candidat Yannick Jadot je crois qu'il était à Lyon il y a quelques jours samedi dernier dans votre arrondissement c'est vous qui vous occupiez d'animer d'ailleurs ce débat avec Eric Piolle le maire de Grenoble qu'est-ce que vous pensez
alors il était au H7 c'était dans le deuxième
mais si vous étiez évidemment à cet événement est-ce que pour vous Yannick Jadot est un bon candidat on rappelle qu'il a été issu d'une primaire différente d'ailleurs de la primaire populaire une primaire peut-être plus citoyenne est-ce que vous trouvez d'abord que le processus de désignation a été efficace intéressant et utile pour les Verts
alors c'était pas les Verts c'était vraiment une primaire écologiste qui était une primaire ouverte ouverte à toutes et tous sans condition d'adhésion à un parti donc à la différence de la primaire de la droite et qui était ouverte sur la base sur une base programmatique accessible à toutes et tous claire qui est assez largement partagée avec la base programmatique de la primaire populaire puisque les écologistes y ont contribué donc il y a un socle le socle commun de la primaire populaire est assez proche du fait du socle de la primaire écologiste mais la différence c'est que la primaire écologiste s'est faite sur la base de candidatures déclarées et d'un débat qui a eu lieu publiquement entre les candidats et je pense que c'est ce qui a manqué à la primaire populaire malheureusement qui était un processus qui au départ était extrêmement intéressant et enthousiasmant mais qui à mon sens a eu lieu trop tardivement et avec aussi une dérive qui est que les candidats favoris n'étaient pas candidats à cette élection ce qui a amené en fait ce qui a amené la primaire populaire à devenir une espèce de jeu anti-parti ce qui à mon sens est très néfaste pour la vie politique les partis sont utiles je ne dirais pas forcément anti-démocratiques mais les partis politiques sont utiles à la vie politique c'est un collectif dans lequel se fait un débat démocratique et ça c'est important la vie politique ce ne sont pas des personnes isolées en fait
Alors Yannick Jadot est votre candidat on a compris que la transition écologique l'enjeu écologique était fondamental j'ai l'impression que c'est partagé par beaucoup de français en même temps si on regarde ce qui se passe à gauche dans cet éparpillement Yannick Jadot a du mal ce ne sont que des sondages mais à tirer vraiment son avantage comment vous expliquez cette espèce de stagnation en l'état et que personne n'arrive à se détacher est-ce qu'il faut être forcément d'ailleurs écologiste pour s'intéresser
Alors vous avez plusieurs questions dans une question donc déjà moi je pense que Yannick Jadot est le meilleur candidat pour porter l'écologie politique puisqu'il porte cette vision qu'il y a une imbrication des enjeux écologiques sociaux et d'organisation de la vie démocratique on ne peut pas dissocier la justice sociale de la transition écologique et c'est ça que porte l'écologie politique on ne peut pas dire qu'on est écologiste si on se contente de trier ses déchets par exemple c'est souvent l'exemple qui est donné et l'écologie politique est une vision systémique de la société et de son organisation et de comment est-ce qu'on organise la répartition du pouvoir des richesses dans un monde fini dans les limites planétaires et donc ça veut dire qu'on ne peut pas uniquement compter sur la croissance par exemple pour réorganiser la répartition des richesses
pourquoi ça ne prend pas encore aujourd'hui et qu'est-ce qu'il manque pour qu'il arrive à avancer selon vous ?
je pense qu'il y a une part de responsabilité dans les médias et le mode de fonctionnement médiatique qui fonctionne beaucoup au clash et aux petites phrases or pour nous les enjeux ne sont pas dans des enjeux de personnalité ou de clash nous écologistes on essaye d'expliquer l'imbrication des différents enjeux c'est parfois peut-être un peu technique et intellectuel et ça n'est peut-être pas assez de paillettes pour que ça brille dans les médias mais je pense qu'on fait un travail de fond qui est absolument fondamental et je pense que ce qu'on fait sur les territoires est aussi une preuve de notre capacité à gouverner et à agir au niveau national
c'est aussi pour ça qu'on prend le temps d'échanger avec vous parce qu'on pense aussi qu'il faut expliquer partager pour comprendre alors on est samedi demain c'est dimanche c'est ma question souvent de fin d'émission est-ce qu'il y a une vie hors de la politique est-ce que quand on est mère on y passe 24h sur 24 toutes ces journées ou est-ce que le dimanche vous avez le temps de prendre du recul de lire d'être en famille comment est-ce qu'on on s'enlève un petit peu à la pression du quotidien de ce que ça représente ces responsabilités d'élu
alors moi même si je travaille beaucoup je crois aussi à l'écologie personnelle et je crois que pour l'équilibre l'équilibre personnel il est nécessaire d'avoir des temps de pause et des temps de recul effectivement pour lire depuis que je suis élue j'aime beaucoup lire de la philosophie Baptiste Morisot par exemple c'est de la philosophie assez poétique sur le rapport au vivant le rapport à la nature ça permet de prendre du recul par rapport au quotidien de la mairie et j'aime beaucoup aussi simplement me balader à l'extérieur en plein air prendre l'air c'est important quand on passe ses journées en visio et faire du jardinage quand c'est la bonne saison
c'est la bonne saison alors je demande toujours à nous inviter un morceau de musique pour se quitter vous avez choisi Pauline Croze Les Eaux de Mars c'est une bossa nova très très connue qui a été adaptée et chantée par plein d'interprètes pourquoi est-ce que vous avez choisi ce morceau ?
parce que je crois qu'en ces moments d'hiver où on a parlé du contexte politique c'est assez sombre en fait on a envie de printemps et de petits matins et pas simplement
le grand soir voilà
pas simplement le grand soir mais de petits matins printaniers qui permettent aussi de revivre et je pense que c'est ce que m'évoque cette chanson et j'espère qu'elle pourra inspirer aussi les auditeurs
on va se quitter en musique merci beaucoup d'avoir été notre invitée merci à vous et quant à nous et quant à vous je vous dis à très bientôt pour une nouvelle émission au revoir c'était l'invité politique du samedi sur Lyon 1ère en partenariat avec Immédiapositif le web média qui rend visible l'essentiel retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyon1ère.fr et sur immédiapositif.fr Sous-titrage ST' 501