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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 18 décembre 2020 25 min

Emmanuel Macron positif au Covid, vaccin, candidature communiste en 2022... Le "8h30 franceinfo" de Fabien Roussel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Fabien Roussel, Emmanuel Macron a donc passé la nuit à Versailles à la résidence de la Lanterne où il a décidé de s'isoler après avoir contracté le virus. D'abord qu'est-ce que vous lui souhaitez ?

0:13
Fabien Roussel

D'abord un bon rétablissement, il est contaminé comme les 18 000 français qui l'ont été hier, comme les 2 millions qui l'ont été depuis le début de la crise. Et donc à lui comme à ceux qui se trouvent aujourd'hui dans les services de réa, il y en a 2800 je crois encore en ce moment. C'est vraiment une saloperie de virus, c'est terrible pour ceux qui l'ont, j'ai des amis qui l'ont eu et je ne le souhaite à personne, y compris au Président de la République. Vous ne faites pas partie des cas contacts du Président ?

Non, André Chassaigne, Président du groupe communiste à l'Assemblée Nationale, était au déjeuner jeudi midi, mais il y avait la distance, c'était un déjeuner de travail, ils n'étaient pas l'un à côté de l'autre, tous.

0:53
Invité

Après lui il l'a déjà eu aussi André Chassaigne ?

0:55
Fabien Roussel

Et André l'a déjà eu.

0:56
Invité

Donc il ne s'isole pas ?

0:58
Fabien Roussel

Ah si, il s'isole par précaution quand même, mais l'assurance maladie l'a appelé pour lui dire que ce n'était pas la peine. Il a été loin, il n'était pas à proximité du Président de la République, il y avait plusieurs mètres.

1:10
Invité

Donc l'assurance maladie a appelé tous ceux qui étaient en contact avec le Président de la République cette semaine ?

1:14
Fabien Roussel

Oui, bien sûr, ça fonctionne un peu.

1:17
Invité

Fabien Roussel, vous louez vous la transparence des informations diffusées par l'Elysée ? On a vu par le passé que ce n'était pas tout le temps le cas. Là, dans ce cas-là, il y a eu un communiqué de la Présidence.

1:28
Fabien Roussel

C'est important parce qu'on parle du Président de la République, du fonctionnement de la République, de l'État, donc c'est le minimum bien sûr. Il faut beaucoup de transparence avec cette maladie, avec le fonctionnement de nos institutions. La démocratie, c'est la solution. Et la transparence, c'est aussi la solution pour faire en sorte qu'on lutte contre cette maladie, qu'on accède au vaccin, qu'on donne envie aux gens de se faire vacciner. Il faut beaucoup de transparence.

1:53
Présentateur

Bon, d'après Olivier Véran, c'est la semaine dernière, en fin de semaine dernière, lors du Sommet européen de Bruxelles, qu'Emmanuel Macron aurait contracté le virus. Depuis, il y a eu ce déjeuner avec certains des responsables des groupes politiques. Il y a eu également un dîner avant-hier soir à l'Elysée, une réunion qui s'est terminée tard dans la nuit avec une douzaine de responsables de la majorité dans la salle des fêtes. C'est une très grande salle de l'Elysée d'environ 1000 mètres carrés.

Est-ce qu'il vous semble, au vu de tous ces éléments qu'Emmanuel Macron a fait preuve, à un moment ou à un autre, d'imprudence ou qu'il n'a pas respecté certaines des règles qu'il demande d'appliquer aux Français ?

2:24
Fabien Roussel

Écoutez, moi j'ai le sentiment, enfin je n'ai pas le sentiment, ce dîner qu'il a fait, c'est un dîner de travail, je crois savoir. Moi j'étais hier soir en conseil municipal à Saint-Amand-les-Eaux, jusqu'à 22h, on avait un papier pendant le couvre-feu, on a mangé un sandwich à table. D'habitude on le mange ensemble autour d'un buffet, on nous l'a amené à notre place avec une distance à respecter. Mais vous étiez plus de 6 ? Ah bah oui, on était 30, oui. Mais alors ça, ça ne pose pas problème quand on est élu ? Mais vous-même, vous ici à France-Synfo, vous avez une cantine de travail.

3:03
Invité

Ah bah non, mais il y a des verrières entre nous.

3:04
Fabien Roussel

Et vous mangez donc le midi et le soir, le repas avec vos collègues, les techniciens qui sont là-bas derrière la vitre. Et donc vous avez sur votre lieu de travail un endroit où vous mangez quand même et où on continue de travailler. Ça pose la question de comment on fait fonctionner l'économie, comment on continue de travailler dans le respect des règles sanitaires, avec des mesures de sécurité permettant de faire en sorte qu'on puisse travailler sans prendre trop de risques. Alors on voit que malgré tout, on peut le choper, donc il faut faire gaffe. Ça veut dire que les mesures de sécurité au travail, elles doivent être respectées.

Les protocoles sanitaires, on doit les mettre en place, que ce soit à l'Elysée, à l'usine, à France-Synfo, dans un conseil municipal. Mais sinon on ferme tout. Voilà, sinon on ferme tout.

3:45
Invité

Donc pas d'imprudence de la part du chef de l'État.

3:46
Fabien Roussel

Et il faut faire attention. Le gouvernement, le chef de l'État est obligé de gouverner à distance. Vous me direz, ça ne changera pas beaucoup. On ne peut pas dire que c'est un président proche du peuple, mais... C'était trop gentil jusqu'à présent. Mais non, mais il n'a jamais, on ne peut pas dire que c'est un président proche du peuple. Donc s'il gouverne à distance, ça ne changera pas. Mais ce que je souhaite, c'est qu'il aille mieux et que nos institutions fonctionnent.

4:13
Invité

Fabien Roussel, Joe Biden, le futur président des États-Unis, va se faire vacciner en public. C'est ce qu'il a annoncé hier. Est-ce que vous souhaitez qu'en France, le gouvernement, les députés dont vous faites partie, les sénateurs, se fassent vacciner aussi en priorité ? Parce que vous dirigez la France, parce que vous représentez les institutions.

4:30
Fabien Roussel

Non, je pense que la priorité doit être donnée aux personnes les plus fragiles. La priorité pour moi, aujourd'hui, en tant que député, en revanche, je vous le dis, c'est d'avoir beaucoup plus de transparence sur ce vaccin, sur les résultats des enquêtes, des études qui ont été faites pour chacun de ces vaccins. Il n'y a qu'un vaccin, il n'y a qu'un labo, Pfizer, qui a rendu publique son étude dans des revues scientifiques. Et quand j'interroge mon médecin pour lui demander, alors, tu me conseilles de me faire vacciner ou pas ? Il vous dit quoi ? Il me dit, attends, je n'ai pas encore toutes les études. Moi, c'est mon médecin de famille qui va me dire.

Et ce que j'entends, c'est qu'aujourd'hui, les laboratoires n'ont pas communiqué encore les résultats de toutes leurs études. Ils ont dit réussite à 94, 95, etc. Et ce que je regrette, en tant que député, député communiste, nous le disons nous, c'est que ces laboratoires ont été dans la concurrence entre eux. L'objectif, c'est qu'ils se fassent un maximum de blé sur ce vaccin, alors que l'objectif serait d'avoir le vaccin le plus efficace, qu'ils travaillent ensemble, qu'ils coopèrent, qu'ils échangent les informations et les brevets.

5:34
Invité

Chacun a essayé de travailler de son côté pour avancer le plus vite possible.

5:37
Fabien Roussel

Ah oui, c'est comme ça qu'on avance. On n'est pas dans une compétition, c'est pas une course d'obstacles. On a un défi commun à avoir, on a un vaccin qui est en train de pourrir l'humanité, et donc les plus gros laboratoires, un virus qui est en train de pourrir l'humanité, on a besoin que tous les chercheurs et les laboratoires travaillent ensemble, produisent un vaccin, communiquent ensemble, et je vais même vous le dire, le mettent à disposition à prix coûtant des pays, et non pas pour se faire du beurre dessus.

Or aujourd'hui, les résultats des études et les accords passés par la Commission européenne avec les laboratoires pharmaceutiques, c'est entre 10 à 15 milliards d'euros, ces contrats, nous n'y avons pas accès. Donc on ne sait pas quelle est la teneur de ces contrats, les clauses d'indemnisation, il paraît qu'en cas de problème, ce sont les États qui paieront et qui doivent assumer la responsabilité, et non pas les laboratoires pharmaceutiques. Non, je ne sais pas ce que disent les autorités. Moi, je n'en sais rien.

6:28
Invité

Vous avez eu accès à des documents ? En tout cas, ceux qui connaissent bien les contrats,

6:31
Fabien Roussel

ceux qui connaissent, qui voient, moi je suis député de la Nation, je n'ai accès à rien. Et j'aimerais en tant que député pouvoir me prononcer, justement, au nom de la protection de mes concitoyens, de pouvoir dire, allez-y, on a regardé, les médecins ont vu, il n'y a pas de problème. Donc vous, en l'état, vous n'y allez pas, vous ne faites pas un vaccin. Je demande, non, dès que mon médecin me dira, vas-y, donc il paraît qu'à partir du 21 décembre, l'agence de l'autorité du médicament, l'agence européenne...

6:57
Présentateur

C'est ce que j'allais vous poser comme question, Fabien Roussel. Il y a trois feux verts qui doivent être donnés à chacun de ces vaccins. L'agence européenne du médicament, qui doit se prononcer l'année prochaine sur le vaccin Pfizer, dont vous avez parlé. Ensuite, les services de la Commission européenne, deux jours plus tard. Et ensuite, en France, la Haute Autorité de Santé. Ces trois feux verts successifs, s'ils sont donnés, est-ce qu'il suffit à vous rassurer, ou est-ce qu'il faut en plus votre médecin généraliste ?

7:18
Fabien Roussel

Ces feux verts sont donnés avec la publication de toutes les études et que le monde médical français me dit, nous disent, allez-y, on a toutes les garanties. Vous savez que par exemple, pour Pfizer,

7:30
Présentateur

l'étude a été publiée et validée dans The Lancet. Oui.

7:34
Fabien Roussel

Oui, non, mais c'est pour ça que je vous dis que ce laboratoire est transparent. Il l'a fait, il a publié son étude. Ça tombe bien, c'est le premier vaccin, celui avec lequel on vaccine déjà. Les autres ne l'ont pas fait, mais encore une fois, ce que je regrette, c'est qu'il y a eu une compétition mondiale. Les cours en bourse de ces laboratoires ont flambé. Si on avait dit à nos concitoyens, si le président de la République avait lancé un appel à ce que ces Big Pharma travaillent ensemble...

7:58
Présentateur

Vous pensez que le patron de Pfizer aux Etats-Unis aurait répondu à Emmanuel Macron, ok, on s'arrête, nous, entreprise privée, on renonce aux bénéfices, on va s'allier avec nos concurrents, et promis, on va quand même sortir vite un vaccin.

8:08
Fabien Roussel

Si on passe à un virus comme on en a aujourd'hui, vous pensez...

8:11
Présentateur

C'est donné un immense pouvoir à Emmanuel Macron, non ?

8:12
Fabien Roussel

Mais vous, c'est pas ça, c'est que Emmanuel Macron, ou la Commission européenne, ou l'Europe, qui se bat, qui a mis 10 à 15 milliards d'euros sur la table...

8:22
Présentateur

Sur des entreprises américaines.

8:23
Fabien Roussel

C'est énorme. Vous pensez pas qu'il y a un problème, justement, avec ce monde capitaliste, qui ne pense qu'à la rentabilité, y compris sur un vaccin, et qu'aujourd'hui, si on avait eu un pôle public du médicament, en France, voire à l'échelle de l'Union européenne, qui produise des médicaments, qui partagent des brevets, on ne partage plus les brevets et la connaissance, on se les dispute, on les protège, et au nom de ça, aujourd'hui, il y a de la méfiance sur un vaccin, alors que tout le monde devrait avoir confiance. Avant, l'Institut Pasteur, jusqu'en 1986, produisait le vaccin de la grippe et le mettait à disposition gratuitement des médecins. Aujourd'hui, c'est plus le cas.

On doit se faire de l'argent sur un vaccin.

8:56
Présentateur

Ça me dégoûte. Fabien Roussel, vous restez avec nous. 8h42, le Fil Info avec Diane Ferchit.

9:01
Locuteur non identifié

L'augmentation du nombre de nouvelles contaminations au coronavirus, plus plus de 18 000 en 24 heures. Cela faisait plus d'un mois que chaque malade contaminait moins d'une personne. Cet indicateur, le R0, est aussi en haut. C'est parmi les personnes contaminées par le coronavirus, Emmanuel Macron, le président de la République, est à l'isolement et continue de travailler depuis le pavillon de la Lanterne à Versailles. Potentiel cas contact, Jean Castex est lui confiné à Matignon. Et 3 millions de voyageurs sont attendus à la SNCF. D'ici début janvier, 1 million de billets vendus ces derniers jours. Les vacances de Noël débutent ce soir.

Les Français sont à peine moins nombreux que l'an dernier à se déplacer. Il est toujours en garde à vue ce matin. L'agent de mannequin Jean-Luc Brunel, un proche de Jeffrey Epstein, est entendu dans le volet français de l'enquête sur des abus sexuels sur mineurs. Jean-Luc Brunel est notamment accusé de viol par plusieurs anciens top-modèles. Les lycéens enlevés par Boko Haram au Nigeria et au moins 300 d'entre eux ont été relâchés. Un grand soulagement pour leur famille. Salut le président nigérien. France Info

10:01
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

10:06
Invité

Toujours avec Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste. Jean-Christophe Lagarde, le président de l'UDI, fait une proposition. Écoutez. Ce que nous proposons au gouvernement, c'est qu'on ait une sorte de carnet de vaccination, on appelle ça un passeport vert, qui permettrait par exemple de se rendre plus facilement et sans masque dans les espaces publics, dans les lieux culturels, dans les bars et dans les restaurants lorsqu'ils pourront ouvrir. Il est parfaitement normal qu'un Français, s'il le souhaite, ne se fasse pas vacciner. Et dans ces cas-là, les gestes barrières doivent pouvoir continuer à s'appliquer pour le protéger lui-même et pour protéger les autres.

Mais lorsque vous êtes vacciné, ceci n'a plus lieu d'être. Un passeport vert quand on s'est fait vacciner pour pouvoir abandonner son masque dans les lieux publics par exemple, c'est une bonne idée ?

10:47
Fabien Roussel

Bon, il faut réfléchir et discuter de toutes les idées. Donc je ne vais pas la balayer d'un verre de main parce que c'est la garde. Mais je sais que cette proposition, parce que je m'intéresse beaucoup au sujet, comme tous les députés, a été mise en œuvre en Slovaquie après une campagne de vaccination. Enfin, ils ont voulu lancer une campagne de vaccination massive et en disant pourront sortir de chez eux ceux qui se sont fait vacciner. De dépistage massif. Oui, dépistage. Pas vacciner la Slovaquie. C'est le pays qui a tenté une campagne de dépistage massif. Vous y allez avec une autorisation de déplacement parce que vous vous êtes fait vacciner. Le problème, c'est que... Testé, testé.

Testé, je vais dire... Ce qui n'est pas la même chose. Le test ne protège pas du virus. Mais aujourd'hui, ça ne peut pas marcher parce que sinon, ça veut dire qu'on reste tous chez soi tant qu'on ne s'est pas fait vacciner.

11:31
Invité

Non, ça veut dire qu'on a le droit de retirer son masque et de ne pas appliquer les gestes de barrière.

11:35
Fabien Roussel

Je crois qu'on est vacciné. C'est donner des droits supplémentaires. Lisez l'étude de Pfizer. Ils disent que le vaccin ne protège mais il faudrait quand même conserver son masque parce qu'on n'a pas toutes les assurances que la transmission ne se fasse pas, etc. Donc, quand je vous dis qu'on a besoin de mieux savoir les résultats, de mieux comprendre, mieux connaître les résultats de ce vaccin, il faut véritablement le faire parce que justement, cette étude que j'ai lue hier, au moins les conclusions, eh bien, indique que malgré le vaccin, il faudra continuer de porter le masque.

12:07
Présentateur

Voilà. Fabien Roussel, est-ce que vous souhaitez que les lieux de culture

12:11
Fabien Roussel

rouvrent le plus vite possible ? Oui, oui et oui. En dépit de la reprise actuelle de l'épidémie ? Oui, parce que nous ne comprenons pas dans le monde des arts et de la culture, nous ne comprenons pas pourquoi les lieux de culture, les théâtres, les cinémas, les salles de spectacle seraient fermés alors que ce sont des lieux grands, immenses, aérés, où on est assis, où on porte son masque, où il y a de l'espace entre chaque... Ça crée du brassage quand même. Oui, mais il n'y a pas du brassage à l'entrée des grandes surfaces.

Le seul loisir que propose aujourd'hui le gouvernement français pour cette période de fin d'année, le seul loisir qu'il leur propose, c'est d'aller faire ses courses à Auchan.

12:47
Invité

C'est essentiel. Ce n'est pas qu'un loisir à faire ses courses. La culture, ce n'est pas essentiel.

12:50
Fabien Roussel

La France est un pays de culture. La culture, c'est la vie chez nous. Ce n'est pas fait pour survivre, c'est fait pour vivre. Je pense même que la culture, en ce moment, peut nous aider à passer la période difficile dans laquelle on vit. On en a besoin plus que tout. Et donc, il aurait dû permettre l'ouverture de ces lieux de spectacle pour nous permettre de respirer, de vivre. Je ne comprends pas d'ailleurs pourquoi il a accepté une jauge pour les églises, les mosquées, les synagogues, et qu'il n'y a même pas une jauge pour les théâtres et les cinémas. Ce n'est pas compréhensible. C'est aussi important que d'aller à l'église pour les croyants, pour l'ensemble des Français, pour les gamins.

Quand je vous dis que c'est un loisir que d'aller au cinéma, c'est quoi le loisir qu'on propose aux enfants et aux familles ? C'est d'aller faire des courses. Il n'y a pas d'autre loisir. Quel loisir on propose, sinon, aujourd'hui ?

13:37
Présentateur

Est-ce que vous dites la même chose pour la réouverture des bars et des restaurants ?

13:40
Fabien Roussel

Mais pour la réouverture des bars et des restaurants, j'ai besoin, je vous avoue, que je n'ai pas encore regardé, de regarder l'étude qui a été faite sur les lieux de contamination.

13:48
Présentateur

Elle risque de ne pas énormément vous aider parce qu'on en a beaucoup parlé.

13:50
Fabien Roussel

Et les lieux de contamination, j'ai entendu sur votre antenne ce matin...

13:53
Présentateur

Ce matin, disons qu'il y a des biais méthodologiques qui...

13:55
Fabien Roussel

J'ai entendu, en tout cas, que ce n'était pas forcément dans les bars et les restaurants que les clusters étaient les plus développés. Ce n'est pas là où il y en a le plus. Et donc... C'est dans le cercle familial qu'il y en a le plus. Ce n'est pas tout à fait une surprise non plus puisque c'est là où, par définition,

14:09
Présentateur

on a moins le masque.

14:10
Fabien Roussel

La question des transports publics qui sont bondés, est-ce que ce n'est pas...

14:14
Présentateur

Peu de contamination dans les transports, dit cette étude.

14:16
Fabien Roussel

Là aussi, c'est pareil. Je ne sais pas comment elle a été faite sur ces lieux de contamination. En tout cas, ce que je sais, c'est que si jamais ce virus est encore là avec nous pendant six mois, je ne vois pas comment on peut tenir avec des bars et des restaurants fermés encore six mois. Et est-ce qu'on peut tenir avec... Ils ont besoin... Les bars et les restaurants, ils ont besoin de cohérence dans les mesures. Si ils ne comprennent pas, ils ont besoin de lisibilité dans le temps. Et ils ont besoin de mesures financières qui leur garantissent à 100% les pertes d'exploitation,

14:41
Présentateur

ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Vous pensez qu'on peut tenir avec un éventuel troisième confinement puisque, ça semble se confirmer, l'épidémie est en train de repartir. Le fameux R qui mesure le taux de reproduction du virus est repassé hier, nous a dit le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, au-dessus du 1. C'est-à-dire que l'épidémie gagne du terrain. On le voit dans les entrées à l'hôpital. On est en train de le voir ici aussi en réanimation. Est-ce que vous imaginez un quart de seconde qu'on se reconfine en janvier ou en février ?

15:06
Fabien Roussel

Ma ligne de conduite, notre ligne de conduite à nous au Parti communiste français, c'est de dire la santé d'abord, la vie d'abord. On pense au personnel soignant, à ceux qui sont dans les hôpitaux et depuis un an maintenant en train de faire face à cette épidémie. Et donc qu'il faut prendre les mesures les plus justes pour éviter que l'épidémie circule. On a une difficulté, je vous dis ça parce que je vous dis ça simplement, parce que la ligne, ça doit être celle-là.

On a une difficulté, c'est qu'on n'a pas accès à toutes les informations et c'est la question de la démocratie que je posais tout à l'heure puisque les décisions sont prises en Conseil de défense par le Président de la République comme en cas de guerre et nous avons accès à des informations parcellaires et sur cette base-là, après on nous demande alors il faut ouvrir les cafés, les restaurants, etc. Moi je veux bien mais je regrette que ce gouvernement n'ait pas fait le choix de la démocratie pour prendre des décisions ensemble, y compris les plus difficiles. Mais après les mesures elles sont détaillées devant le Parlement.

J'étais avec les commerçants de Valenciennes, de Condé, de Vieux-Condé, de Saint-Amand chez vous dans le Nord. Il y a deux jours. Et chez Salia Braquia, pardon. De Nordiste à cette table. Exactement. Mais donc ils disent quoi ? Ils disent mais nous on a besoin de lisibilité. Si on nous avait dit qu'il faut rester fermé jusqu'au mois de juin, eh bien on prend notre parti, il s'est fermé jusqu'au mois de juin. Ils l'auront mal, ils l'auront mauvaise. Mais c'est décidé. Si vous voulez, on n'a pas en capacité aujourd'hui, tous ensemble, dans nos divergences politiques, de prendre des mesures pour nous protéger de cette pandémie. Il va falloir vivre avec. L'économie va devoir tourner avec.

Mais ça ne doit pas être au détriment de dizaines de milliers de morts. Je regrette que dans notre pays, on soit un des pays où le taux de mortalité soit aussi élevé. Par rapport à l'Allemagne, par exemple. On va atteindre les 60 000 morts.

16:46
Présentateur

Au moment où l'épidémie reprend de la vigueur en Allemagne et qu'elle semble un peu moins forte chez nous. On va parler, si vous voulez bien, dans quelques instants de l'avenir du Parti communiste qui fait de cette semaine ses 100 ans. De la présidentielle aussi de 2022. Le président de la République

17:02
Locuteur non identifié

poursuit ses activités depuis le pavillon de la Lanterne à Versailles. Emmanuel Macron positif au coronavirus. Selon son entourage, il tousse. Il a de la fièvre et ressent de la fatigue d'après le ministre de la Santé. C'est au Conseil européen la semaine dernière qu'il aurait été contaminé. Conséquence, Jean Castex et lui à l'isolement à Matignon. L'isolement aussi pour le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand. Et plus de 18 000 nouveaux cas de contamination au coronavirus en 24 heures, cette augmentation invite à la plus grande vigilance afin d'éviter une flambée épidémique.

Mettant garde Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, estime préoccupante l'évolution de l'épidémie en France. L'Union des métiers et industrie de l'hôtellerie dénonce une étude sans fondement, très confuse, alors que selon l'Institut Pasteur, c'est dans les bars, les restaurants et les salles de sport que l'on se contamine le plus. La perpétuité pour Ayub El-Kazani, le tireur de l'attentat des jouets du Thalys, avait fait un blessé grave. Elle vise la qualification en finale. Les Bleus affrontent la Croatie en demi de l'Euro 2020 féminin de handball. Les Françaises favoris de face à des Croates qui disputent la première demi-finale de leur histoire. France Info

18:11
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel Fabien Roussel, le parti que vous dirigez vient de fêter cette semaine ses 100 ans. Est-ce que vous pourriez pour la troisième élection présidentielle de suite en 2022 ne pas présenter de candidat ? Je vais vous donner

18:27
Fabien Roussel

mon sentiment. Ça tombe bien sur la question que je pose. Non mais parce que on ouvre un débat dans le parti pour savoir si on doit présenter ou pas un candidat et le projet que nous allons porter. Mon sentiment c'est qu'on vit en France une crise terrible sanitaire mais c'est aussi la crise du capitalisme avec des entreprises qui délocalisent licencie à tour de bras sous prétexte de la crise. Elles ne sont pas obligées de le faire, elles le font. On a un gouvernement qui est en train de brader des services publics. Ils viennent d'ouvrir à la privatisation la RATPIR et sont en train de privatiser EDF. On a une France qui a faim. On a rarement vu une flambée de la pauvreté dans notre pays.

Les frigos sont vides à la moitié du mois. Quand je vois cette situation, je parcours la France depuis des mois, quand je vois mon pays se désindustrialiser, mon nord, mon bassin minier mais aussi dans l'est, dans le sud, en Normandie, quand je vois ces régions se désindustrialiser, quand je vois mon pays se dévitaliser, alors oui, j'ai envie de dire à tous ces salariés que je rencontre, qu'il y a besoin de nous unir, de nous rassembler, de porter leur colère mais en même temps de leur dire ça peut changer.

Et pour ça, je pense personnellement qu'il y a besoin d'une candidature communiste à l'élection présidentielle pour porter ce besoin de transformer en profondeur cette société, de mettre fin aux logiques de profit, de rentabilité, d'argent à tout craint. Tout ça, ça ne peut pas être

19:49
Présentateur

défendu par Jean-Luc Mélenchon.

19:51
Fabien Roussel

Mais le parti communiste français au regard de ce que nous faisons en ce moment, des propositions que nous avons portées ces derniers mois, ces dernières semaines à une originalité, une spécificité, nous voulons porter les espoirs et les colères du monde du travail, défendre nos services publics qui en ont tant besoin aujourd'hui, mettre fin à un système qui est entièrement tourné vers l'argent, prendre le pouvoir sur l'argent. On a cette spécificité. Nous, c'est notre histoire, nous avons toujours porté ça. Fabien Roussel,

20:21
Invité

Jean-Luc Mélenchon, vous a écrit cette semaine en vous demandant de vous rallier à lui en disant partageons notre programme, partageons aussi les sièges pour les législatives. Vous dites non, on n'a rien à partager ?

20:32
Fabien Roussel

Non, je ne dis pas ça. D'abord, le débat s'ouvre chez nous au Parti communiste français donc nous allons en parler. Mais Jean-Luc, il a déclaré sa candidature il y a quelques semaines tout seul sans nous demander notre avis. Et puis maintenant, il nous dit il faut qu'on y aille ensemble. Donc il va nous permettre que nous en discutions et que nous fassions notre choix. Mais le choix que je fais et que nous faisons c'est de nous tourner vers le pays et d'avoir cette réflexion avec les salariés, le monde du travail, ceux que nous rencontrons en ce moment.

20:57
Invité

Très bien, mais sur le fond, quelles sont les différences entre vous ?

20:59
Fabien Roussel

La différence c'est que nous voulons, nous, la manière dont je le vois moi, c'est porter une candidature du monde du travail qui soit une candidature qui rassemble, qui unit, qui soit sans excès et sans outrance, qui porte un projet pour la France porteuse, un projet porteur d'espérance. Voilà. Sans excès,

21:18
Invité

sans outrance, ça veut dire que Jean-Luc Mélenchon fait tout l'inverse ?

21:21
Fabien Roussel

Non, je parle de ce que je souhaite moi et pas de ce que porte les autres.

21:24
Présentateur

C'est ce qui vous différencie, c'est ce que vous avez répondu de mon vœu, pas d'excès, pas d'outrance. J'imagine, je suis électeur de gauche aujourd'hui, il y a deux bulletins de vote, un communiste, un Mélenchon, sur quoi ça se joue aujourd'hui ?

21:35
Fabien Roussel

Ne faites pas, on n'a pas encore pris notre décision, donc le débat, il s'ouvre chez nous, moi je vous livre le sentiment qui est le mien aujourd'hui, comme d'autres dirigeants l'ont fait d'ailleurs. Mais c'est un peu comme ça à chaque fois,

21:45
Présentateur

Fabien Roussel, à chaque élection présidentielle, il y a ce jeu-là et puis finalement, vous n'y allez pas, en tout cas pour les deux dernières. Je vais vous poser la question, la question va peut-être vous semblez un peu méchante, elle ne l'est pas. La dernière fois qu'un candidat, en l'occurrence une candidate, s'est présentée sous vos couleurs, c'était Marie-Georges Buffet, elle a fait de mémoire 2%, est-ce que vous préférez faire 2% tout seul ou 20 avec Jean-Luc Mélenchon ?

22:05
Fabien Roussel

La priorité aujourd'hui, c'est de montrer qu'il y a la possibilité de changer le cours des choses dans notre pays. Même si ça fait perdre le candidat dont vous êtes le plus proche. Il est possible d'éradiquer le chômage, de s'attaquer au mur de l'argent, de mettre les richesses au service du développement humain. Nous voulons porter un message d'espérance. Le Parti communiste français dans son histoire, à chaque fois qu'il a été haut dans ce pays, il a gagné. Pour le monde du travail, des avancées majeures, la réduction du temps de travail, la retraite à 60 ans, les congés payés, la sécurité sociale, c'est nous, EDF, Marcel Paul, qui sont en train de tuer en ce moment, c'est nous.

Alors, au nom de cette histoire, au nom du combat que nous menons aujourd'hui dans le monde du travail, nous voulons porter ce projet. Mais alors finalement,

22:50
Invité

vous avez répondu à Jean-Luc Mélenchon ?

22:52
Fabien Roussel

C'est ce débat-là que je souhaite ouvrir dans le Parti communiste français, mais pas seulement, dans tout le pays, en direction du monde du travail, et la décision, on la prendra. Donc, ne me dites pas, Marc Fauvel, que c'est fait et qu'il y aura de bulletins. Je dis que le débat est ouvert, nous allons le prendre, nous allons en discuter ensemble, et nous allons en discuter aussi avec le monde du travail, avec les salariés. La décision, elle sera prise le 9 mai par un vote des adhérents, et puis ensuite, vous me réinviterez, et on en parlera.

23:22
Présentateur

Avec mon plaisir. Quelques mots de ce qui s'est passé il y a quelques jours au Conseil de Paris, Salia Braquillard.

23:24
Invité

Effectivement, c'est mardi, les élus communistes du Conseil de Paris ont brandi des pancartes réclamant la démission du préfet de police de Paris, Didier Lallement, qui était donc en train de s'exprimer à ce moment-là dans l'hémicycle. Et une des élus communistes, Béatrice Patry, est allée plus loin en comparant Didier Lallement à Maurice Papon, préfet de police de Paris, donc dans les années 60, après avoir contribué activement à la déportation de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a eu tort de dire ça ? Vous condamnez ce qu'elle dit ?

23:51
Fabien Roussel

D'abord, comme j'ai parlé des excès tout à l'heure, je pense que tout ce qui est excessif est dérivoleur. Insignifiant. Insignifiant. Bon. Et donc, je ne suis pas de ceux... On m'a déjà interrogé sur la démission de l'Allemand ou de Darmanin. Je ne suis pas de ceux qui crient à chaque fois la démission. Parce que on peut avoir obtenu le départ de Castaner et on a Darmanin. Donc ça ne change rien. C'est toujours la même politique dure. Donc les élus communistes à Paris, ils ont généralement la démission de l'Allemand et avoir demain un autre préfet qui mènera la même politique de Matin-de-Lors. C'est pas tellement l'appel à la démission qui a pu heurter. Et donc, c'est la référence à Papon.

Oui, je fais toujours... Papon, c'est l'homme qui a réprimé la manifestation des Algériens en 61 dans le sang. On ne peut pas mélanger ce qui s'est passé pendant la guerre ou des crimes commis qui ont été commis notamment quand le parti communiste s'est battu pour l'indépendance de l'Algérie. Et puis... La manifestation du FLN qui a été sévèrement réprimée avec des dizaines de morts. On n'en est pas là aujourd'hui. On n'en est pas là aujourd'hui.

24:56
Invité

Donc vous l'avez appelé pour la rappeler à l'ordre ?

24:59
Fabien Roussel

Non, mais parce que ce que vous venez de me dire, vous me l'apprenez, je ne le savais pas. Donc vous allez l'appeler. Et là,

25:03
Invité

vous allez le faire.

25:05
Fabien Roussel

Écoutez, ils ont un président de groupe et ils en parleront entre eux.

25:09
Présentateur

Merci à vous. Fabien Roussel, invité ce matin de France Info dans 2 minutes le journal.